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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 15:07

Linky: un retraité relaxé de "violences" après avoir expulsé un technicien de chez lui

Par -  Mardi

Un habitant de l'Ile de Ré (Charente-Maritime) qui avait expulsé manu militari un sous-traitant d'Enedis venu installer un compteur Linky contre son gré, en juillet 2016, a été relaxé mardi du chef de "violences" par un tribunal.

Le juge de proximité du tribunal d'instance de La Rochelle a évoqué la "légitime défense des biens" et jugé la réaction du prévenu "proportionnée à l'agression".

Le prévenu, pompier à la retraite résidant à Sainte-Marie-de-Ré, avait refusé par écrit l'installation d'un compteur électrique Linky chez lui. Il avait même ajouté deux barreaux en métal pour interdire toute tentative de démontage du disjoncteur, installé sur une murette de son domicile. Il avait également placardé une affichette "Touchez pas à mon compteur".

Le 19 juillet 2016, un agent d'une entreprise sous-traitante d'Enedis s'était néanmoins présenté à son domicile. Et devant le refus du prévenu, il avait téléphoné à son supérieur qui avait fait venir les gendarmes pour tenter une médiation.

L'agent avait alors découpé les barreaux autour du disjoncteur, puis était entré dans la maison pour démonter le compteur électrique, accompagné par les gendarmes. Décidé à ne pas se laisser faire, le prévenu avait alors saisi le technicien par les épaules pour le mettre dehors.

L'agent a porté plainte pour violences. Le prévenu a de son côté déposé plainte pour violences, violation de domicile et pose illégale de compteur.

"Ce jugement est très important", a estimé Stéphane Lhomme, fondateur du mouvement Stop Linky, présent au tribunal de La Rochelle. "Il va donner du courage à toutes les personnes confrontées à cette situation. Enedis doit donner des consignes à ses sous-traitants de ne pas entrer illégalement chez les gens", a estimé le militant.

 

-Compteurs communicants : de nouvelles données qui ne remettent pas en cause les conclusions de l’Anses

L’Anses publie ce jour un nouvel avis relatif à l’évaluation de l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants, sur la base de nouvelles données scientifiques. Au mois de décembre 2016, au vu des données disponibles, l’Agence concluait à une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants engendre des effets sanitaires à court ou long terme, dans la configuration de déploiement actuelle. Elle sollicitait également une campagne de mesures auprès du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) afin de mieux caractériser les expositions au domicile engendrées par le compteur d’électricité Linky. Les résultats de cette campagne de mesure, désormais disponibles, mettent en évidence des durées d’exposition plus longues que celles initialement attendues, sans que les niveaux de champ électromagnétique ne soient cependant plus élevés. Ces niveaux d’exposition restent faibles et inférieurs aux valeurs limites réglementaires et ne remettent pas en cause les conclusions initiales de l’Anses.

 

La loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte prévoit le déploiement sur le territoire national de compteurs communicants permettant la relève à distance des index de consommation d’électricité et de gaz, et leur transmission journalière aux fournisseurs d’énergie. L’installation de ces compteurs fait naître des inquiétudes, notamment sur d’éventuels risques sanitaires liés à une exposition aux champs électromagnétiques qu’ils émettent.

Dans ce contexte, la Direction générale de la santé (DGS) a chargé l’Anses de conduire une expertise relative à l’évaluation de l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants et des effets sanitaires potentiels associés.

L’Anses publiait au mois de décembre 2016 ses premières conclusions, à partir des données d’exposition disponibles. Dans le cas du compteur d’électricité Linky, les niveaux d’exposition au champ électromagnétique produit par le compteur lui-même, mais aussi par la communication CPL (communication « par courants porteurs en ligne », qui parcourt les câbles électriques), apparaissaient comparables à ceux d’autres équipements électriques déjà utilisés dans les foyers et dans tous les cas très inférieurs aux valeurs limites d’exposition réglementaires.

Au vu de ces données, l’Agence concluait à une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants radioélectriques (gaz et eau) et les autres (électricité), dans la configuration de déploiement actuelle, engendre des effets sanitaires à court ou long terme. Néanmoins, face au manque d’information disponible concernant les modes de communication des compteurs Linky, l’Agence avait sollicité le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) afin qu’il réalise une campagne de mesure permettant de compléter les informations sur l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par les communications CPL des compteurs Linky.

 

De nouvelles données pour mieux caractériser les expositions au domicile

L’avis que l’Anses publie ce jour intègre les données obtenues par le CSTB, qui permettent une caractérisation précise des expositions induites par le compteur en situation réelle de fonctionnement. Les travaux menés ont permis de comparer l’exposition aux anciens compteurs électromécaniques et celle générée par les nouveaux compteurs Linky au domicile, dans des situations d’expositions maximales et réalistes. Ces résultats sont présentés dans le rapport relatif à l’Évaluation de l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis dans les logements par les compteurs communicants d’électricité « Linky ».

Les données obtenues mettent en évidence un nombre de communications CPL dans les logements plus élevé que celui initialement anticipé sur la base des informations fournies par l’opérateur, entraînant une durée d’exposition plus longue que prévue au domicile, sans pour autant que les niveaux de champ électromagnétique soient plus élevés.

Les campagnes de mesure ont mis en évidence des niveaux d’exposition au champ électromagnétique très faibles, comparables à ceux émis par les dispositifs électriques ou électroniques domestiques (lampes fluo-compactes, chargeurs d’appareils multimédia, écrans, tables à induction, etc.).  

Ainsi, ces nouvelles données ne remettent pas en cause les conclusions de l’Agence en matière d’effets sanitaires liés à l’exposition aux compteurs communicants. 

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 07:24

Ligne par ligne, l'avant-projet de loi sur l'état d'urgence permanent

 
Ben mon Collomb

Le projet de loi renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure annoncé par le gouvernement vient d’être dévoilé par le Monde. Next INpact vous propose une analyse ligne par ligne et librement accessible de ce nouveau texte sécuritaire.

Le projet de loi (PJL) présenté en conseil des ministres le 21 juin est calibré pour « renforcer et stabiliser l’arsenal législatif de lutte contre le terrorisme » dixit le communiqué de l’Élysée, en sortie du Conseil de défense organisé hier. Ce texte a une mission simple : garantir une sortie douce de l’état d’urgence qui sera prolongé jusqu’au mois de novembre prochain. De fait, cette sortie ne sera que maquillage puisque le projet de loi vient puiser de nombreuses dispositions dans la loi de 1955 sur l’état d’urgence, non sans s’inspirer de dispositions du quinquennat Hollande qui n’avaient pas été adoptées au Parlement.

Le texte dans une main, Next INpact vous propose une analyse ligne par ligne des 13 pages du PDF révélé par le Monde aujourd’hui.

Article 1 : Création des « périmètres de protection »

Le PJL débute par l’adjonction d’un nouveau chapitre dans le Code de la sécurité intérieure baptisé « périmètre de protection ». Il est inséré dans le livre II du Code, celui relatif à la lutte contre le terrorisme et les atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation.

Il autorise la création d’un périmètre de protection où l’accès et la circulation des personnes seront réglementés par arrêté préfectoral motivé. Ce périmètre concernera uniquement les lieux exposés particulièrement à un risque d’actes de terrorisme, mais aussi les lieux avoisinants.

Les restrictions devront être limitées dans le temps et l’espace, « proportionnées aux nécessités que font apparaître les circonstances ». Si le risque est grand, le périmètre sera donc vaste. Dans ces zones, policiers comme gendarmes pourront procéder à des palpations de sécurité, à l’inspection visuelle et à la fouille des bagages. Avec le consentement de leur propriétaire, les véhicules pourront être visités.

Ils pourront être assistés par des agents de sécurité privés, mais qui devront alors agir sous le contrôle d’un OPJ. De même les agents de police municipale pourront participer à ces opérations, mais avec cette fois l’accord du maire. Ces auxiliaires ne pourront cependant pas fouiller les véhicules. Tous ceux qui refusent de se plier à ces mesures pourront se voir interdire l’accès aux lieux identifiés par l’arrêté préfectoral.

Article 2 : Fermeture des lieux de culte

Le préfet pourra prononcer la fermeture des lieux de cultes, qui, par les propos, idées ou théories qui y sont diffusées ou même en raison des activités qui s’y déroulent, provoquent à la discrimination, à la haine, à la violence, à la commission d’actes de terrorisme ou font l’apologie de ces agissements ou ces actes. Le périmètre va donc plus loin que la seule lutte contre le terrorisme.

Et plus loin aussi que la disposition miroir de la loi de 1955 sur l'état d'urgence qui ne vise pas les « activités ». La fermeture pourra s’étendre durant six mois et sera sanctionnée, en cas de violation, de six mois de prison et 7 500 euros d’amende.

Article 3. Surveillance et autres obligations individuelles

La disposition est là encore directement inspirée de la loi de 1955 sur l’état d’urgence et spécialement ses dispositions relatives à l’assignation à résidence. L’article concerne la personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité ou l’ordre publics, qui…

  1. est en relation habituelle avec des individus ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme.
  2. ou soutient ou adhère à des thèses incitant à la commission d’actes de terrorisme en France ou à l’étranger ou faisant l’apologie de ces actes.

Après avoir informé le procureur de la République, le ministre de l’Intérieur peut obliger cette personne à résider dans un périmètre géographique dont la délimitation lui permet de poursuivre une vie familiale et professionnelle. Elle peut aussi être contrainte de se présenter jusqu’à une fois par jour à la police ou la gendarmerie.

Ces mesures sont valables trois mois, période renouvelable en cas d’éléments nouveaux ou complémentaires. Outre cette assignation, l’intéressé peut être placé également sous surveillance électronique à l’échelle cette fois du département. L’acceptation de bracelet, mis en place après accord de l’intéressé, lui permet d’éviter d’avoir à pointer au commissariat.

Grosse nouveauté non prévue par la loi sur l’état d’urgence : cet individu pourra se voir contraint de déclarer ses identifiants sur tous les moyens de communication électronique. La mesure est directement inspirée du projet de loi contre le crime organisé et le terrorisme dont un article envisageait dès l’origine cette déclaration dans le cadre du contrôle administratif des retours sur le territoire national. La disposition avait cependant sauté au Sénat à l’initiative de Michel Mercier.

Autre mesure calquée sur ce projet de loi de février 2016, l’interdiction d’être en relation directe, voire indirecte, avec certaines personnes nommément désignées « dont il existe des raisons sérieuses de penser que leur comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics ».

Le PJL Collomb prévoit des mesures alternatives à l’assignation à résidence et au bracelet électronique : les personnes pourront être à la place obligées de déclarer leur domicile et tout changement de celui-ci ainsi que signaler tous ses déplacements hors de la commune.

Ces obligations seront en vigueur durant 6 mois, renouvelables en cas d’éléments nouveaux ou complémentaires là encore. Heureusement, la personne mise en cause pourra faire valoir ses observations, voire attaquer la décision devant le tribunal administratif dans les deux mois. Quiconque se soustraira à ces mesures pourra être puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

Article 4 : Les perquisitions

Exceptés les bureaux des journalistes, parlementaires, magistrats, avocats, tous les lieux dont il existe une raison sérieuse de penser qu’il est fréquenté par la personne dont le comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité ou l’ordre publics, et qui…

  1. est en relation habituelle avec des individus ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme.
  2. ou soutient ou adhère à des thèses incitant à la commission d’actes de terrorisme en France ou à l’étranger ou faisant l’apologie de ces actes

… pourront être perquisitionnés afin de prévenir des actes de terrorisme, dès 6 heures du matin jusqu’à 21 heures, voire de nuit en cas d’urgence ou de simples « nécessités de l’opération » et après autorisation du préfet.

Comme sous l’état d’urgence, les données stockées depuis les ordinateurs, tablettes, smartphones, etc. trouvés sur place pourront être fouillées. Idem pour les données simples accessibles (cloud, et même tout Internet…). Si ces opérations révèlent une menace en phase avec le comportement de la personne, les données pourront être copiées ou leurs supports saisis, gelées en attendant l’autorisation d’exploitation du juge administratif (non judiciaire, donc). Le régime est très similaire à celui de l’état d’urgence.

Si la personne est susceptible de fournir des renseignements sur les objets, documents et données présents sur le lieu perquisitionné, elle peut être retenue pendant le temps nécessaire du déroulement de la perquisition, sans que ce délai ne puisse dépasser 4 heures.

Article 5 : Abrogation d'une disposition de la loi de programmation militaire 2014-2019

Le projet de loi abroge le II de l’article 17 qui oblige les transporteurs aériens à recueillir et transmettre « les données d'enregistrement relatives aux passagers des vols à destination et en provenance du territoire national, à l'exception des vols reliant deux points de la France métropolitaine ». Et ce notamment pour les besoins de la prévention et de la constatation des actes de terrorisme, ou encore des atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation. Cependant, cette suppression est accompagnée par la naissance de deux nouveaux traitements.

Article 6 : Création d'un traitement automatisé pour le transport de personnes

La nature a horreur du vide. Les dispositions abrogées sont mises à jour dans le code de la sécurité intérieure. C’est la création d’un traitement automatisé pour ces mêmes finalités (terrorisme, atteintes aux intérêts fondamentaux), mais également pour toute une série d’infractions puisées dans la directive PNR du 27 avril 2016 :

  • Participation à une organisation criminelle
  • Traite des êtres humains
  • Exploitation sexuelle des enfants et pédopornographie.
  • Trafic de stupéfiants et de substances psychotropes.
  • Trafic d'armes, de munitions et d'explosifs.
  • Fraude, y compris la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l'Union.
  • Blanchiment du produit du crime et faux monnayage, y compris la contrefaçon de l'euro
  • Cybercriminalité
  • Infractions graves contre l'environnement, y compris le trafic d'espèces animales menacées et le trafic d'espèces et d'essences végétales menacées
  • Aide à l'entrée et au séjour irréguliers
  • Meurtre, coups et blessures graves
  • Trafic d'organes et de tissus humains
  • Enlèvement, séquestration et prise d'otage
  • Vol organisé ou vol à main armée
  • Trafic de biens culturels, y compris d'antiquités et d'œuvres d'art
  • Contrefaçon et piratage de produits
  • Falsification de documents administratifs et trafic de faux
  • Trafic de substances hormonales et d'autres facteurs de croissance
  • Trafic de matières nucléaires et radioactives
  • Viol
  • Infractions graves relevant de la Cour pénale internationale
  • Détournement d'avion/de navire
  • Sabotage
  • Trafic de véhicules volés
  • Espionnage industriel. 

Ce traitement automatisé qui permettra de suivre à la trace les passagers s’étend également aux agences de voyages, en plus déjà des opérateurs de voyage ou de séjour.

Article 7 : Création d'un traitement de données pour les transporteurs maritimes

Toujours pour la prévention ou la constatation des actes de terrorisme et des atteintes aux intérêts de la nation, outre toute une série d’infractions graves, un autre traitement de données est mis en route. Il concerne le transport maritime de personnes à destination ou en provenance du territoire national, outre les réservations enregistrées dans leur base. Les données traitées sont conservées durant 5 ans. Un décret en Conseil d’État définira les modalités concrètes après avis de la CNIL.

Article 8 : La surveillance hertzienne (notamment)

Le PJL ajoute déjà une possibilité de surveillance de toutes les communications électroniques par voie hertzienne passées sans l’intermédiaire d’un opérateur, dans un réseau réservé à l’usage d’un groupe fermé. Cette surveillance des métadonnées, mais également des contenus passera par le round habituel : autorisation du Premier ministre, avis de la Commission nationale de contrôle des techniques du renseignement, etc. 

Cet article vient aussi colmater une disposition passée au travers du filet de la loi Renseignement, introduite en 1991 en France, et qui autorise les services à surveiller toutes les communications hertziennes, sans l’ombre d’un encadrement dès lors qu’il s’agit de poursuivre la défense des intérêts nationaux. Elle avait été censurée par le Conseil constitutionnel dans le cadre d’une QPC posée par la Quadrature du Net, FFDN et FDN.

