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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 13:06

Communiqué de presse pour une meilleure gestion de l'eau

 

Lisle sur Tarn, 21 août 2017

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Pour une meilleure gestion de la ressource en EAU,

Le Collectif Testet répond à la FDSEA et les JA du Tarn

 

Suite aux déclarations du 9 août 2017 de Nicolas Hulot et Stéphane Travert concernant leurs actions pour une meilleure gestion de la ressource en eau en période de sécheresse, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) du Tarn persistent dans la croyance que la création de retenues stockant l’eau l’hiver pour une restitution l’été est « La Solution » pour s’adapter au changement climatique (cf leur communiqué repris par France 3 Tarn le 11/08/17).

 

Or, cette année, la situation qui touche toutes les régions françaises, dont certaines largement pourvues en retenues, montre justement, que ces retenues ne sont que de fausses solutions d’adaptation.

 

En effet, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM, bilan du 16/08/17) : « deux tiers environ des nappes (71 %) affichent un niveau modérément bas à très bas. Cette situation de basses eaux n’est pas totalement inhabituelle pour cette période de l’année mais elle est tout de même assez dégradée. Elle est la conséquence du déficit de recharge hivernale cette année. » 

 

Le problème n’est donc pas la conséquence des températures estivales – malgré quelques poussées caniculaires –mais découle de la faiblesse du rechargement des nappes phréatiques et du remplissage insuffisant des retenues durant l’hiver et au printemps. Pourquoi donc rajouter des retenues si elles ne peuvent se remplir ?

 

Les études hydrologiques montrent - et notamment sur le Tescou, où se situait le projet de barrage de Sivens - que les débits en période hivernales ont diminué, en moyenne, d’environ 50 % depuis 42 ans (avec évidement des fluctuations selon les années). Des experts et scientifiques ont montré que ce déficit en eau était pour moitié dû au changement climatique et pour moitié à certaines pratiques agricoles qui détruisent la vie du sol et lui enlèvent sa capacité de stockage d’eau et de recharge des nappes phréatiques. Ces pratiques favorisent ainsi l’érosion des sols et leur perte de fertilité.

 

Rappelons à ces deux syndicats agricoles qui participent au projet de territoire sur le bassin versant du Tescou, qu’à ce jour, même si ce n’est pas exclu, il n’y est pas acté la nécessité d’une nouvelle retenue sur le bassin qui s’ajouterait aux 185 existantes et en partie sous-utilisées…

 

Ce qui a été acté est cohérent avec ce qu’ont déclaré Nicolas Hulot et Stéphane Travert, à savoir qu’il convient, en premier lieu, d’étudier toutes les possibilités d’économiser l’eau et de mieux la conserver dans les sols (y compris à travers l’évolution progressive des pratiques agricoles), puis d’analyser les ressources existantes pour en améliorer la gestion, et, si ces actions prioritaires s’avèrent insuffisantes, de  réaliser, là où c’est « utile et durable », des « projets de stockage hivernal de l’eau ».

 

L’ensemble de ces questions sur l’eau, ainsi que celles sur les autres moyens d’assurer l’avenir de toutes les fermes du bassin et, plus largement, de toute sa population, sont à l’ordre du jour des réunions du projet de territoire du bassin versant du Tescou prévues en septembre. Lors des réunions précédentes, la grande majorité des participants a souligné que c’est une approche globale qui doit être mise en œuvre sur le bassin.

Le Collectif Testet espère donc que la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) du Tarn continueront à participer à ce processus de co-construction du projet de territoire avec une approche pragmatique mais globale et au service de tous les agriculteurs du bassin.

 

A lire également :

* Le communiqué de presse de FNE

* Le comuniqué de presse de la Confédération Paysanne

* Le communiqué de presse de l'UFC "Que Choisir"

- Pour l'aide à l’expertise géo-scientifique et botanique des zones humides le recours à un bureau d’études et de conseil en environnement peut être utile ,à titre d'exemple (non promotionel):

Zones humides : expertise pour la réalisation des inventaires de territoire  Collectivités, les enjeux liés au respect des zones humides des territoires requièrent technicité et concertation. NCA environnement vous accompagne dans une démarche d'inventaires juste et consensuelle.

La Loi sur l’Eau, à travers les outils de planification et de gestion de la ressource (SDAGE / SAGE), considère les zones humides d’intérêt général. Elle demande aux collectivités une amélioration de la connaissance par l’intermédiaire d’inventaires de territoire.

Au même titre, la Loi sur le Développement des Territoires Ruraux impose aux collectivités, dans le cadre de l’élaboration ou de la révision d’un document d’urbanisme, d’intégrer un inventaire des zones humides à l’échelle communale ou intercommunale.

Les zones humides assurent en effet un certain nombre de services, à travers leurs fonctions hydrauliques (rétention et épuration des eaux) et biologiques (réservoirs de biodiversité). La dimension socio-économique ne doit pas être écartée, car il s’agit généralement de milieux exploités, et dont l’exploitation est bien souvent garante de leur pérennité.

L’étude des zones humides doit faire appel à des compétences naturalistes et scientifiques spécialisées, ainsi qu’à une approche pédagogique privilégiée. La concertation étant la clé de voute d’une bonne appropriation territoriale.

NCA environnement s’appuie sur une équipe d’ingénieurs et de chargés d’études disposant de solides compétences en botanique et pédologie.

