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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 06:25

La crise grecque : les droits humains ne s’arrêtent pas à la porte des institutions internationales, dit un expert de l’ONU

L’Europe telle qu’elle se fait, Propos du moment Ajouter un commentaire

30 juin par Juan Pablo Bohoslavsky

Genève, le 2 juin 2015 – L’Expert indépendant chargé d’examiner les effets de la dette extérieure et des obligations financières internationales connexes des États sur le plein exercice de tous les droits de l’homme, M. Juan Pablo Bohoslavsky, incite les institutions européennes, le Fonds monétaire international et la Grèce à faire preuve de courage et à parvenir à un accord qui respecte les droits humains. Dans cette déclaration, M. Bohoslavsky souligne que les droits humains ne devraient pas s’arrêter pas à la porte des organisations internationales et des institutions financières internationales.

Si aucun compromis n’est atteint, la Grèce devrait, tôt ou tard, se retrouver en cessation de paiement, rendant la crise nationale encore plus pénible. Les droits économiques et sociaux devraient être encore plus ébranlés en Grèce de par cette absence de flexibilité et de courage à trouver un accord qui bénéficie à tout le monde et qui respecte les droits humains.

Les obligations de remboursement de dettes ne sont pas seulement en jeu, mais également les fondations mêmes sur lesquelles l’Union européenne s’est bâtie : une union de nations qui respecte les droits humains, la dignité humaine, l’égalité et la solidarité, qui sont en son cœur même.

Les douloureuses conditionnalités du programme d’ajustement grec se sont concrétisées par de sévères coupes dans les budgets sociaux, de la santé et de l’éducation, soulevant un certain nombre d’inquiétudes quant à la capacité du gouvernement grec d’assurer la réalisation des droits économiques et sociaux basiques. Jusqu’à présent, les politiques de réforme et d’austérité appliquées depuis 2010 n’ont pas été à même de redresser la Grèce. Elles ont, au contraire, aggravé la crise sociale en Grèce et n’ont clairement pas stimulé l’économie nationale pour que cela profite au peuple grec.

Le chômage touche toujours 25% de la population, affectant de manière disproportionnée les femmes et les jeunes en quête de travail. D’après les dernières statistiques disponibles, un jeune adulte sur deux est sans emploi. Le nombre de personnes risquant de sombrer dans la pauvreté et dans l’exclusion sociale a augmenté à 35,7%, le plus haut pourcentage dans l’Eurozone. En substance, nombre de problèmes relatifs aux droits humains identifiés par mon prédécesseur, lors de sa visite en Grèce il y a deux ans, sont toujours d’actualité, ou ont même empiré.

Je salue la création par le Parlement grec d’une commission d’audit de la dette. Il est nécessaire de faire la lumière sur ceux qui ont été les bénéficiaires de ces prêts et emprunts imprudents et des renflouements, et dans quelles mesures, et par ailleurs sur qui est responsable de la situation financière actuelle.

En avril 2015, une loi octroyant quelques aides aux personnes se trouvant dans des situations d’extrême pauvreté, a été adoptée. Cette loi comprend l’attribution d’allocations logement, des coupons de nourriture et la restauration, en accès limité, de l’électricité. Cependant, cette initiative ne va pas assez loin. Il faudrait adopter une approche plus holistique pour traiter des questions des droits économiques et sociaux en Grèce. La priorité devrait être accordée à l’utilisation des ressources disponibles limitées pour dynamiser l’économie réelle et réparer les trous des filets de la sécurité sociale et du système des soins de santé publique. Il faudrait également envisager la mise sur pied d’un programme exhaustif de création de travail.

Le poids de l’ajustement devrait être équitablement réparti, en s’accommodant des obligations incombant à la Grèce et aux autres États créditeurs dans le cadre du Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels, la Charte sociale européenne et d’autres normes internationales en matière de droits humains. Cela devrait comprendre des mesures d’imposition pour soutenir les transferts sociaux pour atténuer les inégalités, le combat contre l’évasion fiscale, l’établissement d’un impôt sur les capitaux financiers des Grecs résidant à l’étranger et l’augmentation des impôts sur les biens de luxe et les propriétés foncières de grande valeur. Cela signifie également de mettre en œuvre une série de réformes institutionnelles nécessaires pour empêcher le surendettement.

À l’échelle régionale, les directives européennes sur les exigences des capitaux devraient être améliorées pour éviter de sur-prêter. La « clause de non renflouement » du Traité de Lisbonne fonctionnerait bien mieux si elle était combinée avec un mécanisme souverain d’insolvabilité basé sur les droits humains.

La dette publique devrait atteindre les 180% du PIB. Ce fait révèle l’insuffisance des mesures d’allègements de la dette mises en œuvre par le passé pour assurer la viabilité de la dette sur le long terme. Ce chiffre était d’environ 120% lorsque la crise démarra. Il est peut-être temps de reconnaître que d’autres mesures d’allègement de la dette seront, à un moment ou un autre, nécessaires, plutôt que de laisser la Grèce dans une situation malsaine de dépendance économique et politique aux institutions créditrices, et ce pendant des décennies.

Les droits humains ne s’arrêtent pas aux portes des organisations internationales et des institutions financières internationales. Ils doivent être respectés lorsque les États délèguent leurs responsabilités aux organes internationaux, comme le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Je salue l’étude détaillée publiée par le Parlement européen sur l’impact de la crise sur les droits fondamentaux et le fait que cette institution ait récemment adopté une résolution soulignant que les solutions pour une dette viable, comprenant des normes pour des emprunts et des crédits responsables, devraient être facilitées à travers un cadre multilatéral légal de processus de restructuration de la dette souveraine. Cette même résolution appelait l’Union européenne à s’engager de façon constructive dans des négociations onusiennes dans ce domaine.

J’espère que les institutions et les gouvernements européens agiront en conséquence et tireront les conclusions qui s’imposent concernant les politiques d’ajustement appliquées au sein de l’Union européenne.

J’ai hâte de visiter prochainement la Grèce pour recevoir des mises à mettre de la situation sur le terrain et j’ai également demandé à me réunir officiellement avec les institutions européennes concernées.

Nous devons trouver de meilleures solutions pour empêcher que les réformes de politiques économiques ne sapent la jouissance des droits humains. Ce n’est pas une tâche aisée, mais cela est faisable, comme la réponse de l’Islande à la crise bancaire l’a montré.

