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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 09:28

Ne laissons pas le FN faire école...

Posté le 13 décembre 2015 par Questions de classe(s)

Élus ou battus, ils sont déjà au pouvoir parce que depuis longtemps les idées réactionnaires et autoritaires irriguent notre société et sont reprises, voire mises en œuvre, par des dirigeants de droite ou de gauche. L’arsenal répressif, l’état d’urgence, la mise au pas de et à l’école (retour de la morale, célébration du « roman national », sanctuarisation et « sécurisation » des établissements scolaires, renforcement des hiérarchies, résignation face aux inégalités sociales, etc.) ne sont plus de lointains horizons mais s’installent dans notre quotidien, non pas à la cadence du bruit des bottes (encore que, je les vois chaque matin en arrivant au collège...) mais dans le silence des pantoufles.

On a beau s’agiter, se questionner, s’émouvoir et se mobiliser quelques heures avant les scrutins, la bataille des idées est depuis longtemps perdue.
Sur ce site, nous avions pointé au lendemain du 1er tour, la responsabilité de l’institution scolaire et de nos pratiques en reprenant une citation de Philippe Pernoud :

« Si un jeune sort de l’école obligatoire persuadé que les filles, les noirs ou les musulmans sont des catégories inférieures, peu importe qu’il sache la grammaire, l’algèbre ou une langue étrangère. L’école aura raté son coup dramatiquement, parce qu’aucun des enseignants qui auraient pu intervenir à divers stades du cursus n’aura considéré que c’était prioritaire. »

(Philippe Perrenoud, Dix nouvelles compétences pour enseigner)

Celle-ci a fait le tour des réseaux sociaux. Avertissement salutaire pour certains, odieuse et fallacieuse « remise en cause » pour d’autres : « Cette citation est fausse et pernicieuse. Fausse parce qu’elle met des choses très différentes sur le même plan : les opinions d’un côté et les connaissances de l’autre. Pernicieuse parce qu’elle fait l’hypothèse d’une école qui n’enseignerait ni l’algèbre, ni la grammaire, ni langues étrangères. L’école actuelle n’a franchement pas besoin de ça. » a-ton ainsi pu lire...
La rhétorique d’extrême-droite fait son œuvre quand l’inégalité entre les races ou les sexes relèvent de « l’opinion » et que l’école n’a pas à s’y intéresser. Le savoir serait lui-même « émancipateur » ou, en l’occurrence, « pacificateur ». Toutes les critiques n’ont pas été aussi virulentes et c’est souvent le sentiment d’impuissance qui domine... Une impuissance que, justement, le libéralisme comme l’école tentent de fabriquer (lire et relire à ce sujet l’ouvrage de Charlotte Nordmann, La fabrique de l’impuissance 2. l’École, entre domination et émancipation ,Amsterdam, 2007).

On peut ainsi exiger que les politiques, les journalistes, les « élites » se remettent en question mais interdire tout questionnement sur le rôle de l’école... Refuser de « tout lui mettre sur le dos » quand Ivan Illich nous rappelle que « L’école est l’agence de publicité qui nous fait croire que nous avons besoin de la société telle qu’elle est. »
En face, l’école est depuis longtemps dans la ligne de mire du FN, c’est le programme de son officine « d’enseignants patriotes », le Collectif Racine : « redresser l’école, redresser les corps pour redresser la Nation. » À l’échelle locale, dans les municipalités qu’elle dirige, son programme préfigure ce qu’il sera au niveau national : fin de la gratuité de la cantine (et/ou des transports scolaires [1]) pour les familles démunies [2], exclusion des enfants de chômeurs des activités péri-scolaires [3], stigmatisation des élèves musulmans [4], remise en cause de la scolarisation des enfants étrangers « primo-arrivants » [5], fichage ethnique des élèves [6], menaces et intimidations vis-à-vis des personnels de l’Éducation nationale [7], propos méprisants contre les familles des milieux populaires [8], etc.
Défendre l’égalité, la démocratie, la justice sociale, c’est le seul programme qui vaille d’être mené jusqu’à son terme. Il ne se « boucle » pas dans une école de l’obéissance, de la résignation, de l’impuissance...

Ici ou là, mille petites pousses donnent une idée de ce qui pourrait être la contre-offensive par en bas : la multiplication des conseils coopératifs, des classes sans notes, des ateliers-philo, du travail commun entre élémentaire et collège, la défense systématique des élèves étranger, l’importance reconnue au débat dans les classes ou à la place à faire aux parents des classes populaires, tout cela fait aussi partie de la réalité. De « n’autre » réalité, de celle que nous aurons à opposer à ceux qui aboient très fort, surfant sur une conjoncture... qui passera. Que nous contribuerons à faire passer.

Notre pédagogie est une pédagogie de combat (social) parce qu’elle considère, à l’instar de Noëlle de Smet, que « La pédagogie n’étant jamais neutre, je sais que ma pratique sera ce qu’elle est en fonction de choix : préparer les jeunes à occuper leur place dans la société ou les préparer à la transformer en transformant déjà le plus petit et le plus proche. […] Ce choix se fait tous les jours ; parfois, à propos de détails. […] Mon choix d’une éducation libératrice des classes dominées s’inscrit, bien sûr, dans une histoire collective : ce choix ne peut émerger que parce que je développe avec d’autres, et pas seulement des enseignants, l’analyse critique des projets d’éducation et des enjeux de société qu’ils contiennent. Le tout en restant à la fois consciente de ma position sociale et le plus proche possible des actions et des points de vue des dominés. 9 » Nul doute que ce choix fera à nouveau réagir...

Grégory Chambat

Le logo qui accompagne ce billet est la couverture de la BD La Présidente, signée François Durpaire et Farid Boudjellal, Les Arènes, 160 p., 20 euros.

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 07:10

Abstention, la grande peur

mercredi 2 décembre 2015
par Patrick Mignard

Mais qui a peur au juste de l’abstention ? Et pourquoi ? L’abstention n’est pas, contrairement à ce que voudraient nous faire croire les politiciens, une marque de désintérêt de la chose publique… elle peut, certes, l’être, mais par les temps qui courent, elle signifie tout autre chose… le refus de jouer un jeu aux dés pipés et qui n’offre aucun avenir citoyen.

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article29969

n’est pas, contrairement à ce que l’on nous raconte une manière de « faire participer les citoyens aux décisions politiques, aux affaires publiques », elle est simplement une manière de déléguer des pouvoirs à des hommes et femmes désignés par des appareils politiques pour détenir, user et conserver le pouvoir. Les partis politiques sont devenus de simples syndicats d’intérêts permettant la promotion sociale de leurs dirigeants (des exemples ? Des noms ?). Les programmes et objectifs politiques sont, de fait, inexistants, ces partis se contentant de gérer un système économique où seul l’intérêt financier est pris en considération au mépris de l’intérêt général.

Que les politiciens tiennent à ce que les citoyens votent, on peut le comprendre, il y va de leur survie, de leurs intérêts. Les discours pseudo civiques des politiciens nous culpabilisent pour nous faire voter : la démocratie, celles et ceux qui sont morts pour elle, l’avenir de nos enfants, de la planète, etc. En réalité ils se moquent pas mal de tout ça… il suffit de voir ce qu’ils font, une fois au pouvoir. Si à une époque lointaine – au début de la République (encore que !...) le fait de déléguer à des représentants pouvait avoir une signification réelle, deux siècles de ce fonctionnement nous ont conduit à la catastrophe : guerres, répression, exploitation, destruction des conquêtes sociales, des services publics, échec de l’intégration républicaine, avec en bout de course ce qui nous « pend au nez »… l’arrivée d’un néofascisme au pouvoir.

L’abstention n’est que le produit d’une désespérance face à la cupidité, la trahison et la corruption d’une classe politique qui ne s’intéresse qu’à ses propres intérêts. Aujourd’hui, de plus en plus de citoyens font le raisonnement suivant : « À quoi bon voter pour, finalement, toujours les mêmes ou leurs clones. Les problèmes ne seront pas résolus. Voter pour ces gens par peur du néofascisme ne règle rien, ne résout rien car c’est rapporter à plus tard la même question. Voter c’est finalement se soumettre. On ne vote plus pour quelque chose, mais contre quelqu’un : la démocratie ne peut pas fonctionner ainsi ».

Le premier degré de la prise de conscience citoyenne est de ne pas donner une légitimité à une classe politique qui, dans son ensemble, a failli.

Patrick MIGNARD
30 novembre 2015

- Naomi Klein essayiste et activiste :: « Cette manifestation est un geste de défi » sur http://altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article29959

" Naomi Klein est l'une des critiques les plus populaires et les plus écoutées de la mondialisation néolibérale et des régressions autoritaires qui l'accompagnent. Après La Stratégie du choc sur le capitalisme du désastre, qui prospère sur les violences infligées aux sociétés (cataclysme, putschs, effondrements politiques…), elle a publié en 2014 Tout peut changer, qui décrit à quel point le dérèglement climatique impose une épreuve vitale au système capitaliste."(Médiapart)

29 novembre, la République placée en garde à vue

Comme d'autres anonymes, Andréa Fichot, avocat au Barreau de Paris, a bravé l'interdiction pour participer ce dimanche 29 novembre à la manifestation contre l'Etat d'urgence. Interpellé par les forces de l'ordre, il raconte les événements place de la République et ses 23 heures de garde à vue.

Je ne suis pas communiste, je ne suis pas écologiste. Pourtant, échaudé par l’appel de Manuel Valls aux députés afin qu’ils ne soulèvent pas l’inconstitutionnalité manifeste de la loi sur l’État d’urgence, choqué par la facilité avec laquelle la France compte s’affranchir de la Convention européenne des Droits de l’Homme, je me suis retrouvé place de la République, dimanche 29 novembre, aux côtés des militants du NPA pour manifester contre l’État d’urgence. J’ai assisté dans le cortège aux affrontements entre casseurs et forces de l’ordre ; et je l’ai suivi quand il s’est désintéressé de ces scènes où policiers et jeunes cagoulés aiment à jouer à la guerre, pour continuer à faire entendre son principal slogan : « État d’urgence, État policier, on ne nous enlèvera pas notre Droit de manifester ».

