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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 12:52

Edouard Philippe, discret directeur d'Areva | Mediapart

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Entre 2007 et 2010, Édouard Philippe a été directeur des affaires publiques chez Areva. Entre les déboires de l’EPR, le gouffre d’Uramin et le scandale des mines au Niger, c’est la période noire pour le groupe nucléaire, celle qui le mènera à la faillite. Le moment est crucial pour un responsable chargé d’entretenir les relations avec le monde politique. Pourtant, Édouard Philippe semble s’être tenu à l’écart de tout. Il s’est fait si discret que rares sont ceux qui se souviennent de lui.

Édouard Philippe a toujours été d’une grande discrétion sur ses activités à Areva. La question, pourtant, ne pouvait pas ne pas lui être posée quand le nouveau premier ministre a nommé Nicolas Hulot au ministère de l’écologie. Comment lui, ancien directeur d’Areva, désigné comme « lobbyiste du nucléaire » par des organisations antinucléaires, allait-il cohabiter avec un des chefs de file de la fin du nucléaire et de la transition écologique ?

« Vous avez raison de faire cette remarque, a répliqué Édouard Philippe au micro de France Inter le 18 mai. Moi, j’ai travaillé chez Areva entre 2007 et 2010. Je ne compte pas m’en excuser. J’en ai été assez fier, assez fier de travailler dans une grande entreprise publique française avec des ingénieurs, des techniciens, des gens assez formidables. Comme, je crois, sont fiers tous ceux qui travaillent chez Areva ou chez EDF et qui font vivre la production énergétique française et notamment à base de nucléaire. Je ne m’en excuse pas. Je l’assume et j’en suis fier. » Voir ci-dessous entre 8 min 10 s et 8 min 53 s.

 

D’octobre 2007 à octobre 2010, Édouard Philippe a été directeur des affaires publiques d’Areva. Depuis le début du nucléaire, EDF et Areva – mais cela vaut aussi pour des groupes comme Veolia, Suez environnement, Engie dans d’autres domaines – ont toujours veillé à développer ces postes d’influence, pratiqués dans la plus grande discrétion, afin d’entretenir des relations étroites avec le gouvernement, les parlementaires, les élus locaux, la haute administration. Il s’agit pour ces grands groupes d’assurer une veille permanente pour conserver le soutien politique au nucléaire, de promouvoir des propositions législatives et réglementaires qui ne soient pas contre leurs intérêts. Il s’agit aussi de travailler au corps les élus locaux qui peuvent être partagés entre, d’une part, les risques potentiels et, d’autre part, les emplois et la manne que peuvent représenter des installations nucléaires sur leur territoire.

 

À la tête d’Areva, Anne Lauvergeon a toujours assumé elle-même une grande partie de ces tâches de relations publiques et politiques, où elle excelle. Depuis son passage à l’Élysée à la fin de l’ère Mitterrand, elle connaît tous les responsables politiques et de gouvernement. Issue du corps des Mines, elle a accès en direct à toute la haute administration. Elle bénéficie du soutien aveugle de Bruno Bézard, alors directeur de l’Agence des participations de l’État (APE). Et quand il le faut, elle n’hésite pas à forcer les portes.

Mais en 2007, Anne Lauvergeon, qui se voit des ennemis réels ou supposés partout, a un problème : Nicolas Sarkozy vient d’être élu à la présidence de la République. Elle n’ignore rien des cercles de pouvoir qui entourent le nouveau chef de l’État, lequel conteste sa vision et son rôle dans le nucléaire français, à commencer par le cercle formé autour de François Roussely (ancien PDG d’EDF) et Henri Proglio (nommé à la présidence d’EDF en 2009).

Nicolas Sarkozy ne cache pas sa volonté d’intervenir directement sur le sujet, se transformant en VRP pour aller vendre des EPR partout dans le monde, y compris en Libye, ou de réorganiser la filière nucléaire et de modifier le rôle d’Areva. Martin Bouygues, un proche du président, a déjà fait une déclaration d’intérêt pour entrer au capital d’Areva. Il est désormais le principal actionnaire d’Alstom, dont le sauvetage est considéré comme un des hauts faits d’armes industriels de Nicolas Sarkozy.

Le projet de rapprochement entre Areva et Alstom, qu’Anne Lauvergeon a réussi à faire capoter par deux fois, pourrait revenir sur la table. Elle a de puissants soutiens, dans toute la classe politique. À gauche, elle bénéficie de nombreux appuis socialistes. À droite, elle est notamment très proche du nouveau premier ministre, François Fillon, son voisin dans la Sarthe, qui la soutiendra tout au long de son mandat. Mais il faut compléter le dispositif. Édouard Philippe est un proche de Juppé – il l’a aidé à former l’UMP en 2002 – et il est disponible.

C’est bien pour assumer cette fonction de messager entre le groupe et le monde politique qu’Édouard Philippe est embauché chez Areva, comme le rapporte aujourd’hui Jacques-Emmanuel Saulnier, alors directeur de la communication du groupe. « C’est moi qui l’ai recruté pour devenir directeur des affaires publiques du groupe, raconte l’ancien bras droit d’Anne Lauvergeon, alors PDG d’Areva. Il avait été au cabinet de Juppé, alors ministre de l’écologie. Après l’échec de Juppé aux législatives de 2007, il était disponible. Il avait le profil pour ce poste, qui est souvent occupé par des énarques ou d’anciens membres de la préfectorale. Il nous fallait un directeur des affaires publiques qui ait un bon réseau, qui connaisse bien le système UMP », explique-t-il.

 

2007-2010, c’est l’époque noire pour Areva. C’est celle où toutes les fautes sont commises, où toutes les difficultés s’accumulent, qui conduiront à la faillite du groupe nucléaire en 2012. Lorsque Édouard Philippe arrive chez Areva en octobre 2007, l’OPA sur Uramin vient juste d’être achevée. Le scandale n’est pas encore étalé sur la place publique – il mettra plus de trois ans à remonter –, mais l’affaire fait déjà de gros remous à l’intérieur du groupe (voir notre dossier). Des géologues et des ingénieurs multiplient les notes d’alerte sur cette aventure minière payée à des prix exorbitants, qui se poursuit par une fuite en avant à travers des investissements ruineux – plus d’un milliard d’euros – pour prouver que ces mines, malgré tout, valent quelque chose.

 

C’est le moment aussi où Areva ne peut plus cacher les déboires de l’EPR. Les retards accumulés sur le chantier du réacteur finlandais d’Olkiluoto sont sur la table, mais il y a aussi les premières difficultés sur le chantier de l’EPR de Flamanville. Dès lors, il ne s’agit plus de l’accident d’un prototype, mais de la capacité même du groupe à pouvoir mener à bien la réalisation de son réacteur nucléaire.

À cela s’ajoutent le scandale de l’exploitation des mines au Niger, les rapports houleux avec le gouvernement nigérien, la prise en otage de sept salariés d’Areva à Arlit le 16 septembre 2010 (voir nos enquêtes ici, ici ou ). Sans parler des projets d’introduction en bourse au début de la période, qui se termineront par une demande de recapitalisation de l’État de plusieurs milliards, par la suite doublée d’une crise au conseil.

C’est plus qu’un travail à temps plein pour un directeur des affaires publiques. Cela n’empêche pas Édouard Philippe de poursuivre en parallèle sa carrière politique. Quand il arrive chez Areva, il est déjà maire adjoint du Havre, chargé des affaires juridiques puis de l’emploi et de la formation, tout en étant conseiller régional de la région Haute-Normandie. En 2008, il renonce à ce poste pour devenir conseiller général de la Seine-Maritime, avant d’être nommé en 2009 maire adjoint du Havre, chargé de l’urbanisme, de l’habitat, du grand Paris et du développement portuaire.

Était-il vraiment possible de cumuler tant de fonctions ? « Il arrivait à tout faire. Il partait le soir pour assister au conseil municipal, pour revenir le lendemain matin. Mais il avait toujours dit qu’il démissionnerait s’il était nommé maire du Havre, ce qu’il a immédiatement fait quand il a été élu en octobre 2010 », dit Jacques-Emmanuel Saulnier.

« Nous organisions des événements »

Qu’a fait Édouard Philippe à cette époque ? Quels dossiers a-t-il défendus, avec quels arguments ? Quelle vision de l’énergie, du nucléaire a-t-il promue ? La question n’est pas sans importance, au moment où il se retrouve premier ministre. Le sauvetage d’Areva, qui a bénéficié d’une recapitalisation de 5 milliards d’euros par l’État, n’est qu’une mesure de temporisation. Elle est loin de résoudre le problème de l'EPR,  l’avenir du groupe nucléaire, de l’avenir de la filière, à un moment où le gouvernement dit justement vouloir engager la transition énergétique et promouvoir les énergies renouvelables.

Durant son passage à Areva, Édouard Philippe a fait preuve d’une discrétion de violette. À la différence de son successeur, Jacques Guérault, il ne figure dans aucun rapport annuel du groupe. « Normal, répond Jacques-Emmanuel Saulnier. Il n’appartenait pas au comité exécutif. Il était sous mes ordres. » Impossible aussi de retrouver la mention de son nom ou de sa fonction dans les organigrammes de l’époque. Interrogé à ce sujet, Areva assure qu’il figurait bien dans l’organigramme de la direction de la communication, comme chargé des affaires publiques.

Malgré sa haute taille, Édouard Philippe paraît être passé souvent inaperçu, si bien que bon nombre de salariés d’Areva semblent avoir découvert son existence et ses fonctions dans le groupe au moment de sa nomination à Matignon. « Je ne l’ai jamais vu » « J’ignorais jusqu’à son existence » « Je ne savais pas qu’il avait un tel poste dans l’entreprise. Je ne lui ai jamais adressé un mail pour l’informer des sujets en cours. Et Dieu sait s’il y en avait à cette époque », nous ont répondu plusieurs salariés ou anciens salariés interrogés.