Leur expérience dans la réalisation de plus d’une centaine d’inventaires communaux, de la commune individuelle aux groupements intercommunaux, est aujourd’hui reconnue. L’accompagnement repose autant sur le volet technique que la communication, pour assurer aux collectivités une démarche de concertation efficace.

Pour vos inventaires de zones humides, NCA environnement vous assure une expertise et un partenariat de qualité.

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 16:21
 
 
5 décembre 2016 | Décision contentieuse

Éco-taxe

La loi sur l’éco-taxe n’étant pas abrogée, le Conseil d’État enjoint au Gouvernement de prendre l’arrêté qui doit permettre la collecte de cet impôt dans un délai de six mois

> Lire la décision

L’Essentiel :

    Le Gouvernement est tenu de permettre l’application des lois votées par le Parlement en édictant les mesures réglementaires nécessaires.

•    Or la loi sur l’éco-taxe dispose qu’elle rentrera en vigueur à partir d’une date qui doit être fixée par un arrêté des ministres des transports et du budget, au plus tard le 31 décembre 2015.

•    Le Gouvernement a décidé de reporter la perception de cette taxe et n’a donc pas pris cet arrêté. Cependant, la loi sur l’éco-taxe n’est pas abrogée.

•    Le Conseil d’État enjoint donc au Gouvernement de prendre cet arrêté dans un délai de six mois.

La loi de finances du 27 décembre 2008 pour 2009 a créé une taxe nationale sur les véhicules de transport de marchandises dite « éco-taxe », qui devait entrer en vigueur au 31 décembre 2015 en vertu de la loi du 8 août 2014. Le législateur a renvoyé à un arrêté des ministres chargés du transport et du budget la date de mise en œuvre du dispositif technique nécessaire à la collecte de la taxe. Cet arrêté n’est cependant jamais intervenu. L’association Alsace nature a demandé aux ministres concernés de prendre l’arrêté, ce qu’ils ont implicitement refusé. Elle a alors contesté ce refus devant le Conseil d’État.

Le Conseil d’État commence par rappeler que le Gouvernement est chargé d’assurer l’exécution des lois et est donc tenu de prendre dans un délai raisonnable les mesures réglementaires, telles qu’un arrêté, qu’implique nécessairement l’application de la loi.

Dans un second temps, le Conseil d’État constate que cet arrêté était nécessaire à l’application de la loi sur l’éco-taxe. En effet, cette taxe nécessitant un dispositif technique important, le législateur avait voulu qu’un arrêté puisse fixer clairement à la date à laquelle l’impôt commencerait à être mis en œuvre. Cependant, le Conseil d’État constate que le Gouvernement a décidé de reporter la perception de cette taxe et n’a donc pas pris l’arrêté en question.

Si une procédure d'abrogation de la disposition législative est actuellement en cours au Parlement, elle n'a pas encore abouti à la date à laquelle le Conseil d'État s'est prononcé. En conséquence, le Gouvernement demeure dans l’obligation de l’appliquer et de prendre l’arrêté.

Le Conseil d’État estime que le refus de prendre l’arrêté est illégal : il l’abroge et il enjoint aux ministres compétents d’édicter cet arrêté dans un délai de six mois.

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 05:29

Pétition : sauvons Caylus, la colline des sources

Pétition : sauvons Caylus, la colline des sources !

40 signatures papier en 1 h 30 au lancement de la pétition au marché de Castelnau samedi 13 juin !

Vous pouvez signer en ligne en cliquant sur l’image de droite ou cliquez ici pour envoyer votre signature « papier »et faire signer autour de vous.

Pétition en ligne

Le projet d’urbanisation de la Zac de Caylus (24, 5 ha) menace la colline des sources. Il est prévu d’y construire 650 logements.

Au cours des fouilles archéologiques préventives, deux découvertes majeures ont été faites : une source gauloise aménagée remarquable (2ème siècle av J.C ) et une nappe phréatique haute alimentant encore cette source.

Ces nouveaux éléments imposent de remettre à plat le projet d’urbanisation.

Dès 2007, les écologistes avaient alerté les pouvoirs publics sur l’inopportunité de construire dans cette zone. La Zac détruira le corridor écologique entre le Lez et le Salaison et les derniers champs de Castelnau. Elle fait courir un risque de pollution des eaux puisqu’elle se trouve en ligne de crête de deux bassins versants et recouvre quatre périmètres de protection des captages des eaux (Stade F1 et Stade Robert F3, Crouzette F2 et captage du Mas du Pont F4).

Aujourd’hui, nous savons que le projet présente des risques majeurs dus à la la présence de la nappe haute. Lors de la construction du Tram 2 un important effondrement a donné lieu à des travaux d’injection de quantités considérables de béton. Cet événement rappelle le danger lié à la construction sur une telle zone : des effondrements de surface importants dus aux modifications du régime des eaux souterraines et au dénoyage des cavités.

Nous soutenons la demande de moratoire sur les travaux adressée au Préfet de l’Hérault par le collectif Caylus le 10 juin 2015.

