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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 10:29

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Statement by 150 civil society organisations on regulatory cooperation in EU-US trade talks

(La coopération réglementaire est l'outil ultime pour empêcher ou affaiblir les,futures normes d'intérêt général en faveur des citoyens, des travailleurs, des,consommateurs et de l'environnement.

 

Les organisations de la société civile dénoncent la “coopération réglementaire” au sein des négociations du traité transatlantique TAFTA. Celle-ci est une menace pour la démocratie et une tentative de mettre les intérêts des grandes entreprises au dessus de la protection des citoyens, des travailleurs et de l'environnement. .

 

Février 2015 – Déclaration des organisations de la société civile sur la coopération,réglementaire dans le TAFTA.

 

Nous, les organisations soussignées, exprimons ici notre grande inquiétude et notre opposition ferme à la direction des négociations du TAFTA sur la réglementation de domaines vitaux tels que les produits chimiques, les normes alimentaires, les services,publiques, la santé au travail et la réglementation financière.

Les négociateurs de l'Union Européenne (UE) ont affirmé à plusieurs reprises que le TAFTA n'était pas une menace pour les lois et les normes qui nous protègent et protègent,notre environnement. (1)

Pourtant, les dernières positions de la Commission Européenne sur le chapitre “Coopération Réglementaire” des négociations du TAFTA (2), obtenues via des fuites, n'ont fait qu'augmenter nos inquiétudes. La Commission propose un système dont le résultat ne peut être que plus de barrières au développement de norme d'intérêt général.

Ces dernières devront être systématiquement passées par un filtre 'commerce et,investissement'. Le chapitre donne également aux lobbies industriels un pouvoir sans précédent pour arréter toute nouvelle réglementation pouvant avoir un impact sur le commerce et l'investissement. La proposition donne la priorité au “commerce et à,l'investissement “ , et les fait primer sur l'intérêt général. Elle donnerait un pouvoir énorme à un petit groupe d'officiels non élus, leur permettant d'arréter ou d'affaiblir les réglementations et les normes, et ce avant même que des institutions démocratiquement,élues, comme les parlements, puissent avoir leur mot à dire. Elle ébranlerait ainsi notre,système démocratique.

La Commission demande plus de «compatibilité» entre les lois des deux côtés de l'Atlantique, ainsi qu'un “environnement réglementaire favorisant la compétition”. Comme le montre un rapport du Parlement Européen de Juillet 2014, cette compatibilité amenerait une «harmonisation vers le bas» (3).

Le texte de la Commission suggère que toute nouvelle loi devra pouvoir être justifiée par,de nouveaux faits ou de nouvelles preuves scientifiques, si un gouvernement ou une,entreprise le demande. La proposition de la Commission reflète également la demande,des industriels de créer un “Organe de Coopération Réglementaire”. Il viserait à faciliter un,système d'échanges d'informations préalables à travers des consultations, et à influencer,le développement de nouvelles lois.,De plus, selon la proposition de la Commission, le millieu des affaires américain et,européen auront encore plus fortement voix au chapitre en ce qui concerne la plupart des,lois élaborées à Bruxelles, dans les capitales de l'UE, à Washington et dans les Etats,fédérés américains. La Commission semble avoir largement cédée à la demande des,lobbies d'affaire de pouvoir “co-écrire les lois”(4).,Les propositions de la Commission pour la coopération réglementaire menacent d'affaiblir,les normes sur le court et le long terme, des deux côtés de l'Atlantique, au niveau des,États fédérés américains, de l'UE et de ses États Membres. Elles limitent les prises de,décision démocratiques en renforcant l'influence des grandes entreprises sur les,réglementations.,Un rapport de Janvier 2015 par le Centre pour le Droit International de l'Environnement,montre par exemple comment la coopération réglementaire pourrait encore plus retarder,,et même stopper, un renforcement des protections contre les produits chimiques toxiques,et les pesticides. (5),La coopération réglementaire pourrait également être une attaque progressive du principe,de précaution, ouvrant lentement mais pleinement les portes aux OGMs, aux,nanomatériaux et aux perturbateurs endoctriniens (6).,Pour toutes ces raisons, nous exhortons les négociateurs a retirer la coopération,réglementaire des négociations du traité transatlantique TAFTA)

  • PDF version

Civil society groups denounce “regulatory cooperation” in the TTIP negotiations as a threat to democracy and an attempt to put the interests of big business before the protection of citizens, workers, and the environment.

TTIP: Regulatory cooperation is the ultimate tool to prevent or weaken future public interest standards for citizens, workers, consumers, and the environment

DE, FR, ES language versions below

February 2015 - Statement by civil society organisations on regulatory cooperation in TTIP We, the undersigned organisations, hereby express our deep concern about and our firm opposition to the direction of the TTIP negotiations regarding the regulation of vital areas, such as chemicals, food standards, public services, occupational health and safety, and financial regulation. EU negotiators have claimed on a number of occasions that TTIP is not a threat to the laws and standards that protect us and the environment. (1)

But the latest leaked European Commission position on the regulatory cooperation chapter of the TTIP negotiations (2) has further heightened our concerns. The Commission proposes a system that can only result in further barriers to developing public interest standards as these would need to be ‘trade and investment’ proof. It also gives unprecedented influence to business lobby groups to stop any new regulation that would impact on trade and investment. The proposal strongly prioritises trade and investment over the public interest. The system would give enormous power to a small group of unelected officials to stop and weaken regulations and standards even before democratically elected bodies, such as parliaments, would have a say over them, thus undermining our democratic system.

The Commission calls for more “compatibility” between laws on both sides of the Atlantic and a “pro-competitive regulatory environment”. Compatibility is going to lead to “downward harmonisation” (3), as demonstrated by a July 2014 report for the European Parliament. The Commission text suggests that any new law would need to be justified by new facts or scientific evidence if requested by a company or government. The Commission proposal also reflects industry's demand to create a Regulatory Cooperation Body to facilitate an early information system of consultations and influence over the development of new laws. Furthermore, according to the Commission proposal, US and EU businesses would have a greater say on most laws in Brussels, in EU capitals, in Washington and in US states. The Commission seems to have largely conceded to the demand of business lobby groups to essentially co-write legislation (4).

The Commission proposals for regulatory cooperation carry the threat of lowering standards in the long and short term, on both sides of the Atlantic, at the state and member state/European levels. They constrain democratic decision-making by strengthening the influence of big business over regulation. For instance, a January 2015 report by the Center for International Environmental Law shows that regulatory cooperation is likely to further delay and even stall strongerprotections from toxic chemicals and pesticides. (5)

Regulatory cooperation could also constitute a gradual attack on the precautionary principle, slowly but widely opening doors to GMOs, nanomaterials and endocrine disruptors (6).

For these reasons, we urge the negotiators to remove regulatory cooperation from the TTIP negotiations.

Other language versions:
de-statement_regulatory_cooperation_feb_2015-2.pdf deutsch
fr-statement_regulatory_cooperation_feb_2015-1.pdf français
es-statement_regulatory_cooperation_feb_2015.pdf español


Signed by:
ACEP - Associação para a Cooperação Entre os Povos (Portugal)
Action for Breast Cancer Foundation (Malta)
ActionAid
Afri (Action from Ireland)
Afrika Kontakt (Denmark)
AITEC (France)
Alliance D19 D20 (Belgium)
Alliance for Cancer Prevention (UK)
Alternatiba Eraikitzen
Alter Summit
Les Amis de la Confédération paysanne (France)
Arbeitsgemeinschaft bäuerliche Landwirtschaft (AbL) (Germany)
Associação de Combate à Precariedade - Precários Inflexíveis (Portugal)
ATTAC Austria
ATTAC Bizkaia (Basque Country)
ATTAC Denmark
ATTAC France
ATTAC Germany
ATTAC HELLAS
ATTAC Hungary
ATTAC IrelandATTAC Portugal
ATTAC Spain
Biofuelwatch (UK/US)
Both ENDS
Breast Cancer UK
Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland (BUND) (Germany)
Campaign for Real Farming (UK)
The Cancer Prevention & Education Society (UK)
CEE Bankwatch Network (Czech Republic)
CEIM (Centro de Estudios e Investigación sobre Mujeres) (Spain)
Center for Encounter and active Non-Violence (Austria)
Center for Environmental Information and Education (CEIE) (Bulgaria)
Center for Sustainable Development of the Mountain (Bulgaria)
Center for Transport and Energy (CDE) (Czech Republic)
CHEM Trust (UK)
CIEL
CIG - Confederación Intersindical Galega
Collectif anti-gaz de schiste de Clapiers (France)
Collectif citoyen IDF Non aux pétroles et gaz de schiste et de couche (France)
Collectif d'action contre l'accord général pour le commerce des services (Loupian-
Bouzigues, France)
Collectif Roosevelt (France)
Compassion in World Farming (EU)
Confederacion Intersindical (Spain)
Confédération Paysanne (France)
Corporate Europe ObservatoryCNCD-11.11.11 (Centre National de Coopération au développement) (Belgium)
Danish Eco Council
Earth Open Source (UK)
Ecologistas en Acción (Spain)
Ecoforum for Sustainable Development Association (Bulgaria)
EcoNexus (UK)
Economistas sin Fronteras (Spain)
ECOS (EU)
Ecoworld Rhodopes (Bulgaria)
ELA (Basque Country)
ENSEMBLE! (France)
Entrepueblos/Entrepobles/Entrepobos/Herriarte (Spain)
Esperanto Radikala Asocio Onlus (Italy)
Estonian Seamen’s Independent Union
EUrope NEWnited Serviceteam (EU)
European Federation of Building and Wood Workers (EFBWW)
European Federation of Journalists (EFJ)
European Federation of Public Service Unions (EPSU)
European Information-Human Rights Center (EIHRC)
European Transport Workers’ Federation
Fair Trade Hellas (Greece)
Fairwatch (Italy)
Federazione Organismi Cristiani Servizio Internazionale Volontario, FOCSIV (Italy)
Finance Watch
Finnish NGDO platform to the EU
Finnish TTIP Info Network
Finnwatch (Finland)Forum Unwelt und Entwicklung (Germany)
Food & Water Europe
foodwatch
Foundation for Ecological Education and Training (Bulgaria)
Foundation for Environment and Agriculture (FEA) (Bulgaria)
Fracking Free Ireland
France Amérique Latine (FAL)
France Nature Environnement
Friends of the Earth Austria (GLOBAL 2000)
Friends of the Earth Bulgaria - For the Earth (Za Zemiata)
Friends of the Earth Czech Republic (Hnuti Duha)
Friends of the Earth England, Wales and Northern Ireland
Friends of the Earth Estonia - Estonian Green Movement (ERL)
Friends of the Earth Europe
Friends of the Earth France
Friends of the Earth Hungary (Magyar Természetvédők Szövetsége (MTVSZ)
Friends of the Earth – CEPA (Slovak Republic)
Future for Borino (Bulgaria)
GAIA - Grupo de Acção e Intervenção Ambiental (Portugal)
Gen-ethisches Netzwerk e.V. (GeN)
Global Justice Now (UK)
GMWatch (UK)
GRAIN
Green Action (Croatia)
Green Institute (Greece)
HEAL (EU)Highlands and islands against fracking (UK)
IBD Initiative Bürger für Demokratie (Germany)
Initiativ Liewensufank a.s.b.l. (Luxembourg)
Inititative K136 (Greece)
Inter-Environnement Wallonie (Belgium)
Iuridicum Remedium (IuRe) (Czech Republic)
Keep Ireland Fracking Free
Latvian Green Movement (Latvia)
Lithuanian Seamen’s Union
LobbyControl (Germany)
May Day (Denmark)
Mehr demokratie! Deutschland
Mehr demokratie! Österreich
Mujeres de Negro contra la guerra (Spain)
Munich Environment Institute (Umweltinstitut München e.V.)
NABU e.V. (Germany)
National Justice & Peace Network (England & Wales)
Not For Shale Ireland
Observatory on Debt in Globalisation (Debtwatch) (Spain)
ÖBV-Via Campesina Austria
Oikos – Cooperação e Desenvolvimento (Portugal)
PAN Europe
Plataforma Não ao Tratado Transatlântico (Portugal)
Platform Aarde Boer Consument (The Netherlands)
Polish Green Network (Poland)
PowerShift e.V (Germany)
Pro Ethical Trade Finland
The Puntarji - movement for active citizenship (Slovenia)Quaker Council for European Affairs
Quercus – National Association for Nature Conservation (Portugal)
Réseau Environnement Santé (France)
Seaports NSZZ Solidarność (Poland)
Seeds Action Network - SAN Germany
SIndikat žerjavistov p.d. - Luka Koper (Slovenia)
Social Europe Malta - Front Against TTIP
Solidarity and Cooperation CIPSI (Italy)
Solidary Bulgaria
Stichting Schaliegasvrij Nederland (Shale-gas free Netherlands)
StopTTIP UK
SumOfUs
Sussex Against TTIP
Terra Nuova (Italy)
Transform! Europe
Transnational Institute (Netherlands)
UK National Hazards Campaign
UNI Europa
Union syndicale Solidaires (France)
USO (Spain)
VHUE e.V. (Germany)
War on Want (UK)
WECF Germany
WECF France
WECF The Netherlands
WEED – World Economy, Ecology & Development (Germany)Werkstatt Ökonomie, Heidelberg (Germany)
WIDE+ (Europe)
Women’s International League for Peace and Freedom Netherlands (WILPF NL)
Xnet (Spain)
ŽALI.LT (Lithuania)