Le futur encadrement est celui-ci : pour la poursuite de l’ensemble des finalités de la loi Renseignement, les services pourront procéder à l’interception et à l’exploitation de toutes les communications électroniques par voie hertzienne, celles faisant l’économie d’un opérateur qui ne sont pas restreintes à un groupe fermé.

L’encadrement choisi par le gouvernement est très allégé puisqu’il n’y aura pas d’autorisation du Premier ministre ni même d’avis préalable de la CNCTR. Le PJL réserve cependant cette procédure particulière aux seules communications n’entrant pas dans le périmètre des autres techniques de renseignement.

Les renseignements collectés seront conservés 6 ans, voire 8 ans s’ils sont chiffrés. Les transcriptions sont détruites dès qu’elles ne sont plus utiles.

La CNCTR n’est pas totalement mise au placard. Elle n’intervient qu’a posteriori et selon un tempo annuel. Chaque année, en effet, le champ et la nature des mesures prises seront simplement présentés à ses yeux. Sans grands détails, donc. La CNCTR pourra certes se rendre sur place et « se faire présenter » les capacités fixes d’interceptions des communications hertziennes. Une limite qui indique que les capacités « mobiles » seront donc hors de son spectre. Bon prince, le PJL autorise à la Commission à « solliciter » du Premier ministre « tous les éléments nécessaires à l’accomplissement de ses missions ». Mais puisque ses missions sont cette fois en large retrait, l’échange tiendra sur une carte postale.

Le gouvernement profite du véhicule législatif pour offrir un peu plus de liberté aux services. Dans la loi Renseignement, ils peuvent introduire des chevaux de Troie sur une machine distante pour scruter les données telles « qu'elles s'affichent sur un écran pour l'utilisateur d'un système de traitement automatisé de données, telles qu'il les y introduit par saisie de caractères ou telles qu'elles sont reçues et émises par des périphériques audiovisuels ». Le PJL Collomb fait sauter le mot « audiovisuels » pour laisser plus de marges aux techniques intrusives actuelles.

Article 9 : Compétence des militaires sur le hertzien

Outre les services du renseignement, les militaires pourront eux aussi procéder à la surveillance hertzienne dans les conditions définies ci-dessus.

Le projet de loi étend cette autorisation au service chargé de la qualification des appareils ou dispositifs techniques au profit des armées. Il n’aura cependant pas le droit d’exploiter les renseignements recueillis.

Article 10 et 11 zones frontalières, outremers

Aux frontières, le contrôle des obligations de détention, de port et de présentation des titres et documents prévus par la loi pourra être pratiqué pour une durée de 12 heures, et non plus 6 comme actuellement. Le texte étend également la possibilité de réaliser des contrôles d’identité, toujours dans les points de passage frontaliers. Le texte modifie également plusieurs dispositions touchant aux outremers.

En résumé, le PJL Collomb va bien assurer le basculement de l’état d’urgence dans le droit commun. Sauf que le maquillage est sommaire puisque bon nombre de mesures ont été directement copiées et adaptées à la marge depuis la loi de 1955.

-revue de presse :

-Qu'en est-il ailleurs?

Belgique : État d'exception sans état d'urgence

 Par Jean-Claude Paye

Progressivement, la totalité des États membres de l’Union européenne adopte un état d’exception sous couvert de lutte contre le terrorisme. Jean-Claude Paye, qui a déjà démontré la totale inefficacité de ce dispositif face au but affiché, analyse ici la subjectivation du droit qui ne réprimera plus uniquement des faits, mais aussi des intentions supposées.

| Bruxelles (Belgique)
 
 
 

La « lutte contre le terrorisme » bouleverse en permanence l’environnement juridique. En Belgique, ce 1er décembre 2016, la Chambre vient, dans l’indifférence générale, d’adopter la loi « modifiant le Code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme », une législation qui accentue fortement la subjectivation du droit. En détachant l’incrimination de la matérialité de l’acte, les législations antiterroristes constituent une rupture dans l’écriture du droit pénal. Il s’agit moins de s’attaquer à des faits qu’à des intentions. Toute l’évolution législative va consister à abstraire toujours d’avantage l’objet véritable de l’incrimination du terrorisme, son élément intentionnel, d’en faire une chose en soi détachée de la réalité des faits. C’est dans cette perspective, de mise en place d’incriminations politiques, qu’il faut lire les notions successives de participation, de préparation ou d’incitation « indirecte » au terrorisme, en Belgique ou dans tout autre pays membre de l’Union européenne.

Les 13 et 15 décembre 2016, l’Assemblée nationale et le Sénat français ont adopté la loi prolongeant l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet 2017. Ce régime d’exception est en vigueur depuis les attentats du 13 novembre 2015 et a déjà été prorogé à quatre reprises. Si la France est engagée dans un état d’urgence devenu permanent, il n’existe pas dans la Constitution belge, de disposition analogue au régime de l’état d’urgence, tel qu’il résulte de la loi française de 1955. L’article 187 de la loi fondamentale prévoit au contraire que « la Constitution ne peut être suspendue en tout ni en partie ». Seul l’« état de guerre » est visé à l’article 167 de la loi fondamentale.

Des dispositions relevant de l’état d’exception

Pourtant, suite aux attentats dans les deux pays, le gouvernement belge a bien adopté des dispositions relevant de l’état d’exception. Douze mesures ont été rendues publiques en janvier 2015 [1] et dix-huit en novembre de la même année [2], tel le retrait de documents d’identité pour les personnes, présentant « un risque pour l’ordre public ou la sécurité », la possibilité d’effectuer des perquisitions, de jour comme de nuit, pour les infractions terroristes ou le port du bracelet électronique pour les personnes fichées par les services d’analyse de la menace. Les perquisitions de nuit seront légalisées par la loi du 27 avril 2016 [3]. Elles sont désormais autorisées en cas d’association de malfaiteurs ou en cas d’organisation criminelle, s’il existe des « indices sérieux de possession d’armes prohibées ».

Cette loi crée aussi la base juridique pour une centralisation des banques de données des services de police et de renseignement concernant les combattants terroristes étrangers qui sont ou ont été résidents en Belgique. Cependant, cette liste est extensible, car dépendante de la subjectivité des opérateurs et de l’intention attribué aux personnes concernées. Ainsi, elle contiendra également des données de personnes qui, « volontairement ou non », ont été empêchées de se rendre dans la zone de conflit ou qui ont « l’intention » de s’y rendre, et de personnes qui ne remplissent pas ces critères, mais « pour qui il existe certaines indications qu’elles pourraient être considérées » comme des combattants terroristes étrangers [4].

La différence entre l’Hexagone et la Belgique se mesure au nombre de perquisitions et d’assignations à résidence, proportionnellement beaucoup plus important en France, ainsi que du caractère administratif des mesures. C’est aussi dans la réduction des libertés publiques que la mise en place d’un état d’urgence a fait la différence, en permettant d’interdire régulièrement manifestations et rassemblements sur la voie publique.

Déplacement à l’étranger « à des fins terroristes »

En ce qui concerne l’attaque contre les libertés privées, la Belgique a aussi été saisie d’une frénésie législative qui peut, dans certains cas, dépasser le modèle hexagonal. Présentée comme devant faire face à des attentats comme ceux de Charlie Hebdo à Paris et en rapport avec les mesures antiterroristes de janvier 2015, la loi du 20 juillet 2015 [5] incrimine les déplacements à l’étranger et le retour en Belgique « à des fins terroristes ». Elle modifie également les règles relatives à la déchéance de nationalité, en cas de condamnation pour infraction terroriste.

Ainsi, un nouveau comportement terroriste est inséré dans le Code pénal, à savoir le déplacement à l’étranger et le retour en Belgique, aux fins de commettre une infraction terroriste. Par ailleurs, les écoutes téléphoniques, en cours d’instruction, sont désormais autorisées pour ce type de délit. Enfin, toutes les infractions « terroristes » peuvent désormais mener à une déchéance de nationalité. Ces comportements seront punis indépendamment de la réalisation ou non de l’acte lui-même, puisque le but serait de « prévenir un résultat dommageable ». La législation ne se contente pas de s’attaquer aux organisations terroristes, mais poursuit également les « loups solitaires », des personnes qui agiraient de façon isolée, tout en étant virtuellement liées au « terrorisme international ».

La possibilité, pour le juge, de prononcer la déchéance de la nationalité belge, est désormais étendue à toutes les infractions terroristes prévues par le Code pénal, en cas de condamnation, comme auteur, coauteur ou complice, à une peine d’emprisonnement d’au moins cinq ans sans sursis. Il existe toutefois une exception, pour le cas où la déchéance aurait pour effet de rendre le prévenu apatride.

Incitation « indirecte » au terrorisme

Ensuite, la loi du 3 août 2016 « portant sur des dispositions diverses en matière de lutte contre le terrorisme » [6] rend punissable l’incitation au déplacement à l’étranger « à des fins terroristes », ainsi que le recrutement, pour voyager à l’étranger ou pour revenir en Belgique, « à des fins de terrorisme ». Auparavant, seule l’incitation ou le recrutement, afin de réaliser un « attentat terroriste », étaient visés.

Surtout, la loi supprime un des éléments constitutifs de l’infraction existante, à savoir la nécessité qu’ « un tel comportement, qui préconise directement ou non la commission d’infractions terroristes, “crée le risque” qu’une ou plusieurs de ces infractions puissent être commises ». Cette formulation, contenue dans la loi de 2013, provient de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention du terrorisme. On notera que cet élément constitutif de l’infraction n’est pas non plus repris dans l’infraction de « provocation publique au terrorisme », contenue dans le Code pénal français.

La loi du 3 août 2016 modifie profondément l’incrimination d’incitation au terrorisme, contenue dans la loi du 18 février 2013 [7]. Celle-ci poursuivait le fait de diffuser ou de mettre à la disposition du public un message, avec l’intention d’inciter, « directement ou indirectement », à la commission d’une infraction terroriste. L’incrimination d’incitation indirecte permet d’autonomiser l’écrit ou la parole émise de la réalisation de l’acte.

Auparavant, cette possibilité, offerte par la loi de 2013, avait été refusée, début 2008, par les parlementaires belges, majorité et opposition confondue, lors d’un contrôle de subsidiarité de la proposition de Décision cadre 2008/919/JAI du Conseil de l’Union européenne qui impose la poursuite de l’incitation au terrorisme. Pourtant, le texte qui a été adopté en 2013 n’est en rien différent de celui refusé en 2008 [8]. Le changement d’attitude du pouvoir législatif est symptomatique du chemin parcouru, en quelques années, dans le processus d’abandon des libertés fondamentales.

Dans le cadre de la loi de 2013, l’incitation indirecte au terrorisme était déjà d’une incrimination particulièrement floue, violant le principe de légalité. Le magistrat doit spéculer sur les intentions dissimulées de l’auteur, ainsi que sur la sensibilité subjective de ceux qui reçoivent ou peuvent recevoir le message. Le juge devait aussi déterminer si la diffusion du message « crée le risque » qu’une infraction terroriste puisse être commise, même si il n’y a pas de passage à l’acte. Il s’agit donc d’un élément purement subjectif qui ne doit être confronté à aucune objectivation.

Incitation au terrorisme comme délit d’opinion

C’est pourtant cette évaluation qui est supprimée par la loi de 2016. La notion de risque ne serait donc plus nécessaire pour nommer, une parole ou un écrit, d’incitation indirecte au terrorisme, renforçant ainsi la possibilité de créer un pur délit d’opinion.

De même que son modèle, la loi française sur la provocation publique au terrorisme, le nouveau projet de loi viole la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention du terrorisme. Cette dernière est particulièrement explicite : « … Pour évaluer “si un tel risque” est engendré, il faut prendre en considération la nature de l’auteur et du destinataire du message, le contexte de l’auteur et du destinataire du message, ainsi que le contexte dans lequel l’infraction est commise... » [9]

Ainsi, la parole ou l’écrit contesté sont en soi criminalisés, même s’ils ne conduisent pas, ni ne présentent aucun risque d’un passage à l’acte terroriste. Cette incrimination pourrait, par exemple, permettre de s’attaquer à une contestation radicale de la politique extérieure de Belgique, à une parole ou à des écrits qui encourageraient les populations syriennes à se défendre face aux bombardements des forces de l’Otan sur leur territoire.

La commission de cette infraction requiert toujours un dol spécial, comme le précise l’usage des termes « avec l’intention d’inciter directement ou indirectement à la commission d’une infraction terroriste ». C’est une nouvelle fois, au détriment de tout élément objectif, l’aspect subjectif qui est valorisé.

La « participation » à un délit terroriste

Le processus de subjectivation du droit pénal se poursuit. Le 1er décembre 2016, la Chambre vient d’adopter le projet de loi « modifiant le Code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme » [10]. Le texte modifie la notion de participation à une organisation terroriste. Cette dernière incrimination, introduite par la loi du 19 décembre 2003, punit « toute personne qui participe à une activité d’un groupe terroriste …en ayant connaissance que cette participation contribue à commettre un crime ou un délit du groupe terroriste. » La loi de 2016 remplace les mots « en ayant connaissance » par « en ayant eu ou en ayant dû avoir connaissance » et le verbe « contribue » par « pourrait contribuer ». L’élargissement de l’incrimination est considérable. Elle crée une notion de connaissance potentielle qui se substitue à un savoir réel. Tout dépendra d’un pouvoir très large d’appréciation du juge.

Une telle incrimination s’oppose à la sécurité juridique qui nécessite que, pour qu’un acte soit punissable, il faut que l’auteur soit en mesure de savoir, au moment où il agit, que cet acte constitue une infraction. Ainsi, la loi suggère qu’il vaut mieux s’abstenir de tout acte de solidarité envers des groupes engagés, sur le terrain, contre la politique internationale de la Belgique.

Les parlementaires viennent d’accepter ce qu’ils avaient auparavant refusé. Rappelons que, au cours des travaux parlementaires de la loi du 10 janvier 1999 “relative aux organisations criminelles”, une législation qui anticipe les lois antiterroristes, les mots “ou doit savoir” ont été omis de l’article qui incrimine la participation à certaines activités de l’organisation criminelle. Au cours de la discussion, il avait été indiqué que on « renversait ainsi la charge de la preuve », que le juge risquerait de se voir accorder une marge d’appréciation trop étendue et qu’il soit conduit à déduire la culpabilité d’un suspect « in abstracto, sans référence à son vécu » [11].

La « préparation » d’un délit terroriste

La loi de décembre 2016 prévoit aussi la poursuite des actes préparatoires à une infraction terroriste, actes qui consistent à « faciliter et rendre possible » l’exécution de l’action, mais « ne constituent pas des actes matériels de ladite infraction ». L’exposé des motifs précise que les actes préparatoires sont à distinguer de la tentative. Incriminer les premiers permettrait d’intervenir en amont à la commission de l’infraction, au stade préparatoire de l’acte. La tentative se caractérise, en revanche, par la manifestation d’actions extérieures qui forment un commencement d’exécution du délit.

Contrairement à la tentative qui porte sur des actes matériels, l’essentiel de la notion de préparation d’une infraction terroriste se fonde sur un élément subjectif, l’intention attribuée au prévenu. Ainsi, cette incrimination peut porter sur des actes qui peuvent n’avoir rien d’illégal, mais qui deviennent constitutifs d’une infraction, car ils sont couplés à une « intention » de commettre un acte terroriste.

Le gouvernement belge s’est inspiré des législations française et allemande. Mais, celles-ci prévoient une liste de comportements qui doivent être considérés comme des actes préparatoires. On notera que la loi française requiert la combinaison d’un acte préparatoire (le fait de détenir, de rechercher, de se procurer ou de fabriquer des objets ou des substances de nature à créer un danger pour autrui) avec un autre (par exemple : recueillir des renseignements sur des lieux visés par une action). Cette solution n’a pas été retenue, car considérée comme « trop restrictive ». En Belgique, c’est l’élément subjectif, l’intention criminelle attribuée à l’auteur, qui permettra de déterminer si l’action posée est illégale, sans aucune tentative, contrairement à la France, d’objectiver quelque peu l’incrimination des actes préparatoires.