Nous demandons que ce moratoire soit l’occasion de mener de nouvelles études :

– une étude hydrogéologique complète de la nappe incluant ses connexions avec l’ensemble du réseau hydrographique local

– de nouvelles investigations archéologiques permettant de mieux évaluer le patrimoine hydraulique du site

– une réévaluation de la valeur agricole des terres compte-tenu de la présence d’eau souterraine abondante

– une étude environnementale approfondie des fonctions écologiques paysagères et du corridor écologique du site de Caylus entre le Lez et le Salaison

Tract à télécharger en cliquant sur l’image

collectifcaylus@gmail.com

https://cayluscollinedessources.wordpress.com/

https://www.facebook.com/collectifcaylus

Signez ici : http://www.pet

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 06:15

mercredi 22 avril 2015 à 20h

Lieu : Sète

Cinéma Le Palace
24 avenue Victor Hugo
34
200 Sète

Projection-débat sur le changement climatique et Alternatiba

Cher.e.s ami.e.s du climat,

Après le café climatique du 3 mars qui a réuni une trentaine de personnes pour discuter réchauffement climatique, le collectif Alternatiba vous invite à une projection au Cinéma Palace, 24 avenue Victor Hugo à Sète.
Ce sera le mercredi 22 avril 2015 à 20h.

Au programme, nous vous proposons deux vidéos :
* Tous à Copenhague, l'ultimatum climatique, de Béatrice Turpin (2009, 20'). Même s'il est un peu daté, il est bien fait, pédagogique et pose les vrais questions. De toute façon rien n'a changé depuis 2009, ce sont toujours les mêmes défis et questions !
* Alternatiba le village des alternatives, par Pana'm video (2014, 25'), qui présente le village des alternatives qui s'est tenu à Bayonne en octobre 2013, à l'origine du mouvement Alternatiba

La projection sera suivie d'un temps d'échange, non seulement sur les thèmes abordés dans ces deux films, mais aussi sur l'organisation de la journée du 18 juin, où les cyclistes du tour Alternatiba arriveront à Sète.

Le collectif Alternatiba Sète

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 06:07

Marché paysan à Neffies de 9h30 à 18h, journée tournée vers l'Agro Ecologie avec la participation de Stéphane Sarrade sur la chimie verte, Vincent Tardieu sur Vive l'agro révolution, Terres Vivantes, CIVAM Empreinte, ADEAR LR, Sictom Agde Pezenas, Semeurs Lodévois-Larzac, animation proposée par le Théâtre de Pierres finalisé par un concert avec "les pintres"

La journée Agro Ecologie est organisée par l'association "Autrement" le samedi 18 avril 2015

-Fête de l'agriculture paysanne le 5 juillet à Loos en Gohelle : participez au financement !

Pour la seconde année consécutive, les alternatives agricoles régionales seront en fête, le dimanche 5 juillet prochain, à l'occasion de la Fête de l'Agriculture Paysanne, qui se tiendra au cœur du bassin minier.
Pour compenser la baisse du soutien public à cette manifestation, la Confédération Paysanne NPDC et l'ADEARN (association pour le développement de l'emploi agricole et rural) lancent une campagne de financement participatif à destination des paysans, des locavores et autres militants et sympathisants des autres agricultures.

Cette campagne de financement est d'ores et déjà en ligne sur cowfunding, à l'adresse suivante :

http://www.cowfunding.fr/fete-de-l-agriculture-paysanne/

Vous trouverez sur cette page toutes les informations relatives à la fête et à notre appel à financement.
Nous vous invitons à faire circuler cette information... et à contribuer !

Une animation, un groupe de musique à nous proposer pour la Fête de l'Agriculture Paysanne ? Contactez-nous !

Cordialement,

Matthieu Carpentier
Animateur régional Confédération paysanne 59/62
40 avenue Roger Salengro
62223 SAINT LAURENT BLANGY 03 21 24 31 53
http://nordpasdecalais.confederationpaysanne.fr

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 09:28

 

Page facebook de l'événement : http://www.facebook.com/events/1429125280713784
http://zimbra.aliceadsl.fr/service/home/~/?auth=co&id=347962&part=2.2

 

Une trentaine d'acteurs de la transition (Associations et Collectifs) vous présenterons leur initiative originale ou rigolote pour consommer moins, faire par soi-même,
échanger autrement et vivre ensemble, tout simplement !
Un four solaire, un vélo relié à un blender, une zone de gratuité, une recyclerie, une bibliothèque participative, un nid géant en lianes et bien d’autres concepts, scientifiques ou non, feront partie de ce Village des Possibles, événement qui se veut à la fois festif et pédagogique, éphémère mais marquant par les idées qu’il transm
et.

Venez découvrir des solutions concrètes pour une transition Écologique et Sociale à travers 5 espaces thématiques :
Alimentation & Agriculture
Bien-Être
Education Populaire
Fabriquer, faire soi-soi même
Gratuité, économie sans argent

Repas bio-local et buvette à prix libre.
Plus d'informations sur www.ouvre-tete.fr/vdp

Événement organisé par l'Ouvre-Tête en partenariat avecwww.clerondegambe.fr, jardin PaVé, rdevolution.org, et une trentaines d'autres associations et collectifs : 
Accorderie de Montpellier, Artisans du Monde, BéDé Semences Paysannes, Collectif pour un Revenu de Base Inconditionnel, Éclaireurs de France,, DDASud, Eco-Bloc, Équilibre Naturel, F.U.D.A., la Graine, Gefosat, Gratiféria 34, Greenpeace, Humus Sapiens, Ingénieurs Sans Frontière, Les Petits Débrouillards, Librairie Scrupule, Nature & Progrès 34, Reliance 34, Sortir du Nucléaire, Veg Nature, le Vieux Biclou, Village des Nids... et d'autres encore !