(*) Voir le rapport de mon prédécesseur, Cephas Lumina, sur sa visite en Grèce : http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UN…

Traduit par Julie Duchâtel

Eric Toussaint

www.cadtm.org
345 Avenue de l’Observatoire

4000 Liège

PLUS D’INFORMATIONS

La Grèce au bord du gouffre (Nord Éclair)
http://www.nordeclair.be/1321819/article/2015-06-29/la-grece-au-bord-du-gouffre-les-photos-qui-temoignent-du-chaos-des-temoignages-q

Pour Thomas Piketty, le plan des créanciers est un mauvais plan (Europe 1)
http://www.europe1.fr/emissions/l-interview-verite/grece-pour-piketty-le-plan-des-creanciers-est-un-mauvais-plan-1362520

L'austérité a fragilisé de nombreux droits fondamentaux en UE (Euractiv)
http://www.euractiv.fr/sections/politique/lausterite-fragilise-de-nombreux-droits-fondamentaux-en-ue-313217

En Grèce, le taux de mortalité des nouveau-nés grimpe en flèche (Euractiv)
http://www.euractiv.fr/sante/lausterite-grecque-augmente-le-n-news-534001

Le chômage remonte en Grèce, à 26,6% au 1er trimestre (Les Échos)
http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/le-chomage-remonte-en-grece-a-26-6-au-1er-trimestre-1059290.php

Six vidéos pour comprendre les enjeux du référendum en Grèce (Le Soir)
http://www.lesoir.be/925645/article/actualite/union-europeenne/2015-07-02/six-videos-pour-comprendre-enjeux-du-referendum-en-grece

Joseph Stiglitz, Thomas Piketty et d’autres économistes demandent la fin de l’austérité (In these times - en anglais)
http://inthesetimes.com/article/18020/joseph-stiglitz-thomas-piketty-greece-syriza-austerity

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 07:46

Ce mercredi 17 juin, à Paris, à 18H, à la Librairie Le Phénix

Propos du moment Ajouter un commentaire

Ce mercredi 17 juin, il y aura 90 ans qu’André Malraux, son épouse Clara, l’avocat Paul Monin et une équipe de journalistes indochinois lançaient à Saigon le premier numéro d’un quotidien baptisé L’Indochine.

Alors qu’on ne retient du séjour de Malraux en Indochine que le vol de statues dans les ruines du temple non classé de Banteay Srei, ce séjour fut surtout celui d’une évolution de l’indifférence politique vers l’engagement, celui du passage de la revendication de l’égalité des droits pour les Indochinois à une dénonciation de plus en plus féroce des méfaits du colonialisme et celui de la découverte par un homme de pensée de l’action collective et fraternelle.

C’est ce que j’ai raconté dans mon Comment Malraux est devenu Malraux, paru il y a peu aux Editions Cap Bear, Perpignan.

A l’occasion de la sortie de ce livre et du 90e anniversaire de la parution du premier numéro de L’Indochine, la librairie Le Phénix, 77, boulevard de Sébastopol, à 75003 Paris accueillera à 18H

  • Alain Ruscio, historien et préfacier du livre, qui traitera de la naissance de la presse anticolonialiste en Indochine,
  • Christiane Moatti, professeur émérite à Paris III-Sorbonne qui évoquera l’impact de l’écriture journalistique sur l’oeuvre littéraire de Malraux,
  • et Denis Sieffert, Directeur de l’hebdomadaire Politis, qui parlera des difficultés, en 2015 comme en 1925, d’une presse à contre-courant de la pensée dominante.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des manifestations organisées à l’occasion des 50 ans de la librairie Le Phénix qui offrira le verre de l’amitié à l’issue de ces brefs exposés.

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 10:21

L'Humanitude au pouvoir

> Sur l'auteur

L'Humanitude au pouvoir
Comment les citoyens peuvent décider du bien commun

Jacques Testart

Date de parution 15/01/2015

Documents (H.C)

160 pages - 17.00 € TTC

Enfin une bonne nouvelle en politique : on peut se fier à la capacité des citoyens à raisonner et à décider dans l’intérêt public ! Ce livre explique pourquoi et comment…

« Humanitude ». C’est ainsi que l’auteur baptise l’étonnante capacité des simples citoyens à comprendre les enjeux, à réfléchir, à délibérer et à prendre des décisions au nom de l’intérêt commun de l’humanité. Cet état transitoire se manifeste chez les personnes invitées à constituer des jurys citoyens pour proposer une solution à un problème d’intérêt général. L’humanitude est une propriété générale des êtres humains largement confirmée par l’expérience répétée des conférences de citoyens réunies à l’occasion de controverses sociotechniques. Jacques Testart propose d’exploiter cette capacité pour en faire un outil privilégié d’orientation et de gestion des sociétés humaines. Un protocole rationalisé et reproductible pour ces procédures est disponible sous le nom de convention de citoyens. L’auteur montre ensuite pourquoi et comment ce type de convention pourrait constituer une procédure ordinaire intervenant dans la plupart des choix publics fondamentaux : l’examen critique des programmes électoraux, les controverses sur des sujets de société, les choix à portée anthropologique tels ceux qui s’imposent à tous les humains pour les risques éthiques, écologiques et sanitaires liés aux innovations technologiques.

Jacques Testart est biologiste de la procréation et directeur de recherches honoraire à l'INSERM. Auteur connu pour son analyse critique de la science et des technosciences, il est aussi très impliqué dans la réflexion sur la nécessaire démocratisation des choix sociotechniques.

-La profonde crise du système, aussi désastreuse soit-elle, ne ferme pas le champ des possibles. Gustave Massiah envisage les conditions d’une convergence et d’une « réponse mondiale » des mouvements sociaux et citoyens pour refonder le politique...
la suite : http://www.regards.fr/web/article/quelques-reflexions-sur-les

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 08:01

HALTE AUX EXPULSIONS DES ÉTRANGERS MALADES EN ISÈRE

L a Préfecture de l’Isère fait la chasse aux migrants reconnus comme « étrangers malades » pour les contraindre à quitter à tout prix le territoire.

Ce sont des personnes isolées malades, des familles dont un membre est malade ... Beaucoup d’entre eux vivent en France parfois depuis des années, 6, 7 ou 8 ans et même 12 ans -récemment pour une jeune Guinéenne-. Ces étrangers travaillent souvent en CDI, paient leur loyer et leurs impôts, les enfants sont scolarisés. Certains ont reçu jusqu’à 18 récépissés, plusieurs titres de séjour de un an. Mais les services préfectoraux leur adressent des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) et cela même si le médecin de l'Agence régionale de santé a émis un avis favorable pour les soins en France. Ils perdent leur travail, leur logement, tous leurs droits.

