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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 16:06

 

 

Edouard Philippe, impliqué dans le pillage de l’uranium du Niger par Areva et dans un conflit d’intérêt

 

Comme Ministre, Macron était "en première ligne pour sauver l'industrie nucléaire",se souvient l'administrateur général du CEA,Daniel Verwaerde

   De plus ,l'ancienne torera Marie Sara a été investie pour représenter le parti du nouveau Président dans la deuxième circonscription du Gard. M. Macron n'ignore certainement pas que 66 % des Français se déclarent contre les corridasPour un autre choix qu'entre la peste et la torera,c'est là:

http://www.cyberacteurs.org/lettres/lettre_15-05-2017.html

Toutes nos pétitions et cyberactions sur cette page http://www.cyberacteurs.org/cyberactions

 

L'intelligence du méchant par Vincent Boyer [10-05-2017]

Est-il rationnel d'agir avec justice ? La philosophie morale contemporaine semble le penser, mais on peut en douter : la raison nous recommande souvent de servir avant tout nos intérêts, quitte pour cela à être injuste. Et il faut en conséquence bien plus pour convaincre le méchant que la seule force du raisonnement.

2/ Mais qu'est donc ce merveilleux Macron ?

Edouard Philippe, un chef de gouvernement pas très « vert 

Ancien cadre d’Areva, le premier ministre a voté comme député contre les lois sur la transition énergétique et sur la biodiversité.

LE MONDE |

 

Le chef de l’Etat, qui n’a guère fait campagne sur les thématiques environnementales, s’est choisi un premier ministre, Edouard Philippe, lui-même peu sensible à l’écologie. Le maire du Havre (depuis 2010), diplômé de Sciences Po et de l’ENA, n’a pas vraiment manifesté, dans son parcours professionnel pas davantage que dans ses mandats électifs, d’attrait pour les questions environnementales.

Les ONG écologistes s’alarment de son passé – à leurs yeux de son passif – au sein du groupe Areva, alors fleuron du nucléaire français, dont il a été directeur des affaires publiques de 2007 à 2010. « Cette nomination est extrêmement inquiétante au regard des enjeux actuels, écrit le réseau Sortir du nucléaire. Aucune complaisance ne saurait être tolérée envers l’industrie nucléaire de la part de l’exécutif. Mais cette nomination d’un ancien VRP d’Areva laisse craindre le pire et en dit long sur l’intérêt d’Emmanuel Macron pour la transition énergétique. »

L’Observatoire du nucléaire, de son côté, affirme que chez Areva M. Philippe a eu pour activité principale de « s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome ». Et qu’à ce titre, il n’a pas été étranger, en 2008, à l’« accord signé entre Areva et le pouvoir du Niger concernant l’exploitation de l’uranium, accord immédiatement contesté par le Mouvement des Nigériens pour la justice ».

« Lobbyiste professionnel »

A l’Assemblée nationale, le député (UMP puis LR) de Seine-Maritime n’a pas brillé par son engagement pour l’écologie, quand il n’a pas œuvré contre. A l’unisson de sa famille politique, il y a voté en défaveur de la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte, de même que contre la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Sur l’épineux dossier du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il appelait à passer aux actes, dans une interview sur France Info en octobre dernier. Celui qui était alors le porte-parole d’Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre espérait « qu’on pourrait engager les travaux avant mai ou juin 2017 ».

« Je souhaite au premier ministre de réussir, mais je ne saute pas de joie à la nomination d’un homme qui a voté contre la loi sur la transparence de la vie publique, contre les lois en faveur de l’écologie, et qui est un lobbyiste professionnel », réagit la députée PS des Deux-Sèvres Delphine Batho, ancienne ministre de l’écologie, de juin 2012 à juillet 2013, dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Elle « ne garde pas souvenir d’intervention marquante » sur les questions environnementales de M. Philippe durant cette période, pendant laquelle il était pourtant membre de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale.

A cette époque, le maire du Havre avait suscité l’espoir, dans sa ville, de s’engager dans la voie de la transition énergétique. En 2011, un an après son accession à la mairie à la suite de la démission de son prédécesseur, il annonçait qu’Areva, son ancien employeur, allait implanter sur le port deux usines de fabrication de pales et de nacelles d’éoliennes offshore. Le projet s’inscrivait dans le cadre de l’appel d’offres du gouvernement pour développer l’éolien marin le long des côtes, avec notamment l’implantation de 600 turbines au large du Tréport et de Fécamp. Las, en 2016, Areva, confrontée à une crise économique sans précédent, se sépare de son activité dans l’éolien en mer, qu’elle cède à la société Adwen (Siemens-Gamesa). Les usines pourraient dorénavant retrouver des vents favorables alors que les permis de construire ont été déposés par le consortium en avril, dans l’espoir de déboucher sur la création de 750 emplois.

Une des dernières centrales au charbon

« Pour le reste, Edouard Philippe a fonctionné pendant sept ans avec un vieux logiciel productiviste tourné vers les énergies sales, juge Alexis Deck, le seul conseiller municipal havrais d’Europe Ecologie-Les Verts. Il m’a dit un jour : “Entre l’emploi et l’environnement, je choisirai toujours l’emploi.” Cela résume bien sa position, qui ne comprend pas que les deux peuvent aller de pair. » Une préférence qu’il l’a notamment conduit à défendre à tout prix la centrale au charbon de la ville, qui emploie 180 salariés, l’une des quatre dernières de France.

Alors que l’Hexagone s’était engagé à sortir de cette énergie fossile des plus nocives, lors de la conférence sur le climat de Paris en novembre 2015, le maire a fait pression auprès de la ministre de l’environnement avec les autres élus locaux, de gauche comme de droite, et les syndicats. Ils ont obtenu de Ségolène Royal qu’elle revienne sur sa décision de fermer le site en 2023 au lieu de 2035. « On a en a pris pour treize ans de charbon supplémentaires, alors que la centrale émet chaque année des milliers de tonnes de polluants atmosphériques », dénonce Alexis Deck.

Economie circulaire et zéro-phyto

Une critique que réfute Marc Migraine, l’adjoint au maire chargé de l’environnement, qui rappelle que « l’industrie a fait des progrès considérables pour limiter les émissions » et que « près de 200 millions d’euros ont été dépensés en 2014 et 2015 pour moderniser la centrale ». Pour lui, Edouard Philippe a compris que « le développement durable était un enjeu pour transformer l’image de la ville ». Au titre de ses réalisations, il cite la réduction des émissions de dioxyde de carbone de 3 % par an, la baisse de la consommation d’eau de 40 % en six ans, l’interdiction des produits phytosanitaires dans les jardins publics depuis 2013 ou encore un projet d’économie circulaire, avec la réutilisation de l’énergie résiduelle de la zone industrielle pour chauffer un quartier de 15 000 habitants.

« Son bilan est mitigé, juge malgré tout Annie Leroy, vice-présidente de l’association Ecologie pour Le Havre. Le maire, qui est aussi président de la communauté de communes, a amélioré le tri des déchets en nous dotant d’une centrale de tri performante. Mais il n’a pas développé les mobilités douces. » « Certes, il y a des nouvelles pistes cyclables, mais leurs trajets, leurs agencements, s’adaptent aux routes, et non l’inverse. Il n’est pas prévu de questionner l’usage de la voiture », regrette Stéphane Madelaine, du collectif Le Havre Vélorution. Si Edouard Philippe a inauguré deux lignes de tramway fin 2012, il s’agit d’un projet de son prédécesseur, Antoine Rufenacht, de même que pour la création des emblématiques jardins suspendus.

« Edouard Philippe a finalement eu peu de considération pour l’environnement au Havre. Je suis très inquiet qu’il reproduise cette attitude au niveau national », prévient Alexis Deck. Et Mme Batho de conclure : « La question est de savoir si ce qu’incarne le premier ministre sera contrebalancé par une vraie place accordée à l’écologie dans le dispositif gouvernemental global. »

Qu’est-ce que le libéralisme égalitaire ? Comprendre la philosophie de Macron


 
 
 

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 11:11

 Si « La question du budget de cette nouvelle agence doit encore être précisée , a déclaré, le 1er mars sur Europe 1, Barbara Pompili. »,il faudrait encore deux fois 200 millions en supplément par année, pour considérer que soit bouclé le budget de l’Agence ainsi que celui prévu pour le soutien aux acteurs de la biodiversité .Or les  Le Dain ,Delga ,Saurel ,et le "Nominé"Yves PIETRASANTA à l'AFB -  peuvent-ils garantir que ces fonds sont désormais réunis sachant que Bercy veut tuer l'Agence française pour la biodiversité dans l'œuf ?

Choisie comme pôle de l'Agence française de la biodiversité ,Montpellier veut en etre le siège 

 | 
Montpellier est devenue, le 1er janvier, l’un des trois pôles de la nouvelle Agence française pour la biodiversité. Des élus de la région militent pour que la ville soit maintenant désignée comme le siège de cet établissement public.

Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, et Philippe Saurel, le maire et président de la Métropole de Montpellier, ont tous deux salué, fin décembre, la décision du Ministère de l'Environnement de retenir Montpellier (le lieu précis n'est pas encore défini) parmi les trois pôles nationaux de la nouvelle agence pour la biodiversité (AFB).

Signé le 23 décembre, le décret rendant opérationnelle l'AFB est paru le 27 décembre au Journal officiel. Ce nouvel établissement public est issu de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité. Il s'organise autour de trois pôles nationaux : à Brest (29), Montpellier (34) et Vincennes (94).

« La Région a toujours soutenu l'implantation d'un pôle de l'Agence pour la biodiversité à Montpellier, déclare Carole Delga. Je me félicite que le Ministère ait reconnu tous les atouts et le potentiel de notre territoire pour accueillir une telle structure qui permettra d'impulser une politique ambitieuse et coordonnée pour l'indispensable préservation de notre patrimoine culturel. »

Destinée à être le fer de lance de la protection de la faune et la flore sur le territoire national, l'AFB réunit dans une même structure quatre établissements publics préexistants : l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), l'Agence des aires marines protégées, l'Atelier technique des espaces naturels (Aten) et les Parcs nationaux de France (PNF).

À l'heure actuelle, le siège de l'AFB n'est pas encore défini : il sera fixé prochainement par arrêté du ministre chargé de l'environnement. Mais déjà des voix régionales se font entendre afin que le pôle montpelliérain accueille ce siège. La ville est déjà le centre administratif des PNF et de l'Aten.

Montpellier, capitale de l'AFB ?

« Je souhaite que Montpellier devienne le siège scientifique de l'Agence française pour la biodiversité, indique Carole Delga. Ici en Occitanie, nous avons un patrimoine naturel d'une exceptionnelle richesse, avec plus de la moitié des espèces françaises de faune et de flora présente sur notre territoire. Nous sommes également la première région de France pour la recherche avec près de 30 000 chercheurs et 3,7 % de notre PIB consacré à la R&D. Je suis convaincue que nous avons la ressource pour relever ce défi avec succès. »

L'appel est également relayé par Philippe Saurel :

« C'est une étape que d'avoir été sélectionnés avec Brest et Vincennes par Madame Royal, Ministre de l'Environnement, pour être l'un des 3 pôles nationaux de l'AFB, indique le maire et président de Montpellier Métropole. Mais ma satisfaction sera totale si Montpellier et son territoire, l'un des 35 hotspots mondiaux en matière de biodiversité, sont retenus pour accueillir le siège scientifique de l'Agence. C'est cette décision que nous défendons et que nous attendons depuis plusieurs années, au regard de notre expertise et de notre excellence reconnues internationalement."

Vincennes favorite

Le vœu formulé par les élus locaux ne sera pas obligatoirement satisfait si l'on en croit la députée de l'Hérault, Anne-Yvonne Le Dain. Également rapporteure du projet de Loi Organique sur la Biodiversité, elle évoque la possibilité d'une implantation du siège à Vincennes.