 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 08:59

Agriculture paysanne durable

Déclaration du Forum International sur l’Agroécologie

Nyéléni, Mali - 27 février 2015

Nous sommes des délégué(e)s représentant diverses organisations et mouvements internationaux de petits producteurs d’aliments et de consommateurs, comprenant des paysans, des communautés et peuples autochtones (y compris des chasseurs et des cueilleurs), des agriculteurs familiaux, des travailleurs ruraux, des éleveurs et pasteurs, des artisans-pêcheurs et des urbains. Ensemble, les divers secteurs que représentent nos organisations produisent près de 70 % des aliments consommés par l’humanité ; ils constituent à ce titre les premiers investisseurs dans l’agriculture au niveau mondial et les principaux pourvoyeurs d’emplois et de moyens d’existence de par le monde.

Du 24 au 27 février 2015, nous nous sommes réuni(e)s dans le Centre Nyéléni, à Sélingué (Mali), pour développer une compréhension commune et partagée de l’agroécologie comme élément clé de la construction de la Souveraineté Alimentaire, ainsi que pour développer des stratégies conjointes visant à promouvoir l’agroécologie et éviter sa récupération par d’autres acteurs.

Nous exprimons notre gratitude à l’endroit du peuple malien, qui nous a accueilli(e)s dans ce beau pays. Il nous a appris, par son exemple, que le dialogue des nombreuses formes de savoirs repose sur une écoute respectueuse et sur une construction collective des décisions partagées. Nous exprimons notre solidarité avec nos sœurs et frères maliens qui luttent – parfois au prix de leur vie – pour défendre leurs territoires de la récente vague d’accaparement des terres qui affecte tant de nos pays. L’agroécologie implique que nous sommes unis dans le cercle de la vie, ce qui signifie que nous devons aussi être unis dans nos luttes contre l’accaparement des terres et la criminalisation de nos mouvements.

CONSTRUIRE SUR LE PASSÉ ET SE TOURNER VERS L’AVENIR

Nos peuples, nos secteurs, nos organisations et nos communautés ont déjà parcouru beaucoup de chemin dans la définition de la Souveraineté Alimentaire comme porte-drapeau des luttes solidaires pour la justice et comme cadre élargi pour l’agroécologie. Nos systèmes de production ancestraux se sont développés sur des millénaires et ont pris le nom d’agroécologie au cours des 30 à 40 dernières années. L’agroécologie telle que nous l’entendons inclut des pratiques et une production performantes ; elle implique des processus de paysan à paysan, ancrés dans nos territoires, nos centres de formation ainsi que les structures théoriques, techniques et politiques sophistiquées que nous avons développées.

En 2007, beaucoup d’entre nous nous étions réuni(e)s ici même, à Nyéléni, à l’occasion du Forum mondial sur la Souveraineté Alimentaire, afin de renforcer nos alliances, mais aussi d’élargir et d’approfondir notre compréhension de la Souveraineté Alimentaire, par le biais d’une construction collective orchestrée par nos divers secteurs. C’est dans le même esprit que nous nous rassemblons ici, en 2015, pour le Forum sur l’agroécologie, afin d’enrichir le concept et la pratique de l’agroécologie au travers d’un dialogue incluant une diversité d’acteurs impliqués dans la production d’aliments, ainsi que des consommateurs, des communautés urbaines, des femmes, des jeunes, entre autres acteurs. Aujourd’hui, nos mouvements, organisés au niveau mondial et régional au sein du Comité International de Planification pour la Souveraineté Alimentaire (CIP), franchissent une nouvelle étape historique.

La diversité des formes de production d’aliments à petite échelle qui recourent à des processus écologiques génère des savoirs locaux, promeut la justice sociale, garantit à l’épanouissement de la culture et de l’identité et renforce la viabilité économique des zones rurales. Les petits producteurs défendent notre dignité lorsque nous choisissons de produire de manière agroécologique.

SURMONTER DES CRISES MULTIPLES

Nous considérons l’agroécologie comme une forme de résistance majeure à un système économique qui place le profit avant la vie. L’agroécologie est la solution pour transformer et réparer la réalité matérielle d’un système agroalimentaire et d’un monde rural dévastés par le modèle de production industrielle et les dénommées Révolutions Verte et Bleue dont il est assorti.

Le modèle des entreprises du secteur agroalimentaire mène à une surproduction d’aliments qui nous empoisonnent, détruit la fertilité des sols, déboise les zones rurales, contamine l’eau et provoque l’acidification des océans, anéantissant par là même les activités de la pêche. Les ressources naturelles essentielles sont transformées en marchandises, tandis que l’augmentation des coûts de production force les petits producteurs à abandonner leurs terres. Les semences des paysans leur sont volées puis revendues à des prix exorbitants, et transformées en variétés dépendantes de produits agrochimiques polluants et onéreux. Le système alimentaire industriel est un des principaux vecteurs des crises multiples du changement climatique, de l’alimentation, de l’environnement et de la santé publique, entre autres. Les accords de libre-échange et d’investissement, les mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États, les fausses solutions, telles que les marchés de carbone, ainsi que la financiarisation croissante des terres et de la nourriture ne font qu’aggraver ces crises. L’agroécologie, dans le cadre de la Souveraineté Alimentaire, nous offre une voie de sortie collective à ces multiples crises.

L’AGROÉCOLOGIE À LA CROISÉE DES CHEMINS

Le système alimentaire industriel commence à épuiser son potentiel productif et sa capacité à générer des profits en raison de ses contradictions internes – telles que la dégradation des sols, l’apparition d’adventices résistantes aux herbicides, l’épuisement des stocks halieutiques, la dévastation des plantations de monoculture par les insectes et les maladies – et de ses conséquences négatives, de plus en plus visibles, telles que les émissions de gaz à effet de serre, la crise sanitaire de la malnutrition, l’obésité, le diabète, les maladies du colon et les cancers induits par une alimentation d’origine industrielle et malsaine.