La subjectivation du droit pénal belge peut, dans certains cas, dépasser son modèle hexagonal. L’attaque contre les libertés privées y est donc, au moins, aussi prégnante. La France garde seulement un avantage, en ce qui concerne le démantèlement des libertés publiques, grâce à l’installation d’un état d’urgence devenu permanent.

[1] « 12 mesures contre le terrorisme et le radicalisme », Document présenté en conférence de presse à l’issue du Conseil des ministres du 16 janvier 2015.

[2] « Les 18 mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme », Le Vif, 19 novembre 2015.

[3] Loi relative à des mesures complémentaires en matière de lutte contre le terrorisme, loi du 27 avril 2016, publiée le 9 mai 2016.

[4] « Un Arrêté royal précise le fonctionnement de la banque de données ‘Foreign Terrorist Fighters’ », Laure Lemmens & Karin Mees, LegalWorld.be, 28 septembre 2016.

[5] « Loi du 20 juillet 2015 visant à renforcer la lutte contre le terrorisme », Moniteur belge, 5 août 2015.

[6] Projet de loi portant sur des dispositions diverses en matière de lutte contre le terrorisme, texte adopté en séance plénière, le 3 août 2016, DOC 54 1951/006.

[7] « Loi du 18 février 2013 modifiant le livre II, titre Ier ter du Code pénal », Moniteur belge, 4 mars 2013.

[8] « L’incitation indirecte au terrorisme : un terme qui piège la liberté d’expression ? », Manuel Lambert, Jan Fermon, Ensemble n° 78, avril 2013.

[9] In « La lutte contre le terrorisme : l’urgence est mauvaise conseillère », Ligue des droits de l’Homme, 17 juillet 2016.

[10] Projet de loi modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme, texte adopté en séance plénière, le 1er décembre 2016, DOC 54 1579/013.

[11] « Rapport Vandenberghe sur le Projet de loi relative aux organisations criminelles », Document parlementaire, Sénat de Belgique, 1997-98, n° 1-662/4, pp. 13-14 et pp. 28-29.

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 04:42

Que l’on soit membre d’une des composantes de la de transition démocratique, sociale et écologique ou d’aucune et électeur de JLM, le programme l’Avenir en Commun peut tous nous rassembler, à quelques nuances près. Ce programme été soutenu par plus de 7 millions d’électeurs et d’électrices du premier tour des présidentielles. Il est, par excellence, l’élément fédérateur. Tout le reste porte en soi les ferments de la division.

Avec un sens du dépassement par le haut de nos sensibilités particulières, que nous nous réclamions d’aucun parti ou de la FI, du PCF, des Verts, d’Ensemble et même du NPA ou de la gauche du PS qui a combattu les dérives social-libérales et les reniements de ce parti, tous nous pouvons nous mobiliser pour porter ce projet. Même s’il est l’un ou l’autre point où nous aimerions apporter nos nuances, l’heure n’est pas à la chicanerie.

Car les bouleversements considérables que nous observons depuis quelques mois dans la société politique française nous font devoir d’être à la hauteur de ce moment historique où le système politique est ébranlé.

Les résultats de l’élection présidentielle, premier et second tour confondus, nous tracent un chemin et nous assignent un devoir. C’est celui de la conquête d’une force parlementaire résolument alternative. Face au massacre social qui se prépare et qui pourrait être mis en oeuvre par des méthodes très peu démocratiques, les cadres politiques de la gauche alternative ont le devoir d’être responsables.

Or, à quoi assistons-nous depuis des semaines à propos des législatives ? Des querelles d’appareils indignes des millions de femmes et d’hommes qui attendent des raisons d’espérer.

Je ne suis qu’un simple citoyen qui soutient le programme L’Avenir en Commun. Je ne suis membre d’aucun parti, ni d’aucune structure et je ne suis candidat à rien. Comme politologue, j’analyse ; comme électeur de JLM, je m’implique. J’ai 70 ans et je réclame le droit d’espérer. Pour nos enfants et petits enfants.

Espérer que les appareils dirigeants de la FI, du PCF, des Verts, d’Ensemble, du NPA et de ceux qui se retrouvent dans la remise en cause du PS surmontent leurs dérisoires préoccupations d’appareils ou de carrière. Que soit rejetée toute tentative de donner quelques années de vie supplémentaires à un système politique en décomposition ; que cessent d’être écoutés les conseillers des petits intérêts et des petites manœuvres ; que soient écartés ceux qui entretiennent de vieilles querelles dont ils font aujourd’hui des éléments de division ; qu’il soit mis fin à la prime aux entourages, séquelle d’un système vermoulu ; que les logiques d’appareil ne tuent pas l’espoir.

Nous sommes le peuple. Nous refusons de voir détruites les chances que nos 7 millions de voix ont réunies de s’opposer efficacement aux malheurs qui nous attendent et de proposer un projet pour des « jours heureux ».

Nous sommes le peuple. Et nous disons à ceux qui parlent en notre nom : dépassez vos intérêts particuliers ; régler ce qui vous divise ; donnez-nous ce rassemblement qui créera la dynamique unitaire grâce à laquelle tous les espoirs seront permis. Unis, nous pourrons tout. Divisés nous ne serons rien.

Il y a urgence.

Raoul Marc Jennar

La gonflette En Marche !

Sensible au bonheur attendu par mon pays, je me suis intéressé à la part que je pouvais prendre dans le parti En Marche ! de notre excellent président. Après avoir bien recherché, j’ai trouvé en tout et pour tout « le » site internet, c’est-à-dire un site pour tout le pays. Il n’y a mention d’aucune instance dirigeante, ni d’aucun congrès, ni d’aucune fédération… Bizarre…

Pour adhérer, il suffit de cliquer, et c’est gratis, pas de cotisation. Bizarre… Mais avant d’adhérer, je me suis intéressé à cette annonce en évidence sur la première page : « Des centaines d’événements gratuits chaque semaine. Ateliers de réflexion sur le programme ou actions de terrain à la rencontre de ses concitoyens, les événements vous permettent d'agir très concrètement pour notre projet », les événements étant ouverts à tous, adhérents ou non.

Tout émoustillé de pouvoir participer à ces heures glorieuses des marcheurs, j’ai recherché « l’évènement » proche de chez moi pour ce 9 mai, et là j’ai été un peu calmé.

Voici ce que l’on trouve, en tout et pour tout.

A Lagny-sur-Mer, « Ensemble pour fêter la victoire et maintenir notre mobilisation », avec 6 inscrits.

A Gennevilliers, « Fin du commencement », avec 3 inscrits.

A Montigny-le-Bretonneux, « Victoire, trinquons ensemble », avec 3 inscrits.

A Dourdan, « Epilogue des présidentielles et prémisses des législatives », avec 6 inscrits.

A Levallois-Perret, « Notre victoire et notre soirée », avec 8 inscrits.

A Vélizy-Villacoublay, « Fêtons le présent, préparons l’avenir », avec 5 inscrits.

A Saint-Ouen, « Réunion Saint-Ouen En Marche ! », avec 1 inscrit.

A zut, rien de bien joyeux près de chez moi, je me suis résigné à attendre mercredi 10 mai, pour entrer dans la magie citoyenne du « Penser printemps », mais ça n’est pas mieux :

A Goussainville, « Loi sur la moralisation de la vie politique », avec 2 inscrits.

A Paris 14eme, « Et après », avec 22 inscrits, pour un arrondissement qui compte 140 000 habitants.

A Claye-Souilly, « Loi sur la moralisation de la vie publique », avec 1 inscrit.

A Paris 9eme, « After drink de victoire #6 : et maintenant ? », avec 12 inscrits

A Paris 19eme, « Gagner les Législatives », avec 9 inscrits

A Vert-le-Petit, « Repas pour la victoire d’Emmanuel Macron », avec 4 inscrits

A Milly-la-Forêt, « Repas de fête », avec 1 inscrit

A Paris 10eme, « On n’a fait !!!!!!!! », avec 11 inscrits

A Argenteuil, « Réunion de la victoire et préparation des législatives », avec 6 inscrits.

Voilà où nous en sommes. No comment… sauf pour vous pour vous signaler cet article de Lyon Capitale, qui vous donne une idée de la joyeuse ambiance à Lyon, en terre de Macronie... Avec cette ambiance, les militants d'En Marche ! vont bientôt partir en courant.

-Alors?Faut-il ,avec des politiques blancs comme neige ,prendre la place des États et de leurs chefs?

Et la neige fondant avec le Réchauffement climatique : faut-il compter sur les Etats ?

Alors que les experts du climat se réunissent à Bonn pour préparer la COP23, faut-il revoir le format de la lutte globale contre le réchauffement ? Les villes, les ONG, la société civile, doivent-ils et peuvent-ils prendre la place des Etats ?

Trente mois après avoir célébré la COP21, la gouvernance environnementale semble en bien mauvaise posture.

L’alarme a été donnée cette semaine par le premier ministre des Fidji, le pays qui doit accueillir la prochaine Conférence des Partis ou COP 23. Alors que les premières réunions préparatoires doivent se tenir la semaine prochaine à Bonn, Frank Bainimarama a solennellement demandé à Donald Trump de ne pas de pas remettre en cause l’accord de Paris.

Le président américain doit clarifier sa position d’ici le G7 à la fin du mois mais après avoir pris pas moins de 8 décrets dans les 100 premiers jours de sa présidence pour défaire la politique environnementale de Barack Obama il est permis d’être pessimiste.

S’il y a bien ce que l'on pourrait appeler une « climatisation » des consciences mondiales, si le sujet est discuté partout sur le globe, on peut se demander si cette prise de conscience ne reste pas essentiellement symbolique.

Ce serait sans compter sur des acteurs moins massifs et donc plus agiles que les Etats sur ces questions : les villes. Elles sont aujourd’hui une force de résistance aux Etats-Unis, et au niveau mondial une force d’entrainement qui s’organise en réseau pour porter des objectifs parfois plus ambitieux que ceux de la COP21.

Alors pour lutter contre le réchauffement climatique, faut-il encore faire confiance aux Etats ?

A LIRE : l'article d'Amy Dahan et Jean Foyer, Le changement climatique oublié par les politiques, publié sur le site Reporterre.

 

Des politiques blancs comme neige - La Vie des idées

 

 

par Jens Ivo Engels & Silvia Marton & Frédéric Monier [09-05-2017]

Il n'y a pas qu'en France que la moralisation de la vie publique est devenue une urgence civique. Partout en Europe scandales et affaires déstabilisent les régimes démocratiques depuis 1989. La lutte contre la corruption supplanterait-elle les anciens clivages idéologiques ?

 
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 04:17

2002/2017 : La mainstream class a cassé le droit et banalisé les thèmes FN

Chacun voit midi à sa porte, et peut donc se tromper. À quatre jours du second tour, de grandes forces sont en jeu dans l’opinion, mais cela ne doit pas nous empêcher d’essayer de raisonner de manière calme, argumentée et réfléchie. Devant ma porte le 22 avril 2002, il y avait une réaction générale, profonde et tellement sincère. Pas un instant nous n’avions parlé du programme économique ou européen du FN : la question était la défense du droit, à l’extérieur comme à l’intérieur, avec le défi d’une France qui tournerait le dos à l’État de droit, instaurant tous azimuts des politiques discriminatoires, en désignant comme bouc émissaire l’étranger pauvre, cause de tous nos maux.

C’était en 2002, et devant les résultats politique désastreux, nous devons nous poser la question du bilan 2017, ce du point de vue des responsables politiques, et non pas des électeurs, que l’on ne cesse de culpabiliser.

La légalité internationale

La grande tradition de la France, qui crée d’elle-même le « front républicain », on la trouve le 10 mars 2003 quand Chirac annonce que la France fera usage de son droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher l’agression militaire sur l’Irak, et le 18 mars, quand dans une déclaration fameuse, il rejette l’ultimatum du criminel de guerre George W. Bush, pour défendre la coexistence pacifique des peuples, « dans le respect de la charte de l’ONU qui est notre loi commune ». Merci Chirac. Ce jour-là, le vieux militant de gauche que je suis n’était pas déçu d’avoir voté Chirac contre Le Pen. Par la suite, Bush et Blair ont violé la légalité internationale pour détruire l’Irak : on en apprécie aujourd’hui toutes les conséquences.

Et que se passe-t-il ensuite ?

Ensuite, c’est l’agression de la France et de la Grande-Bretagne sur la Libye, en violant ouvertement la résolution du Conseil de sécurité qui n’autorisait ni les soldats au sol, ni le renversement du régime. Une agression organisée sur commandement de BHL, avec unanimité de Sarkozy, Fillon, Juppé et Aubry qui était première secrétaire du PS (Rempart de quoi ?). Le terrifiant retour du militarisme des agités, avec ce puant discours perverti par la glue morale : la guerre pour rétablir la démocratie, ben voyons... En faisant cela, ils ont tué l’esprit démocratique, car la démocratie, c’est d’abord le respect du droit international. Tout part de là : le droit international, c’est l’égalité des peuples, c’est-à-dire légalité des êtres humains. À partir du moment où un être humain s’estime plus fort qu’un autre, on entre dans la destruction, qui est la voie du crime.

Bilan : où en est la Libye ? Étudions ce qui arrive au peuple libyen, et à ceux qui passent entre les mains des mafieux ? Les responsables français et britanniques ont-ils purgé leur faute, de destruction d’un peuple ? Rempart de quoi ?

Le même reniement du droit international s’est retrouvé avec la Syrie, en reconnaissant précipitamment, pour faire plaisir à nos clients que sont l’Arabie Saoudite et le Qatar, un Conseil national syrien comme seul représentant du peuple, alors que la Syrie est toujours membre de l’ONU, puis en finançant et en armant sans contrôle des réseaux djihadistes, et enfin en préparant une attaque militaire contre la Syrie sans mandat du Conseil de sécurité, écartée de justesse par le parlement britannique qui a fini de convaincre Obama. Rempart de quoi ?

Le mépris incroyable du droit international s’est retrouvé avec la Palestine, quand en juillet 2014, la France a été le seul État au monde à donner un appui sans réserve à Netanyahou qui attaquait par un déluge de feu la population de Gaza. Le seul au monde… ça, ça n’était pas dans le mandat de 2012. Rempart de quoi ?

La légalité européenne

Le même mépris du droit international, on le retrouve au niveau européen avec la manière dont a été traitée la question des Roms, depuis 2007. Les Roms sont des citoyens européens, mais quels droits européens la France leur a-t-elle reconnus ? Ce quand El Blanco déclare que les Roms ont vocation à rentrer chez eux… Qui détruit l’Europe ? Qui renie les droits de l’homme ? Pour sa politique xénophobe à l’égard des Roms, la France a été dénoncée par les rapporteurs spéciaux de l’ONU. Rempart de quoi ? La Hollanderie a-t-elle changé quoi que ce soit ? Non, la gauche a légitimé un ostracisme viscéral vis-à-vis des Roms.

Et comme si ça ne suffisait pas, le dramatique couple Hollande / El Blanco a également tourné le dos à l’obligation d’accueillir les réfugiés, réfugiés qui étaient le fruit de leur politique de destruction des Etats. El Blanco est allé en Allemagne pour dire que la France n’accueillerait plus de réfugiés ! Et ça votre France ? Le rejet des réfugiés par une autorité politique, sans contrôle du juge ? Rempart de quoi ? Ah les misérables…

Ils ont détruit la France comme garant droit international, mais ils n’ont guère fait mieux en droit européen. Le Pen mise tout sur le rejet de l’Europe, mais qu’ont-ils faits pour défendre l’Europe ? Le 29 mai 2005, la France avait rejeté le référendum sur le projet de traité constitutionnel européen avec 54,67 % des voix, je le déplore, mais c’est ainsi. Mais il était démocratiquement malhonnête de faire adopter le 4 février 2008 par le Congrès réuni à Versailles le même texte, juste présenté de manière différente. Ce n’est pas l’Europe qui n’est pas démocratique, mais les dirigeants nationaux.