« C’est que vous n’avez pas interrogé les bonnes personnes, réplique Charles Hufnagel, responsable de presse d’Areva à l’époque. Il travaillait à dix mètres de mon bureau, au troisième étage du siège [rue Lafayette – ndlr]. Demandez à d’autres personnes de la communication », insiste ce proche lui aussi d’Alain Juppé, qui a rejoint Édouard Philippe à Matignon comme directeur de  la communication.

 

 
« J’ai été stagiaire sous les ordres d’Édouard Philippe de février 2008 à octobre 2009. Il m’a tout appris. Notre travail consistait à faire de la communication institutionnelle. On a fait plein de choses. Nous organisions des événements comme l’illumination de la tour Eiffel en 2008 pour célébrer la présidence française de l’Union européenne, un festival sur la Finlande. Nous montions des rencontres et des déplacements pour des personnalités ou des élus. Nous étions aussi chargés de rédiger des courriers et des discours pour la présidence », raconte Caroline Rossigneux aujourd’hui.

 

Édouard Philippe était-il associé alors aux lourdes questions de l’EPR ou de finance qui occupaient déjà la direction du groupe ? « Non. Nous écrivions des discours qui portaient sur la politique énergétique, la place du nucléaire en France et dans le monde, le modèle intégré d’Areva. Mais durant la période où j’y étais, nous ne parlions pas d’Uramin ou des difficultés de l’EPR », dit-elle. Contactés pour en savoir plus, plusieurs salariés ou anciens salariés des affaires publiques comme des membres de la direction, à l’instar de Sébastien de Montessus, ancien directeur des mines chez Areva, n’ont pas retourné nos appels.

Par nature, le lobbying – et particulièrement quand il s’agit du nucléaire – se pratique en dessous des écrans radars publics. Pendant toutes ces années à Areva, un seul article de presse mentionne le rôle d’Édouard Philippe à Areva. En avril 2009, Charlie Hebdo consacre un grand article sur le lobbying d’Areva pour l’uranium au Niger. Le sujet est brûlant depuis des années. Une ONG, la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), a fait des études alarmantes sur les conditions d’exploitation des mines d’uranium par Areva, menaçantes pour les salariés et la population, avec même la présence de déchets radioactifs dans l’eau et dans les rues d’Arlit. L’ONG Sherpa s’est jointe à la plainte, à l’époque. « Édouard Philippe est en contact régulier avec Marc Vampa pour parler de la situation au Niger », déclare alors le bras droit d’Anne Lauvergeon, Jacques-Emmanuel Saulnier, à l’hebdomadaire qui le cite.

« Je sais que mon nom a été cité. Mais à aucun moment, je n’ai rencontré Édouard Philippe », dit aujourd’hui l’ancien député du Nouveau centre, Marc Vampa. Suppléant d’Hervé Morin aux législatives de 2007, il a remplacé ce dernier comme député de l’Eure lorsqu’il est devenu ministre de la défense entre 2007 et 2010. Pendant ces trois ans, Vampa a repris toutes les fonctions du ministre, y compris la présidence du groupe d’amitié France-Niger.

C’est à ce titre qu’il a eu à connaître des sujets concernant le Niger. « J’avais des contacts fréquents avec l’ambassadeur du Niger. J’ai reçu des représentants touaregs, lorsqu’ils étaient en visite à Paris. Mais je n’ai jamais rencontré un représentant d’Areva, ni Anne Lauvergeon, ni Édouard Philippe. Et lors du voyage de Sarkozy au Niger [en mars 2009 – ndlr], Édouard Philippe n’était pas là. » Les responsables de la Criirad ou l’avocat William Bourdon (représentant l’ONG Sherpa), qui discutaient ferme alors avec Areva, ne se souviennent pas non plus avoir rencontré le directeur des affaires publiques à cette époque.

Aujourd’hui, Jacques-Emmanuel Saulnier relativise sa déclaration d’alors. « Il s’agissait de l’accord tarifaire signé avec le gouvernement du Niger en 2008, lequel avait été compliqué à élaborer. Édouard Philippe n’a bien sûr pas participé à sa négociation, mais il avait autorité pour en parler à des parlementaires et les tenir informés », dit-il. « Édouard Philippe n’avait pas du tout à assumer les questions diplomatiques. Son rôle était surtout d’être en relation avec les parlementaires et les élus locaux », précise de son côté Charles Hufnagel. Les deux anciens responsables de la communication citent les élus des départements où Areva a des sites importants (la Hague, Le Creusot, Tricastin) comme les interlocuteurs réguliers de l’ancien directeur des affaires publiques. Un nom leur vient spontanément : celui de Claude Gatignol.

L’ancien député UMP de la Manche, qui avait dans sa circonscription l’usine de retraitement de la Hague et le site nucléaire de Flamanville, est devenu au fil des ans un des interlocuteurs privilégiés d’Areva, de la filière nucléaire et, plus largement, du monde de l’énergie. D’autant qu’il était aussi président du groupe d’études sur l’énergie au Parlement, ce qui l’a notamment amené à défendre le gaz de schiste.

Claude Gatignol se souvient très bien d’Édouard Philippe. « Il était très impliqué, très présent. Il aimait le concret. Il avait une grande capacité d’organisateur d’événements. Il invitait de nombreux responsables étrangers pour visiter la Hague. Anne Lauvergeon était souvent là », se rappelle-t-il aujourd’hui. Avant de poursuivre : « Entre nous, il y avait des sujets d’intérêt commun. J’avais obtenu le chantier de l’EPR à Flamanville contre Penly, qui était dans son département. Il voulait savoir comment le nucléaire était accepté par la population, quelles étaient les retombées économiques et en termes d’emploi. Ce n’est que par la suite que j’ai appris qu’il avait un rôle politique. Mais cela ne m’a pas surpris. Il donnait vraiment l’impression de vouloir faire des choses. »

« Il était chez Areva ? Vous me l’apprenez »

 

 
Claude Gatignol est un des rares élus qui a gardé un souvenir marquant d’Édouard Philippe chez Areva. Chez de nombreux autres élus, que nous avons interrogés, l’ancien directeur des affaires publiques du groupe nucléaire semble avoir laissé un souvenir évanescent, voire pas de souvenir du tout.

 

Didier Guillaume, sénateur socialiste de la Drôme et ancien président du Conseil général du département, est de ceux-là. Membre de la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement durable, il est un des spécialistes des questions d’énergie au Sénat. Pour cause : les centrales de Pierrelatte et de Tricastin sont dans la Drôme. Mais il ne se souvient pas avoir rencontré Édouard Philippe. « Je ne l’ai jamais vu », dit-il.

Les questions pourtant ne manquent pas à l’époque. Areva est en train de construire l’usine d’enrichissement de Georges-Besse 2 au Tricastin, un projet de 2 milliards d’euros. En 2008, toujours à la centrale de Tricastin, la Socatri, filiale d’Areva, avait rejeté des déchets toxiques polluant les eaux souterraines à la suite d’une fuite d’uranium. Anne Lauvergeon a été très présente sur le dossier, rencontrant les élus locaux, s’expliquant. Édouard Philippe, en revanche, semble avoir été aux abonnés absents. « Chaque site a sa propre direction de la communication », avance Caroline Rossigneux pour expliquer cette absence.

Il y a d’autres élus pour qui Édouard Philippe est resté un homme invisible. Le sénateur LR et président du Conseil général de la Haute-Marne, Bruno Sido, suit attentivement toutes les questions du nucléaire au Sénat. Il s’est notamment spécialisé sur le dossier du projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure, prévu aux limites de son département. Mais lui non plus ne se souvient pas d’avoir rencontré Édouard Philippe. « Cela ne me rappelle rien. Je n’ai jamais eu affaire à lui. Areva n’est pas un groupe qui figure parmi les grands communicants. Mais quand il y avait un sujet, j’avais directement accès à Anne Lauvergeon. C’est avec elle que je parlais », se rappelle aujourd’hui le sénateur.

Avant même d’être ministre de l’industrie, Arnaud Montebourg s’est beaucoup occupé d’Areva, en tant qu’élu de la Saône-et-Loire. Le groupe y a une usine à Chalon-sur-Saône et une autre, pas très loin, au Creusot. Mais lui non plus ne garde aucun souvenir d’Édouard Philippe comme directeur des affaires publiques d’Areva. « Je ne le connais pas. J’ai rencontré Anne Lauvergeon naturellement, Sébastien de Montessus [alors directeur de la branche Mine du groupe – ndlr], plus tard Luc Oursel, mais jamais Édouard Philippe », raconte aujourd’hui l’ancien ministre socialiste.

Édouard Philippe n’a pas non plus laissé une image marquante auprès des parlementaires chargés des questions énergétiques. Pendant plus de dix ans, le député socialiste François Brottes – aujourd’hui président de RTE (Réseau de transport d’électricité) – a été l’un des parlementaires les plus actifs sur les questions d’énergie. Il a participé activement à la « libéralisation » du marché de l’énergie en France, marquée par l’ouverture du capital d’EDF, la privatisation de GDF, l’établissement du Turpe (tarifs d’utilisation des réseaux électriques), la loi Nome qui permet aux fournisseurs d’électricité d’avoir accès à l’électricité nucléaire d’EDF, l’établissement des tarifs de rachat des énergies renouvelables.

Même si Areva n’était pas en première ligne sur ces sujets, le groupe nucléaire était intéressé à plus d’un titre aux lois en préparation. Les déboires de l’EPR du chantier de Flamanville ont été au cœur des discussions dans la construction des prix de l’électricité – le coût de production initial était à 42 euros le mégawattheure, il est officiellement à 92 euros aujourd’hui et sans doute au-delà de 100 euros dans la réalité. Il en allait de la survie de la filière nucléaire en France. Pourtant, François Brottes ne se rappelle pas avoir eu l’occasion de croiser Édouard Philippe, ni au Parlement, ni lors de visites à Crolles, ville dont il a été député et maire pendant plus de dix ans et où Areva possède une usine.