À la faveur de la pression citoyenne, de nombreuses institutions multilatérales, gouvernements, universités et centres de recherche, ONG et entreprises, entre autres, ont fini par reconnaître l’agroécologie. Cependant, ces acteurs ont essayé de la réduire à un ensemble limité de technologies, pour offrir des outils qui semblent atténuer la crise de la durabilité provoquée par l’agriculture industrielle, mais qui se conforment aux structures de pouvoir en place. Cette récupération de l’agroécologie pour perfectionner le système alimentaire industriel tout en proclamant un attachement de pure forme aux questions environnementales revêt plusieurs noms, dont « l’agriculture intelligente face au climat», « l’intensification durable ou écologique » ou « la production industrielle de monocultures d’aliments « bio » ». Pour nous, ces formes de production ne représentent pas l’agroécologie : nous les rejetons et nous nous battrons pour dénoncer et faire obstacle à cette appropriation insidieuse de l’agroécologie.

La vraie solution aux crises du climat et de la malnutrition, entre autres, ne passera pas par la conformation au modèle industriel, mais plutôt par la transformation et la construction de nos propres systèmes alimentaires locaux, qui créent de nouveaux liens entre la ville et la campagne. Cette transformation est fondée sur la production agroécologique d’aliments, telle que pratiquée notamment par les petits producteurs, les artisans-pêcheurs, les pasteurs, les peuples autochtones et les agriculteurs en milieu urbain. Nous ne pouvons pas permettre que l’agroécologie devienne un outil au service du modèle industriel de production alimentaire. Nous envisageons l’agroécologie comme la principale alternative à ce modèle et comme un moyen de transformer, afin d’améliorer, la manière dont sont produits et consommés les aliments pour l’humanité et la Terre Mère.

LES PILIERS ET PRINCIPES COMMUNS DE L’AGROÉCOLOGIE TELLE QUE NOUS L’ENTENDONS

L’agroécologie est un mode de vie ; c’est la langue de la Nature, que nous apprenons en notre qualité d’enfants de cette dernière. Ce n’est pas un simple ensemble de technologies ou de pratiques de production. L’agroécologie ne peut pas être appliquée de la même manière partout. Bien au contraire, l’agroécologie est fondée sur des principes qui, bien que pouvant être semblables sur un large éventail de nos territoires, peuvent et sont appliqués de nombreuses façons différentes, chaque secteur contribuant selon ses spécificités à la réalité et à la culture locales, tout en respectant, en toutes circonstances, la Terre Mère et les valeurs communes que nous partageons.

Les pratiques de production qui caractérisent l’agroécologie, telles que la culture intercalaire, la pêche traditionnelle et le pastoralisme nomade, l’intégration des cultures, des arbres, du bétail et des poissons, l’utilisation de fumier, du compost, des semences locales, des races animales locales, etc., se fondent sur des principes écologiques tels que le développement de la vie des sols, le recyclage des nutriments, la gestion dynamique de la biodiversité et la conservation de l’énergie à de multiples échelles. L’agroécologie réduit de manière considérable l’utilisation faite des intrants externes qui doivent être achetés auprès de l’industrie. L’agroécologie n’utilise pas les produits agrotoxiques, les hormones artificielles, les OGM ou les nouvelles technologies dangereuses.

Les territoires constituent un pilier fondamental de l’agroécologie. Les peuples et les communautés ont le droit de maintenir les relations spirituelles et matérielles qu’ils entretiennent avec leurs terres ; de défendre, développer, contrôler et reconstruire leurs structures sociales coutumières ; d’administrer, aussi bien d’un point de vue politique que social, leurs terres et leurs territoires, y compris leurs fonds de pêche. Ceci implique la pleine reconnaissance de leurs lois, traditions, coutumes, systèmes fonciers et institutions et suppose également la reconnaissance de l’autodétermination et de l’autonomie des peuples.

Les droits collectifs et l’accès aux biens communs et communautaires sont un autre pilier essentiel de l’agroécologie. Nous partageons l’accès à des territoires qui hébergent de nombreux groupes différents, et disposons de systèmes coutumiers sophistiqués en matière de règlementation des accès et d’évitement des conflits, que nous voulons préserver et renforcer.

Les divers savoirs et manières de savoir de nos peuples sont fondamentaux pour l’agroécologie. Nous développons nos manières de savoir par le biais d’un dialogue des savoirs. Nos processus d’apprentissage, qui se développent dans nos propres centres de formation et sur nos territoires (où des paysans forment des paysans, des pêcheurs forment des pêcheurs, etc.), sont horizontaux et menés de pair à pair, et se basent sur l’éducation populaire. Ils sont aussi intergénérationnels et permettent la transmission des connaissances entre générations. L’agroécologie est développée au travers de nos propres innovations, recherches et méthodes de sélection et d’amélioration des espèces cultivées et des races animales.

Nos cosmovisions reposent sur l’équilibre nécessaire entre la nature, le cosmos et les êtres humains. Nous reconnaissons qu’en tant qu’humains, nous ne sommes qu’un élément de la nature et du cosmos. Nous partageons un lien spirituel avec nos terres et l’ensemble du monde vivant. Nous aimons nos terres et nos peuples, et, sans cela, nous ne pouvons défendre notre agroécologie, lutter pour nos droits ou nourrir le monde. Nous rejetons la marchandisation de toutes les formes de vie.