« Le siège de l'AFB ne doit pas être trop loin des ministères, explique l'élue. Il ne sera pas forcément volumineux et n'entamera pas la puissance de deux autres antennes. Montpellier peut d'ailleurs se prévaloir d'une légitimité très forte dans le domaine de la biodiversité terrestre cultivée et naturelle. »

Dirigée par Christophe Aubel, l'AFB regroupera 1 200 fonctionnaires auxquels s'ajouteront « 50 emplois supplémentaires  pour la réalisation de ses nouvelles mission », a annoncé par Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, le 23 décembre. L'établissement sera doté d'un budget annuel de 225 M€ (la somme des budgets des établissements publics fusionnés). Néanmoins, celui-ci vient déjà d'être ponctionné de 90 M€ dans le cadre de la loi de finances rectificative.

« C'est un peu paradoxal, convient Anne-Yvonne Le Dain. Néanmoins, je ne suis pas inquiète. Il y a des choses qui se rectifient.»

-Presse:

Trois questions autour de l'Agence française pour la biodiversité -

L'agence pour la biodiversité risque de faire les poches du privé | 

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"Naissance de l’AFB

Une fois n’est pas coutume, honneur à la biodiversité. L’arrivée de 2017 marque l’avènement de l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Installé à la fois à Vincennes, Montpellier et Brest, le fruit de la loi pour la reconquête de la biodiversité regroupe les services de l’Agence des aires marines protégées, l’Atelier technique des espaces naturels (Aten), l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), ainsi que les services des parcs nationaux de France. Seuls manquent à l’appel de la forêt les experts de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui poursuivront leurs missions parallèlement à leurs collègues de l’AFB.

Présidée, à titre honorifique, par Hubert Reeves, la nouvelle agence devra tout à la fois animer la stratégie nationale, collecter des données, soutenir l’action de l’Etat (et éventuellement des régions), assurer les missions de police de l’environnement (à partager avec l’ONCFS), lutter contre les espèces exotiques envahissantes, appuyer la gestion d’aires protégées, renforcer l’efficacité du dispositif éviter-réduire-compenser."

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 12:40

 

Selon une étude menée par l'Institut national de la recherche agronomique, une importante ..

 
Selon une étude menée par l’Institut national de la recherche agronomique, une importante proportion d’articles scientifiques consacrés aux OGM est entachée de conflits d’intérêts.
 
LE MONDE | 19.12.2016 à 06h34 |Par Stéphane Horel
 
Pas moins de 40 % de conflits d’intérêts. Le chiffre, frappant, caractérise tout un corpus d’articles scientifiques portant sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Voilà la première conclusion d’une étude publiée par une équipe de chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) dans la revue scientifique PLOS ONE, le 15 décembre 2016. Seconde conclusion : ces conflits d’intérêts ont une influence patente sur les résultats de ces publications. Quand conflit d’intérêts il y a, « les conclusions ont 49 % de chances d’être plus favorables aux intérêts des industries semencières », écrivent les chercheurs.
 
Ce n’est pas l’intégralité de la littérature scientifique sur les OGM qui a été ici analysée, mais un ensemble de 672 articles publiés entre 1991 et 2015 sur une question bien précise. Ils concernaient l’efficacité et la durabilité de l’efficacité de certains OGM qui produisent les protéines d’une bactérie,Bacillus thuringiensis (Bt). Toxiques contre des insectes qui les infestent, les plantes OGM Bt sont principalement utilisées pour les cultures de maïs, de coton et de soja. Comme il est rare que ce type de revues systématiques inclue un aussi grand nombre d’articles, les conclusions en sont d’autant plus significatives.
 
Fait notable, c’est la première étude de cette importance portant sur les conflits d’intérêts dans le domaine des OGM. Directeur de recherche à l’institut Sophia Agrobiotech, Thomas Guillemaud travaille sur la chrysomèle des racines du maïs. Ancien membre du Haut conseil des biotechnologies, Denis Bourguet est quant à lui un spécialiste de la pyrale du maïs au Centre de Biologie pour la Gestion des Populations (CBGP) de Montpellier. Chacun d’entre eux se heurtait régulièrement à la question du biais dans les publications sur les OGM. « En dépit de l’ampleur extraordinaire des enjeux financiers, politiques et idéologiques liés aux cultures génétiquement modifiées », seules deux études s’étaient penchées sur la question, ont-ils constaté. Mais l’une d’entre elles posait aussi un problème de conflit d’intérêts. « C’est pour cette raison que nous avons décidé de faire cette analyse » a expliqué Thomas Guillemaud au Monde.
 
 
Cause ou conséquence ?
 
Comment les chercheurs de l’INRA ont-ils eu connaissance de ces conflits d’intérêts ? Tout simplement en relevant ceux déclarés dans les articles par les auteurs eux-mêmes. Ainsi, ils ont retenu deux types de relations avec les fabricants d’OGM : soit une affiliation directe (les auteurs étaient des employés des groupes), soit un financement total ou partiel des travaux d’au moins un des auteurs. Il est donc ici principalement question de liens avec Monsanto – en cours de fusion avec l’allemand Bayer –, le suisse Syngenta, et les firmes américaines Dow AgroSciences et DuPont Pioneer – également en train de fusionner. Des groupes qui représentent aujourd’hui 60 % du marché des semences.
 
Par conflit d’intérêts, les chercheurs entendent « un ensemble de circonstances qui créent un risque que le jugement professionnel ou les actions concernant un intérêt principal soient indûment influencés par un intérêt secondaire » – c’est ainsi que les définit l’Académie nationale des sciences américaine. En raison de ces « intérêts secondaires », donc, « les résultats étaient à 104 % plus susceptibles d’être favorables pour les articles consacrés à l’efficacité que pour ceux explorant la durabilité ». Cela s’explique par le fait que « les groupes ont plus intérêt à financer des études qui montrent que leurs produits tuent effectivement les insectes »,analyse Thomas Guillemaud, tandis que les études de durabilité nécessitent davantage de temps pour une issue plus incertaine.
 
Impossible, en revanche, d’établir si les conflits d’intérêts financiers sont la cause ou la conséquence de résultats favorables aux sponsors. En d’autres termes, de déterminer avec certitude si les résultats sont favorables à un industriel parce qu’il a financé l’étude, même seulement en partie. Pour mettre cela en évidence, développe M. Guillemaud, il faudrait disposer de trois éléments : « le projet avant qu’il ne commence, l’étude avant qu’elle ne soit publiée et l’étude après publication ».
 
« Système de soutien financier indirect »
 
Quand les chercheurs de l’INRA soulignent les limitations de leur propre travail, ils montrent en fait que leur conclusion ne représente que le sommet de l’iceberg. Car seuls 7 % des articles contenaient une déclaration d’intérêts des auteurs. Quid des autres ? Par ailleurs, certains liens avec les industriels, susceptibles d’avoir un impact notable, sont rarement déclarés et n’ont pas pu être pris en compte. Comme par exemple être membre du conseil scientifique d’une firme, consultant ou détenteur de brevets. Difficile d’enquêter sur chacun des 1 500 auteurs du corpus… Tout comme il était irréalisable d’explorer les conflits d’intérêts non financiers, dits intellectuels.
 
Cette étude sur les OGM Bt vient renforcer le domaine de recherche consacré à l’influence des sponsors sur les résultats des études scientifiques, un phénomène connu sous le nom de « biais de financement » (« funding effect »). Produits pharmaceutiques, tabac, sodas, sucre, certains pesticides, nucléaire et maintenant OGM : les études ont quatre à huit fois plus de chances d’atteindre des conclusions favorables au sponsor que celles financés par des fonds de source non-industrielle.
 
Soucieux de préserver l’intégrité de la recherche, les scientifiques de l’INRA proposent une solution de plus en plus souvent évoquée pour la surveillance des médicaments, des produits chimiques ou des pesticides. Il s’agirait d’« un système de soutien financier indirect de la recherche par l’industrie : les groupes producteurs d’OGM et d’autres parties prenantes (gouvernements, organisations non gouvernementales) feraient une contribution financière à un pot commun géré par une agence indépendante".
 
Sur le même sujet, lire aussi : http://www.infogm.org/spip.php?article6113

Christophe NOISETTE, 19 décembre 2016

 

Ce n’est pas une association ou un syndicat, opposés aux OGM, qui le disent : une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut public de recherche agronomique (Inra) conclut que « 40% des publications étudiées présentent un conflit d’intérêt financier ». Les chercheurs de l’institut se sont intéressés aux études « scientifiques » qui traitent de l’efficacité ou de la durabilité des plantes transgéniques Bt, génétiquement modifiées pour produire un insecticide.......

-Sur un   sujet similaire avec les PCB de Monsanto

Aux Etats-Unis, l'Etat de Washington porte plainte contre Monsanto

Le procureur général affirme que le groupe a produit des PCB « pendant des décennies tout en cachant ce qu’il savait des dégâts causés par ce produit chimique toxique ».
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/09/aux-etats-unis-l-etat-de-washington-porte-plainte-contre-monsanto_5046016_3244.html#rrWveD7hg5eEczCr.99
www.lemonde.fr/.
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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 14:01
Pour poursuivre la sœur d'Adama Traoré, la maire veut faire payer la commune

Drôles de manières. Mise en cause fin septembre par la famille Traoré, dont le fils Adama, 24 ans, est mort cet été suite à son interpellation par les gendarmes, Nathalie Groux, maire UDI de Beaumont-sur-Oise en région parisienne, s’apprête non seulement à déposer plainte pour diffamation publique, selon , mais aussi à demander ce jeudi 17 novembre à son conseil municipal de prendre en charge "l’ensemble de ses frais d’avocat" dans ladite procédure.

Autrement dit, Nathalie Groux entendrait, dans le cadre de la "protection fonctionnelle" prévue dans le code général des collectivités territoriales, faire payer le contribuable pour un contentieux personnel qu’elle situe officiellement au 28 septembre. Ce jour-là, Assa Traoré, la sœur d’Adama, interviewée par le Gros Journal de Canal+, déclare que "la maire (de Beaumont-sur-Oise ndlr) a choisi son camp" : "Elle se met du côté des gendarmes, c’est-à-dire du côté de la violence policière".

Soupçons de bavure policière

Des propos qui interviennent plus de trois mois après la mort d’Adama Traoré, suivie de plusieurs semaines de tensions. La version du procureur de Pontoise, Yves Jannier, qui indiquait qu'un "malaise" puis qu'une "infection grave touchant plusieurs organes" étaient à l'origine du décès, ayant notamment été contredite par faisant eux état d’une asphyxie, jamais mentionnée par le magistrat.

"Nathalie Groux n’a jamais adressé le moindre mot de condoléance à ma famille, souligne dans Assa Traoré. J’attends toujours qu’elle nous fasse un signe. Et aujourd’hui elle veut me poursuivre ? Je ne me laisserai pas intimider, je porterai plainte en retour", déclare-t-elle. Et de lancer : "Mes frères, ma mère et moi ne sommes pas des assaillants, mais la famille de la victime (...) et la ville nous attaque en utilisant l’argent du contribuable ? "

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 04:35

Une fraude scientifique ébranle une grande université américaine

Passeur de sciences - Le Monde‎ -

AINSI QUE LE RACONTE la revue Science en partenariat avec le site Retraction Watch, tout a commencé en mars 2013 par un presque banal détournement de fonds. Chercheuse dans à l’université Duke (Caroline du Nord), une prestigieuse université américaine, la biologiste Erin Potts-Kant avait en effet utilisé la carte bleue de son service pour environ 25 000 dollars d’achats personnels… La dame a plaidé coupable et été condamnée à payer une amende ainsi qu’à effectuer des travaux d’intérêt général. Elle ne travaille plus pour l’université.

L’affaire aurait pu en rester là, c’est-à-dire cantonnée à la rubrique des petites malversations, dans la page des faits divers. Mais les responsables de Duke se sont demandé si la malhonnêteté de la spécialiste de biologie pulmonaire et de l’étude des effets des polluants sur les voies respiratoires n’avait pas débordé sur ses activités de recherche. Quand on est capable de faire des fausses factures, peut-on aussi produire de faux résultats ? Ils ont donc passé au crible les expériences qu’elle avait menées ainsi que les publications qui en étaient issues et, ainsi que l’écrit Alison McCook, de Retraction Watch, « ils n’ont pas aimé ce qu’ils ont vu ».