Leur santé morale et physique s’aggrave. Beaucoup d’entre eux, comme la plupart de ceux qui demandent l’asile viennent de pays en guerre et/ou sous dictatures, ont parfois subi des sévices et des discriminations. Ils ne peuvent envisager leur retour sans risquer leur vie et celle de leurs enfants. Nous constatons aussi que la Préfecture assortit parfois l’OQTF d’une interdiction de retour sur le territoire français pouvant aller jusqu’à 3 ans, les empêchant ainsi de déposer une nouvelle demande au bout d’un an, lorsque tombe l'OQTF.

Devant la recrudescence de ces OQTF, certains déposent une demande de titre de séjour comme « salarié ». Cette démarche leur est souvent fatale. Les services préfectoraux refusent ce changement de statut et leur signifient une OQTF. Ne vient- on pas d’apprendre que des employeurs ont même été avertis par les services que leur salarié « étranger malade » allait recevoir une OQTF et qu’ils ne devaient plus l’employer ?

NOUS DEMANDONS au Préfet de l’Isère :

  • L’arrêt de ces pratiques d'envoi systématique d'OQTF

  • Le respect des recommandations de l’Agence Régionale de Santé

  • La prise en compte de la situation politique des pays d’origine et l'accessibilité des traitements

  • La possibilité d'un changement de statut d’étrangers malade à celui de salarié ou autre.

Association de parrainage républicain des demandeurs d'asile et de protection (APARDAP)

6 rue Berthe de Boissieux - 38000 GRENOBLE - apardap@gmail.com

APARDAP Contacter l'auteur de la pétition

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 07:57

Accueil

La loi transgenre belge doit être modifiée

Posté par : Benoit Priem le 12 May 2015

S’il est possible aujourd’hui pour un individu de changer de genre et d’en obtenir la reconnaissance légale en Belgique, la procédure pour y parvenir est en contradiction avec le droit international des droits humains. La loi exige de passer par plusieurs étapes qui constituent des traitements inhumains et dégradants. Pour déclarer son changement de genre à la commune, la loi exige aujourd’hui que « l’intéressé remette à l’officier d’État civil une déclaration d’un psychiatre et du chirurgien, en qualité de médecins traitants, attestant :

1° que l'intéressé a la conviction intime, constante et irréversible d'appartenir au sexe opposé à celui qui est indiqué dans l'acte de naissance ;
2° que l'intéressé a subi une réassignation sexuelle qui le fait correspondre au sexe opposé, auquel il a la conviction d'appartenir, dans toute la mesure de ce qui est possible et justifié du point de vue médical ;
3° que l'intéressé n'est plus en mesure de concevoir des enfants conformément à son sexe précédent (article 62 bis du Code civil).

La psychiatrisation préalable repose sur la notion selon laquelle le statut transgenre – le fait que l’identité de genre s’écarte des attentes traditionnelles reposant sur le sexe qui a été assigné à la naissance – est un trouble mental. La stérilisation obligatoire est une violation du droit des personnes transgenres à ne pas subir de traitements inhumains, cruels ou dégradants, droit protégé par plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits humains, comme le PIDCP (article 7) et la Convention des Nations unies contre la torture (article 16). En se pliant à cette exigence, les personnes transgenres se trouvent dans l’impossibilité de fonder une famille, et sont donc privées de leur droit à la vie privée et familiale (voir le chapitre 1.2).

L'accord de gouvernement fédéral belge de 2014 est cependant encourageant : il prévoit des dispositions générales afin de contribuer à une « société de respect de chacun, quelle que soit son identité sexuelle ». Le gouvernement fédéral a reconnu l’invalidité de la loi transgenre en son état actuel puisque, dans son accord, il s’engage à la modifier pour l’adapter à ses obligations internationales.

La loi de 2007 relative à la transsexualité doit être revue tant sur le fond que sur la forme et doit être en conformité avec le droit international en matière d’identité de genre, défini dans les principes de Yogyakarta de 2006. Amnesty International demande aux autorités belges de supprimer dans les meilleurs délais les dispositions qui constituent des traitements inhumains et dégradants. Amnesty demande également que, conformément à la déclaration gouvernementale, la Belgique continue de promouvoir les droits des personnes LGBTI, y compris les principes de Yogyakarta, en interne, dans le dialogue avec ses pays partenaires et au sein des organisations internationales où elle siège.

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 10:30

Grève le 12 mai pour les jeunes "isolés étrangers" parisiens : leurs enseignants affirment leur solidarité

Posté le 9 mai 2015 par Jean-Pierre Fournier

Le contexte : des jeunes arrivés seuls en France, auxquels on dénie leur minorité, une lutte pour leur hébergement qui a marqué des points - mais des élèves restent dehors et d’autres sont sous la menace, la scolarisation des derniers arrivés bloquée...et des enseignants dont le mouvement s’ajoute aux mouvements de solidarité précédents. D’où l’appel ci-dessous :

Grève scolaire et manif le 12 mai Scolarisation, prise en charge … des élèves isolés

Appel de lycéens, personnels et parents de plusieurs lycées et collèges à une grève régionale le 12 mai pour exiger la scolarisation, la prise en charge et la régularisation des mineurs isolés, dont beaucoup dorment encore dans la rue.

Aujourd’hui, en France, des élèves isolés et immigrés sont mis à la rue par l’Aide Sociale à l’Enfance sur la base d’entretiens ≪ psychologiques ≫ biaisés ou de tests médicaux humiliants (les tests osseux), les faisant passer ainsi pour des menteurs et des tricheurs. Les papiers d’identité indiquant leur minorité ne sont même pas pris en compte, contrairement à l’obligation légale.

Lycéens ou collégiens le jour, ils deviennent tout à coup SDF la nuit !

Récemment, face à cette situation, la mairie et l’État, responsables de la prise en charge et de la scolarisation, ont adopté la plus scandaleuse des solutions : ni école, ni maison !
Prise en charge immédiate des collégiens et lycéens isolés !

Nous lycéens, personnels, parents d’élèves des lycées Hector Guimard, Louis Armand, EREA Édith Piaf, Nicolas-Louis Vauquelin, Chennevière-Malezieux, Étienne Dolet et Dorian, Lucas de Nehou, Turquetil et Camille Jenatzy ainsi que des collèges Françoise Seligmann, Sonia Delaunay et Lucie Aubrac réunis en coordination inter-établissements pour les collégiens et lycéens sans-abri, appelons à une grève de tous les personnels et élèves de la région :

Rendez-vous mardi 12 mai, à 14h, devant la CASNAV, 44 rue Penaud (métro Saint-Fargeau ou Porte de Bagnolet), manifestation jusqu’au rectorat.

