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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 08:04

La prison pour défendre les forêts tropicales en Malaisie ?

Chers ami(e)s de la forêt tropicale,

Les entreprises forestières défrichent tout ce qui est possible dans l’État du Sarawak en Malaisie. De merveilleuses forêts tropicales sont détruites à cause de l’avidité et de la soif de profit. Des politiciens corrompus ont fait fortune en bradant les ressources naturelles du pays.

La journaliste Clare Rewcastle-Brown informe depuis plusieurs années sur la destruction des forêts tropicales en Malaisie sur le site d’information Sarawak Report. Elle est aujourd’hui poursuivie par les autorités du pays qui ont lancé un mandat d’arrêt international à son encontre. Cette affaire montre l'acharnement du gouvernement malaisien à faire taire les critiques.

Ce sont les politiciens corrompus et non les défenseurs de la nature qui devraient craindre la prison ! Écrivons au gouvernement malaisien :


PÉTITION

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 10:12

Secret des Affaires: Rémy Pflimlin plaide pour un retrait de la directive

#tradesecrets Elise LUCET France 21 août 2015 —

Chers signataires,

Malgré l'été, notre combat continue contre la directive secret des affaires qui remet en cause le droit d'informer et d'être informé. Constance Le Grip, rapporteuse du texte auprès du parlement européen, a été reçue par Rémy Pflimlin, alors PDG de France Télévisions. Rémy PFLIMLIN a insisté sur le fait que les grands groupes de presse ne résisteraient pas aux risques de paiement d'importants dommages et intérêts. Il a fait état des pressions régulières dont il était déjà la cible au cours de son mandat à la tête de France Télévisions. Constance Le Grip a dit entendre ses inquiétudes concernant le projet de directive européenne secret des affaires et que ces inquiétudes s'étendaient bien au delà du seul cercle des journalistes d'investigation. Alors que le processus législatif est toujours en cours à Bruxelles, elle s'est engagée à réfléchir à une évolution du texte et a affirmé qu'elle prendrait le temps nécessaire pour une consultation plus vaste, mais elle ne semble pas envisager son abandon. Pourtant les enjeux sont colossaux, l'information libre et indépendante des citoyens, gage d'une société démocratique, déjà bien mise à mal ces derniers temps, est en péril avec le vote d'un tel texte. Les engagements de Constance Le Grip restent donc bien insuffisants face au danger d'une arme de dissuasion pour la diffusion de l'information. Il faut maintenir la pression sur les personnes en charge du vote de ce texte pour arrêter le processus législatif, nous bons besoin de vous! Voici les emails des 4 représentants de la commission qui ont voté en faveur du texte. C'est eux qu'il faut convaincre. Pourriez vous prendre quelques minutes pour leur envoyer un email ? Voici le texte que vous pourriez leur envoyer (n'hésitez pas à signer et personnaliser le texte) : "J'ai signé la pétition lancée par Elise Lucet concernant le secret des affaires (www.change.org/secretdesaffaires) et j'ai appris que vous aviez voté en sa faveur, alors que ce texte remet en question la liberté d'informer des journaliste et le droit à l'information des citoyens. En tant que citoyen européen que vous devez représenter, je vous demande de rejeter ce texte. Ne laissez pas les entreprises dicter l'info !" Voici les adresses email : LE GRIP Constance constance.legrip@europarl.europa.eu (France) COFFERATI Sergio Gaetano sergio.cofferati@europarl.europa.eu (Italie) DZHAMBAZKI Angel angel.dzhambazki@europarl.europa.eu (Bulgarie) CAVADA Jean-Marie jean-marie.cavada@europarl.europa.eu (France) Une rencontre avec des sources et des lanceurs d'alerte est prévue à la rentrée avec Constance Le Grip, espérons que les témoignages sur la précarité de leurs situations, et la projection d'une précarité encore plus forte demain si le texte était adopté, lui fera comprendre à qu'il est indispensable d'y renoncer. Merci à tous pour votre action.

Elise Lucet

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:15

L'administration du blog invite à cliquer sur our homepage,pour rappeler l’existence de l'Initiative Citoyenne Européenne Auto-organisée Stop TTIP & CETA,

A propos de l’Union européenne….

C’est avec plaisir que je publie cette analyse de Frédéric Viale, compagnon de multiples luttes communes.

Pour une nouvelle stratégie d’Attac

Contribution de Frédéric VIALE

Juillet-2015 : l’imposition à la Grèce de la continuation d’une politique austéritaire dont elle ne voulait pas par les membres de l’eurogroupe est une leçon de choses politique, et il est bon que Attac, membre du mouvement social, sache en tirer les conséquences. L’action, les objectifs, le discours même de l’association doivent tenir compte de la réalité qui s’impose à elle. C’est bien le fondement de notre vivre-ensemble, la démocratie, qui est massivement attaqué. Cela n’est pas nouveau mais apparaît désormais de manière si éclatante que nous ne pouvons pas continuer comme s’il ne s’était rien passé.

La « crise grecque » n’est pas une crise, et elle n’est pas grecque.

La crise de juillet 2015 n’est pas une crise, car elle ne constitue en rien une rupture. Simplement, les évènements de juillet de cette année montre l’Union européenne telle qu’elle est vraiment : une machine à punir, anti-démocratique, conçue pour empêcher toute avancée progressiste, quelque soit la volonté des peuples. Il est clair désormais que l’Union européenne sert certains intérêts limités, contre les populations, véritables ennemis de l’intérieur à qui il s’agit d’interdire toute perspective de changement, même modeste.

Cette crise n’est pas grecque, car tous les peuples sont concernés : les demandes portées par Syriza s’inscrivaient dans le lexique modéré du keynésianisme. L’idée qu’il n’est pas raisonnable d’écraser un pays sous des politiques d’austérité si on veut véritablement qu’il s’en sorte est partagée même par les moins révolutionnaires. D’ailleurs, c’est cette idée qui a permis à l’Allemagne d’obtenir un certain aménagement à sa dette impayable en 1952. Avec l’accord imposé par l’eurogroupe en juillet, il n’est pas question de porter remède aux difficultés grecques, mais d’écraser un gouvernement de gauche, certes un peu progressiste mais beaucoup trop pour les autres qui ne le sont pas du tout. Ce qui s’est passé en juillet est un avertissement politique adressé aux peuples par les gouvernements conservateurs et sociaux-démocrates : il n’y a pas d’alternative. Et l’Union européenne est le moyen de parvenir à imposer cette idée.

Plusieurs conséquences à ce constat : l’Union européenne est le problème, pas la solution ; il n’y a pas d’espace politique européen ; en conséquence, certaines de nos mobilisations doivent être repensées.

L’Union européenne est le problème, pas la solution.

On s’étonnera peut être de l’utilisation du démonstratif le. Elle est faite à dessin. L’Union européenne n’est pas un problème parmi d’autres, il est celui qui surplombe tous les autres et dans lequel il nous faut trancher.

L’idée généralement partagée à Attac est qu’il faut en finir avec les politiques austéritaires qui sont des instruments d’inégalité sociale, économiquement inefficaces et qui perpétuent un vieux monde qui détruit la planète. Cette idée demeure parfaitement actuelle. Mais désormais, la démonstration est faite : rien ne sera possible si nous ne parvenons pas à venir à bout de la machine à punir qui empêche toute alternative concrète. Et cette machine à punir, c’est l’Union européenne.

Les gouvernements ont un rôle crucial et moteur, et celui qui se révèle le plus puissant aujourd’hui est le gouvernement allemand, aidé par la complicité du gouvernement français. Toutefois, rien n’aurait été possible sans l’existence d’une structure informelle, l’eurogroupe, constituée au sein de l’Union pour imposer l’écrasement d’un peuple dissident, le peuple grec. Les instruments de la politique monétaire, mais aussi de la politique budgétaire, se trouvent désormais hors de portée des peuples qui peuvent voter dans un sens ou dans un autre sans que cela n’ai plus la moindre conséquence.