Je l’ai suivi jusqu’à cette souricière mise en place par les policiers qui, sans doute déçus d’avoir si peu interpellé de « black bloc », comme ils les appellent, ont trouvé en ce cortège pacifique et bien organisé, une cible facile, avec des vieux, des couples, des mères de famille, des militants qui ne se cagoulent pas, qui ne brûlent pas leur affaires pour se camoufler, et qui n’ont pas de sérum anti lacrymogènes. Il est 15h45 quand nous sommes définitivement bloqués et que commence officiellement, comme nous l’apprendrons plus tard, notre garde à vue. Perchés sur une corniche surplombant le cortège qui s’est transformé en môle, deux policiers en civil se révèlent à leurs collègues et quittent nos rangs. Les interpellations commencent.

Les vieux militants conseillent aux manifestants du dimanche comme moi de former une chaîne bras dessus bras dessous pour ne pas faciliter le travail des policiers, sans toutefois opposer de résistance offensive. Nous sommes environ 200 dans cette souricière avec paraît-il, Olivier Besancenot dans le lot. Je ne le vois pas. J’ai su plus tard qu’il faisait partie des derniers du groupe et que les policiers n’avaient pas osé l’interpeller. Notre nombre décroit assez vite à mesure que les forces de l’ordre extirpent sans ménagement un à un les manifestants. Puis la nuit tombe. Des manifestants sont reconduits dans le môle par les policiers. Plus de cars disponibles. Au bout de 3 heures dans le froid, la plupart d’entre nous sont volontaires pour être interpellés.

Nous sommes pour beaucoup conduits à Bobigny où nous sommes de nouveau parqués pendant plus de 3 heures dans le garage ouvert du commissariat, dans le froid, sans eau, sans nourriture, sans possibilité d’aller aux toilettes depuis plus de 6 heures, gardés par des membres de la BAC qui semblent presque nous en vouloir de ne pas être des « black bloc » mais des bobos parisiens qui n’avaient rien d’autre à faire de leur dimanche. Je suis jeune avocat et conseille à la plupart de mes co-gardés à vue, de ne pas répondre aux questions des policiers et d’user poliment de leur Droit au silence pour ne pas s’auto-incriminer, même si je leur précise que le Parquet ayant l’air d’être particulièrement sur les dents, cela pourrait conduire à une prolongation de garde à vue au delà de 24 heures. Je tâche de rester mesuré dans mes conseils, n’étant au fond qu’un débutant.

À 22h45, soit plus de 7 heures après le début de ma privation de liberté, on me notifie mon placement en garde à vue, ce qui est une aberration de la procédure pénale. On nous expliquera ensuite que des circonstances insurmontables ont fait que l’on n’a pas pu nous notifier notre garde à vue, et donc nos Droits avant cette heure tardive. C’est l’interprétation de la Préfecture de police et du Parquet, mais quand on est capable d’interpeller 200 personnes qui n’opposent aucune résistance, on est capable de leur notifier leurs Droits, de les nourrir et les les autoriser à faire leur besoin, État d’urgence ou pas. Nous sommes tous poursuivis pour « attroupement non armé », c’est-à-dire qu’on nous reproche d’avoir violé l’interdiction de manifester édictée par la Préfecture de police. Le Parquet sait donc qu’il n’y a aucun casseur parmi nous. Il a quand même décidé de tous nous placer en garde à vue, probablement sur ordre du ministère de la Justice pour rassurer les Français en faisant du chiffre : « On a arrêté des gens ».

Après encore une heure d’attente, nous sommes dispatchés dans différents commissariats, tous menottés, quel que soit le sexe ou l’âge. Je ne serai relâché pour ma part que 23 heures après le début de ma garde à vue, avec cinq autres participantes, dont une mère de famille et sa belle fille. Après au mieux le désintérêt des grands médias suscités par ces événements, au pire l’amalgame opéré avec les casseurs, je tenais à témoigner pour rappeler aux Français cette vérité crue : Sur plus de 300 gardes à vues prononcées, à 16 heures le 30 novembre, seules 9 ont été prolongées.

La veille, tandis que la plupart des « black bloc » s’évanouissaient dans la nature et qu’on s’émouvait de bougies piétinées, des manifestants pacifistes, dont c’était l’honneur de défendre les libertés et Droits fondamentaux en ces temps troublés, ont été réprimés puis mis aux arrêts pendant 24 heures par un gouvernement socialiste.

06 décembre 2015

Régionales premier tour : la démocratie prend le bouillon

http://yetiblog.org/index.php?post%2F1523

par Pierrick Tillet - Le monde d'après

Faut-il s’en étonner, la démocratie a encore pris le bouillon lors de ce premier tour des Régionales. Grand vainqueur une fois de plus, l’abstention : env. 50 %.

Ce qui revient à diviser par deux le score des listes arrivées en tête pour connaître leur véritable impact dans le pays.

Imaginez, les partis de pouvoir obtiennent respectivement le soutien de 13,5 % des inscrits pour le groupe de droite (LR and co), 11,35 % pour le groupe de (fausse) gauche (PS et satellites). Soit, pour les partis dits de gouvernement, un total misérable de moins d’un quart de la population en âge de voter.

Ne parlons même pas des “idiots utiles”, EELV et le FDG, complètement dans les choux à moins de 3% chacun. Mais là, pas d’étonnement non plus.

Le FN, grand triomphateur médiatique de la soirée, aurait pourtant grand tort de pavoiser. Dans une élection où sa position d’opposant énervé lui a très certainement valu de faire le plein des voix, il ne recueille le soutien que de 15,3 % de la population.

Une faillite démocratique qui ne touche pas que la France

Qu’on évite, je vous prie, de nous servir la sauce réchauffée de l’abstention irresponsable, la ritournelle faisandée des « qui ne vote pas consent » ou « doit fermer sa gueule ». Nous autres, les abstentionnistes militants, bien plus nombreux que vous, on se fout de vos leçons de morale à deux balles. La comédie a assez duré, nous ne jouons plus.

Ne venez pas nous dire que l’on se désintéresse de la politique, c’est faux. Quand le sujet est important, la plupart d’entre nous montons au taf : 30,6 % d’abstention seulement au référendum de 2005, 28 % au dernier référendum danois du 3 décembre sur l’Union européenne.

Car le phénomène du ras-le-bol de la comédie démocratique pipée ne touche pas que notre pays. Lors des dernières élections législatives portugaises, l’abstention dépassa les 40 %. En Égypte, pire encore, ils ne furent que 26,5 % d’électeurs à se mobiliser pour adouber la bande du général al-Sissi installée d’autorité sur les ruines de la révolution arabe.

Alors oui, on sait, les résultats n’empêchent pas les rescapés morveux de régner et de parader. Mais ceux-ci devraient prendre garde que plus de la moitié de leurs administrés les tiennent pour des imposteurs, des crétins et des malfaisants. Dans un système entièrement bâti sur la confiance et sur ses apparences, ça la fout très très mal.

Et devrait se payer un jour.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 07:50

ANTICOP21 Infos pratiques

Retour sur la journée de lutte du 29 novembre contre la COP21

Publié le 30 novembre 2015

République | COP21

Récit à plusieurs mains de la journée contre la COP21, à Paris le dimanche 29 novembre 2015.

Il est midi lorsque nous arrivons sur la place de la République et rien ne laisse présager le tournant que prendra cette manifestation dans quelques heures. Il n’y a pas grand monde, chacun vaque à ses occupations respectives : les uns entassant des chaussures chargées de manifester à la place de leurs propriétaires, les autres partant vers la chaîne humaine, d’autres encore buvant un thé ou cassant la croûte. Quelques militants sont regroupés autour d’une banderole tenue par les organisations libertaires (AL, CGA...) qui donnent de la voix. On peut même trouver un groupe de Japonais suffisamment déterminés à lutter contre le nucléaire pour venir jusqu’ici, en plein état d’urgence.

Pas très loin, un groupe de manifestants en soutien à la Palestine appelle à boycotter Israël et son occupation mortifère (le 29 novembre étant aussi la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien). Des touristes déposant des fleurs devant la statue de la République en hommage aux victimes des derniers attentats, des derviches tourneurs, des skaters, des badauds viennent compléter ce tableau, véritable inventaire à la Prévert.

Une chose est sûre : il y a des flics partout, plus d’une centaine de camionnettes entourent la place et pas seulement des playmobils antiémeute. Enormément de flics en civil sont disséminés dans la foule, la pesanteur de l’état d’urgence se fait bien ressentir... Impuissance du tas de chaussures, impuissance de la foule clairsemée, éclatée et surveillée. Il règne une sorte de flottement, chacun sachant les raisons pour lesquelles il est venu mais n’ayant aucune idée de la forme que vont prendre les choses. L’installation des cantines qui distribuent des super repas à prix libre permet de détendre provisoirement l’atmosphère. On s’assoit par terre, on se restaure, on prend des forces pour la suite.

Pendant ce temps, malgré l’interdiction et malgré la militarisation, la foule continue de grossir. Nombre de participants à l’éphémère chaîne humaine sont revenus, un peu frustrés. Quelques petits cortèges se forment, commençant à encourager les gens à manifester. Un peu avant 14 h, un mouvement un peu sérieux commence à se faire en direction du boulevard Magenta, et la foule, qui s’ennuie manifestement sur la place de la République, se met progressivement en marche, s’intégrant au cortège en cours de constitution.