Dans le cadre de ses fonctions, Édouard Philippe a été auditionné au moins à deux reprises par les parlementaires pour évoquer la politique énergétique et le nucléaire. La première fois, c’était dans le cadre d’un rapport spécial sur les marchés de l’énergie en 2009, sous la direction du député PS Alain Cacheux. Édouard Philippe figure parmi les personnes d’Areva entendues, aux côtés de Jean Huby, alors directeur de la stratégie, et de Philippe Brunet-Debaines, membre de la direction des affaires institutionnelles.

Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas impressionné par ses propos, ni même par sa présence. « Vous me dites que je l’ai auditionné, mais je ne me rappelle absolument pas de lui. J’ai été invité à plusieurs reprises à des petits déjeuners chez Areva. J’ai rencontré Anne Lauvergeon, Sébastien de Montessus. Je me souviens très bien de Jacques-Emmanuel Saulnier, mais du tout d’Édouard Philippe. Il ne devait pas avoir de barbe à l’époque », dit l’ancien député PS.

C’est sans doute parce qu’il n’était pas barbu à l’époque que l’ancienne sénatrice socialiste de Corrèze, Bernadette Bourzai, explique ne plus « être certaine » d’avoir rencontré Édouard Philippe. Celui-ci est pourtant mentionné comme ayant été auditionné dans le cadre d’un rapport sur la politique énergétique européenne, confié en 2009 à la sénatrice. Qu’a-t-il dit alors ? N’ayant pas conservé les notes de ses auditions, l’ancienne sénatrice affirme qu’elle ne peut répondre. Mais au moins, s’en souvient-elle ? « J’ai fait tellement d’auditions dans ma carrière que je ne n’en suis plus certaine, d’autant qu’il n’était peut-être pas barbu ! », répond-elle par texto.

Pendant toute la période où Édouard Philippe a travaillé chez Areva, les questions financières ont été centrales dans le groupe nucléaire. Dans un premier temps, Anne Lauvergeon veut arracher la privatisation du groupe à l’État, puis au fur et à mesure que la situation financière du groupe se dégrade, elle veut obtenir une recapitalisation. On parle déjà en milliards d’euros pour aider Areva. Même si Anne Lauvergeon mobilise, avec énergie, tous ses réseaux pour défendre sa cause jusqu’au sommet de l’État, il semble dans la logique de la fonction que le directeur des affaires publiques sensibilise aussi un certain nombre de ses interlocuteurs traditionnels au sujet.

Pourtant, là encore, personne n’a gardé en mémoire la présence d’Édouard Philippe. Le député UMP Gilles Carrez est alors rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Bien que membre du même parti, il ne se souvient pas d’avoir rencontré Édouard Philippe comme directeur des affaires publiques d’Areva. « Il était chez Areva ? Vous me l’apprenez. Je ne le savais même pas. On a auditionné Anne Lauvergeon, Luc Oursel et puis Philippe Knocke [aujourd’hui PDG d’Areva – ndlr]. Mais je n’ai jamais vu Édouard Philippe sur le dossier Areva. Je ne l’ai rencontré que très récemment, il y a quelques mois, lorsqu’il est venu me voir pour des questions de budget en tant que maire du Havre », dit-il aujourd’hui.

Missionné, sous la pression de l’Élysée, par le conseil de surveillance du groupe en mai 2010 pour faire la lumière sur les comptes d’Areva, René Ricol a pendant plusieurs mois rencontré les différents services de la maison, demandé des explications aux uns et autres, audité les comptes. Il a vu beaucoup de salariés, mais il ne se rappelle pas non plus avoir rencontré une seule fois Édouard Philippe, ni même avoir entendu prononcer son nom.

À l’époque, pourtant, le feu couve chez Areva. Le scandale Uramin et les déboires de l’EPR sont en train de ruiner le groupe. La

Extrait de la déclaration d'intérêts d'Édouard Philippe remplie en janvier 2014 et accessible sur le site de l'Assemblée nationale © DR Extrait de la déclaration d'intérêts d'Édouard Philippe remplie en janvier 2014 et accessible sur le site de l'Assemblée nationale © DR
direction se déchire. Chacun cherche à s’exonérer de ses responsabilités. Alors que tout le monde s’affole sur les risques de faillite du champion nucléaire français, Édouard Philippe semble s’être toujours tenu à distance de ces sujets. Il écrit des discours, fait illuminer la tour Eiffel, mais ne sait rien de ce qui se passe dans sa maison. Comment expliquer que Charles Hufnagel, son directeur de communication à Matignon, devenu très proche de lui à cette époque, se retrouve au cœur de la mêlée – des mails en notre possession en attestent – et que lui ne sache rien ? Étrange absence.

 

Le groupe nucléaire, en tout cas, ne semble pas lui en vouloir. En 2012, Luc Oursel, qui avait succédé à Anne Lauvergeon à la présidence d’Areva, annoncera la construction de deux usines de fabrication d’éoliennes au Havre, avec 700 emplois à la clé. Depuis, Areva a abandonné toute diversification dans l’éolien. Cinq ans après, le projet reste au point mort.

S’il est fier d’avoir travaillé chez Areva, Édouard Philippe continue à cultiver une grande discrétion sur les fonctions de directeur des affaires publiques qu’il y a exercées, de même que sur son salaire. Il n’a inscrit aucun revenu pour cette fonction dans sa déclaration d’intérêts et d’activités faite en tant que député, en janvier 2014, auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Alors que la loi, pourtant, l’y oblige« C’est que la question était très mal posée », avait répondu Édouard Philippe à Mathilde Mathieu, qui l’interrogeait sur cette lacune dans sa déclaration d’intérêts.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 14:07

Le traitement TDN AREVA Malvési Narbonne

 

Le traitement des effluents nitratés TDN (20 000 m3/an, 9 000 t nitrates) est un traitement thermique qui comprend un four à charbon bitumineux (5 700 t/an) dont la combustion par gazéification à 850°C transforme les nitrates en azote gazeux. Les effluents sont vaporisés et les constituants minéraux, métaux et radionucléides sont adsorbés par l'argile ajoutée dans le four. Le traitement des gaz de combustion comprend une filtration des poussières, le traitement des imbrûlés par brûleur à gaz, un traitement des oxydes d'azote (NOx) massivement produits à partir des nitrates, par un procédé de catalyse réductive sélective (SCR).

 

Un procédé expérimental

Le traitement TDN (procédé THOR, Studsvick Inc., USA) n'a été testé qu'à échelle pilote sur une solution synthétique aux USA, mais pas avec les effluents nitratés de Malvési, d'où le caractère expérimental et les incertitudes sur les performances réelles. Les Narbonnais refusent d'être des cobayes.

 

Rejets atmosphériques massifs, proches d'un incinérateur mais en plus grandes quantités

Le traitement thermique TDN de destruction des nitrates par combustion du charbon engendre des rejets gazeux massifs (40 000 m3/h), proches de ceux d'incinérateurs, comprenant : oxydes d'azote (38 880 kg NOx/an), dioxyde de soufre (19 440 kg SO2/an), acide chlorhydrique (3 888 kg/an) particules fines, composés organiques volatils (benzène, biphtalate, …), métaux lourds et composés benzéniques complexes de combustion du charbon.

Concrètement, les émissions en NOx par TDN AREVA sont équivalentes à celles de véhicules diesel parcourant 360 000 km/j, soit la distance d'un tronçon du périphérique parisien à Narbonne.

La comparaison des rejets atmosphériques de TDN AREVA avec ceux de l'incinérateur d'ordures ménagères à Lunel-Viel (34) de plus de 200 000 habitants montre des émissions TDN supérieures en flux annuels : +33% en NOx, +470% en SO2, + 770 % en particules fines.

En terme de concentrations, les rejets TDN sont 5 à 10 fois supérieurs à ceux de l'incinérateur.

L'étude InVS : Registre des Tumeurs de juin 2016 montre une sur-incidence de tous les cancers dans un rayon de 5 à 15 km autour de l'incinérateur de Lunel (+ 49% de lymphomes et + 37% de cancer du poumon).

 

Consommations exagérées de ressources et émissions considérables de gaz à effet de serre

Pour traiter 20 000 m3 d'effluents, l'installation TDN consomme 80 000 m3 d'eau, un gaspillage en période d'économie et de restriction d'eau qu'on impose à l'agriculture et aux particuliers.

Le traitement TDN est énergivore : 5 700 t de charbon, 2 millions de m3 de gaz et 10 millions de kWh, à l'encontre des orientations gouvernementales (COP21, loi de transition énergétique).

La production de 30 000 t/an de gaz à effet de serre (GES) : dioxyde de carbone et protoxyde d'azote couronnent ce mauvais bilan environnemental.

La formation d'ozone à partir des émissions massives de NOx et les conséquences de pluies acides résultant des oxydes d'azote et de soufre se surajoutent aux impacts du traitement TDN AREVA.

Le traitement TDN AREVA Malvési Narbonne

 

Le traitement des effluents nitratés TDN (20 000 m3/an, 9 000 t nitrates) est un traitement thermique qui comprend un four à charbon bitumineux (5 700 t/an) dont la combustion par gazéification à 850°C transforme les nitrates en azote gazeux. Les effluents sont vaporisés et les constituants minéraux, métaux et radionucléides sont adsorbés par l'argile ajoutée dans le four. Le traitement des gaz de combustion comprend une filtration des poussières, le traitement des imbrûlés par brûleur à gaz, un traitement des oxydes d'azote (NOx) massivement produits à partir des nitrates, par un procédé de catalyse réductive sélective (SCR).

 

Un procédé expérimental

Le traitement TDN (procédé THOR, Studsvick Inc., USA) n'a été testé qu'à échelle pilote sur une solution synthétique aux USA, mais pas avec les effluents nitratés de Malvési, d'où le caractère expérimental et les incertitudes sur les performances réelles. Les Narbonnais refusent d'être des cobayes.

