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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 13:34

Déchets nucléaires: perquisitions en cours chez les militants anti-Cigéo à Bure
https://www.romandie.com/news/834570.rom  

Le Réseau « Sortir du nucléaire“ dénonce fermement la perquisition en cours à la Maison de Résistance de Bure, la gare de Luméville et au domicile de plusieurs militants

Depuis 6h20 du matin, une quarantaine de gendarmes sont entrés dans la Maison de Résistance, fracturant la porte au pied de biche. Ils ont également brisé des vitres de véhicules et caravanes tout autour. Une quinzaine de gendarmes serait présente à la Gare de Luméville. Le domicile d’un autre militant à Commercy a également été perquisitionné et du matériel informatique saisi.

Alors que la mobilisation contre CIGÉO s’accroît et que ce projet d’enfouissement est maintenant critiqué par des organismes officiels pour les risques qu’il entraîne, la seule réponse des autorités est la répression et la criminalisation des militants !

Cette perquisition fait suite à plusieurs mois de harcèlement policier permanent dans les villages autours de Bure, avec des rondes incessantes de véhicules de gendarmerie et d’hélicoptères ainsi que des contrôles d’identité plusieurs fois par jour visant aussi bien des militants que des agriculteurs. Il y a quelques jours, un jeune du coin de 18 ans a même été arrêté et menotté par une patrouille en civil !

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement ces méthodes inacceptables et cette escalade dans la stratégie de la tension. Il est honteux que l’État s’acharne sur les opposants plutôt que d’abandonner ce projet dangereux et imposé, qui met en danger les générations futures et actuelles.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à organiser des rassemblements de soutien devant les préfectures.

Des informations sur les opérations policières en cours seront mises à jour sur le site  www.vmc.camp.  

Un point presse se tiendra à Bure dès que possible.

Alain UGUEN
20/09/2017 - 10:47:55

Des associations opposées à l’enfouissement des déchets nucléaires appellent en urgence le gouvernement à prendre en compte la gravité des tensions locales, à rétablir le dialogue avec la société civile et à abandonner Cigéo, projet en cours à Bure, Meuse/Haute-Marne.

La journée de rassemblement du 15 août 2017 a marqué un tournant dans l’escalade de la répression à Bure, avec un déploiement démesuré de forces publiques et l’usage d’armes offensives. La foule présente comptait des familles et des enfants. Elle s’est soldée par un bilan alarmant : une trentaine de blessés, dont deux graves du côté des manifestants, ainsi Robin qui pourrait perdre l'usage de ses orteils.

Pour rappel : le stockage nucléaire géologique fait l’objet de très fortes oppositions depuis trente ans en France, dont la constance et la justesse pèsent lourd dans le dossier. A deux ans de la demande de feu vert du chantier, la dangerosité du projet décrié par les opposants n’est pourtant plus à démontrer. C'est la conception même du stockage qui est remise en cause par l'IRSN et l'ASN, les deux organismes officiels ou « gendarmes » du nucléaire.

 

 

 

Texte de la pétition

En signant cette pétition :
• Je manifeste mon soutien et ma solidarité à Robin et tou-tes les blessé-e-s du 15 août et des dernières manifestations à Bure, ainsi qu'aux interpellé.es et/ou convoqué.es des derniers temps,
• Je demande l’arrêt de la répression dans la région de Bure, et l'interdiction de l'usage des grenades offensives par les forces de l'ordre, potentiellement responsables de mutilation et de mort dans les manifestations,
• Je soutiens l'opposition et demande l’arrêt des travaux du laboratoire de Bure, des investigations et travaux préparatoires de Cigéo ainsi que l'abandon total de tout projet d’enfouissement des déchets radioactifs.

-Autre article À Bure, sous insupportable pression policière, les gendarmes ont perquisitionné

 

 

-La presse radio de septembre  parle aussi de  la répression par l'internement politique:

"Internés de force, ils racontent comment ils se sont retrouvés, contre leur gré, à passer plusieurs jours dans un hôpital psychiatrique. Médications forcées,..." .L'émission   Internés de force de France Culture contribue au  décèlement public de l'  aletheia politico-judiciaire de ce mode de rétention , autre volet de l'expérimentation de l'état d'urgence permanent!

  La réclusion médicale "enfers kafkaïens",s'il en est ,aide aussi   les proches  qui souhaitent régler en catimini leurs comptes privés en famille ,solutionne des rivalités professionnelles, ou personnelles ....en toute complicité  avec des médecins,des pompiers   ,des politiques ou des flics ;ce qui  permet  souvent d'abuser "en réunion"de la liberté individuelle d'autrui,de supplicier  des "spectres civiques" (puisque ces gens disparaissent de la circulation dans la vie publique  ). Cette collaboration entre corporations  (qui peut arranger des associations* ,ou aussi des acteurs groupusculaires) ,ne peut se justifier que par le  scellement d'un  pacte répressif global.Journée des droits de l’homme (Midi Libre le 09-11-12)

"La section de la LDH « Loupian et les communes du nord du bassin de Thau » ainsi que le Comité contre l’utilisation politique de la psychiatrie ont organisé une Journée des droits de l’homme, dimanche, au centre socioculturel. Aux côtés du stand de la Ligue des droits de l’homme, étaient présentés des associations et collectifs contre les expulsions des sans-papiers, pour la protection du peuple palestinien, mais encore Amnesty international, Réseau sortir du nucléaire, Non à l’hinterland, les Faucheurs d’OGM…

Plusieurs débats ont rythmé cette journée, à commencer par celui sur la situation des Roms de la région de Montpellier et les diverses pistes envisagées, pour l’améliorer, par les collectifs qui leur viennent en aide. Après la diffusion d’un film sur les paysans résistants du Quercy, un second débat s’est engagé sur l’avenir de notre territoire avec  les projets de ligne à grande vitesse sur les communes et d’hinterland à Poussan.  Puis un troisième sur l’utilisation sécuritaire et politique de la psychiatrie et sur la loi du 5 juillet 2011, illustré par un documentaire exposant des cas de personnes ayant été internées dans le cadre de cette loi. Loi que les intervenants estiment « utilisée à mauvais escient et détournée » et qui voient d’un bon œil la mise en place, encore hypothétique, d’une commission parlementaire en ce qui concerne la psychiatrie en général."

-Note de l'administration du blog:Ghislaine Rivet,  responsable du groupe de travail LDH Santé, bioéthique  a démissionné peu de temps après sans raison apparente

 

 

 

 

-S l'on considère  que le  monde actuel est  constitué par un ensemble de forcenés,l'internement  politique  s’inscrirait dans un  logiciel "normal" et plutôt intégrateur, vu sous  l'angle du sacrifice de la liberté d'autrui , 

 
 

-La presse en reparle :l'arme nucléaire :

Sacrifier la liberté pour la sécurité, une impasse.

Publié le 14 septembre 2017

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux » est une maxime prêtée à Benjamin Franklin, tragiquement remise au goût du jour après les attentats de 2015 et la mise en place de l’ « état d’urgence ».

La question reste posée en cette rentrée parlementaire qui s’ouvre sur la mise au vote à l’Assemblée nationale de la loi « Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme ». Les enjeux autour de cette loi sont graves : les libertés les plus fondamentales risquent d’être directement et durablement affectées au nom de la sécurité (droit d’aller et venir, de manifester, droit à la vie privée, liberté d’expression, droit à ne pas être discriminé.e).