(1) http://trade.ec.europa.eu/doclib/press/index.cfm?id=1219 (link is external)
(2) http://corporateeurope.org/international-trade/2014/12/ttip-covert-attac...
and-regulation
(3) http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2014/514007/AGRI_IPOL_STU (link is external)
%282014%29514007_EN.pdf
(4) http://corporateeurope.org/sites/default/files/businesseurope-uschamber-...
(5) http://ciel.org/Publications/LCD_TTIP_Jan2015.pdf (link is external)
(6) https://www.agra-net.net/agra/agra-europe/crops/ttip-must-prioritise-reg... (link is external)
operation-on-gmos---coceral--1.htm
http://www.merid.org/en/Content/News_Services/Nanotechnology_and_Develop... (link is external)
ws/Articles/2013/Jun/25/canada_and_us.aspx
http://www.croplifeamerica.org/sites/default/files/ECPA-CLA%20TTIP%20Pos... (link is external)
%20Paper%2010-03-14.pdf
http://www.europeanpublicaffairs.eu/is-democracy-a-trade-barrier/ (link is external)

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 10:06

 

5. … et du Parlement

Suite à proposition de sa Commission des Affaires européennes, l'Assemblée nationale a quant à elle adopté le 23 novembre une résolution européenne vis à vis de CETA trèsintéressante pour la suite. Cette résolution demande en effet que :

1) CETAsoit considéré comme un accord mixte

2) CETAne puisse remettre en cause l’article 191 du TFUE (Traité sur le Fonctionnement de l’UE) en ce qui concerne la portée et l’invocation du principe de précaution (cette remise en cause est portée la logique de certainesdispositions de ce projet d’accord)

3) les dispositions relatives aux OGMnesoient pas contraires à la réglementation européenne existante en la matière

4) « les modalités de composition, de saisine, de décision et de contrôle du processus de coopération réglementaire  soient définies avec précision »

5) at last but not least, l'ISDS soit sorti du projet d'accordet que les chapitres 10 et 33 relatifs à l'investissement soient en conséquence revus.

De son coté, le Sénat a aussi voté une résolution européenne le 27novembre ; cette résolutionqui couvre TAFTA et CETA1 :

1) déplore le manque de transparence et de contrôle démocratique et l'absence d'étude d'impact indépendante

2) demande de « garantir juridiquement que le droit des États à réglementer ne puisse être limité, même au nom des « attentes légitimes » des investisseurs, et qu’en aucun cas, une mesure protégeant un objectif légitime d’intérêt public ne puisse donner lieu à compensation au nom de son impact économique sur l’investisseur, sans quoi il serait préférable de renoncer au volet consacré à la protection des investissements dans l’accord global négocié avec le Canada »

3) en cas de maintien d'un ISDS (CETA et TAFTA), demande que les arbitres soient impartiaux et les procédures publiques et que les règlements puissent faire l'objet d'appel et que si ce n'est pas possible que le règlement des différends se fassent selon un mécanisme inter-étatiqueou qu'il n'y ait simplement pas de règlement des différends

4) demande que « l’accord en cours de négociation avec les États-Unis reconnaisse explicitement la possibilité pour l'Union européenne et les États membres de préserver leurs acquis, notamment en matière sociale, environnementale, et sanitaire et de développer leurs politiques propres, y compris en matière industrielle et pour la protection des indications géographiques et autres signes de qualité des produits agricoles et alimentaires »

5) demande au gouvernement d'adopter une position similaire en ce qui concerne l'accord avec Singapour

Le gouvernement français entend-t-il se mettre au diapason de la représentation nationale et donc porter, de façon déterminéeet déterminante (vu le poids politique de la France et de l'Allemagne), ces positions au sein des instances européennes ? Ladéclaration commune de Matthias Fekl avec Sigmar Gabriel et son second (Matthias Machnig) mentionnée plus haut reste loin, bien loin, des demandes de la représentation nationale (et des demandes citoyennes).

 

6. Campagne européenneet internationale

L'ICE « auto-organisée »lancée par l’alliance « Stop TTIP » (plus de 240 organisations) le 19 septembrea passé dès le 4 décembre2 le cap « légal » du million de signaturesréparti sur au moins 7 états membres. Depuis, le nombre de signatures est passé au dessus de1,3 millions et le nombre d'états membres où le quota a été atteint est monté à 10 : l'Allemagne, le Royaume Uni, l'Autriche, la France, la Finlande, la Slovénie et Luxembourg ont depuis été rejoints par les Pays Bas, l'Espagne et l'Irlande, la Belgique étantsur le point d'être le 11ème état. Pour donner une leçon mémorable aux despotes de la Commission et pousser encore plus loin cet élément important deconstruction du rapport de forces, l'objectif est dorénavant d'exploserle plafond officiel du million de signatures ce qui désamorcera toute critique de la Commission sur le thème du respect des formes d'une ICE officielle. En avant vers le 2èmemillion de signatures !Pour la France, il reste moins de38.000 signatures supplémentaires pour doubler lequota. Pour faire signer en ligne :http://stop-ttip.org/fr/.

Après le succès de la mobilisation européenne du19 décembre à Bruxelles contre TFATA et l'austérité (encerclement du sommet européen à Bruxelles avec une bonne couverture médiatique3), des actions, àl'occasion du 8èmeroundde négociation du2 au 6 février à Bruxelles, seront organisées à travers l'Europe, dont un rassemblement à Bruxelles (initiative britannique).Une rencontre stratégique de la plate-forme européenne se tiendra aussi à Bruxelles.

En France, une action à Paris est en cours de définition au cotédes actions locales par les collectifs locaux qui le souhaitent. L'idée est de cibler le gouvernement français.

La journée internationale d'actioncontre TAFTA, CETA, TiSA et tous les autres ALE, notamment le TPP, appelée par de nombreux mouvements d'Europe, des Etats-Unis, du Canada, d'Amérique latine, du Japon et d'Australie, se tiendra le samedi 18 avril(avec possibilité d'initiatives les jours précédents). Dénonciation du culte du secret et de la capture du pouvoir par les transnationales seront à l'affiche de cette étape très importante. Pour les formes d'action, on s'oriente plutôt vers desactions nationales dans les lieux symboliques du pouvoir des multinationales : la Défense à Paris, La City à Londres, Francfort en Allemagne, Wall Street à New York.

 

7.Campagne en France

Alors que 15 des 22 régions se sont prononcées dans le cadre de la campagne « collectivités hors traités transatlantiques », le nombre de départements ayant fait de même a doublé et se porte dorénavant à 14 : Ardèche, Dordogne, Corrèze, Essonne, Gard, Hérault, Landes, Lozère, Pyrénées atlantiques, Seine St Denis, Somme, Tarn, Val deMarne, Vaucluse. Les départements commencent à intégrer CETA dans leur motion systématique4.

Plus d'une centaines de nouvelles entités communales se sont également prononcées5 ce qui porte leur nombre à environ 320. La proportion de celles qui se prononcent aussi contre CETA monte de 25 % à 35 % mais il serait évidemment souhaitable que l'association de CETA à TAFTA devienne systématique.

La chambre d'agriculture de l'Ardèche s'est, quant à elle, mise hors TAFTA et CETA6. Certaines initiatives (événements, rassemblements, festivals, etc.) se mettent aussi « hors Tafta »7.

Alors qu'il importe de s'adresser aux élus à tous les étages, pour qu'eux-mêmes fassent pression sur les décideurs (gouvernement, parlementaires), a eu lieu à l'entrée du congrès annuel des maires de France une action axée sur les effets négatifs qu'auraient ces traités sur l'action des collectivités territoriales, plus précisément sur la baisse drastique qui s'ensuivrait de leur possibilité d'action (extension de la libéralisation des marchés publics et limitation des possibilités de privilégier des critères sociaux et environnementaux dans l'attribution de ces marchés, impossibilité du retour en gestion publique de services auparavant privatisés : les décisions pourront être attaquées de plusieurs manières, rôle potentiel de l'ISDS pour les contraindre).

Rappelons aussi que la Convergence des services publics prévoie une initiative en mai 2015 et souhaite y associer le collectif Stop TAFTA.

 

8. Campagnes et informations Attac

Vis à vis des députés une action numériqueAttac et Aitec axée sur l'ISDS et la coopération réglementaire TFATA et CETA a eulieu juste avant le Conseil des Ministres du Commerce du 21 novembre (la prochaine fois elle sera étendue à tous les parlementaires).

Par ailleurs, de la matière à destination des PME (qui seront victimes de ces traités du fait des concentrations et économies d'échelle qu'ils vont induire) est en cours d'élaboration et ne devrait plus tarder à être disponible8. Cette campagne sera européenne.

La formation régionale a débuté (Besançon, Tours et Palaiseau) et va se poursuivre à Marseille (21/02) et La Roche sur Yon (21/03). Ne pas hésiter pas à la solliciter9.

Saluons aussi le beau travail effectué par le CL d'Alençon : interpellation des parlementaires de l'Orne embrayant avec certains d'entre eux sur un véritable échange épistolaire et élaboration d'un 4 pages TAFTA-CETA10.

