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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 09:53

Moi contre mon frère ; Mon frère et moi contre mon cousin ; Moi, mon frère et mon cousin contre l’inconnu » . Proverbe arabe

 «  Au moment où vous vous cherchez des poux dans la tête, Israël  fabrique des puces » Thomas Friedman du New York Times s’adressant aux arabes

Encore une fois les dirigeants arabes viennent de montrer leur limite intellectuelle et leur gabegie s’agissant du feuilleton de l’élection de la directrice générale de l’Unesco. Un coup d’éclair dans un ciel déjà chargé. On apprend que contre toute attente, toute logique, toute morale madame Audrey Azoulay a été élue directrice générale de l’Unesco ! On peut penser que l’Unesco ne pèse rien en terme de poids sur l’échiquier c’est sans compter sur son poids culturel et moral comme elle l’a montré dans la reconnaissance de la Palestine

Audrey Azoulay, né à Paris c’est la fille du journaliste, banquier et homme politique André Azoulay, conseiller du roi du Maroc Hassan II à partir de 1991 , puis de Mohammed VI est une femme politique française. Conseillère culturelle du président de la République François Hollande entre 2014 et 2016, elle est ministre de la Culture et de la Communication entre 2016 et 2017. Elle est élue directrice générale de l’UNESCO le 13 octobre 2017 pour un mandat de quatre ans.

Les dirigeants Arabes dont aucun – exception faite du Liban- n’est arrivé à la magistrature suprême suite à des élections propres et honnêtes–   ne représentent pas leurs peuples qui sont admirables. Plus retors que jamais entre eux font de l’aplaventrisme pour se faire bien voir par l’Occident. Nous allons le voir à propos du feuilleton de l’élection à l’Unesco mais aussi de la cause palestinienne qui est présente d’une façon indirecte parce que c’est par elle, que « scandale » au yeux des Américains et Israéliens est arrivé.   Un mot pour souligner le courage de l’ancienne Directrice générale Irina Bokova  qui, dans l’affaire de l’admission de la Palestine à l’Unesco et dans l’inscription du caveau des Patriarches palestinien au patrimoine de l’humanité a montré ce que devait être le droit international des peuples.

C’est la faute Hollande si Azoulay est à la tête de l’Unesco

 Tout a commencé avec Hollande qui voulant plaire a tenté de placer sous orbite sa minsitre de la culture. Il n’a pas pensé à celle qui est restée plus longtemps Fleur Pellerin. Il n’a pas pensé à la précédente ministre de la culture qui est restée encorep lus longtemps et qui est de « sa famille politique » en théorie. Non il a pensé à une haut fonctionnaire mais qui n’a pas de passé- étant spécialiste des médias- ni dans la culture ni dans la politique.   Pour Celine Lussaton : «  Cela s’appelle un couac diplomatique. Cherchant un point de chute à sa ministre de la Culture, François Hollande a en effet appuyé par mégarde sur le bouton nucléaire de la Maison de l’Unesco. Pour les Etats arabes qui estiment devoir enfin obtenir cette année la prestigieuse direction générale de l’institution internationale, la candidature de dernière minute d’Audrey Azoulay imposée par Hollande n’est rien de moins qu’une provocation ! Jean-Yves Le Drian s’est ainsi vu remettre à l’ambassade de France une pétition signée par une cinquantaine de grands noms de la culture arabe au premier rang desquels l’écrivain égyptien Mohamed Salmawy.

« Nous appelons le président Macron à reconsidérer cette candidature. C’est la relation étroite de la France avec le monde arabe que François Hollande a mis en péril en faisant ce cadeau à Mme Azoulay », estime l’écrivain de passage à Paris. « L’ancien président n’a-t-il pas mesuré combien le prestige de la France allait être écorné par cette candidature qui vient voler la place à l’un de nos représentants ? », interroge l’intellectuel qui occupe actuellement le poste de secrétaire général de l’Union des écrivains d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine » (1).

Accusé de vouloir recaser une personne de son premier cercle, François Hollande a également omis la règle tacite qui empêche l’Etat où siège une organisation internationale de candidater à sa direction. (…) Pour Mohamed Salmawy, il ne fait aucun doute qu’un candidat arabe doit être porté à la tête de l’institution. « Dans ces temps où l’Occident s’inquiète de la montée du fondamentalisme, qui mieux qu’un ressortissant du monde arabe pourrait diriger l’Unesco ? C’est par la culture et l’enseignement que nous pourrons lutter contre les extrémistes. Et la voix d’un ressortissant du monde arabe sera bien mieux entendue en Orient », argumente-t-il. Mieux que celle d’une Européenne qui plus est de confession juive ? L’ancienne ministre de la Culture, qui est la cible d’une campagne contre sa candidature bien plus virulente que celles menées contre les candidats vietnamien ou chinois, voit en effet sa judéité régulièrement mise en avant sous couvert de dénoncer une « maladresse supplémentaire de Hollande » au moment où la direction de l’Unesco devrait revenir à un pays du monde arab) » (2).

 Les protestations « incohérentes » des Arabes

Le dernier coup de Jarnac de Hollande à l’endroit des Arabes est d’avoir imposé la candidature d’une illustre inconnue au sein de l’Unesco, n’était ce le siège de l’Unesco à Paris. On dit que c’est du à la cacophonie des Arabes avec quatre candidats au lieu d’ un candidat unique qui l’a convaincu . Les postulants arabes sont au nombre de 4 ; Vera el-Khoury Lacoeuilhe (Liban), Hamad Bin Abdullah al-Kuwari (Qatar), Moushira Khattab (Egypte) et Saleh al-Hasnawi (Irak) Les potentats arabes , c’est connu sont inconséquents avec leurs actes. On le voit avec la lettre ridicule de protestation que nous proposons plus loin Ils passent leur temps à se tirer dans les pattes. On le voit avec la tragédie du Yemen , avec la mise au ban du Qatar, sous les yeux amusés des autres pays qui instrumentent les uns et les autres.

« D’après Georges Malbrunot, « cette candidature de dernière minute suscite les plus grandes réserves de nombreux diplomates arabes à Paris », alors que quatre personnalités issues du monde arabe convoitent également le poste parmi huit candidats . La sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam (LR), représentante du Sénat à la commission nationale française de l’Unesco, dénonce une « insulte aux pays arabes, qui n’ont jamais obtenu un tel poste à l’UNESCO et envers lesquels des engagements moraux avaient été pris pour que ce poste revienne à un des leurs ». Elle déclare également qu’« il est en effet de tradition que le pays qui a le privilège d’héberger le site d’une institution internationale, n’en brigue pas pour lui-même le poste de président ou de directeur général » De ce fait Jean-Yves Le Drian, a reçu une pétition signée par une cinquantaine de grands noms de la culture arabe, appelant à « reconsidérer cette candidature »   En outre, le candidat du Qatar, Hamad ben Abdelaziz al-Kawari, a l’avantage d’avoir commencé sa campagne deux ans et demi avant le scrutin et de bénéficier d’un budget de campagne exceptionne » (2).

La ridicule lettre de protestation

Dans cet affaite , l’Egypte a eu un rôle médiocre. Au départ elle proteste par « intellectuels arabes » interposés. Elle râle, menace.. et dit que le poste devrait revenir à un candidat arabe du fait de permutation…Ainsi   Un communiqué signé par 49 intellectuels arabes, a été adressé au président de la République française, Emmanuel Macron, pour retirer la candidature de la France à l’UNESCO. Ils commencent à louer le personnage pesant qu’ils s’adressaient comme ils s’adressent à un potentat arabe, en abdiquant toute dignité, :

« Nous, écrivains, penseurs, intellectuels et artistes arabes, signataires du présent communiqué, tenons tout d’abord à présenter nos cordiales félicitations au président français élu, Emmanuel Macron. Nous déclarons notre soutien à sa position contre toutes formes d’extrémisme et de préjugés, tant en France qu’à l’étranger et nous réjouissons de voir émerger une nouvelle étape de l’Histoire de France et de ses relations historiques avec le monde arabe «  (3).

Ensuite, ces intellectuels auto-proclamés et rassemblés par un ancien ministre de la culture, informent le président qu’en théorie le poste devrait revenir à un Arabe et protestent contre la combine de Hollande qui pour assurer ses « arrières » et minimisant à raison le poids des arabes, impose madame Audrey Azoulay  :

«  (…) . Cette action, faisant fi des solides liens d’amitié ayant toujours lié la France et le monde arabe, a suscité les vives réprobations de la rue et des intellectuels arabes.   Nous sommes persuadés qu’il n’a pas échappé à l’ancien président que la tendance principale, cette année, allait vers l’attribution de la direction de l’Unesco à un candidat du monde arabe : ce monde arabe qui a participé à la création de l’Unesco et dont la civilisation et la culture sont ancrées dans l’histoire » (3).

Ensuite ils énumèrent les quatre candidats arabes pensant que la sélection se feraient entre eux (…)  donnant pleine liberté au Comité exécutif de l’Unesco de choisir la personnalité arabe pleinement représentative de notre région du monde. Une telle opportunité était susceptible de corriger le déséquilibre créé par le fait que l’Europe a assuré la direction de ladite institution pour six mandats (dont quinze années assurées par la France alors que le monde arabe ne l’a jamais assurée durant près de trois quarts de siècle » (3).

Ils menacent ensuite, d’une façon ridicule et en appellent à la France amie des Arabes:

« (…)Une telle situation est susceptible de créer une rivalité totalement inutile entre l’Occident et l’Orient et d’aggraver le phénomène de polarisation dont souffre notre monde à tous les niveaux, qu’ils soient politiques, culturels ou confessionnels. Nous appelons le Président français à reconsidérer la fâcheuse décision prise par l’ancien président ; décision compromettant l’image très positive de la France au sein du monde arabe ainsi que les relations franco-arabes qui, nous en sommes pleinement convaincus, jouissent du même intérêt des deux côtés ». On voit que le ridicule ne tue plus ! C’est un autre ministre égyptien Arabe qui fait tout éliminer le Qatari qui était pratiquement sûr de l’emporter » (3)

Après le feu de paille initial de la lettre de protestation des personnalités arabes ( 49 dont la moitié sont égyptiens et soudanais la première personne à signer la pétition est un ancien ministre de la culture en Egypte) qui souhaitaient faire élire la dame égyptienne Tous les coups furent faits car comme la candidature égyptienne risquait de ne pas   passer . Les députés égyptiens ont demandé une enquête accusant le candidat du Qatar d’avoir soudoyé les pays africains pour le discréditer   Voyant qu’en définitive que le candidat risque de passer une nouvelle manœuvre conjointe était mise en œuvre par un partage des rôles. Le ministre égyptien annonce dans un véritable coup de théâtre que son pays soutenait la candidature française contre la candidature arabe que 50 députés arabes avaient réclamée à corps et à cri.

Le rôle d’Israël dans la diabolisation de la candidature qatarie

L’arme fatale que l’on agite pour emporter les dernières hésitations et la crainte d’être taxé d’être antisémite. Souvenons nous comment, il y a quatre ans le précédent candidat égyptien à la direction de l’Unesco fut descendu en flammes. Ce qui a amené le second mandat d’Irina Bokova.   Ainsi la deuxième partie de la stratégie a été confiée à Israël sous le titre suivant :

«  L’Unesco aux mains d’un qatari antisémite ? Les Arabes ne veulent pas de la Juive Audrey Azoulay, ex-ministre, à l’Unesco » Nous lisons ce message subliminal qui est un avertissement envers tout ceux qui voteraient « mal » : « L’élection du prochain directeur général de l’Unesco cristallise encore les tensions au sein de l’organisation après le départ fracassant des Etats Unis et d’Israël. Les pays Arabes sont en train de prendre le pouvoir à l’Unesco Après la sortie fracassante des Etats-Unis suivis d’Israël, l’Unesco aura besoin d’un véritable leadership pour surmonter ses dissensions internes. . Au lendemain du retrait des Etats-Unis et d’Israël de l’organisation, qu’ils accusent d’être anti-israélienne, malgré quatre tours de vote, les 58 pays membres du Conseil exécutif ne sont parvenus à désigner qu’un seul des deux finalistes, le Qatari Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari, qui a reçu 22 voix. Arrivées en seconde position ex æquo avec 18 voix chacune, la candidate française Audrey Azoulay et l’égyptienne Moushira Khattab doivent encore être départagées par un nouveau vote, ce 13 octobre. (…) Mais la candidature de cette Franco-Marocaine, fille d’ancien banquier conseiller du roi du Maroc, risque de lever contre elle les pays arabes. Sa nomination comme ministre de la Culture en France en février 2016 avait déjà fait grincer des dents, notamment en Algérie. Née en France, Audrey Azoulay appartient aussi par ses parents à la communauté juive marocaine d’Essaouira, un handicap en pleine crise de l’Unesco sur la politique israélienne dans les territoires disputés. «Les Arabes ne veulent pas de la Juive Audrey Azoulay à l’Unesco», notait déjà en mars 2017, sans ambages le site Jforum, qui se présente comme le portail juif francophone sur internet. (…) Les 58 pays membres de l’organisation internationale pourraient donc avoir à choisir entre une Française qui confiait en 2016 au JDD avoir découvert lors de ses études à l’ENA l’«antisémitisme vieille France», et un Qatari, taxé d’antisémitisme par des associations juives américaines » (4)

Le simulacre des élections et la trahison égyptienne

Alors que ses chances sont évaluées comme étant très minces quand elle lance sa candidature , Audry Azoulay parvient à la deuxième place au premier tour du scrutin, devant la candidate égyptienne Moushira Khattab et derrière le candidat qatari Hamad ben Abdelaziz al-Kawari. Au quatrième tour du scrutin, les 58 membres du conseil exécutif ne désignent qu’un seul des deux finalistes, le Qatari Hamad ben Abdelaziz al-Kawari, arrivé en tête avec 22 voix. Audrey Azoulay et Moushira Khattab arrivent ex æquo en seconde position avec 18 voix .   le ministre égyptien des Affaires étrangères appelle à voter pour elle . Hamad ben Abdelaziz al-Kawari . a pâti de la division du monde arabe, exacerbée par la crise du Golfe  Voyant les chances ce leurs candidates très minces , les Egyptiens changent de tactiques Selon le quotidien Egypt Today, des parlementaires égyptiens demandent l’ouverture d’une enquête sur le lobbying financier fait par le Qatar, notamment auprès des pays africains

Le gouvernement égyptien, dont la candidate vient d’être éliminée de la course à la direction de l’Unesco, et qui a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar, a appelé vendredi ses soutiens à voter pour la candidate française, opposée à un candidat qatari. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, présent à Paris, « incite tous ses amis à voter pour la France », a déclaré à l’AFP un membre de la campagne de la candidate égyptienne, éliminée vendredi à l’issue d’un vote pour la départager de la Française Audrey Azoulay.