 

Rejets atmosphériques massifs, proches d'un incinérateur mais en plus grandes quantités

Le traitement thermique TDN de destruction des nitrates par combustion du charbon engendre des rejets gazeux massifs (40 000 m3/h), proches de ceux d'incinérateurs, comprenant : oxydes d'azote (38 880 kg NOx/an), dioxyde de soufre (19 440 kg SO2/an), acide chlorhydrique (3 888 kg/an) particules fines, composés organiques volatils (benzène, biphtalate, …), métaux lourds et composés benzéniques complexes de combustion du charbon.

Concrètement, les émissions en NOx par TDN AREVA sont équivalentes à celles de véhicules diesel parcourant 360 000 km/j, soit la distance d'un tronçon du périphérique parisien à Narbonne.

La comparaison des rejets atmosphériques de TDN AREVA avec ceux de l'incinérateur d'ordures ménagères à Lunel-Viel (34) de plus de 200 000 habitants montre des émissions TDN supérieures en flux annuels : +33% en NOx, +470% en SO2, + 770 % en particules fines.

En terme de concentrations, les rejets TDN sont 5 à 10 fois supérieurs à ceux de l'incinérateur.

L'étude InVS : Registre des Tumeurs de juin 2016 montre une sur-incidence de tous les cancers dans un rayon de 5 à 15 km autour de l'incinérateur de Lunel (+ 49% de lymphomes et + 37% de cancer du poumon).

 

Consommations exagérées de ressources et émissions considérables de gaz à effet de serre

Pour traiter 20 000 m3 d'effluents, l'installation TDN consomme 80 000 m3 d'eau, un gaspillage en période d'économie et de restriction d'eau qu'on impose à l'agriculture et aux particuliers.

Le traitement TDN est énergivore : 5 700 t de charbon, 2 millions de m3 de gaz et 10 millions de kWh, à l'encontre des orientations gouvernementales (COP21, loi de transition énergétique).

La production de 30 000 t/an de gaz à effet de serre (GES) : dioxyde de carbone et protoxyde d'azote couronnent ce mauvais bilan environnemental.

La formation d'ozone à partir des émissions massives de NOx et les conséquences de pluies acides résultant des oxydes d'azote et de soufre se surajoutent aux impacts du traitement TDN AREVA.

 

Actualité atomique générale  :

Cellule de crise De Paris à Fukushima, les secrets d'une catastrophe ...

 

De Paris à Fukushima, les secrets d'une catastrophe
Par Arnaud Vaulerin, correspondant au Japon

Un documentaire diffusé dimanche dans l'émission «Cellule de crise» expose comment la France a œuvré dès le 11 mars 2011 pour «sauvegarder les intérêts du nucléaire»

L’affaire est entendue. La catastrophe de Fukushima, qui a eu lieu il y a près de six ans, est un «désastre créé par l’homme» comme l’a écrit noir sur blanc Kiyoshi Kurokawa, le président de la commission d’enquête parlementaire. Depuis le 11 mars 2011, les rapports, les investigations, les documentaires japonais et internationaux n’ont pas manqué pour décrire l’enchaînement des faits, l’impréparation, les erreurs en série et la panique qui s’est emparée du pouvoir politico-industriel nippon dans les premiers jours de la pire crise nucléaire depuis Tchernobyl.

Le mérite de cette enquête n’est pas tant dans ce rappel de ces jours de mars ayant donné des sueurs froides à toute la planète et au cours desquels le pire a été évité de peu. Même s’il est toujours nécessaire de se remémorer que les autorités japonaises ont envisagé le scénario catastrophe : une perte totale de contrôle de la centrale de Fukushima-daiichi et une crise nucléaire qui aurait condamné pour des décennies une grande partie du Japon et contraint les autorités à évacuer plus de 50 millions de personnes, comme l’a raconté dans ces colonnes Naoto Kan, le Premier ministre de l’époque.

La journaliste Linda Bendali qui signe cette enquête a certes eu accès des témoins de premier plan dans l’équipe de Naoto Kan, chez les secouristes, les militaires et parmi des membres de Tokyo Electric Power Company (Tepco) qui gère la centrale. Mais si ce documentaire révèle des secrets, c’est surtout sur son volet français qu’il apporte un éclairage bienvenu. En construisant un récit croisé entre le Japon et la France, il expose la «stratégie du gouvernement français pour sauvegarder les intérêts du nucléaire». Et montre comment Paris s’est lancé dans une «bataille diplomatique et industrielle cruciale pour la France».

«Risques de contamination en Europe»

Même si EDF, François Fillon – alors Premier ministre –, ses conseillers et Eric Besson, le ministre de l’Industrie de l’époque ont refusé les demandes d’interview, la journaliste a pu reconstituer le récit côté français. Informé par une source interne à Tepco, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) fait partie des premiers à avoir été informé de la crise.

A Paris, l’IRSN mobilise son centre de crise avec 40 ingénieurs, des traducteurs pour tenter de comprendre la situation à la centrale et pour faire face à de possibles «risques de contamination dans toute l’Europe». Chez Areva, huit ingénieurs donnent l’alerte en bouclant leurs valises. «Les Japonais ont perdu le contrôle de la centrale», déclarent-ils en quittant le Japon en toute hâte. La panique s’empare des expatriés à Tokyo.

Dès le 12 mars, les explosions causées par l’hydrogène concentré dans les installations de Fukushima et le bricolage des interventions vont faire «très très peur», comme le dit Anne Lauvergeon, alors la présidente d’Areva. La France, pays du nucléaire avec les géants EDF et Areva, voit chuter les cours en bourse de ses entreprises et de l’uranium. Il faut réagir. Les ministères de l’Industrie et de l’Ecologie, l’IRSN et Matignon vont monter au front pour faire «faire baisser la pression et l’angoisse».

Conférence de presse, éléments de langage, audit des réacteurs français, etc. Paris manœuvre pour que le «nucléaire ne devienne pas un sujet de débat» et que «la place de l’atome ne soit pas remise en cause en Europe». Elle s’oppose à la «décision hallucinante de l’Allemagne», selon les mots de Frank Supplisson, directeur de cabinet d’Eric Besson, de débrancher ses centrales. N’hésite pas à menacer ses partenaires européens qui n’ont pas l’heur de partager ses vues. Et fait pression sur ses diplomates.

Beau fiasco français

A Tokyo, l’ambassadeur de France, Philippe Faure, met en ligne un communiqué recommandant aux ressortissants français de s’éloigner quelques jours de la capitale nippone. Le Quai d’Orsay lui intime l’ordre de retirer le texte. Puis, avec retard, Paris dépêche un avion d’aide avec des «tonnes de matériels inutiles», raconte un membre de l’ambassade. «Au pays de Nissan et de Toyota, ce qu’on envoyait c’était du vrac, pas éblouissant», se souvient Philippe Faure.

Le documentaire raconte également un beau fiasco quand l’aide technique française a été refusée par le Japon. Paris a loué un très coûteux Antonov pour acheminer ses robots capables d’intervenir en milieu contaminé, mais Tokyo souhaitait que des experts français viennent les piloter. «Les ingénieurs acceptaient de venir à Tokyo, raconte Linda Bendali, mais pas au pied des réacteurs.» Les Japonais ont décliné l’offre.

Dans cette offensive diplomatico-industrielle, l’Elysée n’a pas été en reste. Nicolas Sarkozy a fait des pieds et des mains pour être le premier chef d’Etat à venir au Japon. Vingt jours après le 11 mars, il débarque à Tokyo et rappelle la nécessité de poursuivre le nucléaire. Naoto Kan accepte finalement de l’accueillir malgré un emploi du temps surchargé. Ce jour-là, «j’étais convaincu qu’il fallait arrêter» l’utilisation de l’atome, déclare aujourd’hui l’ex-Premier ministre devenu l’un des plus ardents militants antinucléaires de l’archipel. Mais face à Nicolas Sarkozy le 31 mars 2011, il s’est tu.

Cellule de crise. De Paris à Fukushima, les secrets d’une catastrophe. Dimanche 12 février à 22h40. France 2. Rediffusion, jeudi 16 février à 1h40.

 

 

 

 

 

Le Monde · Il y a 2 jours
 

Depuis deux ans, des bénévoles cartographient les condamnations pour corruption dans le privé et le public. Une base de données unique.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 Avec 660 affaires recensées (dont 440 depuis 2014), la carte publiée par Transparency France dessine le paysage contrasté de la corruption sur le territoire.

Raymond Bonomo n’a pas le profil habituel du geek. Cela n’empêche pas ce retraité, bénévole à l’association Transparency France, d’actualiser chaque jour, depuis l’ordinateur de son domicile, l’unique base de données publiques des condamnations pour corruption et manquements à la probité en France.

Depuis deux ans, il passe environ une heure tous les matins à recenser les condamnations prononcées par la justice française dans les affaires de manquements à la probité dans le privé et le public. Une partie des informations lui est fournie par des internautes, dans une démarche participative. Sa principale source reste la presse. Date, motif et lieu de la condamnation, montant du préjudice… Raymond vérifie les données avant de les intégrer dans la base, de façon anonyme et selon une méthodologie précise : trois personnes, dont un membre permanent de Transparency, valident chaque fiche.

Fabien Schwebel, 26 ans, lui aussi bénévole à Transparency France, s’occupe de la partie technique depuis Dubaï où il travaille comme ingénieur en informatique. C’est lui qui a conçu la carte pour visualiser la corruption région par région. C’est aussi lui qui a mis au point l’outil de comparaison du nombre d’affaires par région, en utilisant le PIB (produit intérieur brut) comme indice, parce qu’il considère qu’« un département qui a moins d’activité économique a aussi moins d’occasions de corruption ».

Une cartographie unique en France

En l’absence pour le moment de données centralisées et publiques, leur carte collaborative est la seule du genre en France. Avec 660 affaires recensées (dont 440 depuis 2014, une centaine datant d’avant 2010), elle dessine le paysage contrasté de la corruption sur le territoire. Au palmarès des régions les plus touchées, l’Ile-de-France et la région PACA arrivent en tête, mais ce sont l’outre-mer et la Corse qui détiennent les records quand on pondère le nombre de condamnations avec le PIB.