 

9.Documentation

transparence et ISDS

communiqué de l'Ombudsman sur la transparence :

http://www.ombudsman.europa.eu/en/press/release.faces/fr/58669/html.bookmark

analyse des conclusions de la CE sur la consultation publique ISDS :

https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/article/tafta-la-commission-continue-a

analyse des questions posées par la CE lors de la consultation publique ISDS :

http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/Reponse_finale_AITEC_Consultation_ISDS_CE_2_juillet.pdf

des réactions à la réaction de la CE sur la consultation ISDS :

http://www.euractiv.fr/sections/commerce-industrie/lopinion-publique-vent-debout-contre-la-clause-darbitrage-du-ttip-311295

pour sourire (jaune)

http://transatlantique.blog.lemonde.fr/2014/11/03/traite-transatlantique-les-coupables-hesitations-francaises/

http://transatlantique.blog.lemonde.fr/2014/11/11/les-mauvaises-reponses-de-matthias-fekl-sur-le-traite-transatlantique/

quand le Trésor fait de l'éducation populaire, cela donne cela :

http://www.tresor.economie.gouv.fr/206_Principales-dispositions-des-accords-de-protection-et-dencouragement-reciproques-des-investissements

analyse des ALE

http://local.attac.org/rhone/spip.php?article1860

impacts écologiques

http://www.bastamag.net/Pourquoi-les-traites-commerciaux

http://www.coalitionclimat21.org/contenu/comment-les-accords-de-libre-echange-transatlantiques-sabordent-allegrement-la-transition

http://www.reuters.com/article/2014/12/02/us-repsol-canada-idUSKCN0JG11F20141202

https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/climat-ou-tafta-il-faut-choisir

papiers TAFTA

cartes des entreprises susceptibles d'instrumentaliser TAFTA :

http://www.citizen.org/TAFTA-investment-map

pesticides et TAFTA : rapport (in english) de CIEL (the Center International for Environmental Law) :

http://www.generations-futures.fr/pesticides/tafta-et-pesticides-vers-la-regression/

services financiers et TAFTA :

www.finance-watch.org/ifile/Education/understanding-finance-ttip-fr.pdf

à propos des études d'impact :

http://blogs.mediapart.fr/blog/robert-joumard/291214/benefices-socio-economiques-du-traite-de-libre-echange-euro-etasunien-ptci

des papiers sur CETA

http://www.bilaterals.org/?-EU-Canada-CETA-&lang=en

http://blogs.mediapart.fr/blog/robert-joumard/281214/benefices-socio-economiques-du-traite-de-libre-echange-euro-canadien-aecg

http://www.irec.net/index.jsp?p=35&f=1446 (culture)

TiSA

une fuite importante sur la protection des données et la neutralité d'internet

http://www.world-psi.org/en/briefing-us-tisa-proposal-e-commerce-technology-transfer-cross-border-data-flows-and-net-neutrality

vidéos

vidéos Bruxelles le 19 décembre :

https://www.youtube.com/watch?v=Lv5Tfl3u990

https://www.youtube.com/watch?v=ANq4R4_SFno&feature=youtu.be

le casse du siècle : https://www.youtube.com/watch?v=LjftFgq_Ltg

et une chanson pour finir

https://www.youtube.com/watch?v=ttkgAQ7-dUc&feature=youtu.be&list=PL9NHkfUVA1DN-Kj5FQAIsK601vR8aIrfK

 

 

 

La résistance paie : amplifions la !

 

Bien amicalement

Jean Michel Coulomb

1Aller directement à la page 37.

2Rappelons son libellé : « Nous appelons les institutions de l'Union européenne et de ses pays membres à arrêter les négociations avec les Etats-Unis sur le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP ou TAFTA) et à ne pas ratifier l'Accord Economique et Commercial Global (CETA) avec le Canada ».

3La France étant un peu le parent pauvre de cette couverture.

4Dans ce bulletin, les entités territoriales intégrant CETA dans leur motion sont soulignées (celles pour lesquelles cette information n'est pas connue sont indiquées en italiques).

5Manosque (04), St Martin les Eaux (04), Voix (04), Peyroule (04), Thoard (04), Duyes et Bléone (04), Pierrerue (04), Lambruisse (04), Forcalquier (04), Chorges (05), Pelvoux (05), Eourres (05), St-André Lachamp (07), Saint-Maurice-d’Ibie (07), St Paul le Jeune (07),Vans (07), , Massat (09), Castelnaudary (11), Granes (11), St Ferriol (11), Gardanne (13), Coulgens (16), Ruelle sur Touvres (16), St Claud (16), St Preuil (16), La Jarne (17), Colombiers (17), Malemort (19), Veix (19), Lestards (19), Darnets (19), Meymac (19), Espartignac (19), Tulle (19, bien connu de notre Président …), Le Vieux Marché (22), Vicomté-sur-Rance (22), Guéret (23), Champcevinel (24), Coulounieix-Chamiers (24), Audincourt (25), Avanne Aveney (25), Eurre (26), Montmeyran (26), Suze (26), Saint Génies de Malgoirès (30), Collias (30), Chamborigaud (30), La Grand’Combe (30), communauté de communes du Pays Grand Combien (30), Colognac (30), Vauvert (30), Fonsorbes (31), Frouzins (31), Les Bouchoux (39), Champrougier (39), Eclans Nenon (39), Les Moussières (39), La Pesse (39), Reithouse (39), Souston (40), Campet et Lamolère (40), Habas (40), Tilh (40), Garein (40), Saint Didier en Velay (43), Saint Christophe d’Allier (43), Montvalent (46), Francoulès (46), Soulliac (46), Creysse (46), Villeneuve sur Lot (47), Saint André de Lancize (48), Decize (58), Lys Lez Lannoy (59), La Ferté-Macé (61), Mur-ès-Allier (63), Le village Emmaus Pau-Lescar (64), Bilèrres (64), Hendaye (64), Ustaritz (64), Mendionde (64), Araujuzon (64), Banca (64), Bidarray (64), Espelette (64), Lahonce (64), Sadournin (65), Le Mans (72), La Biolle (73), Grisolles (82), Sivergues (84), Bédoin (84), Lagarde d’Apt (84), Carpentras (84), Naintré (86), Thuré (86), Senollé (86), Bellefonds (86), Coussay les Bois (86), Vouneuil-sur-Vienne (86), Fontaine (89), Pourain (89), Cheny (89), Lalande (89), Villemer (89), Villeneuve-la-Guyard (89), Grigny (91), Saint Michel sur Orge (91).

6Pour déclarer une entité hors traités transatlantiques, vous pouvez utiliser le lien suivant : https://www.collectifstoptafta.org/collectivites/article/declarez-une-collectivite-hors

9S'adresser à formation@attac.org.

10Pour disposer du matériel élaboré (lettres, réponses, 4 pages) : s'adresser à alencon@attac.org.

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 10:04

 

TAFTA

CETA

Bulletin d'Information n°11

 

 

 

Sommaire

 

1. L'état des négociations TAFTA

2. L'état du processus CETA

3. L'environnement des négociations

4. Du gouvernement français …

5. … Et du Parlement

6. Campagne européenne et internationale

7. Campagne en France

8. Campagne et informations Attac

9. Documentation

 

 

1. L'état des négociations TAFTA

Le 8ème round des négociations aura lieu à Bruxelles du 2 au 6 février 4 mois et non, comme à l'accoutumée, 2 mois après le précédent, suite aux changements d'équipesde la Commission européenne et aux élections de mi-mandat aux USA, et peut être aussi à un certain nombre de difficultés (ce qui amène par exemple le nouveau DG à l'Agriculture, Phil Hogan, à se plaindre d'un certain manque d'engouement du coté US).

La Commission européenne a publié certaines de ses positions initiales sur quelques chapitres du projet. Ces documents sont en cours d'analyse. Si l'on peut se féliciter que la pression de la société civile progressiste ait fini par imposerce début de transparence, inédit dans les mœurs de la CE, il faut cependant être conscient que : 1) la qualité informative des documents publiés est parfois plus que discutable ; 2) la CE ne choisit évidemment pas au hasard ce qu'elle publie et … ce qu'elle ne publie pas ou ne publiera qu'au dernier moment ; 3) l'ensemble de ces documents ne couvre qu'une petite partie des discussions ; 4) il s'agit bien de positions initialesde la CE qui ne préjuge en rien du résultat qui sera issu de la confrontation avec l'ensemble des positions états-uniennes … ; 5) at last but not least, nous ne savons rien des positions actuelles, pas initiales, de la CE dans la négociation.

L'ombudsman (en fait une ombudswoman, médiatrice européenne, Cf. BI n°10) prend note de ce début de transparence de la Commission mais préconise, dans sa décision du 6 janvier, d'aller nettement plus loin1 : elle demandenotamment à la CEde : 1) informer de l'existence de tous les documents et de justifier, document par document dont elle ne divulgue pas le contenu, le pourquoi de la non divulgation ; 2) publier systématiquement des ordres du jour et comptes rendus des réunions qu'elle tient sur TTIP avec les organisations professionnelles, groupes de pression etONG (pas certain que les lobbies apprécieront !) ; 3) veiller à ce que les documents délivrés à certains tiers intéressés le soient pour tout le monde, assurant ainsi que tous les citoyens sont traités de manière égale (bis repetita !). Elle demande aussi que la CE éduque les négociateurs états-uniens sur la question de la transparence ...

Illustration de la grande relativité de la transparence dorénavant affichée, la connaissance des positions initiales de la CE sur la coopération réglementaire résulte, quant à elle, … d'une fuite ! Et en première analyse, il y a bien lieu d'être inquiet : si quelques formes sont, semble-t-il, ménagées (plus que dans CETA, ainsi les autorités législatives, en l'occurrence le Parlement européen, seraient formellement dans la boucle), serait institué un « organisme de coopération réglementaire »assez similaire au FCR de CETA ; cet organisme, appelé cette fois-ci « Regulatory Cooperation Body » (RCB)serait de fait en position clé de gouvernance ; il est également fait mention de la reconnaissance mutuelle des normes (Cf. BI n°10). De toute façon, là encore, il ne s'agit que de positions initiales d'une des deux parties, non de dispositions issues de la négociation.

Spécifiquement sur les services financiers, l'UE continue de demanderà ce que ces services soient soumis à la coopération réglementaire :les USA continuant de s'y opposer, l'UE exclue ces services de son offre initialed'accès au marché ... L'UE demande aussique la coopération réglementaire à appliquer à ces services financiers ne relève pas du RCB mais d'un Forum paritaire de régulation financière (Financial Reglementary Forum, FRF), le RCB ne jouant alors, pour ces services, que le rôle de chambre d'enregistrement des décisions du FRF, d'où la demande d'un chapitre à part pour la coopération réglementaire sur ces services.Bref laissons les choses sérieuses aux seuls gens sérieux de la planète : les financiers ! L'EU ne souhaite pas non plus que les services financiers relèvent de l'ISDS.

En attendant la suite de la saga CETA, l'UE, malgré un vote majoritairement contre au PEle 17 décembre a donné son feu vert aux sables bitumeux canadiens. Miracle des règles démocratiques made in UE ! Mais qui devrait donner pleinement satisfactionau Président de la République.

 

2. L'état du processus CETA (AECG)

Rappelons que le processus de ratification consiste en les étapes suivantes :

1) mise en forme légale et traduction dans les 24 langues officielles de l'Union européenne

2) passage au Comité des représentants permanents (COREPER) qui vérifie la conformité au mandat

3) passage devant un comité de juristes pour définir si l'accord est mixte (c'est à dire va au-delà du commerce et de l'investissement) ou pas ; selon la réponse les états nationaux sont saisis ou pas

4) passage au Conseil européen, soit au niveau ministériel soit au niveau des chefs d'état et de gouvernement ; le Conseil européen se prononce alors à la majorité qualifiée, sauf si l'accord comporte des clausesqui requièrent l'unanimité (en l'occurrence cela ne seraitpas le cas).

5) ratification par le Parlement européen

5bis) ratification au niveau des états (3), ce sur l'intégralité du texte.

L'application provisoire sur ce qui concerne les parties non mixtes est cependant possible dés que le Parlement européen ratifierait le traité, sans attendre que tous les états de l'Union se soient prononcés. C'est ainsi qu'a procédé la Commission dans le cadre de deux ALE récents (avec le Pérou et la Colombie, avec le Honduras, Panama et leNicaragua), la Commission arguant que le commerce est une compétence communautaire exclusive.

Ce processus de ratification peut aujourd'hui être retardé, voire capoter, selon deux paramètres :

1) une possible dépendance par rapport à un avis de la Cour de Justice de l'Union Européenne : suite à la mise sur pied du projet d'accord UE-Singapour, la CE a demandé un avis à la CJUE sur le caractère de mixité de cet accord ; dans une certaine logique, cet avis devrait ou pourrait être une entrée pour l'étape 3 sus-mentionnée concernant CETA. Et a priori la CJUE va mettre 6 à 12 mois pour donner cet avis ...