Celle-ci affrontera vendredi soir le Qatari Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari. (5)

La division des Arabes

« Les divisions entre les pays arabes lit on sur le site RFI ont eu raison de leur accession à la direction générale de l’Unesco. Un poste auquel les Arabes estimaient avoir droit, vu que leur groupe n’a jamais dirigé l’organisation mondiale de l’éducation et la culture. Sauf qu’il a été remporté in extremis, vendredi 13 octobre, par la française Audrey Azoulay aux dépens du candidat du Qatar. C’est l’illustration du vieux dicton arabe selon lequel « les Arabes se sont mis d’accord à ne jamais être d’accord ».

Pour preuve, ils n’étaient pas moins de trois candidats à vouloir prendre la tête de l’Unesco : un Qatarien, une Egyptienne et une Libanaise. (…) A la veille du tour décisif, le Qatarien avec 22 voix et l’Egyptienne avec 18 avaient 10 voix de plus que la majorité absolue. Finalement l’Egypte   a appelé à voter pour la candidate française. Exit les Arabes, sauf aux yeux de quelques internautes qui font remarquer qu’Azoulay est d’origine marocaine. D’autres appellent sarcastiquement Doha à naturaliser Audrey Azoulay qatarienne à coups de millions. (6)

On l’aura compris , les dirigeants arabes par des calculs mesquins ont torpillé l’un des leurs c’est tout bénef pour Israêl qui contemple la cacophonie arabe mais aussi la possible proximité d’Audrey Azoulay avec les revendications d’Israël :

« Les Israéliens se félicitent cependant de l’élection de la Française Audrey Azoulay, ancienne ministre de la Culture, à la tête de l’organisation. En Israël on le souligne, ce qui compte c’est ce qui va se passer dans les faits, (…) On laisse toutefois entendre que l’élection d’Audrey Azoulay est un choix qui va permettre à l’Unesco de choisir une nouvelle voie. Les autres possibilités étaient plus risquées, indique-t-on en Israël, sans plus de précisions. Audrey Azoulay est présentée ici par les médias comme une personnalité juive, et la fille d’un proche ami de Shimon Peres. Mais les Israéliens, particulièrement dans les milieux proches du gouvernement, rappellent que l’Unesco est devenue ces dernières années ce que plusieurs commentateurs qualifient de « théâtre de l’absurde » où se sont surtout multipliées les résolutions anti-israéliennes « (7).

Les raisons du retrait des Etats-Unis et d’Israël

Ce qui est reprochée à l’Unesco peut aisément se comprendre : ce n’est pas un problème de finances qui est en cause. C’est de fait la position de l’Unesco qui a donné une visibilité à la Palestine et qui a tenté de faire l’inventaire de son patrimoine archéologique notamment celui d’Hebron ce qui fait que d’emblée est hors la loi pour ses fouilles La contribution suivante parue sur le journal Le Monde explicite cela : « En quittant une organisation qu’elle juge mal gérée et trop critique à l’égard de l’Etat hébreu, l’administration Trump prend une nouvelle fois ses distances avec un symbole du multilatéralisme. La sentence de Richard Haass, directeur du cercle de réflexion Council on Foreign Relations, n’a guère tardé après l’annonce, jeudi 12 octobre, du prochain retrait des Etats-Unis de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). 

« La politique étrangère de Donald Trump a trouvé son thème : la doctrine du retrait », a estimé cet ancien pilier d’administrations républicaines sur son compte Twitter. , Donald Trump, a pris une nouvelle fois ses distances avec un symbole du multilatéralisme ». (8)

«  En 1984, les Etats-Unis se retiraient déjà de l’Unesco Il s’agit du deuxième départ des Etats-Unis de l’organisation onusienne, et pour pratiquement les mêmes raisons. En 1984, le président républicain Ronald Reagan avait déjà mis en avant une proximité jugée trop grande avec ce qui composait alors l’Union soviétique.  « Cette décision n’a pas été prise à la légère et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants », a assuré, jeudi, le département d’Etat. (…) Dans les faits, les Etats-Unis ont déjà suspendu le versement de leur contribution, en 2011, après la reconnaissance de la Palestine comme Etat membre de l’organisation. Une loi du Congrès interdit en effet le financement de toute entité des Nations unies qui comprendrait en son sein l’Etat palestinien. Cette décision a privé Washington, deux ans plus tard, de droit de vote au sein de l’Unesco, et elle a provoqué l’accumulation d’arriérés de paiement qui devaient prochainement atteindre la somme de 600 millions de dollars . Déplorée par la directrice générale sortante de l’organisation, Irina Bokova, elle a été suivie quelques heures plus tard par un retrait d’Israël, très critique depuis des années vis-à-vis de l’Unesco. « Nous entrons dans une nouvelle ère aux Nations unies, celle où, quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix », a déclaré dans un communiqué Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU. Dans le cas de l’Unesco, Israël suit son allié stratégique, mais en se réservant une marge de manœuvre étroite. Dans un bref communiqué, le bureau de Benyamin Nétanyahou a salué « une décision courageuse et éthique » des Etats-Unis « parce que l’Unesco est devenue un théâtre de l’absurde qui déforme l’Histoire, au lieu de la préserver » (8).

«  (…) A intervalles réguliers, les responsables israéliens s’émeuvent de résolutions adoptées dans l’enceinte de l’Unesco, qui, sous couvert de protection du patrimoine, chercheraient selon eux à nier les liens entre les juifs et leurs sites historiques(…) Début mai, le premier ministre a décidé le gel d’un million de dollars prévus au titre de la contribution d’Israël à l’ONU. Dernier épisode : le 7 juillet, le comité du Patrimoine mondial de l’Unesco a classé la vieille ville d’Hébron (sud de la Cisjordanie) comme site palestinien « d’une valeur universelle exceptionnelle ». (8)

 Jonathan Cook va plus loin , il résume ne quelques lignes qui va dans le même sens, les raisons qui ont amené les Etats unis à quitter l’Unesco et qui sont , ont l’aura compris pas d’ordre financier comme le martèle la représentante américaine aux Nations Unies.. La contribution américaine (150 millions de dollars étant infinitésimale à l’échelle du budget de la défense des Etats Unis   (600 milliards de dollars) soit 0,025 % Signalons au passage que « les États-Unis et Israël ne payent plus leur cotisation depuis l’adhésion des territoires palestiniens autonomes à l’Unesco en 2011, le plan de dépenses pour 2016-2017 n’est toutefois que de 518 millions de dollars. Des économies drastiques, qui ont notamment concerné les frais de personnel et de conférence, mais aussi les projets et programmes se sont donc révélées nécessaires ». (9)

Nous l’écoutons :

« La responsabilité de l’UNESCO, cependant, n’est pas de sauvegarder l’occupation ni de soutenir les efforts d’Israël en matière de judaïsation. Il est là pour faire respecter le droit international et empêcher Israël de faire disparaitre les Palestiniens. « La décision de Trump de quitter l’UNESCO est loin d’être la sienne. Ses prédécesseurs se disputent avec l’agence depuis les années 1970, souvent à cause de son refus de céder à la pression israélienne . Aujourd’hui, Washington a une raison supplémentaire pressante de punir l’UNESCO pour avoir permis à la Palestine de devenir membre. Il doit faire un exemple avec l’organisme culturel pour dissuader d’autres organismes de suivre. L’indignation affectée de Trump contre l’UNESCO et le fait d’ignorer ses programmes mondiaux vitaux rappellent que les États-Unis ne sont pas un «intermédiaire honnête» pour la paix au Moyen-Orient. C’est plutôt le plus grand obstacle à sa réalisation ». (10)

Le problème du caveau des patriarches.

Pour sa part et après les États-Unis, Israël se retirent aussi . : « Israël a engagé des procédures pour quitter l’Unesco, dans la foulée des États-Unis qui dénoncent des « préjugés anti-israéliens » de l’organisation onusienne. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé jeudi qu’Israël avait engagé les procédures nécessaires en vue de son retrait de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), à la suite des États-Unis. « L’Unesco est devenue le théâtre de l’absurde où l’on déforme l’histoire au lieu de la préserver« , a indiqué Benjamin Netanyahu dans un communiqué. La dernière décision de l’Unesco vivement critiquée par Israël et les Etats Unis date du mois de juillet. L’organisation a alors classé la vieille ville d’Hébron comme un patrimoine « palestinien » menacé par la colonisation israélienne. Hébron est une ville antique juive depuis 4 000 ans. La Caveau des Patriarches du Judaïsme se trouve à Hébron actuellement occupée par les palestiniens[souligné par nous pour montrer l’absurdité du discours qui inverse les rôles entre l’occupant et l’occupé ]. A plusieurs reprises, Israël avait aussi contesté plusieurs résolutions portant sur Jérusalem qui reniaient là aussi le lien historique entre les Juifs et la ville sainte. Israël avait d’ailleurs suspendu tous ses liens de travail avec l’Unesco après un vote sur Jérusalem, il y a tout juste un an. Et sur le sujet, la classe politique israélienne est assez unanime : « L’Unesco ne s’occupe pas de l’histoire. Elle s’occupe de déformer l’histoire juive », a également jugé le chef du parti travailliste, l’une des principales formations d’opposition ». (11)

Pendant ce temps business as usual, la communauté internationale lasse de ses résolutions non respectées notamment concernant les implantations dans les territoires occupées où, faut il le rappeler, plus de 550.000 colons se sont installées laisse passer le fait suivant de nouvelles constructions. On apprend que les implantations ont le vent en poupe  Israël approuve en ce mois d’octobre la construction de 4 000 logements en Cisjordanie dont Hébron en plein territoire palestinien Les constructions seraient autorisées à Hébron, Beit El et de nombreuses autres implantations, . Netanyahu ayant l’autorisation de Trymp passe outre tout ce que peut penser la communauté internationales ;

« Il y a deux semaines, Netanyahu a annoncé aux dirigeants des implantations que son gouvernement allait approuver des constructions de logements. A ce moment là, le Premier ministre a dit que le président américain Donald Trump était prêt à tolérer des constructions limitées dans les implantations.   Netanyahu a affirmé qu’il avait convaincu l’administration Trump de ne plus faire de distinction entre les blocs d’implantations et ce que l’on qualifie d’implantations isolées » (10)

Conclusion

La nouvelle directrice générale fera ce qu’il faut pour qu’Israël revienne à l’Unesco il y a un prix à payer. On peut parier que les Etats Unis reviendront aussi. Le peuple palestinien qui faite dans quelques jours les cent ans de la déclaration de Balfour sera une fois de plus le grand perdant Par ailleurs Imaginons le dépit et la colère de la cinquantaine d’intellectuels « arabes » entrainés par l’Egypte pour une cause qu’ils croyaient juste à savoir permettre   àa culture arabe de donner la mesure de son talent et qu’en définitive le même pays qui a manipulé ces personnalités décide de changer de stratégie, il préfère se renier prendre à contre pied les naîfs signataires pour offrir le poste à la française Audrey Azoulay qui pour faire bonne mesure met en avant ses origines marocaines et la proximité avec le Makhzen qui est à des années lumières de ce que peuvent ressentir les peuples arabes ou estampillés tels. Dans cette vaste tragi- comédie, les potentats arabes ont perdu une occasion de se taire. Is passent leurs temps à se chercher des poux dans la tête. C’est à se demander ce que nous avons à gagner en restant dans une ligue arabo-egyptienne ?

Plus largement que restera-t-il de la Palestine ? La diversion et la nomination programmée de la nouvelle directrice de l’Unesco fait que les Américains ont adopté avec les Israéliens une tactique plus payante. On sait que Trump refuse pour le moment que l’ambassade américaine quitte Tel Aviv pour Jérusalem mais comme le déclare le nouvel ambassadeur américain en Israël , il est capable de gérer l’ambassade à partir de son appartement de Jérusalem. Dans le même temps la diversion consiste d’une façon synchrone avec Israël à vider de son sens la réconciliation inter palestinienne et on apprend que pour les Etats Unis le Hamas est toujours une organisation terroriste à moins qu’il ne soit désarmé et qu’il reconnaisse   l’Etat d’Israël . Telle que c’est parti avec Abou Mazen qui obéit au dos et à l’œil à ce que les Israéliens et Américains lui disent , c’en est fini du Hamas qui aura occupé la bande de Gaza pendant dix ans sans aboutir à rien si ce n’est à la rendre la vie des gazaouis plus difficile cette dernière reddition en rase compagne selon toute vraisemblance ce sera le dernier clou sur le cerceuil de la Palestine originelle. Ne restera alors qu’un Banthoustan en peau de léopard.

Y at-il un monde dit arabe ? ou des potentats qui tétanisent des peuples harassés par tant d’horreur ? S’agissant de l’Algérie et en faisant la comptabilité des dizaines de coups de Jarnac que se font les Arabes entre eux ; La question qui se pose est de savoir ce que nous faisons dans cette galère ? Aucun des quatre pays du Front du refus après la reddition égyptienne en rase compagne de Sadat et de son voyage en Israël, n’a été épargné par les « évènements ». Ce fut d’abord l’Algérie qui eut son «printemps de la décennie noir » et ce fut un miracle d’en avoir réchappé ! Ce sera ensuite le tour de la Syrie où de ce qu’il en reste après les ingérences qui ont vu ce pays sur la voie de l’implosion programmée , n’était ce la résilience du peuples syrien à la fois multireligieux . Ce fut le tour tragique de la Lybie avec l’assassinat dans des conditions de Kadhafi   ; C’est le cas du peuple yéménite oublié qui ne finit pas de souffrir car son malheur vient d’une coalition dirigée par le plus rétrograde des potentats arabes mais qui fait les affaires de l’Occident qui lui vend des armes avec l’argent du pétrole.

Quid de l’Algérie ? Au lieu de nous accrocher à des locomotives nous nous accrochons à des potentats arriérés qui briment leurs peuples pour les compte des plus forts. Le monde a profondément changé et en Algérie nous n’avons pas pris la mesure des défis. Je suis presque sûr que notre représentants à l’Unesco ont fait le minimum syndical, sans feu sacré qui nous animait à une certaine époque ; C’est un peu et ce n’est pas un procès le cas plus général de notre diplomatie qui a traversé le siècle avec des schémas classiques pantouflards nous continuons à mettre en avant nos reliques qui n’ont plus court . C’est Talleyrand qui disait que » pour rester dans son parti, il faut changer plusieurs fois d’opinion » Un aggiornamento s’avère indispensable et la consanguinité dans le corps diplomatique qui n’accepte pas d’autres compétence spécifique, car dans ce XXIe siècle de tous les dangers, l’ambassadeur doit être un 4×4 qui doit pouvoir parler dans le siècle du web 3.0 du Dow Jones et du Brent, de l’intelligence artificielle Tout est dit.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Notes

1..Céline Lussato http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20170705.OBS1681/hollande-tente-de-parachuter-azoulay-a-la-tete-de-l-unesco-les-pays-arabes-furieux.html

2.https://fr.wikipedia.org/wiki/Audrey_Azoulay

3.lettre remise au Caire au ministre français des affaires étrangères par 49 intellectuels arabes

4..http://www.europe-israel.org/2017/10/lunesco-aux-mains-dun-qatari-antisemite-les-arabes-ne-veulent-pas-de-la-juive-audrey-azoulay-ex-ministre-a-lunesco/ Oct 13, 20178

5.http://fr.timesofisrael.com/unesco-legypte-appelle-a-voter-pour-la-france-face-au-qatar/

6.http://www.rfi.fr/moyen-orient/20171014-unesco-echappe-pays-arabes-cause-leurs-dissensions

7.http://www.rfi.fr/moyen-orient/20171015-israel-satisfait-election-audrey-azoulay-tete-unesco .