Le gros des affaires concerne la prise illégale d’intérêts dans le cadre de marchés publics et le détournement de fonds publics. A travers cette exploration des dessous pas très chics de la République, Raymond se défend de vouloir stigmatiser les élus. « Nous ne travaillons pas dans une logique de tous pourris, explique-t-il. Il nous semble normal que le citoyen sache ce qui se passe dans le domaine du manquement à la probité. »

Une démarche qui « va dans le bon sens », estime de son côté Charles Duchaine, magistrat chargé de mettre en place la future agence anticorruption, dont l’ouverture est prévue au printemps. « Disposer de tels outils permet de donner de la visibilité au phénomène et de dégager des tendances, par exemple sur les catégories les plus exposées dans le privé et le public. Il existe un vrai problème de reconnaissance du phénomène de la corruption. Avoir des chiffres et un suivi participe d’une évolution des mentalités. » Pour le moment, seules des statistiques très générales sont publiées par le ministère de la justice.

L’open data, enjeu majeur pour la transparence

La base de données de Transparency est en accès libre sur le site. Chacun peut s’en emparer pour imaginer de nouveaux calculs, développer ses propres analyses. En septembre dernier, un hackathon a permis de développer de nouvelles visualisations, à partir des montants détournés ou des motifs de condamnations. « On pourrait aussi comparer le délai du jugement en fonction du statut de l’élu », souffle Raymond.

Avec cette carte, l’association Transparency s’inscrit dans une démarche ouverte de partage des connaissances et de biens communs, avec la volonté de diffuser dans le grand public une culture de la donnée et du code, des outils devenus incontournables dans la lutte contre la corruption, comme l’a montré le récent sommet de l’OGP à Paris du 7 au 9 décembre 2016.

Lire aussi :   Démocratie numérique : les initiatives citoyennes qui bousculent les intitutions

« L’open data est un outil essentiel pour une plus grande transparence », estime Laurène Bounaud, directrice de Transparency France, qui se félicite des « avancées de la loi pour une République numérique dans ce domaine » mais s’inquiète que « les décrets puissent en réduire la portée ». Dans un rapport publié lundi 19 décembre, l’organisation non gouvernementale avait jugé « globalement positif » le bilan du quinquennat de M. Hollande « en matière de transparence de la vie publique et de lutte contre la corruption ».

Raymond Bonomo l’a promis, le jour où les informations sur les condamnations pour corruption seront publiques et accessibles à n’importe quel citoyen, il arrête. « Cette carte n’aura plus lieu d’être. »

D’autres billets à propos de ressources partagées sur le blog Chronique des communs

Contact : c.legros@lemonde.fr ou sur Twitter @clairelegros

 
 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/chronique-des-communs/article/2017/02/11/une-carte-collaborative-de-la-corruption-en-france_5078252_5049504.html#0T3LgjCjz871gkRl.99
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 14:21

Quel est le degrés d'alerte  sur la dégradation de la sûreté nucléaire en France?

Pour agir:http://m-ain.org/Texte-fondateur

 

« L'Autorité de sûreté nucléaire subirait-elle des pressions ...

 

Les fossoyeurs de la sécurité intérieure

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4620686_58919a16cc841.commission-du-developpement-durable--faisabilite-technique-et-financiere-du-demantelement-des-infra-1-fevrier-2017

  Réacteurs nucléaires : EDF épinglé pour avoir sous-estimé le coût du
démantèlement
http://www.liberation.fr/futurs/2017/02/01/reacteurs-nucleaires-edf-epingle-pour-avoir-sous-estime-le-cout-du-demantelement_1545530

DOSSIER    Déchets nucléaires
 

 

 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 12:59

 

Nucléaire : à 19 h, on les allume ! - Reporterre

Face au pic de consommation électrique dû à la vague de froid, les pouvoirs publics invoquent l’écoresponsabilité des Français. L’auteur de cette tribune, au contraire, allumera ses appareils électriques pour que le réseau tombe. Deux heures durant, plongés dans le noir, nous pourrions alors réfléchir au nucléaire, à la dérégulation du secteur de l’énergie et aux responsables de cette situation.

José Pluki est ingénieur en énergie, il a travaillé sur les accidents nucléaires et est auteur d’ouvrages de vulgarisation scientifique. Il travaille actuellement sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables. Il a écrit, avec l’aide d’André Paris, le Livret d’autodéfense intellectuelle sur le nucléaire à usage de tous.

 
 

Ce mercredi, à 19 h, aura lieu un pic de consommation électrique à cause du froid. Afin que le réseau électrique ne tombe pas, il nous est demandé à tous d’être écoresponsables et que chacun allège ses consommations électriques entre 18 et 20 h.

Personnellement, j’allumerai le maximum d’appareils à ces heures en espérant que la bougie soit la denrée rare de ce soir et je vous invite à en faire autant.

Si le réseau tombe, peut-être que, bloqués une heure ou deux par la panne, on prendra le temps de réfléchir à ce que ce système électrique nucléaire veut dire. Peut-être même qu’on discutera de ce que veut dire ce système néolibéral, où l’énergie est une denrée comme les autres pour les capitalistes. Deux heures pour réfléchir à un train qui fonce dans le mur, ça ne peut pas faire de mal.

Les écoresponsables, c’est nous, on a compris, mais qui sont les coresponsables et les cons-responsables de ce problème ?

Depuis qu’EDF a construit trop de centrales nucléaires et a fait de la France le seul État du monde où 75 % de l’électricité est nucléaire, le choix de favoriser le chauffage électrique a été poursuivi avec application et force pendant 30 ans.

Résultat, à chaque vague de froid, RTE, le gestionnaire du réseau, serre les fesses pour que le réseau ne saute pas.

Heureusement, face à ce pic, ce cap, un allié de poids joue en sa faveur : le réchauffement climatique. Cet allié fait beaucoup, il fait baisser la consommation annuelle et la pointe en France et en Europe depuis des années.

Les responsables sont aussi les capitalistes, furieux que l’électricité échappe à leur prédation

Mais un ennemi pointe aussi avec le temps, un autre écueil émerge : la vieillesse, l’âge, la panne, le délabrement, le manque d’entretien, l’usure.

Le parc nucléaire est vieux, fatigué, usé, âgé de 30 ans en moyenne (il a été conçu pour durer… 30 ans).

On peut comparer le problème à la situation que voici : vous avez un parc de taxi qui ont tous déjà roulé 300.000 km, le 31 décembre tout le monde vous appelle, tous les taxis sont de sortie et le gestionnaire serre les fesses pour qu’il n’y ait pas d’accident.

Mais la différence, c’est qu’avec le nucléaire, on n’a pas droit à l’accident.

L’ASN [l’Autorité de sûreté du nucléaire] a arrêté temporairement 10 réacteurs pour des raisons de sécurité cet automne. Ils ont vite été ouverts face au problème du pic de consommation hivernale. Seuls les plus gravement affectés sont censés rester à l’arrêt, on est prié de croire ces gens qui depuis 30 ans falsifient la réalité.

Entre deux heures dans le noir et 24.000 ans de radioactivité, je préfère la bougie, même si c’est le nucléaire qui nous fait retourner à la bougie.

 

Les responsables sont aussi les capitaliste : furieux que l’électricité échappe à leur prédation, eux qui prennent la liberté de l’homme d’aliéner et de prédation, ils ont vite repris le grappin. Ils ont décidé qu’ils pourraient produire comme ils le souhaitent sans s’occuper du réseau. La régulation enlevée, l’électricité a été mise en Bourse, ils espéraient faire beaucoup d’argent. Mais la multiplication des énergies renouvelables, la baisse des consommations dues au réchauffement et puis, surtout, tous ces écoresponsables de tous les jours, dont je fais partie, ont provoqué une baisse de consommation, donc une surproduction. La surproduction dans un marché libéralisé provoque toujours la chute des prix. Traités comme de vulgaires éleveurs laitiers, les multinationales de l’énergie perdent des milliards depuis des années. De son côté, EDF ne met pas un sou de côté pour réparer et démanteler ses centrales déjà payées. Comme la crise bancaire due à la déréglementation de la spéculation, le pic de consommation vient de la dérégulation.

Comme pour les banques, on est chargé de renflouer.

9 milliards d’euros d’argent public pour le nucléaire en 2016 et pas un seul vote des députés sur la question.

Un accident nucléaire est notre avenir 

Bilan, nous avons de grands diplômés qui essaient de résoudre les problèmes qu’on n’aurait pas eus sans eux.

RTE tire des lignes dans toute la France pour combler un problème d’organisation. Ici, dans les Hautes-Alpes, elle balafre nos Écrins. Ces autoroutes électriques, ce monopole, sont en voie de privatisation, on brade… on transforme un monopole public en monopole privé au nom de la concurrence. À quand les péages sur les ponts comme sous l’Ancien Régime ?

Les choses sont si graves qu’EDF ne veut plus commander une pièce métallique à Areva-Creusot et demande aux Japonais. Depuis trente ans, Areva envoie des pièces foirées, falsifiées et cela s’est vu.

Le moral des agents EDF est au plus bas.

Un accident nucléaire est notre avenir.

Tous ces cons-responsables qui jouent avec l’avenir du pays, un accident ruinant la santé de tous et des générations suivantes, mais aussi, messieurs les intégristes de l’argent, les djiadhistes du capitalisme, l’économie du pays.

Alors que les renouvelables sont moins chers que le nucléaire, ces cons-responsables font tout pour limiter les renouvelables et ont éradiqué toute industrie française de ce secteur pour lequel on fait la quête.

En 2015, on a produit moins de renouvelables qu’en 2014, la France est le dernier de l’Union européenne.