Juillet 2015 ne fait que confirmer ce que nous savons déjà : l’Union européenne est une machine à dumping social (détachement des travailleurs salariés, concurrence salariale etc.), une machine à dérégulation (marché aérien, postal, de l’énergie, ferroviaire, etc.), une machine à privatisation (La Poste). Elle s’est dotée des instruments juridiques adéquats pour imposer une politique économique, le néo-libéralisme. Juillet 2015 montre que les élections ne servent plus à rien, mais nous avons pu le constater depuis 2007, depuis que par trois fois trois peuples aient refusé le TCE pour qu’il soit finalement adopté deux ans après, sous une autre dénomination.

L’UE est, consubstantiellement, un instrument néo-libéral et n’est pas réformable : c’est une zone de libre-échange, pensée comme telle, productrice de dumping entre des entités aux législations très différentes, et donc l’objectif est bien, comme toutes les zones couvertes par un traité de libre-échange, de niveler les normes sociales, fiscales et environnementales sur le standard le plus bas. D’ailleurs, une très grande partie des délocalisations s’effectuent à l’intérieur de l’UE, notamment vers les pays de l’ex bloc de l’Est, aux salaires très faibles (exemples de Peugeot et Renault). La gauche radicale appelle à lutter contre les traités de libre-échange, comme le TAFTA et le CETA, or, les traités instituant l’UE sont les traités de libre-échange les plus destructeurs. Ils doivent donc à ce titre être combattus de façon aussi virulente que le TAFTA et le CETA.

Aucun domaine, véritablement aucun, n’échappe au surplomb des politiques européennes : monnaie, budget, mais aussi fiscalité, environnement, climat, questions sociales, politiques commerciales. Or ces politiques, juillet 2015 montre qu’il n’est plus raisonnable de parier qu’elles pourront être réorientées dans le cadre institutionnel existant. C’est en fonction de ce point de vue qu’il est possible de dire que désormais la question du carcan européen devient première : écarter ce carcan, si possible le détruire devient le premier combat à mener, au moins celui qui précède tous les autres, afin que les autres puissent connaître une chance d’être gagnés.

Il n’y a pas d’espace politique européen

Nous, mouvements sociaux, avons vécu avec cette idée qu’il était possible de créer ou d’élargir (selon le degré d’optimisme de chacun) un espace politique européen qui transcenderait l’espace des nations, peu adapté aux problèmes globaux auxquels nous avons l’ambition de nous attaquer.

Créer un espace politique européen était l’idée du Forum social européen. Elle était excellente, c’est un échec. Depuis Istanbul (2010), aucun forum n’a pas se réunir et ce ne sont pas les quelques tentatives de réunions autour des questions sociales en Europe qui peuvent prétendre avoir relevé cet échec. Il ne s’agit pas ici d’analyser en détail ce constat, mais de le faire : oui, le mouvement social est faible en Europe, il n’a pas permis l’émergence des forces capables d’éviter aux gouvernements conservateurs et libéraux d’imposer leur ordo-libéralisme mortifère.

Mais si le mouvement social est faible, il l’est au niveau européen. Au niveau de chaque pays, il en va différemment : l’Espagne a connu un mouvement fort, la Grèce un gouvernement à gauche porté par le mouvement social. La France a également connu des moments intenses, (referendum de 2005), des campagnes importantes, mais globalement, les mouvements sociaux ne sont pas parvenus à faire émerger une force susceptible de renverser la vapeur en Europe. Il ne faut pas s’en étonner : les mobilisations se font concrètement dans la langue de ceux et celles que l’on espère convaincre de lutter à nos côtés, dans le cadre de référence historique, politique et social que nous avons en commun. Seule une infime catégorie de militants peut passer d’une langue à l’autre, d’un cadre à un autre : ils n’ont pas jusqu’ici fait la différence, inutile de se bercer de l’illusion qu’ils la feront un jour.

Cela s’explique simplement : les institutions européennes ne laissent aucun espace politique. Comme le dit très justement Junker : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

Juillet 2015 et la gestion de la crise financière depuis 2008 ayant prouvé qu’elle était non réformable de l’intérieur, le choix de la rupture avec l’UE s’impose donc comme une évidence pour tous les mouvements portant un projet de rupture économique et sociale et de politique alternative de gauche. C’est un postulat de raison, basé sur l’expérience et l’observation. Défendre la maintien dans l’UE tient à l’inverse du choix dogmatique et idéologique (l’UE comme dépassement des nationalismes honnis). Nous sommes contraints de dépasser nos propres dogmes.

Revoir notre rôle, nos actes, nos discours

Dans les circonstances actuelles, le livre d’Attac et de Copernic « Que faire de l’Europe? » ne peut plus servir de référence, en tous les cas pas sur le plan de l’action stratégique. Rappelons les mots sur lesquels il se termine et qui fondent un programme : « la refondation de l’Europe passera par trois processus interdépendants mais pouvant survenir dans des temporalités différentes : l’irruption d’insurrections civiques dans plusieurs pays, le développement à grande échelle des pratiques alternatives de production, de vie et d’action politique, et l’arrivée au pouvoir de majorités porteuses de ces initiatives solidaires, démocratiques et écologiques… » Mesurons l’irréalisme de ces prérequis qui découragent toute perspectives de mobilisations, d’autant que nous connaissons désormais la dureté, le dogmatisme des gouvernements en place qui, jamais, n’accepteront « le développement à grande échelle des pratiques de production, de vie et d’action politique » et qui usent sans vergogne des institutions de l’Union européenne pour s’assurer que les « majorités porteuses de ces initiatives solidaires, démocratiques et écologiques » ne puissent rien obtenir.

Le dogme selon lequel « cette bataille ne peut être le fait d’un seul pays ni d’un seul peuple » doit désormais être oublié. Si le mouvement social dont nous sommes une composante essentielle a une utilité, ce sera de prendre ses responsabilités ici et maintenant : les gouvernements et les institutions de l’Union européenne nous l’ont rappelé durement, eux ne rigolent pas. Ils ne céderont rien, jamais. Et en tous les cas pas spontanément. Il nous appartient d’agir là où nous le pouvons effectivement desserrer d’étau, l’objectif étant de le faire tomber. Et cet étau ne tombera pas par une hypothétique mobilisation européenne, de toute façon insuffisante vue la non-démocratie de l’Union. Elle découlera des ruptures réelles, sérieuses dont notre action, nos campagnes, porteront au premier plan.

Notre responsabilité est énorme : puisqu’il est établi désormais que les institutions de l’Union ne connaissent pas la démocratie, puisque les gouvernements ne la connaissent pas davantage, nous devons rompre avec ce jeu infernal où les perdants sont les naïfs qui, à l’instar du gouvernement grec, croient qu’il suffit d’un vote même massif, même de tout un peuple pour changer les politiques d’austérités hégémoniques dans le cadre de l’Union. Il faut beaucoup plus que cela : il faut des ruptures avec l’UE, et il faut aussi assumer l’idée que nous serions prêts à assumer les conséquences, même ultimes, de notre détermination comme peuple. Le gouvernement grec est parti désarmé aux négociations en s’interdisant à l’avance de sortir de la zone euro, en ne pensant aucun plan B. Il a été humilié et avec lui, tout un peuple. Il nous appartient donc, comme mouvement social, à défendre dans l’opinion que nous devrions assumer une sortie d’institutions anti-démocratiques et mortifères – mais d’assumer réellement les conséquences de ces ruptures, sans se masquer derrière des prérequis tels que ceux formulés dans le livre d’Attac et Copernic qui renvoient les mobilisations aux générations qui naîtront après 2150 dans le meilleur des cas.

L’internationalisme reste de mise, la solidarité des mobilisations avec d’autres peuples doit se poursuivre, mais nous ne devons pas nous masquer derrière cette nécessaire solidarité internationale pour éluder notre responsabilité dans le cadre militant où nous existons réellement. Notre responsabilité est d’autant plus grande que nous voyons partout monter des forces violentes, d’extrême-droite : elles ont la partie facile, il leur suffit d’occuper le terrain que les forces démocratiques leur laissent. Elles donnent, ces forces d’extrême-droite, l’impression qu’elles seraient capables de renverser la table, de rompre avec l’insupportable et gagnent du terrain par des discours d’exclusion. Nous avons aussi la responsabilité de ne pas laisser sans réponses les angoisses qui naissent des dénis de démocratie systématiques dont Juillet 2015 constitue un exemple frappant, sans quoi l’extrême-droite finirait pas conquérir le pouvoir

Propositions :

1- Axer notre discours sur la démocratie : elle n’existe plus, il s’agit de la refonder, l’Union européenne n’est pas démocratique (ni d’ailleurs nos institutions).