Malhonnêteté encore vis-à-vis de l’Union européenne, quand tous se retrouvent pour tacler les technocrates de Bruxelles, alors que la réalité est extrêmement simple : l’Europe se construit par la volonté des Etats. Rempart de quoi ? La France s’est battue pour la faire voter les traités de Maastricht et de Lisbonne qui instauraient la vocation unitaire de l’Union européenne. Les traités portent la signature des responsables politiques. Une fois les traités signés, les dirigeants français se sont engagés la main sur le cœur pour dire qu’ils en respecteraient les termes, parce qu’effectivement l’endettement est un héritage morbide que nous laissons à nos enfants, et qu’il place les Etats sous la dépendance des banques. Aussi, la question n’est pas une fantasmée politique des technocrates de Bruxelles, mais seulement la valeur des engagements qui ont été pris par la France. La France a signé le pacte de stabilité et s’est engagé à plusieurs reprises à le respecter : sa signature a-t-elle à ce jour encore une valeur ? Il n’y a pas de critique valable des institutions européennes tant que l’on n’a pas répondu à cette question : la France va-t-elle honorer ses engagements ?

Il y aurait tant à dire sur la question européenne, mais quand même, il faut déplorer cette manière lamentable qui consiste à recycler sur le plan européen les politiques rejetées par le jeu français. Être nommé à la Commission ou élu au Parlement devrait être le signe d’une réussite, de responsables politiques qui émergent sur le plan européen. Or c’est trop souvent le moyen de donner à des emmerdeurs de quoi manger : Dati, Morano et les secondes classes de Pygmalion réfugiés au Parlement européen ; une feignasse intégrale comme Peillon au Parlement, ou encore le plus nul de tous nos ministres des finances, Moscovici, nommé en repêchage commissaire européen. Rempart de quoi ? C’est lamentable.

C’est lamentable, mais il y a plus grave.

Après les attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris, Hollande le fébrile a instauré l’état d’urgence, ce qui deux ans plus tard ne veut absolument rien dire, alors qu’aucune procédure sérieuse n’en a résulté, et que les services publics maîtrisaient la situation quelques heures après cette attaque. Comme on passe son temps à critiquer le service public, je rappelle qu’à l’occasion de cette terrible attaque, tous les blessés ont eu la vie sauve, avec un savoir-faire exceptionnel des services d’urgence. Sur le plan du droit, l’atteinte terrible qu’a apporté François Hollande a été de faire une déclaration auprès de la Cour européenne des droits de l’homme en indiquant que, vu les nécessités, la France permettrait d’échapper à la Convention européenne des droits de l’homme. C’est du jamais vu : le rempart s’effondre. Les velléités politiques de Le Pen sont nulles, car elles se fracasseraient sur la légalité européenne. Dans notre pays, la garantie essentielle est de pouvoir saisir une Cour européenne capable de pointer les débordements du parlement ou du gouvernement. Or, la déclaration par laquelle la France se permet d’échapper à la Convention européenne des droits de l’homme en fonction de ses priorités est un terrible précédent. Ce jour-là, du point de vue du droit, Hollande a véritablement cassé la dynamique européenne.

Et en droit interne ?

Rempart de quoi ? C’est à pleurer.

En 1981, le looser Giscard avait voulu jouer la carte de la sécurité en faisant voter la loi n° 81-82 du 2 février 1981 renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes. Toute la gauche, et pas seulement des intellectuels défraichis, s’était mobilisée, et le combat avait été la défense des libertés les illusions de la sécurité. Où en sommes-nous ? Je vous épargne les innombrables lois - toutes aussi inefficaces les unes que les autres - pour en venir à ce simple constat : en 2016, El Blanco adopte le slogan de Le Pen, selon lequel la sécurité est la première des libertés. Alors à ce stade, El Blanco, tu es garant de quoi ? Nous sommes arrivés à une inversion complète de ce qu’était la société française en 2002, à savoir la défense du droit. Et ça, c’est le lourd bilan de cette classe politique. Validant les grands thèmes du FN, comment peuvent-ils aujourd’hui nous dire qu’ils sont un rempart ?

De Sarko à Hollande / El Blanco, ils ont détruit la notion de laïcité. Alors que la laïcité est un régime de garantie par l’Etat de l’expression des convictions religieuses, et surtout des minorités, ils en ont fait un outil de modélisation sociale et de stigmatisation de la minorité musulmane. Ils ont tous couru après le discours xénophobe de Le Pen de 2002, mais ne pouvant assumer un discours anti-arabe donc raciste, ils sont tous entrés dans le délire de la qualification musulmane, décrivant ce qui est religieusement bon ou non. Cet été 2016, instrumentalisant la tuerie de Nice, le gouvernement a voulu imposer aux musulmans un cadre placé sous l’autorité d’un ancien ministre de l’intérieur. Ces dirigeants incultes savent-ils encore ce qu’est la foi, ce qu’est l’intimité de la croyance ? En quoi la spiritualité d’une personne leur fait-elle peur ? Rempart de quoi ?

La boucle est bouclée, quand la pasionaria des droits de l’homme de gauche explique qu’il est normal d’être islamophobe, et qu’il ne se trouve personne pour la faire citer devant le tribunal correctionnel. Triste bilan…

En réalité, tout avait commencé en juin 2007, avec la formation du gouvernement. Historiquement, l’immigration relevait du ministère des affaires sociales, car il s’agit de la vie des personnes et de leur intégration dans la société. En 2017, Sarkozy avait créé le ministère de l’Identité nationale, soit une thématique FN (Rempart de quoi ?), mais ce ministère est devenu un déversoir xénophobe, et Sarko a dû renoncer. Or, au lieu de renvoyer la compétence au ministère des affaires sociales, il a confié la question de l’immigration au ministère de l’Intérieur. L’étranger n’est donc plus un être humain dans la société, mais un trouble de l’ordre public. La brave gauche a vivement protesté, et c’était bien. Mais en 2007, quand Hollande a animé El Blanco au ministère de l’intérieur, il a confirmé la compétence sur la question des immigrés. La brave gauche a fermé son sifflet, alors que Hollande acceptait une commande du FN.

Bouclée ? Je le croyais, mais il y a eu pire quand le président de la République, devant la formation solennelle des parlementaires réunis en Congrès à Versailles, a demandé l’adoption du principe de déchéance de nationalité, qui est une authentique notion FN. Rempart de quoi ?

En 2002, Le Pen ou premier tour avait réuni 4 804 713 voix, soit 16,86 % des voix, et au deuxième tour, 5 525 032, soit 17,79. En 2017, après 15 ans de rempart du Front républicain, Le Pen a réuni 7 679 494 voix, soit presque le double. Pour le second tour, il est acquis qu’elle fera plus que doubler le score de son père en 2002. Et que l’on voit : l’ensemble des acteurs de la vie politique depuis 2002, à part Mitterrand et Chirac, qui sont en place, viennent (1) culpabiliser les électeurs de ne pas avoir bien voté, et (2) demandent tous qu’on fasse confiance pour faire rempart votre Le Pen.

- Tu veux dire que le conducteur qui a mis le car dans le fossé, avec un lourd bilan, exige d’être le conducteur pour la suite de la course ? Y’a pas un petit problème ?

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 05:23

Dès lors qu'il y a du droit dans la hotte du pékin,la "vérité juridique "l'emporte sur les théories du complot!

L’Etat de droit et la citoyenneté

 Vu le sens politique acéré du fluet, la force de son implantation dans les réalités sociales, et le génie de son staff, il vaut mieux se préparer sagement à la victoire de Le Pen, histoire de voir ce que ça pourrait donner.

En fait, je ne vais pas parler de son programme, car mon psychiatre, pour une fois d’accord avec mon cardiologue, m’a déconseillé les efforts inutiles, et donc de le lire.

Ce que fera Le Pen n’est pas mon problème, la question, c’est ce que nous ferons.

Ici, il faut déjà mettre à l’aise nos amis abstentionnistes et adeptes du vote blanc : la citoyenneté dans un État de droit ne se résume pas au fait de voter. Voter, ce n’est qu’une petite partie de la citoyenneté,... et heureusement, car il est désormais bien clair que nous votons pas en fonction de nos attachements, mais à partir des candidats désignés.

- Je rejette les politiques du fluet ou de Le Pen…

- Certes, mais tu es obligé de voter pour l’un d’eux, ou alors tu es un mauvais citoyen.

- Donc, être citoyen, c’est voter une fois tous les cinq ans pour celui qu’on rejette le moins ?

- Exact. Après tu rentres dans ton trou, et on te sifflera dans cinq ans.

- Sauf que non…. Le vote, c’est si un candidat me va. La citoyenneté, c’est tout ce que je vais faire, à titre personnel et dans des associations, chaque jour pendant les cinq ans, pour défendre les libertés publiques, les droits sociaux et la démocratie contre les abus des autorités étatiques.

- Non, non, ça c’est pas bon. Tu as voté, donc tu as donné ton avis dans une démocratie représentative, et tes représentants doivent pouvoir gentiment exercer le pouvoir pour lequel tu les as mandatés.

- Arrête ton char, on croirait les cours de morale citoyenne pour le cours élémentaire. En 2012, on a voté « gauche » contre El Blanco se ramassait avec 5%, et il a été nommé premier ministre. De même, explique-moi si la déchéance de nationalité était dans le programme… Et la refonte des accords européens pour obtenir un plan de relance, elle est passée où ? Et le mignon banquier, nourri par le monde de la finances… Plus aucune confiance.

- Si tu n’es pas d’accord, tu voteras contre eux cinq ans après. Correct ?

- Correct, rien du tout, car tu auras trouvé d’autres candidats sympas pour « rénover la vie politique ». Stop. La politique française n’a pas été détruite par l’abstention des électeurs, mais par les acteurs du jeu politique. Un jeu politique se résume à des postures, et le but est de nous faire filer droit. Ça ne marche plus. Car attention : en même temps que la politique s’est affaiblie, le droit s’est renforcé. La France est un État de droit, qui prend place dans deux institutions européennes, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, qui sont également des communautés de droit, et dans un régime international, affaibli par les impérialismes, mais qui reste aussi une communauté de droit, avec le statut de l’ONU, outil de la paix dans le monde, et du Pacte des droits civils et politiques de 1966, sous la protection du Comité des droits de l’homme de l’ONU.

- Mais ce ne sont que des mots, que du juridisme, rien de concret…

- Détrompe-toi, c’est un système qui marche pas si mal que ça. La loi est l’œuvre des majorités politiques, mais elle n’est légitime que dans le respect des principes. L’unité d’un pays se structure autour des principes du droit. Pour construire ce type de recours, il faut de vrais professionnels, des spécialistes, mais ces techniciens inventifs n’agissent qu’en fonction des demandes qui leur parviennent. La notion fausse, c’est celle de désobéissance civile, comme si, en 2017, fallait passer dans l’illégalité pour défendre le droit. La notion de désobéissance civile peut parler à qui ne connaissent droit, mais c’est une pure illusion, inventée justement pour sauvegarder l’ordre établi. On veut nous faire croire que pour défendre les droits, il faut se placer dans l’illégalité… Dans cette logique, il faudrait demander aux fonctionnaires de refuser de respecter les ordres des autorités hiérarchiques… N’importe quoi. Dans un État de droit, chaque citoyen est garant de la légalité, et en dehors du vote qui l’occupe cinq minutes tous les cinq ans, et qu’il assume avec un choix très libre, il s’investit sur le terrain, opposant la force du droit aux majorités politiques qui s’égarent. Pour tenir l’outil, il faut des spécialistes, les professionnels du droit, mais concevoir le plan de bataille est l’œuvre des citoyens.

- Donc d’après toi, une personne qui refuse de voter remplit son devoir de citoyen à partir du moment où elle va agir pour la défense des droits, par l’action militante et par des recours en justice ciblés, pour défendre les principes qui fondent la société ?

- T’as tout compris. Dans une cité perdue, le droit est .un trésor.

-Note de l'administration du blog :

Le principe d’égalité des citoyens devant la loi figure à l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789. Il implique l’égalité des citoyens devant l’application qui est faite de la loi par l’institution judiciaire :

  • Le Conseil constitutionnel a consacré en 1975 cette équivalence, affirmant que le principe d’égalité de tous les individus devant la justice possède une valeur constitutionnelle. Cela signifie que tous les justiciables, quelle que soit notamment leur nationalité, doivent être traités de manière identique par les juridictions françaises.
  • Concrètement, l’égalité devant la justice se traduit par la consécration d’un droit au juge naturel : les justiciables se trouvant dans une situation identique doivent être jugés par un même tribunal, selon les mêmes règles de procédure et de fond. En conséquence, les privilèges de juridiction, qui permettaient à certains individus d’être jugés dans des conditions plus favorables, ont été définitivement supprimés en 1993. En outre, le mécanisme de la cassation garantit aux justiciables une interprétation identique de la loi sur l’ensemble du territoire.
  • Le principe d’égalité devant la justice souffre cependant quelques aménagements. La multiplication des juridictions d’exception spécialisées favorise indirectement un traitement différencié entre les justiciables. De même, l’existence de deux ordres juridictionnels conduit l’administration à ne pas être traitée comme les autres justiciables : les modalités d’exercice des voies de recours, ou la mise en œuvre à son encontre de l’exécution forcée lui sont par exemple plus favorables qu’aux particuliers.
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 -Rappel :tout retour vers le nationalisme Mariniste rouvre évidement des différends territoriaux entre les pays. Le Marinisme étant  de surcroit une xénophobie politique inacceptable( Douarnenez. « Auprès des migrants, j'ai côtoyé la mort »Ouest-France ) le néolibéralisme ,qui est une doctrine   inégalitaire et anti-démocratique ,car  elle donne le pouvoir  aux banquiers, est aussi tout autant inacceptable ,parce que : Le néolibéralisme est un fascisme | Cartes blanches - lesoir.be

 

Par Manuela Cadelliophobie
Le jeudi 3 mars 2016

La carte blanche de Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats.

Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics. Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’État la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales. Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.

Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste. Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. L’austérité voulue par les milieux financiers est devenue une valeur supérieure qui remplace la politique. Faire des économies évite la poursuite de tout autre objectif public. Le principe de l’orthodoxie budgétaire va jusqu’à prétendre s’inscrire dans la Constitution des États. La notion de service public est ridiculisée. Le nihilisme qui s’en déduit a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. Même la théorie économique classique n’y trouve plus son compte : le travail était auparavant un élément de la demande, et les travailleurs étaient respectés dans cette mesure ; la finance internationale en a fait une simple variable d’ajustement.

 

Déformation du réel

Tout totalitarisme est d’abord un dévoiement du langage et comme dans le roman de Georges Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche. L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale.

 

Culte de l’évaluation

Le darwinisme social domine et assigne à tous et à chacun les plus strictes prescriptions de performance : faiblir c’est faillir. Nos fondements culturels sont renversés : tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : « There is no alternative ». Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité. Cette sous-culture recèle une menace existentielle qui lui est propre : l’absence de performance condamne à la disparition et dans le même temps, chacun est inculpé d’inefficacité et contraint de se justifier de tout. La confiance est rompue. L’évaluation règne en maître, et avec elle la bureaucratie qui impose la définition et la recherche de pléthore d’objectifs et d’indicateurs auxquels il convient de se conformer. La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable.

 

La Justice négligée

L’idéologie néolibérale engendre une normativité qui concurrence les lois du parlement. La puissance démocratique du Droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le Droit et la procédure sont désormais des obstacles. De même le pouvoir judiciaire susceptible de contrarier les dominants doit-il être maté. La justice belge est d’ailleurs sous-financée ; en 2015, elle était la dernière d’un classement européen qui inclut tous les États situés entre l’Atlantique et l’Oural. En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique.