Pour exiger des prises en charge bienveillantes de tous les jeunes isolés jusqu’à la fin de leurs études, et en tout état de cause jusqu’à 21 ans comme le permet la loi.
Pour la régularisation de tous les lycéens à leur majorité
Pour la scolarisation de tous les jeunes

Coordo des bahuts pour le soutien des élèves à la rue

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 10:26

"Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?
Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?"

Avant de lire José-Luis et sa pertinente analyse ,(issue d'abord d'une situation de blocage avec la LDH,mais au combien révélatrice de la récupération idéologique de "l’après CHARLIE" ), l’administration DU BLOG vous a invité à "l'allégeance amoureuse ",(et auto-nettoyante),en vous plongeant dans la pure beauté d'un poème du résistant René Char,alias Capitaine Alexandre:

René Char
Extrait de
"Eloge d'une soupçonnée,
Poésie/Ga
llimard"

info-Palestine.eu
Proche-Orient.net

MISE A JOUR : vendredi 8 mai 2015

Les fausses accusations d’antisémitisme sont à dénoncer, condamner et combattre, d’où qu’elles viennent !

jeudi 7 mai 2015 - 23h:57

José-Luis Moraguès - CCIPPP34

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La plainte calomnieuse et mensongère, première du genre, de la LDH contre deux porte-parole du Comité BDS France 34, révèle dans le contexte d’après les attentats meurtriers de janvier 2015, la convergence du courant sioniste avec le courant islamophobe dans le mouvement de solidarité à la Palestine.

La pression exercée par la banalisation et l’acceptation des thèses sionistes dans l’idéologie dominante produit un effet de percolation par lequel le sionisme pénètre et transforme les valeurs du mouvement de solidarité. Le racisme sioniste qui s’exprimait jusqu’ici sur le mode : arabes = terroristes se décline désormais sur le mode : terroristes = islamistes, faisant de l’islamophobie le principal vecteur de protection du sionisme et de la pseudo-lutte contre l’antisémitisme le fer de lance d’une attaque de grande ampleur contre l’antisionisme authentique.

Leur cible n’est autre que la campagne BDS palestinienne qu’ils veulent faire taire et empêcher d’agir par tous les moyens.

D’habitude ce sont les organisations sionistes (le CRIF et ses satellites) qui qualifient d’antisémite toute personne qui ose publiquement critiquer la politique de l’Etat d’Israël, à plus forte raison l’Etat d’Israël lui-même. Ainsi des anathèmes sionistes ont-ils été prononcés contre Edgar Morin, Siné, Pascal Boniface, Daniel Mermet et bien d’autres moins connus. Toutes ces personnes ont été blessées et se sont senties salies par ces fausses accusations malgré les procès gagnés. L’ « incitation à la haine raciale » sur fond d’antisémitisme est la plainte portée contre plusieurs militants BDS qui ont dû également affronter en procès ces infâmes accusations. Grâce à la circulaire Alliot-Marie, non abrogée par l’actuelle ministre de la justice, Mme. Christiane Taubira, circulaire qui incite les parquets à la répression, plusieurs d’entre eux ont été condamnés en première instance (appels en cours).

Cet été, le même gouvernement socialiste, F. Hollande et M. Valls en tête ont ouvertement soutenu l’agression israélienne contre la Bande de Gaza, interdit deux manifestations, arrêté, poursuivi et inculpé plusieurs manifestants. Chacun se souvient du toast de F. Hollande à Netanyhaou « Je trouverai toujours un chant d’amour pour Israël et ses dirigeants » et de M. Valls déclarant : « de par ma femme je suis éternellement lié à Israël ». L’instrumentalisation des attaques criminelles de janvier 2015 ont permis à M. Valls d’affirmer son adhésion aux thèses sionistes lesquelles, depuis des années, tentent de faire passer pour antisémitisme toute critique du sionisme.

Nous sommes donc dans une situation où, au plus haut niveau de l’Etat français, l’Etat d’Israël et donc le sionisme, sont reconnus, adoptés, et même glorifiés. Nous sommes loin des années 70 où l’Assemblée Générale de l’ONU adoptait une résolution selon laquelle : « Le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale » (1). Les sionistes et leurs alliés états-uniens ont depuis réussi à faire annuler ces prises de positions alors même que l’Etat d’Israël n’a cessé de renforcer et de prouver sa nature raciste et d’apartheid. Si bien qu’aujourd’hui, 11 septembre et néo-conservateurs états-uniens aidant, les valeurs défendues par Israël et donc les valeurs du sionisme, dont le racisme, ont pénétré (à des degrés divers) les Etats, les partis, les syndicats et les sociétés civiles occidentales.

Ainsi depuis le 11 septembre, le racisme à l’égard des arabes et des musulmans s’est épanoui sans vergogne jusqu’au plus haut niveau de l’état, dans la droite comme dans la gauche. Convergeant avec l’héritage colonial français qu’il nourrit et revigore, ce racisme s’exprime sous des formes nouvelles. Les campagnes menées sur la question emblématique du foulard, objet d’attaques constantes, sont une des manifestations de ce nouveau racisme « respectable » : l’islamophobie.

La pénétration du racisme sioniste vient nourrir l’islamophobie et dans une formulation essentialiste considère « qu’au fond » les musulmans ont tendance à être des antisémites, les jeunes issus des quartiers populaires en particulier. Ainsi la présidente de la LDH Montpellier (2), parlant de ces jeunes écrit dans un mail du 25 juillet 2014 « (…) ces jeunes français, ou vivant en France (…) ( ?!) et répondant au courrier indigné par la plainte de la LDH contre les deux porte-parole du BDS FRANCE34 d’un représentant du MAN, elle conclue : « J’espérais également une autre attitude de la part de membres de BDS, à savoir une attitude clairement antiraciste. Le mal est peut être plus profond que ce que je ne le croyais ». M. Valls comme ses amis du CRIF, déclarent que l’antisionisme est la première étape vers l’antisémitisme. Bonne élève, la LDH34 écrit « qu’elle a été confrontée à ce glissement qui peut s’opérer de l’antisionisme radical à l’antisémitisme/négationisme (…) » et que si on creuse les positions des membres du BDS France 34, « au fond », on trouve l’antisémitisme. Dans cette croyance réside sans doute l’acharnement à porter une plainte pour des motifs démesurés et sans aucun fondement de réalité.