2- L’Union européenne est le noeud gordien : aucune avancée ne peut se faire dans le cadre qu’elle impose.

3- Le mouvement social doit prendre ses responsabilités et dire comment et de quelle manière rompre effectivement avec les politiques et les institutions ordo-libérales.

En somme, il s’agit de tracer un signe d’égalité entre démocratie et reconquête de la souveraineté populaire. Ce sont les peuples qui sont bafoués, nous avons la responsabilité de redonner des perspectives de luttes. Notre internationalisme ne doit pas être l’excuse de notre refus d’agir et de notre impuissance.

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 09:06

Espagne : la loi 1984

jeudi 13 août 2015, par Argelaga

Le 1er juillet 2015, moment de l’entrée en vigueur de la « ley mordaza » (la « loi bâillon ») et de la dernière réforme du Code pénal, la monarchie espagnole s’est transformée en un État policier, achevant ainsi une étape de populisme punitif qui démarra dans la décennie des années 1990 avec la « ley de la patada en la puerta » et le Code pénal « de la démocratie » en vigueur depuis 1995 : le plus dur en Europe et digne héritier du code franquiste. Ce qui avait été jusqu’à aujourd’hui un État de partitocratie caractérisé par un autoritarisme rampant émanant d’un « pouvoir » législatif qui peu à peu foulait aux pieds les droits et supprimait les libertés, avec la complicité d’un « pouvoir » judiciaire dépendant des partis, est dorénavant un État d’exception déclaré grâce à un système juridique fait à la mesure de l’appareil répressif. La différence n’est pas mince : jusqu’à avant-hier, la partitocratie s’appuyait principalement sur le conformisme des masses ; maintenant, elle le fait avant tout sur « les forces et les corps de sécurité ». Cela veut dire que les problèmes politiques sont de plus en plus considérés comme des problèmes de sécurité, c’est-à-dire des problèmes d’ordre public, que cela soit l’irruption incontrôlable de la question sociale ou l’affaiblissement irrépressible du régime devant les conséquences de la sortie de la Grèce de la zone euro. Il y a au minimum une part significative de la classe dominante qui est prise de panique devant le danger que comporte le développement des conflits sociaux dans les grandes villes et sur le territoire, conséquence directe de la crise économique et du discrédit institutionnel, et qui considère que le renforcement du système des partis qui a conduit à l’apparition de nouvelles options politiques n’est pas suffisant. Une partie de l’oligarchie dirigeante a plus confiance en l’intégration des partis et des coalitions émergentes à l’aide d’une politique d’accords ; une autre croit davantage aux cordons policiers avec carte blanche pour réprimer sans ménagements toutes velléités de protestation et de dissidence. Dans un cas, il suffirait d’appliquer les mécanismes habituels de vigilance et de contrôle du postfranquisme, fortement soutenus par la législation des gouvernements socialistes antérieurs ; dans l’autre, il s’agirait purement et simplement d’un retour à la politique de l’ordre pratiquée par la dictature franquiste.

Le pacte social qui fondait la partitocratie symbolisé par la loi Corcuera paraît s’être fissuré. Les forces politiques qui prétendent faire passer la « sécurité citoyenne » avant les droits actuels sur la vie privée, le logement, l’accueil de réfugiés, le droit de réunion, de manifestation et d’expression, pourtant eux-mêmes déjà bien réduits, pensent que la situation sociale menace de se détériorer et de dériver vers des conjonctures à la grecque, car le régime est trop vulnérable face aux spéculations financières, et à mesure que de nouveaux trous surgissent dans le financement, il le sera encore plus. Pour conjurer une crise potentielle avec un autre sauvetage compliqué à l’horizon, comme un Syriza à l’espagnole, elles ont parié sur la ligne dure. Elles considèrent nécessaire d’imposer un « cadre juridique adéquat » et une déréglementation de l’activité policière qui permet une impunité totale lors de pratiques jusque-là illégales et exécutées sans trop de couverture, comme l’avait fait en son temps la loi précédente. On l’autorise même à prendre des sanctions qui incombaient auparavant au juge. Il semble que l’intervention arbitraire et disproportionnée de la police contre les terceros, c’est-à-dire ceux qui protestent, soit, oligarchiquement parlant, la seule façon de garantir un « fonctionnement normal des institutions » à l’intérieur de la crise et, de la même manière, d’assurer la « tranquillité » des citoyens qui décident dans l’économie et la politique. Pour que la société et l’État continuent d’être dans les mains d’irresponsables et de corrompus, la rue doit rester à la merci des vrais violents : la flicaille.

La « loi bâillon » est la première du genre à définir le concept de « sécurité citoyenne » : c’est « la garantie que les droits et les libertés reconnus et protégés par les constitutions démocratiques peuvent être librement exercés par la citoyenneté ». Le propos s’éclaircit quand on comprend qu’il se réfère au droit d’être d’accord avec les dispositions de l’État et à la liberté de lui obéir. La législation sécuritaire agrandit l’échantillonnage des faits « perturbateurs » et des formes délictueuses dans des termes suffisamment ambigus pour couvrir un secteur important de la population : celui qui manifeste, désobéit, critique les politiques, s’oppose aux expulsions, convoque des actions par internet ; celui qui fait partie des piquets de grève, occupe les maisons, arrête le trafic, photographie les brutalités des forces de l’ordre ; celui qui interfère « dans le fonctionnement des infrastructures critiques », c’est-à-dire qui défend le territoire, y compris le supporteur passionné de football trop bruyant et… celui qui participe à un botellón : la dipsomanie juvénile semble maintenant devenue subversive aux yeux dévots des dirigeants. Dans le panier punitif, on trouve de tout, du fanatique djihadiste au citoyen modeste qui ne se croit pas obligé de montrer sa carte d’identité au premier sbire venu, du pacifiste qui s’enchaîne contre les lignes THT au piéton qui refuse d’être fouillé, de l’immigrant sans papiers à l’insolvable qui résiste pour ne pas abandonner sa maison. Tous sont infractores (transgresseurs) et à ce titre figureront dans un registre, quels que soient la légèreté de l’infraction et le degré de culpabilité, parce que si minimale soit-elle, elle est susceptible d’être considérée comme opposée à l’ordre constitutionnel et par conséquent responsable d’apporter son grain de sable à la déstabilisation « des institutions politiques, des structures économiques ou sociales de l’État ».

La « loi bâillon » nous indique que le régime de partitocratie évolue inéluctablement vers une société totalitaire, telle celle dénoncée par Orwell dans son roman 1984 : une information unilatérale, un contrôle des masses, une répression de l’activisme social, l’éradication de l’intelligence critique, les néolangages et les ministères de l’oppression, où n’importe quel signe extérieur de non-conformité peut provoquer de terribles humiliations. Aujourd’hui, Big Brother n’est évidemment pas le Parti, mais l’État partitocratique ; néanmoins, les devises restent les mêmes : « la guerre, c’est la paix », « la liberté, c’est l’esclavage », « l’ignorance, c’est la force ». La « loi bâillon » est un produit typique de la Raison d’État parce que avec elle on vise un renforcement du pouvoir qui tend à la conservation du régime au-dessus des sujets appelés « citoyens », quel que soit le moyen employé. De préférence immoraux, arbitraires, violents et illégitimes, puisque, aux yeux des experts en répression de l’oligarchie dirigeante, ils sont les plus efficaces. Depuis le 1er juillet, la partitocratie est visiblement ce qu’elle était déjà essentiellement : un État policier qui souhaite la bienvenue à son « citoyennisme » avec une expansion pénale parfaitement réglementée sans avoir besoin de recourir au coup d’État.

Revue Argelaga,
le 6 juillet 2015

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 04:47

Le Conseil constitutionnel a validé quasi-totalement la Loi Renseignement. C’était le dernier obstacle à son entrée en vigueur.