8.http://www.lemonde.fr/international/article/2017/10/13/les-etats-unis-et-israel-se-retirent-de-l-unesco_5200153_3210.html#IfSKgRz1Mwl7pM85.99

9.http://www.unesco.diplo.de/Vertretung/unesco/fr/03-unesco/05-grundlagen/04-programm-haushalt-seite.html

10.https://www.mondialisation.ca/les-vraies-raisons-pour-lesquelles-trump-quitte-unesco/5614000

11..http://www.europe-israel.org/2017/10/apres-les-etats-unis-israel-se-retire-de-lunesco-lunesco-est-devenue-le-theatre-de-labsurde-ou-lon-deforme-lhistoire-au-lieu-de-la-preserver/

12.Jacob Madjid, http://fr.timesofisrael.com/israel-approuve-la-construction-de-4-000-logements-en-cisjordanie/

 
José-Luis Moraguès – BDS34 – José-Luis Moraguès est militant antiraciste, un des porte parole de la Campagne BDS France–Montpellier, et un des animateurs de la Coalition contre Agrexco qui a remporté la première victoire de boycott contre le géant colonial Agrexco-Carmel. Il répond ici à nos questions.

 

CP : Chronique de Palestine : Peux-tu dire quelques mots sur l’historique de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) : ses fondateurs, ses enjeux, ses moyens d’action ?

José-Luis Moraguès : La campagne BDS, de Boycott, Désinvestissement et Sanctions, a été lancée par la société civile palestinienne en juillet 2005. Cette initiative était dès le début très importante car elle a réussi à rassembler plus de 170 organisations palestiniennes qui regroupent tous les courants politiques, syndicaux, ONG, ainsi que les courants religieux. Donc c’est quelque chose de vraiment représentatif du point de vue du nombre et représentatif aussi du point de vue de la composition, puisque dans ces associations sont représentées – ce qui est fondamental – les trois composantes du peuple palestinien qui a éclaté en trois parties avec la création de l’État d’Israël, à savoir : les Palestiniens sous la colonisation qui vivent en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, les Palestiniens réfugiés qui représentent plus de 60% des Palestiniens dont une grande partie est à l’étranger, et les Palestiniens d’Israël qui eux sont restés dans ce qui est aujourd’hui Israël et qui sont complètement discriminés.

Donc cet appel est un événement marquant, fondamental. Pourtant, il n’a pas été repris tout de suite par le mouvement de solidarité. Il aura fallu attendre la guerre israélienne contre Gaza de l’hiver 2008-2009. Au sortir de cette guerre – qui a tué plus de 1400 Palestiniens, dans leur large majorité des civils avec parmi eux plus de 300 enfants, et fait plus de 5500 blessés – l’appel BDS et les actions de boycott sont apparues comme un prolongement tout à fait bienvenu des manifestations de rue et parfaitement adapté pour enfin sanctionner Israël. En effet, l’appel adressé aux sociétés civiles et aux personnes de conscience, leur demande d’engager des actions non-violentes et de larges boycotts jusqu’à ce qu’Israël reconnaisse le droit des Palestiniens à l’autodétermination et respecte le droit international.

L’on retrouve évidemment les trois composantes du peuple palestinien dans les trois principales revendications de cet appel BDS lancé par les Palestiniens, qui sont : la fin de la colonisation, le retour des réfugiés et l’égalité absolue pour les Palestiniens d’Israël. Quant aux moyens d’action, qui sont déterminés par les Palestiniens ce sont :
– le Boycott, c’est-à-dire ne pas acheter de produits israéliens, cesser tout commerce avec les entreprises israéliennes et boycotter les initiatives dans tous les domaines : universitaires, sportifs, culturels, scientifiques, économiques et bien sûr politiques
– le Désinvestissement, de façon à ce que les entreprises françaises ou étrangères qui investissent en Israël retirent leurs fonds, rompent leurs contrats et cessent leur activité dans l’État d’Israël
– et enfin les Sanctions, c’est-à-dire que les institutions à tous les niveaux – municipal, régional, national, européen, au niveau des Nations Unies – appliquent des sanctions contre Israël pour toutes ses violations du droit international.

Du point de vue palestinien c’est donc un Appel qui répond aux situations spécifiques de chaque composante du peuple palestinien, qui reconstruit son unité et qui en rupture avec la logique d’Oslo, abandonne la normalisation et les marchandages de portions de territoire pour prendre comme objectif l’auto-détermination du peuple palestinien. Pour le mouvement de solidarité c’est un Appel qui s’adresse aux sociétés civiles, qui leur demande de passer à l’action non-violente, en ciblant directement les intérêts de l’État d’Israël et leurs représentations selon trois moyens d’actions : le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions.

CP : Comment la campagne BDS s’est-elle développée à Montpellier ?

JLM : A Montpellier, juste après la guerre contre Gaza de l’hiver 2008-2009, en février, nous étions une quinzaine de personnes qui voulions entrer dans Gaza pour témoigner de ce qui s’y était passé, mais nous sommes restés bloqués douze jours à Al-Arish, à la frontière côté égyptien, sans pouvoir entrer dans Gaza. C’est au retour de cette mission que nous avons créé le comité BDS34, un des premiers comités à s’être mis en place et que nous avons immédiatement engagé des actions de boycott dans les magasins contre la présence de produits israéliens

 
 
 

 

 

En mai 2009, à l’initiative de ce comité, nous avons lancé la « Coalition contre Agrexco » qui était la première entreprise israélienne de fruits et légumes, et juste après nous avons participé à la création de la Campagne BDS France au mois de juin de la même année. Nous avons donc participé au déploiement de la coalition contre Agrexco qui a, et c’est important de le souligner, remporté au bout de deux ans et demi la première grande victoire de boycott contre une entreprise israélienne, puisque Agrexco, après avoir fait faillite, a été liquidé par le tribunal de Tel Aviv en septembre 2009.

Après la campagne contre Agrexco, notre comité à bien sûr adhéré à la campagne BDS France au niveau national, et nous avons développé dans ce cadre diverses campagnes, en particulier contre Mehadrin le principal exportateur de fruits et légumes israélien qui a remplacé Agrexco. Les actions ont été menées en particulier chez Carrefour, quelques-unes chez Auchan mais nous avons concentré nos tirs sur un Géant Casino qui après plusieurs années d’interventions a pratiquement cessé la vente des fruits et légumes israéliens à l’occasion d’un changement de directeur avec qui nous avons pu discuter du problème.
Depuis deux ans nous menons campagne contre Mehadrin chez LIDL dans le cadre d’une campagne nationale de BDS France.

Nous avons également développé des actions dont certaines victorieuse sur le terrain culturel à propos du festival du Cinéma Méditerranéen (CINEMED). Pendant des années ce festival officiellement sponsorisé par le consulat d’Israël à Marseille déroulait le tapis rouge pour le consul d’Israël. Nous avons fait plusieurs actions de distribution de tracts avec banderoles, panneaux et prises de parole à l’entrée du festival mais aussi des interventions directes dans les salles de cinémas, dont une très importante en 2014 où nous étions une soixantaine de personnes à avoir, si je puis dire, «envahi l’écran» pour expliquer notre action et dénoncer la présence du consul israélien. Depuis 2015 le consul ne s’invite plus au festival et Israël n’est plus dans la liste des sponsors officiels de ce festival. Nous sommes ravis de constater que les organisateurs ont compris qu’accepter la présence d’un représentant de l’État d’Israël et le soutien de cet État, sous couvert de la culture, ici le cinéma, revenait à blanchir la politique israélienne de colonisation et d’apartheid, alors que les organisateurs eux-mêmes et ils l’ont dit, n’étaient pas d’accord avec cette politique.

De la même manière, le Festival International Montpellier Danse invitait systématiquement le consul israélien. Nous avons fait plusieurs interventions, allant même jusqu’à passer par les toits pour jeter des tracts et déployer des drapeaux palestiniens au dessus du spectacle en plein air, et nous avons eu le plaisir de constater en 2017, là aussi, l’absence du consul israélien et noté qu’Israël ne sponsorisait plus ce festival. On espère que cette décision est définitive.

Et enfin, il y a une campagne spécifique à Montpellier, car c’est le seul endroit en Europe où les sionistes – pour reprendre le nom qu’ils se donnent eux-mêmes dans leurs déclarations – organisent ce qu’ils nomment «la journée de Jérusalem». En juin, depuis 39 ans, ils commémorent la « réunification de Jérusalem ». Il s’agit en fait de la prise de Jérusalem en 1967 par Moshé Dayan à la tête de l’armée israélienne et de la décision de la Knesset un mois plus tard qui décrète Jérusalem « capitale une et indivisible d’Israël ». Et bien, nous avons ce scandale vivant à Montpellier – où la municipalité, depuis 39 ans, prête gratuitement un parc municipal avec tout le matériel nécessaire et où défilent les élus des exécutifs de la Région, du Département, de la Ville et de la Métropole qui tous sponsorisent l’événement avec l’argent des contribuables. Tous sont présents ou représentés pour participer à une fête coloniale qui commémore, aux côtés du consul d’Israël un fait colonial condamné par l’ONU : Jérusalem capitale d’Israël, et tous se lèvent comme un seul homme pour saluer le drapeau israélien au son de l’hymne israélien.

Depuis 2010, avec BDS nous avons lancé une pétition, organisé des conférences, et chaque année une manifestation à l’entrée du parc où se déroule la fête sous haute surveillance policière. En 2015 nous avons obtenu un premier résultat puisque la mairie a fait payer la location du parc et du matériel aux organisateurs, et en juin 2017 la « journée » habituelle n’a pas eu lieu, l’événement ne s’est tenu qu’en soirée, sans affichage public, sur inscription et dans un palais des sports (dont il faudra vérifier la facturation). 2018 nous dira si enfin le contenu colonial de cette fête a été abandonné au profit d’une fête culturelle et cultuelle juive « normale » à laquelle nous aurions plaisir à aller. Mais nous restons vigilants et continuerons les actions si ce n’était pas le cas.

CP : Israël craint manifestement cette campagne BDS et considère comme tout à fait stratégique de la contrecarrer. Comment se déclinent les attaques anti-BDS en France et quels sont leurs effets ?

JLM : Le mouvement de solidarité avec la Palestine a toujours été en butte aux attaques des relais de l’État d’Israël en France, notamment de la part du CRIF, par exemple. Ce n’est donc pas la première fois qu’il y a des plaintes ou des procès pour antisémitisme auprès de gens absolument insoupçonnables, comme Daniel Mermet, l’animateur de l’émission radiodiffusée «Là-bas si j’y suis», Pascal Boniface, le directeur de l’Institut de Relations Internationales ou encore le dessinateur Siné. Donc à ce titre, le BDS a été depuis sa création, attaqué et traité d’antisémite.

Mais la caractéristique principale de ces attaques était que jusque ici, c’étaient les officines sionistes en France qui s’emparaient de ce genre de campagnes et en étaient les seules actrices. Or depuis qu’Israël a déclaré que BDS était une menace stratégique pour son existence on assiste au niveau international à l’intervention directe de l’État d’Israël auprès des États et leurs gouvernements via tous les canaux officiels et officieux. Tout est fait pour interdire l’expression de BDS, ses manifestations, conférences etc. En France l’ambassadeur d’Israël s’est même autorisé à demander publiquement l’interdiction de certaines conférences dans les universités à l’occasion de la Semaine Internationale contre l’Apartheid. Et ça c’est nouveau.

Dès 2010, sous N. Sarkozy, la circulaire Alliot-Marie incitait les parquets à déclencher des poursuites pour la moindre action BDS. Mais c’est surtout à partir de 2013-2014 que la pression gouvernementale israélienne s’est exercée directement, après la déclaration de guerre officielle d’Israël contre BDS.

C’est ainsi que l’on a entendu en France, par exemple François Hollande déclarer en 2014 lors de la guerre israélienne contre Gaza, que Israël «avait le droit de se défendre», ce qui était un encouragement direct aux crimes en train d’être commis. Que dans la foulée, l’État français a interdit, l’été 2014, des manifestations de solidarité avec la Palestine à Paris et dans d’autres villes dont Montpellier. C’est la raison pour laquelle à Montpellier, nous avons occupé fin juillet 2014, le local de la Fédération Départementale du Parti Socialiste, lequel a immédiatement porté plainte contre deux porte parole de notre Comité.

 

En octobre 2014 la police est allée jusqu’à attaquer et détruire notre chapiteau BDS sur la place centrale de la ville de Montpellier. Au même moment, Manuel Valls, reprenant le slogan du CRIF, a publiquement déclaré à plusieurs reprises que «l’antisionisme est la première étape de l’antisémitisme ». Plus récemment, à Paris, à l’instigation de la maire Anne Hidalgo, le Conseil de la ville a adopté un vœu en février dernier condamnant les appels au boycott et a menacé de priver de subventions les ONG qui soutiennent BDS. Et enfin, le nouveau président de la république M. Macron, a déclaré à B. Netanyahu qu’il avait invité en France : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ».

Ces initiatives sont tout à fait visibles au niveau international, et pas seulement en France. Aux États-Unis cela atteint des niveaux très élevés, en Grande-Bretagne également où ont été organisés des opérations de désinformation contre Jeremy Corbyn et plusieurs membres de son parti – le Labour – qui ont été attaqués pour leurs positions pro-palestiniennes. Dans l ‘État d’Espagne, où plus de 50 municipalités, dont Barcelone, ont osé prendre des mesures contre les produits israéliens et décréter des «zones libres d’apartheid», il y a eu également des pressions pour faire voter (sans succès) aux Cortès des mesures contre le BDS.

Voilà la caractéristique de cette offensive récente contre le BDS : alors qu’en France par exemple, l’image d’Israël est en chute libre et que les lobbies sionistes sont déconsidérés du fait de leurs accusations permanentes, excessives et infondées, c’est désormais le gouvernement et ses institutions qui reprennent à leur compte la défense d’Israël et la campagne israélienne anti-BDS. D’où les mesures et la nature des attaques politiques, juridiques et policières contre BDS.

CP : Comment expliquer cet engagement des États auprès d’Israël et contre le BDS ?

JLM : Le soutien à Israël est une constante de la politique de l’Union Européenne. Israël est le seul pays non européen à bénéficier de la plupart des avantages économiques, universitaires et culturels réservés aux seuls membres de l’UE sans en avoir les contraintes ni en payer les contreparties. Sans doute est-il ainsi récompensé de son rôle de poste avancé de l’impérialisme occidental au Moyen Orient. Les critiques de l’UE à l’égard des violations israéliennes du droit international et des droits humains ne s’expriment que sous la pression de l’opinion internationale, face aux massacres et aux exactions répétées d’Israël, et elles ne se concrétisent jamais en sanctions réelles.

