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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 16:12
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 08:40

SAMEDI 24 SEPTEMBRE DE 16H À 18H PLACE DE LA COMÉDIE

« STOP COMMERCE DES ARMES AVEC ISRAËL ! »

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

24 septembre 2016 Journée nationale d’action de la Campagne BDS France

Non à l'achat de drones israéliens par la France : Embargo militaire contre Israël !

La France, envisage d'acheter le drone de reconnaissance « Skylark 1LE » à la societé israélienne ELBIT systems pour un montant de plus de 100 millions d'euros.* Aux côtés des entreprises étatiques d’armement, ELBIT systems est le principal acteur privé du complexe militaro-industriel israélien. Il est sur le créneau des équipements et systèmes spécialisés dans les technologies de la « sécurité » - équipement de surveillance du Mur, des check-points, des prisons, des villes etc – et des drones, de combat ou de surveillance.

Il faut savoir que le budget militaire israélien est le plus élevé au monde après l’Arabie Saoudite : 13 milliards de $ en 2011, soit 6,8% du PIB. Déjà en 2010 les exportations israéliennes en matière d’armement atteignaient environ 7,2 milliards $ et comptaient entre 10% et 15% des exportations.

En 2015 les pays européens ont plus que doublé leurs achats d’armements et de technologies militaires israéliens par rapport à 2014 : 1,6 milliard de dollars (contre 724 millions $ l’année précédente).

C’est dire combien commercer avec Israël, en particulier dans le domaine de l’armement, constitue un soutien financier – et politique - direct au complexe militaro-industriel dont les principales productions sont les outils de la politique meurtrière israélienne contre le peuple palestinien (occupation, colonisation, nettoyage ethnique, apartheid, offensives militaires dans la Bande de Gaza, emprisonnements etc.)

En 2014, Israël a assassiné plus de 2250 palestiniens à Gaza, dont plus de 550 enfants selon l'UNICEF…

C’est ce qui a conduit le Comité National du BDS palestinien à lancer dès 2011 un appel à l’embargo contre Israël : « « Un embargo militaire total est crucial et vital pour avancer vers la fin de l’illégal et criminel usage de la force par Israël contre le peuple palestinien et les peuples de la région. Cette campagne est efficace, tout en étant un moyen non-violent pour forcer Israël à se soumettre à ses obligations relevant du droit international. »**

Dans le contexte international des attentats, conséquence des guerres des grandes puissances en Afrique et au Moyen Orient, la question « sécuritaire » occupe le devant de la scène. Certains, à la suite de Netanyahu, voudraient nous faire croire qu’en France, voire en Europe, nous sommes comme Israël, confrontés au même terrorisme, confondant ainsi résistance palestinienne et terrorisme de DAESH.

Si la tentative d’amalgame a une visée politique sa motivation est également économique. L’expertise israélienne en matière d’armement n’est pas issue de la guerre conventionnelle mais de la guerre asymétrique contre une population civile occupée. Il s’agit de technologies et de tactiques de surveillance asymétrique visant le contrôle des populations et des personnes. Dans ce domaine, la hausse spectaculaire des principaux marchés avec l’UE porte sur la modernisation d’aéronefs, des munitions et des drones tel le drone de reconnaissance « Skylark 1LE » d’ELBIT Systems, « testé en conditions réelles » dans le ciel de Gaza et de Cisjordanie.

C’est pourquoi nous demandons au gouvernement français et au ministre de la défense Jean Yves Le Drian de ne pas nous rendre complices de ces graves violations du droit international et donc de ne pas acheter les drones israéliens d'Elbit Systems.

HALTE A LA POLITIQUE CRIMINELLE D’ISRAEL !

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN !

La Campagne BDS France 20 septembre 2016 - www.bdsfrance.org

*: http://www.challenges.fr/entreprise/defense/20160614.CHA0540/match-france-israel-pour-les-mini-drones-de-l-armee-de-terre.html

* https://www.bdsfrance.org/lettre-ouverte-au-ministre-de-la-defense-jean-yves-le-drian-non-a-lachat-de-drones-de-reconnaissance-israeliens-par-larmee-francaise/

** :: https://www.bdsfrance.org/donnees-pour-un-embargo-militaire-contre-israel-5/

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 04:32

Bagnolet, le 15 septembre 2016
COMMUNIQUE DE PRESSE

Bayer/Monsanto :
Naissance d’un monstre


Le rachat de Monsanto par Bayer, c’est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto). En clair, c’est la mise sous dépendance des paysans qui n’auront plus d’autres choix que d’acheter les produits de ce nouveau monstre.

Sous prétexte de soigner des plantes sélectionnées pour être dépendantes de leurs pesticides, ce groupe aura le champ libre pour la commercialisation de quantités de produits. En réalité, c’est bien la souveraineté alimentaire que cette transaction à 59 milliards met en danger.

La Confédération paysanne appelle donc les autorités de la concurrence à refuser la création d'un tel monopole prédateur sur le marché des semences et des pesticides. L’avenir de l’agriculture passera par l’autonomie des paysans, pas par la dépendance aux multinationales !

Contacts :
Guy Kastler, Commission semences : 06 03 94 57 21
Laurent Pinatel, Porte-parole : 06 80 58 97 22
Elina Bouchet, Chargée de communication : 06 95 29 80 78

-Note " le marché des pesticides virulents est conforté par la loi biodiversité " par l'administration du blog :Le MIDI LIBRE du 29 aout à relaté certains éléments législatifs alarmants en l'état ,car le législateur aurait installé par la loi l'aspect économiquement agressif et extrêmement virulent pour l'environnement et pour les bêtes et les hommes et du marché des pesticides

-cyberactions/contre la fusion monsanto-bayer

Monsanto-Bayer : Refusons le « mariage infernal » cyberaction
La LDH Saint-Pons-de-Thomières/Haut Cantons au soutien des faucheurs

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Un soutien aux actions non violentes

http://www.midilibre.fr/2016/08/16/saint-pons-de-thomieres-la-ldh-saint-pons-haut-cantons-au-soutien-des-faucheurs,1380256.php

La LDH demande un moratoire sur les nouvelles variétés tolérantes aux herbicides.

La section de la Ligue des Droits de l'Homme Saint-Pons-de-Thomière/Hauts-Cantons estime que " la loi du 8 août 2016, publiée au Journal officiel le lendemain, pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, est avant toute chose une porte d'entrée royale pour l'agro-industrie semencière".

Et de poursuivre : "Après que notre section ait interpellé en début d'année les députés de l'Hérault, en s'associant en cela aux efforts des 9 organisations qui ont déposées un recours juridique au Conseil d'État pour demander un moratoire sur les nouvelles variétés tolérantes aux herbicides, force est de constater que légalement, ces plantes génétiquement modifiées par mutagénèse pour résister à des produits phytosanitaires dangereux pour la santé des agriculteurs, des gens, et l'équilibre des écosystèmes, ne sont toujours pas évaluées comme les OGM issus de la transgenèse."

Face "à ce déni d'écologie et de santé publique", la LDH Saint-Pons-de-Thomière/Hauts-Cantons a donc décidé de soutenir les personnes qui appliquent le principe de nécessité en procédant à la destruction de ces cultures, à condition toutefois que ces actions d'éradication soient menées de façon non violente.

La loi biodiversité limite timidement la brevetabilité du vivant - 16/09/2016

Actu-Environnement.com‎ -

La loi pour la reconquête de la biodiversité contient deux dispositions visant à limiter la brevetabilité du vivant. Elle prend soin de préserver les certificats d'obtention végétale et ne s'attaque pas aux nouveaux OGM.

Agriculture | 16 septembre 2016 | Laurent Radisson

© chartphoto

"La loi interdit la brevetabilité du vivant", affirme le dossier de presse du ministère de l'Environnement relatif à la loi pour la reconquête de la biodiversité promulguée l'été dernier. Cette affirmation doit être nuancée car, loin d'une interdiction totale, la loi fixe plutôt des limites à cette brevetabilité, en prenant soin de ne pas porter atteinte aux semenciers français dont le poids économique est considérable et en ne s'attaquant pas à la brevetabilité des gènes natifs que permettent les nouveaux OGM.

Non-brevetabilité des produits biologiques

Que contient exactement la loi publiée ? Elle modifie deux articles du code de la propriété intellectuelle. L'article L. 611-19 tout d'abord qui affirme désormais que "ne sont pas brevetables (…) les produits exclusivement obtenus pas des procédés essentiellement biologiques [comme le croisement ou la sélection], y compris les éléments qui constituent ces produits et les informations génétiques qu'ils contiennent".

Ce principe de non-brevetabilité concerne les produits biologiques comme les informations génétiques, dès lors que ces découvertes peuvent avoir lieu de manière naturelle, explique le Gouvernement. "Par le même principe, pour des matières vivantes déjà brevetées, la protection du brevet ne pourra pas s'étendre aux matières ou informations génétiques qui peuvent être découvertes de manière naturelle", ajoute-t-il.

"Cet article ne concerne que les plantes cultivées et les animaux d'élevage, seuls à mêmes d'être obtenus par des procédés essentiellement biologiques", décrypte de son côté Frédéric Prat de l'association Inf'OGM. Exemple ? Cette interdiction empêchera l'octroi d'un brevet sur un chou brocoli obtenu exclusivement par des procédés essentiellement biologiques et contenant une certaine quantité de protéines aux vertus anti-cancéreuses, ainsi que sur les gènes codant pour cette protéine, illustre le spécialiste des semences. Mais ce, uniquement en France alors que cette brevetabilité restera autorisée par l'Office européen des brevets.

La brevetabilité des matières biologiques limitée

La loi ajoute ensuite de nouvelles dispositions à l'article L. 613-2-3 qui porte sur la brevetabilité des matières biologiques. Ces dispositions sont ainsi rédigées : "La protection conférée par un brevet relatif à une matière biologique dotée, du fait de l'invention, de propriétés déterminées ne s'étend pas aux matières biologiques dotées de ces propriétés déterminées, obtenues indépendamment de la matière biologique brevetée et par procédé essentiellement biologique, ni aux matières biologiques obtenues à partir de ces dernières, par reproduction ou multiplication".

Traduction ? "Lorsqu'une plante obtenue par un procédé essentiellement biologique a les mêmes caractéristiques qu'une matière biologique brevetée, la protection du brevet ne s'étend pas à cette plante", explique Frédéric Prat. En revanche, une matière biologique préexistant naturellement reste brevetable si elle est dotée de propriétés déterminées par une invention (comme la résistance à un insecte), ajoute le journaliste d'Inf'OGM.

"Amendement des semenciers"

Ces dispositions permettent par conséquent de limiter la brevetabilité du vivant mais restent éloignées de l'interdiction totale affichée par le ministère de l'Environnement. Et surtout, elles permettent de ne pas remettre en cause le système des certificats d'obtention végétale (COV), système de protection intellectuelle défendue par la France comme alternative au brevet. Leur rédaction résulte en effet d'un amendement introduit en lecture définitive à l'Assemblée par la députée socialiste Anne-Yvonne Le Dain et visant à rétablir la version adoptée antérieurement par le Sénat. Opposée à cette rédaction, la rapporteure Geneviève Gaillard l'avait qualifié d'"amendement des semenciers".

"Par nature et par fonction, le secteur des semences exerce un travail de recherche génétique (…). Il me semble compliqué d'interdire ce qui se pratique depuis longtemps, notamment en matière de certificats d'obtention végétale, pour la seule raison que nous aurions peur du brevet", a expliqué Mme Le Dain. "ll convient de ne pas décourager cette filière économique française puissante, la deuxième du monde, dont le chiffre d'affaires annuel atteint 4 milliards d'euros, dont 1,6 milliard d'euros d'excédent commercial à l'international", a ajouté la députée. De fait, le Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS) avait salué ces dispositions lors de leur adoption par le Sénat.

Rien sur les nouveaux OGM

Aussi, le collectif Semons la biodiversité salue-t-il les avancées apportées par la loi mais souligne aussi ses insuffisances. "Sous la pression des lobbys industriels, le Parlement a refusé d'aborder la réglementation des nouveaux OGM [issus des techniques de génie génétique et de bio-informatique] et d'interdire les brevets sur les gènes natifs qu'elles permettent", dénonce ce collectif qui regroupe une trentaine de structures comme le Réseau Semences paysannes, la Confédération paysanne ou la Fédération nationale des agriculteurs biologiques (FNAB).

"Si ces nouveaux OGM restent cachés, tout comme les brevets qui vont avec, aucune étiquette n'informera les consommateurs tandis que les paysans et les petits semenciers verront leurs propres semences et animaux menacés d'appropriation par ceux qui auront breveté certains de leurs caractères natifs", alerte le collectif.

Laurent Radisson, journaliste
Rédacteur en Chef dé
légué aux marchés HSE © Tous droits réservés Actu-Environnement

Nouveaux OGM - Pulvérisation d’ARN : une solution biologique, vraiment ?