- Pour un article résumant sa décision, cliquez : http://www.liberation.fr/societe/2015/07/23/le-conseil-constitutionnel-valide-la-majeure-partie-de-la-loi-renseignement_1352952

- Pour mesurer à quel point ce qu’il a laissé passer est grave pour nos libertés à tous, nous vous recommandons cet article, très complet et très clair : http://www.nextinpact.com/news/95934-la-loi-renseignement-publiee-au-journal-officiel-et-maintenant.htm

- Pour lire la décision du Conseil constitutionnel et la liste des députés qui l’avaient saisi : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2015/2015-713-dc/decision-n-2015-713-dc-du-23-juillet-2015.144138.html

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 08:13

Deux femmes ,deux Poèmes:

Celui d'une Sètoise sur le risque d'expulsion qui est maintenu au dessus des têtes de ceux qui résident sur le parking du Mas Coulet ,à Sète (C'est à lire ci-dessous ),et cet extrait de l’éditorial de Françoise DUMONT, présidente de la LDH sur la plainte qu'elle a provoquée par le biais de la présidente de la section LDH-Montpellier:

"les suites de l’affaire BDS 34.

Le problème est compliqué, avec un retentissement relativement important au sein de la LDH. Le souhait est de sortir de cette affaire par le haut. On nous demande de retirer notre plainte. C’est difficile compte tenu de l’attitude des deux protagonistes de cette affaire et parce qu’il y va de la crédibilité de la LDH eu égard au contenu antisémite, voire négationniste de la page Facebook qui est à l’origine de notre plainte. Nous ne pouvons pas laisser accréditer l’idée que la LDH a un double discours ou une dénonciation de l’antisémitisme à géométrie variable. Peut-être n’avons-nous pas assez communiqué auprès des ligueurs pour faire connaître notre version. Nous allons le faire. Nous souhaitons aussi que BDS fasse connaître notre version sur son site ; nous en ferons la demande. L’audience pour le procès ayant été reportée à novembre la situation,peut encore évoluer".

L'administration du blog note que c'est dans le numéro 256 de la revue mensuelle LDH Info qui est envoyé aux adhérents ,que Françoise Dumont fait écho de la demande de retrait de l'association qu'elle préside , de la plainte provoquée par l'association qu'elle préside.

Ce que l'on lit dans cette réponse c'est que non seulement la présidente de la vénérable LDH élude apparemment la question de faire connaitre aux adhérents les motifs d'une demande de retrait qui émane de militants en désaccord avec ces poursuites,mais également qu'elle compte se maintenir au nom de tous devant les tribunaux dans cette attaque que d'aucun considèrent injuste et spoliante ,et moralement prétentieuse .

Alors pour réparer cet oubli,voici en détail le texte de la pétition lancée par des militants qui loin d'opposer " deux bords "(LDH et Bds),dénoncent et déplorent non pas un manque de communication ,mais un dysfonctionnement et une utilisation"associative "abusive ,et une nuisance dans la vie des combattants associatifs .

Il n'est ni correct ni suffisant, pour se justifier de mettre en cause juridiquement deux personnalités militantes par ailleurs assez méritantes,qu' un quorum restreint s’appuie ,au nom de ses membres ,sur le bouclier vertueux du sigle et de la réputation de la Ligue des Droits de l'Homme .

Donc,pour que la communication ne reste pas à sens unique et comme l'on ne devrait pas engager la responsabilité de tous dans une affaire aussi détestable ,manifestez -vous que vous soyez adhérent ou pas ,en signant cette pétition ,et répondez globalement ,avec vos mots ,vos idées ,et vos arguments,à Françoise DUMONT, sur sa façon de défendre et de promouvoir les valeurs universelles de la LDH au demeurant :

.http://www.petitions24.ne/petition_pour_le_retrait_de_la_plainte_de_la_ldh_contre_saadia_et

Sète juillet 2015, nous vivons des vacances de rêve

Cette année,
Nous trempons nos corps ivres de soleil, dans une méditerranée pleine de cadavres,
L'été bascule cul par dessus tête,
À Calais, pousse des jungles,
Des migrants tentent de faire le mur, épinglés comme des papillons,
À Paris, des réfugiés par centaines dorment à la rue,
À Sète,
À Sète, Voix Vives a pris son quartier haut,
Les poètes estampillés Méditerranée, un label de qualité,
En provenance directe avec un détour par l'exil,
C'est bon pour l'authenticité,
En haut, à Sète, les poètes AOC... POÈTISENT....

À Sète,
À Sète, en bas, tout en bas,
Des v
oix d'hommes, de femmes et d' enfants,
Des voix de la méditerranée et d'ailleurs,
Des voix condamnées à l'errance,
Des voix européennes rejetées dans les coins aveugles de notre société,
Des voix, traînées dans la poussière,
Des voix, écrasées de soleil, battues par la pluie,
Des voix caravanes, des voix qui chantent, des voix rient,
Des voix qui aiment...
À Sète, les voix d'en bas ne montent pas jusqu'aux micros autorisés,
Jusqu'aux chaises longues parasols guinguettes...

À Sète, dans cette ville qui se dit singulière,
À ce moment précis,
Où résonne les voix d'une centaine poètes,
En des langues différentes,
À Sète,
Le Maire EXPULSE !
Le maire expulse
La centaine de voix qui vit,
En bas,
Tout en bas,
Sur le parking du Mas Coulet.

Vos gueules les mouettes !

Joe DASNIÈRE

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 09:37

La Fondation Sciences Citoyennes et Transparency International France organisent en 2015 un cycle de colloques pour l’amendement de notre législation de l’alerte éthique (signalement dans l’intérêt général). Nous travaillons également à un texte de loi, qui pallierait la stratification du dispositif français (6 lois sectorielles). Une proposition de loi devrait être présentée lors de la prochaine session parlementaire.

Nos deux premiers colloques ont traité de la sécurisation des canaux et procédures, et de la création d’un fonds de dotation pour les victimes / d’une Maison des Lanceurs d’Alerte.

Notre troisième colloque se tiendra à l'Assemblée nationale (Salle Colbert, 126 rue de l’université, 75007 Paris), le 29 septembre de 14h à 18h, sur le thème :

« Une loi globale pour la protection des lanceurs d’alerte en France »

Dans la première session nous aborderons, avec ses auteurs, le cadre pionnier et solidaire que construit l’Europe et notamment la Recommandation du Comité des Ministres aux états membres du Conseil de l’Europe (2014), ou les enseignements tirés des meilleures lois et expériences nationales. Dans la seconde session, nous débattrons, avec des parlementaires français, des contenus d’une loi française, au regard de ce cadre et de notre projet de société.

Ce colloque sera organisé avec le soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer et sous le parrainage du Député Yann Galut, avec la participation notamment de Rosita Agnew (Bureau du Médiateur Européen), Eric Alauzet (Député), Eric Bocquet (Sénateur), Francesco Crisafulli (Président du Comité européen de coopération juridique, Conseil de l’Europe), Charles de Courson (Député), Laure de la Raudière (Députée), Yann Galut (Député), Nicole Marie Meyer (Transparency International France), Anna Myers (Directrice du Whistleblowing International Network), Michèle Rivasi (Députée), Christian Vigouroux (Président de la secteur de l’intérieur, Conseil d’État) et sous réserve Anabela Gago (Directrice de la lutte contre le crime organisé, Commission européenne) et Christiane Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.


Sachant que le nombre de places de la salle est limité mais que le sujet suscite un vif intérêt, nous vous prions de bien vouloir nous confirmer votre présence à l'aide du formulaire d'inscription sur notre site :

http://www.sciencescitoyennes.org/colloque-lanceurs-dalerte-29-septembre-2015-assemblee-nationale/


Vous pouvez télécharger les communications du premier colloque de ce cycle « Lanceurs d’alerte – La sécurisation des canaux et des procédures » qui s’est tenu à l’Assemblée nationale le 4 février 2015 : http://www.sciencescitoyennes.org/colloque-sur-les-lanceurs-dalerte-le-4-fevrier-2015-a-lassemblee-nationale-documents

Assemblée nationale – Salle Colbert

126 rue de l'Université - 75007 Paris

Station : Assemblée nationale

Arrêt : Assemblée nationale



Nous contacter : http://sciencescitoyennes.org/a-propos/contacts/

Vous pouvez nous suivre sur Facebook et Twitter.