Partie d’une simple fraude à la carte bleue, l’affaire Potts-Kant est devenue fraude scientifique de grande ampleur. A l’heure où ces lignes sont écrites, quinze articles publiés dans des revues scientifiques et co-signés par la chercheuse ont fait l’objet d’une rétractation en raison de la non-fiabilité des données expérimentales qu’elle avait fournies. Pour le dire plus clairement, l’enquête interne aurait montré que certaines expériences auraient été mal conduites, voire pas conduites du tout et que les données auraient été manipulées ou fabriquées de toutes pièces. Des chercheurs ont ainsi répété les expériences et ont été dans l’incapacité de reproduire les beaux résultats significatifs qu’Erin Potts-Kant avait obtenus…

Lanceur d’alerte

Mais l’essentiel de l’affaire n’est déjà plus là. Comme l’explique Alison McCook, aujourd’hui, c’est surtout l’université Duke qui se retrouve sur la sellette. Comme on l’a appris en août, elle fait en effet l’objet d’une poursuite lancée par un lanceur d’alerte, le biologiste Joseph Thomas, en vertu de la loi Lincoln. Connue aussi sous le nom de False Claims Act, cette loi fédérale américaine permet à un particulier d’attaquer, au nom de l’Etat, une entreprise privée ayant reçu et fort mal employé des fonds publics – or Duke est une université privée. La loi Lincoln prévoit aussi que si l’entreprise est condamnée à une amende, le lanceur d’alerte reçoit une fraction de cette somme. Quand on sait que les amendes s’élèvent parfois à plusieurs dizaines de millions de dollars, celui ou celle qui a porté l’affaire devant la justice peut devenir millionnaire en aidant l’Etat fédéral à récupérer l’argent public mal employé par le condamné.

Dans l’affaire Potts-Kant, Joseph Thomas, qui a travaillé dans le même laboratoire de recherches – dirigé par William Foster, lui aussi éclaboussé par le scandale et qui a depuis pris sa retraite – que la fraudeuse , accuse l’université Duke d’avoir fermé les yeux sur des pratiques qu’elle savait suspectes. Dans le texte de plus de 70 pages qu’il a déposé pour justifier sa plainte, Joseph Thomas dit ainsi que Duke « a intentionnellement dissimulé l’étendue totale de la fraude scientifique », tant aux chercheurs et aux revues spécialisées qu’à l’Etat dont elle avait perçu d’importantes bourses de recherche pour les travaux incriminés. Le biologiste va plus loin en affirmant que l’université a continué, après que le pot-aux-roses a été découvert, à demander de l’argent du contribuable sur la base de travaux qu’elle savait frauduleux.

Selon le décompte de Joseph Thomas, les faux résultats du laboratoire Foster pour lequel travaillait Erin Potts-Kant ont été exploités dans le cadre de dizaines de bourses fédérales (ou ont servi à en obtenir d’autres…), le tout pour un total de 200 millions de dollars, réparti sur une période de neuf ans. Etant donné que, selon la loi Lincoln, l’entreprise peut être condamnée à rembourser trois fois les fonds publics qu’elle a perçus, on conçoit que l’université Duke ne soit pas à l’aise avec cette affaire, tout comme doivent trembler d’autres universités privées américaines qui comprennent désormais qu’elles sont susceptibles de se retrouver dans le viseur de cette loi. On n’en est qu’au début du marathon judiciaire et, pour l’emporter, Joseph Thomas, le lanceur d’alerte, devra encore prouver que les résultats frauduleux ont été décisifs pour obtenir l’argent fédéral en question. Reste que l’affaire a le mérite de mettre en lumière ce qui, dans la tambouille de la science, reste souvent dans l’ombre, à savoir la course aux financements.

Pierre Barthélémy (suivez-moi ici sur Twitter ou bien là sur Facebook)

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 06:12

Ce soir diffusion de "pesticides, le poison de la terre";

OGM, herbicides et p'tits traités | L'Humanité

Marie-Noëlle Bertrand

Vendredi, 5 Août, 2016

L'Humanité

AFP

L’Europe vient d’autoriser la commercialisation d’un soja OGM de Monsanto, sous pression des lobbys canadiens et du Ceta.

L’affaire s’est conclue il y a deux semaines. En toute discrétion côté européen, mais saluée à sa juste valeur outre-Atlantique : « Si vous attendiez de pouvoir planter la semence de soja résistante au dicamba et au glyphosate Roundup Ready 2 Xtend sans vous inquiéter, vous êtes plus proche du but que jamais », écrivait le web-magasine californien Successful Farming le 22 juillet.

Le matin même, le groupe Monsanto, propriétaire de cette semence OGM, s’était fendu d’un communiqué triomphant, annonçant que la Commission européenne venait juste d’en approuver la commercialisation. Elle aura mis le temps, semblait déplorer, en creux, Brett Begemann, président de la multinationale états-unienne. À l’en croire, l’Amérique rurale tout entière, confrontée aux atermoiements d’une Europe encline à mettre des bâtons dans les roues de ses Massey Ferguson, trépignait d’impatience. « Les agriculteurs nous disent à quel point ils comptent sur les bénéfices qu’occasionnera l’extension de notre système permettant l’utilisation du dicamba et du glyphosate. » Et de surligner l’enthousiasme général « à l’idée d’offrir aux cultivateurs canadiens cette même opportunité ».

1 milliard de dollars dans la production d’un nouvel herbicide

Europe, États-Unis, Canada ? Les bases de l’histoire sont plantées. Faisons-la démarrer en juin 2015, quand Monsanto confirme son intention d’investir 1 milliard de dollars dans la production d’un nouvel herbicide : le dicamba. Il faut dire que le produit phare du groupe, le glyphosate, a du plomb dans les genoux. En mars, cette même année, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l’Organisation mondiale de la santé, a rendu son évaluation : elle est cinglante, quand l’organisme le juge « probablement cancérigène ». Ce n’est pas la première attaque du genre, et en Europe, déjà, se pose la question de l’interdire. Or, le glyphosate n’est pas seulement l’ingrédient clé du Roundup, herbicide star de Monsanto. Il est aussi un élément pilier d’une majorité de ses semences OGM – maïs, sojas ou cotons de la gamme Roundup Ready –, dont le trait de caractère est précisément d’y être résistantes. En bref, on peut les pulvériser de glyphosate, elles pousseront quand même. En d’autres termes encore, l’herbicide et les graines se vendent de pair, et la fin de l’un signe le déclin des autres.

Monsanto a senti le vent tourner, d’autant qu’aux États-Unis, où le Roundup est massivement utilisé, on constate l’émergence de mauvaises herbes devenues résistantes au glyphosate. La firme voit dans le dicamba, herbicide dit « hormonal » réputé « modérément toxique », une alternative viable. Parallèlement, elle développe une nouvelle gamme de semences OGM tolérantes au glyphosate et au dicamba, entre autres le Roundup Ready 2 Xtend.

La sauce prend. Et s’étale. Intéressé, le Canada passe commande, envisageant de semer massivement, et dès 2016, du soja Roundup Ready 2 Xtend dans ses champs, dont une large partie de la production (globalement destinée à l’alimentation des bêtes à viande) vise, en bout de course, l’exportation. Parmi les acheteurs sur lesquels comptent les puissances agricoles canadiennes : l’Europe.

Sauf que cette dernière tergiverse. Certes, l’Efsa, l’agence de sécurité alimentaire européenne, a rendu un avis favorable et donné son feu vert à la commercialisation du soja Roundup Ready 2 Xtend. Mais les députés européens ne l’entendent pas de la même oreille. Le mot glyphosate, entre autres, tinte malsain à leur oreille : en février, ils s’opposent par un vote majoritaire à la commercialisation de l’OGM. Deux autres sojas OGM sont interdits dans la foulée, l’un toujours de Monsanto, l’autre de son concurrent Bayer.

Représentant les États membres, les comités d’appel qui suivront n’émettront quant à eux aucune opinion, laissant libre la Commission européenne de trancher. Ce qu’elle fait, donc, en juillet, en autorisant finalement l’importation des trois OGM, dont le Roundup Ready 2 Xtend. Soit.

Une chose, toutefois, a pu peser dans sa décision. C’est cette lettre que lui a adressée, fin avril, Soy Canada, lobby rassemblant les industriels et grands producteurs de soja canadiens. En tardant à finaliser l’approbation des trois sojas OGM, « la Commission européenne nie le droit des agriculteurs canadiens d’accéder aux nouvelles innovations de semences », écrit ainsi Mark Huston, président de Soy Canada, à Jean-Claude Juncker, président de la Commission. « L’UE échoue aussi à respecter un engagement qu’elle a fait avec le Canada lors des négociations de libre-échange Canada-Union européenne », relève encore le courrier. « Le commissaire responsable du processus d’approbation GM s’était, à ce moment-là, engagé à traiter des demandes “aussi vite que possible” », rappelle-t-il enfin, invitant la Commission européenne à « formellement expliquer pourquoi ses engagements pris aux négociations Ceta ne sont pas honorés ». Visiblement, cette dernière a jugé plus simple d’accéder fissa à la demande, quand bien même celle-ci fait référence à un accord de libre-échange qui n’est pas encore signé. Il faut dire qu’il y avait gros à jouer. Grâce à cette autorisation, qui fait suite à celle délivrée par la Chine en février dernier, Monsanto compte pouvoir fournir 6 millions d’hectares en semences de soja Roundup Ready 2 Xtend dès 2017. Or Monsanto, c’est l’Amérique. Et l’Amérique, c’est le Tafta.

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires - Le Monde

30 septembre a Privas: PROCÈS DU GLYPHOSATE

3 septembre 2016

PROCÈS DU GLYPHOSATE : cet herbicide doit être retiré de la vente !

Le 19 mars 2016 a eu lieu une action nationale des Faucheuses et Faucheurs Volontaires pour dénoncer

  • la toxicité des pesticides (RoundUp en particulier), corollaires des OGM cultivés en France et dans le monde,
  • leur distribution au grand public,
  • l’inaction des pouvoirs publics devant un problème majeur de santé publique et de dégradation de l’environnement.

2 militants sont poursuivis et se retrouveront à la barre du tribunal d’Aubenas le 30 septembre. Soutenons les!

À Aubenas, les Faucheurs Volontaires ont neutralisé pacifiquement des bidons de désherbants à base de glyphosate dans trois magasins, deux d’entre eux ont porté plainte : Bricomarché et Gamm Vert.

Nous ne voulons plus de ces herbicides. Nous nous opposons à la prolongation de l’autorisation de mise sur le marché de produits reconnus comme perturbateurs endocriniens et cancérigènes probables par de multiples études scientifiques.

Nous demandons à nos Etats de résister aux lobbies de Monsanto, Bayer et consorts et d’interdire ces formulations chimiques, ainsi que les OGM mutés qui en dépendent, actuellement en culture sur plus de 150 000 ha en France.

Suite aux actions menées partout en France, deux Faucheurs sont poursuivis par la justice.

Des scientifiques, médecins, spécialistes de l’environnement ou simples opposants à l’agro-industrie seront présents le 30 septembre 2016 dès 10h, au Tribunal de Grande Instance de Privas (Ardèche).

Des conférences et débats auront lieu la veille à partir de 18h à la salle des associations d’Ucel, près d’Aubenas.

Venons nombreux les soutenir !
Solidairement,

Rémi

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 03:30

Communiqué LDH

Paris, le 26 août 2016

Un coup d’arrêt utile mais qui ne résout rien

La décision du Conseil d’Etat vient, heureusement, de donner un coup d’arrêt à la volonté de certains responsables politiques, de droite, d’extrême droite et de gauche, de porter atteinte à la liberté de conscience, aux libertés individuelles et de faire de la laïcité un instrument d’exclusion.

Mais cette décision ne résout rien. Des élus municipaux ont pu s’en prendre à des femmes en raison de leur pratique religieuse, on a trouvé des juges pour les approuver et du Premier ministre au Front national en passant par Nicolas Sarkozy tous sont d’accord pour faire, par idéologie et appétit de pouvoir, de nos concitoyens musulmans des Français pas comme les autres.

Outre le ridicule d’un débat qui a fait de la France la risée du monde, ce qui est en jeu ici, c’est la division de la nation selon l’origine et la religion des hommes et des femmes qui vivent en France.