Christophe NOISETTE, Eric MEUNIER, 16 septembre 2016

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Les trois plus importantes entreprises de biotechnologies, Monsanto, Syngenta et Bayer, ont décidé d’investir des millions de dollars pour développer des « sprays » qui contiennent des petits morceaux d’ARN. Ces derniers, pulvérisés sur les plantes, pourront servir d’insecticide, d’herbicide… Certains, comme le fonds de pension Dominion (dont le siège se situe sur l’île de Guernesey), rêve déjà de sprays à ARN capables de faire pousser les plantes dans le désert. Produit miracle ou poudre (sprays) aux yeux ?

« Imaginez des cultures plus résistantes qui peuvent se développer dans des climats rudes, des plantes qui sont toxiques pour leurs parasites naturels mais inoffensives pour les humains, des cultures qui nécessitent moins d’eau ou de nutriments pour survivre en période de sécheresse, et des cultures qui sont temporairement immunisées contre des virus ou des épidémies. Et maintenant, imaginez que vous pourriez faire ces changements, et revenir en arrière, aussi simplement et rapidement que de décider de pulvériser, ou d’arrêter de pulvériser les plantes en question » [1], peut-on lire sur le site du fonds de pension Dominion, qui précise avoir investi dans les entreprises Monsanto et Syngenta. Un discours qui fait penser étrangement aux débuts de la transgénèse… ou plus récemment aux publicités pour les nouvelles biotechnologies comme Crispr/Cas9 ou les Talen.

Les plantes transgéniques modifiées via l’interférence ARN (voir encadré ci-dessous) existent depuis de nombreuses années (à l’instar de la tomate Flavr/Savr à mûrissement ralenti, le porte-greffe résistant au court-noué expérimenté par l’Inra à Colmar ou encore les pruniers résistants au virus de la Sharka, expérimentés en Roumanie). Le site de Monsanto évoque de nouveaux développements « vendeurs » comme des cacahuètes non allergisantes, des graines de café décaféinées, un soja à teneur en huile « améliorée » ou un maïs résistant à des chenilles [2].

L’ambition de l’entreprise Monsanto n’est donc plus de modifier le génome des plantes en laboratoire mais d’agir directement au champ. Concrètement, elle ne souhaite plus faire produire l’insecticide par la plante elle-même mais pulvériser une solution sur la plante, qui contient de l’ARN interférent. Comme le précise Robert McCarroll, un des responsables du programme BioDirect chez Monsanto, le développement de traitements pour les plantes utilisant l’interférence ARN « permet d’apporter la valeur de la protection biologique à base d’ARN sur des cultures qui ne pourraient économiquement pas supporter le développement d’un caractère transgénique ».

L’interférence à ARN est un phénomène biologique par lequel une molécule d’ARN peut « éteindre » l’expression de certains gènes, issus de végétaux ou de virus [3]. L’ARN messager (ARNm), comme son nom l’indique, sert à transporter l’information génétique de l’ADN (qui se situe dans le noyau de la cellule) vers le cytoplasme où cette information est alors transcrite en protéine. Si on détruit cet ARNm, la protéine n’est plus produite et si cette protéine était essentielle à la bonne survie de l’organisme vivant, ce dernier meurt… Les chercheurs ont réussi à produire des ARN interférents (ARNi) qui viennent se coller à un ARNm en particulier, entraînant alors sa destruction. A noter encore que ce phénomène d’ARN interférent existe dans la nature : c’est une des « solutions » que certains organismes ont trouvé pour lutter contre les virus. Les entreprises expliquent qu’elles ont la possibilité de produire ainsi des ARNi très spécifiques, qui n’agissent que sur une espèce animale, par exemple.

Sur son site, Monsanto précise que « la technologie BioDirect utilise des molécules trouvées dans la nature et que nous espérons pouvoir utiliser dans le cadre de protection locale des cultures ou d’autres produits ». Et de citer la gestion des mauvaises herbes, des insectes ou encore des virus [4]. Si l’entreprise ne s’exprime pas sur le caractère OGM ou non OGM des plantes obtenues au champ, un journaliste qui a visité un site de l’entreprise explique dans un article publié en août 2015 que l’intérêt « est de pouvoir contrôler les gènes sans modifier le génome de la plante, c’est-à-dire sans créer d’OGM ».

Monsanto annonce également sur son site que plusieurs projets sont sur le point d’aboutir… Il mentionne ainsi la fabrication de plusieurs « sprays » à pulvériser sur des cultures de pomme de terre contre le doryphore [5], et sur des tomates contre le virus de la maladie bronzée (Tospovirus).
Un autre projet plus récent vise à réduire le flétrissement des fleurs coupées. Ce projet peut être lu dans le détail avec la demande de brevet n°61793020 déposée par Monsanto en 2013 aux États-Unis, toujours en attente de réponse. Ce brevet concerne l’application à la surface des fleurs d’un mélange contenant une séquence génétique d’au moins 18 nucléotides et inhibant le gène EIN2 impliqué dans la synthèse d’éthylène par les fleurs.

Mais le plus intéressant, ce sont les projets qui sont des « solutions » aux problèmes posés par l’agriculture intensive… Ainsi, explique Patrice Leveque, de Monsanto, dans le Bulletin des Agricultures, « des mauvaises herbes devenues résistantes au glyphosate pourraient redevenir sensibles »… Et contre le déclin des abeilles, vous avez aussi ? Bien sûr, avec le spray biotech à ARN de Monsanto, le fameux projet Remebee… Monsanto a racheté en 2011 une petite entreprise israélienne, Beeologics, qui avait mis au point une solution à base d’ARN pour permettre aux abeilles de résister aux attaques du Varroa. Remebee, comme les autres sprays biotech de Monsanto, attend l’autorisation de mise sur le marché aux États-Unis. Mais selon l’Union nationale de l’Apiculture française (Unaf), l’une des raisons du déclin des abeilles est l’intensification de l’agriculture (disparition des haies, homogénéisation génétique des cultures, augmentation des pesticides, en nombre mais aussi en puissance, notamment les néonicotinoïdes, etc.). L’Unaf considère donc que ces sprays ne sont qu’une fuite en avant, car c’est le modèle agricole qui est responsable : « Monsanto essaye de se refaire une image auprès des apiculteurs » affirme-t-elle.

Que dit l’administration ?

Reste à savoir comment Monsanto va présenter ces nouveaux produits aux Agences en charge de l’évaluation des produits biotechnologiques et des biocides. Le Bulletin des Agriculteurs [6], une revue en ligne québécoise, semble trancher le débat : « ces biopesticides sont des produits certifiés 100 % biologiques » !

Dans un article du Western Producer, publié en 2014 [7] Zoe McKiness, directrice de la stratégie et des opérations pour la technologie de la chimie [8] expliquait qu’il faudra beaucoup moins de temps pour mettre au point et obtenir une autorisation de mise sur le marché pour un produit « BioDirect » que pour une plante transgénique. Techniquement, mais donc aussi réglementairement, suppose-t-elle, car l’Agence des États-Unis en charge de l’Environnement (EPA, Environmental Protection Agency) demande moins de données pour les pesticides biologiques (le dossier est donc moins cher) que pour les produits chimiques synthétiques.

Mais le débat scientifique quant à l’innocuité de tels sprays est loin d’être tranché : quelle persistance des ARN dans les plantes et donc les aliments, quels impacts sur les organismes non ciblés ? La directrice McKiness élude la question avec un artifice déjà utilisé au moment de la mise sur le marché des premières plantes transgéniques : « chaque fois que vous mangez une pomme, vous mangez de l’ARN. Même lorsque vous buvez de l’eau, il y aura de l’ARN dedans, du fait des bactéries qui y sont présentes ». Nous voilà donc rassurés.

Syngenta a racheté, en 2012, pour plus de 400 millions d’euros (523 millions US dollars), l’entreprise belge DevGen, spécialiste de l’interférence ARN et qui détient de nombreux brevets sur cette technique [9]. Et Monsanto, toujours en 2012, s’est alliée à un autre champion de cette biotechnologie, Alnylam Pharmaceuticals.

Monsanto n’était pas présente lors de l’audition sur Crispr/Cas9 à l’Assemblée nationale en avril 2016, et son nom est rarement cité dans le cadre du développement de telle ou telle plante modifiée par une nouvelle technique… Pourtant, l’entreprise n’est jamais très loin. En 2001, Renessen – une joint venture entre Monsanto et Cargill – signait un accord de licence exclusive avec Sangamo BioSciences. Cette entreprise étasunienne détenait un brevet sur une technologie « de reconnaissance universelle de gène » qui permet de développer des protéines pouvant se lier à l’ADN qu’elle a appelée les protéines à doigt de zinc se liant à l’ADN (zinc finger DNA binding protein – ZFP). Une technique qui a été déclinée depuis et a donné naissance aux nucléases à doigt de zinc. Cette licence donnait à Renessen le droit d’utiliser cette technique pour « améliorer la valeur de certaines cultures pour l’industrie de la transformation et de l’alimentation animale » [10].

En 2012, c’est avec la fondation TwoBlades que Monsanto signait un accord de licence concernant les protéines TALEN (http://www.infogm.org/spip.php?article5347). Ces protéines font partie de la famille des nucléases dirigées sur site comme les nucléases à doigt de zinc, les méganucléases, Crispr/Cas9, Cpf1… Elles sont utilisées comme ciseaux pour couper l’ADN et introduire une mutation ou un gène à l’emplacement de la coupure.

En juin 2016, Monsanto signait deux accords de licence, l’un avec la startup israélienne TargetGene Biotechnology LTD spécialisée dans les techniques de modifications génétiques via l’ARN (RNA-guided gene-editing techniques [11]..., et l’autre avec l’entreprise allemande Nomad Bioscience, elle aussi impliquée dans la mise au point de nouveaux OGM.

[1] http://dominion-funds.com/es/all-articles/item/monsanto-may-make-gm-crops-obsolete

[2] http://www.monsanto.com/products/pages/rna-interference-in-plants.aspx

[3] Inf'OGM, « Interférence ARN : 20 ans d’autorisations commerciales... sans évaluation », Eric MEUNIER, 25 février 2015

[4] http://www.monsanto.com/products/pages/biodirect-ag-biologicals.aspx

[5] brevet n°WO2015010026 A3, https://www.google.com/patents/WO2015010026A3

[6] http://www.lebulletin.com/cultures/la-technologie-au-service-du-biologique-68045

[7] http://www.producer.com/2014/11/rna-technology-may-offer-resistance-help/

[8] director of strategy and operations for chemistry technology

[9] https://www.google.com/patents/WO2013010691A1?cl=fr

[10] http://www.prnewswire.com/news-releases/sangamo-biosciences-and-renessen-applying-gene-regulation-technology-to-create-improved-crops-70996367.html

[11] http://news.monsanto.com/press-release/corporate/monsanto-and-targetgene-announce-agreement-gene-editing-technology-advance-g

..

-Revue de presse sur le rachat de Monsanto par Bayer:

Et si les abeilles…profitaient des méga-fusions de l'agrochimie…

Le rachat de Monsanto par Bayer : un jour noir pour l'alimentation mondiale

CADTM.org‎ -

Bayer-Monsanto : qu'est-ce que ça annonce pour les consommateurs ?

Radins.com‎ -

Mariage Monsanto-Bayer : ni fait ni à faire... - France Culture

www.franceculture.

Monsanto, un nom associé aux dérives de l'agrochimie

Les Échos‎ -

Bayer avale Monsanto pour près de 66 milliards de dollars | Économie ...

fr.reuters.com ›

Le rachat de Monsanto par Bayer, est-ce une bonne affaire? - Economie

RFI‎ -

En achetant Monsanto, Bayer contrôlera près d'un tiers du marché ...

www.bastamag.net

Bayer-Monsanto : Main basse sur les semences | AlterEco+ Alterecoplus

www.alterecoplus.fr

Bayer/Monsanto : une menace pour la diversité agricole ?

www.franceculture.fr

Bayer et Monsanto, mariage toxique - La Montagne

www.lamontagne.fr

Fusion Bayer/Monsanto : de grands chefs dénoncent «un ... - Le Parisien

www.leparisien.fr/

Bayer – Monsanto, le pire mariage du siècle ? - Accueil / Degemer

lepeuplebreton.bzh ›

Bayer et Sanofi, un jeu à qui perd gagne

Le Monde‎ -

« Madame la Commissaire Margrethe Vestager, empêchez le rachat de Monsanto par Bayer »

Le Monde‎ -

Bayer-Monsanto : L'image du groupe allemand va être écornée

Le Monde‎ -

15.09.2016 Par Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)

Le rachat de l’entreprise américaine Monsanto par Bayer, la plus grosse prise de contrôle jamais tentée par un groupe allemand a un paradoxe : c’est en Allemagne que pourraient se trouver ses plus féroces opposants. Dans un pays opposé aux OGM et très soucieux des questions de santé et d’environnement, l’opposition des mouvements écologistes et des associations d’agriculteurs n’est pas à négliger. Dès l’annonce de la fusion, ils ont annoncé qu’ils n’allaient pas en rester là. Le nom de Bayer, jusqu’ici associé dans l’opinion publique à l’aspirine des familles, va sans doute accuser le coup.