La place est déjà bloquée à toutes ses issues, nous commençons donc par marcher sur son pourtour jusqu’alors laissé ouvert au trafic automobile. Etrange cortège qui se met en branle et tourne autour de la place, et donc autour de la République, manifestant en rond et en vain sans parvenir à trouver une issue. Dès 14 h, nous nous retrouvons absolument nassés. Impossible de quitter la place par les rues adjacentes, les sorties de métro sont elles aussi fermées à la demande de la pref. Voilà donc ceux et celles qui ont bravé l’état d’urgence, enfermés dehors. Nous scandons des slogans contre la COP21 et son monde étouffant, contre l’état d’urgence qui s’abat sur nous, contre la police qui, quand elle ne nous "protégeait" pas encore, assassinait Rémi Fraisse, perpétrait des crimes racistes. "Si on ne marche pas, ça ne marchera pas", "police partout, justice nulle part", "état d’urgence, État policier, on ne nous empêchera pas de manifester" ou encore le très sobre "liberté, liberté !" sont repris avec force.

Après avoir fait face aux barrages de CRS situés à l’entrée du boulevard Saint-Martin, de la rue du Temple, du boulevard du Temple et du boulevard Voltaire, nous nous engouffrons dans l’ouverture de l’avenue de la République, pas pour longtemps. La ligne de CRS est présente là aussi. Dans un premier temps les manifestants tentent de passer pacifiquement. Au bout de quelques secondes tout le monde est aspergé par des gazeuses.

Après une bonne dizaine de minutes de "contact" où certains et certaines essayent de déborder la ligne de CRS, les flics commencent à taper plus fort et à re-gazer abondamment les premiers rangs. Nous finissons par refluer sur la place, et c’est reparti pour un tour.

Rue du Faubourg du Temple, boulevard Magenta... Toujours à quelques milliers, dans une ambiance plutôt déterminée et joyeuse : on manifeste, malgré leur interdiction minable, nous les défions, sur cette place censée incarner la citoyenneté et l’unité nationale. Convaincus que nos idées sont importantes, qu’elles méritent d’être défendues en dépit de l’injonction venue d’en haut de nous regrouper autour de valeurs supposées communes. Nous sommes là pour dire nous ne voulons pas de leur protection, que nous n’approuvons pas leur déferlement sécuritaire, la répression des composantes les plus faibles et discriminées de la population. Pas de trêve entre nous et l’Etat ! Pas de complaisance envers le cirque de la COP21, la destruction concertée et mesurée du monde. Nous l’avions déjà dit il y a longtemps : la COP sera sociale ou ne sera pas !

Avant 15 h, nous sommes donc bel et bien enfermés place de la République. Ceux qui nous bloquent et nous lançent des gaz commencent à recevoir quelques projectiles. Rien de bien méchant, d’ailleurs, il n’y aurait apparemment aucun blessé de leur côté. A l’entrée de la rue du Temple, les projectiles qui leur pleuvent dessus commençent à se faire plus nombreux et ils nous renvoient donc les leurs. Assez graduellement mais dans un temps court ce sont d’abord quelques grenades lacrymogènes, puis des grenades offensives ou de désencerclement qui sont tirées en nombre. Des dizaines de projectiles en caoutchouc dur seront retrouvés plus tard sur la place. Les tirs se font de plus en plus tendus, au niveau des visages. Certains manifestants sont blessés par des éclats. Mais qui bloquait qui ? Qui défendait les pompiers pyromanes réunis au Bourget, censés oeuvrer pour le bien de l’humanité ? Qui s’est arrogé le droit d’assigner nos camarades à résidence, de les surveiller des mois voire des années à l’avance ?

Les grenades lacrymogènes continuent de pleuvoir, leurs gaz envahissant peu à peu toute la place, chassant notamment les personnes regroupées autour du mémorial pour les victimes du 13 novembre (la rue du Temple, d’où partaient les tirs, est à une centaine de mètres du monument). Le scénario qui se déroule ensuite rappelle les manifs de l’été 2014, quand le gouvernement Valls se plaisait à interdire les manifestations de soutien au peuple palestinien (il n’avait pas eu besoin d’état d’urgence pour ça) : gros nuage de gaz, les manifestants refluent, puis reviennent. La tension ne cesse évidemment de monter et chaque fois que les gaz se dissipent, les projectiles pleuvent plus drus sur les lignes policières, à différents endroits de la place. Sauf que cette fois, il n’y a pas que des mottes de terre disponibles sur cette place aseptisée. Les chaussures, qui demeuraient jusqu’à présent impuissantes, étalées dans un coin de la place, viennent à s’écraser sur les visières des CRS, retrouvant là leur vraie fonction.

Quelques bougies volent accompagnées de leurs bocaux en verre. Il ne faut pas y voir une marque d’irrespect envers les victimes du 13 novembre, nous sommes nombreux à trouver que le drapeau tricolore et l’état d’urgence insultent bien plus leur mémoire.

Puis les forces de l’ordre pénètrent sur la place de la République par centaines, d’abord depuis le boulevard Voltaire, puis par le boulevard du Temple, rabattant tout le monde sur leur passage, véritable déferlante de bleu, par laquelle l’Etat entend montrer son intransigeance envers toute forme de contestation. Ces deux lignes sont suivies par une cohorte de flics en civil, massés à l’entrée de l’avenue de la République, puis par les autres, encerclant tous les manifestants. Cette place, incontrôlable durant quelques instants redevient alors le piège prévu par l’urbanisme sécuritaire parisien.

S’étant rendus maîtres de l’espace, les flics font ce qu’ils veulent. Ils mattraquent à tout va, saccagent les fameuses bougies devant la statue de la République et mettent en nasse plusieurs centaines de personnes. Il y en aura deux : l’une à l’entrée de la rue du Faubourg-du-Temple, l’autre sur la place au niveau du boulevard Magenta.

La plupart des copines-copains énervé-e-s ont fait cramer leurs déguisements noirs dans une poubelle et au pied d’un arbre avant de se disperser et de quitter la place. Les deux jolis feux de joie sont bientôt éteints par les bleus. Restent les clowns, les pacifistes, les acrobates et pas mal d’entre nous qui, bien qu’encerclés, constatent que l’ambiance s’est un peu détendue. Les deux groupes nassés sont séparés, les chants rebondissent d’un côté et de l’autre, plutôt bon enfant. On se fout de la gueule des flics, l’attroupement prend des allures de spectacle de rue. Peu à peu ils resserrent la zone, les coups de matraques dans la tête, les gens traînés par terre, le gazage directement dans leurs yeux rappellent aux pacifistes assis sur le pavé qu’un CRS est toujours partant pour nous casser la gueule.

A partir de ce moment ce sera l’arbitraire le plus total. Certaines et certains sont envoyés dans différents commissariats, d’autres restent parqués. L’ambiance est assez surréaliste. Nous sommes environ 150 entourés d’un dispositif massif dans un coin de la place. Le campement s’organise sous le regard vitreux des soldats. On se retrouve à pisser contre le mur dont on comprend qu’il est celui de la caserne de République. Deux copains grimpent à l’arbre pour y planter un drapeau "Pace". Une sono a été nassée avec nous et le tout prend l’allure d’une rave partie où la drum & bass se ponctue de chants anti-flics. On bêle pour moquer ces moutons, on scande "Appellez la police, nous sommes séquestrés". Sur les portables, on apprend que Le Figaro nous traite "des manifestants les plus durs" et qu’Hollande nous trouve "scandaleux", ça fait rire tout le monde. Les flics réagissent régulièrement en attrapant au hasard l’un de nous qui est traîné dans un camion où il reste pendant des heures à communiquer avec ceux toujours dehors. Peu avant 20 h, les bleus tentent de communiquer avec nous au mégaphone alors qu’un deuxième bus est arrivé pour nous embarquer et que certains ont été violemment arrachés à la foule. On refuse de croire leurs mensonges et d’être libérés sans nos camarades. Deux couloirs sont finalement organisés et nous sommes libérés après une palpation assez légère et sans contrôle d’identité. Un CRS ravi nous lâche "allez à demain, on s’est bien marrés aujourd’hui".

Durant tout ce temps et jusqu’à la fin, les personnes qui avaient d’une manière ou d’une autre pu s’échapper du "grand ratissage" reviennent en soutien aux personnes nassées. Les profils sont très hétérogènes et, contrairement à ce qu’essayent de raconter la préf’ et les mass médias, il n’y avait pas que des encagoulés présents. De nombreuses personnes sont restées, se sont mises en danger, par soutien aux autres manifestants et pour défier l’état d’urgence. Une manif sauvage de 150 à 200 personnes s’est formée à ce moment-là derrière les barrages côté grands boulevards et est joyeusement partie défiler jusqu’à ce qu’elle soit rattrapée par les fics et dispersée vers Stalingrad. Malgré la répression aveugle de la préfecture de police qui aurait encore pu blesser grièvement un manifestant, il y avait quand même une certaine énergie sur la place où les clivages classiques entre gentils manifestants vs méchants encagoulés ont partiellement sauté devant l’urgence de la situation à ne pas abandonner la rue.
Gageons que cette énergie reste vivante dans les semaines et les mois à venir.

Ne nous leurrons pas : nous avons réussi à manifester, de diverses manières, mais nous n’avons certainement pas enrayé le programme en cours d’élaboration pendant cette conférence climatique, dont les objectifs actuels, 2 C° de réchauffement "seulement", stupidement criminels pour des millions d’êtres humains, ne seront pas même atteints. Programme délirant comprenant la promotion de solutions énergétiques de remplacement ultra dangereuses comme le nucléaire, des mesures d’apprentis-sorciers envisagées telles que la géo-ingéniérie mais (évidemment !) une absence totale de remise en question de la principale cause du changement climatique, la croissance industrielle infinie exigée par le capitalisme pour sa propre survie.