Si l’on veut comprendre aujourd’hui la recomposition des clivages au sein du mouvement de solidarité à la Palestine et les attaques contre le BDS, nous devons intégrer cette donnée : dans certains milieux politiques et associatifs de gauche, le « racisme respectable » qu’est l’islamophobie, héritage colonial, se nourrit de connexions avec les thèses sionistes. Si bien que l’islamophobie est dans le mouvement de solidarité à la Palestine le mode d’expression et le vecteur privilégié par lequel s’expriment les thèses sionistes et le soutien à l’Etat d’Israël. Le choix des cibles de la LDH34 parle de lui même : un Palestinien naturalisé français et une française née en France de parents algériens.

Le sionisme, c’est l’idée (et sa réalisation) de la nécessaire séparation des juifs de tous les autres humains et de la nécessité (au prétexte de leur « protection ») d’un état réservé aux seuls juifs. On comprendra dès lors que la question de l’existence et du soutien à l’état juif, qui est centrale pour certaines associations et partis, soit la ligne stratégique de partage au sein du mouvement de solidarité à la Palestine.

Les trois revendications fondamentales qui structurent l’appel BDS Palestinien posent les conditions d’une véritable autodétermination du peuple palestinien. Même si le BDS Palestinien considère que la discussion sur les solutions politiques - un ou deux états - n’est pas à l’ordre du jour, il est évident que les trois revendications : la fin de la colonisation, le retour des Réfugiés dans leurs maisons (et notamment dans l’actuel Israël) et l’égalité absolue pour les Palestiniens de 48 (vivant en Israël) sont inacceptables pour les tenants d’un état juif pour les juifs, tel qu’il existe depuis sa création.

C’est ce qui explique qu’aujourd’hui le BDS Palestinien cristallise toutes les oppositions et qu’il soit la cible principale de ceux qui soutiennent (bruyamment, silencieusement ou indirectement) l’existence d’un état juif pour les juifs.
Le succès international de la Campagne BDS palestinienne, campagne non violente, suscite la panique dans les rangs sionistes en Israël et dans le monde entier. Ceux-ci multiplient les pressions sur tous leurs amis et alliés subjectifs ou objectifs qui ont recours à tous les moyens pour combattre le BDS Palestinien.

Le comité BDS France 34 a joué un rôle déterminant dans la Coalition contre Agrexco qui a infligé une liquidation à l’entreprise Agrexco fleuron de l’agriculture coloniale israélienne. Il mène des actions sur le front du boycott culturel, du boycott sportif, du boycott des entreprises agroalimentaires mais également contre toute présence ou manifestation institutionnelle de l’état d’Israël. Enfin il mène avec ses partenaires et alliés, campagne contre la journée dite de « Jérusalem », journée sioniste de commémoration coloniale et contre le jumelage de Montpellier avec la ville de Tibériade. Il a initié et coordonné les grandes manifestations de solidarité avec Gaza cet été dont une marche sur la Mairie contre la journée de Jérusalem et la suspension du jumelage avec Tibériade. Il a montré la puissance d’action et de mobilisation du BDS Palestinien ainsi que la cohérence de ses choix stratégiques.
Il n’est pas surprenant qu’il soit devenu la cible des amis et alliés d’Israël.

Dès le 30 juillet 2014, date d’occupation des locaux du PS34 par le comité BDS France34 avec le MIB34 et le NPA, le PS34, parti de gouvernement, portait plainte contre un des porte-parole du comité BDS France34 puis dans le mois qui a suivi contre un de ses animateurs et dès le 6 août, la LDH Montpellier annonçait une plainte nationale contre deux autres porte-parole du comité. En moins d’un mois en pleine mobilisation contre la guerre israélienne contre Gaza quatre militants clés du Comité BDS France se voyaient assignés ou menacés de poursuites judiciaires.

La plainte de la LDH mérite une attention particulière tant elle constitue une rupture avec les codes habituels du milieu associatif. C’est une plainte qui a été cyniquement et minutieusement préparée. C’est une plainte calomnieuse qui a été déposée malgré les nombreuses justifications et explications convergentes fournies à la LDH 34 quoiqu’elle en dise. C’est une plainte qui fait appel aux lois anti-terroristes ) dénoncées par la LDH (!) - et encore jamais portée contre des militants. C’est une plainte nominative (et non contre X) qui accuse explicitement deux personnes de « Contestation de crimes contre l’humanité, provocation publique à la commission de crimes ou délits, à la discrimination ou à la haine raciale – apologie du crime sur FaceBook ». C’est une plainte qui fait de nos camarades l’équivalent des Jean-Marie Le Pen et autres Faurisson ou Garaudy négationnistes.

C’est cela la plainte initiée par la LDH34, et c’est de cela dont la présidente de la LDH34 doit s’expliquer et se justifier. Il ne s’agit pas de savoir si nos camarades auraient dû faire ou non une condamnation publique de ce texte immonde. Ce texte ils l’ont condamné de la façon la plus radicale qui soit en l’effaçant de leur page FB dès qu’ils ont été avertis de son existence et de son contenu.

Par contre Il s’agit d’interroger la LDH34 : pourquoi malgré les nombreux témoignages expliquant l’erreur commise par manque de vigilance de nos deux camarades, pourquoi la LDH 34 s’est-elle entêtée et s’acharne-t-elle encore à les accuser de ces crimes monstrueux ? Sinon parce qu’elle est convaincue – elle et quelques uns de ses amis locaux - « qu’au fond », parce qu’ils sont ce qu’ils sont, ils sont forcément coupables de ces crimes.

Cette plainte mensongère et calomnieuse déshonore et salit toute la LDH.

Mais cette plainte est surtout un constat d’échec de la LDH 34 et ses amis à vaincre le BDS par l’argument politique comme il se doit. Elle marque une rupture radicale avec le dialogue et le débat politique par le recours aux armes de l’appareil d’état, aux attaques judiciaires calomnieuses individuelles contre des militants dévoués et exemplaires, contre tout le comité BDS France 34 et l’ensemble de la Campagne BDS France qui répond à l’appel BDS Palestinien.

Le 30 mars 2015 la LICRA déclarait s’associer à cette plainte et demandait au Maire de Montpellier d’interdire toute expression publique du comité BDSFrance 34.
La convergence du sionisme et de l’islamophobie fonctionne, la boucle est bouclée.