 

Une caste au-dessus du lot

La classe dominante ne s’administre pourtant pas la même potion qu’elle prescrit aux citoyens ordinaires car austérité bien ordonnée commence par les autres. L’économiste Thomas Piketty l’a parfaitement décrit dans son Étude des inégalités et du capitalisme au XXIème siècle (Seuil 2013). Malgré la crise de 2008, et les incantations éthiques qui ont suivi, rien ne s’est passé pour policer les milieux financiers et les soumettre aux exigences du bien commun. Qui a payé ? Les gens ordinaires, vous et moi. Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des Droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches. Ceci dans un État où le nombre de mandataires publics défie tous les standards mondiaux. Dans ce secteur particulier, pas d’évaluation ni d’études de coût rapportée aux bénéfices. Un exemple : plus de trente ans après le fédéralisme, l’institution provinciale survit sans que personne ne puisse dire à quoi elle sert. La rationalisation et l’idéologie gestionnaire se sont fort opportunément arrêtées aux portes du monde politique.

 

Idéal sécuritaire

Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité.

 

Le salut dans l’engagement

Ce contexte menace sans aucun doute les fondements de nos démocraties mais pour autant condamne-t-il au désespoir et au découragement ? Certainement pas. Voici 500 ans, au plus fort des défaites qui ont fait tomber la plupart des États italiens en leur imposant une occupation étrangère de plus de trois siècles, Nicolas Machiavel exhortait les hommes vertueux à tenir tête au destin et, face à l’adversité des temps, à préférer l’action et l’audace à la prudence. Car plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (Le prince, chapitres XXV et XXVI). Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable.

Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités. Le néolibéralisme est un fascisme. Il doit être combattu et un humanisme total doit être rétabli.

Manuela Cadelli
Présidente de l’Association Syndicale des Magistrats (Belgique)

-Et pour le facho Viktor Orbán,Bruxelles lance une procédure d'infraction contre la Hongrie

 

 

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 06:21

 

Mes amis,

je m’exprime ici en mon nom seul. Vous le savez peut-être, j’appartiens à un collectif, les Désobéissants, qui se veut un outil d’appui aux luttes progressistes. Nous formons aux techniques de résistance non violentes, et nous accompagnons ceux qui le souhaitent dans l’élaboration de stratégie de confrontation et d’action contre l’injustice qu’ils subissent. Nous n’avons pas vocation, avec ce collectif, à participer aux élections quelles qu’elles soient et de quelque façon que ce soit. Nous n’avons rien contre les élus. Il en existe de sincères, d’honnêtes, de courageux. Il nous arrive de travailler ponctuellement avec certains élus lorsqu’ils portent des causes qui nous semblent justes. C’est précisément ce qui nous caractérise : une approche au cas par cas, pragmatique, qui considère que ce qui importe c’est la lutte et les valeurs et objectifs qu’elle porte. Peu importe les écuries, les drapeaux, les étiquettes. Notre affaire, c’est d’appuyer tous ceux qui se mobilisent contre l’injustice là où nous la reconnaissons comme telle. Les désobéissants sont d’ailleurs une diversité : il y a parmi nous des gens qui votent et d’autres qui ne votent pas, des gens qui appartiennent à des partis politiques, et d’autres, bien plus nombreux, qui ont refusé tout engagement classique. Ce qui nous unit, c’est cette approche pragmatique au service de la lutte contre toutes les injustices, d’une part, et bien sûr, l’outil désobéissance civile, c’est-à-dire à la fois l’action directe légale ou pas, peu importe, contre l’injustice, et son caractère strictement non violent, qui nous semble essentiel à la fois d’un point de vue moral et d’un point de vue tactique.

Je n’ai jamais été membre d’aucun parti politique, et n’ai donc jamais été candidat à une quelconque élection. Je n’ai même jamais appelé à voter pour un quelconque candidat aux élections. Pourtant, aujourd’hui, des circonstances exceptionnelles me font considérer qu’il est de mon devoir de prendre position publiquement. Si une seule personne parmi vous se trouve convaincue par mes arguments et décide de voter pour le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour, alors je n’aurai pas perdu mon temps. Si vous partagez cette vidéo, ce sera une victoire supplémentaire. Car chaque voix va vraiment compter, cette fois. La qualification au second tour se jouera dans un mouchoir de poche. Et nous ne sommes pas prêts de retrouver des circonstances aussi favorables…

Dans une précédente vidéo, publiée sur l’alterJT, j’ai expliqué pourquoi je pensais que la néofasciste Marine Le Pen et sa bande risquaient d’arriver au pouvoir, sauf événement imprévisible. Marine Le Pen est en effet parvenue à tromper des millions de gens qui souffrent et sont en colère, et cherchent dans le tunnel une issue radicale au désastre des politiques néolibérales. Tous ces gens se trompent de colère. Parce qu’on les a trompés. Parce que le FN les trompe. Mais aussi parce qu’une classe politique aux ordres de l’oligarchie financière a désigné jour après jour des boucs émissaires faciles, les pauvres supposés fraudeurs, les chômeurs, supposés fainéants, les immigrés supposés coûteux, voire dangereux, les musulmans, supposés fanatiques, menaçants, etc. Aussi ces électeurs dégoûtés par la classe politique mais néanmoins sensibles à ses sornettes se sont tournés, chaque fois plus nombreux, vers les candidats néofascistes prêcheurs de haine. L’issue était évidente, et aucun candidat aux ordres de la finance ne pourra empêcher, tout au plus retarder d’encore 5 ans, la victoire forcément catastrophique, des fascistes.

J’avais pris la précaution de dire que mon analyse se basait sur les faits connus, mais que l’histoire n’est jamais jouée d’avance. Il arrive que l’imprévisible survienne pour tout bouleverser. Un tel événement imprévisible s’est produit : un candidat de rupture, mais progressiste celui-là, est en passe de se qualifier au second tour de l’élection la plus importante qui soit. Avec dès lors, des chances raisonnables de devenir le prochain président de la République. Seulement, ça va se jouer à quelques voix. La vôtre, peut-être. La mienne, en tous cas, lui est acquise et je veux vous dire pourquoi.

J’entends déjà les critiques de mes amis révolutionnaires. L’élection est un piège à cons, le présidentialisme en est un autre, Mélenchon n’est pas un saint et rien ne garantit qu’une fois élu, il tiendra ses promesses. Après tout, nous sommes dans la saison des promesses, chaque candidat s’employant à dire ce qu’il pense que son électorat de prédilection a envie d’entendre. Autre registre de critique : même avec la meilleure volonté du monde, Mélenchon président n’arrivera pas à rompre avec les forces néolibérales qui ont déjà fait plier Tsipras, le premier ministre grec.

Je sais tout ça. Mais justement, pour la première fois depuis très très longtemps, un candidat doté de vraies chances de succès, annonce qu’il transformera en profondeur les institutions pour les rendre beaucoup plus démocratiques et en finir avec la monarchie présidentielle. Un seul s’engage aussi radicalement, et aussi précisément, en matière de transition écologique, avec un programme de reconversion de l’outil industriel, de formation à grande échelle des travailleurs concernés, et d’investissement public massif dans tout ce qui permettra de faire reculer la menace la plus urgente sur l’humanité tout entière, le réchauffement climatique. Un seul promet encore de consacrer toutes ses forces à des relations internationales plus justes et surtout porteuses de paix plutôt que de guerre. Un seul enfin promet de rompre vraiment avec les logiques du marché à outrance qui ont fait tant de mal à des millions de travailleurs, et en particulier de femmes, précarisés, de retraités pauvres, de jeunes des quartiers populaires, de descendants de l’immigration, etc.

Tiendra-t-il ses promesses ? Je n’en sais rien. Mais c’est la même chose pour les autres ! Je dis ça à ceux qui voudraient voter pour un autre candidat, ou qui ne voudraient pas voter et donc laisseraient à ceux qui vont aller voter, et notamment les électeurs du PS, du centre, de la droite et de l’extrême droite, le choix de décider de qui aura le pouvoir sur nos vies. Je sais seulement que l’activiste que je suis continuera de lutter quelque soit le pouvoir, probablement. Mais je sais aussi qu’il me sera plus facile de lutter, comme à nous tous, avec un gouvernement progressiste et de rupture comme celui d’un Mélenchon au pouvoir, qu’avec tout autre de ses concurrents. Voter, ce n’est pas abdiquer notre capacité de résistance. Je désobéis avant l’élection, je désobéirai certainement encore après l’élection, mais le jour de l’élection, est-il meilleure façon d’agir que de voter ? Voter, c’est choisir son adversaire, au pire, et parfois, envoyer des alliés au sein des institutions : tous ceux qui luttent vraiment, pas seulement devant leur ordinateur et sur les réseaux sociaux, savent qu’il est toujours préférable d’avoir des élus proches de nous dans les institutions, plutôt que des néofascistes ou des élus de l’oligarchie. Que la police ne se comporte pas de la même façon, que les juges ne se comportent pas de la même façon, que les journalistes ne relaient pas les mêmes discours selon qui se trouve au pouvoir… Qu’au sein des institutions comme des contre-pouvoirs, le contexte gouvernemental joue considérablement sur les marges de manœuvres des uns et des autres : avec un gouvernement progressiste, les fonctionnaires soucieux de bien public relèveront la tête pour défendre le service public et ses usagers. Les travailleurs du privés témoins de pratiques odieuses se feront davantage lanceurs d’alerte. Les juges sortiront les dossiers des placards. Les policiers républicains n’auront plus peur de s’opposer à ceux de leurs collègues qui déshonorent la police. Les travailleurs en général hésiteront moins à se syndiquer et à bousculer les appareils pour résister aux pratiques les plus scandaleuses de leurs employeurs.

Et s’il tenait ses promesses, le Mélenchon ? Après tout, Mitterrand en a tenu pas mal d’assez radicales entre 1981 et 1983, et il n’est pas certain que les Français laisseraient faire aujourd’hui un revirement comme celui du même Mitterrand en 1983. Et Mélenchon n’est pas Mitterrand. Certes, le personnage a ses défauts. Il a été au PS, oui, et reste encore un peu trop Mitterrandolâtre, en oubliant que l’homme fut le véritable assassin de la gauche qu’incarne aujourd’hui Mélenchon : c’est bien Mitterrand qui a soumis notre pays au capitalisme financier, avec le tournant de la désinflation compétitive, du franc fort et l’alignement sur l’Europe libérale de 1983. C’est aussi Mitterrand qui s’est rendu complice du plus abominable des crimes, celui de génocide, en soutenant militairement les génocidaires du Rwanda, et en les exfiltrant même, ensuite, avec la complicité du gouvernement de cohabitation de Balladur Sarkozy et consors. Mais Mélenchon, à sa décharge, n’a pas été associé à ces aspects-là, et a toujours tiré le PS vers la gauche, au point de le quitter faute d’y être suffisamment parvenu. On lui doit une grosse erreur, celle d’avoir soutenu l’accord de Maastricht, mais il a très vite regretté ce choix et s’est depuis systématiquement opposé à tout ce qui allait dans le sens de l’austérité.

Allez, imaginons qu’il ne tienne qu’une partie de ses promesses, en matière d’écologie, de paix, de relance du service public et de l’investissement public, de revalorisation des bas salaires, de démocratisation des institutions, de lutte contre la corruption et la fraude fiscales… On a le choix, son programme est vaste et ambitieux. Si quelques-unes seulement de ces promesses étaient tenues : notre situation à tous n’en serait-elle pas quand même bien meilleure ? Pensons aux travailleurs menacés par les délocalisations boursières, pensons aux précaires privés de droits par des institutions qui traquent la fraude supposée plutôt que d’aider ceux qui en ont le plus besoin. Pensons aux travailleurs sans-papiers qui rasent les murs en craignant en permanence l’arrestation et la déportation. Pensons aux policiers envoyés contre les pauvres, les faibles, les travailleurs en grève, les activistes plutôt que contre la criminalité en col blanc, la délinquance patronale, le crime organisé, la fraude fiscale, qui font des dégâts considérables sur notre vivre-ensemble… Pensons à ces cathédrales du productivisme et du profit, ces grands projets inutiles et imposés qui sont érigés partout sur nos dernières terres agricoles, sur nos dernières zones humides et qui reçoivent aujourd’hui le soutien systématique de l’État, nous entraînant chaque jour davantage dans le désastre écologique.

Oui mais, le laissera-t-on tenir ses promesses, et notamment la plus importante sans doute, celle de la rupture avec le néolibéralisme ? Rappelons d’abord que Mélenchon, à la différence des autres grands candidats, est un homme libre : il a rompu il y a longtemps déjà avec son parti, le PS, et s’est même éloigné du parti qu’il avait contribué à faire naître, le Parti de Gauche. Il a pris tous les risques, en se lançant seul dans la course aux présidentielles, et a su laisser ses partisans prendre leur autonomie. Y compris ses centaines de milliers de partisans anonymes qui ont pu peser sur sa campagne en développant des thématiques et des outils originaux et en dehors de tout contrôle du sommet du mouvement. J’ajoute que Mélenchon n’a pas de compte à rendre à d’éventuels dictateurs qui auraient financé sa campagne, pas davantage à des banques russes qui lui auraient fait des prêts sur ordre du Kremlin, encore moins à la Françafrique et aux pétromonarchies de l’Est ou du Moyen-Orient où il serait aller chercher quelques costumes, quelques valises et quelques conférences grassement rémunérées. Il n’a pas fait sa carrière dans la banque ou dans une quelconque relation de dépendance vis-à-vis des firmes multinationales. Il a un caractère difficile ? Ca lui servira peut-être à résister aux pressions de toutes sortes qui s’exerceront sur lui au moment des grandes confrontations, et notamment avec la Troïka. Instruit de l’expérience tragique de Tsipras en Grèce, qui choisit de se plier au diktat de la Commission européenne, de la banque centrale européenne et du FMI, Mélenchon préparera sans doute effectivement le fameux plan B, celui de la sortie de l’Euro, si jamais il s’y trouvait contraint. Il est vrai que la situation est toute autre : la France n’est pas la Grèce, elle pèse 18 % du PIB européen, et non pas seulement 2 % comme la Grèce, et ses caisses ne sont pas vides, loin de là. L’UE est de son côté fragilisée par le rejet croissant des opinions publiques et le départ des Britanniques. Les chances de négocier un changement de politique en Europe n’ont jamais été aussi bonnes, si seulement le gouvernement d’un seul Etat-membre puissant décidait d’y consacrer ses forces.