2) l'évolution du débat concernant l'ISDS ; Sigmar Gabriel (le ministère allemand SPD de l'économie) a reculé sur ISDS en affirmant que CETA ne pourrait pas revenir en arrière et qu'on ne pouvait au mieux qu'essayer de l'améliorer. Ce repositionnement n'a pas été très bien accueilli en Allemagne, notamment au sein de son parti. Dans une déclaration commune en date du 21 janvier avec son second (Matthias Machnig) et Matthias Fekl, il revient en arrière et envisage que l'ISDS soit revu. Comme on dit : à suivre ...

L'agenda actuel du Parlement Européen situe le débat de ratification au dernier trimestre 2015 (certains bruits récents le situerait en 2016).

En tout cas, la lutte contre la ratification de CETA est très importante pour celle contre TAFTA : une étude toute récente de Public Citizen montre que des 51.495 des entreprises états-uniennes qui opèrent en Europe, 81 %, soit 41.811 entreprises, ont aussi une filiale au Canada (84 % pour la France) : moyennant l'instrumentalisation de leur filiale canadienne, elles pourraient s'appuyer sur les outils que mettraient en place CETA, entre autre l'ISDS, sans même avoir besoin de TAFTA.

Au Canada, la province de Terre Neuve et Labrador a pris position contre CETA, du moins dans sa version actuelle, menaçant de rentrer en conflit ouvert avec l'Etat fédéral au cas où ce dernier chercherait à imposer CETA.

 

3. L'environnement des négociations

La Commission du Commerce international du Parlement européen (INTA), présidé par Bernd Lange (S&D, SPD), tend à s'opposer à l'ISDS, en tout cas tel qu'aujourd'hui. Undocument de cette commission du PE indique, dans sa version actuelle (cela peut évoluer), que si les clauses de l'ISDS venaient à être intégrées dans TAFTA, « de futures réformes du modèle établi seront indispensables » et ajoute que « les investisseurs à l'étranger devraient être traités justement et pouvoir avoir la possibilité d'obtenir une réparation de préjudices. Cela peut être intégré dans le TTIP sans l'inclusion des clauses RDIE (ISDS) ».Ce document doit alimenter, avec ceux élaborés par d'autres commissions (l'état des lieux dans ces commissions semble pour le moment moins favorable), le rapport contenant les recommandations des eurodéputés à la CE. Selon Bernd Lange qui sera chargé « de droit » de la rédactiondu rapport final issu de toutes les commissions, « un mécanisme de règlement des différends d'État à État par les tribunaux nationaux est l'outil le plus approprié pour régler les litiges relatifs aux investissements ». Gianni Pittella, président du groupe S&D, le 2ème au PE, a demandé l'abandon de l'ISDS. La position de groupe de S&D de s'opposer ou pas à l'ISDS n'est cependant pas encore arrêtée.

La Commission européenne, quant à elle, vient de rendre son interprétation2 de la consultation publique qu'elle avait lancée relativement à l'ISDS : conformément à sa pratique de piétinement de l'expression citoyenne, déjà récemment exercée lors du refus de l'ICE, elle relativise fortement l'expression d'environ 145.000 citoyens (sur environ 149.400 réponses) au prétexte qu'il s'agit de réponses collectives ; rappelons que c'est la « technicité » peu motivante des termes de cette consultation qui a amené certains organisations à proposer des modèles de réponses mais que c'est évidemment chacun des 145.000 répondants qui a déposé sa réponse (souvent d'ailleurs en l'adaptant). Tout en reconnaissant une majorité de réponses négatives, la CE se garde bien de donner des résultats chiffrés3. Elle est cependant amené à reconnaître et à décrire la nature de la césure entre ceux qui sont majoritairement pour l'ISDS (les lobbies d'affaire et les grandes compagnies) et ceux qui sont majoritairement contre (les autres). A moins de considérer que les répondants (pour et contre) sont quasiment tous des idiots, ce constat est l'aveu du caractère « classiste » du projet TAFTA : un outil en faveur des transnationales contre les autres acteurs économiques (PME comprises) et au mépris des considérations autres que commerciales !

La nouvelle DG Commerce, Cecilia Malmström, commente : « la consultation montre clairement l’existence d’un énorme scepticisme par rapport à l’instrument ISDS » (c'est bien le moins !), annonce « une discussion franche et ouverte sur la protection des investissements et le règlement des différends dans le cadre du partenariat transatlantique avec les gouvernements des pays de l’UE, le Parlement européen et la société civile » (chiche !) et conclue que « jamais la Commission européenne – pas plus que les États membres de l’Union ou le Parlement européen – ne pourrait même envisager un accord qui entraînerait un nivellement par le bas ou limiterait le droit à réglementer de nos gouvernements ». Là, pour être cohérente avec ces paroles, elle devrait tout de suite agir pour arrêter la ratification de CETA avec son ISDS et son FCR … ! Au contraire, mais à vrai dire de façon non surprenante, on nous annonce que les ISDS de CETA et de l'accord avec Singapour pourraient servir de modèle pour TAFTA ...

Les élections de mi-mandat aux USA compliquent pour Obama la possibilité de mise en œuvre de la procédure du fast track (vote bloqué et rapide) pour TAFTA et pour le TPP : même si les républicains pourraient avoir plus tendance à se prononcer en faveur de tels accords (mais ils peuvent aussi être porteurs d'intérêts catégoriels qui s'y opposent), un certain nombre d'élus républicains veulent limiter au maximum le pouvoir d'Obama … Ceci dit, les négociations sur le TPP semblent manifestement en crise … Par ailleurs, les leaders de la commission finance du Congrès ont émis une lettre ouverte demandant de sortir de la négociation les services financiers mais aussi l'ISDS.

Le chancelier d'Autriche (où la mobilisation est très forte), Werner Fayman (SPÖ), a résolument pris position contre TAFTA (inutile de chercher cette information dans votre quotidien préféré).

 

4. Du gouvernement français ...

Par rapport à la question de l'ISDS la position du gouvernement français présente jusqu'iciun coté pile et un coté face.

Coté pile, devant la commission des affaires économiques du Sénat, le 12 novembre, le secrétaire d'état chargé auCommerce Extérieur, Matthias Fekl, semblait prendredes distances avec l'ISDS, annonçant même que le gouvernement était« très offensif » sur la question4 ...

Coté face, dans les instances européennes, la France n'a pas bougé au moment où l'Allemagne ruait dans les brancards, aussi bien pour TAFTA que pour CETA, de façon suffisamment inquiétante pour les néolibéraux que ceux-ci furent amenés à contre-attaquer en organisant la déclaration de 14 états membresen faveur de l'ISDS (Cf. BI n°10) avec pour conséquence le recul du ministre allemand de l'économie, Sigmar Gabriel (Cf. plus haut)« Si le reste de l'Europe veut cet accord, alors l'Allemagne doit l'approuver.Nous n'avons pas le choix ». Selon Le Monde, « si la France était entrée dans l'arène aux côtés de l'Allemagne, l'ISDS aurait vécu ses derniers moments », aurait reproché une homologue européenne à Matthias Fekl lors de la séance de travail du21 novembre des ministres européens à Bruxelles. Toujours selon ce journal, une source proche du gouvernement français a confirmé que « la Commission a réellement hésité, se demandant si elle ne devait pas se débarrasser de ce fardeau politiquement coûteux ».

Ilva sans dire que, dans les semaines qui viennent, suite à la publication des résultats de la consultation publique ISDS,c'est l'adoption du coté pile5 qu'il importerait d'adopter dans les instances européennes, là où c'est décisionnel !

Quant au Comité de Suivi Stratégique (CSS) nouvelle formule, annoncé en fanfare fin octobre parMatthias Fekl et auquel Attac France a fait le choix de participer sous réserve qu'il se révèle effectivement utile à la transparence et au débat, il« rame » à se mettre en place (par exemple, le forum internet prévu n'est toujours pas ouvert)6.

 

'4« Quant aux tribunaux d'arbitrage, la France n'a pas été demandeuse et ils ont été inclus au mandat avant que ce Gouvernement n'arrive aux affaires - mais là n'est pas l'essentiel. Ce qui importe, c'est de préserver le droit des États à édicter des normes et à en assurer l'application, le principe de l'indépendance et de l'impartialité de la justice ainsi que la capacité des peuples à faire valoir leurs préférences collectives. Nous ne voulons pas manger du poulet chloré ou du bœuf aux hormones et souhaitons continuer à produire et à consommer nos produits de

5

Le site du Trésor, quant à lui, affiche résolument le coté face … Ennuyeux quand on sait que le Trésor est dans la boucle gouvernementale avec des représentants permanents à Bruxelles.

 

6

On trouvera un compte-rendu de sa première réunion à : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/2014-11_CR-

 

 

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 09:27

Note  de l'administration du blog  SUR CE ROUND DE  NEGOTIATIONS:

 

 

Tout d'abord, il y a  l'analyse de Raoul Marc Jennar!Avec  :GMT/TAFTA : « Coopération réglementaire » : Une dérégulation qui ne dit pas son nom,

Puis il y a la réponse du PS à l'opération "Allo le PS ? Pas d'ISDS !"

Et aussi , il y a  cette lecture(très recommandée),  de l'article du magazine éco Challenges sur une réunion des artisans du TAFTA,    En partant de la  lecture  et  de l'analyse de ce papier là, cela pourrait "donner des pistes de réflexions pour de futures actions d'information"...., 
 
  http://www.challenges.fr/economie/20150129.CHA2639/tafta-ttip-faut-il-avoir-peur-de-l-invasion-des-poulets-au-chlore.html
 
Analyse d'un militant anti TAFTA ,à propos de "ceux qui se réunissent pour faire accepter le traité et se pencher sur ce qu'il serait nécessaire de faire (En terme d'acceptabilité ),l'on apprend par exemple :


 - Que concrétement pour eux,"il n'y aurait  point d'accord à présenter avant 3 ou  4 ans".
  -" Les français sont moins "inquiétés" par le TAFTA que leurs voisins allemands, où le traité est désormais considéré comme une menace aux standards de vie allemands".
 - Il y aurait  un manque d'information et d'intérêt selon eux auprès des citoyens ("confus") et aussi, voir surtout, auprès des parlementaires.
  -" Qu'une parlementaire UMP signale que les "députés sont très peu sollicités"....
  - Que pour eux,:

li n'y aurait aucun soucis à se faire avec ISDS (mais il y a aussi  peu d'arguments pour le défendre cette mesure )
  - Idem et de façon générale, ce sont tjs les mêmes arguments ("croissance, ouverture, concurrence asiatique à contrer...") mais il semblerait que la nouvelle cible à séduire semble être "les PME" qui auront avec le TTIP les "mêmes chances" que les multinationales...

 

Merci  à BS....

 

Sur ,"Le PS a déjà répondu  à l'opération "Allo le PS ? Pas d'ISDS !":

 

Voir ça sur : http://www.parti-socialiste.fr/articles/tafta-ttip-et-ceta-la-position-des-socialistes?utm_source=flux-rss&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=node/12110

 

"La conclusion militante anti-TAFTA est :
 " Groupe socialistes au Sénat, Parti socialiste et gouvernement s’opposent donc à la mise en place de tribunaux arbitraux privés pour régler les litiges Etats/investisseurs. "
 
 Quelques arguments complémentaires pour vos conversations téléphoniques et électroniques d'aujourd'hui

  • Le gouvernement (socialiste..) n'est lui pas du tout convaincu, il ne fait qu’émettre des réserves et souhaite faire quelques réformes de l'ISDS dans CETA (et probablement TAFTA).
    >
  • Il se met dont le doit dans l’œil en pensant pouvoir faire accepter un mécanisme inutile (pas d'influence sur l'investissement) dangereux et injuste (privilèges pour les investisseurs)
  • Le gouvernement doit donc porter le "Non à l'ISDS" au conseil (les représentants des états membres de l'UE)
  •  Le groupe socialiste au parlement européen n'est pas convaincu de la nocivité de l'ISDS, réformé ou pas, comme les déclarations de son chef italien Gianni Pittella (voir ci-dessous)
  • La chef de la délégation socialiste française au parlement européen Pervenche Beres n'est pas non plus convaincue
    >
  • Il y a beaucoup d'autre dangers dans le TAFTA. Les tribunaux d'arbitrage sont un problème très actuel sur lequel la position des socialistes ne doit pas mollir, mais ce n'est qu'un des problèmes :) "

 Sur l 'état des négociations TAFTA

 

 

 

-Point de vue de Raoul Marc Jennar:

 

GMT/TAFTA : « Coopération réglementaire » : Une dérégulation qui ne dit pas son nom

Le huitième cycle de négociation du traité transatlantique TAFTA s’est ouvert ce lundi à Bruxelles.