Les familles, les communautés, les collectifs, les organisations et les mouvements constituent le sol fertile dans lequel l’agroécologie se développe. C’est grâce à l’auto-organisation et à l’action collectives qu’il est possible de démultiplier et développer l’agroécologie sur une plus grande échelle, de construire des systèmes alimentaires locaux et de défier le contrôle des grandes entreprises sur notre système alimentaire. La solidarité entre les peuples, entre les populations rurales et urbaines, est un ingrédient essentiel.

L’autonomie de l’agroécologie inverse le contrôle des marchés mondiaux et favorise l’autogestion par les communautés. Cela signifie que nous réduisons l’utilisation des intrants extérieurs et implique de repenser les marchés pour les baser sur les principes de l’économie solidaire et de l’éthique de la production et de la consommation responsables. Ce concept d’autonomie promeut des circuits courts équitables et la vente directe. Cela suppose des relations transparentes entre producteurs et consommateurs, fondées sur une solidarité basée sur le partage des risques et bénéfices.

L’agroécologie est politique ; elle nous demande de remettre en cause et de transformer les structures de pouvoir de nos sociétés. Nous devons placer le contrôle des semences, de la biodiversité, des terres et territoires, de l’eau, des savoirs, de la culture, des biens communs et des espaces communautaires entre les mains de celles et ceux qui nourrissent le monde.

Les femmes, avec leurs connaissances, leurs valeurs, leur vision et leur leadership, sont essentielles pour aller de l’avant. Si les migrations et la mondialisation supposent une augmentation des travaux qui incombent aux femmes, ces dernières disposent d’un accès aux ressources bien moindre que les hommes. Bien trop souvent, leur travail n’est ni reconnu, ni apprécié à sa juste valeur. Pour que l’agroécologie atteigne son plein potentiel, le pouvoir, les tâches, la prise de décisions et la rémunération doivent être répartis de manière égale.

Les jeunes, ainsi que les femmes, constituent l’une des deux principales bases sociales de l’évolution de l’agroécologie. L’agroécologie peut fournir un espace radical permettant aux jeunes de contribuer à la transformation sociale et écologique enclenchée dans nombre de nos sociétés. Les jeunes sont responsables de faire évoluer, à l’avenir, les savoirs collectifs reçus de leurs parents, de leurs aînés et de leurs ancêtres. Ils sont les garants de l’agroécologie pour les générations futures. L’agroécologie doit susciter une dynamique sociale et territoriale qui crée des opportunités pour les jeunes en milieu rural et valorise le leadership des femmes.

STRATÉGIES

I. Promouvoir la production agroécologique par le biais de politiques qui :

1. Adoptent une approche territoriale et holistique des questions sociales, économiques et portant sur les ressources naturelles

2. Sécurisent l’accès aux terres et aux ressources pour favoriser l’investissement à long terme des petits producteurs d’aliments

3. Garantissent une approche fondée sur l’inclusivité et la reddition de comptes de la bonne gestion des ressources, de la production d’aliments, des politiques de marchés publics, de l’infrastructure urbaine et rurale et de la planification urbaine

4. Encouragent des processus de planification décentralisés et réellement participatifs, conjointement aux autorités et administrations locales pertinentes

5. Promeuvent des règlements sanitaires et d’assainissement ne discriminant pas les petits producteurs et transformateurs d’aliments pratiquant l’agroécologie

6. Promeuvent des politiques qui intègrent les aspects de santé et de nutrition de l’agroécologie et des médecines traditionnelles

7. Garantissent l’accès des pasteurs aux pâturages, aux voies de migration, aux sources d’eau, ainsi qu’aux services mobiles tels que ceux de santé, d’éducation et les services vétérinaires

8. Respectent et soutiennent les droits coutumiers sur les espaces communautaires. Garantissent les droits collectifs des paysans et des peuples autochtones à utiliser, échanger, améliorer, sélectionner et vendre leurs propres semences

9. Attirent la jeunesse vers la production agroécologique d’aliments et la soutiennent dans cette activité en renforçant leur accès aux terres et aux ressources naturelles et en leur garantissant un revenu juste, ainsi que l’échange et la transmission des connaissances.

10. Soutiennent la production agroécologique en milieu urbain et périurbain

11. Protègent les droits des communautés qui pratiquent la cueillette, la chasse et la pêche dans leurs territoires traditionnels et encouragent la restauration écologique et culturelle de leur abondance passée

12. Garantissent les droits des communautés de pêcheurs

13.  Mettent en œuvre les Directives sur le foncier du Comité de la sécurité alimentaire mondiale et les Directives sur la pêche artisanale de la FAO

14.  Garantissent le droit à une vie digne des travailleurs ruraux, y compris une véritable réforme agraire et une formation en agroécologie.