Visuel de la campagne de l’Observatoire de l’état d’urgence

Depuis plusieurs mois, VoxPublic anime le réseau « état d’urgence/antiterrorisme » composé d’associations, de syndicats professionnels (avocats, magistrats), d’universitaires et d’avocats qui refusent de sacrifier l’état de droit en France au nom d’une hypothétique sécurité. Les membres de ce réseau ont rencontré E. Macron fin juin, puis ont été auditionnés à l’Assemblée nationale début septembre. Ils vont encore faire entendre leur voix dans les jours qui viennent. Néanmoins, tous savent que le combat pour protéger les libertés fondamentales sera long. Il devra aussi passer par la construction d’un discours plus à même de trouver son chemin dans une opinion publique traumatisée par les attentats. Une peur, certes légitime, mais largement instrumentalisée au profit de la logique sécuritaire. La privatisation de la sécurité (inscrite dans le projet de loi), le développement du tout carcéral (construction annoncée de 15 000 places de prison), l’arbitraire des contrôles d’identité au faciès renforcé au nom de l’antiterrorisme contribuent à développer une « société de suspicion » ferment d’un « despotisme doux » pour reprendre les mots de Mireille Delmas-Marty, éminente juriste, professeur émérite au Collège de France, dans un article paru dans Libération

La défense des libertés : un enjeu de la bataille budgétaire

« La sécurité, un ogre jamais rassasié » affirmait, fin 2015, l’ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue. Alors que les budgets pour l’amélioration des conditions de vie dans les banlieues populaires, pour les emplois aidés sont réduits, l’ogre « sécurité » avale une part grandissante des finances publiques sans que l’efficacité des mesures adoptées ne soit évaluée.

A VoxPublic, nous pensons donc que la bataille pour la défense des droits et libertés fondamentales doit aussi être menée, dès cet automne, sur le terrain budgétaire lors de la discussion de la loi de Finances 2018. Faut-il continuer à dépenser sans compter pour une illusoire sécurité, et sacrifier les actions en faveur de la cohésion sociale ? Le gouvernement semble avoir déjà tranché. Les choix budgétaires que les parlementaires vont faire seront les premières pierres des politiques publiques de ce nouveau quinquennat. Il y a donc urgence à construire le dialogue avec les élu.e.s de la majorité et de l’opposition pour qu’ils ne soient pas uniquement sous la pression du gouvernement et des lobbies de la sécurité. Alors que les parlementaires cherchent encore leurs marques, il est urgent que les organisations de la société civile infiltrent toutes les brèches pour inonder leurs bureaux de leurs exigences démocratiques.

L’équipe de VoxPublic

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 09:06

 

 
7 11.09.2017

Des études complémentaires portant notamment sur le bruit à Nantes Atlantique devraient être lancées. La mission de médiation rendra sa copie au 1er décembre. Le dossier doit être tranché à la fin de l’année

Y aura-t-il un jour un aéroport à Notre-Dame-des-Landes ? Il est permis d’en douter. Le président Macron a ordonné la tenue d’une nouvelle mission de médiation sur le sujet. Nommés en juin, les trois médiateurs multiplient les rencontres avec les plus fervents défenseurs du dossier, comme avec ses plus farouches adversaires. Ils doivent rendre leur copie au 1er décembre.

Selon nos informations, des études complémentaires devraient être lancées cet automne, notamment sur le bruit à Nantes Atlantique. « Tous les experts confirment que les nouveaux avions produits feront moins de bruit à l’avenir », énonce-t-on en coulisses. Une expertise a été demandée au Muséum d’histoire naturelle de Paris sur l’impact de l’aéroport actuel sur les oiseaux du lac de Grand-Lieu.

La menace de pénalités astronomiques dues à Vinci en cas de volte-face ? « Cela se négocie, veut-on croire, avançant même un argument pragmatique : « Combien coûterait le déploiement permanent de forces de l’ordre pour assurer le maintien du chantier de l’aéroport ? Si le projet est lancé, le chantier sera attaqué sans arrêt, il y a des risques que le groupe Vinci (promoteur du projet) soit pris pour cible dans la France entière. »

Pour les élus favorables au projet, le non-respect de la parole démocratique donnée et le reniement du scrutin qui a vu le « oui à l’aéroport » gagner en Loire-Atlantique « sonneraient comme une « trahison impensable des citoyens ».

Dossier complet dans Presse Océan ce lundi 11 septembre. 

Ailleurs :

 

La commission des finances du Sénat salue le rôle de l'Etat dans la convalescence de la deuxième zone humide française. Elle préconise de revaloriser les soutiens financiers en faveur du maintien des prairies et de la gestion hydraulique.

A Sivens : la nature reprend ses droits

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 08:06
"C'est la logique de la désobéissance citoyenne."  

Le squatt du hameau héraultais de La Figuière devant la justice

   

Par Gaëlle Schüller, France Bleu Hérault mercredi 12 juillet 2017

Biterrois : à Rieussec, la ferme-squatt fermera-t-elle ? 

Jérôme Mouillot

 D 'anciens “zadistes” sont aujourd'hui porteurs d'un projet agricole dans l'ancien centre de vacances à Rieussec dans le Minervois.

 
 Obéir à sa conscience, désobéir aux règles : la désobéissance au programme du festival Images mouvementées

Par

Pour sa quinzième édition, le festival de cinéma d’Attac « Images mouvementées » se concentre sur le thème de la désobéissance. Les films diffusés du 21 septembre au 5 octobre 2017, au cinéma Le 5 Caumartin, à Paris, aborderont la question des lanceurs d’alerte, des grandes projets inutiles, de la désobéissance dans les services publics, de l’héritage de grandes figures historiques, ou encore des « éco-terroristes ». Des débats suivront chaque projection. Basta ! est partenaire du festival.

Que de désastres en marche : destruction des solidarités, privatisations des biens communs, insécurité sociale, périls écologiques... ! Ces banquiers et ces politiciens (on s’y perd) qui ont décidé de nous rendre la vie de plus en plus austère nous imposent des sacrifices qu’eux-mêmes ne feront jamais. Ils nous traitent par le mépris, nous qui ne sommes « rien » parce que nos comptes en banque ne sont pas assez garnis.

Oui, nous préférons les valeurs humaines aux valeurs marchandes. C’est pour cela que nous obéissons avant tout à nos consciences. Lorsque les règles nous semblent illégitimes, injustes ou inhumaines, nous revendiquons de ne pas nous y plier. Et lorsque le pouvoir privilégie les intérêts de quelques-uns au détriment de ceux du plus grand nombre, qu’il ne compte pas sur nous pour rester dociles !

Désobéissons à la loi du profit, à la loi du plus fort ! Sans violence, si possible : à la « Gandhi style »...

Au 21e siècle, la désobéissance civile est toujours, et plus que jamais, d’actualité. « Réfléchir, c’est commencer à désobéir ». C’est ce que nous vous proposons avec ces quelques soirées où il fera bon partager le cinéma et la réflexion.

L’équipe du festival

Retrouver le programme du festival qui se déroulera du 21 septembre au 5 octobre au cinéma Le 5 Caumartin, à Paris, sur cette page.

Plus d’informations sur la page Facebook, le fil Twitter et le site Internet du festival.


Depuis 2003, le festival de cinéma d’Attac « Images mouvementées » s’emploie à informer et à susciter la réflexion collective sur des questions cruciales de ce début de XXIe siècle en s’appuyant sur une programmation cinématographique exigeante et éclectique. Celle-ci associe courts, moyens et longs-métrages, documentaires et fictions, films français et étrangers, anciens et récents, ayant eu une large diffusion ou non. Le festival accueille régulièrement des avant-premières.

 

-Note "pas de paix sans  la justice légale",par l'administration du blog : A Sivens : la nature reprend ses droits  ,sans la justice pénale!