Alors, leur écoresponsabilité, je vous invite à leur tailler en pointe…

Je vous invite à transférer ce message,

Deux heures de pause pour parler à son collègue, ses voisins…

 
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Lire aussi : Face à la vague de froid, le nucléaire se révèle inadapté

Source : Billet repris du blog de son auteur, avec son aimable autorisation.

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et inters sont de la rédaction.

Dessin : © Tommy/Reporterre

Photo : Pixabay (CC0)

 

Autres liens sur le   sujet en cours ,celui de la pénurie  énergétique et sur l'arret immédiat du nucléaire

Mouvement pour l'arrêt immédiat du nucléaire: MAIN

m-ain.org/

En France, depuis leur origine, les mouvements antinucléaires agissent essentiellement selon les modes suivants : Information de la population sur les méfaits    :

Energie : Arnaud Gossement invité de LCI pour débattre du risque de pénurie d'électricité pendant la vague de froid

 

Le Monde

 

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 14:46

CIGEO : revue internationale du dossier d'options de sûreté - Asn

L’ASN à l’initiative d’une revue internationale par l’AIEA du dossier d’options de sûreté du projet Cigéo

01/12/2016  Note d'information

 

Souhaitant disposer du regard de pairs internationaux dans le cadre de l’instruction du dossier d’options de sûreté (DOS) du projet de stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde développé par l’Andra, dénommé Cigéo, l'ASN a demandé à l'AIEA d’organiser une revue internationale de ce dossier par des experts appartenant à des autorités de sûreté étrangères.

Cette installation de stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde étant unique en France, l’ASN a souhaité bénéficier de l’expertise de ses pairs qui repose sur l’instruction de projets similaires dans leurs pays ainsi que sur les échanges internationaux.

Revue par les pairs CIGEO nov. 2016

Agrandir le visuel

Cette revue s’est tenue en France du 7 au 15 novembre 2016. Les sept experts de la revue, reconnus internationalement dans leur domaine de compétence et pilotés par Jussi Heinonen, directeur de la régulation des déchets et matières radioactives à l'Autorité de sûreté nucléaire finlandaise STUK, ont remis leurs conclusions à l’ASN mardi 15 novembre. Le rapport des experts ainsi que sa synthèse sont consultables (en anglais).

Les experts ont examiné le dossier remis par l’Andra au regard des standards établis par l'AIEA. L'ASN a demandé à l'AIEA que soit examiné en particulier le programme de R&D en lien avec le développement du projet, la surveillance de Cigéo prévue par l’Andra ainsi que la définition des scénarios pour la sûreté en exploitation comme à long terme.

Les experts ont souligné la qualité des échanges qu’ils ont pu avoir avec l’Andra au cours de la revue. Ces échanges et l’analyse des documents du dossier d'options de sûreté (DOS) remis par l’Andra ont conduit les experts à formuler plusieurs observations, suggestions et recommandations. Celles-ci rejoignent notamment les demandes formulées par l’ASN sur certains sujets à enjeu déjà identifiés. Elles seront attentivement examinées lors des prochaines étapes de l’instruction du DOS1 du projet qui conduiront l’ASN à rendre son avis sur le dossier de l’Andra au cours de l’été 2017.

Origine de l’organisation de la revue internationale et positionnement dans l’instruction du dossier d’option de sûreté de Cigéo par l’ASN

À la suite du débat public sur le projet de stockage profond Cigéo dont les conclusions ont été rendues début 2014, le conseil d'administration de l’Andra a proposé une modification du déroulement de son projet. L’Andra a ainsi prévu la remise d'un DOSsur le projet d’installation Cigéo avant de demander l’autorisation de création.  

En cohérence avec la mise en place d’un développement par étape tel que prévu par le guide de sûreté de l’ASN relatif au stockage des déchets radioactifs en formation géologique profonde, l’ASN a accueilli favorablement cette décision et a fait part à l’Andra de ses attentes sur le contenu de ce dossier fin 2014.

L’instruction du dossier remis par l’Andra a débuté au printemps 2016. C’est dans le cadre de cette instruction que la revue internationale s’est tenue.

Les résultats de cette revue seront portés à la connaissance du public, de l’IRSN et des groupes permanents d'experts sur lesquels l'ASN s'appuie.

L'ASN prévoit de rendre son avis sur ce dossier à l’été 2017.

1. Toute personne qui prévoit d'exploiter une installation nucléaire de base peut demander à l'Autorité de sûreté nucléaire, préalablement à l'engagement de la procédure d'autorisation de création prévue par l'article 29 de la loi du 13 juin 2006 , un avis sur tout ou partie des options qu'elle a retenues pour assurer la sûreté de cette installation. L'Autorité de sûreté nucléaire, par avis rendu et publié dans les conditions qu'elle détermine, précise dans quelle mesure les options de sûreté présentées par le demandeur sont propres à prévenir ou limiter les risques pour les intérêts mentionnés au I de l'article 28 de la loi du 13 juin 2006 , compte tenu des conditions techniques et économiques du moment. Elle peut définir les études et justifications complémentaires qui seront nécessaires pour une éventuelle demande d'autorisation de création. Elle peut fixer la durée de validité de son avis. Cet avis est notifié au demandeur et communiqué aux ministres chargés de la sûreté nucléaire.

 

Date de la dernière mise à jour : 13/12/2016

  sur coût du nucléaire et sur un  Incinérateur à la Comurhex  dans le Narbonnais. :

Coût du démantèlement nucléaire : EDF doit-elle tenir compte de l'exemple allemand?.

-Vendredi 16 décembre 2016 à 18h30  : Rencontre avec Rubrésus

"Incinérateur à la Comurhex : Le périph' parisien à nos portes, une pollution sansprécédent sur le Narbonnais.

Rencontre d'information avec Rubrésus, association de défense de l'environement dans les basses plaines de l'Aude à propos du projet d'incinérateur d'Areva à Malvési.

http://www.lassocepicee.com/

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 16:31
 
 

Le groupe nucléaire contrôlé par l'Etat français s'apprêterait à ouvrir jusqu'à un tiers de son capital à des investisseurs venus d'Asie .

«Inimaginable il y a encore quelques mois» de l’aveu même des députés médusés qui auditionnaient mercredi matin le président d’Areva Philippe Varin, l’entrée en force d’investisseurs chinois au capital du groupe nucléaire français est la nouvelle bombe qui menace d’éclater au beau milieu d’une filière déjà confrontée à une avalanche de problèmes techniques et financiers. Mardi, BFM Business dévoilait un montage assez détaillé selon lequel que le groupe étatique chinois CNNC (China National Nuclear Corporation), le japonais MHI (Mitsubishi Heavy Industrie) et le groupe kazakh Kazatomprom allaient détenir jusqu’à 33 % du capital d’Areva en échange d’un investissement de 1,2 milliard d’euros dans le groupe tricolore en difficulté. Selon nos confrères, CNNC, MHI et Kazatomprom injecteraient chacun environ 400 millions d’euros en échange de 11% du capital par tête de pipe, tandis que l’État français conserverait 67% seulement des parts. Le tout se ferait dans le cadre de l’augmentation de capital de 5 milliards d’euros prévue par l’Etat français courant janvier. Objectif: renflouer le nouvel Areva qui va se recentrer sur le cycle de combustible, après la cession l’an prochain de son activité réacteurs à EDF.

L’Etat actionnaire, qui détient aujourd’hui 84 % du capital d’Areva, a pourtant immédiatement appuyé sur la pédale de frein, anticipant apparemment une levée de boucliers contre l’entrée de la superpuissance chinoise au cœur du complexe nucléaire français. Ce scénario à 33 % est «globalement faux»: «Les discussions sont encore en cours et nous ne prévoyons pas d’ouvrir le capital à un tel niveau», a fait savoir Bercy sans plus de précisions. Bref, circulez, il n’y a rien à voir… pour le moment.

L’identité de ces trois nouveaux actionnaires potentiels venus d’Asie ne constitue pourtant pas une surprise en soi. Areva coopère depuis plus de trente ans avec le chinois CNNC, les deux groupes ont notamment en projet une usine de retraitement de combustible en Chine sur le modèle de celle de La Hague en France. Et un autre chinois, CGN, va construire les deux EPR d’Hinkley Point avec EDF et Areva. Le japonais MHI forge, lui, pour Areva de gros composants en acier comme les cuves des réacteurs EPR. Enfin, Kazatomprom a la main sur des gisements d’uranium stratégiques exploités par Areva pour fabriquer le combustible nécessaire aux réacteurs nucléaires. Bref, des amis peut-être encombrants mais dont on ne peut se passer aujourd’hui.

Affaires «sensibles»

Une chose est sûre, depuis la quasi-faillite d’Areva en 2015 et la décision prise au plus haut niveau de l’Etat de restructurer et recapitaliser le fleuron déchu de l’atome, l’arrivée de ces partenaires «stratégiques» venus d’Asie dans le tour de table d’Areva est clairement dans les tuyaux. François Hollande a ainsi signé le 2 novembre 2015 avec son homologue chinois Xi Jinping «un protocole d’accord portant sur une possible coopération intégrant un volet capitalistique et industriel»: une «prise de participation minoritaire» de CNNC dans Areva est alors clairement évoquée, ainsi qu'«une coopération couvrant l’ensemble des activités du cycle de l’uranium: mines, amont, recyclage, logistique, déconstruction et démantèlement». Et le 14 novembre dernier, le ministre de l’Economie Michel Sapin, et le vice-Premier ministre chinois Ma Kai, ont signé une lettre d’intention en ce sens après avoir visité main dans la main le site de retraitement de La Hague, qui appartient à Areva. Aujourd’hui, on est donc entré dans le dur des négociations.