« Cette transaction ne doit pas se faire », martèle Anton Hofreiter, président du groupe parlementaire d’Alliance 90/Les Verts, condamnant la création d’un groupe « surpuissant », qui va « renforcer la faim dans le monde et non la combattre ». Pour le responsable écologiste, la somme gigantesque versée par Bayer pour acheter Monsanto, presque 30 fois le bénéfice annuel du groupe américain, est le signe clair d’une augmentation des prix ou des semences à venir. « Celui qui est prêt à payer autant spécule sur les gains mirobolants après la fusion. Ce sont les agriculteurs et les consommateurs qui vont payer la note », juge-t-il, en appelant les autorités de contrôle de la concurrence européennes et américaines à s’opposer à la fusion.


« Déclaration de guerre »

Pour les exploitants indépendants de la grande Fédération des agriculteurs allemands, le deal Bayer-Monsanto n’est ni plus ni moins qu’une « déclaration de guerre » à la société civile. « Nous ne sommes pas dupes de l’histoire qui voudrait qu’un Bayer soi-disant entreprise modèle rachète la réputation du groupe le plus méchant du monde. Bayer aussi a essayé de faire venir des OGM dans les champs européens, il a échoué parce que nous avons résisté », rappelle Georg Jansen, directeur de la fédération AbL. Les Allemands sont globalement opposés aux OGM, leur utilisation dans des champs hors recherche a été interdite en 2009.

Du côté des associations écologistes, on estime que la relative tranquillité laissée à Bayer jusqu’ici pourrait prendre fin. « Bayer a le même modèle économique que Monsanto, ils ont aussi des OGM, des brevets sur le vivant, du glyphosate, mais ils ont été moins agressifs que Monsanto dans leur communication. Monsanto a été l’arbre qui cache la forêt. Cela ne va pas durer », explique au Monde Dirk Zimmermann, de Greenpeace.

Mais les associations pourront-elles se battre comme avant contre un géant de cette taille ? En rachetant Monsanto, Bayer dispose d’un pouvoir de lobby international redoutable. La nouvelle discussion qui sera menée à la Commission européenne sur l’autorisation du glyphosate fin 2017 pourrait en fournir une première illustration. L’intérêt du nouveau géant de l’agrochimie à maintenir le produit controversé dans les champs vient d’être considérablement renforcé.

Pourquoi Bayer rachète Monsanto

LE MONDE ECONOMIE | 15.09.2016 Par Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)



Soixante-six milliards de dollars (59 milliards d’euros). C’est la somme gigantesque que le groupe chimique et pharmaceutique allemand Bayer va verser aux actionnaires de Monsanto pour prendre le contrôle du groupe américain. Les deux entreprises ont annoncé leur intention de convoler dans un communiqué de presse commun, mercredi 14 septembre.

C’est un chiffre qui donne le vertige, de même que le nouveau groupe à naître. Le futur numéro un mondial des semences et des pesticides se donne pour ambition de contrôler toute la chaîne agricole, des semences à l’assiette du consommateur.

Sur le papier, le mariage fait sens. Bayer est puissant dans les pesticides et présent principalement en Europe et en Asie. Monsanto, lui, est le maître des semences, il distribue l’herbicide le plus vendu au monde, le très contesté Roundup, et tient fermement le marché nord et sud-américain.

Le groupe allemand met ainsi la main sur les nombreux brevets de Monsanto et profite de l’inventivité de l’américain, qui s’est illustré ces dernières années non seulement dans les biotechnologies – avec les organismes génétiquement modifiés (OGM) –, mais aussi dans le numérique. La « ferme digitale », qui permet de gérer les activités agricoles, les semences et l’épandage de pesticides en fonction de la température et de l’hydrographie est une des grandes spécialités de Monsanto.


« Aider les cultivateurs »

Tout cela à un moment où l’agriculture fait face à des défis très importants : selon les Nations unies (ONU), la population mondiale devrait augmenter de 3 milliards d’habitants d’ici à 2050, pour atteindre les 10 milliards. Dans le même temps, le réchauffement climatique oblige les agriculteurs à repenser leurs méthodes.

Le futur groupe entend répondre à cette nouvelle demande par une approche « qui intègre systématiquement une expertise portant notamment sur les semences, les traitements et la protection des cultures incluant les biotechnologies, avec un engagement fort pour l’innovation et les pratiques agricoles durables », a indiqué, mercredi, Liam Cordon, membre du management de Bayer AG et directeur de la division Crop Science (science des cultures) du groupe. « Produire plus avec moins » est le mot d’ordre des deux groupes, qui insistent sur leur démarche « durable » pour « aider les cultivateurs à surmonter les obstacles de demain. »


Risques

L’exposé de ces nobles objectifs suffira-t-il à faire oublier les risques que recèle cette fusion ? Bayer, dont les activités agrochimiques étaient restées relativement épargnées par la critique, absorbe une des entreprises les plus honnies de la planète.

Dans la grande campagne contre le traité d’échange transatlantique (Tafta ou TIPP) menée en Allemagne par diverses organisations, Monsanto a été systématiquement cité comme l’entreprise incarnant les excès de la mondialisation agricole. Bayer, jusqu’ici vu comme le rassurant inventeur de l’aspirine, pourrait devenir le symbole d’une agriculture dénaturée, dans un pays où l’environnement est un sujet de préoccupation majeur.

Mais la firme allemande considère que le risque en termes d’image est moindre que l’autre grande menace qui pesait sur elle : celle d’être rachetée par un concurrent plus gros. Après plusieurs mois de bras de fer entre les deux groupes, la transaction, si elle est approuvée par les autorités de la concurrence, va définitivement faire passer l’allemand Bayer dans la cour des grands et le mettre à l’abri d’une prise de contrôle hostile.

Pour les tenants du deal, au premier chef le président du directoire de Bayer, Werner Baumann, il était temps. Car depuis deux ans, une grande tectonique des plaques bouleverse la chimie. Le chinois ChemChina travaille à prendre le contrôle du suisse Syngenta. Les américains Dupont et Dow Chemical s’apprêtent à convoler. Or Bayer, actif à la fois dans la pharmacie, l’agrochimie et, jusqu’à l’automne 2015, dans les plastiques, est certes un conglomérat puissant, mais qui restait trop faible dans chacun de ces secteurs pour ne pas être la proie potentielle d’un géant comme Pfizer ou ChemChina.
Un homme en première ligne

Werner Baumann le sait mieux que quiconque. Le PDG de 53 ans a présidé à toutes les fusions et acquisitions du groupe Bayer depuis plus de dix ans. Il s’est engagé personnellement dans cette transaction hautement risquée, qui le bombarde dans le cercle des chefs d’entreprise les plus puissants de l’économie allemande.

Son plan pour prendre le contrôle de Monsanto était prêt depuis longtemps, mais il a dû attendre le départ, en avril 2016, de son prédécesseur Marijn Dekkers, formellement opposé au projet, pour abattre ses cartes et déployer son savoir-faire en matière de rachat d’entreprises.

Son équipe a géré la délicate prise de contrôle par Bayer de son concurrent berlinois Schering et la reconstruction du secteur HealthCare du groupe après le scandale du médicament anticholestérol Lipobay en 2002. C’est encore M. Baumann qui a organisé la séparation des activités plastiques de Bayer, mises en Bourse avec succès sous le nom de Covestro à l’automne 2015.

Le PDG a su en partie lever les réticences des investisseurs de Bayer, qui s’étaient montrés réservés en mai à l’annonce du projet de fusion. Il s’est assuré le soutien de cinq banques internationales pour financer ses 50 milliards d’euros de prêt.
Saura-t-il amadouer également les personnels du groupe ? Dans une société jusqu’ici dominée par les activités pharmaceutiques, de nombreux salariés ont très mal digéré l’idée d’être associé au chimiste de Saint-Louis (Missouri). Faire prendre la bouture Monsanto sur l’arbre Bayer sans trop changer l’ADN des deux groupes sera sans doute l’entreprise la plus délicate de Werner Baumann au cours de ces prochaines années.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 05:35

Oui car il semblerait que "la génétique moléculaire a fait un grand pas en avant avec la technique CRISPR-Cas9, ..."Selon sciences et Avenir‎ :

Un bébé génétiquement modifié, c'est pour demain ?

Crispr/Cas9 : premier repas à base de nouveaux OGM en Suède

L’Université d’Umeå, en Suède, vient d’annoncer que « probablement pour la première fois, des plantes modifiées avec les « ciseaux génétiques » Crispr/Cas9 , avaient été cultivées, récoltées et cuisinées ».

-Revue de presse sur la thérapie génique de Madame Parrish avec lesinrocks.com/.et sur la définition du biochimiste et phytopathologiste Yves Bertheau du terme d'OGM

Qui est Elizabeth Parrish, la femme qui veut tuer le vieillissement
Et leplus.nouvelobs.com
Une PDG génétiquement modifiée pour ralentir son vieillissement: si ça marchait vraiment?

Un OGM n’est jamais « naturel »

Nous poursuivons notre série d’interviews présentant les enjeux majeurs du FESTIVAL VIVANT dont UP' Magazine est partenaire. Yves Bertheau s’exprime ici sur la brûlante question des nouvelles techniques d’édition (ou New breeding techniques/ NBT). Démissionnaire du Comité scientifique du Haut Conseil des biotechnologies (HCB), il détaille ici les défis d’une évaluation et d’une traçabilité des « nouveaux OGM » ou produits NBT.

Yves Bertheau est biochimiste et phytopathologiste, directeur de recherche Inra au MNHN . Spécialiste des OGM et de leur traçabilité, il a coordonné un programme européen (Co-Extra) sur la coexistence des cultures OGM et non OGM.

UP' : Les nouvelles techniques de sélection utilisant notamment la méthode Crispr/cas9 brouillent les frontières entre OGM et non-OGM. Au lieu de greffes génétiques, on opère des "copier-coller" sur le génome comme cela peut se passer naturellement. Pour autant, peut-on considérer le résultat comme naturel ? Est-ce pertinent de continuer à se référer à cela pour dire qu'il n'y a pas de danger ? Peut-on les appeler "nouveaux OGM " ?

Yves Bertheau : La question de la frontière entre OGM et non-OGM nécessite en premier lieu de définir le terme d'OGM. Si, comme l’entendent généralement les biologistes, un OGM résulte d’une modification d’un génome par introduction par l'homme de réactifs spécifiques, alors ceci concerne aussi bien les OGM issus des techniques des années 70 que ceux issus de la majorité des « nouvelles » techniques de modifications des génomes comme les méthodes Crispr. Ces nouvelles techniques constituent une évolution importante dans la gamme des outils d’étude du génome par leur facilité d'usage et leur versatilité, mais n'échappent pas au côté artificiel de leur mise en œuvre par l'homme.

En sus, si par « greffes génétiques », vous entendez insertion de séquences génétiques issues d’espèces non sexuellement reliées à une espèce soumise à manipulation génétique et par « copier-coller », celles de séquences issues d’espèces sexuellement compatibles, il faut rappeler que les méthodes Crispr-Cas permettent l’insertion de n’importe quelle séquence, quelle que soit l’espèce d’origine, qu’elle soit par ailleurs une très proche copie de celle d’origine, partiellement remaniée ou totalement synthétique.

Crispr-Cas fait partie de ces « nouvelles » techniques dites « d’édition », discutées au niveau communautaire, qui constituent en fait un ensemble assez hétérogène dont les points communs sont le désir d’améliorer la précision des méthodes de modification des génomes et de contourner des réglementations OGM actuelles. Par de nombreux aspects, les connaissances mises en avant pour ce point réglementaire relèvent désormais plutôt des décennies passées. C’est ainsi que si l’on considère, par exemple, la greffe entre OGM et non OGM, les connaissances actuelles sur la mobilité des petits ARN non codants et leur capacité à induire de manière héritable des modifications à distance dans tous les tissus, dont les produits consommés, conduisent à classer ces constructions comme des assemblages OGM.

Méfions-nous des simplifications !

Enfin plus généralement, méfions-nous des présentations volontairement sur-simplifiées de ces techniques. Crispr-Cas correspond en fait à un très vaste ensemble de variantes, que ce soit au niveau des ARN, des protéines apportées ou des acides nucléiques codant pour elles, d’expression transitoire ou non, insérés ou pas, elles-mêmes éventuellement combinées avec d’autres techniques en vue de modifications génétiques et épigénétiques. Les innombrables combinaisons possibles rendent impossible toute évaluation a priori.