Notes :

(1) La question du racisme d’Israël n’est pas nouvelle. Un an après l’admission de l’OLP comme observateur à l’ONU en 1974, et la réaffirmation « des droits inaliénables du peuple palestinien à l’indépendance nationale et au droit au retour » par l’assemblée générale des Nations Unies, cette même assemblée, adoptait le 10 novembre 1975, une résolution énonçant que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Le poids du puissant mouvement des pays non alignés n’était pas étranger à cette résolution. Son déclin et le contexte de négociations lors de la conférence de Madrid ont permis à Israël et ses alliés de faire en sorte que l’ONU – fait rare - révoque cette résolution le 16/12/ 1991.
« Conférence Mondiale contre le Racisme » de l’ONU à Durban (Afrique du Sud). En marge du Forum officiel, le 3 septembre 2001, la déclaration finale du Forum des 6000 ONGs représentées, mentionne à plusieurs reprises et très explicitement le racisme et l’apartheid de l’état d’Israël, dans les points 98,99 et de 160 à 165 (-) :
« 99. Reconnaissant en outre qu’un système raciste fondé sur l’apartheid à l’Israélienne est à la base des violations systématiques actuelles des droits humains, y compris de graves violations de la quatrième Convention de Genève de 1949 (à savoir, des crimes de guerre), des actes et pratiques génocides et d’assainissement ethnique. (…) » et de mentionner qu’un des aspects de ce racisme est le refus du retour des réfugiés palestiniens. Le Forum des ONG a remis sur le tapis la nature raciste de l’état d’Israël fondé sur l’apartheid.
La réaction israélienne est des plus violentes. La délégation du gouvernement israélien à la Conférence de Durban dénonce la résolution des ONG comme étant une incitation à la haine des Juifs. "C’est un langage de haine, parti d’une campagne pour délégitimer Israël et le peuple israélien", a déclaré Noam Katz, le porte-parole de la délégation. "C’est le pire document anti-juif depuis la fin de l’Allemagne nazie", a commenté pour sa part le rabbin Abraham Cooper, du centre Simon Wiesenthal, présent à Durban. Dans ces conditions de nombreuses ONG européennes y compris des droits de l’Homme ( !) par crainte d’être taxées d’antisémitisme se désolidariseront de la déclaration jugée « excessive ». Caractériser Israël d’état raciste et d’apartheid est tabou.

(2) Il est curieux de voir cette personne s’indigner, se poser en victime, à la vue de son nom cité alors qu’elle même a dénoncé nommément et calomnieusement aux lois antiterroristes et aux médias deux militants dont toute la vie personnelle, sociale et professionnelle pourrait pâtir de cette plainte !

CCIPPP34 - Montpellier 4 avril 2015

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 11:58

détournement de fichier à Béziers


article de la rubrique Big Brother > le fichage des jeunes
date de publication : jeudi 7 mai 2015

Le maire de Béziers, Robert Ménard, a affirmé récemment que le pourcentage d’élèves de confession musulmane dans les écoles publiques de la ville est de 64,6 %, précisant qu’il avait obtenu ce résultat en utilisant les prénoms.

La façon dont il a obtenu ce chiffre a fait l’objet de plusieurs versions de sa part et des services de la mairie, plus ou moins contradictoires entre-elles. La police est censée rechercher le fichier objet du délit. Pourquoi ces recherches alors que depuis 2007, toute mairie a, de plein droit, accès au fichier de tous les élèves de ses écoles primaires ? Ce fichier a été mis en place par le Ministère de l’Education nationale en 2007 et les maires, responsables du respect de l’obligation scolaire, sont acteurs et utilisateurs de ce fichier. Ils ont accès, pour chaque élève, à ses éléments d’identité, ceux de ses parents ainsi que leurs coordonnées [1].

Bien entendu, les utilisations autorisées sont précisées dans les textes et les détournements à finalité raciste, commerciale, électorale, … sont prohibés. Le maire de Béziers sera donc poursuivi [2]. Mais cela ne retire rien au danger du fichage et, ici, du fichage des enfants.

Tout d’abord, cela montre que ces exploitations illégales sont non seulement possibles mais faciles. D’autant qu’elles sont invisibles : quelles traces sont laissées par la lecture d’un fichier via Internet ? Pour un Ménard qui avoue, combien d’autres l’ont fait, le font, le feront … sans rien dire ? Ensuite, cela montre l’inconscience historique de technocrates qui mettent en place des systèmes d’information « performants » en oubliant qu’ils mettent en place des instruments qui ne seront inoffensifs qu’entre des mains respectueuses des lois et de l’intérêt général.

Lorsque les Pays-Bas ont mis en place le fichier de leur population pour faciliter la gestion des services municipaux, ils ont pensé utile et pratique, pour reverser à chaque confession religieuse une subvention proportionnelle à ses adhérents, de noter la religion de chacun. Ils n’avaient pas imaginé que quelques années plus tard, l’occupant nazi allait trouver sur un plateau, les noms et adresses des personnes de confession juive.

Communiqué LDH

Paris, le 5 mai 2015

Le maire de Béziers : un délinquant qui s’assume

Le maire de Béziers fiche les élèves de sa commune par leurs prénoms pour identifier les musulmans. Outre l’imbécillité intrinsèque d’une telle démarche, celle-ci est bien évidemment totalement illégale, comme le maire l’a reconnu lui-même. Si Béziers est sous la coupe d’un individu sans autre perspective que d’attiser la haine et la discrimination, elle reste néanmoins assujettie aux lois de la République. C’est pourquoi la LDH engagera les procédures nécessaires contre Robert Ménard et espère que le parquet de Montpellier, la Cnil et le préfet de l’Hérault feront de même.

Béziers : Ménard classe les écoliers par religion selon leur prénom

Le Midi libre du 5 mai 2015 (extraits)

Le maire de Béziers, a confirmé lundi soir sur France 2 à la toute fin de l’émission Mots Croisés les propos tenus dans Midi Libre le 3 janvier 2015 où il affirmait que "60 % des enfants des écoles publiques biterroises étaient musulmans". Pour le savoir, il les aurait classés par religion en fonction du prénom de l’enfant.

Les propos tenus par Robert Ménard début janvier dans nos colonnes étaient clairs : "À Béziers, 60 % des écoliers sont musulmans." Pour l’obtenir, il aurait analysé les listes des écoles biterroises. "Les prénoms suffisent à vous indiquer l’origine. Si vous vous appelez Marie, vous n’êtes pas musulman". Le maire de Béziers n’a fait que confirmer ses dires à la télé lundi soir.

Animée par Anne-Sophie Lapix, le débat de l’émission Mots Croisés était consacré ce lundi soir aux remous qui agitent le Front national et à la guerre entre les Le Pen, père et fille. Parmi les invités se trouvait Robert Ménard, maire de Béziers, élu en mars 2014 avec les voix du Front national, même s’il revendique haut et fort qu’il n’en fait pas partie.