Nous récusons cette vision de la France et nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à la rejeter. La LDH appelle tous les maires qui ont cru devoir prendre cette mesure à la rapporter sans délai.

Les féministes blanches et aisées aiment un peu trop le capitalisme

Les féministes riches et blanches ont-elles laissé le capitalisme faire en permettant l’exploitation des femmes non-blanches et pauvres ? C’est la thèse de la philosophe Nancy Fraser qu’il faut relire alors que des chiffres publiés aux États-Unis montrent les inégalités croissantes entre femmes noires et femmes blanches.

Pendant que la France s'acharne contre le burkini, le fossé économique entre femmes blanches et femmes non-blanches, femmes riches et femmes pauvres, ne cesse de se creuser. Du moins aux États-Unis, selon une étude de l'Institute for Women’s Policy Research, repérée par Slate.com. De 2004 à 2014, le revenu réel des femmes a baissé de 1,6%. Mais ce sont les femmes hispaniques, noires et amérindiennes qui ont vu leur revenu le plus décliner, respectivement de 4,5%, 5% et 5,8%. Alors que celui des femmes blanches a baissé de 0.3%.

«Les femmes noires sont plus nombreuses proportionnellement dans les emplois faiblement rémunérés (comme les emplois de services à la personne, de santé, et l’éducation) et moins nombreuses dans les emplois bien rémunérés comme l'ingénierie, les nouvelles technologies et les postes de responsables», expliquait l’association l’année dernière.

Les tâches domestiques déléguées

Cette étude rappelle la thèse de la philosophe féministe américaine Nancy Fraser qui, dans une conférence donnée en juin à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales), expliquait que le progressisme féministe, ces dernières années, avait beaucoup fait avancer la cause des femmes blanches et des femmes des classes moyennes et supérieures, mais avait laissé sur le bord de la route la cause des femmes noires et non-blanches, qui appartiennent plus souvent aux classes populaires.

Pire, explique Nancy Fraser, les féministes, voyant dans le travail un moyen d’émancipation, se sont alliées au capitalisme et ont accepté, pour que de nombreuses femmes puissent accéder à des postes à responsabilité et gravir les échelons, que soient déléguées à des femmes pauvres les tâches domestiques et de soin des enfants qu’elles ne pouvaient plus assumer. Elles ont largement encouragé l’ascension des femmes blanches des catégories les plus aisées, sans se préoccuper suffisamment des conséquences sur les femmes pauvres, et généralement non-blanches.

Des «sphères séparées» au «revenu familial»

La condition des femmes est étroitement liée aux évolutions du capitalisme. Pour nourrir sa démonstration, la philosophe retrace trois phases du capitalisme depuis le XIXe siècle, à travers la notion de «reproduction sociale» –définie comme «la mise au monde et l’éducation des enfants, la sollicitude envers amis et membres de la famille, la tenue des foyers et des communautés sociales, ainsi que, plus généralement, la pérennisation des liens sociaux». La reproduction sociale est une «condition de possibilité de l’accumulation du capital sur la longue durée», selon Fraser. Mais, en même temps, le capitalisme tend à scier la branche sur laquelle il repose, en exerçant toujours plus de pression sur ces conditions.

C'est l’idéologie des «sphères séparées» qui a d'abord dominé au XIXe siècle –la première phase–, où les femmes étaient confinées au foyer et où les hommes avaient accès à l’usine. La reproduction sociale était essentiellement assurée par les femmes. Cette situation les rendait dépendantes économiquement de leurs maris, et leur a parue, à la longue, intenable.

Ensuite, les mouvements féministes, tant libéraux que socialistes, ont misé sur le travail pour dynamiter ce schéma. Sous la pression de ces mouvements, le capitalisme a dû se réorganiser dans la première moitié du XXe siècle pour permettre aux femmes d’accéder à un revenu minimal, complémentaire de celui de leur conjoint masculin, et leur accordant un minimum d’autonomie. C’est le modèle présenté comme idéal et plus juste du «revenu familial», dans lequel l’État prend en charge une partie des fonctions d’éducation et de soin des enfants traditionnellement dévolues aux femmes.

Organisation duale de la reproduction sociale

C’est à partir des années 1960 –troisième phase– que s’est amorcé le délitement du «capitalisme géré par l’État». Devenu mondialiste et néolibéral, mais aussi progressiste d'une certaine manière puisqu'il célèbre la diversité, la méritocratie et l’émancipation, le nouveau régime «pousse l’État et les entreprises à se désinvestir de la protection sociale, tout en intégrant les femmes dans la main d’œuvre salariée»:

«Dans un contexte d’inégalités croissantes, il en résulte une organisation duale de la reproduction sociale: marchandisée pour ceux qui peuvent payer, “familialisée” pour ceux qui ne le peuvent pas (...) Ce régime emploie dans les pays plus riches des travailleurs migrants qu’on fait venir des pays plus pauvres. Sans surprise, ce sont les femmes racialisées et/ou issues du monde rural pauvre qui prennent en charge le travail reproductif et de soin qui était auparavant assuré par les femmes plus privilégiées.»

Les mouvements progressistes coupables?

Dans cette mutation, explique Nancy Fraser, le régime s’est allié contre les défenseurs de la protection sociale aux «nouveaux mouvements sociaux progressistes» ou «mouvements pour l’émancipation» –antiracisme, multiculturalisme, mouvements de libération LGBT, écologie– qui ont donné naissance, selon elle, à «̀des courants néolibéraux favorables au marché».

«Mais c’est la trajectoire féministe qui s’est révélée particulièrement lourde de conséquences étant donné l’imbrication historique entre genre et reproduction sociale dans le capitalisme», accuse-t-elle.

L’accusation est grave et mérite d’être discutée, vérifiée, bousculée. Mais la théorie de Nancy Fraser a ceci de stimulant qu’elle permet de rendre compte de nombreuses transformations en cours, que ce soit au sein du féminisme ou à l’extérieur. Elle permet de réfléchir à la scission de plus en plus béante entre les «afro-féministes», souvent pro-voile et alliées aux forces anticapitalistes d’extrême-gauche (que l’on qualifie parfois d’«islamo-gauchistes») et de l’autre les féministes dites «mainstream» (que leurs rivales appelle aussi les «féministes blanches») plus volontiers proches de la gauche de gouvernement.

Et surtout, elle explique la forte croissance des emplois de service à la personne, dont 90% en France sont occupés par des femmes. Un sujet qui, quoi qu’il en soit, devrait intéresser les féministes françaises, alors que la pauvreté augmente et touche d’abord les femmes.

Aude Lorriaux

Pauvre France, plongée dans l’obscurité médiatique !

Mais dans quel pays est-on ? Celui des Lumières ?

On subit une fameuse panne d’électricité !

On voit des manifestants pour le burkini et des manifestants contre le burkini. Deux formes de débilité, deux manières de tomber dans le piège d’une société dominée par l’évènementiel, par l’émotif, par le superficiel. C’est dans tous les cas tomber dans le panneau. Tomber dans le piège où les maîtres veulent que nous tombions. Car, cette question de la manière d’aller dans l’eau, vêtue un peu, beaucoup ou pas du tout, est-cela l’essentiel ? Pourquoi nourrir la ferveur médiatique autour de cette connerie ?

Cette ferveur médiatique ne sert qu’à faire oublier l’essentiel : la régression des droits, l’augmentation des inégalités, y compris l’inégalité des droits et des droits des femmes en particulier, la régression sociale, la catastrophe climatique qui arrive, la biodiversité dégradée qui affecte nos vies, les pesticides qui provoquent nos cancers, le triomphe des multinationales, la tyrannie des eurocrates.

Tout ce battage sur le burkini, c’est n’est pas une provocation. C’est une diversion. Et des esprits bien intentionnés, mais un peu courts, manifestent. Ils bêlent leurs slogans. Ils tombent dans le panneau.

Les défis majeurs de notre temps ne sont ils pas plus importants que la manière dont une femme s’habille ou se déshabille sur une plage ? Qu’elle soit nue ou toute habillée, je m’en fous. C’est SA liberté. La liberté des autres ne me gène pas. Des adversaires du mariage pour tous aux adversaires du burkini, des adversaires du nu à ceux qui s’opposent aux spectacles irrévérencieux, je ne vois que des adversaires de la liberté. Si une femme ne veut pas montrer son corps, c’est son droit. Un droit qui ne doit pas la priver du plaisir de la baignade. Si une femme aime être libérée de ses vêtements, qu’elle soit belle ou moche, c’est son droit. Un droit qui ne doit pas la priver du plaisir de la baignade. Ce n’est pas à moi de décider si cette femme choisit librement. C’est à elle et à elle seule.

Une autorité morale, religieuse ou politique qui prétend dicter la manière de s’habiller, cela s’appelle une dictature.

Apprenons à vivre avec la différence autour de nous. Refusons cette inclination à l’uniformité. La différence, quand elle ne conduit pas à l’inégalité des droits, doit être respectée. Manifester pour ou contre le burkini, c’est accorder une priorité à ceux qui veulent faire de cette question une priorité. Pourquoi leur donner tant de publicité ? Ne donnons pas une majorité à ces minoritaires immatures qui ont un problème avec le corps, qu’il soit nu ou vêtu.

Sorcières nues ou sorcières vêtues, la France est revenue aux temps obscurs où elle brûlait les sorcières. L’hystérie médiatique nous plonge dans l’obscurité et nous ramène aux pires temps de l’obscurantisme. Pas étonnant que la France ne brille plus dans le monde.

rmj

Grande traversée : Women's power, les nouveaux féminismes

Charlotte Bienaimé

"Ne nous libérez pas, on s'en charge"

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26.08.2016

1H 48 min

Vers un féminisme post-colonial.

« Mon voile est éminemment féministe. »

Nargesse

« Etre afroféministe c'est dire que je n'ai pas à choisir entre mes différentes identités. »

Amandine

Conceptualisée en 1989 par l'universitaire féministe américaine Kimberlé Crenshaw, l'intersectionnalité étudie les formes de domination et de discrimination dans les liens qui se nouent entre elles. Kimberlé Crenshaw a entamé cette réflexion dans la lignée du courant du black feminism aux Etats Unis qui définit la domination de genre sans jamais l'isoler des autres rapports de pouvoir à commencer par le racisme ou le rapport de classe. Les féministes noires, dans les années soixante-dix, contestaient déjà publiquement le féminisme du mouvement de libération des femmes comme issu des classes moyennes supérieures, basé sur des privilèges de race et de classe. Elles les accusaient de parler pour les autres, et en leur nom.

En France, aujourd'hui, cette question fait débat entre féministes universalistes et féministes post-coloniales. Les unes défendent l'unité du féminisme, les autres la nécessité de prendre en compte la diversité des expériences face au sexisme.

En effet, depuis quelques années, une forte communauté de jeunes féministes afrodescendantes, noires ou maghrébines, s'est constitué sur Tweeter et Facebook. La plupart d'entres-elles créent aussi des collectifs, sont présentes dans les manifestations, se rencontrent, s'organisent. Toutes prônent un féminisme intersectionnel, interrogent le féminisme majoritaire et réinventent une lutte à leur image.

Alors, faut-il repenser le « Nous », de « nous les femmes » ? Quel serait le visage d'un féminisme intersectionnel, post-colonial en France ?