-Bonus de l'administration du blog :Trust - Antisocial - 

S'installer paysan, sans terre et sans capital | Les Ziconofages

 -et: septembre c'est le mois de l'agroécologie et de l'alimentation. Voir programme ici : ProgrammeMoisdelAgroecologie_delAlimentation.pdf

 

 
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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 14:56

Dans la nuit du 16 au 17 août, cinq parcelles de tournesols ont été fauchées sur la ferme expérimentale de Syppre, à Montesquieu-Lauragais. Une action revendiquée par le collectif des Faucheurs volontaires. Les instituts techniques agricoles qui mènent l'étude ont porté plainte.

"Je ne pensais pas être une cible", se désole Yannick Jean, l'agriculteur propriétaire des parcelles de tournesols à Montesquieu-Lauragais, au sud . Dans la nuit du 16 au 17 août, 7500 mètres carrés ont été saccagés par le collectif des Faucheurs volontaires. Selon ces militants anti-OGM, plusieurs variétés rendues tolérantes aux herbicides (VTH) y étaient cultivées. Les trois instituts techniques agricoles du projet Syppre ont déposé plainte.

 

Des pertes difficilement chiffrables

Les tournesols étaient sur le point d'être récoltés à la mi-septembre. Une année de travail vient d'être détruite, dénonce Jean-Luc Verdier. "C'est un sentiment d'injustice et de colère", ajoute le responsable de la plateforme Syppre du Lauragais, car cette étude doit justement prermettre de trouver des techniques agricoles plus respectueuses de l'environnement : "Elle a pour objectif effectivement de faire évoluer les pratiques agricoles pour mieux répondre aux attentes de la société".

Nos recherches doivent permettre de trouver des solutions alternatives pour être moins dépendants des intrants.
– Jean-Luc Verdier, responsable de la plateforme Syppre du Lauragais

Or, il est maintenant impossible d'obtenir des résultats fiables sur cette année explique Anthony Cazaban, le technicien en charge de la plateforme. "Au-delà de la perte de la récolte, il y a la perte de toutes les données. C'est tout le système qui est remis en cause. Aujourd'hui, les dégâts sont difficilement chiffrables." D'autant que les tournesols en question ne sont pas d'une variété résistante aux herbicides, insiste-t-il.

Ce sont des OGM! Mais des OGM qui échappent à la loi!
– porte-parole des Faucheurs volontaires

Des arguments balayés par un porte-parole des Faucheurs volontaires. Il l'assure au contraire, l'état des sols montre bien que des variétés tolérantes aux herbicides (VTH) ont été plantées. "Ces boîtes-là produisent des plantes rendues tolérantes aux herbicides et elles prétendent que c'est pour utiliser moins d'herbicides, lâche le militant. Il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles! Ce sont des OGM! Mais des OGM qui échappent à la loi!"

OGM ou pas, la justice devra trancher puisque les instituts techniques agricoles de Syppre ont porté plainte. Ils tentent désormais de sauver ce qui peut encore l'être sur les parcelles du Lauragais, afin de minimiser l'impact sur les analyses de l'étude dans les années à venir

 

revue de presse :

Voix du Midi Lauragais, Villefranche-de-Lauragais – actu.fr

Dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 août 2017, une centaine de faucheurs volontaires ont ravagé cinq parcelles de tournesol situées dans la commune de Montesquieu-Lauragais. L’action a été revendiquée par le collectif des faucheurs volontaires, présents dans la région afin d’assister au procès à Foix, de 21 faucheurs mis en cause.

Les terrains appartiennent à la plateforme de recherches agricoles Syppre, mise en place par Arvalis, Terres Inovia et l‘Institut Technique de la Betterave, dont les parcelles ont été inaugurées le 30 mai dernier. Au lieu de fauchage, les contestataires ont, en fait, marché sur les plants de tournesol, soit près de 0,75 hectares

> LIRE AUSSI : Montesquieu-Lauragais : la plateforme de recherche agricole Syppre a été inaugurée

Les revendications des faucheurs

Les faucheurs reprochent à Syppre d’utiliser des plantes tolérantes aux herbicides, tel que l’explique l’un des faucheurs volontaires, mis en cause lors du procès de Foix :

Le sol de Syppre est vierge de toute végétation, il est évident qu’il existe des plantes tolérantes aux herbicides. Ces plantes se gavent d’herbicides et sont utilisées pour fabriquer les huiles de tournesol que nous consommons. Nous connaissons Arvalis, Terre Inovia et ITB, ce ne sont pas des gens qui travaillent en bio. Et donc, naturellement le fauchage en a découlé.

Les faucheurs déplorent également le manque de transparence de Syppre.

Nous n’arrivons pas avoir d’éléments précis sur les variétés de plantes qui ont été mises en place. Nous avons regardé sur le site, et n’avons pas trouvé d’informations. Nous avons la certitude que dans le lot, il y en a des tolérantes aux herbicides.

L’incompréhension du personnel de Syppre

Sur la plateforme de Syppre, les responsables se disent choqués. Selon Jean-Luc Verdier, responsable de la plateforme du Lauragais, tout est fait en toute transparence, et le type de variété des tournesols n’a jamais été caché :

Il s’agit de la variété LG87HO, une ancienne variété oléique simple, ce n’est pas une plante tolérante aux herbicides. Nous ne sommes pas en bio mais en conventionnel, il y a donc un désherbage chimique en post semis pré-levée (aussitôt après le semis) comme pour la plupart des cultures de tournesols dans le Lauragais. S’ils nous avaient posé la question, on y aurait répondu. 

Selon les faucheurs, cette variété est « inconnue au bataillon » :

Ce doit être un code interne car nous ne savons pas à quoi elle correspond. Ce qui est sûr, c’est qu’en visitant les parcelles, les faucheurs ont eu l’intime conviction que des traitements aux herbicides ont été utilisés.

Les résultats des recherches « biaisés »

Syppre est un site expérimental qui teste la mise en place d’un système de rotations plus diversifié, sur huit années, dont l’un des objectifs est de limiter la dépendance aux intrants. « C’est un désastre car cela va biaiser le résultat des études. Cela représente une année de travail », continue le responsable du site.

Ces parcelles sont prêtées par Yannick Jean, agriculteur à Montesquieu-Lauaragais, par le biais d’une convention. Celui-ci sera indemnisé pour les pertes par Syppre. « Tout a été gaspillé à quelques jours de la récolte », déplore l’agriculteur.

Les faucheurs volontaires de leur côté, reconnaissent l’utilité de telles recherches :

Le concept de faire des essais comme ils le font à Syppre est intéressant, mais il ne faut pas le faire avec n’importe quoi. Il est possible de le faire avec des plantes qui ne sont pas tolérantes aux herbicides et qui portent atteinte à la santé et détruisent la ruralité et la paysannerie.

Le procès des faucheurs à Foix

Cette action des faucheurs volontaires est intervenue alors que s’ouvrait dans la même journée le procès de 21 faucheurs volontaires, accusés d’avoir rendus impropre à la vente plusieurs barils d’herbicides dans des supermarchés de Foix, Pamiers et Saint-Jean-Falga, entre septembre 2016 et mars 2017. Le produit est considéré comme  « probablement cancérigène » selon le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé.

 Le procès a été suspendu jeudi 17 août dernier. Sur la demande de l’avocat de la défense, le tribunal de Foix examinera une question préjudicielle, pour savoir si « les méthodes européennes d’évaluation des produits sont conformes au principe de précaution ». 

La cour dira le 12 octobre si elle sursoit à statuer et renvoie la question devant la Cour Européenne de Justice. Il faudrait ensuite attendre la réponse de cette dernière pour reprendre la procédure.