Les critiques qui ne manqueront pas de pleuvoir sur la supposée irresponsabilité des manifestants radicaux ne contribueront qu’à masquer davantage à quel point cette radicalité se place en-dessous de ce qu’une telle situation appellerait comme réactions de notre part. De cette journée du 29, il faut surtout retenir ce message : nous sommes déterminés à lutter, quels que soient les obstacles qui viendront entraver notre route. Reste à répondre à cette question, toujours en suspens : comment lutter ?

Des membres de l’automédia de l’assemblée parisienne contre la COP21

PS : à l’heure où cet article est publié (le 30 novembre), la police fait état pour la seule journée du 29 novembre de 341 interpellations, dont 317 suivies d’une garde-à-vue.

Lire aussi le communiqué du collectif de soutien aux manifestant-es ainsi que le suivi de la journée et de ses suites

COP21

[Vidéo] Banquet des ZAD et autres territoires en lutte // Versailles

Retour vidéo sur le ban­quet des zadis­tes devant le cha­teau de Versailles samedi 28 novem­bre 2015.

Assignation à la révolte

Je suis un parmi les 24 assi­gnés à domi­cile, même si le fait que mon nom soit devenu public, suite au com­mu­ni­qué de la Ligue des Droits de l’Homme, m’a mis en avant par rap­port à mes 23 co-assi­gnés.

Qui piétine qui ? Qui piétine quoi ? Libération immédiate de nos camarades arrêté-e-s et retrait des poursuites

Communiqué de la CGA Région pari­sienne suite à la répres­sion de la mani­fes­ta­tion contre la COP 21. Nous fai­sons suivre le compte rendu de la grève d’un col­lège et de la mobi­li­sa­tion sur Saint Denis, en soli­da­rité avec les arrê­téEs et pour exiger la libé­ra­tion de touTEs.

Bonjour le bilan carbone ! (une assignation à résidence en Ariège)

Récit d’une assi­gna­tion à rési­dence, dans le cadre de l’état d’urgence et de la COP21.

La COP 21 commence à peine et nous en sommes déjà exclus

J’ai mani­festé hier à République. Oui, j’ai mani­festé pour le climat et contre l’état d’urgence. Oui, j’ai mani­festé parce que je suis mili­tante envi­ron­ne­men­ta­liste et que l’immo­bi­lisme des diri­geants qui se réu­nis­sent aujourd’hui m’inquiète. Oui, j’ai mani­festé alors que la mani­fes­ta­tion était inter­dite.

Repas pour les activistes pendant l'anticop21 !

Annonce des cui­si­nes col­lec­ti­ves.

AG de l'assemblée parisienne contre la COP21

Assemblée géné­rale contre la COP21

Suite des réjouissances contre la COP21

La semaine der­nière a été riche en mobi­li­sa­tions. Après que les convois venues de toute le France aient convergé sur l’Île-de-France, un grand ban­quet s’est tenu devant le châ­teau de Versailles samedi. Plus tôt, la semaine "même pas cop" avait pro­posé de nom­breu­ses ren­contres à l’uni­ver­sité Paris 7 jusqu’à que celle-ci en réac­tion déclare la fac fermé. Enfin, diman­che, plus de 5000 per­son­nes ont mani­festé place de la République.
La COP ne fait que com­men­cer, d’autres ren­contres sont pré­vues cette semaine encore. Retrouvez toutes les mobi­li­sa­tions à venir dans cet arti­cle.

Malgré l'interdiction, des milliers de personnes ont manifesté à Paris contre la COP21

Depuis le début de la semaine la répres­sion s’est inten­si­fié sur les mou­ve­ments de contes­ta­tion contre la COP21. Après les convo­ca­tions arbi­trai­res et les assi­gna­tions à rési­dence un peu par­tout en France, la pré­fec­ture a aussi orga­nisé, depuis quel­ques jours, des raf­fles au faciès dans les rues et le metro de Paris de per­son­nes qui auraient de tête de ZADiste.

En bref :
ERRATUM RDV : Une AG a été anté­rieu­re­ment annon­cée pour ce mer­credi 2 décem­bre à Paris 7 mais elle n’est pas connue par les grou­pes locaux (qui appel­lent à ne pas s’y rendre par pru­dence).
jour­née du 01 dec. 2015 :

  • 16h : Des com­pa­ru­tions immé­dia­tes de mani­fes­tants arrê­tés diman­che sont pré­vues pour ce soir au palais de jus­tice de Paris.
  • 9h : Merci aux pro­ches des per­son­nes encore en garde à vue de pren­dre contact avec le col­lec­tif de sou­tien aux mani­fes­tants
  • 21h : La pré­fec­ture a annon­cée 317 GAV suite à la mani­fes­ta­tion sur la place de la République hier. Il y a également eu, à la connais­sance du col­lec­tif d’aide aux mani­fes­tants, 5 per­son­nes étrangères qui ont été envoyées en centre de réten­tion. A ce stade 2 d’entre elles sont sor­ties du CRA.
Appel à actions devant la centrale à charbon EDF de Cordemais (44)

En réponse à l’appel à actions décen­tra­li­sées "Etat d’urgence cli­ma­ti­que", nous appe­lons à un ras­sem­ble­ment devant la cen­trale à char­bon d’EDF à Cordemais dans le 44 pour dénon­cer l’hypo­cri­sie de leur monde et la des­truc­tion de notre envi­ron­ne­ment et de nos exis­ten­ces !
En pièce-jointe, l’appel en PDF en format tract à dif­fu­ser.

Appel à une rencontre inter-territoires en lutte le 2 décembre

Appel à une ren­contre inter-ter­ri­toi­res en lutte le 2 décem­bre à partir de 13h00 à la CNT 33 rue des Vignoles.

J'accuse Michel Cadot, préfet de police de Paris, de violences et de désinformation !

La pré­fec­ture de Police de Paris, consi­dé­rée comme un véri­ta­ble « État dans l’État », est gou­ver­née d’une main de fer depuis juillet 2015 par Michel Cadot.
Derrière chaque action, il y a des indi­vi­dus qui pren­nent des déci­sions, font des choix et doi­vent en assu­mer les actes !
Aujourd’hui comme hier, Michel Cadot est res­pon­sa­ble des humi­lia­tions et des vio­len­ces poli­ciè­res !

La police se lance dans le tri selectif des manifestants

Communiqué du col­lec­tif de sou­tien aux mani­fes­tants inter­pel­lés pen­dant la
COP 21.

Leurs urgences ne sont pas les nôtres

Réflexions sur l’urgence cli­ma­ti­que et l’urgence ter­ro­riste comme dis­po­si­tifs de gou­ver­ne­ment : ce qu’elles signi­fie pour l’Etat qui les décrète, ce qu’elles signi­fient pour nous qui en sommes la cible et leur arti­cu­la­tion lors de la tenue de la COP21.

Quelques remarques complémentaires sur l'assignation à résidence

L’assi­gna­tion à rési­dence est déci­dée par le minis­tre de l’Intérieur pour « toute per­sonne contre laquelle il existe une raison sérieuse de penser que son com­por­te­ment cons­ti­tue une menace pour la sécu­rité et l’ordre public ».

Tous les articles sur la COP21

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 03:15

Un pouvoir hors la loi, un État hors contrôle

27 novembre 2015 | Par François Bonnet

Deux semaines après les attentats du 13 novembre, la Ve République présente le visage hideux de la peur, de l’emballement guerrier et d’un pouvoir hors contrôle. Cette fuite en avant sécuritaire est porteuse de nouvelles crises. Qu'un gouvernement socialiste en soit l'acteur renvoie aux pires jours de la IVe République sous Guy Mollet.

Deux semaines après les attentats du 13 novembre, la V e République a donc radicalement changé. La voici qui présente le visage hideux de la peur, de l’emballement guerrier et d’un pouvoir hors contrôle. Qu’il est donc loin, «l’esprit du 11 janvier », célébré au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo puis de la tuerie antisémite au magasin HyperCasher de Vincennes ! Ce 11 janvier 2015, la société française se levait en masse, à l’occasion des plus grandes manifestations jamais survenues depuis l’après-guerre. Nous avions appelé à y participer (lire notre article ici) , non pas pour célébrer une quelconque «union sacrée», dont l’histoire nous enseigne qu’elle mène à la catastrophe, mais pour rendre hommage aux victimes, en premier lieu, et pour être de cet immense réveil citoyen qui submergea alors la simple parole politique.

Les ambiguïtés, les dissonances, les contradictions de ces rassemblements furent relevées et débattues. Mais au moins la société était-elle là, en première ligne, dans sa force et sa diversité, mettant au défi l’ensemble de la classe politique d’élaborer des réponses radicalement nouvelles, qui ne répètent pas les erreurs tragiques du passé. Celles commises par l’administration Bush au lendemain du 11 septembre 2001. Erreurs d’ailleurs inspirées par un autre naufrage, français celui-là : les pouvoirs spéciaux accordés à Guy Mollet en 1956 et l’engloutissement de la IV e République dans la guerre.d’Algérie (pour rappel, les conseillers de Rumsfeld, ministre de la défense de Bush, étudièrent de près la bataille d’Alger). [[lire_aussi]]

Ce pouvoir, qui semble se résumer depuis le 13 novembre à trois hommes, François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, n’a donc rien appris, rien retenu des crises passées qui aujourd’hui encore nous poursuivent. Le naufrage républicain de la guerre d’Algérie, le naufrage démocratique de l’après-11- Septembre : que faut-il donc de plus pour que ce pouvoir comprenne qu’il précipite le pays dans une zone de risques où, à la crise politique, se surajouteraient des déflagrations sociales ?