II. Partager les connaissances et les savoirs

1. Échanges horizontaux (de paysan à paysan, de pêcheur à pêcheur, de pasteur à pasteur, de consommateur à consommateur, etc.) et échanges entre générations et entre différentes traditions, en incluant les nouvelles idées. Pour cela, la priorité devra être donnée aux femmes et aux jeunes

2. Un contrôle des peuples sur les priorités de la recherche, ses objectifs et sa méthodologie

3. La systématisation des expériences pour apprendre de la mémoire historique et construire sur cette dernière

III. Reconnaître le rôle central des femmes

1. Lutter pour l’égalité des droits des femmes dans toutes les sphères de l’agroécologie, y compris les droits du travail et des travailleurs, l’accès aux biens communs et aux espaces communautaires, l’accès direct aux marchés et le contrôle des revenus

2. Toutes les étapes de la formulation jusqu’à la planification et l’application des programmes et projets doivent compter avec la pleine participation des femmes, en leur attribuant des rôles dans la prise de décisions

IV. Construire l’économie locale

1. Promouvoir les marchés locaux de produits locaux

2. Soutenir le développement d’infrastructures, institutions et mécanismes de financement alternatifs pour soutenir producteurs et consommateurs

3. Reconfigurer les marchés alimentaires par le biais de nouvelles relations de solidarité entre producteurs et consommateurs

4. Faire le lien avec l’expérience de l’économie solidaire et les systèmes de garantie participatifs, le cas échéant

V. Développer et diffuser notre vision de l’agroécologie

1. Développer un plan de communication pour notre vision de l’agroécologie

2. Promouvoir les aspects de santé et de nutrition liés à l’agroécologie

3. Promouvoir l’approche territoriale de l’agroécologie

4. Promouvoir des pratiques permettant aux jeunes de faire progresser le renouvellement permanent de notre vision de l’agroécologie

5. Promouvoir l’agroécologie comme moyen principal pour réduire les pertes et les gaspillages alimentaires dans le système alimentaire

VI. Construire des alliances

1. Consolider et renforcer les alliances existantes telles que celles tissées dans le cadre du Comité International de Planification pour la Souveraineté Alimentaire (CIP)

2. Élargir notre alliance pour inclure d’autres mouvements sociaux et des instituts et organismes de recherche publics

VII. Protéger la biodiversité et les ressources génétiques

1. Protéger, respecter et garantir la bonne gestion de la biodiversité

2. Reprendre le contrôle des semences et du matériel de reproduction et faire appliquer le droit des producteurs à utiliser, vendre et échanger leurs propres semences et races animales

3. Veiller à ce que les communautés de pêcheurs jouent un rôle central dans la gouvernance des eaux marines et continentales

VIII. Refroidir la planète et s’adapter au changement climatique

1. Garantir que les institutions internationales et les gouvernements reconnaissent l’agroécologie telle qu’elle est définie au présent document, à savoir comme la solution numéro un pour faire face et s’adapter au changement climatique et non pas « l’agriculture intelligente face au climat » ou d’autres fausses versions de l’agroécologie

2. Identifier, documenter et partager les bonnes expériences d’initiatives locales en matière d’agroécologie qui s’attaquent au changement climatique

IX. Dénoncer et lutter contre la mainmise des entreprises et des institutions sur l’agroécologie

1. Lutter contre les tentatives des entreprises et des institutions pour s’approprier l’agroécologie comme un moyen de promouvoir les OGM et les autres fausses solutions et nouvelles technologies dangereuses

2. Divulguer les intérêts des entreprises se cachant derrière les solutions techniques telles que l’agriculture intelligente face au climat, l’intensification durable, et le « perfectionnement » de l’aquaculture industrielle

3. Lutter contre la marchandisation et la financiarisation des avantages écologiques de l’agroécologie

Nous avons construit l’agroécologie au travers de nombreuses initiatives et luttes et avons à ce titre la légitimité d’orienter et d’organiser son développement à l’avenir. Les décideurs ne peuvent pas avancer dans le domaine de l’agroécologie sans nous. Ils doivent respecter et soutenir nos processus agroécologiques, plutôt que continuer à soutenir les forces qui nous détruisent. Nous exhortons chacun et chacune à nous rejoindre dans la tâche collective consistant à forger l’agroécologie comme un élément des luttes de nos peuples afin de construire un monde meilleur, un monde basé sur le respect mutuel, la justice sociale, l’équité, la solidarité et l’harmonie avec notre Terre mère

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 08:25

Du 28 Février au 1er Mars 2015 - Faites Sans Ogm 7ème

19 Jan 2015 

La 7ème édition de la Faites Sans Ogm aura lieu les 28 février et 1er mars 2015 au Parc de la Souvine à Avignon.
En préambule, l'équipe de Foll'avoine vous propose 3 rendez-vous...

affiche

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 08:39

Le reportage vidéo L'agroforesterie appliquée à la viticulture, ça marche ! 

Didier Barral, vigneron bio à Lentheric (Hérault) a opté pour un système de polyculture-élevage. Il a délimité ses vignes de haies pour lutter contre l'érosion des sols, protéger la biodiversité et la zone de captage d'eau.

Réduction des besoins en produits phytosanitaires, séquestration du carbone, protection de la biodiversité, purification et stockage de l'eau, lutte contre l'érosion des sols… Les avantages des pratiques agroforestières - consistant à associer des arbres et des cultures sur une même parcelle - sont nombreux. Ils s'inscrivent dans la transition agro-écologique défendue par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll depuis fin 2012 et peuvent bénéficier des soutiens agro-environnementaux de la Politique agricole commune (PAC).

En France, l'agroforesterie se développe : 3.000 à 4.000 hectares supplémentaires sont implantés chaque année. Un recensement de 2008 comptabilisait près de 170.000 ha d'agroforesterie "traditionnelle" mis en place par 45.000 agriculteurs, selon l'association française d'agroforesterie. Didier Barral, vigneron bio à Lentheric (Hérault) figure parmi ces exploitants. Son Domaine Léon Barral a été lauréat des trophées de l'agriculture durable 2012 remis par le ministère de l'Agriculture.