Mais au sein de l’UE, certains pays, dont la France en particulier, ont franchi un cap en s’attaquant directement au BDS. On a toujours considéré que le soutien à Israël était en France le produit de trois forces : le poids de la culpabilité d’avoir collaboré à la déportation des juifs et donc à leur génocide, le poids des lobbies sionistes nombreux et particulièrement actifs en France du fait même de cette collaboration et enfin, l’alignement progressif de la France sur les positions étatsuniennes (Atlantisme).

Mais ce qui se passe aujourd’hui et qui surdétermine l’ensemble est d’une toute autre nature. Il s’agit de l’adhésion revendiquée au paradigme de la guerre contre le terrorisme islamiste et de sa mise en œuvre offensive. Le paradigme de la guerre contre le « terrorisme islamiste » extérieur et intérieur, préconisé avant même le 11 septembre par les néo-conservateurs israéliens, était l’apanage de l’État d’Israël supposé menacé à l’extérieur par l’Iran, qualifié d’État terroriste et supposé menacé de l’intérieur par le « terrorisme palestinien ».

Le socialiste François Hollande restera dans l’Histoire comme le président qui en un seul mandat a instauré et verrouillé l’application de ce paradigme. C’est lui qui a mené le plus grand nombre de guerres soi disant contre le terrorisme en Afrique et au Moyen Orient et c’est lui qui également a imposé et pérennisé l’état d’urgence sur le plan intérieur, déclarant à tout bout de champ avec son premier ministre M. Valls : « Nous sommes en guerre ».

 

Pourtant tout le monde sait que la colonisation de peuplement israélienne repose sur un système d’apartheid. Nos dirigeants le savent parfaitement, même les dirigeants étatsuniens le savent ! John Kerry l’a dit ouvertement et un rapport conséquent de l’ONU l’a constaté. Chacun sait aussi que dans cet apartheid et donc dans ce système raciste, les arabes sont considérés comme la race inférieure, d’ailleurs les sionistes ne disent pas : « les Palestiniens » ils disent : « les Arabes ». Comment expliquer que « nos démocraties occidentales » parfaitement informées de tout ceci continuent, comme si de rien n’était, d’entretenir des relations « normales » et même privilégiées avec Israël, un État d’apartheid, un État raciste ? Et comment se fait-il qu’elles aient endossé aussi facilement le paradigme de la lutte contre le terrorisme islamiste qui est fondé sur le racisme et l’islamophobie ? La seule explication c’est qu’au fond, nos démocraties occidentales partagent cette vision d’un monde hiérarchisé, dont la hiérarchie est commandée par l’idée qu’il y a des êtres supérieurs et d’autres inférieurs, des civilisations, des cultures (occidentales) supérieures et d’autres inférieures.

Le courant politique décolonial qui nous vient d’Amérique Latine et qui développe en France l’antiracisme politique analyse très clairement les manifestations de ce qu’il nomme après le sociologue péruvien Anibal Quijano : « la colonialité du pouvoir », c’est à dire une structuration raciste des rapports sociaux directement issue des rapports coloniaux fabriqués par l’occident et qui a pris le relai du pouvoir colonial « classique » au moment de la disparition des institutions coloniales proprement dites. [1]

Le mouvement BDS s’oppose frontalement et radicalement à l’apartheid, au sionisme et donc à cette vision du monde raciste dans laquelle la race est l’élément discriminant de base. De ce fait le BDS est un véritable danger pour les tenants de la prétendue guerre contre le terrorisme. D’où les attaques qu’il subit de la part d’Israël et de nos gouvernements successifs…

CP : Justement, comment ces attaques se déclinent-elles dans les autres régions, et ici à Montpellier en particulier ?

JLM : Le fait que le gouvernement et tous les courants politiques du gouvernement, avec le Parti socialiste en tête, s’impliquent totalement dans la solidarité avec Israël, a eu pour effet la multiplication des procès. Cela s’est traduit par des pressions et des interventions auprès de l’appareil de la justice. La plupart des procès – à l’exclusion du premier qui a eu lieu à Bordeaux où une personne avait apposé des auto-collants sur des produits israéliens – ce qui est considéré comme une « dégradation légère » – tous les procès qui ont eu lieu s’appliquaient à des personnes qui distribuaient des tracts devant des magasins. C’étaient pourtant des actions tout à fait pacifiques et non-violentes.

Le moment culminant de cette vague de procès pour distribution de tracts devant des grandes surfaces commerciales, a été l’arrêt de la Cour de Cassation confirmant une condamnation, en invoquant l’argument selon lequel le boycott était une forme de discrimination à l’égard des agriculteurs [israéliens] c’est-à-dire un groupe de personnes appartenant à l’État d’Israël. Il s’agissait donc, selon ce raisonnement, d’une discrimination à caractère antisémite !… Ainsi 12 militants de Mulhouse ont été condamnés à un total de 32 000€ pour ce motif totalement infondé ! Ils ont fait appel devant la Cour de Justice Européenne.
Il y a des procès toujours en cours. Par exemple à Metz, le collectif BDS57 avait envoyé une lettre aux pharmaciens pour dénoncer la politique de Teva, une entreprise israélienne de médicaments fabriquant des produits génériques. Le président du Collectif BDS57 est poursuivi par TEVA pour le simple fait d’avoir envoyé cette lettre. Alors que les juges avaient décidé la prescription en première instance. Comme dans de nombreux cas c’est le parquet qui a fait appel, rejoint par les officines sionistes habituelles. Le jugement en appel a été fixé au 5 octobre 2017.

A Toulouse des militants qui avaient distribué des tracts à plus de 100 mètres d’un magasin pour dénoncer le fait d’avoir été agressés par une officine sioniste, la LDJ (Ligue de Défense Juive, organisation d’extrême-droite) lors d’une précédente distribution de tracts, se sont vus eux aussi attaqués et condamnés. Non pas pour discrimination raciale mais pour entrave à l’exercice du commerce … Et ils ont été condamnés chacun à une amende de près de 1000 euros. Antérieurement et plus près d’ici, il y a eu à Perpignan également des militants poursuivis et condamnés, mais qui ont gagné en appel.

CP : Et à Montpellier ?

JLM : Par le nombre d’actions menées et les terrains couverts, par la nature offensive des actions strictement non-violentes, par les cibles choisies et le nombre de militants-tes participant aux actions, par le développement du comité et son influence, le comité BDS France–Montpellier est un comité très actif de la Campagne BDS France. A ce titre il a concentré sur lui de nombreuses attaques au point qu’il n’est pas exagéré de dire qu’il a été et reste un laboratoire de la « guerre » menée contre BDS par Israël et ses alliés du gouvernement en France.

Profitant d’une plainte déposée contre deux porte parole du Comité BDS Montpellier [2], la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme) s’est portée partie civile au procès et a développé une campagne offensive durant plus d’un an contre BDS Montpellier. C’était habile, car même si la LICRA est bien connue pour son soutien à Israël, elle n’est pas publiquement sioniste comme le CRIF par exemple. N’empêche qu’elle a mené pendant plus d’un an et jusqu’à la fin du procès contre nos deux porte parole qui ont été relaxés en appel, une intense campagne de lobbying allant même jusqu’à rassembler régionalement à Montpellier les officines sionistes (CRIF etc…) dans une manifestation de près de 200 personnes au mois de mai 2015 contre BDS Montpellier.

Nulle part en France on a vu une telle offensive. La LICRA et ses amis ont exigé des pouvoirs publics (Préfecture et Mairie) l’interdiction de toute manifestation et expression publique du comité BDS Montpellier et surtout l’interdiction de ses stands place de la Comédie au centre ville où passent des milliers de personnes. Et ils ont partiellement obtenu satisfaction ! Alors que depuis près de 10 ans les maires successifs de Montpellier toléraient sans demande d’autorisation les stands BDS avec chapiteau, l’actuel maire de Montpellier interdit depuis mai 2015 les stands BDS sans autorisation, et a systématiquement opposé un refus aux demandes d’autorisations. Alors même que les stands de nombreuses associations étaient tolérés sans problème… Le ciblage contre BDS était clair et il persiste.

Mais nous avons refusé de nous plier à cette atteinte à la liberté d’expression du BDS et nous avons continué et continuons à tenir nos stands. Après plusieurs interventions de la police municipale qui a tenté de nous faire partir et nous a dressé des procès-verbaux (avec audition par la police) pour occupation illégale de l’espace public, le 17 octobre 2015 la police nationale a attaqué et détruit notre chapiteau place de la Comédie, sous les huées des passants qui se sont portés à notre secours et le 31 octobre suivant, la préfecture est allée jusqu’à nous interdire une manifestation de soutien à la Palestine, fait rarissime et extrêmement grave contre lequel nous avons déposé une plainte au Tribunal Administratif.

Malgré toutes ces intimidations nous n’avons cessé d’être présents Place de la Comédie sous des formes diverses et nous avons organisé à trois reprises, avec une quinzaine d’organisations solidaires de BDS, des « Occupy Comédie » de la place de la Comédie. Chaque organisation amène sa table et expose son matériel d’information, diffuse ses tracts etc… imposant ainsi collectivement la liberté d’expression pour BDS bien sûr, mais aussi pour l’ensemble du mouvement social et associatif.

Par la suite un de nos porte parole a été convoqué à la police et auditionné pour avoir porté le tee shirt de la Campagne BDS France sur lequel est écrit : Boycott Israël Apartheid. C’est dire que les intimidations n’ont pas cessé.

C’est dans ce contexte d’intimidations répétées contre notre comité que l’entreprise Lidl, chez qui nous avons mené de nombreuses actions, a déposé une série de plaintes contre nous. En effet, une campagne BDS nationale a été lancée en 2016 contre l’entreprise israélienne Mehadrin chez Lidl qui commercialise nombre de ses productions (fruits et légumes). Localement, nous avons mené plus de 25 actions en l’espace d’un an, avec un travail sur les quartiers, des campagnes d’affichage, pour dénoncer la présence de ces produits et demander à Lidl de cesser de commercer avec cette entreprise. Nous avons aussi occupé la direction régionale de cette entreprise à Lunel pour obtenir un rendez-vous avec la direction afin de protester contre la présence des produits israéliens. Rendez-vous que nous avons obtenu grâce à l’occupation. C’était donc une campagne non-violente, nationale et locale, construite et offensive.

Lidl a déposé contre nous un total de huit plaintes et nous avons été quatre militants à être auditionnés par la police à deux reprises en 2016 et 2017. En mai dernier l’avocat du BNVCA [[Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme]] (qui a plaidé dans le procès contre nos deux porte parole) a tenté une provocation dans un magasin lors d’une action BDS. Il a porté plainte contre l’un de nos porte parole pour soit disant : « menaces sur avocat » alors même que c’est lui que la sécurité du magasin a raccompagné à la sortie tellement il criait et s’excitait contre nous. Ça nous a valu une nouvelle convocation et audition par la police…

CP : Au final quel bilan tirez-vous de ces attaques contre BDS et contre votre comité en particulier ?

JLM : La première attaque est venue du Parti Socialiste qui a porté une plainte nominative contre deux de nos porte parole alors que l’occupation de leur locaux était une action politique, collective, co-organisée et revendiquée par BDS Montpellier, le MIB et le NPA. Quand à peine quinze jours après la plainte du PS, la LDH a porté ses accusations absurdes de négationnisme et d’antisémitisme contre nos deux camarades, nous avons immédiatement compris qu’il s’agissait d’une offensive contre le comité BDS de Montpellier et contre le BDS en général. En effet la LDH 34 (Hérault) argumentait en disant que notre « antisionisme radical était un dérapage vers l’antisémitisme ». De fait, elle reprenait presque mot pour mot les propos du premier ministre socialiste M. Valls qui entonnait déjà avec le CRIF : « L’antisionisme est synonyme de l’antisémitisme » et nous savons bien que dans la LDH il y a un courant PS très influent. A ce moment là nous avons compris que le but des plaintes était, à travers nos deux camarades, de faire passer notre comité pour antisémite et ainsi salir également le BDS tout entier par la même occasion.

Alors nous avons décidé que la meilleure façon de prouver l’innocence de nos deux camarades et faire échouer la manœuvre était d’intensifier nos actions BDS et de nous développer. Nous avons donc mis en place un plan de travail audacieux et l’avons suivi. 2015 et 2016 ont été des années extrêmement productives de notre comité. Aussi quand l’offensive de la LICRA a commencé en avril 2015, nous étions déjà en ordre de bataille et dans l’action. La nature d’atteinte à la liberté d’expression des attaques gouvernementales (la préfecture) et municipales (la mairie) ont suscité un courant de sympathie parmi nos amis dont certains s’étaient éloignés du fait du procès et des accusations portées par la LDH. Le résultat du procès a balayé les doutes des hésitants et porté un coup considérable aux parties civiles. Seul le BNVCA poursuit sans succès ses plaintes.

A ce jour nous considérons que nos analyses étaient justes, en particulier sur la nature coloniale du PS et de ses amis, que la riposte aux attaques (LICRA, État et municipalité) par l’action et l’élargissement du soutien à BDS étaient le bon choix et nous gardons le cap !

CP : Quels sont aujourd’hui les enjeux de la campagne BDS en France ? Quelles sont ses perspectives ? Quelles suggestions ou recommandations pourraient être faites ?

Dans un mouvement hétéroclite comme la Campagne BDS France (une cinquantaine d’organisations nationales et un peu plus de cinquante comités de villes) les approches et les réactions sont diverses, il faut toutes les respecter car les histoires et les contextes sont différents. C’est à chacun de faire ses expériences et les preuves de la justesse de ses positions par les faits et les résultats obtenus. Les procès, la décision de la Cour de Cassation ont fait l’effet d’une douche froide. C’est une réaction normale et temporaire car quelque soit le niveau de répression, l’Histoire montre que la résistance et la lutte sont toujours possibles.

Je m’en tiendrai à notre expérience locale pour dire que l’enjeu fondamental c’est la poursuite des actions de terrain dans le cadre de campagne construites en vue de créer un rapport de force progressif, des campagnes suivies avec cibles restreintes et objectifs précis avec une exigence de résultats. Les résultats, on le sait, sont aussi conditionnés par le nombre qui permet le développement, l’extension et l’amplification de notre activité et donc par l’adhésion de nouvelles forces militantes. C’est ce cercle vertueux qu’il nous faut entretenir.

 

 

Quand nous discutons avec les personnes sur les stands et lors des distributions de tracts, comment leur donnons-nous l’envie de nous rejoindre ? En leur parlant des actions qu’on mène, de comment ils pourraient y participer et progressivement en devenir des acteurs et même des organisateurs. Les jeunes – et ils ont raison – veulent transformer la réalité et combattre les injustices par l’action, sur le terrain.

Se poser la question du développement de BDS France, c’est à dire du recrutement de nouveaux militants, est donc un enjeu vital immédiat et à long terme.