Il y a quelques mois seulement, au lendemain des attentats du 7 janvier, deux hommes avaient cadré les enjeux, et sans doute – avec beaucoup d’autres – endigué les tentations de fuite en avant du pouvoir. Le premier est Robert Badinter, qui avertissait alors : « Les terroristes nous tendent un piège. Ce n’est pas par des lois et des juridictions d’exception qu’on défend la liberté contre ses ennemis »

(son texte est à lire ici)

. Le second est Dominique de Villepin : « Résistons à l’esprit de guerre. La guerre contre le terrorisme ne peut pas être gagnée, il n’y a pas de contre-exemple. Il faut une stratégie politique et une capacité à penser au-delà»

(lire ici une de ses récentes tribunes).

Parleraient-ils aujourd’hui que ces deux anciens responsables politiques seraient au mieux ignorés, au pire accusés de laxisme, angélisme, traîtrise, irresponsabilité... Toutes ces formules qui, quand elles ne sont pas formulées directement par le gouvernement, sont énoncées par des médias ayant aussitôt revêtu l’uniforme et brandi le drapeau tricolore.

N’en déplaise à Robert Badinter et Dominique de Villepin, voilà donc la France précipitée et dans la guerre, et sous un régime d’exception. C’est le choix d’un pouvoir faible, inquiet, qui par cette violente fuite en avant tente de se sauver en se barricadant derrière l’état d’urgence. L’état d’urgence de douze jours (tel que limité par la loi de 1955) aurait pu être exclusivement motivé par des impératifs sécuritaires. Complété, renforcé et prolongé de trois mois (voire plus, disent déjà des responsables), le voilà destiné à deux autres fonctions : museler la société en installant durablement cet état de peur qui tétanise ; interdire ou à tout le moins limiter les indispensables questionnements sur les choix politiques faits depuis des années. Au-delà de l’engagement du pays dans une guerre – choix jamais véritablement discuté et expliqué –, la réponse au terrorisme est donc la mise entre parenthèses de notre démocratie. Après l’État de droit, voici l’État hors la loi. C’est un choix revendiqué par le Premier ministre. Se sentant sans doute à l’étroit entre François Hollande et Bernard Cazeneuve, Manuel Valls a bruyamment défendu l’instauration de ce régime d’exception, tout à son rôle de «Monsieur +»

Un abandon de l'Etat de droit signifié au Conseil de l'Europe

D’abord en demandant aux députés qui examinaient la nouvelle loi sur l’état d’urgence de «ne pas faire de juridisme». «Avançons !» , a-t-il insisté pour faire taire les rares parlementaires qui s’inquiétaient de dispositions liberticides en rien liées à la lutte contre le terrorisme. Le premier ministre n’a pas eu à insister tant le parlement avait hâte de s’incliner, et ce jusqu’aux députés communistes qui ont voté sans rechigner l’état d’urgence comme ils avaient voté les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet en 1956. «Jamais dans un passé récent des décisions aussi graves n’auront été approuvées avec une telle célérité par les parlementaires de droite comme de gauche. Tous prétendent commander aux événements ; ils ne font que s’y soumettre car ils ont peur» , note l'universitaire Olivier Le Cour Grandmaison.

(à lire son billet sur l'article original de Mediapart)

.

Ensuite, Manuel Valls a pris soin de prévenir les mêmes parlementaires qu’ils devaient se garder de saisir le conseil constitutionnel, car cette loi d’exception ne passerait pas le filtre de la loi;fondamentale. «Il y a des mesures qui ont été votées à l'Assemblée nationale qui ont une fragilité constitutionnelle» , a-t-il expliqué aux sénateurs. « Si le Conseil répondait que la loi révisée est inconstitutionnelle sur un certain nombre de points, cela peut faire tomber 786 perquisitions et 150 assignations à résidence déjà faites.» Parmi ces points : la mise sous bracelet électronique d’une personne condamnée pour terrorisme et ayant purgé sa peine depuis moins de huit ans ; et la possibilité d’une dissolution administrative des associations...

Enfin, cet abandon de l’État de droit a été officialisé par la France auprès du Conseil de l’Europe. Dans une lettre à cette institution, le gouvernement annonce qu’il assume de s’affranchir de la Convention européenne des droits de l’homme. Une telle demande de dérogation est obligatoire pour pouvoir éviter d’éventuels procès devant la Cour européenne des droits de l’homme. Du coup, le pouvoir reconnaît que « certaines d’entre elles (les mesures liées à l’état d’urgence) sont susceptibles d’impliquer une dérogation aux obligations» de la convention européenne.

Cet état d’urgence installe un État hors contrôle. Au- delà des minces barrières de la justice administrative, telles que définies dans le nouveau texte, l’appareil d’État est libéré de toute contrainte et tout contrepoids. Ces quinze derniers jours en ont déjà donné l’illustration. Confiées aux seuls préfets, les décisions de perquisitions administratives et d’assignations à résidence ont provoqué une surenchère zélée.

«Oui, c’est une pêche au chalut !» , reconnaissait un préfet cité dans cette enquête de Mathilde Mathieu . Près de 300 personnes ont été assignées à résidence et plus de 1600 perquisitions ont été conduites depuis le 13 novembre : des personnes enregistrées comme «fiches S», mais aussi des maraîchers bios, des squatteurs, des militants associatifs, des activistes du climat... Un ratissage large, permettant aussi aux forces de police de régler hors procédure judiciaire de vieilles affaires (stupéfiants, petite et grand délinquance) et aux renseignements de peaufiner la surveillance de tel ou tel groupe ( lire ici notre observatoire «L’état d’urgence dans tous ses états» ). L’administration est très vite allée plus loin que ce que le texte d’exception autorise. Des mouvements sociaux ont été ciblés, des territoires entiers deviennent zones interdites ( c’est le cas du plateau de Saclay – lire ici ). «La lutte contre le terrorisme n’est ici qu’un prétexte pour interdire toute voix dissonante. Comme nous l’avions craint, l’état d’urgence s’accompagne de mesures de plus en plus arbitraires , note ce vendredi la Ligue des droits de l’homme. Le ministre de l’Intérieur perd ses nerfs, confond et assimile le mouvement associatif au terrorisme.»

-Urgence-toute,la REVUE de Détail sur la "vocation" répressive de Hollande en quelques liens:

La logique de l’autoritarisme
http://blog.nkb.fr/la-logique-de-l-autoritarisme/

Le communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme:
http://www.ldh-france.org/ministre-linterieur-perd-ses-nerfs-confond-assimile-mouvement-associatif-au-terrorisme/

Un entretien de Joël pour France TV Info:
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/etat-d-urgence-en-france/etat-d-urgence-un-militant-ecologiste-assigne-a-residence-en-pleine-cop21-denonce-une-mesure-d-intimidation_1194895.html

Une tribune de Bruno Latour sur l'urgence du changement climatique et
l'état d'urgence: http://www.reporterre.net/L-autre-etat-d-urgence

Perquisition administrative chez des maraîchers bio : « Ils s’attendaient
à quoi, des légumes piégés ? »
http://www.bastamag.net/Perquisition-administrative-chez-des-maraichers-bio-Ils-s-attendaient-a-quoi

Libre-circulation suspendue : les défenseurs du climat ne seront pas les
bienvenus en France pour la COP 21
http://www.bastamag.net/Le-gouvernement-francais-instaure-le-controle-aux-frontieres-pour-sa-conference

La France prévient officiellement qu’elle ne respectera peut-être pas les
droits de l’Homme
http://www.bastamag.net/La-France-previent-qu-elle-risque-d-enfreindre-les-droits-de-l-Homme-Le-France

politis‎/ La France a informé le Conseil de l'Europe « de sa décision de déroger à la convention ..L’état d’urgence face au terrorisme tourne à la répression des mouvements
sociaux

État d'urgence : La France dérogera à la convention européenne des Droits de l'Homme

Yahoo Sport‎ -

Etat d'urgence : la France prévient qu'elle dérogera à la Convention des droits de l'Homme

L'Express‎ -

Strasbourg - Etat d'urgence: la France invoque des "dérogations" sur les droits de l'Homme

Article de Francetvinfo : http://www.francetvinfo.fr/…/etat-d-urgence-a-quoi-peut-res…

http://www.bastamag.net/Premieres-convocations-policieres-pour-avoir-enfreint-l-interdiction-de

Les 40 marches pour le climat ont été interdites, des écologistes assignés
à résidence
http://www.bastamag.net/Les-40-marches-pour-le-climat-ont-ete-interdites-des-ecologistes-assignes-a

COP 21 : les renseignements font la tournée des squats du 94
https://paris-luttes.info/cop-21-les-renseignements-font-la-4205

Appel à braver l’état d’urgence
http://marchesurlacop.noblogs.org/post/2015/11/27/appel-a-braver-letat-durgence/

En prison chez moi pendant trois semaines
https://paris-luttes.info/en-prison-chez-moi-pendant-trois-4306

Société de surveillance ou société surmoïque ?
http://www.voltairenet.org/article189452.html

Entretion avec Christine Lazerges, Présidente de la Commission
nationale consultative des droits de l'homme.
http://www.liberation.fr/france/2015/11/27/christine-lazerges-sur-l-interdiction-de-manifester-on-sent-vraiment-l-atteinte-aux-libertes_1416591

Honte à l’État français et à ceux qui le soutiennent
http://blogyy.net/2015/11/24/honte-a-letat-francais-et-a-ceux-qui-le-soutiennent/

L’exacerbation de l’émotion peut être le pire des remèdes
Une atmosphère dangereuse et irrespirable
http://www.legrandsoir.info/une-atmosphere-dangereuse-et-irrespirable.html

Attaques terroristes, état d’urgence, crise écologique et fascisation :
combattre l’exterminisme capitaliste - entretien avec Georges Gastaud
http://www.legrandsoir.info/attaques-terroristes-etat-d-urgence-crise-ecologique-et-fascisation-combattre-l-exterminisme-capitaliste-entretien-avec-georges.html