Mes amis, je sais que les institutions ne sont pas neutres, que la soupe est bonne, là haut. Je sais qu’il est facile d’y corrompre les volontés les plus intransigeantes. Je sais que les élections sont biaisées par l’argent d’abord, et surtout par la construction jour après jour et longtemps avant l’élection, de la notoriété des candidats. Cette notoriété sans laquelle il n’y a pas de victoire possible à une élection. Pour la gagner, il faut passer régulièrement dans les médias dominants. Et ceux qui possèdent les médias, les grands groupes industriels et financiers, ne veulent surtout pas d’une politique de rupture d’avec le capitalisme. Ils n’ont donc aucune raison de favoriser en les invitant régulièrement sur les plateaux les candidats de la rupture, ceux qui prônent une plus juste redistribution des richesses, une transition écologique réelle et non pas « market compatible ». Seulement, pour la première fois depuis longtemps, un candidat de rupture a acquis la notoriété nécessaire pour espérer l’emporter aux élections. Il n’a pas cessé de prendre des risques, pourtant. Il s’est engagé frontalement contre le FN, en portant le fer là où le parti de la haine faisait ses meilleurs scores. Il est le seul à dénoncer les logiques de guerre, de haine, de peur aussi, savamment entretenues par les autres candidats qui chassent sur les terres du FN et focalisent sur l’étranger, l’islam, le terrorisme, la crispation identitaire, et qui prétendent résoudre les problèmes du monde à grands coups de bombardements de populations civiles, aux quatre coins du monde, en tous cas partout là où il y a du pétrole à pomper au passage… Avouons que les discours de Mélenchon ont fait beaucoup pour renverser le vent mauvais qui soufflait dans ce pays, et dans toute l’Europe d’ailleurs. Il a remis au coeur des débats les vrais sujets, le social, le chômage, l’urgence à sauver le bien commun, la paix et l’environnement. Il a même parlé du sort cruel fait aux animaux ou de la nécessité de rompre avec la nourriture carnée, c’était quand même courageux, en France, pour un candidat, de dire ça ! C’est la raison pour laquelle Marine Le Pen voit ses chances s’amenuiser, aussi, même si elle est encore très haute dans les sondages : ses thématiques qui étaient pourtant dominantes dans les discours publics, au point qu’elle n’avait même plus à faire campagne, qu’elle pouvait même se permettre de recentrer son image pour paraître plus modérée que ses rivaux, plus « apaisée » vous savez, avec ce slogan qu’elle a fait poser sur tous les murs de France et qui lui fut suggéré par ses amis néo nazis les anciens du GUD Frédéric Chatillon, Axel Lousteau, Philippe Péninque et toute la clique de ceux qui ont trempé dans ses magouilles financières et la conseillent encore sur sa stratégie de campagne. Pour ces discours, qui ont su porter loin, je vous dis merci M. Mélenchon. Vous avez fait de la pédagogie de gauche, ce qui avait littéralement disparu des ondes depuis longtemps et qu’on ne trouvait plus guère que chez certains youtubeurs et autres bloggueurs sur Internet. Dans le même temps, la fausse gauche, elle, faisait au contraire la pédagogie de la résignation, de l’austérité punitive, du marché, de la compétitivité, de la dette, de la liquidation du service public, et des logiques de guerre, à l’international…

Une autre raison de voter Mélenchon. La conjoncture est unique : pour la première fois depuis très très longtemps, l’horizon est dégagé à gauche ! Les électeurs de gauche n’ont pas de raison de se disperser entre de nombreux candidats. Le candidat socialiste est en chute libre et son parti ne se relèvera pas de ces élections. Les Verts ont disparu du paysage. Le PCF s’est rallié à Mélenchon. Les trotskistes n’ont pas su incarner l’alternative et gaspillent leurs rares ressources à fonds perdu. Et les escrocs de l’alternative, Asselineau et Cheminade, le paquaïen réac qui surfe sur le complotisme et le sectaire extrémiste, n’ont pas réussi à détourner les électeurs de gauche que leurs bailleurs de fonds espéraient les voir détourner. Le vote utile à gauche est pour la première fois depuis des décennies un vote de rupture radicale avec les logiques mortifères du capitalisme financier. Les marchés financiers et l’oligarchie ne s’y trompent pas, d’ailleurs, et commencent à prendre peur et à concentrer leurs tirs…

Pas de concurrence à gauche, donc, et la logique du vote utile en notre faveur. Et en plus, la possibilité d’en finir avec le PS, le parti des premières politiques néolibérales, celui de la Françafrique et du nucléaire civil et militaire, le parti qui a toujours promis le vote aux étrangers et continue de le faire sans jamais tenir parole, celui qui récemment encore chassait les Roms et les sans-papiers, enfermait comme jamais dans les prisons, abandonnait aux policiers racistes le contrôle des classes dangereuses dans les quartiers populaires, et qui par sa trahison en 1983 a littéralement poussé dans les bras de l’abstention d’abord, de Le Pen ensuite les électeurs populaires qui l’avaient porté au pouvoir. Amis qui ne voulez pas voter, voulez-vous vraiment passer à côté de cette chance historique d’en finir avec le PS ?

D’ailleurs, ce parti, le PS, n’a plus de raison d’être : il a toujours été tiraillé entre sa gauche et sa droite. Cela est particulièrement saillant aujourd’hui, avec les désertions de la droite du PS au profit de Macron. Le PS ne parvient plus à faire la synthèse, il doit donc disparaître : ses électeurs et ses militants sont devant l’obligation de choisir entre la possibilité d’une politique anti-libérale, qu’incarne Mélenchon, et le maintien d’une politique libérale, avec Macron. Benoît Hamon, en vous maintenant au premier tour alors que vous n’avez aucune chance de vous qualifier, et aucune même de sauver votre parti, vous prenez une responsabilité très lourde devant l’Histoire : celle de faire échouer la qualification de Jean-Luc Mélenchon au second tour, seule chance pour le moment de voir une vraie politique de gauche sortir des urnes en mai prochain…

Avec une victoire de Mélenchon au premier tour, on aurait aussi la possibilité d’en finir avec le risque fasciste. Oui. A l’heure actuelle, Marine Le Pen a toujours des chances d’arriver au pouvoir en cas de qualification au second tour car une partie des électeurs de gauche n’iront jamais voter pour un Fillon ou un Macron, candidats de la finance, même pour faire barrage. Certes, les sondages la donnent perdante dans tous les cas de figure, contre Fillon, contre Macron, contre Mélenchon. Mais ils se sont déjà trompés par le passé ! Et encore récemment, avec Trump et avec le Brexit, ce qui doit nous rappeler que l’impossible peut encore se produire. D’autant qu’une partie des électeurs de droite radicalisés voterait aussi Le Pen si celle-ci avait une chance d’arriver au pouvoir, et pour éviter, par exemple, un Macron encore associé dans leur imaginaire, au PS. Mélenchon, lui, peut arrêter Le Pen : il fera nettement plus voter la gauche de la gauche, et comme il sera opposé à Le Pen, il fera aussi le plein des voix du PS et du centre. Une partie de la droite se réfugiera dans l’abstention et une autre, radicalisée, rejoindra Le Pen mais ça ne suffira pas. Surtout aussi parce que Mélenchon parle à la colère des gens, comme Marine Le Pen, mais en proposant des solutions radicalement opposées, qui peuvent séduire, et séduisent déjà, une partie de l’électorat du FN. Il peut donc assécher quelque peu Marine Le Pen, dont les casseroles judiciaires fragilisent la crédibilité, qui plus est. Et s’il arrivait au pouvoir, sa politique de rupture avec les logiques actuelles pourrait seule convaincre les classes populaires séduites par le vote FN de s’en détourner durablement : en créant les conditions d’un vivre-ensemble bien plus satisfaisant, une politique résolument égalitariste saperait les fondations du racisme et du repli sur soi qui sont le terreau du néofascisme. A-t-on le droit de laisser passer cette chance historique d’éviter le fascisme, et d’en finir avec lui ?

Alors oui, désobéir, ça veut parfois dire voter. Ca veut dire avoir une approche pragmatique de la lutte. Il ne s’agit pas de renoncer à l’idéal d’un changement de société en profondeur, c’est-à-dire d’une sortie du capitalisme au profit d’une société fondée sur le bien commun, l’humain et le vivant d’abord. Il s’agit seulement de prendre tout ce qu’on peut prendre, de gagner tout ce qui peut l’être dès à présent, sans attendre d’hypothétiques, et néanmoins souhaitables, lendemains qui chantent. On ne dira pas comme le mouvement ouvrier jadis, aux femmes, « laissez de côté vos revendications féministes, la priorité c’est de renverser le capitalisme, car avec lui tombera l’injustice faite aux femmes ». Les femmes ont bien fait de se battre pour leurs droits sans attendre, car elles ont ainsi pu améliorer très nettement leur condition, gagner de nombreux droits sinon l’égalité réelle, alors que le capitalisme, lui, est toujours là… Heureux ceux qui peuvent se permettre le tout ou rien, parce qu’ils ont déjà assez. Au quotidien le devoir d’un révolutionnaire ce n’est pas de sacrifier le présent à l’avenir. C’est de construire ici et maintenant, avec les gens, des rapports de force qui forgent des présents différents, parce que c’est maintenant que nous vivons, pas demain, et que ceux qui souffrent le plus n’ont pas le temps d’attendre. Sans compter que le fascisme guette aussi pour récupérer la colère que nous n’aurons pas su organiser, parce que nous étions dans nos rêves au lieu d’être dans la réalité aux côtés de ceux que la misère ou l’oppression quotidienne mettent en danger tout de suite.

Ne perdons pas nos suffrages dans des attitudes nihilistes qui ne construisent rien et laissent le pire se déployer. Le vote blanc, ou l’abstention militante, sont des aberrations. Mieux vaut la plus infime part de liberté que rien du tout, mieux vaut le moins pire que le pire, et si par exception on a une petite chance d’avoir le mieux, le beaucoup mieux, pourquoi y renoncer par principe ? Gardons-nous de ceux qui espèrent le pire au nom du meilleur, ceux qui pensent que l’arrivée au pouvoir de Le Pen réveillerait le peuple endormi et rendrait possible un changement révolutionnaire. La réalité est bien différente de leurs fantasmes de révolutionnaires en chambre : non, nous ne saurons pas nous relever d’une victoire du néofascisme, qui sait aussi se faire réélire, dans les villes qu’il a conquises, qui sait diviser pour mieux régner, corrompre ceux qu’ils peuvent être corrompus, et surtout s’imposer par le vide, en nous privant rapidement de nos ressources militantes : les salles où nous réunir, les médias libres, les bibliothèques et autres lieux de culture, l’école où s’enseigne encore l’esprit critique, les projets sociaux exigeants qui aident encore à se parler et à imaginer d’autres possibles… Une fois dotés de tous les pouvoirs, les fascistes se comporteront en fascistes, évidemment, que croyez-vous ? Ils imposeront la peur, le repli sur la sphère privée, le clientélisme généralisé, et finalement nous réprimerons avec la plus grande férocité quand ils nous auront suffisamment affaiblis. Tout ne se vaut pas et la victoire d’un Mélenchon sera toujours ô combien préférable à celle de tout autre candidat. Mélenchon ne sera peut-être qu’un Mitterrand de 1981, et alors ? Qui pense que la situation est telle que l’on peut cracher sur des réformes sociales et démocratiques comparables à celles qui furent introduites par Mitterrand cette année-là ? La retraite à 60 ans pour les gens usés par le travail, la cinquième semaine de congés payés, l’abolition de la peine de mort, la régularisation massive de travailleurs sans papiers et de leurs familles, la nationalisation des grandes banques et d’autres sociétés, un vrai impôt pour les plus riches…

Et puis, rêvons un peu, nous en avons bien le droit, nous qui nous battons sans cesse depuis des décennies, dos au mur, avec un espoir qui se réduisait comme une peau de chagrin, face au rouleau compresseur néolibéral qui écrase tout sur son passage, et avec les fascistes en embuscade. Si le changement s’impose par les urnes en France, qu’est-ce qui empêchera d’autres peuples d’Europe et d’ailleurs de donner leurs bulletins à des forces progressistes et écologistes radicales, ou de relancer des mouvements sociaux de grande ampleur pour bousculer les urnes et en finir avec les 1 % des plus riches qui concentrent encore aujourd’hui la totalité des pouvoirs sur la planète, en nous emmenant vers le gouffre ?

Il n’a jamais été aussi important de voter qu’aujourd’hui, depuis des décennies. Alors sans gaieté de coeur, peut-être, sans illusion d’accord, mais parce que c’est une façon de lutter encore, de limiter les dégâts, de choisir ses alliés et ses adversaires, aussi, unissons-nous pour que la France insoumise et Mélenchon l’emportent aux présidentielles. Et si ça doit se jouer à une voix, que cela soit la vôtre qui lui permette de l’emporter.

Bonsoir Marie, Bonsoir Marianne,

Quand un incompétent (in-con-pétant) ignorant les bases du droit international m’emmerde sur des raisonnements juridiques auxquels visiblement il ne comprend rien, ça me gave. Mais quand je m’aventure sur le terrain politique, je suis un parmi les autres, et j’accepte pleinement qu’on me dise que je me suis trompé ou que je ne sais pas. J’essaye juste d’assumer mon rôle de citoyen, en étant cohérent, logique et de bonne foi.

En attendant les législatives...

Je vous dirais d’abord que cette présidentielle est insaisissable, et qu’en réalité tout se jouera aux législatives. C’est la seule chose dont je suis sûr. Nous allons élire le Prince de l'Elysée. Si Fillon gagne, ce qui est toujours possible, il aura une majorité écrasante, mais il ne dirigera pas les législatives, ce sera l'affaire de Sarko et Wauquiez. Si c'est Macron, nous allons provisoirement passer à un régime d’Assemblée. Macron est un dérivatif parfumé de Davos, rien de plus. En l’état actuel, les deux grands partis (Les Rep et le PS) laissent des candidats qu’ils ne maîtrisent pas jouer leur vie, car ils savent que la reprise en main se fera à l’occasion des législatives. Ce sont les législatives qui donnent le pouvoir, les réseaux et l’argent, un truc un peu plus sérieux que cette présidentielle qui est devenu un show.

Il ne se ressortira rien de solide de cette présidentielle, et ne perdez pas votre temps à me foutre la trouille avec une victoire Le Pen, un truc hors sujet. Mélenchon aurait pu surprendre, mais il préfère une défaite honorable, c'est son problème. La vie politique reprendra son cours. Le PS va récupérer les points un à un, en vue des municipales de 2020, sa vraie base. On tournera la page du feuilleton « Macron, Mélenchon, Hamon et leurs amours », pour revenir aux choses sérieuses. La vie politique est structurée, c’est comme ça.  

Je n’ai pas soutenu Hamon…

Oui, et c’est pas demain la veille, mais j’ai essayé d’être logique. Une dizaine de jours après la primaire PS, j’exprimais l’idée que Hamon avait vraiment une carte à jouer .

Je n’ai jamais soutenu Hamon, ni la « Gauche du PS ». Ça avait de la gueule quand c’était Jean Poperen, mais depuis c’est usurpé par des Mélenchon, Hamon, Montebourg et autre Dray, de l’enfumage. Une gauche du discours, comptant cyniquement sur les déceptions que va mécaniquement créer le courant majoritaire du PS, pour garder une zone d’influence qui permet d’avoir son lot de permanents et  d'investitures. No future...

Retour à 2017

Littéralement, il y avait des choses intéressantes dans les textes de Hamon. Oki. Mais il ne faut pas inverser le jeu politique. La responsabilité de la campagne dépend du candidat, et pas des soutiens. Or qu’a fait Hamon ?

Alors qu'il était député PS, il avait soutenu une motion de censure contre le gouvernement PS, il y a un an. Ce n’est pas rien. Il avait sans doute raison, mais quand un an plus tard, il voulait être le leader de ce parti, il fallait quand même faire des gestes politiques,... surtout quand il n’a jamais fait plus de 10 % aux congrès du PS. Vouloir être Président de la République, ce n’est pas animer un club d’amis philosophiques. Il devait abandonner son confort de minoritaire, et assumer l’étiquette PS qu’il avait sollicitée.

Candidat PS, faut assumer

Au premier tour de la primaire, Hamon a fait le score inespéré de 36 %. Or il sait très bien qu’il ne pèse pas 36 %, mais que nombre d’amis ont voté pour lui pour bloquer El Blanco.

Hamon sait qu’il ne représente, au mieux 20 % du PS, et je suis généreux. Aussi, parce qu’il ne se présentait pas en free-lance mais comme institutionnel du Parti, il devait dès le lendemain partir à l’assaut des élus, fédérer les réseaux internes, composer avec tous dans le respect des influences, jouer la fibre historique du PS, et dealer avec l’arme-clé, les investitures pour les législatives.

Or, il est allé se perdre dans des configurations insensées avec les Verts, et pour quel résultat ? Il a fini de se marginaliser pour laisser une circonscription indue à Paris à Duflot, qui n’a aucun programme à part emmerder le PS.

Tout le monde aurait accepté que Hamon modère son programme, tourne la page des frondeurs, aille rameuter les sections PS du territoire, restées fidèles à 95 %, et basta. Mais Hamon a oublié les sections pour ses petits jeux parisiens. Et puis pour quelle politique européenne ? Quelle politique internationale ? Quelle politique sur la Syrie ? Incapable d’assumer une posture PS crédible, donc c’était cuit pour lui. Mélenchon a beaucoup défauts, mais il est seul et il assume. Si vous êtes élu en interne du PS, il faut savoir respecter les codes.

Hamon a choisi une autre voie et il s’est isolé. C’est sa responsabilité, pas la mienne. Mais vous verrez qu’Hamon est décevant. Je donne rendez-vous au prochain congrès du PS, où on le verra batailler pour récupérer son pourcentage, avec ses permanents et ses investitures. Il se retrouvera heureux et minoritaire, et pourra nous livrer son « discours de gauche ».