Bien sûr il reste encore de nombreuses associations, syndicats et partis avec qui il faut discuter pour les inviter à adhérer à la Campagne BDS France, c’est indispensable et d’un réel soutien politique, mais ce sont des adhésions par « le sommet », peut-être quelques militants et militantes de ces organisations viendront rejoindre les rangs des comités de villes mais dans le contexte d’offensive libérale et de démobilisation que nous traversons, les militants organisés sont saturés de travail et à de rares exceptions, peu disponibles pour s’investir à fond dans BDS. Et donc l’essentiel du potentiel des forces militantes est ailleurs, il est chez les inorganisés que nous rencontrons dans le travail à la base, dans l’action de terrain.

Et là, il nous faut être attentif aux recommandations du BNC appuyées par plusieurs interventions d’O. Barghouti. Que nous disent-ils ? Ils nous disent que de par la colonisation de peuplement, l’apartheid et le génocide progressif de Gaza les Palestiniens sont partie intégrante des populations les plus opprimées au monde et en particulier celles qui subissent le racisme, et que c’est vers elles que nous devons nous tourner, à la fois pour les soutenir mais aussi pour les amener au BDS car elles sont à même de mieux comprendre et se sentir partie prenante des aspirations des Palestiniens.

 

Le Comité BDS Montpellier est composée depuis sa création d’une majorité de personnes, jeunes pour la plupart, des quartiers populaires et de l’immigration coloniale, c’est un héritage de la CCIPPP34 d’avant BDS et de l’histoire de notre comité. Les personnes qui s’arrêtent à notre stand place de la Comédie, qui nous aident financièrement, qui signent nos pétitions, qui prennent contact avec nous, qui viennent à nos réunions et participent aux actions, sont dans leur écrasante majorité des hommes et des femmes, jeunes, issus-ues des quartiers populaires. Je l’ai déjà dit, c’est pareil dans les grandes manifestations de solidarité, les quartiers représentent plus de 80% des manifestants.

A quoi tient cette sensibilité particulière à la cause palestinienne ? Le plus fréquemment les plus jeunes ont entendu parler de ce problème en famille par les parents, mais dans ce cas c’est souvent sous l’angle des malheurs et des souffrances subies par les Palestiniens. Le fait d’être arabes et musulmans est évidemment une porte d’entrée culturelle et cultuelle qui facilite aussi le rapprochement et l’intérêt pour la Palestine. Bien sûr ces facteurs sont actifs chez les jeunes qui nous approchent mais l’expérience me fait dire que le facteur déterminant qui les fait se sentir proche des Palestiniens c’est le fait de partager avec eux une même réalité : la réalité d’un racisme d’État et de ses méfaits quotidiens dans tous les domaines de la vie. Les réseaux sociaux offrent aujourd’hui profusion d’images de la réalité concrète vécue par les Palestiniens et même si la colonisation et l’occupation militaire sont sans aucune mesure d’une violence létale bien plus élevée en Palestine, il n’empêche que les incessants contrôles d’identité au faciès, les brimades et humiliations de la police, les traques de la BAC, les crimes policiers, l’immunité policière et les emprisonnements pour faits mineurs facilitent les identifications avec les Palestiniens. [3]

Pour son développement, le mouvement BDS a besoin de ces forces, de ces jeunes (et moins jeunes) « racisés » [4] des quartiers populaires car ils connaissent de l’intérieur le racisme et l’injustice structurelle du système. Ils amènent avec eux leur énergie, la colère, la révolte et le courage nécessaires pour se battre mais aussi l’affirmation d’une dignité revendiquée. Ils font preuve d’une grande clairvoyance face aux injustices, au colonialisme et au paternalisme et leur exigence de justice est d’une intransigeance salutaire pour garder le cap. Cette exigence de justice pour la cause palestinienne est d’autant plus forte qu’elle est portée par l’exigence de justice pour eux-mêmes. En combattant le racisme colonial et l’apartheid qui sévissent en Palestine, ils s’inscrivent ici dans un front de lutte contre la colonialité du pouvoir, c’est à dire contre le racisme d’État et un capitalisme mondial qui sont les formes contemporaines structurelles de la suite de l’histoire coloniale, qui a marqué l’histoire de leurs parents et de l’immigration en général.

Ces militants et militantes, car il y a souvent plus de jeunes filles et jeunes femmes que de jeunes hommes, co-fondateurs du comité, ont incontestablement transformé les pratiques de solidarité à la Palestine antérieures à BDS.

Ils et elles ont su imprimer un rythme élevé d’activité, des modalités audacieuses d’interventions, une volonté opiniâtre de gagner – on lâche rien ! – un partage enthousiaste et vivant de la cause palestinienne et une énergie communicative qui attire les nouveaux militants-tes. Bref, ils et elles ont fait la Campagne BDS France-Montpellier, ils et elles en sont la « marque de fabrique », son style et sa signature.

Donc, oui, je crois en effet que ces forces ont un rôle primordial à jouer dans le BDS, mais bien évidemment il faut tenir compte des contextes et s’adresser sans exclusive à tous les courants et toutes les composantes de la société civile en France.

Notes :

[1] Selon A. Quijano la « Colonialité du pouvoir » est le modèle d’un pouvoir global caractérisé par un système de domination colonial occidental, fondé sur l’idée de race et d’un mode d’exploitation capitaliste ouvert sur le marché mondial qui apparaît avec la découverte de l’Amérique …

[2] Plainte injustifiée et irresponsable déposée par la LDH (Ligue des droits de l’Homme) en octobre 2014, suivie par le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples) à laquelle se sont portées partie civiles les officines sionistes : BNVCA (Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme), France-Israël et Avocats sans Frontières. Le procès a duré 2 ans et demi au terme duquel malgré le contexte des attentats et le climat d’islamophobie, nos deux camarades, Saadia et Husein, ont été relaxés par la Cour d’Appel.

[3] Ceci n’est pas un scoop ! ça fait plus de vingt ans que le MIB dénonce et combat la « gestion coloniale des quartiers » ! Que le courant politique des quartiers populaires et de l’immigration qui anime aujourd’hui le courant décolonial et l’antiracisme politique développe ces thèses au sein du courant de solidarité à la Palestine ; il était majoritairement présent à la création de la CCIPPP, présent aussi à la création de BDS, il a impulsé et animé les grandes manifestations de soutien contre la série d’offensives israéliennes en Cisjordanie et Gaza depuis 2002 à aujourd’hui, et participe activement aux campagnes de soutien de G. Ibrahim Abdallah etc.

[4] Les « racisés-ées » sont les personnes qui sont la cible d’un dispositif d’assignation sociale spécifique, socialement construit qui discrimine les « non blancs » dans la continuité des rapports coloniaux.

Source : http://chroniquepalestine.com/bds-oppose-radicalement-sionisme-vision-raciste-monde/

3 octobre 2017 – Propos recueillis par Chronique de Palestine

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 05:08

 

 

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 16:06

 

 

Edouard Philippe, impliqué dans le pillage de l’uranium du Niger par Areva et dans un conflit d’intérêt

 

Comme Ministre, Macron était "en première ligne pour sauver l'industrie nucléaire",se souvient l'administrateur général du CEA,Daniel Verwaerde

   De plus ,l'ancienne torera Marie Sara a été investie pour représenter le parti du nouveau Président dans la deuxième circonscription du Gard. M. Macron n'ignore certainement pas que 66 % des Français se déclarent contre les corridasPour un autre choix qu'entre la peste et la torera,c'est là:

http://www.cyberacteurs.org/lettres/lettre_15-05-2017.html

Toutes nos pétitions et cyberactions sur cette page http://www.cyberacteurs.org/cyberactions

 

L'intelligence du méchant par Vincent Boyer [10-05-2017]

Est-il rationnel d'agir avec justice ? La philosophie morale contemporaine semble le penser, mais on peut en douter : la raison nous recommande souvent de servir avant tout nos intérêts, quitte pour cela à être injuste. Et il faut en conséquence bien plus pour convaincre le méchant que la seule force du raisonnement.

2/ Mais qu'est donc ce merveilleux Macron ?

Edouard Philippe, un chef de gouvernement pas très « vert 

Ancien cadre d’Areva, le premier ministre a voté comme député contre les lois sur la transition énergétique et sur la biodiversité.

LE MONDE |

 

Le chef de l’Etat, qui n’a guère fait campagne sur les thématiques environnementales, s’est choisi un premier ministre, Edouard Philippe, lui-même peu sensible à l’écologie. Le maire du Havre (depuis 2010), diplômé de Sciences Po et de l’ENA, n’a pas vraiment manifesté, dans son parcours professionnel pas davantage que dans ses mandats électifs, d’attrait pour les questions environnementales.

Les ONG écologistes s’alarment de son passé – à leurs yeux de son passif – au sein du groupe Areva, alors fleuron du nucléaire français, dont il a été directeur des affaires publiques de 2007 à 2010. « Cette nomination est extrêmement inquiétante au regard des enjeux actuels, écrit le réseau Sortir du nucléaire. Aucune complaisance ne saurait être tolérée envers l’industrie nucléaire de la part de l’exécutif. Mais cette nomination d’un ancien VRP d’Areva laisse craindre le pire et en dit long sur l’intérêt d’Emmanuel Macron pour la transition énergétique. »

L’Observatoire du nucléaire, de son côté, affirme que chez Areva M. Philippe a eu pour activité principale de « s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome ». Et qu’à ce titre, il n’a pas été étranger, en 2008, à l’« accord signé entre Areva et le pouvoir du Niger concernant l’exploitation de l’uranium, accord immédiatement contesté par le Mouvement des Nigériens pour la justice ».

« Lobbyiste professionnel »

A l’Assemblée nationale, le député (UMP puis LR) de Seine-Maritime n’a pas brillé par son engagement pour l’écologie, quand il n’a pas œuvré contre. A l’unisson de sa famille politique, il y a voté en défaveur de la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte, de même que contre la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Sur l’épineux dossier du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il appelait à passer aux actes, dans une interview sur France Info en octobre dernier. Celui qui était alors le porte-parole d’Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre espérait « qu’on pourrait engager les travaux avant mai ou juin 2017 ».

« Je souhaite au premier ministre de réussir, mais je ne saute pas de joie à la nomination d’un homme qui a voté contre la loi sur la transparence de la vie publique, contre les lois en faveur de l’écologie, et qui est un lobbyiste professionnel », réagit la députée PS des Deux-Sèvres Delphine Batho, ancienne ministre de l’écologie, de juin 2012 à juillet 2013, dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Elle « ne garde pas souvenir d’intervention marquante » sur les questions environnementales de M. Philippe durant cette période, pendant laquelle il était pourtant membre de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale.

A cette époque, le maire du Havre avait suscité l’espoir, dans sa ville, de s’engager dans la voie de la transition énergétique. En 2011, un an après son accession à la mairie à la suite de la démission de son prédécesseur, il annonçait qu’Areva, son ancien employeur, allait implanter sur le port deux usines de fabrication de pales et de nacelles d’éoliennes offshore. Le projet s’inscrivait dans le cadre de l’appel d’offres du gouvernement pour développer l’éolien marin le long des côtes, avec notamment l’implantation de 600 turbines au large du Tréport et de Fécamp. Las, en 2016, Areva, confrontée à une crise économique sans précédent, se sépare de son activité dans l’éolien en mer, qu’elle cède à la société Adwen (Siemens-Gamesa). Les usines pourraient dorénavant retrouver des vents favorables alors que les permis de construire ont été déposés par le consortium en avril, dans l’espoir de déboucher sur la création de 750 emplois.

Une des dernières centrales au charbon

« Pour le reste, Edouard Philippe a fonctionné pendant sept ans avec un vieux logiciel productiviste tourné vers les énergies sales, juge Alexis Deck, le seul conseiller municipal havrais d’Europe Ecologie-Les Verts. Il m’a dit un jour : “Entre l’emploi et l’environnement, je choisirai toujours l’emploi.” Cela résume bien sa position, qui ne comprend pas que les deux peuvent aller de pair. » Une préférence qu’il l’a notamment conduit à défendre à tout prix la centrale au charbon de la ville, qui emploie 180 salariés, l’une des quatre dernières de France.

Alors que l’Hexagone s’était engagé à sortir de cette énergie fossile des plus nocives, lors de la conférence sur le climat de Paris en novembre 2015, le maire a fait pression auprès de la ministre de l’environnement avec les autres élus locaux, de gauche comme de droite, et les syndicats. Ils ont obtenu de Ségolène Royal qu’elle revienne sur sa décision de fermer le site en 2023 au lieu de 2035. « On a en a pris pour treize ans de charbon supplémentaires, alors que la centrale émet chaque année des milliers de tonnes de polluants atmosphériques », dénonce Alexis Deck.

Economie circulaire et zéro-phyto

Une critique que réfute Marc Migraine, l’adjoint au maire chargé de l’environnement, qui rappelle que « l’industrie a fait des progrès considérables pour limiter les émissions » et que « près de 200 millions d’euros ont été dépensés en 2014 et 2015 pour moderniser la centrale ». Pour lui, Edouard Philippe a compris que « le développement durable était un enjeu pour transformer l’image de la ville ». Au titre de ses réalisations, il cite la réduction des émissions de dioxyde de carbone de 3 % par an, la baisse de la consommation d’eau de 40 % en six ans, l’interdiction des produits phytosanitaires dans les jardins publics depuis 2013 ou encore un projet d’économie circulaire, avec la réutilisation de l’énergie résiduelle de la zone industrielle pour chauffer un quartier de 15 000 habitants.

« Son bilan est mitigé, juge malgré tout Annie Leroy, vice-présidente de l’association Ecologie pour Le Havre. Le maire, qui est aussi président de la communauté de communes, a amélioré le tri des déchets en nous dotant d’une centrale de tri performante. Mais il n’a pas développé les mobilités douces. » « Certes, il y a des nouvelles pistes cyclables, mais leurs trajets, leurs agencements, s’adaptent aux routes, et non l’inverse. Il n’est pas prévu de questionner l’usage de la voiture », regrette Stéphane Madelaine, du collectif Le Havre Vélorution. Si Edouard Philippe a inauguré deux lignes de tramway fin 2012, il s’agit d’un projet de son prédécesseur, Antoine Rufenacht, de même que pour la création des emblématiques jardins suspendus.

« Edouard Philippe a finalement eu peu de considération pour l’environnement au Havre. Je suis très inquiet qu’il reproduise cette attitude au niveau national », prévient Alexis Deck. Et Mme Batho de conclure : « La question est de savoir si ce qu’incarne le premier ministre sera contrebalancé par une vraie place accordée à l’écologie dans le dispositif gouvernemental global. »

Qu’est-ce que le libéralisme égalitaire ? Comprendre la philosophie de Macron


 
 
 

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 11:11

 Si « La question du budget de cette nouvelle agence doit encore être précisée , a déclaré, le 1er mars sur Europe 1, Barbara Pompili. »,il faudrait encore deux fois 200 millions en supplément par année, pour considérer que soit bouclé le budget de l’Agence ainsi que celui prévu pour le soutien aux acteurs de la biodiversité .Or les  Le Dain ,Delga ,Saurel ,et le "Nominé"Yves PIETRASANTA à l'AFB -  peuvent-ils garantir que ces fonds sont désormais réunis sachant que Bercy veut tuer l'Agence française pour la biodiversité dans l'œuf ?