Alors que les promoteurs du traité patinent face à l’opposition grandissante à l’arbitrage investisseur-État [1], c’est désormais sur la « coopération réglementaire » que planchent les négociateurs.

Sous ce doux nom de coopération se cache un vaste programme de dé-tricotage des normes sociales, environnementales, alimentaires et sanitaires avec les lobbies des multinationales aux commandes.

La Commission européenne a en effet repris quasiment mot pour mot les demandes de la chambre américaine de commerce et de Business Europe [2]. Étiquetage, autorisation de produits chimiques, règles prudentielles, sécurité automobile etc sont autant de domaines où les normes sont perçues comme des obstacles injustifiés au libre commerce. Et ce qui ne pourra pas être négocié dans le traité, encore trop sujet au regard public malgré l’opacité qui entoure les négociations, le sera par la suite : des groupes de travail sectoriels et un conseil de coopération réglementaire se chargeront de manière permanente d’analyser les législations actuelles et futures à l’aune de leur impact sur le commerce transatlantique, et ce avant même que les élu-es ne soient consultés (voir note CEO) et à l’abri de tout débat public.

 Le collectif national Stop TAFTA dénonce ce projet néfaste pour les consommateurs, les travailleurs et l’environnement. Loin d’être un volet technique, la coopération réglementaire est une pièce maîtresse du traité dont le projet est une dérégulation à grande échelle, en dehors de tout contrôle démocratique.

D’après Michel Dubromel, administrateur de FNE (France Nature Environnement), « les documents fuités montrent que les négociateurs européens travaillent à modifier le processus réglementaire à la racine. Ils mettent en place des procédures complexes qui visent à promouvoir les seuls intérêts des milieux d’affaire et nuisent aux droits des populations et à l’environnement ».

Laurent Pinatel de la Confédération Paysanne, membre du collectif, a déclaré « le conseil de coopération réglementaire deviendra un trou noir pour toute réglementation en place et à venir, destiné à contourner les élus et leur mandat démocratique. Le gouvernement français doit rejeter cette proposition avec force. »

Le collectif continue à se mobiliser pour informer les citoyens des dangers de cet accord et pour mettre fin aux négociations telles qu’elles se déroulent.

Notre campagne se poursuivra dans la rue le 18 avril avec une journée internationale d’action durant laquelle nous nous mobiliserons aux côtés de nos partenaires en Europe et en Amérique du Nord.

158 organisations et réseaux de toute l’Europe publient ce mercredi une déclaration commune sur la coopération réglementaire dans TAFTA : « TAFTA : La coopération réglementaire est l’outil ultime pour empêcher ou affaiblir les futures normes d’intérêt général en faveur des citoyens, des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement ».

Le collectif Stop Tafta

4 février 2015

Informations complémentaires

Analyse de la proposition de la Commission : « TAFTA : Les réglementations verrouillées » et petit guide « TAFTA : une attaque camouflée sur la démocratie et les normes de réglementation » par CEO

Notes

[1Voir le communiqué du 14 janvier 2015

[2] Comme en témoignent les fuites successives de documents : décembre 2013, décembre 2014, janvier 2015

 

 

TAFTA

CETA

Bulletin d'Information n°11

 

 

 

Sommaire

 

1. L'état des négociations TAFTA

2. L'état du processus CETA

3. L'environnement des négociations

4. Du gouvernement français …

5. … Et du Parlement

6. Campagne européenne et internationale

7. Campagne en France

8. Campagne et informations Attac

9. Documentation

 

 

1. L'état des négociations TAFTA

Le 8ème round des négociations aura lieu à Bruxelles du 2 au 6 février 4 mois et non, comme à l'accoutumée, 2 mois après le précédent, suite aux changements d'équipesde la Commission européenne et aux élections de mi-mandat aux USA, et peut être aussi à un certain nombre de difficultés (ce qui amène par exemple le nouveau DG à l'Agriculture, Phil Hogan, à se plaindre d'un certain manque d'engouement du coté US).

La Commission européenne a publié certaines de ses positions initiales  

 

la suite en deuxieme ET TROISIEME patie de " Ce qui s’est ouvert ce lundi à Bruxelles est le huitième cycle de négociation du traité transatlantique TAFTA  envoyé par :

Jean Michel Coulomb

;

 

 

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 10:53

 

Jeudi 5 février :
Opération « Allo le PS ? Pas d'ISDS !

 

Cette semaine a lieu le 8ème cycle de négociation du TAFTA à Bruxelles.

La Commission européenne a publié en janvier son analyse de la consultation sur le volet investissement des négociations TAFTA. Le résultat est sans appel : Un rejet clair des mécanismes d'arbitrage investisseur-État (ISDS) par 97% des participants !

La Commission tente de promouvoir une version « améliorée » l'ISDS, dans l'accord UE-Canada comme dans le TAFTA. Et le gouvernement français semble s'engager en soutien de cette version améliorée de l'ISDS1, malgré une forte opposition citoyenne et des résolutions2 adoptées par les parlementaires, rejetant ce mécanisme.

Mardi 3 février, Matthias Fekl, secrétaire d’État au Commerce extérieur, a déclaré sur France Inter que l'ISDS n'était « pas acceptable » et qu'il n'y avait « pas de majorité pour voter ce texte en l'état, y compris au parlement européen ».

Objectif

Mettre la pression sur le gouvernement et le Parti Socialiste pour qu'ils rejettent l'ISDS dans le CETA et le TAFTA.

Le gouvernement français doit s'engager fermement à protéger la démocratie, les droits sociaux et l’environnement en refusant toute forme de règlement des différends investisseur - État.

Ce mécanisme ne peut pas être réformé ni amélioré, son principe même est dangereux. Nous exigeons une prise de position du gouvernement français pour un rejet total de l'ISDS.

Quoi ?

Action d’engorgement des téléphones du Parti socialiste.

En parallèle, une action « tempête » sur les réseaux sociaux.

 

Quand ?

Jeudi 5 février, veille de la clôture du cycle de négociation TAFTA à Bruxelles.

 

Comment ?

En appelant le siège du Parti Socialiste et ses principales fédérations tout au long de la journée :

Quoi

Numéro

Siège : standard

01 45 56 77 00

Siège : secteur international

01 47 05 28 58

Fédération Rhône

04 78 60 07 84

Fédération Bouches-du-Rhône

04 91 54 85 03

Fédération Haute Garonne

05 61 23 15 75

Fédération Loire-Atlantique

02 40 20 63 00

Fédération Bas-Rhin

03 88 84 05 00

Fédération Hérault

04 67 79 70 79

Fédération Bretagne

02 99 31 61 00

Fédération Gironde

05 56 11 08 08



Exemple de questions à poser

ASTUCE : soyez polis, parlez sur un ton cordial mais ferme !

Bonjour, Matthias Fekl, a déclaré ce mardi sur France Inter que L'ISDS n'était « pas acceptable ». Est que le parti socialiste va s'engager à ne pas voter un accord contenant l'ISDS ?

OU

Bonjour, je suis opposé au mécanisme d'arbitrage investisseur-État ou ISDS dans le TAFTA et le CETA et j'aimerais connaître la position du parti socialiste ?

OU

Bonjour, je suis très inquiet au sujet de l'arbitrage investisseur-État ou ISDS dans le TAFTA et le CETA. Je pense que l'ISDS est très dangereux qu'il n'est ni réformable et ni améliorable. Pouvez-vous demander au gouvernement français d'écouter les citoyens et exiger son retrait ?

Idées de messages pour les réseaux sociaux

@jccambadelis Quelle est la position du #PS sur l'arbitrage privé dans le #TAFTA ? Pas de réforme possible ! #NoISDS #DuCourage #StopTAFTA

@ MEMBRE-DU-PS Quelle est votre position sur l'arbitrage privé dans le #TAFTA ? Pas de réforme possible ! #DuCourage #NoISDS #StopTAFTA

@ MEMBRE PS L'arbitrage #ISDS ne doit pas figurer dans #TAFTA la France @matthiasfekl doivent s'y opposer Dites lui #NoISDS!

@XXX 8e cycle de négo #TAFTA à Bxl - #ISDS introduit un régime de droit exceptionnel pour les entreprises. Dites non !

@XXX 8e cycle de négos #TAFTA à #Bruxelles. Votre voix compte, dites non à #ISDS, réformé ou pas !

Jeudi 5 février :
Opération « Allo le PS ? Pas d'ISDS !

 

Cette semaine a lieu le 8ème cycle de négociation du TAFTA à Bruxelles.

La Commission européenne a publié en janvier son analyse de la consultation sur le volet investissement des négociations TAFTA. Le résultat est sans appel : Un rejet clair des mécanismes d'arbitrage investisseur-État (ISDS) par 97% des participants !

La Commission tente de promouvoir une version « améliorée » l'ISDS, dans l'accord UE-Canada comme dans le TAFTA. Et le gouvernement français semble s'engager en soutien de cette version améliorée de l'ISDS1, malgré une forte opposition citoyenne et des résolutions2 adoptées par les parlementaires, rejetant ce mécanisme.

Mardi 3 février, Matthias Fekl, secrétaire d’État au Commerce extérieur, a déclaré sur France Inter que l'ISDS n'était « pas acceptable » et qu'il n'y avait « pas de majorité pour voter ce texte en l'état, y compris au parlement européen ».

Objectif

Mettre la pression sur le gouvernement et le Parti Socialiste pour qu'ils rejettent l'ISDS dans le CETA et le TAFTA.

Le gouvernement français doit s'engager fermement à protéger la démocratie, les droits sociaux et l’environnement en refusant toute forme de règlement des différends investisseur - État.

Ce mécanisme ne peut pas être réformé ni amélioré, son principe même est dangereux. Nous exigeons une prise de position du gouvernement français pour un rejet total de l'ISDS.

Quoi ?

Action d’engorgement des téléphones du Parti socialiste.

En parallèle, une action « tempête » sur les réseaux sociaux.

 

Quand ?

Jeudi 5 février, veille de la clôture du cycle de négociation TAFTA à Bruxelles.

 

Comment ?

En appelant le siège du Parti Socialiste et ses principales fédérations tout au long de la journée :

Quoi

Numéro

Siège : standard

01 45 56 77 00

Siège : secteur international

01 47 05 28 58

Fédération Rhône

04 78 60 07 84

Fédération Bouches-du-Rhône

04 91 54 85 03

Fédération Haute Garonne

05 61 23 15 75

Fédération Loire-Atlantique

02 40 20 63 00

Fédération Bas-Rhin

03 88 84 05 00

Fédération Hérault

04 67 79 70 79

Fédération Bretagne

02 99 31 61 00

Fédération Gironde

05 56 11 08 08



Exemple de questions à poser

ASTUCE : soyez polis, parlez sur un ton cordial mais ferme !

Bonjour, Matthias Fekl, a déclaré ce mardi sur France Inter que L'ISDS n'était « pas acceptable ». Est que le parti socialiste va s'engager à ne pas voter un accord contenant l'ISDS ?

OU

Bonjour, je suis opposé au mécanisme d'arbitrage investisseur-État ou ISDS dans le TAFTA et le CETA et j'aimerais connaître la position du parti socialiste ?