Note "a propos "de l'administration du blogue:

L’Assemblée nationale du XXIe siècle
Jonathan Chibois | rue89.nouvelobs.com | 30/07/2015
L’Assemblée vient de mettre en ligne un document intitulé « Vers une Assemblée nationale du XXIe siècle ». Derrière ce nom se trouve un plan d’action pour l’Open Government Partnership (OGP), programme international visant à promouvoir « un gouvernement ouvert, par une augmentation de la participation civique, la lutte contre la corruption et la mise en œuvre des nouvelles technologies afin d’offrir un service plus efficace et plus responsable »...
la suite : http://rue89.nouvelobs.com/2015/07/30/lassemblee-nationale-xxie-siecle-260510

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 07:27

Polices françaises et allemandes tentent d’entraver le tour d’Europe des alternatives

par Sophie Chapelle 22 juillet 2015

Le Tour Alternatiba, c’est un tour de France et d’Europe à vélo, pour promouvoir les alternatives écologiques et la transition énergétique dans l’espoir de limiter le réchauffement climatique. Un périple de 5 600 kms parti le 5 juin de Bayonne. Mais cette initiative ne semble pas plaire aux polices française et allemande qui ont tenté de bloquer les cyclistes. Pour cause de dopage ? Pas vraiment...

Le 20 juillet, les membres du tour marquent une pause devant la centrale nucléaire de Fessenheim. Rien d’interdit jusque-là dans un État de droit... Devant plusieurs médias et caméras, un porte-parole déplore que les milliards engloutis dans la filière nucléaire ne soient pas plutôt investis dans les politiques de sobriété énergétique, comme l’isolation des logements ou le développement des transports collectifs de proximité.

Le porte-parole d’Alternatiba dénonce également la fermeture de Nexcis, une filiale d’EDF à Aix-en-Provence, qui fabrique des vitres à la fois isolantes et productrices d’énergie solaire (notre enquête). Un exemple qui montre bien, pour les organisateurs d’Alternatiba, « que les investissements actuels tournent le dos aux économies d’énergies et aux énergies renouvelables, grâce auxquelles beaucoup plus d’emplois pourraient être créés, répartis sur tout le territoire français, qu’avec les énergies fossiles ou nucléaire ».

Une première opération de fichage depuis le départ du Tour

Les cyclistes reprennent ensuite la route et font une pause repas dans une ferme coopérative et alternative à Tunsel, en Allemagne. C’est là que la situation se complique avec l’arrivée de sept véhicules de police sur les lieux. « Ils ont annoncé aux cyclistes que la France avait demandé au procureur de Freibourg de contrôler l’identité de tous les cyclistes présents, et qu’en cas de refus de leur part, il convenait de bloquer le Tour », relate le communiqué d’Alternatiba. Malgré les protestations, les cyclistes, bloqués par les policiers, déclinent finalement leur identité pour ne pas mettre en retard le périple, expliquent-ils.

« Cette histoire est tout simplement surréaliste, dénoncent les organisateurs. En plein année de la COP21, la France demande à un pays étranger de bloquer le passage d’une mobilisation climatique à la fois 100 % citoyenne, entièrement pacifique et particulièrement constructive. La liberté d’expression connaitrait-elle des limites en France dès lors qu’on évoque la question du nucléaire ? ». Les cyclistes fichés étudient les possibilités de déposer une plainte contre l’intervention de la police allemande. Il s’agit également pour eux de savoir qui a fait cette demande auprès du procureur de Fribourg, et avec quelle motivation.

Ironie de l’histoire, dans une lettre officielle du 10 juillet, la ministre de l’écologie Ségolène Royal vient d’attribuer le label COP21 [1] au Tour Alternatiba. En dépit de ces déboires, la mobilisation se poursuit avec déjà, au compteur de ces cyclistes militants, plus de 2 300 kms. Au terme de ces 35 premières journées, le tour Alternatiba a participé à des dizaines de conférences publiques, de manifestations à vélos, plusieurs concerts et villages associatifs, ainsi que d’innombrables rencontres avec les collectifs, associations et élus locaux. Il leur reste un peu plus de 3 000 kms à parcourir avant d’atteindre Paris le 26 septembre prochain.

Tous nos articles sur la dynamique Alternatiba à retrouver ici.



Note"sur la vertue citoyenne de la désobéissance aux lois "c'est ici ,avec la revue de presse de juillet 2015 la loi patriotique dite de "Renseignement",

Du Grain à moudre d'été

du lundi au vendredi de 18h15 à 19h Durée moyenne : 44 minutes

44 minutes

Faut-il désobéir à la loi pour être un bon citoyen? 7

14.07.2015 - 18:15

14 juillet, défilé, feu d’artifice, Révolution française, fête de la Fédération…

14 juillet, célébration de la remise en cause essentielle de l’organisation politique, révolution donc retournement.

Des manifestants Berlinois portant des masques à l’effigie de E.Snowden © REUTERS

Et aujourd’hui ? voilà la question. Aujourd’hui, comment s’opère sinon la révolution, en tout cas la remise en cause politique ?

Il y a les élections, oui. Il y a les manifestations, oui. Il y a l’engagement, multiple et varié, dans les partis, les syndicats…

Il y a toutes ces formes d’actions dans le cadre prévu. Et puis il y a les formes d’actions hors du cadre. Les formes d’actions qui refusent le cadre.

Il y a la désobéissance. Désobéissance civile, dit-on souvent.

Faut-il désobéir pour être un bon citoyen ?

William Bourdon, avocat au Barreau de Paris, spécialisé en droit pénal des affaires et droit des médias, fondateur de l'association Sherpa
Sandra Laugier, philosophe, professeure de philosophie à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne, membre de l'Institut Universitaire de France
Xavier Renou, membre fondateur du collectif des désobéissants

Thème(s) : Information| Droit| Morale| Politique

Lien(s)

Les “lanceurs d'alerte” inventent-ils une nouvelle forme de démocratie ? (Télérama)Snowden, Assange, Manning… Pour ces activistes d’un nouveau genre, l’espace démocratique n’est plus celui d’un Etat mais celui du monde, et l’éthique est supérieure aux lois. Explications du philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie. - Michel Abescat, Olivier Tesquet (05/03/2015)

"Lanceurs d’alerte, nouvelles vigies de la démocratie?" (La Croix)Alors que le prix Pulitzer a récompensé, le 14 avril, le «Guardian» et le «Washington Post» qui ont révélé le système d’écoutes mondiales de l’Agence nationale de sécurité américaine, grâce aux documents fournis par le «lanceur d’alerte» Edward Snowden, «La Croix» revient sur cette démarche. -Antoine Peillon (24/04/2014)

Document(s)

À lire aussi

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 08:13

ΤΕΤΑΡΤΗ 15 ΙΟΥΛΙΟΥ 2015
ΓΕΝΙΚΗ ΑΠΕΡΓΙΑ ΣΤΗΝ ΕΛ
ΛΑΔΑ!

Σας καλούμε σε όλη την Ευρώπη να κάνετε το ίδιο.

ΟΧΙ στη λιτότητα που δολοφονεί, στην Ελλάδα και αλλού.
Να μην ζήσουμε σαν δο
ύλοι!

ΜΑΖΙ ΜΑΣ ΚΙΝΗΤΟΠΟΙΗΘΕΙΤΕ ΓΙΑ
ΠΑΝΕΥΡΩΠΑΙΚΗ ΓΕΝΙΚΗ ΑΠΕ
ΡΓΙΑ!

MERCREDI 15 JUILLET 2015
GRÈVE GÉNÉRALE EN GR
ÈCE !

Nous vous appelons partout en Europe à faire de même.

OXI


NON à l'austérité qui assassine, en Grèce comme ailleurs.
Ne vivons plus comme des esclaves !

AVEC NOUS, MOBILISEZ-VOUS POUR LA
GRÈVE GÉNÉRALE EUROPÉ
ENNE !

