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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 04:38
 

Georges GUMPEL, enfant juif français, caché, s'engage pour la solidarité

La solidarité n’est pas un délit, elle est une obligation morale impérative, notre façon de rester debout. Tout simplement.

 

 

Sur la modernité du mot solidarité

lundi 2 janvier 2017
 

 

 

Vendredi 6 janvier prochain nous connaîtrons le sort réservé par le Tribunal correctionnel de Nice à Pierre-Alain Mannoni, traîné en justice par le Préfet des Alpes Maritimes pour avoir aidé des réfugiés en détresse dans la vallée de la Roya.

L’événement serait en lui même anodin dans ces départements bordant la Méditerranée où d’autres procès ont déjà été intentés contre d’autres militants solidaires des sans-papiers et demandeurs d’asile, par des Préfets tout autant audacieux.

Mais l’originalité – si cette expression a un sens ici – réside dans l’intervention publique du tout nouveau Préfet des Alpes-Maritimes au travers d’un texte transmis à Nice Matin début décembre.

Avec ce texte, riche de considérations générales lénifiantes et hors sujet, le Préfet des Alpes Maritimes tente de minimiser le rôle qui est le sien dans l’application – dans son département – de la politique de l’État, le rôle qui est le sien d’employer la police et la gendarmerie pour le maintien de l’ordre et la chasse aux réfugiés, le rôle de la justice enfin, chargée de sanctionner et qui œuvre en liaison étroite tant avec la police et la gendarmerie qu’avec les services préfectoraux.

Triptyque administratif et répressif d’État, tout ce qu’il y a de banal.

Monsieur le Préfet semble tout ignorer de la politique d’abandon par l’Europe et la France des réfugiés juifs fuyant le nazisme et le fascisme à la veille de la Seconde Guerre Mondiale ; tout ignorer de la Conférence d’Evian de juillet 1938, cette Conférence internationale au cours de laquelle, la France particulièrement, s’est illustrée par son refus d’accueillir « toute la lie de la terre », ces populations « en trop »,« indésirables », en « surnombre dans l’économie française », une politique à l’œuvre aujourd’hui encore, sous d’autres oripeaux, mais avec les mêmes préoccupations de forteresse assiégée, cette fois à l’encontre des réfugiés fuyant les guerres du Proche et du Moyen-Orient, fuyant les famines et les guerres africaines, calamités dans lesquelles la France porte de lourdes responsabilités.

Evoquer les accords européens actuels, leur « légalité » – au mépris de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés de 1951, ratifiée par la France – faisant obligation à celle-ci d’accueillir les réfugiés en toutes circonstances – pour justifier le refus fait aux réfugiés et demandeurs d’asile d’entrer en France actuellement est tout autant problématique que lorsque les Juifs, en 1938/1939/1940, étaient pourchassés par les nazis avant de l’être par les autorités françaises.

Toujours dans ce texte, le Préfet des Alpes Maritimes – contrairement à la célèbre déclaration de Jacques Chirac en 1995 alors président de la République Française, affirmant que la France de Vichy était bien la France, que sa responsabilité était totale dans la répression et la déportation des Juifs de France – tente à nouveau de réécrire l’Histoire, gommant au passage, le discours prononcé par le même Jacques Chirac le 18 janvier 2007 au Panthéon à l’occasion de l’Hommage de la Nation aux Justes de France et négligeant l’instauration – le 16 juillet de chaque année – de la Journée nationale de la Déportation et d’hommage aux Justes de France.

Tentant de justifier ainsi sa volonté de criminaliser la solidarité, celle là même que Jacques Chirac offrait en exemple aux générations à venir.

Rappeler aujourd’hui le rôle des Justes français n’est en aucune façon confondre l’Histoire, leur exemple irrigue notre réflexion, est la source d’enseignements d’une extrême actualité.