Guerre-terrorisme-guerre-terrorisme... Sortir de l’engrenage
http://www.alternativelibertaire.org/?Guerre-terrorisme-guerre

L’Ur-fascisme Le Fascisme Primitif ou Eternel
http://japonde.canalblog.com/archives/2011/04/30/21018066.html

Malgré l’interdiction, des milliers de personnes manifestent à Paris
contre la COP21
https://paris-luttes.info/malgre-l-interdiction-des-milliers-4341

Il est fascisme moins le quart

http://babordages.fr/il-est-fascisme-moins-le-quart/

2015-11-29 (cm) Internement psychiatrique et suspension de l’état de droit en France

http://psychiatrie.crpa.asso.fr/523 /

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 08:00

COP21 : l’interdiction des manifestations est un abus de pouvoir

Naomi Klein, journaliste canadienne, auteure, cinéaste et militante altermondialiste considère l’interdiction de manifester pendant la conférence Climat comme un révélateur des injustices politiques actuelles. « Encore une fois, un pays occidental riche place la sécurité des élites devant les intérêts de ceux qui se battent pour leur survie. Encore une fois, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre ne compte pas. »

Qui protège-t-on, quand on cherche à assurer la sécurité par tous les moyens nécessaires ? Et qui est sacrifié, alors que l’on pourrait faire beaucoup mieux ? Ces questions sont au cœur de la crise climatique. Les réponses sont la raison pour laquelle les sommets du Climat finissent si souvent dans l’acrimonie. La décision du gouvernement français d’interdire les manifestations, marches et autres « activités en extérieur » pendant le sommet du Climat est perturbante à plusieurs niveaux. Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’elle reflète l’injustice fondamentale de la crise climatique elle-même, et cette question centrale : qui sont les personnes dont la sécurité est considérée importante dans notre monde asymétrique ?

La première chose à comprendre, c’est que les personnes exposées aux pires effets du dérèglement climatique ne peuvent quasiment pas se faire entendre dans le débat public occidental, quand on se demande s’il faut agir sérieusement pour empêcher un réchauffement catastrophique. Les gigantesques sommets du climat comme celui que Paris s’apprête à accueillir sont de rares exceptions. Pendant deux petites semaines, les voix de ceux qui sont touchés, en premier et le plus fort, ont un peu de place pour se faire entendre là où des décisions majeures sont prises. C’est pour cette raison que des habitants des îles du Pacifique, des chasseurs Inuits et des personnes de couleur pauvres vivant à la Nouvelle Orléans parcourent des milliers de kilomètres pour y participer. Participer à ce sommet est une précieuse occasion pour parler du dérèglement climatique du point de vue de la morale, et de mettre des visages humains sur la catastrophe en train de se produire.

Le deuxième point important c’est que même lors de ces rares moments, les voix de ceux qui se trouvent en « première ligne » n’ont pas assez de place dans les réunions officielles, où dominent les gouvernements et les ONG les plus riches. Les voix des gens ordinaires s’expriment surtout dans les rassemblements de base qui se tiennent parallèlement au sommet, ainsi que dans les manifestations et les moments de protestation qui attirent de cette manière l’attention médiatique. Or le gouvernement français a décidé de confisquer le plus puissant de ces porte-voix, en affirmant qu’assurer la sécurité des manifestations mettrait en péril sa capacité à garantir la sécurité de la zone du sommet officiel où les dirigeants politiques vont se rencontrer. Certains disent que cela se justifie dans la situation de riposte contre la terreur. Mais un sommet du climat des Nations-Unies n’est pas comme une réunion du G8 ou de l’Organisation Mondiale du Commerce, où les puissants se rencontrent et ceux qui n’ont pas de pouvoir tentent de gâcher leur fête. Les évènements concomitants de la « société civile » ne sont pas un ajout ou une distraction de l’évènement principal. Elles font intégralement partie du processus. C’est pourquoi le gouvernement français n’aurait jamais dû être autorisé à décider quelle partie du sommet il annule, et quelle partie il continue d’accueillir.

Après les épouvantables attaques du 13 novembre, il aurait plutôt dû décider s’il avait la volonté et la capacité d’accueillir tout le sommet, avec la pleine participation de la société civile, y compris dans les rues. S’il ne le pouvait pas, il aurait dû y renoncer et demander à un autre pays de le remplacer. Pourtant, le gouvernement de François Hollande a pris une série de décisions qui reflètent une échelle de valeurs et de priorités très particulières quant à qui et quoi obtient la pleine protection de sa sécurité par l’État. Oui aux dirigeants du monde, aux matchs de foot et aux marchés de Noël. Non aux manifestations pour le climat et aux rassemblements qui reprochent aux négociations, compte-tenu du niveau des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, de mettre en danger la vie et les conditions de vie de millions, si ce n’est de milliards de personnes. Et qui sait où cela finira ? Doit-on s’attendre à ce que l’ONU révoque arbitrairement les accréditions de la moitié des participants de la société civile ? Ceux qui semblent le plus susceptible de causer de l’agitation à l’intérieur du sommet bunkerisé ? Je n’en serais pas du tout étonnée.

Il est important de réfléchir à ce que l’annulation des manifestations et protestations signifie en réalité et au plan symbolique. Le dérèglement climatique est une crise morale car à chaque fois que les gouvernements des pays riches échouent à agir comme il le faudrait, ils envoient le message que nous, au Nord, plaçons notre confort immédiat et notre sécurité économique devant la souffrance et la survie de certains des habitants les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète. La décision d’interdire les espaces les plus importants où les voix des personnes affectées par le climat auraient pu s’exprimer, est l’expression dramatique de cet abus de pouvoir profondément non éthique. Encore une fois, un pays occidental riche place la sécurité des élites devant les intérêts de ceux qui se battent pour leur survie. Encore une fois, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre ne compte pas. Un dernier point : j’écris ces lignes depuis Stockholm, où je participe à une série d’événements publics sur le climat. Quand je suis arrivée, la presse s’excitait autour d’un tweet envoyé par la ministre de l’Environnement, Asa Romson. Peu après la nouvelle des attentats de Paris, elle a tweeté sa colère et sa tristesse face à ces morts. Puis, qu’elle pensait que c’était une mauvaise nouvelle pour le sommet du climat, une pensée qui a traversé l’esprit de tous ceux que je connais, et qui ont un rapport avec le sommet du climat. Pourtant, elle a été jetée au pilori à cause de son insensibilité supposée : comment pouvait-elle penser au dérèglement climatique alors que venait de se produire un tel carnage ?


Cette réaction est révélatrice de l’idée que le changement climatique est une question mineure, une cause sans véritables victimes, un événement futile. En particulier quand les problèmes sérieux de la guerre et du terrorisme sont au centre de l’attention. Cela m’a fait penser à ce que l’auteure Rebecca Solnit a écrit récemment : « le dérèglement climatique est une violence ». C’est une violence. Une partie de cette violence est infiniment lente : la montée du niveau des mers qui efface peu à peu des nations, les sécheresses qui tuent des milliers de personnes. Cette violence est aussi terriblement rapide : les tempêtes qui portent les noms de Katrina et Haiyan emportent des milliers de vies en un seul instant ravageur. Quand les gouvernements et les grandes entreprises échouent en conscience à agir pour empêcher la catastrophe du réchauffement, c’est un acte de violence. C’est une violence si grande, si mondiale, et infligée à tant de périodes temporelles à la fois (cultures anciennes, vies présentes, futur potentiel) qu’il n’existe pas encore de mot capable de décrire toute cette monstruosité. Faire preuve de violence pour réduire au silence ceux qui sont le plus vulnérables à la violence climatique est une violence de plus.

Pour expliquer pourquoi les matchs de foot se tiendraient comme prévu, le ministre français des Sports a déclaré : « la vie doit continuer ». Oui, c’est vrai. C’est la raison pour laquelle j’ai rejoint le mouvement pour la justice climatique. Parce que quand les gouvernements et les grandes entreprises échouent à prendre en compte toutes les vies sur Terre, ils doivent être contestés.

Traduction de Jade Lindgaard

blogs.mediapart.fr

Néofascisme : glissement progressif vers la catastrophe
21 novembre 2015

Par Patrick Mignard

Est-il encore besoin d’analyser le lien qui existe entre crise économique et sociale et montée du fascisme ? Apparemment oui !... L’évolution des évènements politiques et leurs échéances à court terme sont, dans ce domaine, on ne peut plus inquiétantes. La montée du néofascisme, aujourd’hui, en France et de manière générale en Europe est un fait incontestable. Appelons-le néofascisme pour ne pas tomber dans l’erreur qui consisterait à plaquer sur la réalité contemporaine des schémas (…) http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article29870

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 16:39

L’état censure la mobilisation citoyenne pour le climat à Montpellier

Nous avons appris avec stupéfaction ce mercredi, par un simple communiqué de presse de la préfecture de l’Hérault, que la marche pour le climat qui devait se tenir dimanche 29 novembre à Montpellier était purement et simplement interdite.

Le collectif Climat montpelliérain, regroupant plus de 100 organisations locales et qui appelait à cette grande mobilisation citoyenne pacifique et non violente, exprime sa profonde colère contre ce qu’il qualifie d’acte de censure politique.

En effet, les termes de Monsieur le Préfet de l’Hérault sont sans équivoques lorsqu’il appelle à l’interdiction des « manifestations, cortèges et rassemblements tendant à l’expression de revendications ou d’opinions », au nom de la sécurité publique.

Ainsi, toutes les opérations commerciales (fête des vignes) ou sportives (plus de 1500 personnes attendues au 20km de Montpellier dimanche) prévues ce week-end sur Montpellier sont pour leurs parts et contre toutes logiques maintenues !