Les responsables de la plate-forme de Syppre ont porté plainte à la suite des dégradations sur leurs parcelles.

Lola Monset

 

 

 

Publié le 26/08/2017
Suite au fauchage de près d'un hectare de tournesol, les producteurs tentent de faire dégonfler la polémique. Les Faucheurs restent persuadés qu'il s'agissait d'OGM.

Dans la nuit du 16 au 17 août, la plateforme Syppre, près de Montesquieu-Lauragais a été la cible d'une action commando de la part de Faucheurs volontaires venus de toute la France. Cinq parcelles expérimentales de tournesol, représentant 0,75 hectare, ont été détruites en quelques minutes. C'est la supposée présence de variétés tolérantes aux herbicides (VTH), qui a conduit les militants au fauchage. «Un acte incompréhensible», pour Jacques Mathieu, directeur général chez Arvalis. Avec les autres responsables de Syppre il a tenu à présenter de nouveau le projet. C'est donc sous la surveillance discrète de deux voitures de gendarmerie que les représentants des instituts et du projet ont mené une opération communication sur les parcelles fauchées.

«Pas des essais de variétés mais des essais de systèmes»

Syppre est un dispositif expérimental porté conjointement par trois instituts techniques spécialisés dans la recherche agricole : Arvalis, Terres Inovia et l'Institut technique de la Betterave.

«Ici, nous travaillons sur des systèmes de cultures en rotation longue qui permettent d'améliorer la rentabilité des agriculteurs et qui sont environnementalement responsables», a commencé par expliquer Jacques Mathieu, avant d'assurer l'indépendance du projet ; «financé majoritairement par les agriculteurs et les pouvoirs publics.»

Le tournesol visé, ne semblait pourtant pas rentrer dans la liste noire des Faucheurs. «La variété semée sur notre essai, provient du semencier français Limagrain et est un hybride simple : le LG 56.87 HO, explique Franck Wiaiceck le directeur des actions régionales chez Arvalis. Ce n'est pas une VRH.»

«Des OGM déguisés»

Pourtant, du côté des faucheurs, on a la certitude que des VRH étaient présentes sur les parcelles.

«Ce n'est pas une action menée sur un coup de tête, on a conscience des répercussions que cela peut avoir», affirme un porte-parole des Faucheurs volontaires du sud-ouest.

Un repérage préalable a constaté que la parcelle était totalement désherbée, ce qui a laissé croire aux Faucheurs que des produits chimiques avaient été utilisés. «Un désherbage technique par binage», affirme les équipes de Syppre. «Fumisterie», répondent les Faucheurs qui ne croient pas que le paysan soit venu désherbé tout seul à la main. «Il suffit de regarder le catalogue du semencier Limagrain qui est composé à plus d'1/3 de VTH, soit des OGM déguisés.»

Avec cette action de fauchage, les Faucheurs veulent créer une caisse de résonance pour leur principale lutte : faire reconnaître les VTH comme des OGM qui, eux, sont interdits en France.

«Une directive européenne détermine ce qu'est un OGM mais nous souhaitons que l'Article 3 de cette directive soit retiré car il permet certaines exemptions, sur lesquelles jouent les semenciers.»

Pour l'instant aucune analyse n'a été rendue publique sur le tournesol fauché. Mais une source proche du dossier assure qu'il n'existe aucune variété de tournesol qui soit génétiquement modifiée, «ce qui peut arriver sur du colza par exemple», ajoute-t-il. «Si je veux bien croire à l'opacité de certains instituts impliqués, je crois que sur ce coup les faucheurs sont tombés à côté.»

Affaire à suivre donc.


Que sont devenus les faucheurs?

Au début des années 2000, en partie grâce à la personnalité de José Bové, les Faucheurs volontaires faisaient beaucoup parler d'eux. Ils s'étaient engagés à détruire les parcelles d'essais transgéniques et d'OGM Aujourd'hui, leur action semble perdre du souffle. Seulement une impression, selon eux. «Nous avons une moindre couverture médiatique mais nous sommes toujours actifs» assure un porte-parole des Faucheurs volontaires du sud-ouest. «Quasiment toutes les actions sont nationales : nous avons occupé le site de Monsanto à Trèbes, bloqué le port de Sète, fauché dans le Lauragais, en Bourgogne...» ajoute-t-il. L'action semble donc encore loin de s'éteindre.


Repères

Le chiffre : 5

Parcelles> détruites. C'est 5 parcelles de tournesol qui ont été visées par les Faucheurs volontaires.

Etats généraux de l'alimentation : c'est parti pour cinq mois de travaux

Le

Premier ministre Edouard Philippe a lancé, le 20 juillet, les Etats généraux de l'alimentation. Promesse d'Emmanuel Macron, ils visent à assurer une meilleure répartition de la valeur créée, accompagner la transformation des modèles de production et tendre vers une alimentation saine et durable. Les travaux, qui réunissent l'ensemble des parties prenantes, dureront cinq mois et seront organisés en deux temps. De fin août à fin septembre, le premier chantier sera consacré à la création de valeur et à sa répartition. L'un des ateliers portera notamment sur le développement de la bio-économie et de l'économie circulaire. De début octobre à fin novembre, les participants s'attèleront aux problématiques sanitaires et environnementales, dont la transition écologique et solidaire de l'agriculture et la lutte contre le gaspillage alimentaire. Un atelier transversal, organisé de fin août à fin novembre, abordera la question des investissements, accompagnements techniques et recherches nécessaires pour parvenir à une "performance environnementale, sanitaire, sociale et économique".

En parallèle, une consultation publique a été ouverte pour associer les citoyens au débat.

Un rôle limité pour l'Etat et un Agenda des solutions en décembre

Les Etats généraux ont "vocation à être un temps de réflexion partagée et de construction de solutions nouvelles", précise le gouvernement. "L'Etat ne sera qu'une partie prenante parmi d'autres, a insisté le Premier ministre, l'Etat ne doit pas tout faire". A mi-parcours, début octobre, le Président de la République devrait dresser les premières conclusions des travaux. Et d'ici la fin de l'année, les conclusions finales. "L'ensemble des parties prenantes sera invitée à s'engager dans la mise en œuvre de l'agenda des solutions qui s'en dégagera", indique le gouvernement. Des pistes pourront être déclinées dans le programme national de l'alimentation ou celui de la prévention santé.

 
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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 16:03

 

Pourquoi es-tu optimiste ? - Reporterre

 

29 juillet 2017 / Jean-Baptiste Libouban 

Membre fondateur des Faucheurs volontaires d’OGM, Jean-Baptiste Libouban est un chantre de la non-violence qui a participé, du Larzac à l’antinucléaire, à de nombreuses luttes écologistes. Il vient de publier Vagabondages d’un faucheur d’OGM aux Editions L’Harmattan.

 
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Lire aussi : « Nous pouvons inverser le cours des choses »

Et sur l'auto-flicage,lire:

L'appli canadienne qui donne la chair de poule | Contrepoints

 

Libertés publiques

lle vous donne des points de récompense chaque fois que vous faites des choix approuvés par le gouvernement!

Par Josie Wales.
Un article de la Foundation for economic education

L’Ontario a annoncé il y a un mois qu’il allait être le quatrième État canadien à financer une application de modification du comportement qui récompense les utilisateurs chaque fois qu’ils font un « bon choix » en matière de santé, de finance et d’environnement.