Pour répondre à votre question, il n’existe donc aucun brouillage de la frontière entre OGM et non-OGM : les organismes issus de ces nouvelles techniques sont bien génétiquement modifiés par l'homme et donc par là même des OGM. La présentation médiatique des technologies à base de Crispr, qui tend à faire passer les produits de ces modifications comme naturels, ne correspond pas à la réalité scientifique et technique de leur utilisation. Cette présentation médiatique focalisée sur la modification voulue à un endroit précis (insertion, délétion, épimutation, réarrangement de séquences issues ou non d’espèces sexuellement compatibles...) oblitère de surcroît – par l’effet réverbère utilisé - de nombreux autres aspects qui font que cet ensemble complexe de techniques participe bien au continuum des techniques de production d’OGM.

Attention effets collatéraux !

En effet, les techniques à base de Crispr-Cas et autres (ZFN, TALEN, RdDM, OdM...), vantées pour leur spécificité de ciblage, induisent aussi de nombreuses modifications hors-cibles (off-targets) en raison de la présence de séquences cibles plus ou moins similaires à de nombreux autres endroits des génomes. En second lieu, les systèmes Crispr-Cas nécessitent, comme les autres techniques de modification du génome, de mettre en contact le génome cible et les réactifs. Les techniques de vectorisation (d'entrée des réactifs) au travers de micro-injections, virus ou bactéries vecteurs, électroporation, bombardement de particules... induisent également de nombreuses mutations et épimutations. Ces mêmes techniques sont utilisées en transgénèse classique, au sens de la directive 2001/18 et rapprochent à nouveau ces nouveaux OGM des anciens.

Enfin, les nombreuses autres techniques connexes, telles que la ‘protoplastisation’, la sélection des cellules transformées, les cultures cellulaires, la régénération des plantes sont toutes communes à la production des OGM, nouveaux ou anciens. Elles sont de même toutes inductrices de mutations et d’épimutations.

Signalons au passage que, tant les nombreuses restrictions d’usage (liées aux tissus, espèces, séquences PAM, différences in vitro et in vivo, faible efficacité...) des nouvelles techniques de modification du génome que celles liées par exemple à la régénération des plantes ne permettent pas de revendiquer des applications généralisées, au contraire de ce qu’on peut souvent lire dans les médias. Ces nouvelles techniques ne sont pas des couteaux suisses universels.

Il est dès lors impossible de parler de résultat naturel sauf à oublier toutes les modifications non intentionnelles du génome et ces restrictions d’usage.

Tenter d’éliminer toutes ces modifications non intentionnelles du reste du génome implique de nombreux rétrocroisements (4 à 14 selon le degré de « propreté » visé) avec au mieux l’espérance d’éliminer 90% de ces modifications non désirées, ce qui laisse pour certaines espèces cultivées des millions de nucléotides non épurés. Ce « nettoyage » suppose également que les modifications non intentionnelles ne soient pas trop proches de traits désirés ou présents sur des portions du génome sujettes à des distorsions de ségrégation. Vouloir s’assurer de la réduction de ces modifications non intentionnelles nécessite également des séquençages de génome dont la fiabilité varie selon les techniques et plateformes de séquençage, les logiciels d’assemblage et de recherches de variants de différents types...

Malgré le degré de précision de la modification ciblée et des améliorations en cours, à la reproductibilité inconnue pour ces dernières, les nouvelles techniques ne paraissent donc pas suffisamment matures. Elles manquent dramatiquement de cadres d’évaluation des risques acceptés et un minimum normés. Ces rapides considérations soulignent que même des « ségrégants négatifs », obtenus par rétrocroisements à partir d’OGM, doivent rester dans le champ d’application de la directive 2001/18.

Des espèces modifiées qu’on ne peut pas assimilées à des espèces « naturelles »

Peut-on dès lors considérer le résultat de ces techniques, et donc des Crispr-Cas, comme naturel ? Non, et ce, à deux titres. D'une part, les techniques ne sont pas aussi maîtrisées que le suggèrent bien des présentations qui en sont faites et elles engendrent de nombreuses mutations et épimutations non intentionnelles, et par là potentiellement des changements de caractéristiques de la plante. D'autre part, le processus de manipulation génétique est évidemment artificiel, le résultat demeure donc artificiel dans le contexte de l'évolution et de l'écologie.

Y-a-t-il danger pour autant ? Ne confondons pas risque et danger. Le premier se réfère à la probabilité de survenue d’effets néfastes tandis que le second se réfère à la qualité intrinsèque des produits considérés. Un produit dangereux issu des nouvelles techniques de modification du génome ne serait soit pas autorisé, soit autorisé dans des conditions restreintes, visant à réduire l’exposition des populations et/ou de l’environnement à ce produit en fonction de leur vulnérabilité. Encore faut-il que la procédure d’évaluation existe pour identifier cette dangerosité.

Découlant de la réponse à la première partie de cette question, différents risques seront à évaluer : ceux dus directement à la modification souhaitée, comme des pléiotropies, et à ses conséquences non intentionnelles sur l'organisme, ceux dus aux méthodes afférentes et d’autres dus à l’accélération de la modification des caractères par l’homme, sans compter les effets environnementaux consécutifs à leur dissémination.

Nous manquons de capacités d’évaluation

Les nouveaux OGM, résultant d’une des « nouvelles » méthodes de modification du génome, doivent donc pouvoir bénéficier d’une étude au cas par cas, comme dans le cas des OGM relevant déjà du champ d’application de la directive 2001/18. La meilleure connaissance scientifique des effets du processus de mutagénèse de cellules végétales en culture amène également à reconsidérer le statut des mutants obtenus in vitro qui sont actuellement exclus du champ d’application de la directive 2001/18.

Toute modification importante, pour ne pas dire violente, du génome, en particulier in vitro, devrait être considérée autant à l’aune de nos connaissances de l’évolution des organismes et des écosystèmes que de celles sur les mécanismes moléculaires. Les connaissances qui s’accumulent quant aux mobilités intra-plante et intra-animale ou au travers de muqueuses intestinales, d’acides nucléiques mobiles inducteurs d’effets épigénétiques, distaux et héritables par exemple au travers des fruits, conduisent à recommander (i) l’application du principe de précaution aux applications commerciales, (ii) au développement de procédures nouvelles d’évaluation des risques et (iii) à tout le moins à des analyses au cas par cas améliorées par rapport aux dossiers OGM actuels.

Comme dans le cas des nanotechnologies, les applications technologiques commerciales ont précédé les capacités d’évaluation des risques. C’est ainsi que l’AESA en est encore à commander en 2016 une revue systématique sur les ARN non codants, qui peuvent être utilisés en combinaison ou non avec les systèmes Crispr, et à lancer des études quant à la possible méthodologie d’évaluation des risques liés à l’épigénétique.

Au-delà des changements de pratiques agricoles induits par les nouveaux traits introduits, les modifications génétiques rapides, radicales et souvent irréversibles doivent être considérées avec prudence, alors que la sélection classique liée la conservation de ressources génétiques constituent encore la meilleure source d’amélioration de la production et d’adaptation aux changements environnementaux. Il est à craindre que les plantes ne constituent un ballon d’essai, pour tester des technologies dont l’application à l’homme est loin d’être acceptable.

Personnellement, j'observe que les mêmes arguments techniques et économiques utilisés ces dernières décennies pour les premiers OGM et pour le clonage animal, servent à défendre cette évolution de techniques, avec toujours :

• la même confusion entre science et applications,

• les mêmes postures de politiques et industriels quant au progrès, à l’innovation et à la compétitivité,

• le même retard entre méthodologies d’évaluation des risques et applications commerciales qui fait que l’AESA a dû ces dernières années repréciser les cadres d’évaluation dont les bonnes approches statistiques,

• les mêmes « effets réverbères » quant à la communication mise en jeu,

• la même volonté de politiques que leur choix a priori soit couvert par un début d’onction scientifique

• et finalement une information biaisée pour les citoyens, profanes...

L’histoire des techniques serait-elle en France un éternel recommencement ?

LIRE AUSSI DANS UP' : CRISPR: entre peur et euphorie, la bataille de l'éthique bat son plein

UP' : Comment pourrait-on organiser l'évaluation de ces semences génétiquement modifiées ? Le Haut Conseil aux Biotechnologies a été organisé selon 2 collèges : le Comité scientifique et le Comité économique éthique et social, est-ce une bonne idée de séparer les deux types d'analyse ?

YB : L'évaluation de ces semences génétiquement modifiées requiert de nombreux champs d’expertise. Au vu du faible nombre d’experts mobilisables en situations controversées, du temps nécessaire à consacrer à une évaluation de qualité et des moyens contraints – financiers et humains entre autres - en appui, il est évident que les moyens doivent être affectés à une seule structure. Le HCB paraît dès lors le mieux placé au point de vue scientifique, si des moyens supplémentaires lui étaient alloués et si le CSBT , structure nécessaire à l’évaluation post-commercialisation des effets non intentionnels des OGM commercialisés et à la coordination avec d’autres surveillances biologiques du territoire, renaissait de ses cendres, fut-ce au sein de l’ANSES. Ceci sans parler des points de vue éthique, économique et social, puisque le HCB est la seule structure qui permet à ces champs d'être discutés entre porteurs d’intérêts.

Historiquement, l’expérience de la CGB avait permis de constater que l’expertise pratiquée manquait à la fois de moyens - financiers, humains - et d’un cadre adéquat : les associations de consommateurs, de protection de l’environnement, etc., se plaignaient de discussions trop techniques en dehors des préoccupations du public.

L’idée de deux « cercles », traduite au HCB par les deux Comités d’expertise, l’un d’expertise scientifique et l’autre plus général d’expression des courants d’une société démocratique, ce dernier appuyé autant que de besoin par des groupes de travail d’experts ad-hoc, fut avancée par Marie-José Nicoli (UFC-Que Choisir). Elle fut reprise dans la conférence de citoyens de 1998 et le rapport de 1999 de P. Kourilsky et G. Viney sur le principe de précaution. L’ensemble a abouti à la loi de 2008, instaurant HCB et CSBT, dans le droit fil du Grenelle de l’environnement.

Toute innovation technique, toute application des résultats de la recherche, nécessite la prise en compte des désirs et choix de la société, au risque de son rejet. Cette prise en compte devrait éviter certains verrous technologiques, comme par exemple la disparition des semences commerciales non-OGM, et permettre la coexistence de différents modes de vie et de production.

La séparation en deux comités avec des analyses séparées participe donc du débat démocratique, qui se doit d’être transparent, pluraliste et contradictoire, et doit être maintenue. Mais les capacités d’expertise socio-économique, juridique et éthique du CEES devraient pouvoir être plus facilement et plus rapidement appuyées par la création, au fur et à mesure des besoins ressentis, de groupes de travail appropriés. De plus, à l’instar de l’ANSES, un comité de déontologie indépendant devrait être créé. Il permettrait d’éviter les détournements de procédure, favoriser le pluralisme et la transparence, appliquer le règlement intérieur, contrôler les conflits d’intérêts et leur application sans langue de bois, comme le rappelait récemment un groupe de réflexion interne sur la gouvernance.

Utiliser positivement les dissensus

Deux problèmes se posent pourtant, qui nécessitent des aménagements et surtout des formations tant des experts, des porteurs d’intérêts que du personnel du secrétariat du HCB.

La première difficulté est la place concrètement accordée aux dissensus dans le travail d'un comité d'experts et dans ses productions finales. Loin d’affaiblir l’expertise, cet exercice permet au contraire d’approfondir la réflexion et de distinguer clairement ce qui est connu avec un bon degré de certitude de ce qui comporte encore des incertitudes et constitue majoritairement une extrapolation. Dès lors, le CS pourrait ne plus être considéré comme un lieu de controverse opaque et surtout d’influence de lobbies qui fait que nombre d’experts refusent d’y participer tandis que d’autres au contraire s’y investissent, mais plutôt comme porteurs d’intérêts. En fait, posséder une formation de scientifique ne suffit pas pour comprendre que l’évaluation du risque ne consiste pas à tenter de le gérer, prérogative du politique, et que croyances personnelles et relations avec des porteurs d’intérêts ne doivent pas oblitérer l’esprit critique. Les notions de conflits et liens d’intérêt devraient être formellement décrits, afin de bien faire comprendre que ceux-ci ne se résument pas à des financements personnels directs mais recouvrent d’autres formes comme des liens financiers professionnels, des liens institutionnels ou relationnels, des intérêts intellectuels et industriels...

Du côté du CEES que je connais moins, il paraît là aussi nécessaire de former les représentants de porteurs d’intérêts dont certains, à l’évidence, paraissent plus présents pour affirmer des positions de principe, forcément divergentes, que pour rechercher des solutions innovantes.

UP' : La Commission européenne doit statuer prochainement sur ces "Nouveaux OGM". Faudrait-il revoir la directive 2001-18 ? Comment pensez-vous souhaitable d'organiser la réglementation ?