Je ne crois pas être négatif, mais seulement réaliste.

-Santé et  Présidentielle

Dans notre société 10 millions de personnes  tabouisées sont des électrices-teurs potentiels:

 

-convergence présidentielle:nous votons,et eux ?ils s'évitent?

Torreton, Guédiguian et Ascaride appellent Hamon et Mélenchon à s'allier 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 12:04

A CEUX QUI ASPIRENT A NOUS GOUVERNER – Confrontations

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 10:44

Semaine Anti-Apartheid : Montpellier résiste et fait échec aux pressions d'Israel!

 « La reconnaissance à contre-coeur de son échec par votre ennemi est presque aussi douce que votre propre réussite.

Finalement, après avoir juré leurs grands dieux qu’ils avaient « vaincu » ou « enterré » le mouvement BDS, le gouvernement d’extrême droite d’Israël et ses lobbies en occident admettent maintenant qu’ils n’ont pas réussi à arrêter l’avancée impressionnante de l’impact du mouvement sur le régime d’oppression israélien. » Voilà comment Omar Barghouti caractérise la situation de la Campagne internationale BDS aujourd’hui.

Jamais Israël n’a dépensé autant de dizaines de millions de dollars et mobilisé autant de spécialistes dans tous les domaines pour combattre le mouvement international BDS que le président d’Israël a désigné comme une « menace stratégique pour l’existence d’Israël » et jamais Israël n’a été aussi isolé dans l’opinion publique alors même qu’il accroît ses atteinte à la liberté d’expression avec la complicité des gouvernements occidentaux.

Chaque offensive israélienne, même quand elle parvient à mettre en marche la répression contre les militants et le mouvement BDS, subit les revers d’un retour de l’opinion quand celle-ci  découvre les atteintes à la liberté d’expression de BDS d’Israël.

Ainsi dès le vendredi 3 mars, l’ambassadrice d’Israël en France, s’adressait aux maires des 9 villes et universités engagées dans la semaine anti-apartheid pour exiger l’interdiction de ces événements. Obéissant aux ordres, l’UEJF (Union des Étudiants Juifs de France) a adressé un courrier au cinéma Diagonal où était annoncé le film : »Roadmap to apartheid », demandant la « déprogrammation du film » et  éventuellement une projection ultérieure du film « avec l’intervention de personnes aptes à apporter une contradiction aux intervenants éventuels » (sic). 

Quand au CRIF, se prévalant des propos tenus par M. Hollande au dîner du CRIF tout récent, il s’est directement adressé au ministre de l’intérieur pour exiger, comme toujours, en toute modestie, l’interdiction pure et simple du mouvement BDS en France « vecteur de haine raciste dans notre pays » qu’il qualifie carrément de « nouvel antisémitisme ».

 

Un courrier similaire a été envoyé au président de l’université Paul Valéry demandant  l’annulation de la Conférence du 10 mars avec Hazem Jamjoum  à 18h à l’amphi H .

Le président de l’université rencontré lors de la distribution de tracts nous a confirmé avoir reçu des pressions mais qu’il maintenait le prêt de l’amphithéâtre. Il faut dire qu’il s’est rendu à l’université de Birzeit dans le cadre d’une Convention activée en 2003 entre les deux universités…et quand on a vu l’apartheid de ses propres yeux…

Avant la conférence le comité BDS France34 avec des membres de l’Association des palestiniens du Languedoc-Roussillon ont montré à Hazem la place de la Comédie où  se déroule la bataille pour l’expression publique du BDS et la liberté d’expression et d’opinion pour tous.

Procès BDS de Montpellier : heurs et malheurs d'une plainte | Le Club ...

https
 
https://blogs.mediapart.fr/francois-munier/blog/070317/proces-bds-de-montpellier-heurs-et-malheurs-dune-plainte

    7 mars 2017 Par François MUNIER Blog : Impressions et coups de gueule 

C'est un peu facile de faire porter au Parquet le chapeau pour une faute de procédure, qui ne fait que souligner les faiblesses du dossier.

  

Près d'un mois après le prononcé du jugement, le MRAP commente l'arrêt du 6 mars 2017 par lequel la Cour d'appel de Montpellier a annulé les poursuites contre deux militants BDS de cette ville.

Cet arrêt a été rendu conformément aux réquisitions de l'avocat général, rendues le 6 décembre 2016. Ce n'était donc pas une surprise.

Le cas est classique : une plainte pour diffamation ou injure doit préciser sur quels articles ou alinéas d'articles elle s'appuie et préciser en outre quels sont les textes précis ou fragments de texte visés.

Par exemple, l'apologie de crimes contre l'humanité est sanctionnée par un alinéa de l'article 24 de la loi du 29 juillet 1981 et la négation de ces mêmes crimes par l'article 24 bis.

L'erreur dans l'article cité est une erreur substantielle qui rend nulle la plainte. Et il est difficile de plaider qu'il y a à la foi négation et apologie, question de logique.

Et il faut bien sûr citer le texte précis. Il ne suffit pas de dire « l'article de M. Z. est raciste », il faut dire pourquoi.

Tout juriste sait cela, ou devrait le savoir.

Alors, à qui la faute pour cette déroute judiciaire ?

Pour le MRAP, c'est la faute au Parquet, au procureur de la République. Je ne suis pas sûr que cette explication soit appréciée par tous les Parquets de France, qui seront désormais très circonspects lorsqu'une association antiraciste portera plainte.

Cela mérite des explications :

Il y a trois sortes de plaintes :

La plainte simple, parfois appelée « signalement », déposée par tout un chacun auprès du procureur de la République, qui lui donne suite ou pas. S'il lui donne suite, c'est lui qui rédige la plainte du Parquet, en s'inspirant plus ou moins de la plainte initiale. Le plaignant peut ensuite se constituer partie civile jusqu'à l'audience, ce qui suppose qu'il a connaissance du texte de la plainte déposée par le parquet.

La plainte avec constitution de partie civile, déposée auprès du doyen des juges d'instruction, qui est tenu de lui donner suite. Pour parler familièrement, il faut être « sûr de son coup », et la plupart des associations antiracistes préfèrent en général la première solution, sauf si elles veulent être sûres qu'une suite sera donnée. Mais le juge d'instruction peut également rendre une ordonnance de non-lieu.

La citation directe : il faut encore plus être sûr de son bon droit et maîtriser parfaitement la procédure. Le recours à un huissier est indispensable.

L'affaire de Montpellier correspond au premier cas, ce qui permet au MRAP de se défausser sur le Parquet. Mais j'ai du mal à croire qu'il n'a pas été tenu au courant des intentions de ce dernier avant le procès en première instance, ce qui aurait dû permettre à ses avocats (et ceux des autres parties civiles) de faire rectifier le texte de la plainte.

En particulier, la LDH a eu accès à des documents de l'enquête policière et a mis en ligne sa version des faits.

Donc, ce plantage judiciaire reste incompréhensible, compte tenu de la qualité et de l'expérience des intervenants. Mais il ne s'agit pas seulement d'une simple question de procédure, jugée souvent accessoire et encombrante par ceux qui se plaignent des décisions de justice.

Les droits de la défense sont garantis par le respect des règles de procédure (même si l'inverse n'est pas forcément vrai).

Dans l'affaire de Montpellier, le strict respect des règles de procédure aurait obligé les plaignants à expliciter ce qu'ils reprochaient aux deux inculpés, et certains pans de l'accusation seraient tombés.

Il faut en effet bien décrire les faits, connaître les personnes en cause, analyser l'ensemble pour ne pas confondre dénonciation politique et jugement de personnes.

En août 2014, deux militants de Montpellier reçoivent sur leur mur Facebook un post d'un certaine Farah AZ1, avec, dans cet ordre, un texte de huit lignes et un montage de deux affiches.

L'affiche est très contestable, puisqu'il apparaît que si l'authenticité de la partie droite (une affiche de propagande nazie pour les auberges et foyers de jeunesse) n'est pas contestée, la partie gauche résulte d'un montage et est un faux inventé2 pour les besoins de la cause : uniforme, symétrie, jeune fille avec des nattes. J'en ai trouvé une trace sur la toile datant de 20123.

Ce faux a notamment été diffusé en 2014 par la Dieudosphère, qui n'a à ma connaissance pas fait l'objet de poursuite pour cela.

Il faut une certaine dose de mauvaise foi pour affirmer que la partie gauche vise l'ensemble des Juifs. Je rappelle l'image : uniforme militaire, mention « Give support to the troops4 », inscription Ts-H-L5 (TSAHAL) (de droite à gauche sur la chemise de la jeune fille), l'étoile de David bleue qui est celle du drapeau israélien, pas celle que les nazis et leurs alliés imposèrent de porter au Juifs, tout cela fait référence à l'armée israélienne, pas au judaïsme en général.

L'assimilation de la politique israélienne à la politique nazie est très contestable, mais ce n'est pas de l'antisémitisme. Pas plus que ne le serait celle de la politique de Poutine ou des Bush.

Mais amalgamer la mémoire des victimes du génocide nazi à la défense de la politique israélienne, en prétendant que toute critique, excessive ou pas, fondée ou pas, de cette politique équivaut à une « injure grave à une histoire faite de la mort de millions d'êtres humains qui portaient cette étoile. » est en soi une offense à cette mémoire.

Ce que je viens de dire concerne le photomontage, qui ne peut donc en lui-même faire l'objet de poursuites.

« Les nazis et les sionistes sont deux revers de la même médaille, ce que fait le sionisme l'a déjà fait le Nazisme au millimètre prêt : c'est la même école.

La photo de droite est celle de la propagande nazi, celle de gauche est celle des sionistes en Palestine,

Ils racontent qu'Hitler avait exterminé 6 millions de juifs, c'est pour cette raison qu'ils ont demandé de trouver un pays pour les pauvres juif..

Afficher la suite »

Il est parfaitement possible de partager le texte sur sa propre page Facebook sans cliquer sur « Afficher la suite ».

C'est donc un mensonge d'écrire que :

« Le contenu antisémite ne pouvait être ignoré des auteurs de la publication. Pour la « partager » et l'intégrer sur leur compte Facebook, ils devaient obligatoirement prendre connaissance de l'extrait avant de cliquer sur l'option « partager ». »

en citant comme « extrait » un texte différent et beaucoup plus long.

Pourquoi les deux militants de Montpellier ont-ils eu accès à cette page ? L'avaient-ils « liké », était-ce une « publication suggérée »? Je ne sais pas.

Personnellement, j'évite de m'abonner à des pages FB dont je ne partage pas l'orientation, mais je comprends que d'autres le fassent pour chercher des informations. Il m'est aussi arrivé de « ne plus aimer », car j'avais constaté que l'orientation avait changé, ou se révélait avec le temps contestable.

A certaines périodes, le compte de cette Farah AZ ne contient rien de répréhensible : dénonciation des jihadistes, de la politique saoudienne, des turpitudes du pouvoir algérien, et cela peut faire illusion.

Il est évident que pour ma part, je n'aurais pas partagé un tel message sans le lire jusqu'au bout. Je ne le fais que pour ceux d'auteurs dont je suis sûr à 100 %, et ils sont rares.

Même s'il est évident que la création d'un État juif en Palestine a été en partie motivée par le souvenir du génocide nazi, que la mémoire de ce dernier est souvent instrumentalisée par la propagande israélienne, je me serais méfié avant de partager ce message.

Mais je sais aussi que de nombreux partages sur Facebook, de nombreux retweets sont faits dans la précipitation et de manière irréfléchie.

Pour la défense des deux militants poursuivis, j'ajouterai simplement trois choses :

    ils ont agi dans la précipitation, bien excusable vu le contexte de l'époque : la guerre israélienne contre Gaza, avec la complicité de la « communauté internationale »

    dès qu'ils se sont rendus compte de leur c..., ils l'ont corrigée et se sont publiquement désolidarisés du contenu de ce message.

    Cette c.. méritait une sévère engueulade entre militants, mais pas plus.

Si la plainte avait été mieux rédigée, le tribunal aurait dû notamment se prononcer sur la responsabilité de celui qui partage un contenu Facebook éventuellement condamnable sans l'avoir forcément lu. Et s'il y avait responsabilité, il fallait en plus déterminer si les délires complotistes mis en ligne par Farah AZ relevaient de l'incitation à la haine raciale ou de la négation de crimes contre l'humanité.

Les défenseurs du principe de cette plainte, interpellés sur leur convergence de fait avec les très controversés BNVCA et Gilles-William Goldnadel répondent parfois qu'avec ce genre d'argument, on pourrait également leur reprocher d'avoir été parties civiles au procès Papon.

Cette réponse est fallacieuse, car il y avait beaucoup de parties civiles à ce procès : familles de victimes, associations d'anciens déportés, associations communautaires juives, mais ni Sammy Ghozlan, ni Gilles-William Goldnadel.

Parties civiles au procès Papon.

1 Je précise que j'ai consulté cette page Facebook de Farah AZ le 31 juillet 2015, et que j'ai fait des copies d'écran.

2 http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/tsahalothon

3 http://nicokubel.blogspot.fr/2012/09/propagande.html

4 Apportez (votre) soutien aux troupes.

5 https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_d%C3%A9fense_d'Isra%C3%ABl

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 12:22

Quelques différences entre débat public (DP) et convention de citoyens(CdC)

 
  • e DP est la seule procédure « participative » régie par la loi (2002) et donc assez bien codifiée. Sa gestion dépend de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) qui crée des commissions particulières (CPDP) pour chaque thème mis en débat. Nous avons réalisé un travail d’élaboration pour qu’il en soit de même des CdC (projet de loi ) et dépasser la confusion actuelle dans les pratiques internationales, confusion propice autant à l’incompréhension de la procédure par le public qu’à sa négligence par les élus
  • Les thèmes soumis au DP sont très nombreux ( des dizaines chaque année ) car ils portent sur des projets essentiellement locaux (surtout urbanisation). Au contraire la CdC est surtout destinée à traiter des problèmes globaux concernant l’humanité (PGM, nanos, nucléaire, bioéthique,…). Mais récemment le DP prétend aussi traiter de thèmes qui concernent –l’ensemble de l’espèce (par exemple le diffusion des nanoproduits)
  • Le DP est alimenté par des cahiers d’acteurs (produits par des « institutionnels représentatifs »), des cahiers d’experts (produits à l’invitation de la CNDP ou des CPDP), des contributions écrites + des « questions/réponses »+ des « avis » de personnes ou associations, le tout consultable en ligne, et finalement des réunions publiques . La CDC comprend aussi des cahiers d’acteurs et l’intervention d’experts mais ces éléments d’information sont dosés par le comité de pilotage de telle façon qu’une option particulière ne soit pas favorisée et que les diverses positions connues trouvent place auprès du panel de citoyens . Ce résultat est recherché par le consensus sur le programme d’information proposé aux citoyens, consensus obtenu malgré la pluralité délibérée du comité de pilotage.
  • Le DP cherche à mobiliser toute la population concernée alors que la CdC s’adresse à un petit groupe de citoyens tirés au sort et non spécifiquement concernés par l’objet du débat. En réalité la proportion de personnes intervenant aux divers niveaux du DP reste infime par rapport à la population concernée (voir les bilans des DP sur le site CNDP qui annoncent le plus souvent environ 1000 « participants » dont beaucoup ne font que demander l’heure de la réunion ou s’étonnent de n’avoir pas reçu la doc…)
  • Un bilan du DP est dressé par un rédacteur nommé par la CNDP. Dans la CdC ce sont les citoyens eux-mêmes qui rédigent ce bilan. La nuance est importante car bien des positions exprimées lors du DP n’apparaissent pas dans le rapport.
  • Le bilan du DP se veut neutre et n’est donc pas un avis. Au contraire les citoyens des CdC expriment des avis, y compris leurs dissensus.
  • Le déroulement du DP est l’occasion d’actions multiples de lobbying , ce qui n’est pas possible dans la CdC où l’anonymat des « jurés » est préservé
  • Le DP est un lieu de confrontation entre des partisans de solutions différentes et souvent opposées alors que la CdC permet des échanges et la concertation entre des personnes de bonne volonté qui n’ont pas d’intérêt propre pour le choix d’une solution particulière parmi celles proposées par les experts et porteurs d’intérêts
  • Les résultats de toute procédure « participative » (DP ou CdC) sont disponibles pour une aide à la décision des élus. Il est évidemment facile pour les décideurs d’ « oublier » les points qui ne leur conviennent pas dans un rapport lui même déjà subjectif puisque rédigé par un rédacteur qui s’efforce de « ne pas prendre position »; dans la CdC, tous les avis, lesquels sont clairement émis par les citoyens, devraient être débattues par les élus selon notre proposition
  • Les avis issus d’une CdC constituent une référence unique pour permettre / orienter les choix de l’ensemble de la population (tous ceux qui n’ont pas participé à la procédure) car ils émanent de citoyens dûment éclairés et sans conflits d’intérêts . Le bilan peu explicite (pas de propositions claires) et non rationnel (quel poids pour chaque option exprimée ?) du DP résulte d’un rapport de force surtout entre des parties prenantes et n’a que peu de valeur pédagogique parce que sa crédibilité n’est pas évidente pour les personnes extérieures.