L’application Carrot Rewards pour smartphone, qui va recevoir une subvention de 1,5 million de dollars de la part du gouvernement de l’Ontario, crédite les comptes des utilisateurs avec des points utilisables dans le programme de récompense de leur choix en échange de leur « niveau de résultat » lorsqu’ils participent à des jeux, répondent à des quizz sur le budget familial ou s’engagent dans des actions approuvées par le gouvernement à propos de la santé ou de l’environnement.

« Améliorer son bien-être »

L’application, financée par le gouvernement fédéral du Canada et développée en 2015 par l’entreprise Carrot Insights basée à Toronto, est parrainée par de nombreux organismes dont les services, considérés comme des incitations pour « apprendre » à améliorer son bien-être ou la gestion de son budget, donnent lieu à des points de récompense pour les utilisateurs. Selon Carrot Insights,

tous les jeux et quizz sont mis au point par des sources dignes de confiance telles que le ministère de la Santé de la Colombie britannique, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, la Fondation des maladies du cœur du Canada (Heart and Stroke Foundation), l’Association canadienne du diabète (Canadian Diabetes Association) et l’association YMCA pour un Canada en santé.

Les utilisateurs peuvent choisir de dépenser leurs points de récompense dans diverses entreprises parmi lesquelles SCENE, Aeroplan, Petro-Canada ou More Rewards – ce dernier étant un programme de fidélité qui fonctionne en partenariat avec d’autres entreprises.

Des points pour des questions

Le téléchargement de l’application est gratuit et les utilisateurs reçoivent immédiatement 200 points après avoir répondu à quelques questions (dont les réponses n’ont pas à être correctes).

On peut aussi gagner des points en envoyant un code d’invitation à un ami, dans la mesure où le gouvernement est toujours content de pouvoir pister les activités quotidiennes du plus grand nombre de personnes possible – chose que l’application peut faire, même quand elle est « inactive » ! Pour pouvoir utiliser l’application, les utilisateurs doivent donner à Carrot Insights et au gouvernement fédéral la permission

d’accéder à (leurs) informations personnelles via (leur) téléphone portable et de les collecter, en incluant, sans s’y limiter, les données de géo-localisation, les données issues du gyroscope et de l’accéléromètre, ainsi que l’accès à l’appareil photo, au micro, aux contacts, au calendrier et à Bluetooth, afin de rendre opérationnelles d’autres fonctionnalités. 

Modifier les comportements

Selon CTV News, quand le fondateur et actuel dirigeant de Carrot Insights, Andreas Souvaliotis, lança l’application en 2015, il avait en tête les problématiques de santé, « mais l’entreprise et les gouvernements partenaires ont vite compris qu’elle pouvait modifier les comportements dans d’autres domaines également. »

Le gouvernement canadien demande à ses citoyens de pouvoir suivre leur activité et modifier leur comportement en agitant une carotte au bout d’un bâton, et ça marche.

Bien que laissée pour l’instant au libre usage des utilisateurs, l’application Carrott Rewards est étrangement similaire au « système de crédit social » qui se développe en Chine actuellement.

Des punitions contre les personnes non coopératives

Ce dernier ne se contente pas de distribuer des points en cas de bon comportement, mais il inflige aussi des punitions aux personnes qui ne se montrent pas assez « coopératives ».

Les « pénalités peuvent porter sur les prestations sociales, l’évolution de carrière, le patrimoine détenu, et la possibilité de recevoir ou non des titres honorifiques du gouvernement chinois. » Les applications qui entrent dans le cadre du « système de crédit social » ne sont pas connectées entre elles actuellement, mais il est question de tout regrouper sous l’égide du gouvernement chinois d’ici 2020.

D’après Rogier Creemers, chercheur spécialisé dans la législation et la gouvernance chinoises à l’Institut Van Vollenhoven de l’Université de Leyde aux Pays-Bas,

La Chine a un énorme problème d’observance légale ; aussi, la conclusion des dirigeants fut de se dire que puisque les méthodes habituelles pour inciter au respect de la loi ne suffisaient pas, il fallait durcir le jeu en introduisant des punitions supplémentaires. Le système ne fait qu’utiliser les données dont l’Etat chinois dispose déjà, mais d’une façon plus coercitive.

Actuellement, l’application Carrot Rewards n’est disponible que pour les habitants de l’Ontario, de Terre-Neuve-et-Labrador et de la Colombie britannique, mais d’après son site internet, elle va se mettre prochainement à la collecte des données personnelles et à la modification du comportement de tous les Canadiens.

Voir ci-dessous la vidéo promotionnelle de l’appli Carrot Rewards (09’ 53’’). Des sous-titres sont disponibles en anglais.

Traduction Nathalie MP pour Contrepoints

Sur le web

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 09:55
 
Ceux qui comme les socialistes  (Et  une partie du  monde associatif bourgeois comme la ligue des droits de l'homme ),ont prétendu en bon cyniques combattre la  xénophobie  ou l'anti-républicanisme du FN sans toutefois remettre en cause la politique libérale menée depuis Mitterand ,jusqu'à Hollande  ,n’ont fait que  renforcer ce parti fasciste.Ceci  qui pose beaucoup de questions vu que le corollaire de  l'adoption de ce modèle  d'idéologie économique est le FN. 
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 10:13

Les opposants aux OGM du monde entier réunis en Bretagne pour contrer les multinationales

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Ils viennent du Proche-Orient, d'Afrique du Sud, du Brésil ou de Grèce: réunis en Bretagne ce weekend, tous veulent contrer la mainmise sur les semences agricoles que s'efforcent d'imposer à leurs yeux des multinationales, notamment à travers les OGM, et préserver la souveraineté alimentaire des peuples.

"Dans ma province, à l'est du Cap, toute la région est affectée par la pauvreté car les OGM sont partout. Des gens tombent dans la misère et se détournent de l'agriculture car ils n'ont pas les moyens d'acheter ces semences" qu'ils sont contraints de renouveler chaque année, contrairement aux semences traditionnelles, dénonce Aviwe Biko, venue d'Afrique du Sud.

Comme elle, environ 130 personnes, venues d'une trentaine de pays, ont participé aux deuxièmes Rencontres Internationales des Résistances (RIR) aux OGM, organisées à Lorient (Morbihan), après celles de 2016 qui se sont tenues à Ouagadougou (Burkina Faso).

"Il faut un permis pour détenir des semences traditionnelles. Moi, je ne vais pas aller demander un permis pour conserver ces semences qui sont notre histoire !", poursuit la Sud-Africaine qui se définit comme une "seeds saver", une sauveuse de semences.

La Libanaise Lilia Ghanem, anthropologue et rédactrice en chef de la revue "Badael" ("Alternatives"), rapporte une autre histoire: comment les OGM se sont imposés en Irak dans la foulée de l'intervention américaine, à travers une ordonnance (N°81) de l'administrateur américain Paul Bremer en 2004, portant notamment sur "la diversité des plantes".

"Les paysans qui se transmettent des semences anciennes sont désormais passibles de prison alors qu'existaient 200 variétés de blé différentes en Irak", affirme-t-elle. "Les Américains sont partis d'Irak mais Monsanto est toujours là", accuse-t-elle.

"C'est un enjeu vital: si on abandonne ce petit segment économique qu'est la semence aux multinationales, ça veut dire qu'on abandonne l'alimentation aux multinationales", s'inquiète Jean-Pierre Lebrun, du réseau "Semences paysannes".