YB : La Commission européenne devait effectivement livrer fin 2015 son interprétation en droit. Reportée par la suite à mi 2016 puis à fin 2016, la date de remise de cette interprétation a récemment été repoussée sine die, apparemment en raison de pressions très fortes.

Mais la question de revoir la directive 2001/18 n'avait jamais été mise sur la table, du moins par les pouvoirs publics, ce qui peut se comprendre car cette directive est assez claire : tout est question d'interprétation.

Revoir la directive 2001/18 pour ces nouveaux OGM relèverait donc d’une décision politique, que les mêmes politiques, beaucoup ayant déjà leur opinion arrêtée quant à l’intérêt de ces techniques, demandent aux scientifiques d’oindre d’un vernis scientifique d’acceptabilité.

Fondamentalement, la directive 2001/18 et les directives et règlements en découlant ne paraissent pas nécessiter de modifications drastiques. Etant donné les modifications non intentionnelles dues aux techniques connexes, des effets hors-cibles des nouvelles techniques de modifications du génome, et des limites des méthodes de détection de ces effets ou de leur suppression, il convient d’examiner attentivement chacune des variantes et combinaisons de ces techniques de modification du génome puis leur résultat. Dès lors, le cadre général des OGM doit continuer à s’appliquer tant aux techniques qu'aux produits issus de ces techniques, que ce soit pour l’évaluation des risques que pour les autres éléments (traçabilité, coexistence, culture versus importation...). Ces nouveaux OGM, y compris les ségrégants négatifs ou les produits issus de greffes entre OGM et non-OGM, avec leurs ARN mobiles induisant des modifications héritables dans les autres parties, ou les techniques RdDM et OdM , devraient donc entrer dans le champ d’application de la directive 2001/18.

S’aligner sur la définition des OGM du Protocole de Carthagène

De façon à éviter qu’à l’avenir des questionnements similaires apparaissent à chaque évolution des techniques, il serait par contre utile que soit réaffirmé le principe que toutes les modifications in vitro aboutissent à des OGM auxquelles cette directive doit être appliquée. Ce serait se mettre en conformité avec la définition des organismes vivants modifiés, fournie par le Protocole de Carthagène que l'Union européenne a ratifié en 2000 !

Pratiquement, un effort important doit être aussi entrepris pour rattraper rapidement le retard pris sur les procédures d’évaluation du risque et de surveillance des effets non intentionnels après commercialisation. Comment évaluer l’effet des ARN non codants mobiles ? Plus généralement, comment évaluer les risques associés aux modifications épigénétiques ? Quelles procédures consensuelles de prédiction des off-targets ? Quels outils (génomes de référence...) développer pour détecter ces off-targets ou assembler correctement les séquences issues des séquençages à haut débit ? Voici quelques-uns des obstacles à lever, au travers d’un minimum de normalisation, pour une bonne évaluation des risques inhérents à ces nouvelles techniques incluant les Crispr-Cas.

Dès lors, les structures existantes comme le HCB paraissent les mieux adaptées à évaluer ces produits bénéficiant ainsi d’une capitalisation des acquis et des compétences, dans une période de moyens contraints alors que les experts manquent. Dans un même souci de mutualisation des moyens et compétences, la structure de surveillance biologique du territoire post-commercialisation pourrait s’adjoindre aux activités de phytovigilance de l’ANSES. Le transfert de l’évaluation vers d’autres structures entrainerait un retard considérable dans le développement des procédures, la mise en place des instances, le tout avec un accroissement des coûts d’évaluation sans compter des risques forts de contestation sociétale.

Propos recueillis par

-Note "pour si peu de contestation sociétale,la science ne compte pas en rester là dans son rapport au progrès ",de l'administration du blog :

Projet de création d'un génome humain artificiel


Stop OGM
ven., 02 sept. 2016


Après le décryptage des 3 milliards de paires de bases que compte le génome humain, des chercheurs voudraient passer à l’étape suivante et créer un génome humain artificiel. Photo : de.wikipedia.org.

En mai 2016, quelque 150 scientifiques, juristes et entrepreneurs se sont réunis à la faculté de médecine de l’Université de Harvard à Boston pour discuter à huis clos de la possibilité de créer un génome humain synthétique, autrement dit un humain fabriqué de toutes pièces en laboratoire.

Cette initiative fait suite au projet de lecture du génome humain (Human Genome Project-Read ou HGP-Read) lancé en 1990, dont la mission était d’établir le séquençage complet du génome humain, c’est-à-dire de trouver l’ordre des 3 milliards de paires de bases qui composent l’ADN humain. Une première ébauche du génome a été publiée en 2001 et le séquençage complet a été terminé en 2003.

Tandis que le programme de lecture du génome humain consistait à décrypter l’alphabet du patrimoine génétique de chacun d’entre nous, le projet récemment dévoilé d’écriture du génome humain (HGP-Write) vise ni plus ni moins à créer un génome humain synthétique.

La description du projet HGP-Write a été publiée le 2 juin 2016 dans la revue Science. On peut y lire que la synthèse du génome humain est de plus en plus faisable, mais qu’elle nécessite de toute urgence d’impliquer le public, en considérant les aspects éthiques, juridiques et sociaux soulevés par cette perspective.

D’après les chercheurs, les applications seraient nombreuses, comme la production de lignées de cellules résistantes aux virus ou aux cancers, l’élimination de gènes nocifs tels le gène responsable de la protéine prion, la stabilisation du génome ou encore l’amélioration des thérapies basées sur les cellules souches.

L’objectif est de lancer le projet HGP-Write encore en 2016. D’après les estimations, il devrait coûter un peu moins que les 3 milliards de dollars qui avaient été investis dans le programme antérieur, le HGP-Read.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:59
Génétique : le mirage du bébé parfait - Le Monde

22 août 2016

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO Hervé Morin

J’étais terrorisée, mais je suis rentrée dans cette pièce où Hitler se trouvait. Il avait un visage de cochon. (…) Il a dit : “Je veux comprendre les utilisations et les implications de cette formidable technologie.” Je me suis réveillée, couverte d’une sueur froide. » Jennifer Doudna a raconté, en novembre 2015, ce cauchemar au New Yorker, qui enquêtait sur Crispr-Cas9, un puissant outil d’édition du génome que la chercheuse à l’université Berkeley a contribué à mettre au point. Un dictateur pourrait-il aujourd’hui ressusciter les délires eugénistes des nazis, produire des lignées de « bébés parfaits » grâce à ces nouveaux outils ? Le « meilleur des mondes » est-il à notre porte ?

Cette perspective est suffisamment inquiétante pour que Jennifer Doudna et ses pairs, mais aussi de nombreuses sociétés savantes – et même la CIA –, se soient emparés du brûlant sujet Crispr-Cas9, sur son versant éthique. Jamais l’humanité n’a semblé aussi proche de modifier sa propre lignée, son génome et celui des générations à venir.

Il ne s’agirait plus de science-fiction, d’un scénario dystopique, mais d’une possibilité qui a émergé avec force en avril 2015 : une équipe chinoise publie alors les résultats d’une expérience sur des embryons humains visant à modifier le gène responsable de la bêta-thalassémie, une forme d’anémie d’origine génétique. L’étude fait grand bruit. Certains jugent qu’une barrière éthique a été transgressée. Les chercheurs chinois pensent avoir pris les précautions idoines : ils n’ont utilisé que des cellules dites triploïdes, incapables de se développer pour donner un être viable – ils ont stoppé leurs observations lorsque les embryons ne comptaient que huit cellules.

De plus, leur étude suggère que Crispr-Cas9 n’est pas l’outil à la précision chirurgicale tant vantée : seul un faible nombre d’embryons ­modifiés porte les mutations souhaitées, et des modifications « hors cibles » ont été mises en évidence. Même constat un an plus tard, lors de la parution d’une nouvelle étude chinoise, où Crispr-Cas9 est cette fois utilisé pour offrir une protection contre le VIH : le succès n’a été que partiel, avec de nombreuses mutations non voulues et des ratés dans l’édition des embryons, détruits après quelques divisions cellulaires. Les chercheurs chinois voulaient voir si l’on pourrait créer des humains naturellement immunisés contre le sida. Ils ont prouvé qu’on était loin du compte. Le bébé « sur mesure » n’est finalement pas pour demain.

« Evaluer les aspects éthiques »

Dans l’intervalle, une équipe de l’Institut Francis-Crick, à Londres, a reçu l’autorisation de procéder, elle aussi, à des manipulations sur des embryons humains. Il s’agit de désactiver de façon sélective certains gènes considérés comme cruciaux dans la différenciation des premières cellules en divers tissus. A Stockholm aussi, une équipe pourra procéder à de tels essais. Comme en Chine, pas question d’implanter ces embryons dans un utérus. Le but est de mieux comprendre certaines formes d’infertilité.

Ces expérimentations sur l’embryon sont conformes au consensus qui a émergé au fil des réunions internationales et des réflexions conduites par les sociétés savantes nationales, de l’usage sur l’homme des nouvelles techniques d’édition du génome. « Crispr fonctionne si bien et rencontre un tel succès qu’il serait important d’évaluer les aspects éthiques de son utilisation », avait prévenu, dès juin 2014, la Française Emmanuelle Charpentier, co-inventrice de l’outil.

Au printemps 2015, Nature et Science publient des mises en garde contre la modification des cellules germinales (sexuelles) qui passerait d’une génération à l’autre. Une de ces tribunes est cosignée par le Nobel de chimie, en 1980, Paul Berg. Ce dernier avait organisé, en 1975, la conférence d’Asilomar (Californie), qui avait abouti à la mise en place de protections contre les fuites dans l’environnement des premières bactéries génétiquement modifiées.

Mais, cette fois, il s’agit de changer le patrimoine héréditaire de la lignée humaine elle-même. Jusqu’où peut-on aller ? Une réunion internationale est organisée, début décembre 2015, à Washington. Après des débats ­enflammés, la déclaration finale juge que la ­recherche fondamentale et préclinique sur l’édition des gènes est nécessaire et doit être poursuivie, ainsi que sur les bénéfices et risques potentiels de leur usage clinique. Mais, « si, dans ce processus de recherche, des ­embryons humains et des cellules germinales subissent des éditions de gènes, les cellules ­modifiées ne devront pas être utilisées pour lancer une grossesse », préviennent les organisateurs. L’usage clinique de ces techniques sur les cellules somatiques (non transmises d’une génération à l’autre) doit s’inscrire dans les dispositifs « existants et évolutifs » qui encadrent les thérapies géniques.

Convention d’Oviedo

Cette position est rejointe peu ou prou par diverses sociétés savantes et organismes de recherche, avec des nuances selon les législations nationales. La France, comme la plupart des pays d’Europe, est signataire de la convention d’Oviedo (1997), dont l’article 13 stipule qu’« une intervention ayant pour objet de ­modifier le génome humain ne peut être entreprise que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques, et seulement si elle n’a pas pour but d’introduire une modification dans le génome de la descendance ». Une interprétation maximaliste du texte pourrait interdire toute utilisation de Crispr sur les cellules germinales.

Mais le neurobiologiste Hervé Chneiweiss, président du comité d’éthique de l’Inserm, n’en fait pas la même lecture : « Il faut établir une distinction entre la recherche fondamentale autorisée et le transfert vers les applications humaines. » Au-delà, quand la technologie sera éprouvée, s’interroge-t-il, « en quoi cela serait-il une atteinte à l’humanité d’éradiquer des maladies d’une particulière gravité, comme celle de Huntington, en modifiant les embryons ? »

George Church (Harvard) ne se satisfait pas du consensus actuel. Pour lui, la focalisation sur l’embryon a fait passer au second plan l’édition des cellules sexuelles masculines : « En partant de cellules souches, vous pouvez les modifier ex vivo, en faire des clones, et vérifier celles qui ont les bonnes modifications. On peut s’assurer qu’elles sont parfaites. » Et les utiliser pour éviter d’éliminer des embryons.

Pour Alain Fischer (Imagine-Necker), « père » des bébés-bulles soignés par thérapie génique, cette vision relève de la « science-fiction délirante ». Crispr constitue un outil de recherche « incontournable » et prometteur pour les cellules somatiques (adultes), mais modifier les cellules germinales revient in fine « à toucher au patrimoine de l’humanité, ce qui n’est pas raisonnable et doit rester interdit ». Le biologiste de la reproduction Pierre Jouannet, qui a corédigé plusieurs rapports de sociétés savantes françaises sur Crispr, estime que George Church a raison d’insister sur le ­potentiel des cellules germinales, même s’« il ne faut pas être naïf » et que les défis à relever sont immenses.