Choisie comme pôle de l'Agence française de la biodiversité ,Montpellier veut en etre le siège 

 | 
Montpellier est devenue, le 1er janvier, l’un des trois pôles de la nouvelle Agence française pour la biodiversité. Des élus de la région militent pour que la ville soit maintenant désignée comme le siège de cet établissement public.

Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, et Philippe Saurel, le maire et président de la Métropole de Montpellier, ont tous deux salué, fin décembre, la décision du Ministère de l'Environnement de retenir Montpellier (le lieu précis n'est pas encore défini) parmi les trois pôles nationaux de la nouvelle agence pour la biodiversité (AFB).

Signé le 23 décembre, le décret rendant opérationnelle l'AFB est paru le 27 décembre au Journal officiel. Ce nouvel établissement public est issu de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité. Il s'organise autour de trois pôles nationaux : à Brest (29), Montpellier (34) et Vincennes (94).

« La Région a toujours soutenu l'implantation d'un pôle de l'Agence pour la biodiversité à Montpellier, déclare Carole Delga. Je me félicite que le Ministère ait reconnu tous les atouts et le potentiel de notre territoire pour accueillir une telle structure qui permettra d'impulser une politique ambitieuse et coordonnée pour l'indispensable préservation de notre patrimoine culturel. »

Destinée à être le fer de lance de la protection de la faune et la flore sur le territoire national, l'AFB réunit dans une même structure quatre établissements publics préexistants : l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), l'Agence des aires marines protégées, l'Atelier technique des espaces naturels (Aten) et les Parcs nationaux de France (PNF).

À l'heure actuelle, le siège de l'AFB n'est pas encore défini : il sera fixé prochainement par arrêté du ministre chargé de l'environnement. Mais déjà des voix régionales se font entendre afin que le pôle montpelliérain accueille ce siège. La ville est déjà le centre administratif des PNF et de l'Aten.

Montpellier, capitale de l'AFB ?

« Je souhaite que Montpellier devienne le siège scientifique de l'Agence française pour la biodiversité, indique Carole Delga. Ici en Occitanie, nous avons un patrimoine naturel d'une exceptionnelle richesse, avec plus de la moitié des espèces françaises de faune et de flora présente sur notre territoire. Nous sommes également la première région de France pour la recherche avec près de 30 000 chercheurs et 3,7 % de notre PIB consacré à la R&D. Je suis convaincue que nous avons la ressource pour relever ce défi avec succès. »

L'appel est également relayé par Philippe Saurel :

« C'est une étape que d'avoir été sélectionnés avec Brest et Vincennes par Madame Royal, Ministre de l'Environnement, pour être l'un des 3 pôles nationaux de l'AFB, indique le maire et président de Montpellier Métropole. Mais ma satisfaction sera totale si Montpellier et son territoire, l'un des 35 hotspots mondiaux en matière de biodiversité, sont retenus pour accueillir le siège scientifique de l'Agence. C'est cette décision que nous défendons et que nous attendons depuis plusieurs années, au regard de notre expertise et de notre excellence reconnues internationalement."

Vincennes favorite

Le vœu formulé par les élus locaux ne sera pas obligatoirement satisfait si l'on en croit la députée de l'Hérault, Anne-Yvonne Le Dain. Également rapporteure du projet de Loi Organique sur la Biodiversité, elle évoque la possibilité d'une implantation du siège à Vincennes.

« Le siège de l'AFB ne doit pas être trop loin des ministères, explique l'élue. Il ne sera pas forcément volumineux et n'entamera pas la puissance de deux autres antennes. Montpellier peut d'ailleurs se prévaloir d'une légitimité très forte dans le domaine de la biodiversité terrestre cultivée et naturelle. »

Dirigée par Christophe Aubel, l'AFB regroupera 1 200 fonctionnaires auxquels s'ajouteront « 50 emplois supplémentaires  pour la réalisation de ses nouvelles mission », a annoncé par Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, le 23 décembre. L'établissement sera doté d'un budget annuel de 225 M€ (la somme des budgets des établissements publics fusionnés). Néanmoins, celui-ci vient déjà d'être ponctionné de 90 M€ dans le cadre de la loi de finances rectificative.

« C'est un peu paradoxal, convient Anne-Yvonne Le Dain. Néanmoins, je ne suis pas inquiète. Il y a des choses qui se rectifient.»

-Presse:

Trois questions autour de l'Agence française pour la biodiversité -

L'agence pour la biodiversité risque de faire les poches du privé | 

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"Naissance de l’AFB

Une fois n’est pas coutume, honneur à la biodiversité. L’arrivée de 2017 marque l’avènement de l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Installé à la fois à Vincennes, Montpellier et Brest, le fruit de la loi pour la reconquête de la biodiversité regroupe les services de l’Agence des aires marines protégées, l’Atelier technique des espaces naturels (Aten), l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), ainsi que les services des parcs nationaux de France. Seuls manquent à l’appel de la forêt les experts de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui poursuivront leurs missions parallèlement à leurs collègues de l’AFB.

Présidée, à titre honorifique, par Hubert Reeves, la nouvelle agence devra tout à la fois animer la stratégie nationale, collecter des données, soutenir l’action de l’Etat (et éventuellement des régions), assurer les missions de police de l’environnement (à partager avec l’ONCFS), lutter contre les espèces exotiques envahissantes, appuyer la gestion d’aires protégées, renforcer l’efficacité du dispositif éviter-réduire-compenser."

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 12:40

 

Selon une étude menée par l'Institut national de la recherche agronomique, une importante ..

 
Selon une étude menée par l’Institut national de la recherche agronomique, une importante proportion d’articles scientifiques consacrés aux OGM est entachée de conflits d’intérêts.
 
LE MONDE | 19.12.2016 à 06h34 |Par Stéphane Horel
 
Pas moins de 40 % de conflits d’intérêts. Le chiffre, frappant, caractérise tout un corpus d’articles scientifiques portant sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Voilà la première conclusion d’une étude publiée par une équipe de chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) dans la revue scientifique PLOS ONE, le 15 décembre 2016. Seconde conclusion : ces conflits d’intérêts ont une influence patente sur les résultats de ces publications. Quand conflit d’intérêts il y a, « les conclusions ont 49 % de chances d’être plus favorables aux intérêts des industries semencières », écrivent les chercheurs.
 
Ce n’est pas l’intégralité de la littérature scientifique sur les OGM qui a été ici analysée, mais un ensemble de 672 articles publiés entre 1991 et 2015 sur une question bien précise. Ils concernaient l’efficacité et la durabilité de l’efficacité de certains OGM qui produisent les protéines d’une bactérie,Bacillus thuringiensis (Bt). Toxiques contre des insectes qui les infestent, les plantes OGM Bt sont principalement utilisées pour les cultures de maïs, de coton et de soja. Comme il est rare que ce type de revues systématiques inclue un aussi grand nombre d’articles, les conclusions en sont d’autant plus significatives.
 
Fait notable, c’est la première étude de cette importance portant sur les conflits d’intérêts dans le domaine des OGM. Directeur de recherche à l’institut Sophia Agrobiotech, Thomas Guillemaud travaille sur la chrysomèle des racines du maïs. Ancien membre du Haut conseil des biotechnologies, Denis Bourguet est quant à lui un spécialiste de la pyrale du maïs au Centre de Biologie pour la Gestion des Populations (CBGP) de Montpellier. Chacun d’entre eux se heurtait régulièrement à la question du biais dans les publications sur les OGM. « En dépit de l’ampleur extraordinaire des enjeux financiers, politiques et idéologiques liés aux cultures génétiquement modifiées », seules deux études s’étaient penchées sur la question, ont-ils constaté. Mais l’une d’entre elles posait aussi un problème de conflit d’intérêts. « C’est pour cette raison que nous avons décidé de faire cette analyse » a expliqué Thomas Guillemaud au Monde.
 
 
Cause ou conséquence ?
 
Comment les chercheurs de l’INRA ont-ils eu connaissance de ces conflits d’intérêts ? Tout simplement en relevant ceux déclarés dans les articles par les auteurs eux-mêmes. Ainsi, ils ont retenu deux types de relations avec les fabricants d’OGM : soit une affiliation directe (les auteurs étaient des employés des groupes), soit un financement total ou partiel des travaux d’au moins un des auteurs. Il est donc ici principalement question de liens avec Monsanto – en cours de fusion avec l’allemand Bayer –, le suisse Syngenta, et les firmes américaines Dow AgroSciences et DuPont Pioneer – également en train de fusionner. Des groupes qui représentent aujourd’hui 60 % du marché des semences.
 
Par conflit d’intérêts, les chercheurs entendent « un ensemble de circonstances qui créent un risque que le jugement professionnel ou les actions concernant un intérêt principal soient indûment influencés par un intérêt secondaire » – c’est ainsi que les définit l’Académie nationale des sciences américaine. En raison de ces « intérêts secondaires », donc, « les résultats étaient à 104 % plus susceptibles d’être favorables pour les articles consacrés à l’efficacité que pour ceux explorant la durabilité ». Cela s’explique par le fait que « les groupes ont plus intérêt à financer des études qui montrent que leurs produits tuent effectivement les insectes »,analyse Thomas Guillemaud, tandis que les études de durabilité nécessitent davantage de temps pour une issue plus incertaine.
 
Impossible, en revanche, d’établir si les conflits d’intérêts financiers sont la cause ou la conséquence de résultats favorables aux sponsors. En d’autres termes, de déterminer avec certitude si les résultats sont favorables à un industriel parce qu’il a financé l’étude, même seulement en partie. Pour mettre cela en évidence, développe M. Guillemaud, il faudrait disposer de trois éléments : « le projet avant qu’il ne commence, l’étude avant qu’elle ne soit publiée et l’étude après publication ».
 
« Système de soutien financier indirect »
 
Quand les chercheurs de l’INRA soulignent les limitations de leur propre travail, ils montrent en fait que leur conclusion ne représente que le sommet de l’iceberg. Car seuls 7 % des articles contenaient une déclaration d’intérêts des auteurs. Quid des autres ? Par ailleurs, certains liens avec les industriels, susceptibles d’avoir un impact notable, sont rarement déclarés et n’ont pas pu être pris en compte. Comme par exemple être membre du conseil scientifique d’une firme, consultant ou détenteur de brevets. Difficile d’enquêter sur chacun des 1 500 auteurs du corpus… Tout comme il était irréalisable d’explorer les conflits d’intérêts non financiers, dits intellectuels.
 
Cette étude sur les OGM Bt vient renforcer le domaine de recherche consacré à l’influence des sponsors sur les résultats des études scientifiques, un phénomène connu sous le nom de « biais de financement » (« funding effect »). Produits pharmaceutiques, tabac, sodas, sucre, certains pesticides, nucléaire et maintenant OGM : les études ont quatre à huit fois plus de chances d’atteindre des conclusions favorables au sponsor que celles financés par des fonds de source non-industrielle.
 
Soucieux de préserver l’intégrité de la recherche, les scientifiques de l’INRA proposent une solution de plus en plus souvent évoquée pour la surveillance des médicaments, des produits chimiques ou des pesticides. Il s’agirait d’« un système de soutien financier indirect de la recherche par l’industrie : les groupes producteurs d’OGM et d’autres parties prenantes (gouvernements, organisations non gouvernementales) feraient une contribution financière à un pot commun géré par une agence indépendante".
 
Sur le même sujet, lire aussi : http://www.infogm.org/spip.php?article6113

Christophe NOISETTE, 19 décembre 2016

 

Ce n’est pas une association ou un syndicat, opposés aux OGM, qui le disent : une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut public de recherche agronomique (Inra) conclut que « 40% des publications étudiées présentent un conflit d’intérêt financier ». Les chercheurs de l’institut se sont intéressés aux études « scientifiques » qui traitent de l’efficacité ou de la durabilité des plantes transgéniques Bt, génétiquement modifiées pour produire un insecticide.......

-Sur un   sujet similaire avec les PCB de Monsanto

Aux Etats-Unis, l'Etat de Washington porte plainte contre Monsanto

Le procureur général affirme que le groupe a produit des PCB « pendant des décennies tout en cachant ce qu’il savait des dégâts causés par ce produit chimique toxique ».
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/09/aux-etats-unis-l-etat-de-washington-porte-plainte-contre-monsanto_5046016_3244.html#rrWveD7hg5eEczCr.99
www.lemonde.fr/.
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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 14:01
Pour poursuivre la sœur d'Adama Traoré, la maire veut faire payer la commune

Drôles de manières. Mise en cause fin septembre par la famille Traoré, dont le fils Adama, 24 ans, est mort cet été suite à son interpellation par les gendarmes, Nathalie Groux, maire UDI de Beaumont-sur-Oise en région parisienne, s’apprête non seulement à déposer plainte pour diffamation publique, selon , mais aussi à demander ce jeudi 17 novembre à son conseil municipal de prendre en charge "l’ensemble de ses frais d’avocat" dans ladite procédure.

Autrement dit, Nathalie Groux entendrait, dans le cadre de la "protection fonctionnelle" prévue dans le code général des collectivités territoriales, faire payer le contribuable pour un contentieux personnel qu’elle situe officiellement au 28 septembre. Ce jour-là, Assa Traoré, la sœur d’Adama, interviewée par le Gros Journal de Canal+, déclare que "la maire (de Beaumont-sur-Oise ndlr) a choisi son camp" : "Elle se met du côté des gendarmes, c’est-à-dire du côté de la violence policière".

Soupçons de bavure policière

Des propos qui interviennent plus de trois mois après la mort d’Adama Traoré, suivie de plusieurs semaines de tensions. La version du procureur de Pontoise, Yves Jannier, qui indiquait qu'un "malaise" puis qu'une "infection grave touchant plusieurs organes" étaient à l'origine du décès, ayant notamment été contredite par faisant eux état d’une asphyxie, jamais mentionnée par le magistrat.

"Nathalie Groux n’a jamais adressé le moindre mot de condoléance à ma famille, souligne dans Assa Traoré. J’attends toujours qu’elle nous fasse un signe. Et aujourd’hui elle veut me poursuivre ? Je ne me laisserai pas intimider, je porterai plainte en retour", déclare-t-elle. Et de lancer : "Mes frères, ma mère et moi ne sommes pas des assaillants, mais la famille de la victime (...) et la ville nous attaque en utilisant l’argent du contribuable ? "

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 04:35

Une fraude scientifique ébranle une grande université américaine

Passeur de sciences - Le Monde‎ -

AINSI QUE LE RACONTE la revue Science en partenariat avec le site Retraction Watch, tout a commencé en mars 2013 par un presque banal détournement de fonds. Chercheuse dans à l’université Duke (Caroline du Nord), une prestigieuse université américaine, la biologiste Erin Potts-Kant avait en effet utilisé la carte bleue de son service pour environ 25 000 dollars d’achats personnels… La dame a plaidé coupable et été condamnée à payer une amende ainsi qu’à effectuer des travaux d’intérêt général. Elle ne travaille plus pour l’université.