Mais ce n’est pas l’audition du président du conseil de surveillance d’Areva, Philippe Varin, mercredi matin par la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, qui aura apporté plus de précisions sur ce dossier chaud bouillant. Pressé de questions par les députés inquiets, le grand commis de l’Etat Varin n’a lâché aucune info aux députés ou presque. Oui, «l’indépendance énergétique de la France est un sujet sensible» et oui «il y aura des dispositions pour conforter cette indépendance», a-t-il promis. Ainsi, la part de l’Etat dans le capital d’Areva ne pourra descendre selon lui «en dessous d’un seuil minimum absolu de 66 %», tandis que celle des «investisseurs stratégiques» venus d’Asie «ira de 0 à 33 %». Grosse fourchette. Car voyez-vous, «les discussions sont toujours en cours, il y a plusieurs possibilités et il n’est pas évident que nous mènerons au bout ces négociations», a expliqué Philippe Varin.

Le risque de se faire «doubler»

Et la gouvernance ? Chinois, Japonais et Kazakhs auront-ils des postes d’administrateurs «indépendants» au conseil d’administration d’Areva ce qui équivaudrait à leur offrir une fenêtre avec vue imprenable sur les projets stratégiques et la technologie de toute la filière nucléaire française ? L’ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho s’est déclarée «opposée à la perte de souveraineté» que constituerait l’entrée de CNNC, MHI et Kazakatomprom «dans une entreprise aux activités aussi sensibles qu’Areva». «Va-t-on offrir à la Chine l’instrument pour nous doubler commercialement ?», s’est alarmé le député socialiste du Val-de-Marne Jean-Luc Laurent. «Il est prématuré de dire quelles dispositions seront prises si nous sommes en partenariat avec des concurrents potentiels pouvant accéder à des informations sensibles», mais le «sujet de la souveraineté sera sans doute la limite de l’exercice pour l’entrée au capital de partenaires tiers», a répondu Varin. En revanche, pas d’inquiétude à avoir sur les fameux transferts de technologie, déjà «traités commercialement et rémunérés» selon lui: cela fait trente ans qu’Areva et EDF travaillent avec les chinois qui construisent notamment deux réacteurs EPR maison à Taishan grâce à un accord de licence…

L’ancien patron de PSA sait de quoi il parle puisque c’est lui qui, en 2014, a fait entrer Dongfeng au capital du constructeur automobile français à hauteur de 14 % en échange d’une ouverture au grand marché chinois. C’est d’ailleurs pour cette expertise qu’il a été parachuté en janvier 2015 à la tête d’Areva. Pas de réponse de Varin en revanche sur le risque de voir les Chinois apprendre du nucléaire français et aspirer toute la technologie pour exporter ensuite des réacteurs EPR made in China à moindre coût dans le reste du monde. Il semble que le lobby nucléaire français, aux abois financièrement, ait décidé de faire avec…

En tout état de cause, il y a peu de chances que CNNC accepte de signer un chèque de quelques 500 millions de patates à Areva en échange d’un simple strapontin sans droit de regard… Idem pour les Japonais et les Kazakhs. On pourrait se diriger vers une représentation de ces nouveaux actionnaires au sein d’une nouvelle instance à information limitée créée pour l’occasion. Une chose est sûre, la France n’a plus vraiment les moyens de tordre le nez devant les chinois depuis la débâcle qu’a connue l’ancien fleuron de l’atome tricolore avec son réacteur EPR finlandais, l’affaire Uramin et plus récemment le scandale des falsifications de documents dans son usine du Creusot…

Jean-Christophe Féraud

-Lire aussi sur l'ASN et sur EDF

Greenpeace dépose plainte contre EDF

Greenpeace porte plainte contre EDF et son PDG pour délits boursiers

www.actu-

Les accusations s'accumulent sur EDF et le parc nucléaire français. Après l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), c'est au tour de Greenpeace de pointer du doigt la gestion de l'énergéticien dirigé par Jean-Bernard Lévy. Sur la base d'une expertise financière commandée auprès du cabinet AlphaValue, l'association environnementale a porté plainte contre le PDG et l'entreprise. Ces derniers sous-estimeraient les coûts du démantèlement des centrales nucléaires d'entre 32,3 et 38,4 milliards d'euros. En répandant une fausse image de leur bilan financier auprès des investisseurs, des actionnaires et des citoyens, EDF et son dirigeant se rendraient coupables de délits boursiers. 

Maître Marie Dosé, avocate de l'association sur ce dossier, estime qu'"il est temps que des autorités judiciaires se prononcent sur ces pratiques frauduleuses". A cet effet, Greenpeace a demandé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour présentation de bilan inexact et diffusion d'informations trompeuses. Pour Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie de l'association, les dirigeants de l'entreprise "s'enferrent dans la stratégie nucléaire alors qu'il est désormais établi que la fermeture de réacteurs bénéficierait à l'équilibre financier d'EDF".

Suite à cette accusation le groupe a contesté les "prétendues analyse du cabinet AlphaValue". Dans un communiqué, EDF rappelle que ses comptes sont audités et certifiés par ses commissaires aux comptes. Les coûts de démantèlement du parc nucléaire ont par ailleurs fait l'objet d'un audit du ministère de l'Environnement. L'énergéticien a donc décidé de déposer une plainte pénale "pour tirer conséquences de ces allégations mensongères et de ces informations trompeuses".

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 15:45

Chère Adhérente, cher Adhérent,

Vous avez pu constater combien l’actualité est actuellement forte pour la CRIIRAD. Si le travail ne manque pas, l’arrêt sans préavis de la subvention de la région Auvergne Rhône-Alpes et du soutien de certaines collectivités, placent notre association en situation financière difficile. Sur l’exercice 2016 ce sont plus de 100.000€ qui manqueront.

Toute l’équipe s’emploie activement à trouver des solutions : recherche de nouveaux partenaires, financement participatif, prospection de prestations pour le laboratoire, etc. Mais toutes ces démarches nécessitent du temps.

Nous vous remercions encore pour la contribution que vous apportez déjà aux activités de notre association. Nous ne sommes pas coutumiers de cette méthode, mais notre recours le plus immédiat dans la situation où nous nous trouvons est d’émettre un appel exceptionnel en direction de tous ceux qui soutiennent ou suivent nos actions.

Environ 5.500 particuliers ou personnes morales soutiennent l’association en fonction de leurs possibilités. Si chacun d’entre nous apportait une contribution supplémentaire exceptionnelle de 10€ (3,40 après déduction) en moyenne, nous pourrions combler environ la moitié de notre déficit. Avec 20€ (6,80€ après déduction), nous serions proches de l’équilibre ! Une valeur supérieure augmenterait les chances de combler le déficit.

Les menaces s’accumulent sur notre santé et sur notre environnement et il indispensable pour nous de disposer des moyens nécessaires pour :

  • combattre les plans de gestion des situations post-accidentelles qui obligent à vivre en zone contaminée, et à consommer des aliments également contaminés
  • empêcher la délivrance de dérogations autorisant la dissémination de produits radioactifs dans notre environnement quotidien,
  • dénoncer les mensonges, les falsifications,  les expertises biaisées, les consultations alibi ayant pour unique objet de cautionner des décisions déjà prises,
  • développer des actions de formation et d’assistance auprès des citoyens et des associations de terrain, en France comme à l’étranger, pour amplifier nos actions et contrer la puissance du lobby nucléaire,
  • rechercher la vérité sur l’impact environnemental et sanitaire des catastrophes nucléaires, Tchernobyl et Fukushima,
  • évaluer l’impact des rejets radioactifs des installations nucléaires et dénoncer les carences des systèmes de contrôles officiels.

 

En dehors de notre conviction, de notre engagement et de notre travail à tous, c’est « le nerf de la guerre » qui permet d’alimenter ces actions. C’est pourquoi la CRIIRAD a besoin de votre soutien exceptionnel et compte sur vous pour diffuser largement cet appel dans votre entourage et pour développer des initiatives qui contribueraient à cet objectif.

      Le Président

Un grand merci par avance, avec toute notre amitié,                                   Roland Desbordes

 

 

 

 

  • Comment faire ? effectuez votre don sur http://www.criirad.org/soutenir/don.html ou adressez-nous un chèque (joindre vos coordonnées pour recevoir votre reçu fiscal).
  • Réduction d’impôts : le don est déductible des impôts (pour ceux qui y sont soumis) à hauteur de 66% ;  un don de 20€ ne coute que 6,80€, un don 50€ ne coûte que 17€ !
-L'actualité locale de la CRIIRAD vous est rapportée par l'administration du blog ainsi qu'une émission sur la bombe H et deux liens sur le risque de pénurie électrique  pour cet hiver,et la signature avec d'autres,d'une lettre ouverte au président par  Gilles Reynaud, président de l’association « Ma Zone Contrôlée »,(sur les  conditions de travail et de vie des salariés de l’industrie nucléaire )Sans oublier pour que  le lecteur en soit avertit ,de faire mention de l'EPR,et  de cette  étude sur  EDF commandée par Greenpeace au cabinet AlphaValue , ,
 
Vendredi 25 novembre — 20 h — Cinéma Utopia, Montpellier — Tarif unique 4€ 
AVANT PREMIÈRE
Mission CRIIRAD au JAPONun film documentaire de Cris Ubermann et Emmanuel Lopez. 30 mn
Ce documentaire est un extrait d’un film en cours de préparation. Réalisé par Cris Uberman et Emmanuel Lopez et produit par la CRIIRAD, il revient sur le caractère ingérable des catastrophes nucléaires et sur la tragédie qu’elles représentent pour les populations exposées aux retombées. Ce film s’appuie sur la mission conduite par la CRIIRAD en 2011 à Fukushima.
La projection sera suivie d’un débat avec Roland Desbordes, président de la CRIIRAD
 
 
La CRIIRAD, Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité est une association loi 1901 dont l’objet est d’améliorer l’information et la protection du public sur les risques liés aux rayonnements ionisants. La CRIIRAD est née en 1986, à la suite de la Catastrophe de Tchernobyl en réaction aux mensonges des autorités françaises sur l’intensité des retombées. Pour mener à bien sa mission, la CRIIRAD s’est dotée d’un laboratoire de mesure de la radioactivité qui effectue des contrôles en France et à l’étranger.
 