Obstacles parfois sous-estimés

Ils le sont aussi pour les thérapies géniques imaginées sur les cellules adultes, moins problématiques d’un point de vue éthique. Là ­encore, la « magie Crispr » se heurte à des obstacles parfois sous-estimés, comme les mutations hors cibles. Keith Joung, du Massachusetts General Hospital, a mis les pieds dans le plat, début juillet, devant la Société américaine d’hématologie, en projetant une diapositive montrant un individu la tête dans le sable. Comme le raconte la revue en ligne Stat, il a souligné les carences des logiciels utilisés pour déterminer les zones du génome susceptibles d’être modifiées par inadvertance par Crispr – ce qui a douché l’enthousiasme général.

L’autre grand défi, c’est la faculté de faire s’exprimer les cellules mutées par Crispr dans les bons tissus. La société Editas cible par exemple des maladies de l’œil, un organe qui se prête à l’injection de virus vecteurs de Crispr. Crispr Therapeutics mise sur une stratégie assez similaire. Intellia Therapeutics parie sur des nanoparticules lipidiques pour transporter Crispr jusqu’au foie, où il permettrait de lutter contre diverses maladies comme l’hémophilie. D’autres, comme David Bikard à l’Institut Pasteur, espèrent retourner Crispr contre les bactéries qui l’ont inventé, pour lutter contre les souches résistantes aux antibiotiques – là encore, la question du vecteur sera essentielle.

La pédiatre Marina Cavazzana (Imagine - Necker), qui a vécu les hauts et les bas de la thérapie génique des bébés-bulles, est très enthousiaste sur le potentiel de Crispr. « Je suis amenée à relire les résultats précliniques d’autres groupes dans le monde, encore non ­publiés, qui sont très impressionnants », dit-elle. Mais, de l’animal à l’homme, les embûches peuvent être nombreuses, prévient-elle : « Les chercheurs ne perçoivent pas toujours que l’application clinique est un très long chemin. »

Conflit d’intérêts

Les start-up pionnières, basées à Boston, ­espéraient être les premières à passer à ces ­essais cliniques. Elles viennent de se faire ­dépasser par une équipe de l’université de Pennsylvanie, qui a reçu, fin juin, un feu vert des Instituts nationaux de la santé (NIH) américains pour tester une thérapie ex vivo qui ­viserait simultanément trois gènes. L’idée ­reprend avec Crispr la stratégie dite des cellules CAR-T, déjà mise en œuvre avec succès avec des outils plus anciens d’édition des gènes. L’un d’eux, développé par la société française Cellectis, a permis de sauver une petite Londonienne d’une leucémie, fin 2015. Cette thérapie consistera à prélever des lymphocytes T, des cellules immunitaires, et de les modifier pour qu’elles s’attaquent à des cellules tumorales une fois réinjectées à des patients souffrant de mélanome, sarcome ou myélome résistants aux traitements classiques.

Certains se sont émus que la Penn State se ­retrouve aux avant-postes. En 1999, Jesse Gelsinger, un jeune homme de 18 ans, était mort lors d’un essai clinique de thérapie génique conduit dans cette université. On avait ensuite découvert que le directeur de l’étude, James Wilson, possédait des parts dans Genovo, une compagnie qui avait un intérêt direct à hâter sa réussite. Et que le patient, qui n’avait pas été correctement informé des risques, avait reçu des doses plus fortes que prévu. Carl June, le conseiller scientifique de la nouvelle étude, possède des brevets sur la technologie testée, mais il assure que des mesures seront prises pour surmonter ce conflit d’intérêts.

« Hacker le cancer »

L’essai sera financé par un institut créé, en avril, par le milliardaire Sean Parker, cofondateur de Napster et associé de Facebook, qui a injecté 250 millions de dollars (223 millions d’euros) dans un vaste programme d’immunothérapie. Cet ancien petit génie de l’informatique, âgé de 36 ans, s’est mis en tête de « hacker le cancer ».

Mais, encore une fois, la Chine double tout le monde : le 6 juillet, une équipe de l’université du Sichuan a reçu l’autorisation de procéder à un essai clinique du même type, ciblant le cancer du poumon. Il pourrait débuter dès ce mois d’août.

Si les tycoons de la Silicon Valley et l’empire du Milieu s’en mêlent, qui sait jusqu’où ira Crispr ? Inventé par les bactéries il y a des milliards d’années pour se défendre contre des virus, transformé en outil révolutionnaire d’édition des gènes par des chercheurs venus d’horizons aussi divers que l’étude du yaourt, de la peste ou des structures cellulaires, souvent mus par la pure curiosité, mais prêts à en découdre sur les brevets et le Nobel, il est aussi un formidable révélateur : son histoire est celle de la science d’aujourd’hui.

-Note "l'eugénisme se reconfigure ,le racisme aussi ",par l'administration du blog voir :

Projet Golbal-Race (Globalisation du référentiel racial (Europe ... - ANR

Institutions porteuses : Ined et Sciences Po (CERI).(voir aussi ici : http://global-race.site.ined.fr/).

-Note "les bons amis de novartis ,la thérapie génique et la neurologie ",par l'administration du blog ,lire:2016 - Txcell

NTxCell : nomme le Dr Olivier Danos de Biogen, pionnier de la thérapie génique appliquée aux troubles neurologiques, au sein de son Conseil Scientifique (SAB)

-Note " pour une autre science ",par l'administration du blog

La science peut-elle aller contre le progrès ? - Le Monde

- « Le Monde » organise dans le cadre du « Monde Festival » le dimanche 18 septembre à l'Opéra Bastille un débat entre Etienne Klein et Vandana Shiva, animé par Stéphane Foucart.

Les scientifiques et la société civile doivent construire ensemble une autre science, par Christian Vélot – mai 2016

Le risque,selon l'administration du blog :

Le forçage génétique pour éliminer les espèces

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:04

Analyses Luttes paysannes

[Zurich] Perturbation du congrès EUCARPIA

01.09.2016 | Maj le 3 septembre Zürich

Ce ne sont pas les groupes agro-industriels et leurs monocultures, mais les modèles d’agriculture diversifiés et à petite échelle, qui offrent des solutions.

Syngenta, un des sponsors du congrès scientifique sur la sélection végétale EUCARPIA, est un des leaders mondiaux des semences et de la chimie. Comparable à Monsanto, cependant avec un concept publicitaire essentiellement plus efficace nommé « capitalisme vert » et « bonne croissance ». Ces concepts de marketing sont repris aussi par certains scientifiques travaillant dans la recherche publique.
Syngenta et ces scientifiques se vendent eux-mêmes comme les « sauveurs de l’humanité », comme des promoteurs « de l’écologie et de la durabilité » et même comme « intéressés par le bien de tous », avant tout par le bien de la paysannerie.

Cependant, la réalité est tout autre :

Syngenta et les autres multinationales de l’agrobusiness soutiennent des groupes paramilitaires qui assassinent des paysan·ne·s et des militant·e·s qui s’opposent aux machinations des dites multinationales pour ne pas se faire voler leurs terres et leur autonomie.
Plus précisément, cette agro-industrie défend le brevetage des semences et les OGM qui sont toujours associés à une inflation de poisons pour éradiquer les plantes, champignons et animaux indésirés. Des poisons comme le glyphosate, le Paraquat, le Clomazone et bien d’autres contaminent les eaux souterraines et les cultures depuis des années et se retrouvent aussi dans les corps des animaux et des humains. Les recherches sur les conséquences et les dégâts causés par ces traitements sont systématiquement entravées et sabotées. Les interdictions de produits sont rapidement levées ou contournées grâce à des pressions sur les politiques et un travail efficace de lobbying.
La politique semencière de l’agro-industrie, qu’elle soit conventionnelle ou bio, n’est pour nous rien moins qu’un prolongement de l’accaparement mondial des terres, tel qu’il se pratique dans le Sud Global depuis de nombreuses années. La petite paysannerie y est forcée, par les lois des multinationales, à acheter des semences car la multiplication, l’échange et le don de semences qui sont d’usage depuis des millénaires deviennent interdits alors que ce sont exclusivement les semences brevetées des multinationales qui sont autorisées.
Les paysan·ne·s, qui n’étaient auparavant jamais dépendant·e·s de l’achat, se voient forcé·e·s de participer au marché capitaliste. La conséquence en est la compétition capitaliste et l’on sait que ce sont toujours les plus pauvres, les petit·e·s paysan·ne·s, qui y perdent et doivent dès lors abandonner leurs terres et peupler les bidonvilles des grandes villes en tant que force de travail bon marché. De l’autonomie paysanne, il ne reste rien, que la misère de se vendre et de dépendre du capitalisme. Les terres libérées vont à d’autres multinationales. Syngenta est partie prenante de cette logique destructrice et mène une guerre économique contre toutes celles et ceux qui veulent un monde juste. L’agro-industrie détruit des millions de vies avec cette politique.

L’agro-industrie et ses scientifiques utilisent le mot « innovation » pour faire le lien entre « progrès » et prospérité de l’Occident. Ce genre d’innovations sert cependant en premier lieu les intérêts particuliers des grandes entreprises et l’innovation réelle consiste simplement en la maximisation de leurs propres profits et de leur compétitivité sur le marché. Le sens pour la société humaine ne leur importe en vérité pas du tout. Chacun de leurs dons fait partie d’une propagande d’entreprise et de l’idéologie du profit, pour l’expansion de leur puissance sur le marché.
Le congrès EUCARPIA, organisé par Agroscope, est sponsorisé par Syngenta. Ceci nous montre que de telles institutions publiques travaillent main dans la main avec ces multinationales qui méprisent la vie.

En revanche, posons-nous la question :

Que signifie pour nous l’innovation ?

Pour nous, l’innovation pourrait vouloir dire utiliser les expériences des générations précédentes et poursuivre leur travail pour mettre en place une agriculture écologiquement soutenable, promouvoir l’autonomie paysanne, être non-commercial – c’est-à-dire faire usage de manière non-marchande des biens gratuits comme la terre, les semences, l’eau et l’air qui appartiennent à tout le monde, partager les produits de notre créativité, se soutenir et s’entraider au lieu de se tirer dans les pattes.

Au modèle de concurrence de Syngenta et consorts nous opposons la coopération, la solidarité et l’humanité, l’innovation paysanne et un progrès qui serve à toutes et tous !

« The Art of bringing Science to Life » c’est d’un cynisme absolu. Car la science à laquelle des groupes comme Syngenta s’intéressent est une science orientée vers le profit, comme on peut le voir avec des titres de conférences comme « refining the green gold of genetic resources ». Celui qui fait le lien entre l’ADN des plantes et une raffinerie de pétrole n’a rien d’autre à l’esprit que le profit. Cette vision d’une science qui se développe à grand renfort de génomique et d’informatique signifie en réalité un contrôle total des experts sur les paysan·ne·s et sur le vivant en général. On le saisit parfaitement au champ d’essai d’Agroscope à Reckenholz au nord de Zurich, avec ses caméras, ses barbelés et son service de sécurité. Seulement, « orienté vers le profit » et « contrôle total » ça ne se vend pas très bien. Ce n’est alors pas la réalité qui sera présentée, mais des mirages. Les agences de communication engagées utilisent des concepts comme bonne croissance, durabilité, sécurité alimentaire, augmentation de la production, Progrès pour tous etc, bien qu’il s’agit de mensonges grossiers se basant sur des explications simplistes.
Si l’agro-industrie était honnête, elle figurerait dans les poubelles de l’histoire depuis longtemps.
Ils traitent toute critique comme de « l’idéologie », comme si ce genre de scientisme n’était pas lui-même idéologique.

La science est censée principalement créer des connaissances, qui pourraient être bonnes si elles étaient utiles à tout le monde, si elles créaient un avenir habitable pour toutes et tous. Étrangement, cette science qui tente de créer un avenir vraiment habitable se développe en dehors des institutions scientifiques. Cette science naît dans les fermes, sous le contrôle des gens qui sont dans la pratique et qui sont concerné·e·s. Celui ou celle qui développe une science qui sert Syngenta et consorts s’est vendu·e, et a trahi son engagement envers l’humanité. Les scientifiques qui travaillent pour, ou se font sponsoriser par les groupes capitalistes ne créent pas de connaissances, ils créent avant tout la souffrance et l’exploitation. Ce sont simplement des capitalistes, qui soutiennent le progrès et les prétentions de puissance des ennemis de l’humain et de la nature.

Il ne nous reste donc comme réponse paysanne au congrès « The art of bringing science to life » que :

Kicking their Science out of our Lives !

Des paysan-ne-s contre les technosciences.

http://eucarpia2016.org/
http://www4.syngenta.com/
https://en.wikipedia.org/wiki/Paraquat#Toxicity
http://www.bund-mecklenburg-vorpommern.de/nc/presse/pressemitteilungen/detail/artikel/clomazone-muss-verboten-bleiben/
https://de.wikipedia.org/wiki/Glyphosat
http://www.multiwatch.ch/de/p97002169.html
https://infokiosques.net/IMG/pdf/das_feld_der_kontrolle-48p-A5-fil.pdf

-Article complémentaire ajouté par l'administration du blog:

Bayer-Monsanto : le « mariage des affreux ».