L’affaire aurait pu en rester là, c’est-à-dire cantonnée à la rubrique des petites malversations, dans la page des faits divers. Mais les responsables de Duke se sont demandé si la malhonnêteté de la spécialiste de biologie pulmonaire et de l’étude des effets des polluants sur les voies respiratoires n’avait pas débordé sur ses activités de recherche. Quand on est capable de faire des fausses factures, peut-on aussi produire de faux résultats ? Ils ont donc passé au crible les expériences qu’elle avait menées ainsi que les publications qui en étaient issues et, ainsi que l’écrit Alison McCook, de Retraction Watch, « ils n’ont pas aimé ce qu’ils ont vu ».

Partie d’une simple fraude à la carte bleue, l’affaire Potts-Kant est devenue fraude scientifique de grande ampleur. A l’heure où ces lignes sont écrites, quinze articles publiés dans des revues scientifiques et co-signés par la chercheuse ont fait l’objet d’une rétractation en raison de la non-fiabilité des données expérimentales qu’elle avait fournies. Pour le dire plus clairement, l’enquête interne aurait montré que certaines expériences auraient été mal conduites, voire pas conduites du tout et que les données auraient été manipulées ou fabriquées de toutes pièces. Des chercheurs ont ainsi répété les expériences et ont été dans l’incapacité de reproduire les beaux résultats significatifs qu’Erin Potts-Kant avait obtenus…

Lanceur d’alerte

Mais l’essentiel de l’affaire n’est déjà plus là. Comme l’explique Alison McCook, aujourd’hui, c’est surtout l’université Duke qui se retrouve sur la sellette. Comme on l’a appris en août, elle fait en effet l’objet d’une poursuite lancée par un lanceur d’alerte, le biologiste Joseph Thomas, en vertu de la loi Lincoln. Connue aussi sous le nom de False Claims Act, cette loi fédérale américaine permet à un particulier d’attaquer, au nom de l’Etat, une entreprise privée ayant reçu et fort mal employé des fonds publics – or Duke est une université privée. La loi Lincoln prévoit aussi que si l’entreprise est condamnée à une amende, le lanceur d’alerte reçoit une fraction de cette somme. Quand on sait que les amendes s’élèvent parfois à plusieurs dizaines de millions de dollars, celui ou celle qui a porté l’affaire devant la justice peut devenir millionnaire en aidant l’Etat fédéral à récupérer l’argent public mal employé par le condamné.

Dans l’affaire Potts-Kant, Joseph Thomas, qui a travaillé dans le même laboratoire de recherches – dirigé par William Foster, lui aussi éclaboussé par le scandale et qui a depuis pris sa retraite – que la fraudeuse , accuse l’université Duke d’avoir fermé les yeux sur des pratiques qu’elle savait suspectes. Dans le texte de plus de 70 pages qu’il a déposé pour justifier sa plainte, Joseph Thomas dit ainsi que Duke « a intentionnellement dissimulé l’étendue totale de la fraude scientifique », tant aux chercheurs et aux revues spécialisées qu’à l’Etat dont elle avait perçu d’importantes bourses de recherche pour les travaux incriminés. Le biologiste va plus loin en affirmant que l’université a continué, après que le pot-aux-roses a été découvert, à demander de l’argent du contribuable sur la base de travaux qu’elle savait frauduleux.

Selon le décompte de Joseph Thomas, les faux résultats du laboratoire Foster pour lequel travaillait Erin Potts-Kant ont été exploités dans le cadre de dizaines de bourses fédérales (ou ont servi à en obtenir d’autres…), le tout pour un total de 200 millions de dollars, réparti sur une période de neuf ans. Etant donné que, selon la loi Lincoln, l’entreprise peut être condamnée à rembourser trois fois les fonds publics qu’elle a perçus, on conçoit que l’université Duke ne soit pas à l’aise avec cette affaire, tout comme doivent trembler d’autres universités privées américaines qui comprennent désormais qu’elles sont susceptibles de se retrouver dans le viseur de cette loi. On n’en est qu’au début du marathon judiciaire et, pour l’emporter, Joseph Thomas, le lanceur d’alerte, devra encore prouver que les résultats frauduleux ont été décisifs pour obtenir l’argent fédéral en question. Reste que l’affaire a le mérite de mettre en lumière ce qui, dans la tambouille de la science, reste souvent dans l’ombre, à savoir la course aux financements.

Pierre Barthélémy (suivez-moi ici sur Twitter ou bien là sur Facebook)

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 06:12

Ce soir diffusion de "pesticides, le poison de la terre";

OGM, herbicides et p'tits traités | L'Humanité

Marie-Noëlle Bertrand

Vendredi, 5 Août, 2016

L'Humanité

AFP

L’Europe vient d’autoriser la commercialisation d’un soja OGM de Monsanto, sous pression des lobbys canadiens et du Ceta.

L’affaire s’est conclue il y a deux semaines. En toute discrétion côté européen, mais saluée à sa juste valeur outre-Atlantique : « Si vous attendiez de pouvoir planter la semence de soja résistante au dicamba et au glyphosate Roundup Ready 2 Xtend sans vous inquiéter, vous êtes plus proche du but que jamais », écrivait le web-magasine californien Successful Farming le 22 juillet.

Le matin même, le groupe Monsanto, propriétaire de cette semence OGM, s’était fendu d’un communiqué triomphant, annonçant que la Commission européenne venait juste d’en approuver la commercialisation. Elle aura mis le temps, semblait déplorer, en creux, Brett Begemann, président de la multinationale états-unienne. À l’en croire, l’Amérique rurale tout entière, confrontée aux atermoiements d’une Europe encline à mettre des bâtons dans les roues de ses Massey Ferguson, trépignait d’impatience. « Les agriculteurs nous disent à quel point ils comptent sur les bénéfices qu’occasionnera l’extension de notre système permettant l’utilisation du dicamba et du glyphosate. » Et de surligner l’enthousiasme général « à l’idée d’offrir aux cultivateurs canadiens cette même opportunité ».

1 milliard de dollars dans la production d’un nouvel herbicide

Europe, États-Unis, Canada ? Les bases de l’histoire sont plantées. Faisons-la démarrer en juin 2015, quand Monsanto confirme son intention d’investir 1 milliard de dollars dans la production d’un nouvel herbicide : le dicamba. Il faut dire que le produit phare du groupe, le glyphosate, a du plomb dans les genoux. En mars, cette même année, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l’Organisation mondiale de la santé, a rendu son évaluation : elle est cinglante, quand l’organisme le juge « probablement cancérigène ». Ce n’est pas la première attaque du genre, et en Europe, déjà, se pose la question de l’interdire. Or, le glyphosate n’est pas seulement l’ingrédient clé du Roundup, herbicide star de Monsanto. Il est aussi un élément pilier d’une majorité de ses semences OGM – maïs, sojas ou cotons de la gamme Roundup Ready –, dont le trait de caractère est précisément d’y être résistantes. En bref, on peut les pulvériser de glyphosate, elles pousseront quand même. En d’autres termes encore, l’herbicide et les graines se vendent de pair, et la fin de l’un signe le déclin des autres.

Monsanto a senti le vent tourner, d’autant qu’aux États-Unis, où le Roundup est massivement utilisé, on constate l’émergence de mauvaises herbes devenues résistantes au glyphosate. La firme voit dans le dicamba, herbicide dit « hormonal » réputé « modérément toxique », une alternative viable. Parallèlement, elle développe une nouvelle gamme de semences OGM tolérantes au glyphosate et au dicamba, entre autres le Roundup Ready 2 Xtend.

La sauce prend. Et s’étale. Intéressé, le Canada passe commande, envisageant de semer massivement, et dès 2016, du soja Roundup Ready 2 Xtend dans ses champs, dont une large partie de la production (globalement destinée à l’alimentation des bêtes à viande) vise, en bout de course, l’exportation. Parmi les acheteurs sur lesquels comptent les puissances agricoles canadiennes : l’Europe.

Sauf que cette dernière tergiverse. Certes, l’Efsa, l’agence de sécurité alimentaire européenne, a rendu un avis favorable et donné son feu vert à la commercialisation du soja Roundup Ready 2 Xtend. Mais les députés européens ne l’entendent pas de la même oreille. Le mot glyphosate, entre autres, tinte malsain à leur oreille : en février, ils s’opposent par un vote majoritaire à la commercialisation de l’OGM. Deux autres sojas OGM sont interdits dans la foulée, l’un toujours de Monsanto, l’autre de son concurrent Bayer.

Représentant les États membres, les comités d’appel qui suivront n’émettront quant à eux aucune opinion, laissant libre la Commission européenne de trancher. Ce qu’elle fait, donc, en juillet, en autorisant finalement l’importation des trois OGM, dont le Roundup Ready 2 Xtend. Soit.

Une chose, toutefois, a pu peser dans sa décision. C’est cette lettre que lui a adressée, fin avril, Soy Canada, lobby rassemblant les industriels et grands producteurs de soja canadiens. En tardant à finaliser l’approbation des trois sojas OGM, « la Commission européenne nie le droit des agriculteurs canadiens d’accéder aux nouvelles innovations de semences », écrit ainsi Mark Huston, président de Soy Canada, à Jean-Claude Juncker, président de la Commission. « L’UE échoue aussi à respecter un engagement qu’elle a fait avec le Canada lors des négociations de libre-échange Canada-Union européenne », relève encore le courrier. « Le commissaire responsable du processus d’approbation GM s’était, à ce moment-là, engagé à traiter des demandes “aussi vite que possible” », rappelle-t-il enfin, invitant la Commission européenne à « formellement expliquer pourquoi ses engagements pris aux négociations Ceta ne sont pas honorés ». Visiblement, cette dernière a jugé plus simple d’accéder fissa à la demande, quand bien même celle-ci fait référence à un accord de libre-échange qui n’est pas encore signé. Il faut dire qu’il y avait gros à jouer. Grâce à cette autorisation, qui fait suite à celle délivrée par la Chine en février dernier, Monsanto compte pouvoir fournir 6 millions d’hectares en semences de soja Roundup Ready 2 Xtend dès 2017. Or Monsanto, c’est l’Amérique. Et l’Amérique, c’est le Tafta.

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires - Le Monde

30 septembre a Privas: PROCÈS DU GLYPHOSATE

3 septembre 2016

PROCÈS DU GLYPHOSATE : cet herbicide doit être retiré de la vente !

Le 19 mars 2016 a eu lieu une action nationale des Faucheuses et Faucheurs Volontaires pour dénoncer

  • la toxicité des pesticides (RoundUp en particulier), corollaires des OGM cultivés en France et dans le monde,
  • leur distribution au grand public,
  • l’inaction des pouvoirs publics devant un problème majeur de santé publique et de dégradation de l’environnement.

2 militants sont poursuivis et se retrouveront à la barre du tribunal d’Aubenas le 30 septembre. Soutenons les!

À Aubenas, les Faucheurs Volontaires ont neutralisé pacifiquement des bidons de désherbants à base de glyphosate dans trois magasins, deux d’entre eux ont porté plainte : Bricomarché et Gamm Vert.

Nous ne voulons plus de ces herbicides. Nous nous opposons à la prolongation de l’autorisation de mise sur le marché de produits reconnus comme perturbateurs endocriniens et cancérigènes probables par de multiples études scientifiques.

Nous demandons à nos Etats de résister aux lobbies de Monsanto, Bayer et consorts et d’interdire ces formulations chimiques, ainsi que les OGM mutés qui en dépendent, actuellement en culture sur plus de 150 000 ha en France.

Suite aux actions menées partout en France, deux Faucheurs sont poursuivis par la justice.

Des scientifiques, médecins, spécialistes de l’environnement ou simples opposants à l’agro-industrie seront présents le 30 septembre 2016 dès 10h, au Tribunal de Grande Instance de Privas (Ardèche).

Des conférences et débats auront lieu la veille à partir de 18h à la salle des associations d’Ucel, près d’Aubenas.

Venons nombreux les soutenir !
Solidairement,

Rémi

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 03:30

Communiqué LDH

Paris, le 26 août 2016

Un coup d’arrêt utile mais qui ne résout rien

La décision du Conseil d’Etat vient, heureusement, de donner un coup d’arrêt à la volonté de certains responsables politiques, de droite, d’extrême droite et de gauche, de porter atteinte à la liberté de conscience, aux libertés individuelles et de faire de la laïcité un instrument d’exclusion.

Mais cette décision ne résout rien. Des élus municipaux ont pu s’en prendre à des femmes en raison de leur pratique religieuse, on a trouvé des juges pour les approuver et du Premier ministre au Front national en passant par Nicolas Sarkozy tous sont d’accord pour faire, par idéologie et appétit de pouvoir, de nos concitoyens musulmans des Français pas comme les autres.

Outre le ridicule d’un débat qui a fait de la France la risée du monde, ce qui est en jeu ici, c’est la division de la nation selon l’origine et la religion des hommes et des femmes qui vivent en France.

Nous récusons cette vision de la France et nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à la rejeter. La LDH appelle tous les maires qui ont cru devoir prendre cette mesure à la rapporter sans délai.

Les féministes blanches et aisées aiment un peu trop le capitalisme

Les féministes riches et blanches ont-elles laissé le capitalisme faire en permettant l’exploitation des femmes non-blanches et pauvres ? C’est la thèse de la philosophe Nancy Fraser qu’il faut relire alors que des chiffres publiés aux États-Unis montrent les inégalités croissantes entre femmes noires et femmes blanches.

Pendant que la France s'acharne contre le burkini, le fossé économique entre femmes blanches et femmes non-blanches, femmes riches et femmes pauvres, ne cesse de se creuser. Du moins aux États-Unis, selon une étude de l'Institute for Women’s Policy Research, repérée par Slate.com. De 2004 à 2014, le revenu réel des femmes a baissé de 1,6%. Mais ce sont les femmes hispaniques, noires et amérindiennes qui ont vu leur revenu le plus décliner, respectivement de 4,5%, 5% et 5,8%. Alors que celui des femmes blanches a baissé de 0.3%.

«Les femmes noires sont plus nombreuses proportionnellement dans les emplois faiblement rémunérés (comme les emplois de services à la personne, de santé, et l’éducation) et moins nombreuses dans les emplois bien rémunérés comme l'ingénierie, les nouvelles technologies et les postes de responsables», expliquait l’association l’année dernière.

Les tâches domestiques déléguées

Cette étude rappelle la thèse de la philosophe féministe américaine Nancy Fraser qui, dans une conférence donnée en juin à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales), expliquait que le progressisme féministe, ces dernières années, avait beaucoup fait avancer la cause des femmes blanches et des femmes des classes moyennes et supérieures, mais avait laissé sur le bord de la route la cause des femmes noires et non-blanches, qui appartiennent plus souvent aux classes populaires.