"Les prénoms disent les confessions. Dire l’inverse, c’est nier une évidence"

Lors de l’émission le premier magistrat de la ville de Béziers avait avancé plusieurs pourcentages dont l’un de 64,6 % d’enfants de confession musulmane dans les écoles de sa ville. Dans les dernières minutes de Mots Croisés, l’animatrice, ainsi que des téléspectateurs à travers des tweets, lui ont demandé d’où il tenait ces chiffres. C’est alors que Robert Ménard, sans aucune retenue, a révélé qu’il analysait la liste des classes des écoliers de Béziers pour les classer par religion selon leurs noms. "Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms classe par classe, des enfants. Je sais que je n’ai pas le droit mais on le fait." Il rajoute quelques instants après : "Les prénoms disent les confessions. Dire l’inverse, c’est nier une évidence".

____________________________
Pourquoi Robert Ménard n’a pas le droit de ficher les écoliers musulmans de Béziers

par Delphine Roucaute et Samuel Laurent sur le site Les Décodeurs du 5 mai 2015

Lorsqu’il est invité de France 2 et qu’on lui demande comment il peut évaluer la proportion de musulmans parmi les écoliers de sa ville, l’édile de Béziers ne cache pas sa méthode : « Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n’ai pas le droit mais on le fait. » Il précise même : « Les prénoms disent les confessions. Dire l’inverse, c’est nier une évidence. »

Si l’on en croit le maire, les services municipaux de Béziers recensent donc les prénoms en fonction de leur consonance et de leur origine supposée. Ils établissent ainsi un ratio par « confession » présumée (en clair, le petit Ahmed est présumé musulman et la petite Léa, non). Une enquête préliminaire a été ouverte.

Pourquoi n’est-il pas légal de faire des statistiques ethniques ?

Robert Ménard l’a lui-même reconnu : il n’a pas droit de faire ce genre de statistiques. En effet, selon la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, dite « loi informatique et libertés », le traitement de données « relatives aux origines des personnes » est interdit. L’article 8 spécifie bien que :

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) précise que « [ces] critères ne peuvent pas être utilisés pour opérer des tris et s’adresser à des populations ciblées ». Le non-respect de cette interdiction peut entraîner, en application du code pénal, une peine de cinq ans de prison et jusqu’à 300 000 euros d’amende. La CNIL peut également sanctionner les responsables de ce genre de fichiers délictueux par des amendes.

La loi prévoit toutefois une dizaine de cas dans lesquels cette collecte serait autorisée, notamment en cas de consentement de la ou les personnes visées, de traitements nécessaires à la sauvegarde de la vie humaine, de données déjà publiées par la personne concernée ou de recherches nécessaires dans des cadres juridique ou médical.

La démarche de M. Ménard ne semble, à l’évidence, correspondre à aucune de ces dérogations. Pire, elle repose sur le détournement de données récoltées par la mairie dans le cadre de la scolarisation des enfants. Des données qui ont tout sauf une visée de statistiques ethniques.

Pourquoi la méthode employée est-elle discutable ?

Les services municipaux de Béziers n’ont donc pas le droit de procéder à un tel fichage, pour des raisons de protection des enfants et de respect de la vie privée de leurs familles. Mais outre le fait qu’il est illégal, il présente de grands risques d’erreur.

Un enfant prénommé Ahmed sera ainsi présumé « musulman », même si ses parents ne sont pas croyants ou pratiquants. De même, si une petite Fatima d’origine portugaise dont les parents sont catholiques fréquente les cantines biterroise, elle sera logiquement classée parmi les « musulmans » sur le fichier.

On peut évidemment aussi s’interroger sur l’emploi que comptent faire M. Ménard et ses services de telles statistiques.

P.-S.

Saluons pour terminer les courageux opposants qui continuent à se mobiliser contre le fichage des enfants organisé par l’Éducation nationale : le Collectif National de Résistance à Base Elèves (CNRBE).

Notes

[1] Voir la fiche de présentation de Base élèves premier degré sur le site du ministère de l’Éducation nationale.

[2] Vraisemblablement pour non respect des articles 6 et 8 de la loi Informatique et libertés.

L'ADMINISTRATION DU BLOG INVITE aussi à jetter un coup d'oeil sur ce que dit de Ménard la presse nationale à propos de cette nouvelle excitation qui vise provoquer la différenciation.

• Robert Ménard entendu par la police à propos du fichage supposé des élèves de Béziers

• Ménard peut-il être démis de ses fonctions?

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 12:22

Naufrage des migrants : Fatou Diome dénonce l’hypocrisie européenne– CSOJ – 24/04/15

https://www.youtube.com/watch?t=106&v=BJI9eJYZ9TE

Appel au Président de la République et à tous les élus

Contre les naufrages en Méditerranée

: des ponts, pas des murs!

Après les naufrages qui, en Méditerranée, ont provoqué la mort et la disparition d’au moins

2.000 personnes depuis le début de l’année, les chefs d’État réunis lors du Sommet

extraordinaire de l’Union européenne le 23 avril ont fait le choix non de sauver des vies mais

de renforcer un arsenal sécuritaire en grande partie responsable de ces drames.

En vingt ans, plus de 20 000 personnes migrantes sont mortes aux frontières de l’Europe

:nos organisations sont consternées par cette politique de non-assistance à personnes en

danger.

Face à ces renonciations répétées aux valeurs fondatrices de l’Union européenne, nous

appelons le Président de la République française et ses homologues européens à mettre en

œuvre une autre politique, qui soit conforme au respect de la vie et de la dignité humaine.

A cette fin, nos organisations exhortent les États membres, dont la France

:

-A mettre en œuvre sans délai une véritable opération de sauvetage en mer, dotée de

moyens à la hauteur des besoins et portée par l’ensemble des Etats membres, à

même de prévenir les naufrages et de secourir efficacement toute personne en

détresse.

-A mettre en place un mécanisme d’accueil des personnes migrantes et réfugiées sur

la base de la solidarité entre Etats membres, en activant en particulier le dispositif

prévu par la directive européenne du 20 juillet 2001 relative à la protection temporaire

en cas d'afflux de personnes déplacées.

-A ouvrir des voies d’accès au territoire européen pour les personnes migrantes et

réfugiées, dans le respect du droit international et européen.

-A bannir en matière de migrations toute coopération avec des Etats tiers, d’origine et

de transit, qui ne respectent pas les libertés et droits fondamentaux.

La situation exige que l’ensemble des élus locaux, nationaux et européens, prennent leur

responsabilité en participant concrètement à la mise en œuvre de ces solutions.

Nous demandons à rencontrer le Président de la République pour que s’ouvre enfin un dialogue sur les politiques migratoires avec nos organisations représentant la société civile .


EXPLICATIONS/et film

-Film débat : L'abri 20h Cinéma Utopia Montpellier. Documentaire sur les sans abris migrants et ceux qui les aident. Initiative Fondation abbé Pierre, LDH, Secours Populaire ..