AVEC :

-Amandine, Many et Sharone, afroféministes
-Nargesse et Hawa, féministes musulmanes
-Le collectif Féministes contre le cyberharcèlement (sur Twitter @VsCyberH)
-Maboula Soumahoro,maître de conférence à l'université de Tours. Initiatrice du Black History Month en France.
-Caroline De Haas, militante féministe
-Christine le Doaré, juriste et militante féministe, ancienne présidente du centre LGBT Paris IDF et d'SOS Homophobie.
-Christine Delphy, sociologue, chercheuse au CNRS, cofondatrice de la revue Nouvelle Question Féministes.
-Hanane Karimi, sociologue,doctorante, enseignante à l'université de Strasbourg. Fondatrice du collectif Femmes dans la mosquée

Texte d'introduction :
Audre Lorde
Sister Outsider, 1984

MUSIQUE :

-Slams d’Awa N'dongo

-Ain’t got no, I got life Rosemary Standley / Album Queen of hearts

BIBLIOGRAPHIE :

-Sister Outsider
Audrey Lorde
Editions Mamamélis

-Ne suis-je pas une femme ?
Bell Hooks
Cambourakis

-Classer, dominer
Qui sont les autr
es ?
Christine Delphy
La Fabrique

-Femmes, race et classe
Angela Davis
Des femmes

-Black Feminism
Elsa Dorlin
Bibliothèque du féminisme

-La matrice de la race
Elsa Dorlin
La découverte

-Une universalisme si particulier
Christine Delphy
Syllepses

-Discriminations classe/genre/race
Fatima Ouassak
IFAR

LIENS :

-Le collectif afroféministe Mwassi
-Vidéo de la table ronde au CNRS, « Féminismes et critique post-coloniales »
-Les vigilantes
-Le collectif féministe pour l'égalité
-Femmes en lutte 93
-8 mars pour toutes

Illustrations : La Rage

POUR PROLONGER L'ECOUTE :

Sur les docks : les féministes islamiques :

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Sur les docks - Les féministes islamiques

-Nasawiyat 2015 :

Rencontre avec Shayma et Fatima :

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Rencontre avec Shayma et Fatima, deux militantes féministes bien différentes

Première rencontre avec le collectif féministe de Seine Saint Denis, "Femmes en lutte 93" :

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Première rencontre avec le collectif féministe de Seine Saint Denis, "Femmes en lutte 93"

-Nasawiyat 2014 :

Maroc : témoigner

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Maroc : témoigner

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Bibliographie

Sister outsider : essais et propos d'Audre Lorde : sur la poesie, l'erotisme, le racisme, le sexisme Mamamelis , 2003 Audre Lorde

Ne suis-je pas une femme ? : Femmes noires et féminisme Cambourakis , 2015 Bell Hooks

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 01:57
Réflexion concernant "les prix Nobel condamnent Greenpeace pour crime contre l'humanité "par C.Vélot

www.criigen.org/ ..

Lundi 11 Juillet 2016.

Extrait de UP Magazine : "La ficelle est grosse mais l’immense majorité de la presse et des observateurs internationaux a fait mine de ne pas la voir. Il faut dire que les titres sont racoleurs : 108 éminents prix Nobel prennent la plume pour condamner les campagnes anti OGM de Greenpeace pour « crime contre l’humanité » ! Toute la presse internationale en fait ses gros titres. On peut en effet, impressionné par autant de sciences rassemblées sous le même texte, douter de la pertinence des actions de l’ONG contre les OGM en général et la modification génétique du riz doré en particulier. Les mots sont forts et percutants. Peut-être un peu trop pour être honnêtes. Alors, manipulation savamment orchestrée ou subtil jeu de dupes ? Enquête dans un monde d’intérêts intriqués"...

Lire la suite

Selon Christian Vélot, ce riz doré n'est qu'un cheval de Troie pour redorer le blason des OGM, car il ne fonctionne pas. Il ne peut pas donner des rendements satisfaisants pour la raison suivante : Pour lui faire produire du beta-carotène, précurseur de la vitamine A, on l'a doté de trois gènes (deux de jonquille et un de bactérie) permettant de fabriquer les trois enzymes nécessaires à la conversion d'une molécule appelée GGPP (géranylgéranyl pyrophosphate) en beta-carotène. Le riz (dans sa partie comestible), possède le GGPP mais n'est pas naturellement doté des trois enzymes en question.


Le souci est que le GGPP est aussi le précurseur de la vitamine E, de l'acide gibbérrelique (GA, hormone de plante nécessaire à la croissance) et des chlorophylles. En détournant une partie (importante) du GGPP pour faire du beta-carotène, et donc de la vitamine A, on amenuise le stock de GGPP au détriment de la production de vitamine E, de GA et de chlorophylles, affectant ainsi la croissance et la productivité du riz en question.

Encore une fois, tous ces "bidouillages" peuvent être séduisants sur la papier glacé, mais s'avèrent être à mille lieux des promesses, toujours en raison d'une vision simpliste du vivant où les gènes sont considérés comme des entités indépendantes et où on ne prend pas en compte le fantastique imbroglio qu'est le réseau métabolique.

Le beta-carotène (et donc la vitamine A) se trouve abondamment dans tous les fruits et légumes de couleur jaune-orangée-rouge (je vous laisse en faire la liste...), et donc les carences en vitamines A ne sont dues qu'à l'abandon des polycultures vivrières au détriment d'une monoculture. Cette politique productiviste et hégémonique orchestrée par les pays du Nord et l'OMC ne permettent pas aux paysans du Sud de vendre suffisamment cher le produit afin de pouvoir s'acheter ce qu'ils ne produisent plus pour avoir une nourriture équilibrée.

La carence en vitamine A, comme la malnutrition en général, ne sont pas un problème technologique, mais un problème politique et social.
Mais on ne peut pas exiger à des Prix Nobel scientifiques, avec leur vision étriquée, d'avoir cette analyse... Ce serait trop leur demander.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 11:34

genèse de la loi du 23 février 2005 : [3] la responsabilité des politiques


article de la rubrique loi du 23 fév. 05
date de publication : dimanche 13 août 2006
version imprimable :


Cet article évoque les responsabilités des politiques dans l’élaboration de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés ». Il prend la suite de l’article genèse de la loi du 23 février 2005 : [2] le parcours parlementaire.

Il est constitué d’extraits de la première partie, La genèse de la loi, rédigée par Valérie Morin, François Nadiras et Sylvie Thénault, de l’ouvrage « La colonisation, la loi et l’histoire », de Claude Liauzu et Gilles Manceron (dir.), éd. Syllepse, 2006.

Nous allons évoquer les responsabilités des politiques dans l’élaboration de cette loi. Le 2 avril 2003, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin, recevant le Haut conseil des rapatriés à l’Hôtel Matignon, avait rappelé qu’ “ en 2002, Jacques Chirac [s’était] engagé à garantir la poursuite de la solidarité nationale en faveur des rapatriés ” et que son gouvernement avait “ depuis, pris plusieurs dispositions pour répondre à cette volonté constante et je pourrais même dire instante, du chef de l’Etat ” [1]. Il poursuivait en insistant sur la nécessité de “ rappeler l’œuvre accomplie durant un siècle et demi par tous les pionniers, qui ont travaillé à la mise en valeur des territoires de la République au-delà des mers. ” La loi du 23 février 2005 est le résultat de cette volonté.

Reste une question : comment une telle loi, dont on n’a pas fini de constater les effets dévastateurs, a-t-elle pu être adoptée dans une sorte de consensus mou ? Pourquoi aucune opposition ne s’est-elle manifestée à l’Assemblée nationale contre ses articles les plus scandaleux lors des débats en première (juin 2004) puis en seconde lecture (février 2005) ?

L’atonie des partis politiques

C’est un fait, les débats publics n’ont pas mobilisé les élus. Le vendredi 11 juin, en première lecture à l’Assemblée nationale, 42 députés seulement (sur un total de 577) ont, en fin de matinée, pris part au vote sur la motion de renvoi défendue par la gauche - elle n’a recueilli que 4 voix (de gauche) contre 38 (de droite). Etaient-ils tous présents ? La lecture du compte-rendu officiel permet d’en douter : au cours des explications de vote, Gérard Bapt s’est exclamé “ nous sommes aujourd’hui vingt-quatre ” - un certain nombre de députés avaient donc “ délégué ” leur droit de vote. D’après Le Monde [2], les débats de l’après-midi, au cours desquels l’article 4 a été adopté, se sont déroulés devant une vingtaine de députés - dont trois de gauche [3]. Le même Gérard Bapt a déploré que le débat ait lieu un vendredi, “ jour habituellement réservé à nos travaux dans les circonscriptions ”. Mais la participation des députés n’a pas été meilleure lors de la seconde lecture à l’Assemblée qui s’est pourtant déroulée un jeudi matin, le 10 février 2005 : les deux amendements qui ont nécessité un scrutin n’ont bénéficié respectivement que de 39 et 32 suffrages exprimés [4]. Au Sénat le 16 décembre 2004, l’affluence ne semble pas avoir été plus grande [5].

Les seuls députés qui se soient véritablement mobilisés étaient originaires des deux régions où les rapatriés d’Algérie constituent une proportion significative de la population, le Languedoc-Roussillon et la région PACA :

  • le vendredi 11 juin, parmi les 28 députés qui ont participé aux débats, 7 étaient originaires du Languedoc et 9 de PACA,
  • le jeudi 10 février, sur 14 députés, 4 venaient du Languedoc et 3 de PACA.

Et comment expliquer qu’il ne se soit pas trouvé 60 députés ou 60 sénateurs pour saisir le Conseil constitutionnel en contestant les parties les plus scandaleuses de cette loi ?

La gauche complice

On est frappé par la faiblesse de la réaction de la gauche lors de ces débats, à l’exception notable des fortes paroles prononcées par Guy Fischer au Sénat. Faut-il y voir une nouvelle manifestation de l’ambiguïté des socialistes par rapport aux problèmes coloniaux ? Tel Christian Goux, chef de l’opposition socialiste au conseil municipal de Toulon qui déclarait lors de l’adoption d’une délibération qui attribuait à un carrefour de la ville le nom de “ carrefour Général Salan ” :

Personnellement, je trouve qu’il n’est pas opportun de mettre sur la place ce qui a opposé les Français au cours de cette guerre d’Algérie. [...] J’étais moi-même envoyé comme lieutenant en Algérie, et, malgré des convictions opposées à la guerre à l’époque, si c’était à refaire je repartirais en Algérie. Par devoir, parce qu’il est important de servir son pays. ” [6]

Une autre remarque aide à comprendre la connivence que l’on a perçoit à la lecture des comptes-rendus : les quatre élus de gauche qui ont pris une part active aux débats de l’Assemblée nationale, Gérard Bapt (PS, Haute Garonne), Jacques Bascou (PS, Aude), François Liberti (PC, Hérault), Kléber Mesquida (PS, Hérault), sont, à l’exception de Gérard Bapt, originaires du Languedoc, terre où les rapatriés d’Algérie ont été nombreux à se fixer.

Depuis plusieurs décennies le leader de la gauche en Languedoc-Roussillon est Georges Frêche [7]. Personne n’ignore qu’il bénéficie depuis 1973 du soutien du “ lobby pied-noir ” [8] . Lors des élections législatives du printemps 1993, il sera même le seul candidat socialiste en France à être soutenu par le Recours [9].

" Le Recours Hérault, l’Anfanoma, l’Association nationale des Français disparus en Algérie, l’Association des rapatriés anciens combattants d’Afrique du Nord, le Comité de défense des rapatriés et quelques autres amicales de pieds-noirs apportent leur soutien à Georges Frêche (PS), dont l’action parlementaire a démontré “l’attachement et la fidélité” à la communauté. “Il a refusé de voter la date souvenir du 19 mars”, rappellent ces rapatriés. " [10]

Moyennant quoi, Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, après avoir répété que “ ici, à Montpellier, c’est eux [les rapatriés] qui font les élections ”, n’hésite pas à déclarer : “ il est juste de reconnaître le rôle positif de la présence française en Algérie ” et à entonner à tue-tête, du haut de son perchoir régional, le chant C’est nous les Africains qui revenons de loin, repris en chœur par quelques élus du Front national. [11]

Mais Georges Frêche n’est pas le seul ! Le matin du 11 juin 2004, Jacques Bascou, député socialiste de l’Aude, annonce : “ Ce projet de loi, dont l’intention de réhabiliter l’œuvre de la France outre-mer est louable, doit aller plus loin. [...] Les associations de rapatriés ne perçoivent pas, dans ce texte, des réponses à leurs attentes qui, depuis quarante-deux ans, demeurent en souffrance. ” Au tour du député communiste de Sète (Hérault), François Liberti : “ En défendant nos amendements, nous ne faisons que soutenir les propositions défendues par le Comité de liaison des associations nationales de rapatriés, celles de la Confédération des Français musulmans et rapatriés d’Algérie, ou encore de l’Union syndicale de défense des intérêts des Français repliés d’Algérie, qui souhaitent que d’autres articles, bien plus ambitieux et volontaires, soient intégrés au projet de loi afin de l’enrichir. ” [12]

Kléber Mesquida, élu socialiste de l’Hérault, agit en député avisé quand il se bat à l’Assemblée nationale pour tenter d’enrichir le texte de loi : Kléber Mesquida, né en Algérie en 1945, sait que son électorat comporte un pourcentage important de Pieds-Noirs, et ce n’est pas “ par inadvertance ” qu’il a laissé passer l’article 4. Nous verrons plus loin qu’il en est de même pour les trois députés, tous socialistes, de l’Aude.