Pire, explique Nancy Fraser, les féministes, voyant dans le travail un moyen d’émancipation, se sont alliées au capitalisme et ont accepté, pour que de nombreuses femmes puissent accéder à des postes à responsabilité et gravir les échelons, que soient déléguées à des femmes pauvres les tâches domestiques et de soin des enfants qu’elles ne pouvaient plus assumer. Elles ont largement encouragé l’ascension des femmes blanches des catégories les plus aisées, sans se préoccuper suffisamment des conséquences sur les femmes pauvres, et généralement non-blanches.

Des «sphères séparées» au «revenu familial»

La condition des femmes est étroitement liée aux évolutions du capitalisme. Pour nourrir sa démonstration, la philosophe retrace trois phases du capitalisme depuis le XIXe siècle, à travers la notion de «reproduction sociale» –définie comme «la mise au monde et l’éducation des enfants, la sollicitude envers amis et membres de la famille, la tenue des foyers et des communautés sociales, ainsi que, plus généralement, la pérennisation des liens sociaux». La reproduction sociale est une «condition de possibilité de l’accumulation du capital sur la longue durée», selon Fraser. Mais, en même temps, le capitalisme tend à scier la branche sur laquelle il repose, en exerçant toujours plus de pression sur ces conditions.

C'est l’idéologie des «sphères séparées» qui a d'abord dominé au XIXe siècle –la première phase–, où les femmes étaient confinées au foyer et où les hommes avaient accès à l’usine. La reproduction sociale était essentiellement assurée par les femmes. Cette situation les rendait dépendantes économiquement de leurs maris, et leur a parue, à la longue, intenable.

Ensuite, les mouvements féministes, tant libéraux que socialistes, ont misé sur le travail pour dynamiter ce schéma. Sous la pression de ces mouvements, le capitalisme a dû se réorganiser dans la première moitié du XXe siècle pour permettre aux femmes d’accéder à un revenu minimal, complémentaire de celui de leur conjoint masculin, et leur accordant un minimum d’autonomie. C’est le modèle présenté comme idéal et plus juste du «revenu familial», dans lequel l’État prend en charge une partie des fonctions d’éducation et de soin des enfants traditionnellement dévolues aux femmes.

Organisation duale de la reproduction sociale

C’est à partir des années 1960 –troisième phase– que s’est amorcé le délitement du «capitalisme géré par l’État». Devenu mondialiste et néolibéral, mais aussi progressiste d'une certaine manière puisqu'il célèbre la diversité, la méritocratie et l’émancipation, le nouveau régime «pousse l’État et les entreprises à se désinvestir de la protection sociale, tout en intégrant les femmes dans la main d’œuvre salariée»:

«Dans un contexte d’inégalités croissantes, il en résulte une organisation duale de la reproduction sociale: marchandisée pour ceux qui peuvent payer, “familialisée” pour ceux qui ne le peuvent pas (...) Ce régime emploie dans les pays plus riches des travailleurs migrants qu’on fait venir des pays plus pauvres. Sans surprise, ce sont les femmes racialisées et/ou issues du monde rural pauvre qui prennent en charge le travail reproductif et de soin qui était auparavant assuré par les femmes plus privilégiées.»

Les mouvements progressistes coupables?

Dans cette mutation, explique Nancy Fraser, le régime s’est allié contre les défenseurs de la protection sociale aux «nouveaux mouvements sociaux progressistes» ou «mouvements pour l’émancipation» –antiracisme, multiculturalisme, mouvements de libération LGBT, écologie– qui ont donné naissance, selon elle, à «̀des courants néolibéraux favorables au marché».

«Mais c’est la trajectoire féministe qui s’est révélée particulièrement lourde de conséquences étant donné l’imbrication historique entre genre et reproduction sociale dans le capitalisme», accuse-t-elle.

L’accusation est grave et mérite d’être discutée, vérifiée, bousculée. Mais la théorie de Nancy Fraser a ceci de stimulant qu’elle permet de rendre compte de nombreuses transformations en cours, que ce soit au sein du féminisme ou à l’extérieur. Elle permet de réfléchir à la scission de plus en plus béante entre les «afro-féministes», souvent pro-voile et alliées aux forces anticapitalistes d’extrême-gauche (que l’on qualifie parfois d’«islamo-gauchistes») et de l’autre les féministes dites «mainstream» (que leurs rivales appelle aussi les «féministes blanches») plus volontiers proches de la gauche de gouvernement.

Et surtout, elle explique la forte croissance des emplois de service à la personne, dont 90% en France sont occupés par des femmes. Un sujet qui, quoi qu’il en soit, devrait intéresser les féministes françaises, alors que la pauvreté augmente et touche d’abord les femmes.

Aude Lorriaux

Pauvre France, plongée dans l’obscurité médiatique !

Mais dans quel pays est-on ? Celui des Lumières ?

On subit une fameuse panne d’électricité !

On voit des manifestants pour le burkini et des manifestants contre le burkini. Deux formes de débilité, deux manières de tomber dans le piège d’une société dominée par l’évènementiel, par l’émotif, par le superficiel. C’est dans tous les cas tomber dans le panneau. Tomber dans le piège où les maîtres veulent que nous tombions. Car, cette question de la manière d’aller dans l’eau, vêtue un peu, beaucoup ou pas du tout, est-cela l’essentiel ? Pourquoi nourrir la ferveur médiatique autour de cette connerie ?

Cette ferveur médiatique ne sert qu’à faire oublier l’essentiel : la régression des droits, l’augmentation des inégalités, y compris l’inégalité des droits et des droits des femmes en particulier, la régression sociale, la catastrophe climatique qui arrive, la biodiversité dégradée qui affecte nos vies, les pesticides qui provoquent nos cancers, le triomphe des multinationales, la tyrannie des eurocrates.

Tout ce battage sur le burkini, c’est n’est pas une provocation. C’est une diversion. Et des esprits bien intentionnés, mais un peu courts, manifestent. Ils bêlent leurs slogans. Ils tombent dans le panneau.

Les défis majeurs de notre temps ne sont ils pas plus importants que la manière dont une femme s’habille ou se déshabille sur une plage ? Qu’elle soit nue ou toute habillée, je m’en fous. C’est SA liberté. La liberté des autres ne me gène pas. Des adversaires du mariage pour tous aux adversaires du burkini, des adversaires du nu à ceux qui s’opposent aux spectacles irrévérencieux, je ne vois que des adversaires de la liberté. Si une femme ne veut pas montrer son corps, c’est son droit. Un droit qui ne doit pas la priver du plaisir de la baignade. Si une femme aime être libérée de ses vêtements, qu’elle soit belle ou moche, c’est son droit. Un droit qui ne doit pas la priver du plaisir de la baignade. Ce n’est pas à moi de décider si cette femme choisit librement. C’est à elle et à elle seule.

Une autorité morale, religieuse ou politique qui prétend dicter la manière de s’habiller, cela s’appelle une dictature.

Apprenons à vivre avec la différence autour de nous. Refusons cette inclination à l’uniformité. La différence, quand elle ne conduit pas à l’inégalité des droits, doit être respectée. Manifester pour ou contre le burkini, c’est accorder une priorité à ceux qui veulent faire de cette question une priorité. Pourquoi leur donner tant de publicité ? Ne donnons pas une majorité à ces minoritaires immatures qui ont un problème avec le corps, qu’il soit nu ou vêtu.

Sorcières nues ou sorcières vêtues, la France est revenue aux temps obscurs où elle brûlait les sorcières. L’hystérie médiatique nous plonge dans l’obscurité et nous ramène aux pires temps de l’obscurantisme. Pas étonnant que la France ne brille plus dans le monde.

rmj

Grande traversée : Women's power, les nouveaux féminismes

Charlotte Bienaimé

"Ne nous libérez pas, on s'en charge"

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26.08.2016

1H 48 min

Vers un féminisme post-colonial.

« Mon voile est éminemment féministe. »

Nargesse

« Etre afroféministe c'est dire que je n'ai pas à choisir entre mes différentes identités. »

Amandine

Conceptualisée en 1989 par l'universitaire féministe américaine Kimberlé Crenshaw, l'intersectionnalité étudie les formes de domination et de discrimination dans les liens qui se nouent entre elles. Kimberlé Crenshaw a entamé cette réflexion dans la lignée du courant du black feminism aux Etats Unis qui définit la domination de genre sans jamais l'isoler des autres rapports de pouvoir à commencer par le racisme ou le rapport de classe. Les féministes noires, dans les années soixante-dix, contestaient déjà publiquement le féminisme du mouvement de libération des femmes comme issu des classes moyennes supérieures, basé sur des privilèges de race et de classe. Elles les accusaient de parler pour les autres, et en leur nom.

En France, aujourd'hui, cette question fait débat entre féministes universalistes et féministes post-coloniales. Les unes défendent l'unité du féminisme, les autres la nécessité de prendre en compte la diversité des expériences face au sexisme.

En effet, depuis quelques années, une forte communauté de jeunes féministes afrodescendantes, noires ou maghrébines, s'est constitué sur Tweeter et Facebook. La plupart d'entres-elles créent aussi des collectifs, sont présentes dans les manifestations, se rencontrent, s'organisent. Toutes prônent un féminisme intersectionnel, interrogent le féminisme majoritaire et réinventent une lutte à leur image.

Alors, faut-il repenser le « Nous », de « nous les femmes » ? Quel serait le visage d'un féminisme intersectionnel, post-colonial en France ?

AVEC :

-Amandine, Many et Sharone, afroféministes
-Nargesse et Hawa, féministes musulmanes
-Le collectif Féministes contre le cyberharcèlement (sur Twitter @VsCyberH)
-Maboula Soumahoro,maître de conférence à l'université de Tours. Initiatrice du Black History Month en France.
-Caroline De Haas, militante féministe
-Christine le Doaré, juriste et militante féministe, ancienne présidente du centre LGBT Paris IDF et d'SOS Homophobie.
-Christine Delphy, sociologue, chercheuse au CNRS, cofondatrice de la revue Nouvelle Question Féministes.
-Hanane Karimi, sociologue,doctorante, enseignante à l'université de Strasbourg. Fondatrice du collectif Femmes dans la mosquée

Texte d'introduction :
Audre Lorde
Sister Outsider, 1984

MUSIQUE :

-Slams d’Awa N'dongo

-Ain’t got no, I got life Rosemary Standley / Album Queen of hearts

BIBLIOGRAPHIE :

-Sister Outsider
Audrey Lorde
Editions Mamamélis

-Ne suis-je pas une femme ?
Bell Hooks
Cambourakis

-Classer, dominer
Qui sont les autr
es ?
Christine Delphy
La Fabrique

-Femmes, race et classe
Angela Davis
Des femmes

-Black Feminism
Elsa Dorlin
Bibliothèque du féminisme

-La matrice de la race
Elsa Dorlin
La découverte

-Une universalisme si particulier
Christine Delphy
Syllepses

-Discriminations classe/genre/race
Fatima Ouassak
IFAR

LIENS :

-Le collectif afroféministe Mwassi
-Vidéo de la table ronde au CNRS, « Féminismes et critique post-coloniales »
-Les vigilantes
-Le collectif féministe pour l'égalité
-Femmes en lutte 93
-8 mars pour toutes

Illustrations : La Rage

POUR PROLONGER L'ECOUTE :

Sur les docks : les féministes islamiques :

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Sur les docks - Les féministes islamiques

-Nasawiyat 2015 :

Rencontre avec Shayma et Fatima :

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Rencontre avec Shayma et Fatima, deux militantes féministes bien différentes

Première rencontre avec le collectif féministe de Seine Saint Denis, "Femmes en lutte 93" :

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Première rencontre avec le collectif féministe de Seine Saint Denis, "Femmes en lutte 93"

-Nasawiyat 2014 :

Maroc : témoigner

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Maroc : témoigner

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Bibliographie

Sister outsider : essais et propos d'Audre Lorde : sur la poesie, l'erotisme, le racisme, le sexisme Mamamelis , 2003 Audre Lorde

Ne suis-je pas une femme ? : Femmes noires et féminisme Cambourakis , 2015 Bell Hooks

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 01:57
Réflexion concernant "les prix Nobel condamnent Greenpeace pour crime contre l'humanité "par C.Vélot

www.criigen.org/ ..

Lundi 11 Juillet 2016.

Extrait de UP Magazine : "La ficelle est grosse mais l’immense majorité de la presse et des observateurs internationaux a fait mine de ne pas la voir. Il faut dire que les titres sont racoleurs : 108 éminents prix Nobel prennent la plume pour condamner les campagnes anti OGM de Greenpeace pour « crime contre l’humanité » ! Toute la presse internationale en fait ses gros titres. On peut en effet, impressionné par autant de sciences rassemblées sous le même texte, douter de la pertinence des actions de l’ONG contre les OGM en général et la modification génétique du riz doré en particulier. Les mots sont forts et percutants. Peut-être un peu trop pour être honnêtes. Alors, manipulation savamment orchestrée ou subtil jeu de dupes ? Enquête dans un monde d’intérêts intriqués"...

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Selon Christian Vélot, ce riz doré n'est qu'un cheval de Troie pour redorer le blason des OGM, car il ne fonctionne pas. Il ne peut pas donner des rendements satisfaisants pour la raison suivante : Pour lui faire produire du beta-carotène, précurseur de la vitamine A, on l'a doté de trois gènes (deux de jonquille et un de bactérie) permettant de fabriquer les trois enzymes nécessaires à la conversion d'une molécule appelée GGPP (géranylgéranyl pyrophosphate) en beta-carotène. Le riz (dans sa partie comestible), possède le GGPP mais n'est pas naturellement doté des trois enzymes en question.


Le souci est que le GGPP est aussi le précurseur de la vitamine E, de l'acide gibbérrelique (GA, hormone de plante nécessaire à la croissance) et des chlorophylles. En détournant une partie (importante) du GGPP pour faire du beta-carotène, et donc de la vitamine A, on amenuise le stock de GGPP au détriment de la production de vitamine E, de GA et de chlorophylles, affectant ainsi la croissance et la productivité du riz en question.

Encore une fois, tous ces "bidouillages" peuvent être séduisants sur la papier glacé, mais s'avèrent être à mille lieux des promesses, toujours en raison d'une vision simpliste du vivant où les gènes sont considérés comme des entités indépendantes et où on ne prend pas en compte le fantastique imbroglio qu'est le réseau métabolique.

Le beta-carotène (et donc la vitamine A) se trouve abondamment dans tous les fruits et légumes de couleur jaune-orangée-rouge (je vous laisse en faire la liste...), et donc les carences en vitamines A ne sont dues qu'à l'abandon des polycultures vivrières au détriment d'une monoculture. Cette politique productiviste et hégémonique orchestrée par les pays du Nord et l'OMC ne permettent pas aux paysans du Sud de vendre suffisamment cher le produit afin de pouvoir s'acheter ce qu'ils ne produisent plus pour avoir une nourriture équilibrée.

La carence en vitamine A, comme la malnutrition en général, ne sont pas un problème technologique, mais un problème politique et social.
Mais on ne peut pas exiger à des Prix Nobel scientifiques, avec leur vision étriquée, d'avoir cette analyse... Ce serait trop leur demander.

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