- "Convergence des luttes" -

Le constat établi, que faire? D'abord une meilleure information des populations. "Les paysans n'ont pas vu le côté pervers des OGM. Ils n'y ont vu de prime abord qu'un moyen de développement potentiel, avec un travail des champs moins pénible", relève le représentant du Burkina, quand sa collègue équatorienne observe, à propos des communautés amazoniennes dans son pays: "elles n'ont pas accès à l'information, elles ne savent pas ce qui se passe en dehors" Un autre objectif est de proposer une alternative à "l'agro-chimie", en particulier à travers l'agro-écologie, comme y travaille au Burkina Faso l'association Tinga Neere ("Terre meilleure") avec l'appui de l'association bretonne Ingalañ ("Partager"), l'une des organisatrices des rencontres de Lorient.

"On y obtient de très bons résultats, particulièrement sur le soja", assure Hervé Le Gall, cheville ouvrière des rencontres."

Mais il s'agit aussi d'analyser "nos forces et nos faiblesses, face à leurs forces et leurs faiblesses", explique-t-il, en vue de construire "une convergence des luttes" par-delà les diversités culturelles, juridiques et financières des cinq continents, en faisant notamment évoluer le droit international.

Et ce, dans la lignée des travaux du tribunal citoyen informel de La Haye qui a rendu, le 18 avril dernier, un avis consultatif visant à faire évoluer ce droit international.

Certains évoquent ainsi une forme de "droit opposable", un projet de convention sur le droit des paysans en matière de semences, mais aussi d'eau ou de foncier. "Ça pourrait prendre la forme d'une convention de l'ONU que signeraient les gouvernements", suggère Jean-Pierre Lebrun.

L'heure est à la mobilisation. "Les multinationales ont déjà leur plan de bataille. Elles ont décidé de modifier la définition des OGM: puisque les peuples n'en veulent pas, on va leur en servir sous un autre nom. Comment va-t-on faire, si les OGM sont étiquetés +non OGM+", s'interroge Guy Kastler, l'un des fondateurs de la Confédération Paysanne et l'un des responsables de "Semences paysannes".

"Nous devons mettre sur pied un plan de bataille pour convaincre nos gouvernements de refuser ces OGM nouvelle formule", conclut le militant. "Elles (les multinationales, ndlr) ont fait leur convergence: dépêchons-nous de faire la nôtre !"

-Un point sur les OGM avec Christian Velot:

 Christian Vélot : « bien sûr que les OGM existent en France ! »

 

Le biologiste Christian Vélot intervenait samedi dernier à l’université de sciences de Lorient dans le cadre des rencontres internationales de résistance aux OGM. Présent durant tout l’événement, Le Peuple breton y revient et livre à ses lecteurs un condensé de son propos.

Si on voulait résumer le propos de Christian Vélot, il serait le suivant : quand on perd la bataille du vocabulaire, on perd une grande partie de la bataille ! En cause ? Les OGM ou « organismes génétiquement modifiés » dont la terminologie ne convient pas au biologiste : « au départ, il s’agissait des organismes génétiquement manipulés ». Pour lui, il faut revenir au fondement du vocabulaire pour être précis dans son propos : ainsi, une plante transgénique ne « résiste » pas aux pesticides, elle devient « tolérante » ce qui veut dire qu’elle absorbe tout, mais que cela ne lui fait rien. En aucun cas, elle ne résiste puisqu’on retrouve ces pesticides dans la plante et donc dans notre organisme une fois celle-ci ingérée.

« Qu’importe », nous diront les incrédules puisque de toute façon, on ne cultive pas d’OGM en France. Le grand public a en effet parfaitement intégré le fait que la seule plante transgénique autorisée en Europe, le maïs Monsanto 810, est interdite en France depuis 2008. Mais outre le fait que les ports, notamment bretons, importent massivement du soja OGM d’Amérique du Sud pour l’alimentation animale, on ignore généralement que d’autres plantes mutées comme le colza ou le tournesol sont des OGM bien que considérées comme conventionnelles du point de vue du droit ! On appelle cela des OGM cachés ou clandestins. Les multinationales qui les produisent comme Monsanto ou Limagrain mentent donc délibérément au grand public : comprenant les populations refusent majoritairement la manipulation du vivant, elles cherchent désormais à leur faire manger des OGM à leur insu, sans qu’elles sachent que ç’en est ! Qui pourrait s’opposer à quelque chose dont il n’est pas au courant ?

Mais Christian Vélot va plus loin et dénonce les études liées aux OGM. « Celles-ci sont pratiquées sur des rats durant 3 mois. Or, un rat vit en moyenne 2 à 3 ans. Pour avoir une idée des effets des OGM, il faudrait faire des tests sur le long terme et pas sur 3 mois seulement ». C’est d’ailleurs ces tests qui ont été réalisés par son collège Joël Spirou, médecin au Criijen, et médiatisés partout dans le monde : on se souvient de ces rats aux excroissances impressionnantes faisant la Une de l’Obs notamment.

Christian Vélot oppose à la privatisation du vivant l’agro-écologie. « La démarche scientifique commence avec l’observation, pas avec la manipulation. Nul besoin de pipette pour savoir que si la terre est mouillée et qu’il a plu, cela a peut-être un rapport ! » Selon le chercheur, il aurait été prouvé par exemple que des rats bien léchés quand ils étaient petits étaient plus résistants au stress une fois adulte. Les études auraient démontrés que le fait d’être « mal léchés » éteint un gène. Le processus serait applicable à l’Homme : ainsi, une population passant subitement d’un habitat naturel à un autre pourrait impacter aussi les gènes. Bien sûr, le scientifique rappelle que les gènes n’expliquent pas tout et qu’il faut se méfier d’un certain déterminisme génétique. Avec force humour, Christian Vélot a dénoncé par exemple ceux qui prétendaient éradiquer le « gène de la violence » !

Au terme d’une conférence rondement menée, le biologiste a conclu sur une note positive en notant que les objectifs de Monsanto pour 2000 n’étaient, 17 ans plus tard, toujours pas atteints du fait d’une forte mobilisation citoyenne et notamment paysanne. De quoi prouver que la lutte paye… quand elle est menée !

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 16:06

Quand RTE tente de s’approprier les terres de jeunes agriculteurs pour implanter un transformateur électrique de sept hectares.

PAS RES NOS ARRESTA [Documentaire]

 

À l’ère de la transition énergétique pour la soi-disant croissance verte, RTE tente de s’approprier les terres de deux jeunes agriculteurs, à Saint-Victor dans le Sud-Aveyron, pour implanter un transformateur électrique de sept hectares.

Ce transformateur redistribuerait sur le réseau international du commerce de l’énergie, la production de 1000 éoliennes en construction sur les crêtes de la région.

Alors que la municipalité de Saint-Victor et la majorité des habitants sont contre le projet ; les machines invasives de RTE et des promoteurs avancent, appuyées par les services de l’État.
Au premier jour de l’hiver 2014, une cabane nommée l’Amassada se dresse sur les terres convoitées. Les rencontres, les liens, les résistances s’étendent et s’intensifient.
Nous sommes au futur, voici les éléments qui se défendent aujourd’hui.

PAS RES NOS ARRESTA from Synaps Collectif Audiovisuel on Vimeo.