Quel choix entre DP ou CdC ?

La vocation de la FSC est de mettre la technoscience en démocratie, ce qui nous amène à privilégier les procédures qui réduisent le poids décisionnel des experts autant que les pressions de lobbies, et se concluent par des propositions claires, rédigées et portées par les citoyens eux-mêmes

La participation ne se réduit pas à l’information sauf à continuer de considérer le citoyen comme un spectateur: il ne suffit pas que le public participe à la procédure pour prétendre qu’il choisit son avenir alors qu’il n’a pas réellement participé à la décision. L’argument d’une mobilisation du public grâce au DP ne tient pas davantage puisque seulement quelques % (en comptant très large…) contribuent aux DP. Même pour les DP exceptionnels concernant des thématiques globales comme celui sur les déchets nucléaires, la CPDP n’aurait mobilisé que 3000 participants (pour un coût de 2,5 millions soit plus de 10 fois celui d’une CdC..). De plus ces participants sont d’abord des porteurs d’intérêts car contrairement aux citoyens « ordinaires » qui garantissent l’impartialité de la CdC, les acteurs du DP sont surtout des groupes identifiables (industriels, associations, gestionnaires), et des « personnes concernées » tels les riverains . Ces personnes concernées sont exclues du panel de la CdC par souci d’approcher l’intérêt commun (mais les groupes identifiables peuvent y intervenir comme experts, ce qui est légitime et nécessaire). En effet l’intérêt commun n’est pas la moyenne des intérêts particuliers capables de se faire entendre.

Alors que choisir ? Bien sûr ces procédures ne s’opposent pas mais elles ont des vocations différentes (il existe d’ailleurs bien d’autres procédures possibles : jury citoyen, sondage délibératif, atelier scénario,…voir Y Sintomer : Le pouvoir au peuple, La Découverte, 2007) L’intérêt principal du DP est la possibilité d’expression offerte à tous (mais c’est déjà ce que permet le processus électoral, lequel est justement surtout efficace pour les enjeux locaux que traite le DP...). L’intérêt de la CdC est dans sa capacité à proposer les solutions qui conviennent le mieux au bien commun (sur des enjeux plus anthropologiques que locaux) et elle constitue la procédure la plus propice pour cela. Cette dernière affirmation n’est pas gratuite : il n’y a pas équivalence de toute les propositions qui prétendent assurer la « participation » et le DP, pour lequel il faut saluer les efforts de définition procédurale par la CNDP, ne peut pas être amélioré dans sa qualité démocratique(seul le respect de son bilan par les élus pourrait l’être comme cela devrait arriver pour d’autres procédures dont la CdC). Par exemple l’auteur de l’initiative ne devrait pas être aussi son organisateur et en plus son pilote, toutes fonctions cumulés par la CNDP mais séparées dans la CdC qui recherche l’objectivité par une cascade de responsabilités (organisateur/ comité d’organisation/ comité de pilotage/ panel de citoyens).

Il n’est pas question d’organiser des CdC pour savoir où faire passer l’autoroute ou si on construit un pont sur la rivière ...Là le DP a certainement sa place pourvu qu’il ne soit pas l’occasion de manipulations, ce qui paraît difficile à éviter quand les enjeux sont importants. Mais les CdC sont incomparables quand il s’agit de décider de choix de société car le tirage au sort est un retour aux sources de la démocratie, laquelle est renforcée par l’exigence de pluralité des « expertises » délivrées et discutées.

La FSC défend le tiers secteur de la recherche parce que nous croyons aux capacités de jugement , de proposition, et d’équité des citoyens de base organisés en associations d’intérêt public. La CdC propose un 4° partenaire pour l’élaboration de la norme : outre les experts, les politiques et la société civile organisée (associations) elle donne toute sa place aux citoyens « ordinaires » (mais acceptant cette tâche d’intérêt collectif).

C’est pourquoi la convention de citoyens, telle que définie dans son protocole et ses prérogatives par la FSC, est un outil privilégié pour défendre l’utopie qui nous anime et vise à ce que la population intervienne dans les priorités de recherche et se saisisse du meilleur seulement des productions de la technoscienc

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 09:38

Saint-Pons-de-Thomières: les insurgés permanents de la Cigale

 

Dans une commune de l’Hérault en voie de désertification, des contestataires sexagénaires se sont retrouvés dans le collimateur du pouvoir, jusqu’à subir une descente de police.

A quatre mois de l’élection présidentielle, Libération est parti visiter des villages, qui tous racontent une histoire française.

D’ordinaire, on ne s’arrête pas ici. A moins d’être un pèlerin sur la route de Compostelle, un chercheur de champignons ou un fidèle de la fête de la châtaigne. Saint-Pons-de-Thomières, à la frontière du Tarn et de l’Hérault, au pied de la montagne Noire, recèle pourtant deux curiosités qui valent le détour : sa cathédrale au chœur inversé et… son bureau de tabac. Derrière cette banale devanture verte - dans une rue où les camions défilent à vive allure - se cache un véritable capharnaüm : des ouvrages régionalistes, communistes et anarchistes, une étagère de produits palestiniens, des malabars, des bibelots en pagaille, des bonbons, des jeux à gratter, quelques journaux et des cigarettes (parce qu’il faut bien justifier l’enseigne).

Au comptoir, juste à côté du drapeau «Non à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes», le maître des lieux : Pierre Blondeau, 63 ans, buraliste révolté. Après dix-neuf ans dans l’armée à Strasbourg et des prolongations en tant que cadre dans la sécurité, il s’est installé dans ce village d’environ 2 000 âmes en 1999. «Je voulais changer de vie et je me suis mis dans la tête d’ouvrir une épicerie de campagne», raconte-t-il. Ce sera finalement un tabac, dans les Hauts cantons, non loin de sa fille et de ses petits enfants. L’affaire se conclut un 1er avril. «Le début de la farce», plaisante-t-il. Si Pierre Blondeau a gardé le nom historique du commerce - la Cigale - il lui a donné quelques nouvelles attributions : ici, c’est aussi la section locale d’Attac, du Secours populaire, de Boycott Désinvestissement Sanction [BDS, un mouvement qui lutte contre la colonisation israélienne, ndlr], de la Ligue des droits de l’Homme, de Nuit debout… Bref, la caverne de toutes les causes.

«Commando poubelle»

Ce jour pluvieux de décembre, dans l’arrière-boutique tapissée d’affiches du Che, toute la bande - des sexagénaires pour les plus jeunes - est là : Hervé, Guy, Jean dit «le Suisse», Maxime dit «Maax», Marcel et Augustin dit «Tintin». Tandis que ce dernier mitonne une daube de sanglier, les autres boivent les premiers canons. La tablée s’anime. Souvenirs d’anciens combattants, fausses engueulades et calembours.

Leur amitié est née en 2002, lors de manifestations contre l’implantation d’une décharge de Sita-Suez aux portes de Saint-Pons. «Le Suisse», toque de fourrure à la Davy Crockett sur sa longue crinière grise, sort les photos du rassemblement. Puis, il montre en riant celle du «commando poubelle»«Pierrot cagoulé» et lui, «déguisé en Madame Sarfati», vident nuitamment une benne à ordures. Action coup-de-poing en faveur du tri ! Il y aura ensuite les manifestations contre le gaz de schiste, les éoliennes industrielles, la cyperméthrine [substance active de produit phytosanitaire, ndlr], la privatisation de la Poste, la loi travail, etc. Ensemble, ils accrocheront des casseroles et une pancarte «Plumes et goudron pour les cons» sur une permanence socialiste, planteront des salades dans les plates-bandes de la mairie (en guise d’incitation à créer un jardin partagé) et déploieront à maintes reprises l’étendard «Grève générale» sur le rond-point de Saint-Pons. «Toutes les galères, on y est», résume «le Suisse».

 

Photo David Richard

Casinos de France

A la Cigale, on n’attend pas le grand soir. Eté comme hiver, souffle une bise libertaire. Tous sont des «néoruraux», arrivés dans le village par le hasard de la vie. Marcel, proviseur retraité, est originaire de Dunkerque ; Tintin vient d’Espagne et a travaillé dans le bâtiment ; Jean, ancien chauffeur de bus, a quitté Genève sur un coup de gueule ; Maax, amoureux de Brassens, Brel et Ferré, compose la bande originale de leurs luttes depuis qu’il est arrivé des Bouches-du-Rhône. Certains ont vu les filatures et bonneteries qui faisaient l’attrait du village disparaître peu à peu au début des années 80. Le maréchal-ferrant, les menuisiers et autres artisans ont aussi plié boutique. Aujourd’hui, la plupart des devantures de la rue principale sont fermées. On ne va plus acheter sa viande chez le boucher - qui n’est plus qu’un souvenir - mais à l’Intermarché. Les plus jeunes, peu enclins à se frotter à un taux de chômage de 23 %, quittent le village. «La forêt gagne du terrain et la vallée tombe en friche parce qu’il n’y a plus d’agriculteurs», déplore Marcel.

Les irréductibles villageois de Saint-Pons, eux, n’abandonnent pas. En 2004, Pierre a pris sa carte au parti communiste et créé la «cellule Jacques Roux», du nom de ce «curé rouge» durant la Révolution. Avec une faucille et un marteau comme logo, quelques devises de Mai 68 en exergue, il lance la Commune, «feuillet d’opinion du piémont héraultais prolétarien». Les 500 exemplaires bimestriels sont mis en page par Marcel, le proviseur qui ne laisse pas passer «les phrases mal bâties», et distribués par l’infatigable Tintin. Le buraliste y dénonce les «turpitudes des élus» et autres «cagades qui compromettent l’avenir de [son] païs». Sa cible préférée reste Kléber Mesquida, maire socialiste de Saint-Pons de 1995 à 2012. Mais les élus nationaux ne sont pas épargnés qu’il s’agisse du «programme réactionnaire de François Fillon», de «Valls, le nervi» ou de «Hollande l’incompétent».

Néanmoins, Pierre Blondeau a toujours la politesse de leur envoyer une copie quand ils sont cités. Derrière le comptoir, «le Suisse» - qui a troqué son chapeau contre un bandeau d’Indien - profite de quelques minutes d’absence du patron pour gratter méthodiquement tous les «Solitaires» de la vitrine. «C’est diabolique», dit-il, selon son expression fétiche. Ça lui rappelle les années 80, quand il écumait tous les casinos de France, et cette fameuse nuit où il a emporté le pactole trois fois d’affilée. Aujourd’hui, 6 euros, pas de quoi flamber. Quelques habitués viennent acheter une bière, des cigarettes ou repartent déçus parce qu’il n’y a plus de mots fléchés.

Lorsqu’on parle de la «bande de la Cigale» à Georges Cèbe, le maire DVG de Saint-Pons, il sourit : «Ils représentent ce petit aiguillon qui permet de prendre conscience des choses. Aujourd’hui la politique est menée par des bureaucrates et on oublie d’écouter les anciens.» Il nuance tout de même : «Bon, des fois, il ne faut pas juste mettre le casque et foncer.» Pierre Blondeau reconnaît lui-même qu’il est un «écorché vif», allergique à l’injustice sans doute à cause «de son enfance, quand [il] était bègue». Alors, sa vie, c’est un peu «marche ou crève». Et sa devise pourrait tenir en ces mots de Georges Séguy, résistant et syndicaliste, qu’il cite dans le prochain numéro de la Commune : «Il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager.»

Les ennuis sont arrivés en 2009 lorsque le président Nicolas Sarkozy et d’autres élus UMP ont reçu des lettres de menaces accompagnées de balles. A l’époque, le mystérieux corbeau signe «cellule 34» et poste ses missives depuis l’Hérault. On devine aisément la suite… D’autant qu’un an plus tôt, le «groupe de Tarnac», présenté comme proche de l’ultragauche, a été arrêté en Corrèze. Il se réunissait dans une épicerie générale… Alors la Cigale, «foyer de subversion» ? La police antiterroriste prend l’affaire au sérieux. Le 3 septembre 2009, aux aurores, quelque 150 policiers débarquent dans le village. «J’étais à poil, je n’ai même pas eu le temps d’enfiler un slip qu’ils avaient défoncé la porte», se souvient «le Suisse». Il repart menottes aux poignets, tout comme le reste de la bande, jusqu’à Montpellier pour être interrogé. «Mon voisin de cellule m’a dit : ils ont raflé la maison de retraite !», ironise Pierre Blondeau. Pourtant, impossible de faire entendre aux enquêteurs qu’ils se trompent de «cellule». «Ils cherchaient à le faire plonger», renchérit Marcel. Faute de preuve, les policiers tentent de pincer le corbeau par la plume et demandent à Pierre Blondeau de recopier la fable «Le Corbeau et le Renard». Un expert trouve même que ça colle. Il restera plusieurs jours en garde à vue avant d’être relâché. Il faudra attendre qu’un habitant d’un village voisin, invalide et malade, avoue être l’auteur des lettres, pour que tous les suspects soient définitivement blanchis.

 

 

Pas rancuniers

Depuis, les insurgés de la Cigale, pas rancuniers, célèbrent chaque 3 septembre, la «fête du poulet». Si l’épisode n’a pas entamé leurs rires ou leur détermination, il a tout de même causé des dégâts. Les deux filles du «Suisse» ne lui parlent plus. Et après trente-cinq ans de mariage, l’épouse de Pierre est partie «même s’il y avait déjà de l’eau dans le gaz». Alors le combat, c’est toute sa vie. Pour la campagne présidentielle, il a rejoint La France insoumise, pas «tant pour Mélenchon que pour ses idées». D’ailleurs, il se présentera comme candidat aux législatives dans la 5e circonscription de l’Hérault. Jusqu’à présent, les urnes ne lui ont pas été favorables. En 2014, lors des municipales, sa liste «L’humain d’abord», n’a remporté aucun siège.

«J’en ai rien à foutre de devenir député, je veux juste qu’il n’y ait pas de désistement au second tour», dit-il lors d’un déjeuner dans la cabane de Chantal et Jean-Michel, eux aussi engagés au sein de La France insoumise. Dans ce paradis perdu dans la montagne - construit par Chantal en quatre-vingts jours, tout en sapin et châtaignier - le poêle fume et le chat ronronne. Pierre Blondeau contemple la vallée recouverte d’un liseré de brouillard et refuse d’imaginer des éoliennes industrielles : «Il faut défendre ce pays des spéculateurs, ils se permettraient tout si une bande de furieux n’était pas là.» En attendant leur prochaine action, les «furieux» de Saint-Pons seront les vedettes du documentaire la Cigale, le Corbeau et les Poulets (réalisé par Olivier Azam), en salle le 18 janvier.

Julie Brafman

 

Note de l'administration du blog sur un autre Héraultais en chemin  de Vagabondage(d'un faucheur volontaire -)Jean Baptiste Libouban
    Initiateur du mouvement des Faucheurs Volontaires, qui organise la lutte de la société civile contre la dissémination incontrôlée et irréversible des OGM. 
     
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