OU

Bonjour, je suis très inquiet au sujet de l'arbitrage investisseur-État ou ISDS dans le TAFTA et le CETA. Je pense que l'ISDS est très dangereux qu'il n'est ni réformable et ni améliorable. Pouvez-vous demander au gouvernement français d'écouter les citoyens et exiger son retrait ?

Idées de messages pour les réseaux sociaux

@jccambadelis Quelle est la position du #PS sur l'arbitrage privé dans le #TAFTA ? Pas de réforme possible ! #NoISDS #DuCourage #StopTAFTA

@ MEMBRE-DU-PS Quelle est votre position sur l'arbitrage privé dans le #TAFTA ? Pas de réforme possible ! #DuCourage #NoISDS #StopTAFTA

@ MEMBRE PS L'arbitrage #ISDS ne doit pas figurer dans #TAFTA la France @matthiasfekl doivent s'y opposer Dites lui #NoISDS!

@XXX 8e cycle de négo #TAFTA à Bxl - #ISDS introduit un régime de droit exceptionnel pour les entreprises. Dites non !

@XXX 8e cycle de négos #TAFTA à #Bruxelles. Votre voix compte, dites non à #ISDS, réformé ou pas !

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 08:06
Des eurodéputés protestent contre le manque de transparence devant l'une des salles dédiées à la consultation des documents du TTIP. Octobre 2014. [Greens/EFA/Flickr]

 

EXCLUSIF/ Une enquête pourrait être ouverte par le Médiateur européen contre la Commission, qui a refusé l'accès à certains documents du TTIP à cinq ONG. De son côté, l'exécutif européen estime que ces négociations sont les plus transparente jamais menées.

Les ONG en question se sont déjà plaintes auprès du Médiateur européen, Emily O'Reilly. Si aucune décision finale n'a été prise au sujet de cette possible enquête, il ressort des informations qu'a pu obtenir EurActiv que tous les éléments nécessaires à cette procédures sont rassemblés.

Selon certaines sources, une enquête permettrait au Médiateur de faire des recommandations spécifiques complétant le rapport d'initiative récemment rédigé par Emily O'Reilly sur le TTIP.

Les ONG défendent que l'exécutif européen a décidé d'ignorer les obligations  de la Convention d'Aarhus en termes de transparences, selon lesquelles les autorités doivent donner accès aux informations liées à l'environnement au public.

La Convention d'Aarhus, un accord international signé par l'UE, doit s'appliquer pour les documents du TTIP liés à l'environnement, selon la plainte déposée par ClientEarth, la Fédération européenne des Journalistes, Amis de la Terre Europe, l'Observatoire de l'Europe industrielle et le Bureau européen de l'environnement.

Le refus de la Commission de donner accès à ces documents contredit également le jugement rendu en juin par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), soulignent également les ONG. La CJUE avait en effet indiqué que le public devait avoir accès aux documents institutionnels et que les documents tenus secrets devaient être une exception.

Les juges européens ont jugé que les documents se rapportant aux activités internationales, dont le TTIP, ne doivent pas être systématiquement considérés comme exemptés du principe de transparence. 

>> Lire : Les documents du TTIP peuvent être publiés, selon la Cour de justice européenne

La Commission a eu tort d'utiliser ce principe d'exception aux fins de bonnes « relations internationales » et de « protection du processus de décision » stipulées dans le règlement sur l'accès aux documents, soutiennent donc les ONG.

Selon la plainte, la Commission a également mal jugé l'intérêt des citoyens pour la transparence, manqué de transparence et négligé de répondre dans un délai raisonnable aux requêtes concernant ces documents. Les fonctionnaires européens ont justifié ce dernier point par l'ampleur du champ balayé par les requêtes des ONG.

 

Tweet du Médiateur européen : Le TTIP va tout changer & doit respecter les normes de transparence, assure Emily O’Reilly dans son discours

Clause de règlement des différends entre investisseurs et États

Les demandes concernaient les rapports de position, documents de travail et rapports de l'UE relatifs à la clause de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE), un mécanisme permettant aux entreprises de poursuivre des gouvernements devant des tribunaux d'arbitrage internationaux.

>> Lire : L'opinion publique vent debout contre la clause d'arbitrage du TTIP

Les autres requêtes portaient sur des documents liés à la coopération en matière de réglementation et aux secteurs de l'énergie, des produits chimiques, de la sécurité alimentaire et du développement durable. La coopération en matière de réglementation est l'un des sujets discutés cette semaine dans le cadre du huitième cycle de négociations sur le TTIP à Bruxelles.

>> Lire : Les négociations sur le TTIP reprennent sous tension à Bruxelles

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 02:24

Le Lundi 9 février à 19h15 à la Salle des Conseils du Centre Administratif, 1, parc de l’Etoile, 67000 Strasbourg,une soirée d’information, d’échanges et de débat : « Le traité transatlantique : quels enjeux, quelles perspectives ? »,

est organisé par la Ville de Strasbourg :

 

Au programme :

- Historique du traité par Catherine TRAUTMANN, Vice-Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg .

-Les dangers et risques de ce traité par Yannick JADOT, député européen EELV .

-Le rôle des citoyens par Michel DEVOLUY, économiste, professeur à l’université de Strasbourg, auteur de « Le traité transatlantique et la résistance citoyenne » .

-La position de la France vis-à-vis du traité par Matthias FEKL, Secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme Echange avec la salle.

 

 

 

Traité de libre-échange Canada-Union européenne

Nouvel obstacle sur la voie de la ratification

Paris et Berlin s’inquiètent de leur souveraineté nationale

27 janvier 2015 | Christian Rioux - Correspondant à Paris
Le 26 septembre 2014, Herman Van Rompuy, Stephen Harper et José Manuel Barroso signaient l’Accord économique et commercial global, dont les termes avaient été négociés durant cinq ans. 

Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Le 26 septembre 2014, Herman Van Rompuy, Stephen Harper et José Manuel Barroso signaient l’Accord économique et commercial global, dont les termes avaient été négociés durant cinq ans. 

Les obstacles se multiplient sur la voie de la ratification de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Ce traité baptisé Accord économique et commercial global (AECG) dont les négociations se sont officiellement arrêtées en septembre 2014 pourrait devoir être à nouveau modifié afin d’être ratifié par les 28 pays membres de l’Union européenne. Depuis une semaine, l’opposition ne vient pas que de la France, mais aussi de l’Allemagne qui s’inquiète, elle aussi, du mécanisme de règlement des différends prévu dans le traité et de son impact sur la souveraineté des États.

 

La semaine dernière s’est tenue à Berlin une rencontre entre le ministre allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, et le secrétaire d’État français chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl. Ces échanges devraient « nous inciter à apporter des modifications à l’AECG », ont conclu les ministres au terme de cette rencontre à laquelle participait aussi le secrétaire allemand aux Affaires économiques et à l’Énergie, Matthias Machnig. Les représentants français et allemands se disent prêts à « examiner toutes les options de modifications » du traité négocié depuis 2009 avec le Canada.

 

Selon les ministres, le mécanisme de règlement des différends commerciaux mettrait en cause la souveraineté nationale en permettant aux entreprises de poursuivre indûment les États devant des tribunaux d’arbitrage. Cela pourrait impliquer la réécriture des chapitres 10 et 33 du traité relatifs à la protection des investissements étrangers. C’est la première fois que Paris et Berlin s’expriment aussi clairement et d’un commun accord en faveur d’une réécriture du traité.

 

Opposition massive

 

Les ministres se faisaient ainsi l’écho de la large consultation populaire qui s’est déroulée dans les pays de l’Union européenne à propos d’un autre accord en cours de négociation, cette fois avec les États-Unis. Paris et Berlin craignent en effet que l’accord avec le Canada ne crée un précédent qui s’appliquerait aux négociations en cours avec Washington.

 

La consultation publique menée récemment par Bruxelles a révélé une opposition massive à ce mécanisme de règlement des différends. 88 % des 150 000 personnes consultées se sont prononcées contre. Même si cette consultation n’était pas un sondage, souligne la commissaire au Commerce de la Commission européenne, Cecilia Malmström, elle « montre bien que les Européens sont très sceptiques », dit-elle. La commissaire précise que jamais la Commission n’accepterait « de signer un accord qui affaiblirait nos normes ou limiterait la capacité de nos gouvernements à légiférer ».

 

Le Canada pourrait donc être contraint de revenir à la table de négociation. La ratification de l’accord est en effet loin d’être garantie, notamment au Parlement européen. En France et en Allemagne, il n’existe pas de majorité pour ratifier la clause d’arbitrage », a déclaré au magazine Marianne le secrétaire d’État français du Commerce extérieur, Matthias Fekl.

 

Le 23 novembre dernier, l’Assemblée nationale française a adopté une résolution s’opposant à un tel mécanisme de règlement des différends investisseur-État et exigeant des précisions détaillées sur « les modalités de composition, de saisine, de décision et de contrôle du processus de coopération réglementaire ». Le sénat a adopté la même position le 27 novembre.

 

Poursuites abusives

 

Selon un rapport soumis au Parlement européen par Bernd Lange, président de la Commission du commerce international, les recours devant ces tribunaux d’arbitrage spécialisés menaceraient la capacité des États de légiférer pour protéger l’environnement ou les normes du travail. La France et l’Allemagne veulent éviter les poursuites abusives comme celle déposée en octobre dernier par le groupe suédois Vattenfall devant l’International Centre for Settlement of Investment Disputes à Washington. L’entreprise, qui exploite deux centrales nucléaires en Allemagne, réclame une compensation de plus de quatre milliards d’euros pour la sortie du nucléaire civil annoncée par Angela Merkel au lendemain de la catastrophe de Fukushima.

 

« Il faut réfléchir à des mécanismes d’appel des décisions arbitrales, a déclaré le secrétaire d’État français Matthias Fekl au magazine Marianne. […] Aujourd’hui, un groupe qui attaque un État ne risque rien, si ce n’est les frais de procédure. Il faut donc mettre en place des possibilités de condamnations dissuasives. Il faut aussi regarder du côté des arbitres et lutter résolument contre les conflits d’intérêts. »

 

Le mois dernier, Thomas Mulcair, chef de l’opposition officielle à Ottawa, était venu en France plaider pour la modification de ce mécanisme d’arbitrage. Bien que les négociations entre le Canada et l’Union européenne se soient officiellement interrompues en septembre dernier, l’ouverture de négociations entre l’Union européenne et les États-Unis relance le débat. « Avec la publication de ces recommandations, on entre dans une nouvelle phase au sein de l’Union européenne, dit Matthias Fekl. Il faut inventer l’arbitrage investisseurs-État du XXIe siècle ».

  On se rappellera que, même si un accord de principe était intervenu le 18 octobre 2013 entre Bruxelles et Ottawa, il avait fallu négocier encore dix mois de plus pour s’entendre sur un texte précis. Vu d’Europe, il se pourrait que l’exercice ne soit toujours pas terminé.

 

-vidéo téléchargeable:

Traversée à haut risque à bord du TAFTA

https://utopiesinvestigations.wordpress.com/2015/01/26/traversee-a-haut-risque-a-bord-du-tafta/

 Les multinationales prédatrices et leurs projets de traités, le TAFTA ou Grand Marché Transatlantique, et le CETA (accord entre l’Union Européenne et le Canada), menacent la démocratie.

Pour la défendre, et la raviver, rien de mieux que de la pratiquer tous ensemble !
Depuis quelques mois, au côté des collectifs locaux Stop TAFTA, des militants et sympathisants d’Attac provoquent de riches débats citoyens avec leur pièce de théâtre « Traversée à haut risque à bord du TAFTA ».

Dans des saynètes qui se passent à la cantine scolaire, à l’hôpital ou dans les régions exposées à l’exploitation des gaz de schiste, avec humour et sérieux, ils exposent les enjeux de ces traités mortifères dans un format à la portée de tous.