EXPLICATIONS:sur la réunion du e 29 avril,2015

Le 29 avril, une trentaine d'associations se sont réunies pour définir des actions communes face à l'inertie des gouvernements européens après les naufrages de migrants en Méditerranée.

Lors de cette réunion elles ont décidé d'une part d'interpeller le président de la république, d'autre part de lancer un large appel à mobilisation.

En pièces jointes, vous trouverez deux appels :
- un appel à destination du président de la République et des élu.e.s, nationaux et européens, demandant une
rencontre entre le gouvernement et les organisations représentantes de la société civile sur les questions de politiques migratoires ;
- un appel à mobilisations pour soutenir leurs revendications, à savoir :

  • mettre en œuvre sans délai une véritable opération de sauvetage en mer, dotée de moyens à la hauteur des besoins et portée par l’ensemble des Etats membres, à même de prévenir les naufrages et de secourir efficacement toute personne en détresse.
  • mettre en place un mécanisme d’accueil des personnes migrantes et réfugiées sur la base de la solidarité entre Etats membres, en activant en particulier le dispositif prévu par la directive européenne du 20 juillet 2001 relative à la protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées.

  • ouvrir des voies d’accès au territoire européen pour les personnes migrantes et réfugiées, dans le respect du droit international et européen.

  • bannir en matière de migrations toute coopération avec des Etats tiers, d’origine et de transit, qui ne respectent pas les libertés et droits fondamentaux.

avant mardi soir 5 mai dernier délai.
En effet, l'appel sera diffusé mercredi 6 mai et le CRID enverra la lettre à François Hollande ce même jour.

2) les signatures de l'appel à mobilisation n'ont pas de date butoir.
3) ces textes ne sont pas ouverts aux amendements. Il s'agit en effet d'une réaction rapide et immédiate, qui n'empêchera pas la rédaction future d'autres documents de position.

4) la lettre à Hollande peut être signée par des organisations, pas seulement des ONG. En revanche ce texte n'est pas ouvert à la signature des partis politiquesContre les naufrages en Méditerranée

:

des ponts, pas des murs

!

Mobilisons-nous

!

Après les drames qui, en Méditerranée, ont provoqué la mort et la disparition d’au moins

2.000 personnes depuis le début de l’année, les chefs d’Etat réunis lors du Sommet

extraordinaire de l’Union européenne le 23 avril ont fait le choix non pas de sauver des vies

mais de renforcer un arsenal sécuritaire

en grande partie responsable de ces drames

.

En vingt ans, plus de 20

000 morts aux frontières européennes

: nos organisations sont

consternées par cette politique de non-assistance à personnes en danger.

Face à ces renonciations répétées aux valeurs fondatrices de l’Union européenne, elles ont

décidé d’agir ensemble pour exhorter les responsables politiques français et européens à

mettre en œuvre une autre politique, qui soit conforme au respect de la vie et de la dignité

humaine.

Devant l’urgence, nos organisations ont exposé, dans un texte commun adressé au

Président de la République, les revendications suivantes

:

-

mettre en œuvre sans délai une véritable opération de sauvetage en mer, dotée de

moyens à la hauteur des besoins et portée par l’ensemble des Etats membres, à

même de prévenir les naufrages et de secourir efficacement toute personne en

détresse.

-

mettre en place un mécanisme d’accueil des personnes migrantes et réfugiées sur la

base de la solidarité entre Etats membres, en activant en particulier le dispositif prévu

par la

d

irective

européenne du 20 juillet 2001 relative à la

protection temporaire

en

cas d'afflux massif de personnes déplacées.

-

ouvrir des voies d’accès au territoire européen pour les personnes migrantes et

réfugiées, dans le respect du droit international et européen.

-

bannir en matière de migrations toute coopération avec des Etats tiers, d’origine et de

transit, qui ne respectent pas les libertés et droits fondamentaux.

Nos organisations appellent à ce que se mobilisent, sous des formes diverses, les citoyens

et acteurs de la société civile afin que les élus - locaux, nationaux et européens - soient

incités à agir concrètement pour la mise en œuvre de ces solutions.

Elles appellent ainsi à soutenir et relayer largement cet appel, et à prendre l’initiative

d’organiser ou d’amplifier des mobilisations. Celles-ci débuteront en France du 20 au 30 mai

2015, avec un temps fort prévu le vendredi 22 mai.

En lien avec leurs partenaires européens et internationaux, nos mobilisations s’organiseront

aussi à l’échelle européenne - notamment dans le courant du mois de juin à Bruxelles -

méditerranéenne et internationale.

Ensemble, exigeons des ponts, pas des murs

!

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 08:43

Pétition de soutien à Joseph NTAMBWE professeur d'Histoire Geographie suspendu qui doit passer en commission disciplinaire .

http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2015N47726

Appel à soutenir notre collègue d'histoire-géographie du lycée Woillez de Montreuil sur Mer
actuellement suspendu et qui doit passer en commission disciplinaire le 21 mai 2015.

Notre collègue Joseph Ntambwe est un réfugié politique du Congo depuis 2006. Évadé de la prison où il risquait la mort pour avoir milité pour la démocratie... Il a 61 ans et était professeur et même inspecteur dans son pays. Il est arrivé seul en France en 2001, sans rien, a souffert de la faim, du froid... il a réussi à faire venir sa famille depuis qu'il a eu un contrat avec l'Éducation Nationale, c'est à dire depuis 2010.

À partir de 2010 il a été envoyé à droite à gauche pour faire des remplacements en tant vacataire.

Il a été nommé comme contractuel au lycée Woillez de Montreuil sur mer cette année.

IL N'A EU AUCUNE FORMATION, AUCUNE AIDE, AUCUN FORMATEUR, NI TUTEUR, NI INSPECTEUR PÉDAGOGIQUE. ON L'A LAISSÉ SE DÉBROUILLER TOUT SEUL.
La Proviseure a fait un rapport contre lui , rapport dont il n'a à ce jour aucune connaissance.

Puis il a été interrogé par deux inspecteurs d'HG et deux proviseures en présence de la déléguée SNES. Cet interrogatoire a duré plus de 4 heures sans voir même un verre d'eau. Il a répondu sans s'énerver, calmement, sans se démonter... sauf à la fin où les larmes lui sont montées aux yeux quand des soupçons pesaient sur ses valeurs de laïcité, de République et de démocratie.
Il attend désormais la commission disciplinaire qui aura lieu le 21 mai au Rectorat.
SOUTENONS LE!!!"

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