Le collectif, s’il prend acte de cette interdiction et annule son appel à manifestation ce dimanche, reste déterminé à alerter et à mobiliser les citoyens sur l’urgence de la crise climatique.

Face à cette interdiction, le collectif réfléchit donc aux actions et initiatives qu’il pourrait organiser sur Montpellier pendant la COP21 pour :

– exiger des gouvernants et des instances mondiales qu’ils prennent enfin des décisions efficaces pour limiter la hausse des températures sur la planète ;

– démontrer notre détermination à changer ce système – responsable à la fois du dérèglement climatique et d’innombrables injustices sociales – et affirmer l’existence d’alternatives concrètes.

Nous sommes en ÉTAT D’URGENCE CLIMATIQUE : plus que jamais la société civile, unie et solidaire a le devoir de faire entendre les exigences citoyennes avant, pendant et après la COP21.

Nous ne nous laisserons pas bâillonner !

https://alternatiba.eu/montpellier/letat-censure-la-mobilisation-citoyenne-pour-le-climat-a-montpellier/


Avant la COP21, des messages d'espoir avec ce film et faire entendre sa voix en ce temps d'état d'urgence climatique !
C'est ce jeudi 26 novembre à 20h 30 au Palace de Sète
This changes everything
d'Avi Lewis
Documentaire, USA, Canada, 2015, 89 mn
D’après le livre de Naomi Klein.

Le changement que la crise climatique nous impose n’est peut-être pas à redouter : il est la chance de reconstruire nos systèmes politiques et économiques défaillants avec des alternatives qui amélioreront notre qualité de vie, notre bien-être et notre lien aux autres.

Crise économique, crise écologique : n’est-il pas temps de constater l’échec et de repenser radicalement nos systèmes politiques et économiques autour de valeurs positives et non plus destructrices ? La crise climatique impose avec force le changement. Serait-ce finalement une chance de tout remettre à plat et de repartir sur de meilleures bases en oubliant concurrence, compétition, profits, spéculation...

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce l’interdiction des manifestations dans le cadre de la COP21

Communiqué du 23 novembre 2015

> Comment je peux agir malgré l’état d’urgence

Le Réseau “Sortir du nucléaire" s’indigne de l’interdiction des manifestations prévues dans le cadre de la COP21. Il appelle à se mobiliser à travers tout le pays, afin de dénoncer les manœuvres destinées à imposer le nucléaire comme solution au dérèglement climatique !

Tristesse et colère suite aux attentats

Le Réseau exprime sa profonde tristesse face aux attentats ignobles qui ont frappé à Paris et à Saint-Denis ce 13 novembre. Alors que 130 personnes sont mortes et plus de 350 ont été blessées, notre soutien va aux familles et aux proches des victimes.

Mais de ces terribles évènements, le pouvoir politique se sert maintenant afin de museler ses opposants lors de la COP21. Nous ne pouvons pas l’accepter !

Non à l’interdiction des mobilisations !

En réaction à ces événements tragiques, le gouvernement a donc décidé d’interdire les manifestations prévues le 29 novembre et le 12 décembre par les associations et ONG. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement l’interdiction de ces mobilisations sous prétexte de l’état d’urgence. Ces manifestations non violentes devaient rassembler des dizaines de milliers de personnes du monde entier. Comment le gouvernement peut-il prétendre se battre au nom des libertés et exiger des citoyens qu’ils restreignent leur liberté d’expression ?

L’interdiction de ces mobilisations – qui gênaient déjà le gouvernement avant les attentats – est en fait motivée par des arguments bien plus politiques que sécuritaires. Comment expliquer sinon l’interdiction de mobilisations citoyennes et le maintien d’événements à caractère commercial comme les marchés de Noël, pourtant extrêmement difficiles à sécuriser ? Alors que se multiplient les injonctions à « continuer de vivre », comment peut-on interdire ainsi la tenue d’une mobilisation d’ampleur et porteuse de sens ? Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle les préfets à ne pas céder à cette logique de « deux poids deux mesures » et à autoriser les rassemblements.

Plus que jamais, mobilisons-nous face à l’état d’urgence climatique et contre le nucléaire !

Dans ce contexte tragique, le message pour le refus des fausses solutions climatiques comme le nucléaire prend plus que jamais toute sa pertinence. Nous ne laisserons pas la COP21 se résumer aux discours officiels. La France prétend protéger le climat et assurer la sécurité des citoyens tout en continuant à acheter du pétrole aux régimes qui financent le terrorisme, et à chercher à leur vendre des centrales… Quelle hypocrisie ! D’autant qu’en prolongeant le fonctionnement de ses réacteurs vieillissants et dangereux, elle fournit des cibles potentielles pour les terroristes. Les risques que le nucléaire, tant civil que militaire, fait courir aux populations, sont totalement inadmissibles.

Plus que jamais, nos combats sont d’actualité. En lien avec la Coalition Climat 21, nous poursuivrons les mobilisations, partout et où que nous soyons, pour continuer à faire entendre notre message !

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à participer massivement au Village Mondial des Alternatives les 5 et 6 décembre, au Climat Forum à Montreuil et à la Zone Action Climat à Paris du 7 au 11 décembre. Il appelle à manifester partout sur le territoire où ce sera possible entre le 29 novembre et le 12 décembre. Aux côtés de nos partenaires internationaux, nous y porterons haut et fort notre message : le nucléaire ne sauvera pas le climat !

Malgré les manœuvres gouvernementales et la mise en place d’un état d’exception inacceptable, nous continuerons notre lutte contre le plus grand risque industriel et militaire que l’humanité ait jamais produit et dont la France est le plus zélé représentant : le risque atomique.

Contact : 06 38 81 98 06

Chargée des groupes et actions : 07 60 15 01 23

-Article de Politis:

COP 21 : manifestations interdites dans toute la France
http://www.politis.fr/COP-21-manifestations-interdites,33157.html

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 16:18

Régionales 2015

Référendum Populaire pour un Vote blanc ayant valeur de suffrage exprimé

La Révolution tranquille « par les urnes »!

« Voter est un Droit...C’est surtout un Devoir »

«85% des Français souhaitent que le vote blanc ait valeur juridique de suffrage exprimé.»

(Sondage IFOP septembre 2014)

La loi votée en 2014 a refusé d’accorder ce statut à cette expression pour laquelle milite depuis 1989, l’association citoyenne «non partisane» Blanc c’est exprimé.

Le refus opposé est un déni de démocratie.

Il démontre la complicité et l’irresponsabilité des parlementaires qui ont voté cette loi inique pour seulement sauvegarder l’intérêt financier de leurs partis.

.../...

Pour être respectés

Les Citoyens peuvent et doivent reprendre le pouvoir

«Par les Urnes»

Pas dans la rue»!

Voir la suite

Sur le site NETWORK VISIO

http://www.politicvisio.com/blanc-c-est-exprime/journal.html

Saint-Brieuc 25 novembre 2015

Gérard GAUTIER

Ancien Conseiller Régional de Bretagne

Président Mouvement « BLANC C’EST EXPRIME »

18 rue de Penthièvre 22000 Saint-Brieuc Téléphone : 02.96.33.50.34

SITE : www.blanccestexprime.fr COURRIEL : blanccestexprime@wanadoo.fr

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 08:23

Infos locales Migrations - sans-papiers

Manifestation de solidarité avec les migrants

Publié le 21 novembre 2015 | Maj le 22 novembre

Bastille | migrants | Attentats de Paris

Après les terribles attentats qui ont endeuillé Paris, les organisateurs de la manifestation du 22 novembre appellent plus que jamais à manifester en solidarité avec les migrants. Qu’ils soient nommés réfugiés, migrants ou sans-papiers, ils sont, eux aussi, des victimes des guerres, des violences et de la misère qui les ont contraints à quitter leurs pays. Cette manifestation réaffirme notre solidarité et participe aussi de la réponse aux attentats qui ont ensanglanté Paris. Malgré l’état d’urgence, la manif est maintenue. Suivi de la manif :

  • 16h20 : la manif se termine place de la République.
  • 16h15 : la manifestation arrive sur la Place de la République et bouche le Boulevard du Temple, vers Bastille. Les flics sont bloqués, et ne peuvent intervenir sans troubler les hommages aux victimes du 13 novembre.
  • 16h05 : la ligne policière dépassée, pas loin d’un millier de personne s’est mis à courir vers la Place de la République au slogan "état d’urgence, état policier, vous ne nous empêcherez pas de manifester !"

Fil d’info continu de la manif :

  • 16h20 : la manif se termine place de la République.
  • 16h05 : la ligne policière dépassée, pas loin de 500 personnes s’est mis à courir vers la Place de la République au slogan "état d’urgence, état policier, vous ne nous empêcherez pas de manifester !"
  • 16h00 : la ligne des flics est débordée et forcée, le cortège avance
  • 15h55 : ça gaze au poivre de cayenne, repli vers bastille
  • 15h45 : Un mouvement de plusieurs centaines de personnes se lance vers le Bld Beaumarchais mais risque de se faire nasser par les flics. Pas mal de monde reste sur la place de la Bastille, la manifestation est divisée entre le cortège qui part en manifestation et celleux qui restent.
  • 15h30 : "De l’air, de l’air, ouvrez les frontières !", les slogans commencent à fuser * 15h15 : Le rassemblement devant les marches de la Bastille réunit déjà 500 à 1000 personnes. Peu de présence policière aux environs.

Un drame se déroule aux portes de l’Europe. Fuyant les guerres et les crises des millions de personnes quittent leur pays. Des milliers d’entre elles viennent trouver refuge vers l’Europe. La seule réponse qui leur est faite est la fermeture des frontières.