 

À la demande de nombreux collectifs locaux qui désirent multiplier ces débats, la pièce est maintenant disponible sous forme d’une vidéo téléchargeable pour être projetée lors de réunions publiques ou en petits groupes.

Téléchargement : version standard (264 Mo) / version haute définition (691 Mo).

Le texte de la pièce a été écrit par Christian Lefaure, Florence Lauzier, Jean Marie Malo, Attac.
Le slam est adapté d’un texte original de Françoise Brunelle. La mise en scène a été réalisée par Fabienne Brugel de la Compagnie NAJE et Nathalie Levray, Attac. L’affiche a été réalisée par François Feer, Attac

La captation vidéo a été réalisée par Sarah Jacquier, la captation du son par Yannis Baxevanakis.

Pour inviter la troupe à venir jouer lors d’un débat ou d’une manifestation, pour obtenir le texte qui est libre de droit, et le mettre en scène (aux seules conditions que la reprise n’entraine aucune tractation financière) contacter : christianlefaure@free.fr, ou jeanmariemalo@gmail.com ;
Et si vous organisez un débat en utilisant la vidéo merci de nous le signaler par mail à l’une des deux adresses ci-dessus. Merci d’avance !

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 09:57

Cette semaine, après le rapport de la commission européenne sur les résultats de la consultation sur l'ISDS, ont été publiés:
  TAFTA : La Commission continue à vouloir réformer l’irréformable
 
Un (long) article sur le contexte de la consultation, les réponses, et des explications sur l'irréformabilité (!) de l'ISDS
  https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/article/tafta-la-commission-continue-a
 
  Le ministre du commerce Matthias Fekl a lui publié un communiqué commun avec deux ministres allemands:
  http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-economique-et-commerce/actualites-liees-a-la-diplomatie-23093/2015/article/negociations-commerciales-117484

Il y reprend les propositions de la commission et propose de réformer ISDS *y compris dans le CETA*.
 
  Ce qui peut être 1) mauvais (si les réformes suffisent à dépasser l'opposition de beaucoup de députés européens critiques, particulièrement chez les sociaux-démocrates) ou 2) intéressant (s'il y a une vraie volonté de réouvrir les négociations du CETA, cela peut couler l'accord). Personnellement, je pense que 2) est peu probable, mais sait-on jamais..
 
  Interpellation du gouvernement (envoyée aujourd'hui), en réponse à son communiqué franco-allemand:
 http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?article1425
 
  On y dit que:

  • l' ISDS n'est pas réformable
    >
  • Question : qu'est-ce que le gouvernement compte faire *précisément* ?
  • Plus qu'une réforme technique à minima il faut
    • s'opposer à ISDS dans tous les accords 
    • revoir le mandat de négociation (pour mettre les peuples et l'environnement en premier..)

Rappel : le prochain cycle de négociations TAFTA se tiendra du 2 au 6 février à Bruxelles.

 

A popos :



  Bruxelles (la ville) est hors tafta ! 

 VILLE DE BRUXELLES STAD BRUSSEL

Organisation Organisatie

Service juridique et Secrétariat des Assemblées Juridische Dienst en Secretariaat van de Vergaderingen

Secrétariat des Assemblées Secretariaat van de Vergaderingen

Réf. Farde e-Assemblées : 1886301

N° OJ : 97

N° PV : 129

Arrêté - Conseil du 08/09/2014

Présents - Zijn aanwezig :

M. dhr. MAYEUR, Bourgmestre-Président; Burgemeester-Voorzitter; M. dhr. COURTOIS, Mme mevr. HARICHE,

Mme mevr. LEMESRE, Mme mevr. LALIEUX, M. dhr. CLOSE, M. dhr. OURIAGHLI, Mme mevr. AMPE, M. dhr.

EL KTIBI, M. dhr. COOMANS de BRACHENE, Mme mevr. PERSOONS, Echevins; Schepenen; M. dhr. EL

HAMMOUDI, Mme mevr. ABID, M. dhr. BOUKANTAR, M. dhr. NIMEGEERS, M. dhr. OBERWOITS, M. dhr.

MAINGAIN, M. dhr. TEMIZ, M. dhr. FASSI-FIHRI, Mme mevr. RIES, Mme mevr. MEJBAR, M. dhr. SMET, Mme

mevr. JELLAB, Mme mevr. LEMAITRE, M. dhr. AMAND, Mme mevr. VIVIER, M. dhr. DHONDT, Mme mevr.

OVERLOOP, M. dhr. WEYTSMAN, M. dhr. ZIAN, Mme mevr. DERBAKI SBAI, M. dhr. EL HAMROUNI, M. dhr.

WAUTERS, M. dhr. DE BACKER, Mme mevr. MAATI, Mme mevr. BARZIN, Mme mevr. TEMMERMAN, Mme

mevr. ABBAD, M. dhr. FRANÇOIS, Mme mevr. PERAITA, Conseillers communaux; Gemeenteraadsleden; M. dhr.

SYMOENS, Secrétaire de la Ville; Stadssecretaris.

Objet: Motion proposée par le Collège.

Le Conseil communal,

réuni en séance publique le 8 septembre 2014,

Motion concernant le projet de Partenariat transatlantique sur le Commerce et l’Investissement entre l’Union

européenne et les Etats-Unis d’Amérique (TTIP) et ses conséquences sur les entités locales

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le 14 juin 2013, les 27 gouvernements de l’Union européenne, dont la Belgique, ont entériné le mandat donné à la

Commission européenne pour négocier un accord de libre-échange avec les États-Unis. Selon la Commission

européenne, le TTIP est conçu pour stimuler la croissance et créer des emplois.

Ce mandat vise à créer un vaste marché transatlantique libéralisé en supprimant un maximum d’obstacles au commerce

et en « harmonisant » les législations en vigueur des deux côtés de l’Atlantique et ce pour faciliter l’achat et la vente de

biens et de services entre l’Union Européenne et les Etats-Unis.

A ce jour, plusieurs cycles de négociations se sont déjà tenus ; l’objectif affiché de la Commission européenne étant de

conclure au cours de l’année 2015.

Avec cet accord notamment via l’objectif poursuivi consistant à l’élimination des barrières non-tarifaires, les normes

sociales, sanitaires et environnementales, culturelles, de service public, de protection des consommateurs et des

entreprises, propres à l’Europe, à un Etat, une Région ou à une Commune, seraient interdites si elles sont jugées «

déraisonnables, arbitraires ou discriminatoires ». Ces acquis communautaires, nationaux, régionaux ou communaux

risquent de voler en éclat : par exemple l’interdiction des cultures OGM en plein air, pourrait être remise en question,

les investissements en faveur d’une transition vers les énergies renouvelables deviendraient illégaux, les services

publics seraient ouverts à la concurrence américaine (écoles, logement sociaux, hôpitaux, traitement de déchets …).

Si un tel accord était signé, les multinationales auraient la possibilité d’attaquer les États auprès d’un Tribunal arbitral –

composé de juristes non élus – lorsqu’elles considèrent que leurs profits sont menacés ou revus à la baisse. Cela se

traduirait par des sanctions commerciales pour le pays contrevenant, ou par une réparation pouvant représenter plusieurs

millions d’euros. En réalité, cet accord serait un moyen pour les multinationales d’éliminer toute décision publique

qu’elles considèreraient comme entraves à l’expansion de leurs parts de marché.

L’Article 27 du projet de Traité Transatlantique prévoit que « l’Accord sera obligatoire pour toutes les institutions ayant

un pouvoir de régulation et les autres autorités compétentes des deux parties ».

Ceci implique que les Communes seront concernées et directement impactées. Si ce Traité était signé, la Ville de

Bruxelles pourrait devoir renoncer à : imposer des objectifs en matière d’alimentation de qualité et issue de circuits

courts dans les restaurants scolaires, sa décision d’abandonner les pesticides dans l’entretien des espaces verts, à

subsidier l’enseignement communal ou des évènements culturels locaux … Ces biens et services seraient en effet

privatisables et toute norme publique locale à leur propos serait considérée comme « obstacle non tarifaire » à la

concurrence, soumis à sanction. Toute politique communale pourrait être accusée d’entrave à la liberté de commerce.

22/09/2014 15:01 -1-

***

La motion :

Vu le mandat relatif à la conclusion avec les États-Unis d’un accord appelé «Partenariat transatlantique de commerce et

d’investissement», donné par les ministres européens des affaires étrangères et du commerce dans le Conseil affaires

générales du 14 juin 2013;

Constatant le manque de transparence quant à ce mandat et considérant les possibles conséquences inquiétantes –

notamment en termes de concurrence, de normes sociales, environnementales, économiques, sanitaires, agricoles, de

propriété intellectuelle, d’exception culturelle ;

Considérant l’importance de préserver le niveau de protection des normes sociales, sanitaires et environnementale en

vigueur au sein de l’UE et d’assurer leur respect par les entreprises européennes et étrangères opérant sur le marché

unique européen ;

Considérant que les accords de libre-échange ne doivent pas se révéler comme des outils utilisés par certains pour

assouplir, voire abroger, les législations européennes, nationales, régionales ou communales ;

Considérant que le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etats actuellement défendu par les

négociateurs de l’accord, créerait une cour arbitrale composée d’experts non élus, devant laquelle les Communes,

livrées aux avocats d’affaires, pourraient être directement attaquées par une firme privée. Ce qui signifie que toute

espèce de norme – sociale, sanitaire, alimentaire, environnementale ou technique adoptée par un Etat, une Région, une

commune, dès lors qu’elle contrarie une firme privée, pourrait être attaquée devant un mécanisme d’arbitrage privé ;

Considérant qu’un tel montage juridique limiterait la capacité des autorités publiques de maintenir des services publics

(éducation, santé…), de protéger les droits sociaux, de garantir la protection sociale, de maintenir des activités

associatives, sociales, culturelles préservées du marché (menaçant par-là la diversité culturelle et linguistique) ;

Le Conseil Communal,

à l'unanimité des membres votants moins 1 abstention (M. Smet)

Affirme ses craintes quant aux négociations telles qu’actuellement menées dans le cadre du TTIP qui constituent une

menace grave pour nos démocraties communales, notamment en matière économique, sociale, sanitaire,

environnementale, culturelle ;

Refuse toute tentative de dérégulation de nos normes et toute tentative d’affaiblir le cadre communal, régional, national

ou européen notamment en matière sociale, de santé, d’environnement, des travailleurs, des consommateurs et des

entreprises ;

Demande aux autorités belges compétentes et concernées d’exiger que les négociations concernant le projet de

Partenariat transatlantique sur le Commerce et l’Investissement entre l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique

visent absolument une harmonisation vers le haut, c’est à dire, intégrant les normes les plus élevées, que cela concerne

les droits sociaux et à la santé, les droits humains, les dispositifs de protection de l’environnement ou encore la

protection des travailleurs et des consommateurs ;

Demande aux autorités belges compétentes que les services publics et d’intérêt général soient absolument préservés du

projet de traité ;

Marque sa ferme opposition à toute clause de règlement des différends entre les investisseurs et les autorités publiques ;

Demande aux autorités belges compétentes qu’un large débat sur l’ensemble des accords de libre-échange impliquant la

participation de tous les niveaux de pouvoir mais aussi les organisations syndicales et associatives, les organisations

socio-professionnelles et les citoyens soit organisé ;

Demande aux autorités belges compétentes de faire pression au niveau européen afin que les négociations sur ce projet

de partenariat se fassent dans la plus grande transparence à l’égard des consommateurs et des citoyens.

Ainsi délibéré en séance du 08/09/2014

Le Secrétaire de la Ville,

De Stadssecretaris,

Luc Symoens (s)

Le Bourgmestre-Président,

De Burgemeester-Voorzitter,

Yvan Mayeur (s)

Annexes:

Réf. Farde e-Assemblées : 1886301

22/09/2014 15:01 -2

 

 

-Il y a quelques semaines, le collectif  Stop-TAFTA a annoncé  une journée d'action internationale contre les traités de libre-échange qui aura lieu le 18 avril 2015. 
Il s'agit d'intensifier la lutte et de la coordonner avec de nombreux partenaires au niveau européen et au niveau mondial. 
En France, plusieurs collectifs locaux Stop TAFTA ont déjà commencé à travailler sur la journée de mobilisation du 18 avril. Nous avons besoin de connaître l'état de la mobilisation localement, pour mieux développer la coordination qui se fera dans le cadre de stop TAFTA.
 