Le groupe allemand Bayer n’a, depuis quelques mois, qu’une idée en tête : acheter Monsanto. Après avoir avancé plusieurs offres infructueuses, dont la dernière valorise Monsanto au chiffre astronomique de 64 milliards de dollars, Bayer se résoudrait à lancer une OPA hostile contre le fabricant du Roundup. Questions sur un bras de fer de géants.

Le combat auquel se livrent les deux géants de l’agrochimie, l’américain Monsanto et l’allemand Bayer se situe dans un contexte de grandes manœuvres d’un secteur qui concerne l’activité de centaines de millions d’agriculteurs dans le monde. Dans un contexte international hyperconcurrentiel, les six mastodontes du secteur – les américains Monsanto, DuPont et Dow Chemical ; les allemands Bayer et BASF ; le suisse Syngenta – se rapprochent et cherchent à fusionner. Le pire cauchemar des défenseurs de l’environnement.

Au cœur de ce champ de bataille, un combat sans merci se livre entre le groupe Bayer, connu pour fabriquer les très décriés pesticides « tueurs d’abeilles » au néonicotinoïdes, d’une part et Monsanto, la firme de Saint Louis dans le Missouri, spécialiste des semences OGM, fabricant de l’herbicide Roundup et bête noire des écologistes. Une bataille à coups de milliards de dollars, Bayer proposant avec une offre à 64 milliards de dollars la plus grosse acquisition jamais réalisée par l’industrie allemande, dépassant le précédent record établi lors du rachat de Chrysler par Daimler pour « seulement » 36 milliards de dollars à la fin des années 90.

Une histoire qui sent le soufre

L’histoire des deux groupes protagonistes de ce combat de poids lourds sent le soufre.

Monsanto, dont la seule évocation du nom donne de l’urticaire au plus sage des écologistes, a une histoire chargée qui remonte à 1901. Parmi les faits d’armes controversés de ce géant de l’agrochimie, on note qu’il a « été le fabricant de l’« agent orange », ce défoliant terrifiant largement utilisé pendant la guerre du Viêt-Nam entre 1961 et 1971. Le produit était répandu sur les cultures lors de raids aériens pour affamer la population ; au passage, le produit contenait de la dioxine, agent contaminant des millions de civils. Selon les estimations d’une étude publiée en 2003 dans la revue Nature, c’est entre 2,1 et 4,8 millions de Vietnamiens qui ont été directement exposés aux herbicides entre 1961 et 1971, auxquels il faut rajouter un nombre inconnu de cambodgiens, de laotiens, de civils et militaires américains, et de leurs divers alliés australiens, canadiens, néo-zélandais, sud-coréens.

Malgré ces chiffres éloquents, Monsanto a soutenu pendant des décennies que son agent orange était sans danger. Même discours pour une autre famille de produits de la firme, les PCB (polychlorobiphényles ou pyralènes) utilisés abondamment dans notamment les transformateurs et dont on admit, seulement en 1979 aux États-Unis et en 1987 en France que ce produit était hautement toxique. Ce composant se retrouve encore aujourd’hui dans notre environnement et des particules subsistent dans nos corps.

Autre produit controversé, le Roundup n’en finit pas de faire parler de lui. Ses détracteurs sont déchaînés et organisent marches et actions en justice pour l’interdire. Soupçonné d’être cancérogène, l’ingrédient principal de ce produit, le glyphosate, divise l’Union européenne : elle vient de reporter sa décision sur le renouvellement de l’autorisation de cette substance.

LIRE DANS UP : Bataille des pesticides : coups bas à gogo

Ces pesticides ne sont que l’arbre qui cache la forêt ; en effet, 70 % du chiffre d’affaires de Monsanto ne provient pas des produits chimiques mais de ses semences et de son activité dans la manipulation génétique du vivant. Le seul mot d’OGM suffit pour actionner l’association avec les activités troubles de ce géant qui ambitionne de mettre l’agriculture mondiale sous sa coupe.

Le groupe allemand n’a pas une réputation aussi sulfureuse. Il doit son image plutôt positive à ses produits pharmaceutiques au premier rang desquels figure l’aspirine que l’allemand inventa en 1899. Pourtant, Bayer n’est pas une blanche colombe. Le groupe est l’héritier avec l’autre allemand BASF du consortium IG Farben, le fournisseur du Zyclon B, ce gaz facteur de mort des camps nazis. Sur les 46 milliards d’euros de son chiffre d’affaires, 22 % sont produits par les semences et les pesticides. Il est le fabricant des marques Gaucho et Proteus, substances aux néonicotinoïdes dont on connait les effets meurtriers sur les abeilles en particulier et la faune en général.

LIRE DANS UP : Bataille des néonicotinoïdes : les abeilles devront encore attendre

L’agriculture mondiale en ligne de mire

L’enjeu de cette bataille de géants entre Monsanto et Bayer est la mainmise sur le marché de l’agriculture. Selon l’ONG Greenpeace, un mariage entre l’américain et l’allemand ferait naître un numéro un mondial des semences transgéniques et des pesticides, avec respectivement 30 % et 24 % de parts de marché. Une telle domination ne manquerait pas d’entraîner une hausse des prix pour les agriculteurs et par conséquent, pour les consommateurs. Les parlementaires américains qui envisageraient d’opposer un veto à une telle fusion, craignent en effet une augmentation des prix du lait de soja qui est fabriqué à plus de 90 % par des semences transgéniques. Pour les organisations écologistes mondiales, le danger vient de l’inondation du marché européen, jusque-là relativement protégé, par des produits OGM.

LIRE DANS UP : Ces OGM cachés que les industriels veulent nous faire passer en douce…

Plus globalement, c’est un asservissement des agriculteurs aux produits de ces deux géants que l’on craint. La stratégie du rapprochement est à cet égard limpide : proposer une offre complète aux agriculteurs incluant les semences, les engrais, le conseil, les équipements et les « services climatiques ».

En 2013 déjà, la firme de Saint Louis a racheté The Climate Corporation, une startup fondée par des anciens de Google, spécialisée dans l’analyse ultra localisée du risque agricole et la vente de polices d’assurance associées.

Guy Kastler de la Confédération paysanne s’inquiète auprès de Libération : « Avec un tel "paquet complet", l’agriculteur sera totalement sous la dépendance d’une seule entreprise. Et ces multinationales, de plus en plus grosses, auront encore plus de poids sur les gouvernements pour faire passer des réglementations qui obligeront les agriculteurs à utiliser leurs produits. Regardez la guerre qu’elles font déjà aux semences paysannes, désormais encore plus menacées d’appropriation par les brevets sur les "new breeding techniques", ces nouveaux OGM que les firmes rêvent de pouvoir vendre sans étiquetage. J’y vois une menace pour l’ensemble des citoyens, car nous risquons de perdre notre souveraineté politique et notre indépendance alimentaire. » Arnaud Apoteker, ancien de Greenpeace et expert en OGM affirme : « Si ces fusions dans l’agrochimie se font, tout le système agricole mondial se trouvera entre les mains de trois conglomérats en mesure d’imposer des politiques agricoles basées sur les semences OGM et leurs pesticides associés ».

Une stratégie périlleuse

Le PDG de Bayer se dit conscient que Monsanto est une entreprise controversée. Il se déclare prêt à rencontrer des ONG pour répondre aux préoccupations concernant la crainte d’une augmentation des prix et une réduction des choix des consommateurs. Il promet aux défenseurs de l’environnement le respect strict des normes éthiques si Bayer parvient à acquérir Monsanto. Ces belles paroles se suffisent pas à calmer les esprits. Le comité de gestion d’un important fonds d’investissement, La Financière Responsable, s’est ainsi séparé des actifs Bayer de son portefeuille au motif d’une « incompréhension stratégique », affirmant dans un communiqué : « La société Monsanto est très controversée dans le domaine de la Responsabilité Sociétale des Entreprises, et fait face à de nombreuses polémiques tant environnementales, comme l’affaire du Roundup, que sociales et sociétales (exemple : le coton transgénique Bt en Inde). La Financière Responsable estime donc qu’il n’est pas acceptable d’avoir une société comme Monsanto dans les portefeuilles de fonds ISR et ne réinvestira pas dans la société Bayer AG tant qu’elle maintiendra cette orientation stratégique. »

Selon certains experts, le rapprochement entre les deux groupes, s’il se fait, ne sera pas une sinécure. C’est ce que pense Michel Nakhla du Centre de Gestion Scientifique de Mines ParisTech : « Nous sommes ici face à un cas où l’énergie qui sera déployée pour rendre compatibles deux cultures d’entreprises se traduira inévitablement par une érosion commerciale source d’échec d’une majorité des rapprochements. En plus, les autorités de la concurrence américaine et européenne peuvent cependant se réveiller pour empêcher la naissance d’un groupe qui contrôlerait près 37 % du marché mondial de l’agrochimie. Elles peuvent également donner un feu vert conditionné à la cession d’actifs ou à un désinvestissement de certains marchés pour éviter une position dominante. »

Les deux groupes Bayer et Monsanto fusionnés pourraient se voir obligés de céder une partie de leurs actifs. Par exemple, Bayer pourrait craindre une demande de cession de son portefeuille santé. Et ceci malgré les propos rassurants de Werner Baumann, le président de Bayer, qui répète qu’il ne se séparerait pas des activités pharmaceutiques historiques du groupe comme l’aspirine. Dans ce cas, Bayer devra dresser une frontière étanche entre la vente de l’aspirine et la vente des phytosanitaires, une question de confiance pour les consommateurs.

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 03:39

Le chef du cabinet du président de la République

Paris le 24 AOUT

Le président de la république a bien reçu le courrier par lequel vous lui faites part de vos vives préoccupations concernant la situation de madame Nourane HOUAS fonctionnaire de la croix- rouge enlevée en décembre 2015 à Saana (Yemen).

Je puis vous assurer de toute l'attention avec laquelle il a pris connaissance de votre démarche .A cet égard je n'ai pas manqué de transmettre votre correspondance à monsieur Jean-Marc AYRAULT, ministre des affaires étrangères et du développement international,qui vous tiendra au courant de la suite qui pourra lui être réservée .

Je vous prie d 'agréer ,monsieur ,l' assurance de mes sentiments distingués.

Isabelle SIMA

référence à rappeler

PDR/SCP/BEAR/E048818

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 13:52
Lettre ouverte aux Présidents de l'ASSE Roland Romeyer et ...

Bernard Caïazo,
à l’entraîneur Christophe Galtier, aux membres du staff, aux joueurs,
et aux responsables des clubs de supporters
de l’Equipe masculine professionnelle de l’Association Sportive Saint
-Etienne.

Le tirage au sort a désigné votre adversaire pour le premier tour de l’UEFA Europa League : l’équipe israélienne Beitar Jérusalem. Vous avez rencontré ce club israélien le mercredi 17 août 2016 à l’extérieur, en Israël. A l’heure où vous vous préparez à le recevoir pour le match retour, nous tenons à vous transmettre notre consternation, du fait de ces déplacements qui contredisent les valeurs sportives et antiracistes que vous et le sport êtes supposés défendre.


Connaissez-vous le club Beitar Jérusalem et ses supporters que vous allez recevoir ?

Le club Beitar est un club ultra-raciste qui a été fondé par David Horn, le chef du mouvement de jeunesse du parti du même nom, parti ultra sioniste et d'extrême droite. Et l’équipe était composée de jeunes de ce parti. En Israël, sport et politique sont donc intimement liés.

Les supporters de ce club, qui se font appeler La Familia, sont ultrasionistes, racistes et extrêmement violents. Leur slogan favori est « Mort aux arabes » et leur drapeau porte l’inscription « Beitar pur pour toujours ». Fin juillet, 19 de ces supporters ont été inculpés pour « tentative de meurtre, de sabotage aggravé, de délits racistes, de possession illégale d’armes et de violation de la législation contre les violences dans le sport » selon la police israélienne. Six d’entre eux sont en prison pour participation au meurtre du jeune palestinien brûlé vif en 2014.

Le Beitar n’a jamais recruté de joueurs arabes de nationalité israélienne alors qu’ils représentent plus de 17% de la population d’Israël. En 2013, le sélectionneur a tenté de recruter deux joueurs d’origine tchétchène. Leur entrée sur le terrain a été accueillie par des réactions de haine de la part des supporters et des joueurs du Beitar sous prétexte que ces joueurs étaient musulmans. Les violences ont duré plusieurs semaines, les locaux du club ont même été incendiés et les trophées détruits.