C'est maintenant que nous avons besoin de vous : grève, manifestations, rassemblements, concerts, débats... tout ce que vous pouvez. Vous avez été de plus en plus nombreux à nous soutenir, de jour en jour, en France et dans le monde entier. Mais ce mercredi 15 juillet, c'est vital pour nous et c'est crucial pour vous. La Grèce est votre passé, elle est aussi votre avenir. Il est temps de dire NON (OXI) tous ensemble à ces dirigeants européens tyranniques, pour la solidarité, la liberté et la dignité. GRÈCE GÉNÉRALE !

(merci de diffuser massivement)

-Note "Raoul Marc "relayée par l'administration du blog:

Un jour d’infamie

L’Europe telle qu’elle se fait Ajouter un commentaire

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le principe de la souveraineté populaire, qui signifie que le pouvoir de choisir appartient au peuple et à lui seul, la volonté, affirmée comme jamais auparavant dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948, de réaliser une démocratie qui conjugue à la fois les libertés individuelles, mais aussi des droits collectifs (droit à la santé, à l’éducation, à la culture, au travail, au logement, au bien-être, …), c’est-à-dire la volonté de réaliser cette République sociale pour laquelle Jaurès déjà se battait, c’est tout cela qui vient de reculer brutalement en Europe avec l’accord intervenu à propos de la Grèce, ce 13 juillet, un jour qui restera à jamais pour les peuples et leurs droits comme un jour d’infamie.

Il n’y a pas de démocratie. Il y a un système où le monde des affaires et de la finance dicte sa loi aux pantins qui nous gouvernent, à travers des institutions qui traduisent cette formidable régression démocratique qui porte le nom d’Union européenne. C’est ce que j’appelle l’oligarchie.

L’oligarchie a remporté une terrible victoire, car cet accord consacre plusieurs idées que le rouleau compresseur politico-médiatique s’emploie à ériger en tabous, en vérités incontournables :

  • l’idée qu’en dehors de l’UE, il n’y a point de salut et que tout doit être sacrifié pour en faire partie ;
  • l’idée que l’opinion exprimée démocratiquement par le peuple n’a aucune importance dans le cadre de l’UE et qu’un référendum qui ne confirme pas les volontés de l’oligarchie est sans valeur ; l’accord du 13 janvier confirme avec éclat la phrase de Juncker « il n’y a pas de choix démocratique contre les traités ratifiés » ;
  • l’idée qu’en dehors des programmes d’austérité, c’est-à-dire du choix des politiques salariales et sociales comme variables d’ajustement aux effets néfastes des crises du système, il n’y a pas d’alternative.

Ce sont ces idées que le gouvernement Tsipras vient de consolider en acceptant le plus anti-démocratique et le plus antisocial de tous les programmes d’austérité jamais infligés à la Grèce. Prisonnier d’une opinion publique aveuglément attachée à l’UE, soumis aux diktats violents de Berlin et aux pressions persistantes de Paris, forcé d’accepter l’inacceptable, il a cédé là où il fallait résister. Il est des moments où le courage, c’est de dire non.

On ne mesure sans doute pas encore totalement l’ampleur de la défaite subie le 13 juillet non seulement par le peuple grec, mais par tous les peuples. Car, ce qui vient de l’emporter c’est cette idée qu’au modèle imposé, il n’y a pas d’alternative. Thatcher et son TINA ont gagné. C’est une défaite considérable pour celles et ceux qui militent inlassablement pour d’autres choix que ceux qui nous sont imposés, pour d’autres pratiques politiques, pour d’autres orientations économiques et sociales, pour une autre vision de la vie en société.

L’accord du 13 juillet est un message adressé à tous les peuples d’Europe : « vous devez obéir ; envisager des alternatives aux politiques que nous vous imposons ne sert à rien. Ne perdez pas votre temps à suivre ceux qui affirment que d’autres choix sont possibles. Nous les avons refusés avec succès dans le cas de la Grèce ; nous ferons de même avec les autres peuples qui oseraient s’insurger ».

Il nous faut tirer les leçons de cette terrible défaite. La première est un constat d’évidence : démontrer le caractère antidémocratique des choix et l’inanité des politiques d’austérité, avec la meilleure argumentation qui soit, est sans effet. Ceux qui nous gouvernent ne nous écoutent pas. Ils ne veulent rien savoir. Par définition, ils ne se trompent jamais. Comme ils font payer par les plus faibles le prix de leurs erreurs et de leurs fautes, ils ne se soucient jamais des conséquences de leurs choix.

La deuxième leçon doit nous interpeller directement : nos méthodes sont inefficaces. Lancer des pétitions, rédiger des appels, interpeller les élus, tout cela ne modifie en rien la volonté de ceux qui sont censés nous représenter. Nous pouvons être des millions à dire non à l’austérité, à refuser de payer pour la rapacité des banquiers et des hommes d’affaires, à rejeter des directives européennes et des traités internationaux qui offrent aux firmes privées la possibilité d’accroître leurs profits au détriment de notre santé, de nos conditions de vie et de travail, cela ne change rien à la détermination de l’oligarchie à imposer une société du chacun pour soi, de la concurrence de tous contre tous, des inégalités et des discriminations.

Troisième leçon, il nous faut chercher des réponses pacifiques et non violentes à la question : « qu’est-ce qui peut les faire plier ?

Une dictature d’un mode nouveau s’est installée en Europe. Elle mène une guerre d’un mode nouveau contre les peuples. Nous venons de subir une terrible défaite. Puisse-t-elle ouvrir les yeux de ceux qui croient encore à un avenir acceptable dans le cadre de l’UE.

Raoul Marc JENNAR

-Note" l'autre presse :média-mensonge ou contre-info?" ,de l'administration du blog:

http://arretsurinfo.ch/video-limmonde-blague-de-wolfgang-schaub-ministre-allemand-des-finances/
Et:

Grèce : tous aux abris. Victoria Nuland rode

http://lesakerfrancophone.net/grece-tous-aux-abris-victoria-nuland-rode/

Les États-Unis et l’Allemagne sont prêts à concevoir un coup d’État en Grèce pour garder cet atout stratégique sur le flanc sud-est vulnérable de l’Otan. L’experte en coups d’État Victoria Nuland est en mission.

Par Kurt Nimmo – Le 6 juillet 2015 – Source infowars.com

«Un putsch à Athènes pour sauver l’allié grec de l’ennemi russe est en préparation par les États-Unis et l’Allemagne, avec le soutien des exemptés fiscaux de la Grèce – les oligarques, les armateurs anglo-grecs, et l’Église orthodoxe grecque», écrit John Helmer, le seul correspondant étranger en Russie, indépendant des médias système, en poste depuis si longtemps.

Le premier indice que quelque chose se trame est la présence de Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe pour les affaires européennes et eurasiennes, à Athènes en mars.

The Guardian a rapporté le 17 mars que Nuland «est allée dans la capitale au moment où l’inquiétude des US montait à propos de la grande crise de la dette de l’euro qui commençait à représenter une menace géopolitique. La Grèce, autorisée à déraper hors de contrôle, financièrement dépourvue et sans les liens de l’UE qui la maintiennent à l’Ouest, pourrait se retrouver sous l’influence de la Russie. Le flanc sud-est de l’Otan serait infiniment affaibli au moment où grandissent les soucis globaux de sécurité face aux fondamentalistes islamistes au Moyen-Orient».

Nuland et les États-Unis pourraient travailler en étroite collaboration avec les militaires grecs pour fomenter un coup d’État après le vote historique du référendum qui a répondu non aux exigences des banksters.

La réputation de Nuland n’est plus à faire. Elle est connue pour son rôle dans le renversement du gouvernement démocratiquement élu de l’Ukraine et il semble maintenant qu’elle a été désignée pour une répétition en Grèce. Helmer écrit :

Lorsque Nuland est venue à Athènes pour lancer un ultimatum contre la rupture du régime des sanctions anti-russes, et que les think-tanks anglo-américains ont emboîté le pas avec des avertissements selon lesquels la marine russe faisait route vers le Pirée, le but du jeu est devenu clair. Le but de l’opération Nemesis était de sauver la Grèce, non pas d’elle-même ou de ses créanciers, mais de l’ennemi à Moscou.