Ce vigneron a reconstitué autour de ses vignes un système de polyculture-élevage bio pour favoriser la vie (faune auxiliaire) et la perméabilité des sols et protéger l'aire de captage d'eau potable située sur son exploitation. L'herbe fait bon ménage avec les cèpes de vignes qui alimentent un troupeau bovin qui lui-même alimente la terre… Récemment, l'exploitant a décidé d'aller plus loin en investissant dans l'acquisition de 5.500 plants d'arbres sur ces parcelles. Entre deux et trois hectares de vignes doivent être arrachés pour laisser place au développement des haies, soit 80.000 euros en moins de chiffre d'affaires. Le projet a bénéficié d'un financement conjoint de l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse et du fonds européen agricole pour le développement rural (Feader).

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 09:22

 

 

OGM : une législation européenne en "cheval de Troie"

En direct de l'Europe par Anja Vogel dimanche 8 février 2015

Après 4 années de blocage, l'Union européenne a adopté une nouvelle législation européenne sur les organismes génétiquement modifiés qui permet à chaque Etat membre de les refuser mais qui ouvre l'Union européenne à la culture des plantes OGM. Un compromis critiqué tant par les écologistes que par l'industrie.

 "Enfin un accord sur les OGM !", se sont félicité la plupart des députés européens ce 13 janvier 2015, après l'adoption par 480 voix contre 159 et 58 abstentions du compromis conclu avec les gouvernements, après quatre ans de négociations sur ce sujet particulièrement épineux. La nouvelle législation accorde aux Etats  membres le droit d'interdire la culture des organismes génétiquement modifiés sur leur territoire, mais permet aussi à ceux qui le souhaitent d'en cultiver. Ce qui est d'ailleurs déjà le cas, puisque le MON810 de Monsanto, seul OGM actuellement autorisé dans l'Union, est cultivé sur 110.000 hectares en Espagne, 9.000 au Portugal et 3.000 en République Tchèque. Le TC1507 du groupe Pioneer a également déjà reçu un avis favorable de l'Agence européenne de sécurité des aliments et attend son autorisation de mise sur la marché, alors que 19 Etats européens y sont opposés.

"Il y avait urgence à sortir de la situation de blocage actuelle", souligne l'eurodéputée UMP Françoise Grossetête. "Bien que cet accord soit la preuve de l'impossibilité de trouver une réponse européenne sur cette question, il permet tout de même d'instaurer enfin de la stabilité juridique pour toutes les parties concernées et notamment les Etats", précise sa collègue du Parti populaire européen Angélique Delahaye. Le socialiste Gilles Pargneaux siège comme elle dans la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen: il se réjouit lui aussi de cette levée de l'insécurité juridique.

Les pays comme la France qui interdisent la culture d'OGM ne pourront plus être poursuivis devant la Cour de justice de l'Union européenne. Les Etats pourront dire non en invoquant des raisons socio-économiques, environnementales ou liées à l'utilisation des terres agricoles. Et devront adopter des mesures de coexistence dans les zones transfrontalières pour éviter les contaminations de cultures traditionnelles par les OGM. Un fonds d'indemnisation sera mis en place, pour les agriculteurs comme pour les consommateurs. "C'est une avancée" insiste Gilles Pargneaux.

Pour José Bové, ce texte est "un scandale"

Mais pour les eurodéputés Verts, le mal est fait. Ils qualifient la nouvelle réglementation de "cheval de Troie", qui ouvre la voie à la culture d'OGM à travers le continent et n'empêchera pas les industriels d'attaquer les Etats devant l'OMC ou les futurs tribunaux d'arbitrage en cours de négociation avec le Canada et les Etats-Unis dans le cadre des accords de libre-échange, explique José Bové. "Ce texte est un scandale. Il laisse les Etats se débrouiller, au moment où nous avions besoin de plus d'Europe, d'avoir une réglementation, une législation, qui permette d'évaluer de manière plus forte les risques liés aux OGM.

Et le drame, c'est qu'on met les entreprises au coeur, puisque ce sont elles qui vont négocier directement avec les pays et faire leur shopping". Le résultat, selon José Bové, c'est que les petits pays n'oseront pas résister, sans compter les conflits entre Etats membres. "On ne peut pas se satisfaire de cette législation qui en fait constitue une ouverture aux multinationales".

L'industrie fustige "un coup d'arret à l'innovation"

L'industrie elle déplore le fait que les Etats puissent dire non en invoquant des raisons "non scientifiques". Et dénonce "un signal d'arrêt à l'innovation européenne". Alors que les surfaces agricoles d'OGM dans le monde ont encore augmenté de 6 millions d'hectares l'an dernier pour un atteindre le "record" de 181 millions d'hectares dans le monde, notamment aux Etats-Unis et au Brésil.

En réalité la nouvelle législation ne satisfait personne. C'est une première étape, explique les députés européens qui en appellent à la Commission de Jean-Claude Juncker pour faire de nouvelles propositions. La Commission qui se voit renforcée puisqu'elle servira systématiquement de médiatrice entre les multinationales et les Etats dans la première phase, dite d'évaluation. Reste à savoir si elle défendra surtout les intérêts des industriels, comme cela a été reproché à la précédente Commission de José Manuel Barroso. Ou si elle portera la voix des citoyens européens, qui restent majoritairement opposés aux organismes génétiquement modifiés.

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