Plus d’informations sur l’Amassada.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 04:44

 

Communiqué de presse du collectif Stop Uranium - Blocage du trafic d’uranium – 15 avril 2017 – Narbonne
NUCLÉAIRE : C’EST L’AFFAIRE DE TOUS ! ON VEUT EN PARLER !
Une industrie qui multiplie les scandales, l’un chassant autre ! Travailleurs au noir, sur le chantier de l’EPR, employés par Bouygues ! Affaire Uramin : achat à prix d’or de mines surévaluées en Centrafrique. Et derniers scandales en date : cuves défectueuses de nombreux réacteurs, documents falsifiés et poursuite du chantier de l’EPR de Flamanville !
Alors qu’Areva n’ignorait pas que la cuve mise en place était défectueuse et fabriquée par une usine qui n’en avait pas la capacité ! Et combien de nos réacteurs, aujourd’hui en activité, sont concernés par ces malfaçons. Les preuves sont accablantes : Areva et EDF le savait depuis 2005 ! Ainsi que l’ASN qui a porté l’alerte sur l’incompétence de Creusot-Forge en la matière, dès décembre 2005. Avant même la fabrication de la cuve de l’EPR !
Alors que depuis toujours, l’industrie du nucléaire s’est imposée sans aucun débat. Que l’atome est entré dans l’histoire par le massacre de 250 000 personnes en août 1945 à Hiroshima et Nagasaki et que, depuis, de multiples accidents et catastrophes ont ponctué l’histoire de l’industrie civile de l’atome (Mayak, Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima).
Alors que cette industrie produit des déchets de la plus haute dangerosité, ingérables et actifs pendant des millions d’années. Un poison mortel abandonné aux générations futures !
Alors que cette industrie pollue au quotidien et constitue une menace sans précédent, en particulier en France, pays aux 58 réacteurs (dont 42 ont atteint ou dépassé leur durée, prévue pour 30 ans). Alors que M. Chevet, président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) déclarait en janvier 2016 : «  Le contexte en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection est préoccupant  » !
Alors que la campagne électorale bat son plein, Stop Uranium prend l’initiative et bloque, pour un temps, un train d’UF4 (tétrafluorure d’uranium) qui vient de quitter l’usine de Malvési pour l’usine du Tricastin dans la Drôme. Cette usine dangereuse aux portes de Narbonne traite 100 % de l’uranium utilisé dans nos centrales et 25 % de l’uranium mondial. Elle est classée Seveso seuil haut (dangerosité maximum) et Installation Nucléaire de Base (INB) sur 2 de ses bassins.
Par cette action de désobéissance civile non-violente, nous tenons à interpeller nos concitoyens, les médias, les pouvoirs publics, les candidats à la présidentielle et aux législatives. Nous réclamons un véritable débat national, auquel participeront à part entière des représentants des mouvements antinucléaires, au même titre que les représentants des pouvoirs publics et de l’industrie de l’atome. Le débat qui nous est confisqué depuis toujours !
Quels candidats sont prêts à soutenir cette demande ? Quels candidats nous répondront ?
Stop Uranium, le 15 avril 2017

-pétition:

Des militants antinucléaires bloquent un train d'Areva près de Narbonne: ils réclament un grand débat public

participer à l'action de mise en demeure de Pierre-Frank Chevet, président de l'ASN :
http://www.m-ain.org/

 

-revue de presse :

 
 
 -Revue de presse recours Flamanville
 
Recours d'associations pour stopper le chantier de l'EPR de Flamanville
http://www.europe1.fr/societe/recours-dassociations-pour-stopper-le-chantier-de-lepr-de-flamanville-3303977

Greenpeace veut débrancher l'EPR de Flamanville
http://www.leparisien.fr/economie/document-greenpeace-veut-debrancher-l-epr-de-flamanville-18-04-2017-6864570.php#xtor=AD-1481423554

8 associations déposent un recours pour stopper le chantier de l'EPR de Flamanville
http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20170419.OBS8177/8-associations-deposent-un-recours-pour-stopper-le-chantier-de-l-epr-de-flamanville.html 

Cuve défectueuse, enquête publique viciée : le décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville doit être abrogé !
http://sortirdunucleaire.org/Cuve-defectueuse-enquete-publique-viciee-le

EPR de Flamanville. Huit associations veulent arrêter les travaux
http://www.letelegramme.fr/france/epr-de-flamanville-huit-associations-veulent-arreter-les-travaux-19-04-2017-11481648.php#

EPR de Flamanvvville : huit associations saisissent la justice
http://www.ouest-france.fr/normandie/flamanville-50340/epr-de-flamanville-huit-associations-saisissent-la-justice-4936579

EPR de Flamanville: 8 associations déposent un recours pour stopper le chantier http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/epr-de-flamanville-8-associations-deposent-un-recours-pour-stopper-le-chantier_1900094.html

Nucléaire : Greenpeace annonce un recours contre l’EPR
http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2017/04/18/nucleaire-greenpeace-annonce-un-recours-contre-l-epr_5113239_1656968.html


-Question clé:
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 04:15

-Avant propos:

en France, l’usage des pesticides pourrait être réduit de 30% sans affecter les rendements ou la rentabilité des exploitations, révèle une étude publiée lundi 27 février dans la revue Nature Plants.,selon  un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.( bien que que La France a de la marge dans la réduction des pesticides)

 

-Revue de presse "Villy le Moutier ", lieu du fauchage de plantes alimentaires résistantes à certains phyto(Il semblerait par ailleurs pour info,que Monsanto ,l'autre géant du poison ,

,  ait dissimulé de l’information (Plus d'OGM ne veut pas dire plus d'herbicides)sur la possibilité que le glyphosate ou Roundup puisse causer une forme de cancer appelée lymphome non hodgkinien .

L'article là dessus et sur de nombreuses affaires qui furent dénoncée récemment à l'occasion  d'un "  Tribunal Monsanto",est a lire après l'énumération de la presse  sur "Villy le Moutier ",sans oublier de jeter aussi un  œil sur  l'article qu' Inf'OGM intitule  Présidentielles et OGM : demandez le programme ,un autre Exclusif : Inf’OGM publie un document soumis à la CJUE sur les nouveaux OGM
et enfin ce communiqué sur  toute les marques de  Colza tolérant aux herbicides : la Confédération Paysanne demande un moratoire

Revue de presse "Villy le Moutier " :

https://www.lelotenaction.org/pages/content/archives/fauchage-d-ogm-ce-matin-en-bourgogne.html

http://www.bienpublic.com/edition-cote-de-nuits/2017/04/15/des-faucheurs-volontaires-deciment-un-champ-de-colza-a-villy-le-moutier

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or/villy-mouthier-parcelle-colza-detruite-faucheurs-volontaires-1234313.html

http://www.bienpublic.com/edition-cote-de-nuits/2017/04/15/villy-le-moutier-basf-dement-que-la-parcelle-agricole-fauchee-lui-appartienne

https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/villy-le-moutier-des-militants-anti-ogm-detruisent-une-parcelle-de-colza-1492247273

http://www.alvinet.com/similaires/faucheurs-volontaires-deciment-champ-colza-villy-le-moutier/38081623

http://www.francetvinfo.fr/sciences/ogm/des-faucheurs-volontaires-d-ogm-detruisent-une-parcelle-de-colza-en-cote-d-or_2147261.html#xtor=AL-67-[article]

http://www.leparisien.fr/environnement/nature/cote-d-or-des-militants-anti-ogm-arrachent-une-parcelle-de-colza-15-04-2017-6857145.php

https://reporterre.net/En-Bourgogne-des-faucheurs-volontaires-neutralisent-un-champ-de-colza-en

http://www.agrisalon.com/actualites/2017/04/15/des-militants-anti-ogm-arrachent-une-parcelle-de-colza-de-basf-en-cote-d-or

http://www.alerte-info.com/15-avril-2017/cote-faucheurs-volontaires-ogm-detruisent-parcelle-colza-industriel-basf

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/04/15/une-parcelle-de-colza-de-basf-arrachee-dans-la-cote-d-or_5111794_3244.html

http://www.europe1.fr/societe/des-militants-anti-ogm-arrachent-une-parcelle-de-colza-de-basf-en-cote-dor-3295505

 

Monsanto, de scandale en scandale - Novethic

 

Utilisation de l’agent orange au Vietnam, condamnation pour contamination aux PCB, controverses autour du Roundup… l’histoire de la multinationale des OGM est rythmée par les scandales. Alors que le Tribunal Monsanto, un tribunal citoyen, va rendre son verdict, retour sur les polémiques qui ont marqué le groupe.  