Simplement, il s’agit de rappeler qu’en tous temps, il s’est trouvé des hommes et des femmes pour dire NON ! aux politiques criminelles de leurs gouvernements, et qu’aujourd’hui – plus que jamais – il est nécessaire de ne pas accepter l’intolérable, de ne pas accepter que l’Autre, notre semblable, soit à nouveau soumis aux traitements inhumains qui ont été notre quotidien dans la France de Vichy.
Nous sommes toutes et tous comptables de notre Histoire, nul ne peut et ne doit y déroger, n’en déplaise à Monsieur le Préfet des Alpes Maritimes, .

La solidarité n’est pas un délit, elle est une obligation morale impérative, notre façon de rester debout. Tout simplement.

Honneur à Pierre-Alain Mannoni !

Georges GUMPEL

Enfant juif français, caché en 1943/1944
Fils de déporté « Mort pour la France » en avril 1945 à Melk – Autriche.
Partie civile au procès de Klaus Barbie.
Membre de l’ UJFP – Union Juive Française pour la Paix.

-Note " Voici un texte"de l'administration du blog,envoyé par  [Citoyens Solidaires 06]  , et une petite revue de presse  avec  Cédric Herrou, l'agriculteur qui aide les migrants : "Je resterai fidèle à mes convictions"
http://www.marianne.net/cedric-herrou-agriculteur-qui-aide-les-migrants-je-resterai-fidele-mes-convictions-100249395.html  
 

- [Citoyens Solidaires 06] Ces mères qui nous élèvent dans l'amour et contre la violence Bonjour, bonsoir nos frères et nos sœurs, gens de cœur de toute la France et d'ailleurs !





Malgré la couverture médiatique, les communiqués, les revendications, les interpellations, les procès des Citoyens Solidaires, on oublie que celui qui aide a reçu une éducation d'une manière ou d'une autre. Car les valeurs qu'il a reçu sont bien venues de quelque part et c'est pas la télé ou les discours qui forgent le cœur des gens.


Les mamans


Avec ces procès en cascade, ce sont des personnes individuelles qui se présenteront à la barre, mais derrière il y a souvent une famille et quand une mère voit son enfant au tribunal elle est touchée en plein coeur. La mère de Pierre-Alain s'était exprimée ici avant son procès et ensuite après le procès ici . Aujourd'hui c'est au tour de la mère de Cédric qui s'adresse au procureur ici et il y a des moments ou il faudrait écouter les mamans.


Fraternit é Liberté Egalité


Notre société n'est pas un livre de lois froides mises en œuvre par des robots, c'est un ensemble d'hommes et de femmes qui vivent ensemble avant tout. Et pour vivre ensemble dans la paix, il nous faut ces valeurs de Fraternité, de Liberté et d’Égalité. Même si nos modes de vie nous font parfois oublier ces concepts, ce ne sont pas des vains mots. Le premier épisode de cette série Fraternité Liberté Eg alité est exceptionnel, il est tourné dans la vallée de la Roya pour la fête de la Liberté et montre que là bas si les citoyens sont aptes à défendre ces valeurs, les pouvoirs publics semblent en avoir oublié le sens. A regarder jusqu'au bout, les dernières minutes appellent à prendre conscience qu'il faut défendre ces valeurs.

La Violence


Lors de la Fête de la Liberté la violence de la rafle n'était pas physique mais glaçante, lors de la perquisition chez Cédric (article très complet et précis sur les 3 jours par médiapart), des armes étaient pointées, une infirmière était mise en joue à bout portant, des injonctions étaient hurlées, un photographe était violenté et l'on ne peut pas ignorer cette escalade de violence qui ressemble à de la provocation. Il faut donc faire attention à ce que ce combat pour la dignité ne glisse pas vers un terrain où il perdrait son sens. Soyons extrêmement vigilants dans nos actions et dans nos propos.



"Répondre à la violence par la violence multiplie la violence, ajoute une obscurité plus profonde à une nuit déjà dénuée d'étoiles... La haine ne peut pas chasser la haine : seul l'amour peut faire ça." - Martin Luther King.




Fraternellement,


Toute l'équipe du Comité de Soutien aux Citoyens Solidaires du 06
https://citoyenssolidaires06.com
https://www.facebook.com/Comite06Solidaires/?fref=ts

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