Séance proposé par Arrêt du nucléaire 34, collectif de lutte pour l'arrêt du nucléaire civil et militaire dans les plus brefs délais.
 
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Notes acides sur la crise du jus (2) |

-Lanceurs d'alerte: lettre ouverte à l'Assemblée nationale 

L'énorme facture qui obscurcit l'avenir d'EDF, selon Greenpeace - LCI

EPR de Flamanville : la "méthode Coué" d'EDF - France Info

 
  
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:12

Refondation de la filière nucléaire :  selon Maurice VINCENT, le budget de l'État devrait être mobilisé à hauteur de 13 milliards d’euros pour solder les erreurs commises avant 2011

 


Mardi 8 novembre 2016

Sur le rapport de Maurice VINCENT (Socialiste et républicain - Loire), rapporteur spécial, la commission des finances a, cet après-midi, examiné les crédits du compte d’affectation spéciale « Participations financières de l’État ».

Dans ce cadre, Maurice Vincent a souligné le caractère exceptionnel de l’année 2017 pour le compte, lié à la mise en œuvre du projet de refondation de la filière nucléaire française annoncé en juin 2015 par le Président de la République.

Il a tenu à rappeler que cette nécessité est directement liée aux défaillances de pilotage de la filière nucléaire commises avant 2011, qui se sont notamment traduites par une perte nette cumulée de 10 milliards d’euros pour l’entreprise Areva.

Dans ce contexte, le choix de soutenir la filière nucléaire sur le long terme, en lui donnant les moyens de se redresser et de mener une politique d’investissement ambitieuse, devrait conduire l’État actionnaire à recapitaliser l'an prochain EDF et Areva (7 milliards d'euros) et à percevoir le dividende d’EDF en actions plutôt qu'en numéraire pendant trois ans (6 milliards d'euros), pour un coût budgétaire total de 13 milliards d’euros (dont 9 milliards d’euros en 2017).

L’impact sur le déficit au sens de Maastricht devrait toutefois être limité à 2 milliards d’euros au maximum.

Afin d’assurer l’équilibre du compte sans abondement du budget général, l’État actionnaire devra en outre réaliser au minimum 4 milliards d’euros de cessions l’an prochain.

Consulter la note de présentation du rapporteur spécial (en html et en PDF).


La commission des finances est présidée par Mme Michèle ANDRÉ (Socialiste et républicain – Puy-de-Dôme).
Son rapporteur général est M. Albéric de MONTGOLFIER (Les Républicains – Eure-et-Loir).
 

    Contact(s) presse :

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    25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 08:40

     

    Selon EDF, l'incident "significatif" s'est déroulé le 19 octobre et l'anomalie a été stoppée au bout de 2 minutes grâce à des alarmes. 

    • Par Fabrice Valery
    • Publié le

     

     

     
    EDF a indiqué ce lundi 24 octobre qu'un incident s'est déroulé le 19 octobre dernier sur la centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne. Ce jour-là, une cheminée de l'unité N°1 de la centrale a libéré dans l'atmosphère des rejets radioactifs supérieurs à la limite autorisée pendant une période de 2 minutes.

    Cette cheminée est "prévue pour rejeter à l’atmosphère les gaz issus du traitement des effluents liquides et de la ventilation des bâtiments nucléaires" indique EDF. Dans son communiqué EDF précise"qu'aucun impact sur l’environnement ni pour le personnel du site" n'a été mesuré. 

    Le texte du communiqué : 

    "Le 19 octobre 2016, les équipes de la centrale mettent en service, dans le bâtiment des Auxiliaires Nucléaires (BAN) de l’unité de production N°1, un équipement de traitement des effluents liquides issus du circuit primaire. Lors de cette opération, les équipes d’intervention constatent une augmentation de l’activité radiologique mesurée en continu au niveau de la cheminée* du Bâtiment des Auxiliaires Nucléaires. Une alarme, située en salle de commande, confirme que le seuil réglementaire de rejet à la cheminée (fixé à 4 MBq/m3) a été dépassé. L’intervention en cours a donc immédiatement été  arrêtée. Ce dépassement de seuil  a duré 2 minutes et les balises de surveillance de l’environnement situées en zone nucléaire et autour de la centrale n’ont détecté aucun impact sur l’environnement ni pour le personnel du site.
    La direction de la centrale de Golfech a déclaré le 21 octobre 2016 un événement significatif environnement à l’Autorité de sûreté nucléaire et à la Commission Locale d’Information"


    Le 26 septembre dernier, le réacteur numéro 2 de Golfech s'était automatiquement mis en arrêt après une "anomalie"
     

    -Note "rencontres" rebasculée par l'administration du blog :

    pour la vie, la planète, les générations futures, l'action efficace contre le lobby nucléaire

    2èmes Rencontres nationales contre le crime atomique

    -Aujourd'hui mardi 25 octobre 2016 à 18 heures à l'assemblée  nationale :

     

    Sûreté des équipements sous pression nucléaires

    Mardi 25 octobre 2016 à 18 heures, l'Office organise une audition ouverte à la presse, sur le thème: "Point de situation sur le contrôle des équipements sous pression nucléaires (ESPN), à la suite de l’audition publique du 25 juin 2015" (diffusion vidéo en direct sur le site de l'Assemblée nationale)

    A 18h l'OPECST auditionne s/ équipements sous pression nucléaires en direct ici ->

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    28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 08:47

    Consultation publique sur le projet de décret

    relatif à la protection contre les dangers des rayonnements ionisants

    La CRIIRAD appelle à se mobiliser contre l’adoption de niveaux de référence très élevés

    pour la gestion des accidents nucléaires et de leurs conséquences.

    Les autorités françaises s’apprêtent à fixer les critères de gestion des zones contaminées après un accident nucléaire (ou après un attentat affectant une installation nucléaire). Quel niveau d’exposition aux rayonnements, et donc de risque, sera pris en référence pour décider de la nécessité ou non d’engager telle ou telle action pour protéger la population ? Très concrètement : jusqu’à quel niveau de risque serez-vous condamné à vivre en zone contaminée ? À partir de quel niveau de risque pourrez-vous espérer être indemnisé et relogé dans un environnement sain ?

    Les autorités françaises ont retenu les niveaux de dose efficace les plus élevés possible : 100 mSv pour la phase accidentelle et 20 mSv/an pour la phase poste accidentelle (alors que pour le public, la limite maximale de dose est normalement de 1 mSv/an et que cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé). Plus les limites sont élevées, moindre sont les dépenses liées à la protection et à l’indemnisation des dommages. Ce choix est malheureusement cohérent avec le plafonnement des indemnités pour les victimes d’un accident nucléaire majeur. Le nucléaire est dispensé de l’application du principe pollueur-payeur : ce sont ses victimes qui supporteront les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe.

    Cette décision n’arrive pas par hasard. Elle est le fruit de 20 ans d’efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français via son cheval de Troie, le CEPN[1]. L’idée clef est de convaincre les populations que l’on peut tout-à-fait vivre en zone contaminée. Il suffit d’un peu de formation et d’équipement pour contrôler son environnement, ses aliments. Ces experts ont juste « oublié » le problème central de la dégradation de l’état de santé des habitants, et tout particulièrement des enfants.

    Si vous êtes choqué par l’image de ces enfants japonais qui portent autour du cou un dosimètre en guise de pendentif, si ce n’est pas l’avenir que vous souhaitez pour vos enfants, agissez !

    Le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a lancé une consultation sur le projet de décret relatif à la Directive 2013/59.. Cette consultation est une opportunité pour dénoncer les propositions que nous jugeons inacceptables et manifester d’ores et déjà nos exigences. Nous avons tardivement pris connaissance de cette consultation qui se terminera le 30 septembre.

    Participez à la consultation publique

    et dites NON à l’obligation de vivre en zone contaminée !

    Comment participer à la consultation publique ?

    Pour participer à la consultation, rendez-vous sur le site http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-decret-relatif-a-la-protection-sanitaire-a1504.html ou cliquez sur ce lien pour accéder à la page de présentation et donner votre avis.

    Il vous faudra inscrire : un titre, un message, votre nom (ou pseudonyme) et votre adresse mail.

    Vous pouvez rédiger vos propres messages ou utiliser des extraits de notre présentation ci-après :

    Proposition de titre : « Accident nucléaire : des niveaux de référence inacceptables »

    Proposition de message :

    « Le projet de décret retient des niveaux de référence excessivement élevés pour la gestion des situations accidentelles et post-accidentelles. Je demande qu’ils soient fixés à la borne inférieure et non pas supérieure de l’intervalle défini par la directive 2013/59/Euratom sur la base des recommandations de la CIPR :

    • 20 mSv et non pas 100 mSv pour la phase d’urgence
    • 1 mSv/an et non pas 20 mSv/an pour la phase post-accidentelle.

    Je demande également qu’une limite et non pas une simple référence soit établie pour la gestion des territoires contaminés et que des garanties spécifiques soient définies pour les enfants et les femmes enceintes.

    Je refuse d’être contraint de vivre et de laisser vivre mes enfants dans un environnement aussi dangereux pour notre santé. Si les pouvoirs publics ne peuvent pas garantir un niveau de risque plus faible, il est impératif de mettre à l’arrêt les installations nucléaires susceptibles de conduire à cette situation. »

    Attention, vos commentaires doivent être déposés d’ici le 30 septembre !

    Merci de nous adresser un message une fois que vous aurez déposé votre commentaire sur le site du ministère à l’adresse contact@criirad.org !

    La Directive traite de nombreux sujets que nous analyserons plus avant. D’autres actions seront mises en place dans les semaines qui viennent. Nous comptons d’ores et déjà sur votre aide pour les relayer !

    En savoir plus sur les valeurs proposées par le décret

    Commission de Recherche et d’Information Indépendantes

    sur la Radioactivité

    CRIIRAD

    29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50

    asso@criirad.orgwww.criirad.org

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