Une droite nostalgique

Mais la loi n’aurait pas été votée si elle n’avait été portée par un puissant courant de droite :

  • on compte 117 députés signataires de la proposition de loi du 5 mars 2003 relative à “ la reconnaissance de l’œuvre positive des Français en Algérie ” (à l’initiative de Jean Léonetti et Philippe Douste-Blazy) [13].
  • 40 députés ont signé en commission des affaires culturelles, familiales et sociales, l’un des deux amendements identiques prévoyant que “ l’histoire de la présence française outre-mer et notamment en Afrique du Nord doit figurer dans les programmes scolaires ” [14].

“ La France avait demandé à ses fils les plus intrépides d’assurer son rayonnement par-delà les mers : avec courage, avec enthousiasme, avec ténacité, ils l’ont fait. Les terres ont été mises en valeur, les maladies ont été combattues, une véritable politique de développement a été promue. ” Le rapport de Michel Diefenbacher ne fait pas dans la nuance ! L’anachronisme des thèmes issus de l’imagerie d’Épinal de l’épopée coloniale - la mission civilisatrice, la grandeur nationale - montre que cette loi est non seulement une victoire du lobby pied-noir mais également la revanche d’élus favorables au retour du thème de la “ Très grande France ” aux saveurs de la IIIe République. Une France colonisatrice et puissante, qui avait perdu en 1962, se réveille enfin sous les coups de boutoir d’élus de droite dont Christian Vanneste est le héraut. Nous sommes entrés dans “ l’ère de la revanche ” des perdants de la décolonisation. Ils peuvent à présent s’exprimer et glorifier l’image d’une France supérieure et dominatrice.

Un rapporteur très orienté

Le rapporteur de la loi à l’Assemblée nationale est tout à fait représentatif de cette droite. Christian Kert est député (UMP) des Bouches-du-Rhône, depuis juin 1988 - il représente la 11ème circonscription (Aix Sud-Ouest - Salon). À l’Assemblée nationale, il préside le Groupe d’études sur les rapatriés [15] et il a été cosignataire de la proposition de loi du 5 mars 2003.

C’est un spécialiste des rapatriés, élu d’une région où ceux-ci sont relativement nombreux, un rapporteur dont le doigté a permis l’adoption sans douleur du sous-amendement Vanneste.

Le 22 octobre 2005, il participait à une cérémonie un peu particulière, pour le quarantième anniversaire de l’érection du Mémorial National des Français d’Algérie et Rapatriés d’Outre-mer, au cimetière Saint Pierre d’Aix en Provence. La cérémonie, organisée par l’Association du Mémorial National des Français d’Algérie et Rapatriés d’Outre-mer, s’est déroulée en présence de Maryse Joissains-Masini, députée-maire (UMP) d’Aix en Provence, du sénateur (PS) Jean-François Picheral et de nombreux élus aixois. Parmi les associations présentes on remarquait VERITAS [16], l’AMEF [17], l’ADIMAD , l’ANFANOMA, le Cercle Algérianiste d’Aix...

Après les honneurs au drapeau et le dépôt de nombreuses gerbes, la cérémonie s’est poursuivie avec un discours de René Andrés, président du mémorial, dont voici un large extrait [18] :

“ Depuis 40 ans, nous nous retrouvons ici le troisième samedi d’octobre, quelques jours avant la Toussaint pour nous souvenir de nos aïeux et parents qui nous ont inculqué les principales valeurs sans lesquelles un pays ne peut vivre : c’est-à-dire le travail, l’humanisme, la charité, la famille et le patriotisme.

“ Sur les bancs des écoles où se retrouvaient tous les enfants d’Algérie sans aucune distinction, on appréciait l’histoire de France, la même pour tous, Espagnols, Italiens, Maltais, Allemands, Arabes y compris, même pour ceux dont les ancêtres n’étaient pas des Gaulois. Peu importe, ce qui comptait c’était cette France qu’ils étaient en train de vivre, cette France que leurs parents construisaient au prix de cruels sacrifices. Et pourtant, il semble qu’aujourd’hui des pseudos intellectuels découvrent qu’il y aurait plusieurs histoires de France en Algérie. N’en déplaise à ces mesquins, mais l’Algérie ce n’est pas simplement la période de 1954 à 1962. L’actualité est là pour le rappeler, ces irresponsables, pour vouloir à tout prix exister, ils en arrivent à colporter vers des médias complaisants des bruits et des rumeurs non vérifiés. On va même jusqu’a contester la loi du 23 février 2005 disposant que les programmes scolaires reconnaissent en partie le rôle positif de la présence française outre-mer. Ces historiens de pacotille, habitués à chercher la ligne d’horizon au dessus des nuages, fabriquent mensonges et désinformation que des journaux toujours les mêmes transforment en vérité.

“ Oui, l’autre France renaît, j’en veux pour preuve l’action et la réflexion de certains membres du conseil scientifique du mémorial de la France d’outre-mer à Marseille où l’on ose dire que l’Algérie n’a jamais été française. Alertée par Jean-François Chorro de nos inquiétudes à ce sujet, vous avez madame le député-maire, courageusement et sans perdre une minute, dénoncé tous les points négatifs du Mémorial de Marseille. De plus vous avez adressé ces courriers aux plus hauts responsables politiques du pays. Je peux en témoigner, vous n’avez pas craint d’employer les mots vrais, justes et forts. Ceux que nous voulons qu’ils soient dits. Permettez moi de vous dire personnellement et au nom des mes compatriotes : Maryse, Merci !

“ L’Algérie, ce département Français est devenu, grâce aux instituteurs qui ont enseigné les vertus de la République, aux médecins qui ont vaincu les ravages causés par toutes les maladies existantes à l’époque notamment le paludisme, aux paysans qui ont par un travail titanesque transformer les marais en terres cultivables et à agrumes, aux ingénieurs qui ont construit, routes, voies ferrées, et barrages, aux chercheurs qui ont mis en valeur le Sahara par la découverte du pétrole et du gaz.

“ Est-ce cette vérité là qui gêne l’Anti-France ?

“ Mesdames et Messieurs les élus, citoyens Français prenons garde, l’Anti-France renaît. Pour la combattre il faut à nouveau revenir au respect des valeurs morales de civisme et de culture judéo-chrétienne de notre Patrie qui redonneraient à la famille française son développement harmonieux, et serviraient d’exemple pour les sociétés multi-confessionnelles et multi-ethniques dont on constate l’émergence croissante.”

Le plus surprenant dans cette allocution est sans doute qu’elle ait pu être prononcée sans provoquer la moindre protestation.

Parmi les cibles favorites de ces croisés contre l"Anti-France figure l’historien Benjamin Stora, né en Algérie, dont, par exemple, l’émission de France Culture le 19 mars 2005 au Salon du livre a été troublée par une manifestation violente organisée par Jeune pied-noir, au cours de laquelle il a été menacé et agressé.

Une nouvelle tentative qui fait long feu

L’adoption de la loi du 23 février a suscité une émotion tellement importante et des protestations si nombreuses que la gauche a provoqué un nouveau débat à l’Assemblée nationale le 29 novembre 2005, pour essayer d’obtenir l’abrogation de l’article 4 [19].

Le parti socialiste a déposé une proposition de loi signée par 93 députés [20] et qui comporte un seul article : “ L’article 4 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 [...] est abrogé.”

L’article de loi dont nous demandons l’abrogation est un contre-exemple éducatif, un anachronisme historique et une faute politique ”, a déclaré Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste. “ Il renoue avec ces temps immémoriaux où l’Etat croyait fabriquer de bons Français en sommant l’école de leur enseigner une histoire officielle.

La demande était raisonnable, puisque Jacques Chirac lui-même devait convenir le 4 janvier suivant que l’article était mal rédigé. Mais le groupe UMP, qui dispose de la majorité absolue au Palais-Bourbon, a refusé d’examiner cette proposition de loi, ce qui a conduit au rejet du texte après la discussion générale. Le groupe communiste et républicain, les élus Verts ont voté avec les socialistes pour l’examen de cette proposition de loi, l’UDF s’est partagé [21].

Au cours des débats, certains députés UMP des Alpes Maritimes se sont distingués par leurs excès oratoires. Michèle Tabarot a violemment stigmatisé “ les enseignants qui font tous les jours, devant leurs élèves, le procès de la colonisation ”, avant de louer les bienfaits de la France coloniale qui avait “ permis l’éradication des épidémies grâce aux médecins militaires ” et “ transformé des marécages en terres fertiles ”. “ Notre pays est épuisé par la repentance et l’autoflagellation ! ” a lâché Jean-Claude Guibal, en fustigeant “ le terrorisme des nostalgiques du tiers-mondisme ”. Lionnel Luca a lu un bref extrait d’un manuel scolaire : “ La France a subi une gifle à Diên Biên Phu ”, avant de s’indigner de l’absence d’hommage aux combattants français mis en déroute. Il a conclu : “ Vous n’y trouverez pas un mot sur les Français déportés par le Viêt-minh, et dont le taux de mortalité était supérieur à ceux des camps de concentration !

Un certain nombre de députés PS (le groupe comporte 150 membres) ont refusé de voter la proposition de loi de leur parti. Par exemple, les 3 députés socialistes de l’Aude, Jean-Claude Perez, Jacques Bascou et Jean-Paul Dupré, avaient écrit le 22 novembre aux responsables de l’association de rapatriés Recours France “ qu’il est [...] hors de question pour nous de la voter ”. De son côté, Georges Frêche n’a pas hésité pas à qualifier de “ gugusses ” les socialistes qui avaient déposé cette proposition de loi “ imbécile ” [22].

Le lobby pied-noir s’organise

Face aux premièrex critiques de cette loi, c’est l’association Jeune Pied-Noir qui est d’abord intervenue, avec pour argument que ce n’est pas aux historiens mais aux associations du lobby pied-noir d’établir les faits historiques. Ainsi, son secrétaire général Bernard Coll a écrit au premier ministre : “ Est-ce le rôle des historiens de déterminer cette responsabilité [dans les drames qui ont suivi le 19 mars 1962 en Algérie] ? Est-il réellement nécessaire d’attendre leurs travaux pour que la Nation reconnaisse la vérité ? ”

En ce qui concerne l’article 13, l’Adimad n’a pas caché sa satisfaction de voir repris sans une loi l’une de ses vieilles revendications - elle dit avoir “ rencontré des dizaines d’interlocuteurs et eu plus de 200 entretiens afin de faire aboutir cette demande ”. En même temps, elle suit de près son application. On peut lire sur son site : “ En principe sont seuls éligibles les dossiers des exilés et des clandestins. Nous essayons actuellement d’élargir aux détenus l’application de cette loi [...] La lutte continue ”.

Par ailleurs, le 17 décembre 2005 s’est constitué à Lyon le Comité d’entente et d’action “ Justice et Mémoire ”, rassemblant les associations suivantes : le Cercle algérianiste, UNFAN, VERITAS, GNPI, ANFANOMA, les SAS, AVF 26 Mars, MAFA, AJIR, Mémorial ND d’Afrique, Adimad, Souvenir du 26 Mars, UNLAS, USDIFRAN, CEPN [23]. Voici le communiqué l’annonçant [24] :

Compte tenu du contexte particulièrement urgent et en riposte aux agressions envers la communauté des rapatriés d’Algérie de toutes confessions, 15 associations nationales de rapatriés de toutes confessions, réunies le 17 décembre 2005 à Lyon ont créé le comité d’entente et d’action “ Justice et Mémoire ”.