Le glyphosate

 

Le glyphosate est le principal composant de l’herbicide le plus vendu au monde, le Roundup. Lancé par Monsanto en 1975, l’herbicide est actuellement au cœur de multiples controverses.

Monsanto est en effet poursuivi par plusieurs travailleurs agricoles américains atteints de cancer du sang. Ils estiment que leur lymphome a été provoqué par un contact prolongé au Roundup. Ces agriculteurs s’appuient sur les études du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) et l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) qui ont classé, en 2015, le glyphosate comme "cancérogène probable pour l’homme".

Dans le cadre de l’enquête, la justice américaine a déclassifié, le 21 mars 2017, 250 pages de correspondances internes de la firme agrochimique. Monsanto savait depuis 1999 le caractère mutagène du glyphosate et a tenté d’étouffer l’affaire en commandant une étude pour convaincre les régulateurs de la non dangerosité du glyphosate. Or les conclusions de la mission définissaient le glyphosate comme "un clastogène potentiel in vitro", c’est-à-dire qu’il pouvait provoquer des ruptures de l’ADN.

Ces "Monsanto Papers" ont été révélés quelques jours seulement après que l’Agence européenne des produits chimiques a rendu son avis sur le glyphosate jugeant qu’il n’était pas cancérogène. Une décision qui a suscité l’indignation des ONG environnementales. Une soixantaine d’entre elles ont pointé des conflits d’intérêts de plusieurs membres du comité d’évaluation des risques (CCR), travaillant à la fois pour l’ECHA et des industriels du secteur. Des accusations récurrentes depuis que l’UE s’occupe du dossier.

 

Les OGM

 

Constatant l’utilisation massive du Roundup qu’il commercialise, Monsanto développe les OGM dans les années 1990, avec le soja Roundup Ready et le colza Roundup Ready. Ces aliments génétiquement modifiés sont résistants au Roundup. Mais ce succès commercial va vite s’attirer les foudres des ONG et de certains agriculteurs. Et devenir de plus en plus controversé.

Aujourd’hui, des batailles juridiques sont en cours dans le monde entier concernant les brevets d’autorisation des semences transgéniques. Ainsi, Monsanto a assigné plusieurs agriculteurs devant les tribunaux pour utilisation "frauduleuse" de ses semences. Il les accuse d’avoir replanté d’une année sur l’autre ses semences, sans autorisation.

Car les semences génétiquement modifiées sont largement plus chères que les traditionnelles. Pour les acheter, les paysans doivent s’endetter. C’est ce qui s’est passé en Inde, en 2012, avec le coton transgénique vendu par Monsanto. "La moindre chute des cours du coton ou des conditions météorologiques défavorables débouchent parfois sur des tragédies", expliquait alors Le Monde, "En 2006, dans la région de Vidarbha, des milliers de paysans qui ne pouvaient plus rembourser leurs dettes se sont suicidés en ingurgitant des pesticides".

Outre ces risques d’endettement, Greenpeace dénonce un danger pour la biodiversité, les OGM pouvant en effet envahir les écosystèmes. Il pointe également une pollution des sols et des nappes phréatiques.

Sur le sol européen, une seule plante transgénique est aujourd’hui cultivée. Il s’agit du maïs MON810 de Monsanto. Le renouvellement de son permis est aujourd’hui questionné. Le 27 mars, les États membres ne sont pas parvenus à s’accorder sur le sujet faute de majorité qualifiée. Mais ailleurs dans le monde, les OGM sont parfois omniprésents comme au Brésil pour le soja. Près de 90% des surfaces GM cultivés le sont sur le continent américain.

 

Les PCB

 

En 2001, 3 500 habitants d’Anniston, une ville d’Alabama (USA) où Monsanto fabriquait des PCB, portent plainte contre le groupe pour contamination aux Biphényles polychlorés. Les PCB, classés polluants organiques persistants, sont des composants chimiques utilisés massivement dès les années 30 comme isolant thermique pour les peintures et les équipements électriques.

Selon l’EPA, l’Agence américaine de protection de l’environnement, Monsanto a déversé pendant plus de 40 ans des déchets contaminés aux PCB dans les cours d’eau de la ville. Jusqu’à l’interdiction des composants en 1979.

Le tribunal a condamné en 2002 Monsanto à payer 700 millions d’euros de dommages et intérêts pour avoir contaminé "le territoire d’Anniston et le sang de sa population". Aucun dirigeant de Monsanto n’a été poursuivi.

L’enquête a par ailleurs révélé que la firme était au courant depuis… 1937 des effets dévastateurs des PCB. Peu avant l’interdiction des produits, elle a également falsifié une étude qu’elle avait elle-même commandé, montrant que le PCB provoquait des tumeurs chez le rat.

"Des milliers de pages de documents de Monsanto – dont beaucoup sont estampillés ‘CONFIDENTIEL : lire et détruire’ – montrent que pendant des décennies, la multinationale a dissimulé ce qu’elle faisait et surtout ce qu’elle savait", rapportait le Washington Post au moment du procès. "En 1966, des responsables de l’entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de 10 secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s’ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l’ont dit à personne".

En décembre 2016, l’État américain de Washington a portait plainte contre Monsanto. Il l’accuse d’avoir "caché pendant des décennies les dégâts" causés par les PCB.

 

L’agent Orange

 

C’est dans les années 60 que Monsanto découvre l’agent orange.

En 1962, les États-Unis décident d’en faire usage dans la guerre contre le Vietnam. L’aviation déverse l’agent orange au-dessus des forêts vietnamiennes pour faire tomber les feuilles des arbres et gagner en visibilité. Problème : ce polluant chimique dangereux qui contient de la dioxine provoque des maladies de la peau, des cancers et des défaillances du système immunitaire.

En 1978, des milliers de Vétérans portent plainte contre les fabricants de l’agent orange. 10 ans plus tard, les sept producteurs, dont Monsanto, sont condamnés à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destinés aux soldats américains.

"Les dirigeants de Monsanto savaient que l’agent orange était contaminé à la dioxine mais ils n’ont rien dit et ont même réalisé de fausses études scientifiques pour montrer qu’il n’y avait aucun lien avec le cancer", affirme Marie-Monique Robin, réalisatrice de Le Monde selon Monsanto. Dans les années 1990, plusieurs études montreront que Monsanto avait en effet présenté des analyses scientifiques biaisées pendant le procès.

En 2013, la justice sud-coréenne a ordonné à Monsanto et Dow Chemicals de verser 315 000 euros de réparations aux anciens militaires ayant combattu aux côtés des Américains. Pour les 4 millions de Vietnamiens contaminés, en revanche, aucune indemnisation. Les États-Unis refusent toujours de reconnaître leur responsabilité. En 2005, la justice américaine a ainsi rejeté une plainte d’une association vietnamienne arguant que l’herbicide n’était pas un poison. 

Marina Fabre
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ZONE HORS AGCS et SANS OGM


Petit mémo : L’AGCS, Accord Général sur le Commerce des Services est un accord signé lors de la création de  l’OMC (organisation mondiale du commerce) en 1994. Il vise à libéraliser progressivement tous les services des états membres : éducation, santé, culture, recherche…ainsi que l’énergie et l’environnement. Tous les aspects de nos vies sont mis à la vente. Les besoins de l’être humain et toutes formes d’activité humaines sont redéfinis comme des services commercialisables.

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