La Russie pour arracher la Grèce aux griffes des banquiers

La Russie est prête à aider la Grèce dans sa lutte contre les banksters de Wall Street et de Bruxelles. On pense qu’une sortie de la Grèce de la zone euro la rapprochera de la Russie et approfondira les divisions au sein de l’Otan.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras du parti socialiste Syriza a déclaré à la mi-juin qu’un alignement avec la Russie était possible et a laissé entendre que la Grèce était «prête à aller vers de nouvelles mers pour atteindre de nouveaux ports plus sûrs».

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov et le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch ont déclaré, au cours du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, que la Russie envisagerait d’accorder des prêts à la Grèce si nécessaire.

Les militaire grecs envoient un message clair

L’avant-veille du référendum, un certain nombre d’officiers grecs ont publiquement appelé à voter oui.

«Le général en retraite Fragkoulis Fragkos, ancien ministre de la défense et ancien chef d’état-major grec, a appelé à un oui fort dimanche. En 2011, Fragkos a été destitué par le Premier ministre George Papandreou au milieu de rumeurs de coup d’État», écrit Alex Lantier.

Faisant clairement référence à Tsipras, Fragkos a déclaré que «les valeurs et les principes moraux, qui ont toujours défini les Grecs, ne peuvent pas être négociés par un politicien désemparé et historiquement ignorant qui avance les intérêts de son propre parti».

Un groupe de 65 officiers de haut rang à la retraite a publié un communiqué citant leur serment à la patrie et au drapeau et avertissant: «En choisissant l’isolement, nous mettons la patrie et son avenir en danger.»

Tsipras et Syriza se sont préparés pour un possible coup d’État en janvier en remaniant le personnel militaire.

Selon les source de Helmer, «La direction des services militaires et de renseignement a été changée, mais pas radicalement. Le ministre de la Défense (Panos Kammenos) est de droite donc il n’y a pas de radicaux aux commandes».

Les militaire grecs sont un atout pour une Opération Gladio

L’intervention américaine en Grèce n’a rien de nouveau. Entre 1987 et 1989 les États-Unis ont fait un effort concerté visant à renverser le gouvernement grec élu du Premier ministre Andreas Papandreou.

Avant cela, en 1967, l’armée grecque a installé la dictature des colonels suite à un coup d’État.

L’armée grecque s’est trouvée sous le contrôle de la CIA à la suite de l’entrée dans l’Otan de la Grèce en 1952. Les éléments de l’armée grecque faisaient partie de stay-behind, le réseau clandestin de la CIA dirigeant l’Opération Gladio, et ces éléments (spécifiquement LOK, ou Lochoi Oreinōn Katadromōn, à savoir Mountain Raiding Companies) ont été directement impliqués dans le coup d’État de 1967.

Kurt Nimmo

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 06:47

Grèce : de l’absurde au tragique

Il faut s’opposer à ceux qui mènent la Grèce et la gauche grecque à la capitulation. Nous publions ici un texte de Stathis Kouvélakis initialement paru sur le site états-unien Jacobin.

Stathis Kouvélakis est membre du comité central de Syriza, et enseigne la théorie politique à King’s College (Londres).

Quiconque vit actuellement, ou se contente de suivre, les derniers développements en Grèce ne comprend que trop bien le sens d’expressions telles que « moments critiques », « climat de tension », « rupture dramatique », ou encore « situation-limite ». Compte tenu des événements qui se déroulent depuis lundi, un nouveau mot devra être ajouté à la liste : l’« absurde ».

Le terme peut paraître étrange, ou exagéré. Mais comment caractériser autrement le renversement total du sens d’un événement aussi extraordinaire que le référendum du 5 juillet, quelques heures seulement après sa conclusion, par ceux-là même qui l’avaient initié ?

Comment expliquer que les dirigeants de Nouvelle démocratie et de To Potami, respectivement Vangelis Meïmarakis et Stavros Theodorakis – chefs du camp qui a été battu de manière écrasante dimanche dernier –, soient devenus les porte-parole officiels de la ligne qui est actuellement défendue par le gouvernement grec ? Comment est-il possible que le Non fracassant au mémorandum austéritaire puisse être interprété comme le feu vert à un nouveau mémorandum ? Pour le dire simplement : si le gouvernement était disposé à signer un accord encore plus défavorable et contraignant que celui proposé il y a deux semaines par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à quoi bon le référendum et le combat pour la victoire du Non ?

Le sentiment d’absurdité n’est toutefois pas le simple produit de ce renversement inattendu. Il découle en premier lieu du fait que tout survient « comme s’il ne s’était rien passé », comme si le référendum était une sorte d’hallucination collective qui avait soudainement pris fin, nous laissant reprendre librement nos activités antérieures. Néanmoins, comme nous ne sommes pas tous devenus amnésiques, donnons-nous la peine de nous livrer à un bref rappel de ce qui s’est passé durant les derniers jours.

Dimanche dernier donc, le peuple grec a ébranlé l’Europe et le monde. En répondant massivement à l’appel de son gouvernement, et dans des conditions vraiment exceptionnelles (banques fermées, contrôle des capitaux, retraits plafonnés à 60 euros par jour, retraites et allocations partiellement versées), a voté très largement « non » aux propositions humiliantes et exorbitantes des créanciers. Aussi bien l’ampleur du « non » que sa composition qualitative, à savoir la majorité écrasante obtenue parmi les travailleurs, les classes populaires et la jeunesse, donnent à voir la profondeur des transformations qui sont à l’œuvre, ou plutôt qui se sont cristallisées, en un temps très court, dans la société grecque.

Les mobilisations de masse de vendredi dernier, le climat de mobilisation « par en bas » qui a prévalu la semaine dernière, sans même parler de la vague enthousiaste de solidarité internationale, témoignent du potentiel énorme libéré par le choix de la confrontation plutôt que de la retraite.

Mais dès lundi matin, alors même que l’écho des cris de victoire sur les places publiques du pays s’était à peine tu, le théâtre de l’absurde a commencé. Sous l’égide du président de la République, Prokopis Pavlopoulos, qui avait très activement pris parti pour le Oui, le gouvernement a convoqué les dirigeants des partis défaits battus pour élaborer un cadre de négociation faisant de l’euro une ligne rouge indépassable, et déclarant en particulier qu’il n’avait aucun mandat pour quitter l’union monétaire.

Encore embrumée par la joie de dimanche, l’opinion publique a vu les représentants des 62% se soumettre à ceux des 38% et cela immédiatement après une victoire éclatante pour la démocratie et la souveraineté populaire.

Mardi, le gouvernement s’est rendu à Bruxelles pour une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe sans aucune nouvelle « proposition » dans ses bagages et, comme prévu, il s’est trouvé confronté à un nouvel ultimatum, plus brutal encore que le précédent. Le lendemain, Euclid Tsakalotos a inauguré ses fonctions de ministre des Finances – nous ne nous arrêterons pas ici, par souci de brièveté, sur la démission de Yanis Varoufakis, remarquant simplement qu’il s’agissait d’une exigence des créanciers – en envoyant au MES (Mécanisme de stabilité européenne), l’organisation qui gère la plus grande part de la dette grecque, une lettre demandant un nouveau prêt de 50 milliards d’euros, un prêt qui doit s’accompagner bien sûr d’un troisième mémorandum. Il est ainsi prévu que le Parlement commence à voter lundi les lois d’application des engagements stipulés dans le Mémorandum.

La lettre de Tsakalotos précise par la suite que la Grèce s’engage à « honorer en temps et en heure l’intégralité de ses obligations financières à l’égard de tous ses créanciers ». Il est évident que malgré les assurances, après la proclamation du référendum, selon lesquelles les discussions reprendraient de zéro, les « négociations » continuent au point exact où elles avaient été laissées, la partie grecque faisant de plus en plus de concessions à leurs adversaires.