Des drames se déroulent aussi au cœur de l’Europe. Aujourd’hui à Calais près de 7 000 personnes vivent dans des conditions effroyables, tandis qu’à Paris nombre de migrantEs se retrouvent à la rue. Nous ne pouvons accepter que des gens soient condamnés à vivre dans de telles conditions.

Nous dénonçons les politiques française et européenne qui créent ces situations à Calais comme aux portes de l’Europe.

Nous demandons immédiatement des conditions d’accueil dignes pour tous et toutes. Qu’ils/elles soient nomméEs réfugiéEs, migrantEs ou sans-papiers, nous exigeons des droits égaux pour touTEs, des titres de séjour, l’accès aux soins et au logement.

Aujourd’hui l’Europe a fait la preuve de son incurie. Il faut supprimer le règlement de Dublin et démanteler Frontex qui sont les premières causes des drames que vivent aujourd’hui les migrants.

Nous appelons à manifester le dimanche 22 novembre 2015 à 15h

Au départ de la place de la Bastille (arrivée Place de la République)

Premiers signataires :

ATMF, Attac, BAAM (Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants), CGA, CGT Educ’action 93, CISPM, CNDF, CSP 75, Collectif Avenir Educs, Collectif Austerlitz, Collectif 3 C, Collectif Sans-Voix Paris 18, Collectif 20 e solidaire avec les migrants, Collectif de solidarité aux réfugiés de Gennevilliers, DAL, Droits devant !!, Écologie sociale, EÉLV Paris, Ensemble !, EuroPalestine, Fasti, Fédération anarchiste, Femmes migrantes debout, Femmes égalité, Gisti, IJAN, LDH, 8 Mars Pour TouTEs, Mouvement Utopia, MRAP (fédération de Paris), NPA, PCF, PCOF, PG, RESF, SNPES-PJJ-FSU IDF, STRASS, SUD éducation, UD CGT Paris, UJFP, Union des syndicats CNT de la région parisienne, Union syndicale Solidaires...

Manifestation au départ de la place de la Bastille (arrivée Place de la république)

-Autre :Suite aux attentats, le nouveau visage de la mobilisation citoyenne
http://www.reporterre.net/Suite-aux-attentats-le-nouveau-visage-de-la-mobilisation-citoyenne

Dossier : Guerre, terrorisme et droit d’exception

Contre le terrorisme, la législation d’exception ?

Entretien avec François Saint-Bonnet

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 09:05

pétition pour une commission d'enquête parlementaire sur les attentats du 13 novembre via la Quadrature du Net

https://community.sumofus.org/petitions/pour-une-commission-d-enquete-parlementaire-sur-les-attentats-du-13-novembre

(Info locale :Aujourd'hui dimanche 22/11, pendant la projection-débat du film "L'élan"et des Initiatives décroissantes pour le climat, à l'Utopia, entre 10h et 13h, Montpellier-Décroissance tiendra un stand de livres sur la décroissance et la crise climatique dans le hall du cinéma.)

POUR UNE COMMISSION D'ENQUÊTE PARLEMENTAIRE SUR LES ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE

Les tueries perpétrées à Paris et Saint-Denis dans la soirée du 13 novembre représentent un choc immense. Après le chagrin et le deuil, chacun d'entre nous tente de faire sens de l'incroyable violence de cet événement et de ce qu'il nous rappelle sur l'état du monde.

Cependant, face à cette situation, les postures étroitement belliqueuses et autoritaires adoptées par le gouvernement et la quasi-totalité de la classe politique nous apparaissent comme profondément inadéquates.

Ne nous y trompons pas : ni la guerre, ni l'État policier instauré par la loi sur l'état d'urgence ne sauraient nous protéger d'une telle folie meurtrière. L'échec patent des « guerres contre le terrorisme » et des multiples lois sécuritaires adoptées depuis quinze ans devrait pourtant nous servir de leçons. En s'interdisant de réfléchir sereinement à l'ensemble des causes de ces crimes atroces, de comprendre comment combiner l'action pour la sécurité dans le respects des droits fondamentaux et la consolidation de notre tissu social, nous sommes certains de sacrifier à la fois notre liberté et notre sécurité.

Or, malgré la montée de violences toujours plus graves, l'exécutif a systématiquement bloqué les efforts pour enquêter sur les causes des failles de sécurité et n'a qu'une réponse : « cela n'a pas marché, alors allons encore plus loin dans le sens d'une société de surveillance et de suspicion ». Le vote quasi-unanime du projet de loi relatif à l'extension de l'état d'urgence témoigne à cet égard d'un profond malaise démocratique indigne de la France. Les lois d'exception et la Constitution peuvent-elles être changées à la guise du pouvoir exécutif lorsque ce dernier considère qu'il n'a plus besoin d'un contre-pouvoir, le pouvoir judiciaire ?

Aujourd'hui, à l'heure où -malgré de probables doutes même en son sein- le gouvernement se croit obligé de « réagir » à de tels événements par de nouvelles « lois d'exception », nous craignons que les chocs qui secouent notre société ne la conduisent en dehors du cercle démocratique.

Pour rompre cette spirale délétère qui remet en cause le vivre-ensemble et l'essence même de la démocratie, ces attentats appellent à une réponse politique qui répond à ces crimes et ses institutions, capable de conjurer à la fois la « guerres de civilisation » et l'affrontement civil interne à nos sociétés. C'est la condition de la paix et de la survie de l'idée démocratique. C'est aussi la meilleure façon d'honorer la mémoire de tous ceux qui sont morts.

Afin d’y parvenir, nous demandons la création d'une commission d'enquête parlementaire en charge de conduire une investigation ouverte et transparente sur les attentats et sur les lois relatives à la lutte contre le terrorisme et au renseignement qui ont été votées ces 3 dernières années. La commission devra conduire un examen minutieux des politiques et dysfonctionnements qui ont pu contribuer, ou qui n'ont pas su empêcher, la commission de ces attentats.


Toutes les causes de la montée des violences et du fiasco des réponses sécuritaires devront pouvoir être étudiées, chacune dans sa propre échelle de temps: de la politique de renseignements aux engagements diplomatiques militaires et commerciaux de la France et de ses alliés, en passant par les multiples crises qui traversent la société française et qui alimentent le phénomène encore mal compris de la radicalisation. Ces débats devront se tenir dans la plus grande transparence vis-à-vis de la société civile et des citoyens eux-mêmes, pour se nourrir de leurs expertises et de leurs expressions.

L'enjeu est vital : il ne s'agit rien moins que d'être fidèle à notre République : « liberté, égalité, fraternité »

Why is this important?

À l'évidence, la France n'est plus épargnée par les massacres qui se déroulent quotidiennement dans de nombreuses parties du monde, et notamment au Moyen-Orient. Devant un tel drame, nous devons regarder en face la réalité et ne pas avoir peur de rechercher les causes complexes qui sont à l'origine de ces événements. Il serait aussi absurde qu'inefficace de ne réagir à une telle tragédie que par des mesures d'urgence et de nouvelles restrictions généralisées des libertés publiques.

Or, en l'état actuel des choses, il est à craindre que les seules réponses soient la poursuite des bombardements lointains et l'escalade de mesures sécuritaires toujours plus attentatoires aux droits et libertés, comme l'extension dans le temps et dans son périmètre de la loi sur l'état d'urgence en témoigne.

Prendra-t-on le temps de faire le bilan de cette politique déjà conduite depuis une quinzaine d'années par divers pays à l'échelle planétaire, et au travers de dizaines de lois en France ?

Face à la déclaration de l'état d'urgence et aux annonces faites au cours de cette semaine, La Quadrature du Net demande aux responsables politiques de prendre le temps de la réflexion et de s'engager dans un examen minutieux, critique et transparent des engagements internationaux, diplomatiques, militaires, géostratégiques ou commerciaux de la France ; de réfléchir aux stratégies des services de renseignement, d'effectuer un véritable audit des actions menées en la matière ; de ne pas laisser la rhétorique guerrière nous entraîner sur le double terrain des « guerres de civilisation » et d'un affrontement civil interne à nos sociétés ; de s'interroger aussi sur les maux qui accablent la société française, les tensions identitaires attisées par une partie des élites politiques et médiatiques, les responsabilités collectives dans le phénomène encore trop mal compris de la radicalisation, la dissolution des perspectives de progrès social.

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 11:31

FÉDÉRATION NATIONALE

DE LA LIBRE PENSÉE

Membre de l’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP)

10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS - Tél : 01 46 34 21 50 – Fax : 01 46 34 21 84

libre.pensee@wanadoo.frhttp://www.fnlp.fr

  • COMMUNIQUE DE PRESSE

A propos des tragiques évènements du 13 novembre 2015

La Fédération nationale de la Libre Pensée adresse à toutes les nombreuses victimes et à leurs familles, l’expression de sa plus profonde solidarité dans ces circonstances dramatiques et les assure de son soutien indéfectible. Elle condamne de la manière la plus résolue ces attentats ignobles.

Il est des moments où les mots n’ont guère de sens quand la barbarie se déchaine avec son cortège de morts et de blessés. C’est le vide qui vous étreint. C’est pourquoi, la Libre Pensée a tenu à attendre quelques jours avant de s’exprimer pour respecter le deuil des familles.

La Libre Pensée remercie toutes les nombreuses associations de Libres Penseurs, d’Humanistes, d’Athées, de Rationalistes et de Laïques, qui, des 5 continents, lui ont témoigné leur solidarité à cette occasion.

* * *

La Libre Pensée continuera à défendre la Démocratie, la République et la Laïcité, sans céder aucunement aux sirènes liberticides. Plus que jamais, elle appelle toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans ces valeurs à manifester avec la Libre Pensée et de nombreuses associations laïques, syndicales et politiques

Tous à Paris, 15 h, place de la République, le 5 décembre 2015

Pour la défense et la promotion de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 !

Défendons nos libertés !

Paris, le 17 novembre 2015

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