De plus, Jérusalem est une ville dont la situation est à rappeler. En 1948, 800.000 Palestiniens ont été chassés de chez eux. La ville, sous occupation israélienne depuis 1967 malgré de nombreuses résolutions de l’ONU, a été illégalement annexée par Israël. La communauté internationale ne la reconnaît pas comme capitale d'Israël pour cette raison. La France y a un consulat pour les territoires palestiniens occupés. Ses habitants palestiniens y sont régulièrement chassés de chez eux, leurs maisons détruites ou confisquées. Des quartiers entiers sont ainsi « nettoyés ».

Ce n’est pas seulement un triste épisode de l’Histoire. En effet, depuis maintenant 68 ans, Israël n’a jamais cessé ce processus d'expropriation et d'épuration ethnique de Jérusalem-Est. Cette politique spécifique fait partie de l'ensemble des agressions contre la population palestinienne, de crimes de guerre répétés, d'occupation et de colonisation des terres palestiniennes, de milliers de palestiniens emprisonnés sans jugement par le biais de la « détention administrative » reconductible tous les 6 mois pendant des années, tout cela en violation totale des droits de l’Homme et du droit international.

Cet Etat tente par tous les moyens d'imposer au reste du monde l'image d'un pays " normal " où l'on pourrait jouer de grandes compétitions sportives et oublier qu'à quelques kilomètres, l'armée impose un blocus illégal aux 2 millions d’habitants de la bande de Gaza depuis plus de 9 ans... La politique discriminatoire du gouvernement israélien à l'égard du peuple palestinien est considérée comme un apartheid, crime défini et caractérisé par le droit international après la fin du régime d’apartheid sud-africain des années 1948 -1994.

Les nombreuses restrictions de mouvement imposées à la population palestinienne des territoires occupés (blocus de Gaza, mur de l’apartheid et check points en Cisjordanie) par Israël pénalisent fortement les sportifs palestiniens. Elles se traduisent souvent par l’impossibilité pour toute une équipe de se regrouper, de se déplacer, de jouer à domicile en particulier à Jérusalem-Est ou à l’extérieur. Les sportifs sont également arrêtés et emprisonnés sans inculpation officielle, ni présentation devant un quelconque organe judiciaire, ni raison fournie aux proches.

Pour information, en juillet 2016, 7000 prisonniers politiques palestiniens sont dans les geôles israéliennes dont 350 enfants. Depuis 1967, plus de 800.000 palestiniens sont passés par les prisons israéliennes, et parmi eux des footballeurs: Sameh Maraabeh, Zakaria Daoud Issa, Imad Abbasi, Ziad Hassan, Omar Abu Rouis et Mohammed Ibrahim Nimr ces dernières années. Leurs carrières sont désormais brisées, comme l’a été celle du footballeur Mahmoud Sarsak détenu pendant trois ans, et libéré en 2012 suite à une grève de la faim héroïque de plus de 90 jours, au péril de sa vie.
Israël brise les carrières des sportifs palestiniens prometteurs par l’emprisonnement mais aussi par le meurtre et les blessures: par exemple, lors de l’agression meurtrière de Gaza appelée « Opération Plomb Durci » en 2008-9, trois footballeurs palestiniens ont été tués délibérément, en témoignent les blessures par balles.

Parmi ceux qui ont été tués lors de la dernière attaque de l’été 2014 par Israël, figurent Ahmad Muhammad al-Qatar et Uday Caber, deux joueurs de football de 19 ans à l'aurore de leur carrière.

En parallèle Israël détruit les infrastructures palestiniennes ou empêche leur développement (blocus à Gaza, blocage des équipements envoyés par la FIFA, droits de douane élevés…).


La FIFA s’est saisie de la question en créant en 2013 un groupe de travail mais les tentatives de médiation ont échoué. Suite à la menace de la demande palestinienne de suspendre Israël, retirée à la dernière minute lors du dernier Congrès de la FIFA de 2015, un comité de surveillance est mis en place. Mais aucune mesure concrète n’a été prise pour améliorer la situation(au moins trois footballeurs ont été emprisonnés depuis début 2016).

Ainsi Monsieur le Président, messieurs les dirigeants, membres du staff, joueurs, contribuez-vous à la normalisation de cet apartheid en accueillant Israël à travers le club du Beitar Jérusalem pour le match retour le 25 août prochain au Stade Geoffroy Guichard. En le permettant, vous participez à donner une image « fair-play » trompeuse à un Etat oppresseur et injuste.

Peut-être ignorez-vous que les organisations de la société civile palestinienne ont lancé un appel, aux sportifs entre autres, à toutes les consciences morales en fait, pour qu'ils ne se rendent pas « jouer » en Israël tant que cet état continue d'ignorer les résolutions des Nations Unies, de violer les normes du droit international et de priver les Palestiniens de leurs droits humains les plus élémentaires.

Alors nous citoyens de notre ville, et amoureux du vrai sport nous vous demandons: restez fidèles aux principes éthiques et aux vraies valeurs du sport, ne vous laissez pas manipuler, refusez d'être complices d'une propagande visant sous couvert du sport à masquer les réalités de l’État colonial et d’apartheid qu’est l’État d’Israël.

Ne jouez pas avec l’apartheid !

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

Cordialement,

Comité BDS France 42
Campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) Fra
nce
CICP 21 ter rue Voltaire
75011 Paris

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 17:35

Communiqué de presse
Neuchâtel, le 18 août 2016

L’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) simplifie de manière inadéquate

Les risques liés aux nouvelles techniques de modification génétique sont à évaluer correctement pour protéger la population

Les plantes, mais aussi les animaux ou tout autre organisme dont le génome a été modifié par une des nouvelles techniques de modification génétique (NTMG) ne doivent pas être disséminés dans l’environnement sans avoir subi une évaluation du risque indépendante. Nous recommandons une régulation de ces techniques selon le droit sur le génie génétique. Sinon, les organismes produits ne seraient ni évalués, ni étiquetés ce qui serait en contradiction avec la volonté populaire qui ne souhaite voir des OGM ni dans les champs ni dans les assiettes. Le principe de précaution et de causalité doit aussi s’appliquer.

L’Académie suisse des sciences naturelles, au travers de son forum génie génétique, recommande que les NTMG ne soient pas régulées selon le droit sur le génie génétique (Loi sur le génie génétique). En faisant cela, elle ignore l’état actuel des connaissances scientifiques, contourne le dialogue sociale nécessaire pour valider l’utilisation de ces technologies et se fait le lobbyiste et le porte-parole des revendications de l’industrie.

Le fonctionnement de l’objet à modifier (l’ADN, le génome) et des outils utilisés pour modifier l'ADN (ces nouvelles techniques) ne sont pas encore bien compris ; dès lors, même une plus grande exactitude au niveau du découpage sur la séquence génétique ne signifie pas plus de précision dans son ensemble et surtout pas plus de contrôle. Il est impossible d'être précis lorsque le fonctionnement de l’objet à modifier et de l'outil qui modifie ne sont pas bien compris.

Le concept de « correction précise » d’un génome qui mène à un résultat biologique précis dépend fortement du concept simpliste et réductionniste qui dit que les gènes sont des entités bien définies qui produisent des éléments bien définis (une protéine, un composé cellulaire, etc.). C’est en fait ce paradigme génétique qui est enseigné dans les écoles secondaire et qui est présenté au public. Il est malheureusement désuet. En présentant le travail de sélection végétale comme simple et précis, SCNAT contourne 20 ans de connaissances scientifiques. Nous vivons une situation paradoxale où les généticiens, qui devraient être les plus à même de juger l’étendue du « non savoir », sont ceux qui actent de la manière la moins responsable.

L'argumentation utilisée pour justifier l’utilisation de ces technologies et valider les applications est toujours la même : guérir les maladies, anéantir les pathogènes, nourrir un monde affamé. Ce n’est qu’un mythe. Il y a 20 ans, avec la transgénèse, on nous promettait déjà une diminution de la consommation des pesticides, la disparition des ravageurs et la fin de la faim dans le monde.

Pour y arriver, pas besoin de génie génétique, mais de plus d’agroécologie et d’agriculture biologique. Elles délivrent les résultats attendus partout dans le monde où elles sont mises en place.

La politique agricole suisse, la stratégie nationale de sélection végétale et la stratégie qualité ont besoin d’une Suisse sans OGM pour prospérer. La Suisse ne peut pas jouer sur tous les tableaux à la fois. La production sans OGM a un grand potentiel de valeur ajoutée dans les années à venir et jouira d’une demande accrue par le consommateur. StopOGM défend un travail de sélection qui correspond aux besoins de l’agriculture biologique et de l’agroécologie. Ce travail se fait avec les agriculteurs et avec l’environnement, pas dans un labo par des généticiens éloignés des besoins réels de l’agriculture.

Pour plus d’inlIREformations :

Dr Luigi D’Andrea, secrétaire exécutif de StopOGM
077 400 70 43

et un autre article de fond de stopogm.:

Réflexions éthiques sur les nouvelles techniques de modification génétique

www.stopogm.ch

Ces dernières années ont vu la mise au point de plusieurs techniques de sélection végétale permettant d’intervenir sur le génome de la plante pour le modifier. On peut ainsi induire des résistances contre des maladies, des insectes ravageurs ou des herbicides. Si beaucoup de ces procédés en sont encore au stade de la recherche fondamentale, plusieurs d’entre eux servent déjà au développement de plantes qui seront bientôt commercialisées. Certaines technologies combinent des procédés de génie génétique avec des méthodes conventionnelles, d’autres déclenchent des mécanismes de réparation propres à la plante pour induire un changement dans son génome. La question qui fait actuellement débat est de savoir si ces nouvelles techniques doivent ou non entrer dans le champ du génie génétique.

La Commission fédérale d’éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain CENH conseille les autorités fédérales en matière d’élaboration de la législation relative à la biotechnologie et au génie génétique dans le domaine non humain. Elle soumet des propositions de réglementation des applications biotechnologiques portant sur des animaux, des plantes et d'autres organismes, informe le public sur les questions et les sujets qu’elle traite et encourage le dialogue sur l'utilité et les risques des biotechnologies. Dans sa prise de position, la CENH explique que les réflexions qui ont été menées sur le génie génétique « traditionnel » doivent l’être aussi sur les nouvelles techniques, en particulier sous l’angle de l’éthique du risque et de la liberté de choix. A son avis, les procédés de sélection végétale peuvent être classés selon des points de vue très différents : on peut se baser sur les objectifs de recherche, sur les domaines d’application, sur les risques inhérents aux techniques ou sur les propriétés de leurs produits. Cela étant, une classification n’est jamais purement descriptive ; elle est toujours liée à des jugements de valeur, que ce soit implicitement ou explicitement.

Le choix des critères utilisés pour délimiter les nouveaux procédés par rapport aux méthodes conventionnelles du génie génétique a également des effets sur la réglementation juridique, écrit la CENH. Le recours aux plantes issues de techniques de modification génétique est soumis à des procédures d’autorisation spéciales destinées à évaluer leurs risques. Pour évaluer les nouveaux procédés, il importe de déterminer avec soin dans quelle mesure on peut, d’une part, se baser sur les enseignements tirés des méthodes de sélection traditionnelles et dans quelle mesure il faut, d’autre part, faire intervenir les standards appliqués aux plantes génétiquement modifiées. Cette démarche est d’autant plus importante qu’il n’existe à ce jour pratiquement aucune donnée scientifique concernant l’impact des nouvelles méthodes sur l’environnement. C’est pourquoi la CENH a confié à l’office fédéral de l’environnement autrichien (UBA) la réalisation d’une expertise sur l’évaluation des risques liés aux nouvelles techniques de sélection végétale.

Compte tenu des faits, la CENH préconise que pour évaluer les nouvelles techniques, l’on se base aussi bien sur le procédé utilisé que sur le produit généré. Réduire l’évaluation à l’examen du seul produit, comme d’aucuns l’exigent aujourd’hui, n’est pas suffisant à son avis.

-Lire aussi l'opinion contradictoire

La loi est dépassée, estime le Forum Recherche génétique de l'ASSN ...

de www.swissinfo.ch/..,

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 14:45


Communiqué de presse.


La section LDH Saint-Pons-de-Thomière/Hauts-Cantons exprime son soutien à Nourane Houas, employée de la croix rouge internationale, enlevée au Yémen en décembre 2015 dans le cadre d'une mission.
Nous nous adressons au président des Français François Hollande ,afin qu'il intime à ses collaborateurs du gouvernement de faire en sorte que cette ressortissante franco-tunisienne puisse au plus vite rentrer chez elle saine et sauve.

Fait à Saint-Pons-de-Thomières , le mardi 16 Août 2016 .

Note"Pour participer à aider Nourane sur facebook.com" par l'administration du blog:

Soutien A Nourane Houas Public Group | Facebook

https://www.facebook.com/groups/1819349794959521/

Déclaration du CICR concernant une collaboratrice enlevée au Yémen

https://www.icrc.org/..

Tunisie : la libération de Nourane Houas, une "priorité" pour le gouvernement - JeuneAfrique.com

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