Le même jour, dans l’attente des nouvelles « propositions » grecques, qui, selon la novlangue des « institutions » européennes se devaient d’être « dignes de confiance » et « détaillées », le Premier ministre Alexis Tsipras s’est adressé au Parlement européen et a déclaré : « si mon objectif avait été de mener la Grèce hors de l’euro, je n’aurais pas, immédiatement après la fin du scrutin, fait les déclarations que j’ai faites et interprété le résultat du référendum, non comme un mandat pour rompre avec l’Europe, mais comme un mandat pour renforcer nos efforts de négociation afin de parvenir à un meilleur accord ».

Cette déclaration revient à reconnaître, d’une manière plus ou moins franche, que le résultat du référendum a été interprété avec un but spécifique en tête, à savoir la négociation à tout prix et l’évitement d’une rupture.

Dans le même discours, le Premier ministre résume la philosophie qui a présidé, durant toutes ces dernières, à la ligne suivie la partie grecque et que le référendum n’a guère modifié :

Avec ces propositions, nous nous sommes évidemment fortement engagés à atteindre les objectifs fiscaux requis par les règles, parce que nous reconnaissons, et respectons, le fait que la zone euro a des règles. Mais nous nous réservons le droit de choisir, le droit d’être en mesure, en tant que gouvernement souverain, de décider où nous concentrerons ou augmenterons le fardeau fiscal, dans le but d’atteindre les objectifs fiscaux requis.

Le cadre est donc posé : il s’agit de mesures restrictives visant à obtenir des excédents fiscaux en vue du remboursement de la dette. C’est incontestablement le cadre tel qu’il a été défini par les deux mémorandums qui ont précédé. Le désaccord porte uniquement sur la dite « répartition du fardeau ». Celle proposée par Alexis Tsipras implique une variante de l’austérité (prétendument) « plus juste socialement », qui sera présentée comme une forme de « redistribution » alors même qu’elle prolongera la récession – toute référence aux engagements interdisant l’acceptation de mesures récessionnistes ayant été effacée – et approfondira la paupérisation du plus grand nombre.

Alors que ces propos suaves achevaient de détruire ce qui restait des engagements programmatiques de Syriza, l’état de siège que subit le pays ne cessait de s’aggraver. Dès lundi, la BCE a maintenu la fermeture du robinet des liquidités et diminué encore davantage la valeur des titres bancaires grecs, ce qui conduit immanquablement à l’effondrement des banques du pays.

Pourtant, malgré la gravité de la situation et en dépit du fait que l’instauration du contrôle des capitaux a permis de parcourir une partie du chemin, personne – à l’exception de Costas Lapavitsas et de quelques cadres de la Plateforme de gauche – ne parle des mesures simples et évidentes d’auto-protection nécessaires en de telles circonstances, à commencer par le contrôle public et la nationalisation du système bancaire.

L’explication est évidemment très simple : toute mesure de ce type placerait la Grèce partiellement en dehors de l’Euro, ce à quoi le gouvernement ne consent en aucune manière, malgré les déclarations d’économistes mainstream comme Paul Krugman pour qui « la plus grande partie du coût [d’un Grexit] a été acquittée », la Grèce pouvant désormais en « récolter les bénéfices ».

Une conclusion évidente émerge de tout ce qui précède : par les décisions prises cette semaine, le gouvernement s’est purement et simplement retrouvé dans le piège dans lequel il était pris avant l’annonce du référendum, cette fois dans une position encore moins favorable, soumis à la pression d’un étranglement financier encore plus impitoyable. Il est ainsi parvenu à dilapider en un temps record le précieux capital politique créé par la victoire du 5 juillet. Il se trouve sous l’emprise de ceux qui s’y étaient opposés et qui ont toutes les raisons de se sentir légitimés, malgré leur déculottée électorale.

Reste que le référendum a bien eu lieu. Il ne s’agit pas d’une hallucination dont chacun serait revenu. Au contraire, l’hallucination consiste dans la tentative de rabaisser le référendum, en en faisant un simple moyen de « relâcher la pression », avant de reprendre le chemin qui conduit tout droit à un troisième mémorandum.

Or c’est bien dans cette voie suicidaire que le gouvernement s’est s’engagé. Hier, tard dans la soirée, il a envoyé par courrier électronique à tous les membres du Parlement un texte d’une douzaine de pages, rédigé à la hâte en anglais par des experts envoyés par le gouvernement français, s’appuyant sur la demande de prêt de 50 milliards d’euros faite pas Tsakalotos.

Il s’agit tout simplement d’un nouveau plan d’austérité – en fait un copier-coller du plan Juncker rejeté par les électeurs il y a quelques jours. Ses grandes lignes ne sont que trop familières : excédents primaires, coupes dans les retraites, augmentation de la TVA et autres taxes, et une poignée de mesures visant à lui donner une petite touche de « justice sociale » (par exemple une augmentation de deux points de l’impôt sur les bénéfices des sociétés). Le document a été validé par la plupart des principaux ministres, à l’exception de Panos Kammenos, dirigeant du parti souverainiste des Grecs Indépendants (ANEL), et de Panagiotis Lafazanis, leader de la Plateforme de gauche.

Le Parlement a été réuni pour voter sur ce texte aujourd’hui, suivant les mêmes procédures d’urgence que celle dénoncées avec véhémence par Syriza par le passé. À bien des égards, ce processus peut être considéré comme un « coup parlementaire », puisqu’on soumet au vote du Parlement un texte qui n’est ni une proposition de loi, ni une convention internationale, donnant ainsi carte blanche au gouvernement pour signer n’importe quel accord de prêt, avec le Mémorandum qui l’accompagne. Mais cette validation par le Parlement a été explicitement posée comme condition préalable à toute reprise des négociations par le ministre des Finances allemand Wolfang Schäuble.

Comme on pouvait le prévoir, et tel était bien le but recherché, l’accord proposé a déclenché un tollé au sein de Syriza. Pour l’heure, les réactions les plus virulentes viennent principalement de la Plateforme de gauche et d’autres courants à la gauche de Syriza, comme le KOE, organisation maoïste qui compte quatre députés. Au cours de la réunion du groupe parlementaire de Syriza, qui s’est tenue aujourd’hui, Lafazanis, ministre de l’Energie et chef de file de la Plateforme de gauche, a déclaré que l’accord était « incompatible avec le programme de Syriza » et qu’il « n’offrait pas de perspective positive au pays ». Les ministres de la Plateforme de gauche devraient donc démissionner aujourd’hui.

Thanassis Petrakos, l’un des trois porte-parole du groupe parlementaire de Syriza et figure importante de la Plateforme de gauche a quant à lui déclaré:

Le « non » au référendum est un « non » radical et un « non » de classe. Certains camarades haut placés insistent sur la logique selon laquelle « il n’y a pas d’autre choix ». Nous devrions nous préparer à quitter l’Eurozone et le dire clairement aux gens. La gauche a un avenir lorsqu’elle déploie ses ailes face à l’inconnu, pas lorsqu’elle se soumet au néant. Ceux qui insistent sur le choix de rester dans l’euro coûte que coûte savent que cela conduit au désastre. Nous avons besoin d’une sortie préparée pour ouvrir une nouvelle voie. Les premiers pas sont le contrôle public des banques et de la banque centrale grecque, ainsi que des mesures sévères à l’égard de l’oligarchie.

Varoufakis se serait également opposé à l’accord, tout comme certains membres du groupe des « cinquante trois » (l’aile gauche de la majorité au Parlement), bien que lors d’une réunion qui s’est tenue hier, un fossé important est apparu entre la base et les cadres intermédiaires, très opposés à l’accord, et les députés, plus enclins à le soutenir. Le vote qui aura lieu en fin de soirée sera certainement crucial pour les développements à venir, mais également pour l’avenir de Syriza.

Quelle que soit la tournure que prendront les événements lors des prochaines heures et des prochains jours, une chose est claire : toute tentative pour réduire à néant la volonté populaire d’en finir avec l’austérité et les mémorandums revient à une forme d’hubris, au sens ancien du terme en grec. Quiconque décide de conduire le pays, et la gauche, à la capitulation et au déshonneur, doit donc être prêt à faire face à Némésis.

Traduit par Soraya Guénifi et Ugo Palheta

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Stathis Kouvelakis

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