Ce Comité souhaite fédérer les associations de rapatriés sur les thèmes les concernant tous. Les quinze associations réunies le 17 décembre 2005 à Lyon tiennent à affirmer clairement :

  1. Que le Haut conseil des rapatriés (HCR), par son principe de nomination par l’Etat, n’est pas représentatif des citoyens français rapatriés d’Algérie.
  2. Qu’elles envisagent de proposer leur propre structure plus représentative et plus démocratique, en lien avec les grandes fédérations existantes.
  3. Qu’elles exigent, à nouveau de la République la reconnaissance de la responsabilité des gouvernants français de 1962 dans les conséquences tragiques de l’abandon des départements français d’Algérie. Dans le contexte actuel de contestation de la loi du 23 février 2005, de remise en cause de la réalité historique et d’exploitation politicienne et partisane, le Comité d’entente et d’action s’oppose à toute abrogation d’une loi même insuffisante votée par le Parlement, promulguée par le président de la République et confirmée de façon claire le 29 novembre dernier.

Afin de faciliter l’écriture objective de l’Histoire, le comité demande instamment l’ouverture et l’accès libre aux Archives, tant françaises qu’algériennes.

Le Comité d’entente et d’action tient à affirmer clairement qu’il n’est pas opposé à l’établissement de relations apaisées entre les deux États, mais considère que les conditions indispensables à la signature d’un traité ne sont pas réunies aujourd’hui.

Elles ne le seront pas tant que les droits de l’homme ne seront pas respectés en Algérie et tant que le président algérien, toujours ancré dans ses haines, restera farouchement opposé à la libre circulation des harkis et à la reconnaissance des responsabilités du FLN dans les massacres de dizaines de milliers de civils, Harkis et Européens.

Il tient à exprimer son opposition la plus ferme à toute forme de repentance unilatérale de la part de la France suite aux demandes de l’Etat algérien.

On le voit, le “ lobby pied-noir ” s’organise afin de poursuivre et d’amplifier son activisme. Après avoir obtenu une nouvelle loi, qui satisfait à l’ensemble (presque) de leurs revendications, il s’ingère dans le domaine de la politique étrangère en édictant des conditions à l’établissement du traité de paix que Jacques Chirac essaie de conclure avec l’Algérie.

Des politiques qui n’ont pas été à la hauteur

Le travail de lobbying a été efficace. Au sommet de l’État, les gouvernants, en acceptant d’être directement soumis à la pression des associations de rapatriés, même lorsque celles-ci ne représentaient que quelques centaines de personnes, ont permis l’institutionnalisation de ce lobby [25].

Au niveau des députés, les élus des circonscriptions du midi méditerranéen, où les pieds-noirs sont nombreux, ce lobby a obtenu l’adoption d’amendements dont le coût politique peut s’avérer très élevé. Les responsables des partis politiques ont laissé faire. Ils n’ont pas été à la hauteur de l’enjeu : ils ont laissé un Georges Frêche, membre du Bureau national du PS depuis 1994, se comporter de la façon que l’on a vue en Languedoc, ils ont confié des responsabilités importantes à des élus comme les rapporteurs Michel Diefenbacher et Christian Kert dont les amitiés sont pourtant connues. Des petits groupes vont-ils imposer au pays leur vision de l’histoire ?

A Toulon, pendant six années, a sévi une équipe municipale d’extrême droite dont l’une des prétentions a été précisément de réécrire l’histoire à travers les noms des rues. Des Toulonnais ont refusé cette manipulation du passé. La section locale de la Ligue des droits de l’Homme n’a pas renoncé, et, quatre ans plus tard, tirant parti d’événements nationaux, a obtenu que la vérité soit rétablie et que la dénomination du carrefour Salan soit modifiée pour être conforme à l’histoire [26].

Toute proportion gardée, ce qui a été possible à Toulon doit pouvoir se faire à l’échelle de la France. Pour cela, il suffit de dire à ceux qui nous dirigent que nous n’accepterons plus la gestion clientéliste et irresponsable que nous venons de mettre à jour.

Notes

[1] Source : http://www.archives.premier-ministr....

[2] “ La genèse d’un amendement contesté ” par Patrick Roger, Le Monde daté du 13 décembre 2005.

[3] Voici la liste des 27 députés dont nous avons pu retrouver la trace d’au moins une intervention au cours des débats de la journée du 11 juin :

UMP + UDF : Roland Chassain (Bouches du Rhône), Patrick Delnatte (Nord) , Michel Diefenbacher (Lot et Garonne), Jacques Domergue (Hérault), Pierre-Louis Fagniez (Val de Marne), Georges Fenech (Rhône), Louis Giscard d’Estaing (Puy de Dôme), Cécile Gallez (Nord), Jean-Pierre Giran (Var), Jean-Pierre Grand (Hérault), Emmanuel Hamelin (Nord), Christian Kert (Bouches du Rhône), Robert Lecou (Hérault), Jean Léonetti (Alpes Maritimes), Lionnel Luca (Alpes Maritimes), Richard Mallié (Bouches du Rhône), Pierre Morange (Yvelines), Yves Simon (Allier), Jean-Pierre Soisson (Yonne), Daniel Spagnou (Alpes de Haute Provence), Christian Vanneste (Nord), Francis Vercamer (Nord) ;

PS : Gérard Bapt (PS, Haute-Garonne), Jacques Bascou (Aude), Michel Françaix (Oise), Kléber Mesquida (Hérault) ;

PC : François Liberti (Hérault).

[4] Voici la liste des députés qui sont intervenus lors de la seconde lecture de la loi, en séance publique, le 10 février 2005 :

Patrick Delnatte (UMP, Nord) , Michel Diefenbacker (UMP, Lot et Garonne), Christian Jeanjean (UMP, Hérault), François Vannson (UMP, Vosges), Louis Giscard d’Estaing (UMP, Puy de Dôme), Pierre-Louis Fagniez (UMP, Val de Marne), Christian Kert (UMP, Bouches du Rhône), Rudy Salles (UDF, Alpes Maritimes),Philippe Vitel (UMP, Var), Pierre Cardo (UMP, Yvelines), Jean-Paul Bacquet, (PS, Puy de Dôme), Jacques Bascou (PS, Aude), François Liberti (PC, Hérault), Kléber Mesquida (PS, Hérault),

[5] Les sénateurs qui sont intervenus lors du débat consacré à l’adoption de la loi, le 16 décembre 2004 :

Nicolas About (UDF, Yvelines), Jean-Paul Alduy (UMP, Pyrénées Orientales), Roland Courteau (PS, Aude), Muguette Dini (UDF, Rhône), Claude Domeizel (PS, Alpes de Haute Provence), Michel Dreyfus-Schmidt (PS, terr de Belfort), Bernadette Dupont (app UMP, Yvelines), Jean Faure (UMP, Isère), Guy Fischer (PC, Rhône), Alain Gournac (UMP, Yvelines), Michel Guerry (UMP,Fr. de l’étranger)Marie-Thérèse Hermange (UMP, Paris), Michel Houel (UMP, Seine et Marne), Bariza Khiari (PS, Paris), Jean-Pierre Michel (PS, Haute Saône), Roland Muzeau (PC, Hauts de Seine), Anne-Marie Payet (UDF, Réunion), Gisèle Printz (PS, Moselle), Bernard Seillier (RDSE, Aveyron) , Josselin de Rohan (UMP, Morbihan)

[6] Var-Matin du vendredi 22 décembre 2000.

[7] Georges Frêche a été maire de Montpellier de 1977 à 2004, et député de l’Hérault de 1973 à 1997. Il a démissionné de son poste de maire en 2004 pour cause de cumul des mandats à la suite à son élection comme président de la région Languedoc-Roussillon (il a alors désigné Hélène Mandroux-Colas pour lui succéder). Il reste président de la Communauté d’agglomération de Montpellier.

[8] Si l’on en croit Jacques Molénat, dans L’Express du 29 novembre 2004, Georges Frêche aurait personnellement sollicité ce soutien en rencontrant, entre les deux tours de l’élection, André Troise (candidat FN au premier tour) et Alain Jamet (un responsable FN de la région).

[9] D’après Alain Rollat, dans Le Monde du 12 février 1993.

[10] Voir le dossier du Midi libre consacré aux élections législatives du printemps 2002.

[11] Le Monde du 2 décembre 2005.

[12] Explication de vote le 10 février 2005, à l’Assemblée nationale.

[13] Martine AURILLAC, Patrick BEAUDOUIN, Jean-Claude BEAULIEU, Jacques-Alain BÉNISTI, Jean-Louis BERNARD, Marc BERNIER, Étienne BLANC, Roland BLUM, Loïc BOUVARD, Ghislain BRAY, Jacques BRIAT, Bernard BROCHAND, Chantal BRUNEL, Yves BUR, Bernard CARAYON, Pierre CARDO, Richard CAZENAVE, Joëlle CECCALDI-RAYNAUD, Roland CHASSAIN, Jean-François CHOSSY, Jean-Michel COUVE, Charles COVA, Paul-Henri CUGNENC, Olivier DASSAULT, Marc-Philippe DAUBRESSE, Bernard DEFLESSELLES, Patrick DELNATTE, Bernard DEPIERRE, Léonce DEPREZ, Jean-Jacques DESCAMPS, Michel DIEFENBACHER, Jacques DOMERGUE, Dominique DORD, Philippe DOUSTE-BLAZY, Philippe DUBOURG, Christian ESTROSI, Pierre-Louis FAGNIEZ, Georges FENECH, Jean-Michel FERRAND, Alain FERRY, Jean-Claude FLORY, Cécile GALLEZ, Jean-Jacques GAULTIER, Guy GEOFFROY, Alain GEST, Bruno GILLES, Georges GINESTA, Jean-Pierre GIRAN, Maurice GIRO, Claude GOASGUEN, Jean-Pierre GRAND, Louis GUÉDON, Jean-Claude GUIBAL, Emmanuel HAMELIN, Michel HERBILLON, Pierre HÉRIAUD, Jean-Yves HUGON, Christian JEANJEAN, Maryse JOISSAINS-MASINI, Dominique JUILLOT, Mansour KAMARDINE, Christian KERT, Patrick LABAUNE, Édouard LANDRAIN, Marc LE FUR, Jean-Claude LEMOINE, Jean LEONETTI, Pierre LEQUILLER, Édouard LEVEAU, Jean-Pierre LE RIDANT, Lionnel LUCA, Daniel MACH, Richard MALLIÉ, Thierry MARIANI, Hervé MARITON, Muriel MARLAND-MILITELLO, Alain MARLEIX, Alain MARSAUD, Jean MARSAUDON, Philippe Armand MARTIN, Patrice MARTIN-LALANDE, Alain MARTY, Christian MÉNARD, Gilbert MEYER, Pierre MOREL-A-L’HUISSIER, Jean-Marc NESME, Jean-Pierre NICOLAS, Jean-Marc NUDANT, Jacques PÉLISSARD, Bernard PERRUT, Christian PHILIP, Josette PONS, Daniel PREVOST, Didier QUENTIN, Éric RAOULT, Frédéric REISS, Jean-Luc REITZER, Jacques REMILLER, Jérôme RIVIÈRE, Jean ROATTA, Jean-Marie ROLLAND, Marie-Josée ROIG, Serge ROQUES, Jean-Marc ROUBAUD, Rudy SALLES, François SCELLIER, Bernard SCHREINER, Daniel SPAGNOU, Michèle TABAROT, Guy TEISSIER, Michel TERROT, André THIEN AH KOON, Léon VACHET, Christian VANNESTE, Philippe de VILLIERS, Philippe VITEL et Michel VOISIN.

[14] Les 40 députés signataires de l’un des deux amendements identiques (n° 21 ou 36) proposés le juin 2004, en Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale : Roland Chassain, Georges Colombier, Alain Cortade, Charles Cova, Paul-Henri Cugnenc, Richard Dell’Agnola, Patrick Delnatte, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Dosne, Dupont, Georges Fenech, Philippe Feneuil, Jean-Claude Flory, Cécile Gallez, Jean-Pierre Giran, Maurice Giro, Louis Giscard d’Estaing, Jean-Pierre Grand, Jean-Claude Guibal, Michel Heinrich, Christian Jeanjean, Maryse Joissains-Masini, Christian Kert, Robert Lecou, Jean Leonetti, Geneviève Lévy, Lionnel Luca, Daniel Mach, Richard Mallié, Henriette Martinez, Etienne Mourrut, Jean-Marc Roubaud, Max Roustan, Yves Simon, Daniel Spagnou, Michèle Tabarot, Guy Teissier, Christian Vanneste, Philippe Vitel.
Référence : http://www.assemblee-nationale.fr/1....

[15] Le Groupe d’études sur les rapatriés de l’Assemblée nationale :
Président : Christian Kert (UMP Bouches du Rhône)
Les vice-présidents : Gérard Bapt (PS, Haute-Garonne), Jacques Bascou (PS, Aude), Gérard Charasse (NI, Allier), Patrick Delnatte (UMP, Nord), Yvan Lachaud (UDF, Gard), Jacques Remiller (UMP, Isère), Rudy Salles (UDF, Alpes-Maritimes), Henri Sicre (PS, Pyrénées-Orientales), Michèle Tabarot (UMP, Alpes-Maritimes), Philippe Vitel (UMP, Var).
MEMBRES : Pierre Albertini (App.UDF, Seine-Maritime), René André (UMP Manche), Martine Aurillac (UMP Paris), Jean Bardet (UMP Val-d’Oise), Augustin Bonrepaux (PS Ariège), Loïc Bouvard (UMP Morbihan), François Calvet (UMP Pyrénées-Orientales), Pierre Cardo (UMP Yvelines), Richard Cazenave (UMP Isère), Roland Chassain (UMP Bouches-du-Rhône), Georges Colombier (UMP Isère), Jean-Michel Couve (UMP Var), Paul-HenriCugnenc (UMP Hérault), Paul-Henri Deflesselles (UMP Bouches-du-Rhône), Georges Fenech (UMP Rhône), Jean-Michel Ferrand (UMP Vaucluse), Jen-Claude Flory (UMP Ardèche), Bruno Gilles (UMP Bouches-du-Rhône), Jean-Pierre Giran (UMP Var), Maurice Giro (UMP Vaucluse), Jacques Godfrain (UMP Aveyron), Jean-Pierre Grand (UMP Hérault), Gérard Hamel (UMP Eure-et-Loir), Christian Jeanjean (UMP Hérault), Robert Lecou (UMP Hérault), Geneviève Lévy (UMP Var), Michel Liebgott (PS Moselle) Lionnel Luca (UMP Alpes-Maritimes, Daniel Mach (UMP Pyrénées-Orientales), Thierry Mariani (UMP Vaucluse), Muriel Marland-Militello (UMP Alpes-Maritimes), Alain Merly (UMP Lot-et-Garonne), Kléber Mesquida (PS Hérault), Pierre Micaux (UMP Aube), Jean-Luc Préel (UDF Vendée), Didier Quentin (UMP Charente-Maritime) Jérôme Rivière (UMP Alpes-Maritimes), Jean-Marie Rolland (UMP Yonne), Jean-Marc Roubaud (UMP Gard), Daniel Spagnou (UMP Alpes-de-Haute-Provence), Guy Teissier (UMP Bouches-du-Rhône), Pascal Terrasse (PS Ardèche), Léon Vachet (UMP Bouches-du-Rhône), Christian Vanneste (UMP Nord), Francis Vercamer (UDF Nord), Michel Voisin (UMP Ain).

[16] Comité pour le rétablissement de la vérité historique sur l’Algérie Française.

[17] Association pour la Mémoire de l’Empire Français.

[18] L’allocution est disponible dans son intégralité : http://babelouedstory.com/thema_les....

[19] Référence des débats http://www.assemblee-nationale.fr/1...

[20] Patricia ADAM, Jean-Marie AUBRON, Jean-Marc AYRAULT, Jean-Paul BACQUET, Gérard BAPT, Christian BATAILLE, Jean-Claude BEAUCHAUD, Jean-Pierre BLAZY, Serge BLISKO, Patrick BLOCHE, Jean-Claude BOIS, Maxime BONO, Augustin BONREPAUX, Pierre BOURGUIGNON, Danielle BOUSQUET, François BROTTES, Thierry CARCENAC, Martine CARRILLON-COUVREUR, Jean-Paul CHANTEGUET, Michel CHARZAT, Alain CLAEYS, Marie-Françoise CLERGEAU, Pierre COHEN, Claude DARCIAUX, Michel DASSEUX, Martine DAVID, Marcel DEHOUX, Michel DELEBARRE, Jean DELOBEL, Bernard DEROSIER, Michel DESTOT, Marc DOLEZ, François DOSÉ, René DOSIÈRE, Pierre DUCOUT, Jean-Pierre DUFAU, William DUMAS, Jean-Louis DUMONT, Yves DURAND, Odette DURIEZ, Claude EVIN, Laurent FABIUS, Albert FACON, Jacques FLOCH, Michel FRANÇAIX, Geneviève GAILLARD, Jean GAUBERT, Nathalie GAUTIER, Joël GIRAUD, Jean GLAVANY, Gaëtan GORCE, Alain GOURIOU, Paulette GUINCHARD, David HABIB, François HOLLANDE, Françoise IMBERT, Eric JALTON, Serge JANQUIN, Jérôme LAMBERT, François LAMY, Jack LANG, Jean LAUNAY, Marylise LEBRANCHU, Gilbert LE BRIS, Jean LE GARREC, Jean-Marie LE GUEN, Bruno LE ROUX, Patrick LEMASLE, Michel LIEBGOTT, Martine LIGNIÈRES-CASSOU, François LONCLE, Victorin LUREL, Bernard MADRELLE, Christophe MASSE, Didier MATHUS, Didier MIGAUD, Hélène MIGNON, Arnaud MONTEBOURG, Henri NAYROU, Alain NÉRI, Marie-Renée OGET, Chantal ROBIN-RODRIGO, Bernard ROMAN, René ROUQUET, Patrick ROY, Michel SAINTE-MARIE, Odile SAUGUES, Christiane TAUBIRA, Pascal TERRASSE, Daniel VAILLANT, André VALLINI, Manuel VALLS, Alain VIDALIES.

[21] Le vote a été acquis par 183 voix (178 UMP + 5 UDF) contre 94 (75 PS + 6 UDF + 9 PC + 4 NI).

[22] Le 21 décembre, le Sénat a eu à se prononcer sur deux amendements identiques, qu’il a repoussés par 165 voix contre 135.

[23] Pour la signification des sigles, voir genèse de la loi du 23 février 2005 : [1] le lobby pied-noir.

[24] Source : http://babelouedstory.com/thema_les...

[25] L’efficacité du lobby pied-noir repose sur l’écoute que lui ont accordée tous les gouvernements depuis 1981. François Mitterrand, une fois président, avait fait installer par son secrétaire d’Etat aux rapatriés, Raymond Courrière, une Commission nationale permanente consultative - elle voulait représenter “ l’esprit de dialogue et de concertation ” qui devait présider désormais. Avec l’instauration d’une telle instance, les socialistes ont ouvert la voie à une institutionnalisation du lobby rapatrié. Par la suite, tous les gouvernements ont installé de telles instances : en 1988, le gouvernement Rocard remet en place une Délégation aux rapatriés, puis, en 1991, lui succède, un service de coordination des actions en faveur des rapatriés. En 2002, le gouvernement Raffarin impose une mission interministérielle aux rapatriés (MIR), directement rattachée au Premier ministre.

[26] Le 24 juin 2005, le Conseil municipal de Toulon décidait, à l’unanimité moins une abstention, de débaptiser le carrefour auquel l’extrême droite avait attribué le nom de “ carrefour général Salan, libérateur de Toulon ”, et de le désigner sous le nom de “carrefour colonel Salan ”. Raoul Salan, en effet, a contribué en 1944 à la libération de Toulon, avec le grade de colonel. Mais il ne devait être nommé général que quelques mois plus tard.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 07:40

"C'est un énorme gâchis, a réagi Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, qui réunit de nombreux opposants. Ce projet était surdimensionné, inutile et illégal.L'État est de plus condamné à verser à plusieurs organisations d'opposants requérantes la somme globale de 3 750 euros".

Le barrage de Sivens n'était pas d'utilité publique, tranche la justice

samedi 2 juillet 2016 à 16:36 • AFP

Toulouse, 1 juil 2016 (AFP) - La déclaration d'utilité publique du barrage de Sivens (Tarn) a été annulée, plus d'un an après l'abandon du projet, une victoire a posteriori pour les opposants qui les conforte dans leur sentiment que le projet était bien « illégal ».

Le tribunal administratif de Toulouse a annulé la déclaration d'utilité publique (DUP), l'autorisation de défrichement et la dérogation à la loi sur les espèces protégées (la zone humide de Sivens en comportait une centaine), selon le jugement dont l'AFP a obtenu copie vendredi. Le « surdimensionnement » du projet, ainsi que son « coût élevé » et ses « atteintes graves » à l'environnement « excèdent l'intérêt de l'opération », estime le tribunal.

Ces points avaient déjà été soulevés par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal lors de sa décision d'abandonner le projet dès janvier 2015. « C'est la confirmation par la justice que ce projet était bien illégal et que, donc, les opposants, y compris les zadistes, avaient raison », a réagi Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, qui réunit de nombreux opposants. « Il aura fallu un mort pour que tout s'arrête », peste l'opposant, en référence au jeune écologiste Rémi Fraisse, décédé le 26 octobre 2014 dans l'explosion d'une grenade de la gendarmerie lors d'affrontements sur le chantier du barrage.

« Cette nouvelle donne raison aux opposants. Ce projet, s'il avait été construit, aurait été déclaré illégal », a commenté Guillaume Cros, vice-président Europe Ecologie-Les Verts du Conseil régional d'Occitanie. Par l'intermédiaire de ses avocats, la famille de Rémi Fraisse a « salué » le jugement, constatant « avec douleur que si les recours administratifs et le dialogue environnemental avaient été respectés, les travaux n'auraient pas démarré et cette tragédie ne serait jamais arrivée ».

Le département du Tarn, maître d'ouvrage, a quant à lui souligné dans un communiqué que l'annulation de la DUP « s'appuie non pas sur le défaut d'intérêt général mais sur les « dimensions » de la retenue d'eau, indiquant que, justement, le nouveau projet a été « redimensionné ». « Nul ne conteste aujourd'hui le besoin en eau avéré », ajoute le Département.

Le second projet de Sivens lui aussi combattu

L'annulation des arrêtés par le tribunal devrait compliquer la mise en place du nouveau projet de retenue d'eau, réduit de moitié, qui avait été adopté le 6 mars 2015 par le département du Tarn en même temps qu'il entérinait l'abandon du projet initial voulu par Mme Royal. Les autorités locales avaient en effet émis le souhait de se baser sur la DUP de l'ancien barrage pour ériger le nouveau. Son annulation obligera à « repartir de zéro », a souligné M. Lefetey. Le Premier ministre Manuel Valls avait mi-septembre 2015 émis le souhait que le nouveau projet de barrage « ne soit pas réalisé à la Saint-Glinglin ».

Le second projet Sivens, dit « Sivens light », doit être situé à 330 mètres seulement en amont, voire encore plus près. Il est lui aussi combattu par les opposants au barrage initial, qui estiment que des moyens alternatifs existent pour alimenter en eaux les terres agricoles alentour. « S'ils passent à nouveau en force, on sera là pour s'opposer. Il y aura à nouveau des zadistes », a averti M. Lefetey. Le site de Sivens avait été occupé à partir d'octobre 2013 par de nombreux zadistes opposés à la construction, devenant ce que la presse a appelé le nouveau Notre-Dame-des-Landes, en référence à la Zad créée pour s'opposer au projet d'aéroport près de Nantes.

Les occupants de Sivens avaient été évacués par les forces de l'ordre le 6 mars 2015. Le projet initial ne concernait qu'une modeste retenue d'eau d'une surface équivalente à l'Esplanade des Invalides à Paris. Il avait été déclaré d'utilité publique en octobre 2013, après le vote quasi unanime du conseil départemental du Tarn, et malgré trois avis défavorables rendus par le conseil scientifique régional du patrimoine naturel et le conseil national de la protection de la nature.

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