Afin d'avoir un aperçu rapide de ce qui est déjà en préparation, nous vous invitons à prendre le temps de décrire ce que vous prévoyez sur le formulaire suivant:
 
    https://www.collectifstoptafta.org/agir/journee-d-action-transatlantique/18a 
Cette journée fait suite au bilan du 11 octobre : la nécessité de montrer l'aspect transatlantique de TAFTA CETA et TiSA avait été pointée. Nos camarades étasuniens et canadiens étaient volontaires pour s'associer au projet d'une nouvelle journée d'action. Néanmoins, comme ils luttent aussi, et même principalement, contre un autre accord gigantesque, le Partenariat Trans-Pacifique (TPP en anglais), ils ont souhaité associer à cette journée leurs partenaires des sociétés civiles de la région Asie Pacifique ( TPP = Australie Brunei Canada Chili États-Unis Malaisie Mexique Nouvelle-Zélande Pérou Singapour Viêt Nam ). Nos partenaires d'Amérique du Sud se sont aussi joints à nous, puisque plusieurs accords sont en court de négociation entre eux et l'Union Européenne. Nous sommes également en lien avec des groupes africains qui luttent contre les APE. 
La journée du 18 avril s'annonce donc mondiale ! À tous les niveaux, il nous reste beaucoup à faire pour organiser cette journée. 

 
Quelques informations supplémentaires sur la journée d'action
- Elle se tiendra le lendemain de la journée internationale des luttes paysannes. La via campesina est associée à l'organisation du 18 avril et le lien libre-échange / dangers pour la souveraineté alimentaire sera souligné 

- La journée se tiendra un mois avant le vote d'une résolution du parlement européen sur le TAFTA, et une semaine avant un cycle de négociations 

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 05:35

 http://www.oxfamfrance.org/newsletters/20150123_Inegalites.html

 

OXFAM FRANCE
 

Le chiffre issu du dernier rapport d’Oxfam a fait le tour du monde en 24h en ce début de semaine : si la tendance se poursuit, le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépasserait en 2016 celui des autres 99% de la population.

Bien sûr, nous nous réjouissons de l’attention accordée dans les médias à notre nouvelle dénonciation de l’augmentation vertigineuse des inégalités dans le monde, mais nous devons maintenant pousser les gouvernements à passer de l’indignation à l’action !

Non, les inégalités ne sont pas une fatalité : elles sont la conséquence de choix politiques et des solutions existent. Oxfam ne cesse de les promouvoir depuis des années. La première de nos recommandations est claire et concrète : il faut mettre un terme à l’évasion fiscale des multinationales qui siphonne chaque année les budgets des Etats, notamment des pays pauvres. Un manque à gagner pour les Etats qui freine la redistribution des richesses, le financement de services publics et le développement d’une protection sociale efficace, vecteurs de réduction des inégalités.

Comment lutter alors que le système fiscal international est conçu de manière à profiter aux multinationales ? Que les plus riches, à la tête de multinationales, dépensent des centaines de millions en lobbying pour préserver leurs privilèges ?

Montrons-leur que nous sommes déterminés ! Agissez maintenant pour demander aux dirigeant-e-s politiques d’instaurer la justice fiscale.

À l’heure actuelle, une poignée de pays riches réécrivent les règles internationales relatives à l’impôt des sociétés. Ils créent des règles qui servent leurs propres intérêts et ceux des multinationales, et non les besoins et les droits des populations.

Pire, les pays pauvres, dont les habitant-e-s souffrent le plus de l’évasion fiscale des entreprises, ne sont même pas associés à ces discussions.

Le Luxembourg, un paradis fiscal, participe aux négociations sur la réforme du système fiscal international, mais pas la Guinée, qui est en proie à une épidémie d’Ebola et où l’évasion fiscale des entreprises siphonne les caisses de l’État. C’est profondément injuste.

Il n’est pas trop tard pour changer les choses. Réclamez avec nous l’organisation en 2015 d’un sommet mondial sur la fiscalité pour réécrire les règles fiscales internationales.

je signe la pétition

Aidez-nous à poursuivre notre combat contre les injustices et les inégalités, soutenez aussi nos actions par un don.

Merci d’avance pour votre engagement et votre soutien.


Manon Aubry
Responsable de plaidoyer Taxes et inégalités

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 05:58

Ces 1% de riches qui vont capter autant de richesses que les 99% restant de la planète

CHRISTIAN LOSSON 19 JANVIER 2015Le quartier financier londonien de Canary Wharf, en novembre 2014.Le quartier financier londonien de Canary Wharf, en novembre 2014. (Photo Suzanne Plunkett. Reuters)
DÉCRYPTAGE

Libération

Dans un rapport à la veille du sommet de Davos, Oxfam fustige une «insatiable» quête de richesse sur fond d'explosion des inégalités.

 

En 2016, les 1% les plus riches possèderont en patrimoine cumulé plus que les 99% restant de la population mondiale. Une «insatiable» quête de richesse, sur fond d’explosion des inégalités, qu’un rapport d’Oxfam entend dénoncer à la veille duforum économique mondial de Davos, qui se tient du 21 au 25 janvier en Suisse. Explications.

L’accélération de la captation

Pour parvenir à ce chiffre, Oxfam s’est notamment basé sur les données d'une étude du Crédit Suisse. Qui rappelle que la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches en 2009 est passée de 44% en 2009 à 48% en 2014. Et que s’il reste 52% aux 99% restants, la quasi-totalité de ces 52% sont aux mains des 20% les plus riches. Au final, 80% de la population mondiale doit se contenter de seulement 5,5% des richesses. «Si cette tendance de concentration des richesses pour les plus riches se poursuit, ces 1% les plus riches détiendront plus de richesses que les 99% restants d’ici seulement deux ans», note Oxfam. Car l’accaparement et la concentration des richesses s’accèlère. Et Oxfam tente d’affiner ce chiffre en s'appuyant sur l’évolution du nombre de milliardaires, basé, cette fois, sur les chiffres d'un classement actualisé de Forbes sur ces personnes qui possèdent, en revenus, autant que la moitié de la population mondiale, soit 3,5 milliards de personnes. Ainsi, si les 85 personnes les plus riches de la planète trustaient autant que 50% des plus pauvres de la population mondiale en 2013, elles sont aujourd’hui 80 à posséder autant que 3,5 milliards de personnes en 2014. «Une spectaculaire accélération de la concentration de la richesse», rappelle l’ONG, car il fallait 388 milliardaires en 2010. «En termes nominaux, le patrimoine des 80 personnes les plus riches du monde a doublé entre 2009 et 2014.»

Évolution de la répartition des richesses mondiales (source : Oxfam)

 

Le poids de secteurs clés et du… lobbying

La finance et la pharmacie se portent bien. Le patrimoine des milliardaires financiers a augmenté de 11% en douze mois, de mars 2013 à mars 2014 ; celui des pharmaciens a, lui, bondi de 47%. «Les multinationales les plus prospères de ces secteurs dégagent d’énormes bénéfices, écrit Oxfam. Elles gèrent d’importantes ressources qu’elles utilisent pour rétribuer leurs propriétaires et leurs investisseurs, gonflant ainsi leur fortune personnelle.» Les multinationales que possèdent les 1% les plus riches sont de plus en plus féroces dans leurs rapports de forces avec les Etats. Ainsi, le lobbying dans les deux plus grosses puissances mondiales (Europe et Etats-Unis) a à lui seul dépassé le milliard de dollars, réparti à égalité entre les deux entités. Objectif, selon l'ONG : «Etablir un environnement réglementaire qui protège et renforce leurs intérêts». Un interventionnisme de plus en plus virulent que dénoncent avec force des réseaux citoyens, tels que Corporate europe observatory, qui organise même des lobbies tours à Bruxelles pour tenter de démontrer comment, lors de négociations telles que celles en cours sur un accord transatlantique entre les Etats-Unis et l'Europe, les lobbies pèsent d'un poids capital.«La force de lobbying de ces secteurs», redoute Oxfam, peut être «un obstacle majeur à la réforme du système fiscal international et impose des règles de propriété intellectuelle qui empêchent les plus pauvres d’accéder à des médicaments vitaux

La crise profite aux plus riches

On l’oublie un peu vite, mais malgré la crise économique en Europe, le patrimoine privé des Européens n’a jamais été aussi prospère. Une autre étude publiée par la banque suisse Julius Baer, publiée en octobre 2014, rappelait que le patrimoine privé des Européens n’a jamais été aussi haut, avec plus de 56 000 milliards de dollars. Pire, les inégalités sont parties pour exploser davantage, le patrimoine des Européens devant atteindre 80 000 milliards d’euros d’ici à 2019, soit une hausse de 40%. A l’arrivée, 10% des ménages détiennent plus de la moitié de la fortune globale du Vieux continent. Aux Etats-Unis, 5% détiennent 85% des richesses. Plusieurs raisons l’expliquent. D’abord, rappelait le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz dans son livre-choc Le prix de l'inégalité, «le taux d’imposition moyen en 2007 des 400 ménages les plus riches n’a été que de 16,6%, loin en dessous des 20,4% que paient les contribuables en général.» Ensuite, parce qu’ils ont accaparé les rouages de la machine politique. «Ce sont eux qui fixent les règles du jeu politique qu’ils mettent au service de leurs intérêts» ; la moitié des élus du Congrès sont ainsi millionnaires, a rappelé l'an passé une analyse du Center for responsive politics. Enfin, parce que la vague de dérégulation leur a servi. «En trente ans, les salaires de 90% des Américains n’ont augmenté que de 15%, tandis que les salaires du 1% supérieur ont bondi de 150% ! Et ceux du 0,1% supérieur de plus de 300%.» De quoi alimenter le vent de fronde qui, de New York à Londres, en passant par Madrid, a poussé les Indignés dans la rue. «Nous sommes les 99%», martelaient-ils, par opposition aux 1% qui accaparent le pouvoir et la richesse.

Christian LOSSON

Economistes atterrés : la transition écologique au cœur de leur nouveau manifeste

Quatre ans après leur premier manifeste, les Economistes atterrés reviennent à la charge. Cette fois, ils veulent dépasser le constat de l’échec des politiques libérales, pour mettre en avant leurs solutions alternatives. Au cœur de leurs propositions, la question de la transition écologique et les leviers pour la mener à bien.

Le nouveau manifeste des économistes attérés.
Novethic

"Nos sociétés sont à un carrefour, il faut reconstruire nos économies sur un nouveau socle." A ce titre, "l’écologie ne doit plus être un supplément d’âme. Elle constitue la nouvelle frontière de nos sociétés et donc de nos économies", estiment les Economistes atterrés dans leur "Nouveau manifeste" (1).

Quatre ans après leur première déclaration, le collectif de 20 économistes récidive en ce début d’année. "Notre premier manifeste avait donné l’alerte en 2010 : la poursuite et l’approfondissement des politiques néolibérales conduiraient à des régressions sans fin. Nous y sommes", écrivent-ils. Dans leur tout nouvel ouvrage collectif, l’objectif est davantage de proposer des alternatives pour sortir d’une crise qu’ils jugent économique, sociale et écologique.

 

15 chantiers pour sortir de la crise

 

Les Economistes atterrés proposent d’ouvrir 15 chantiers, guidés par 5 valeurs fortes: la démocratie, l’égalité, l’intervention publique, l’initiative des citoyens et l’écologie. Si l’écologie représente leur premier chantier, le développement durable irrigue tout le manifeste. "La relance de l’activité ne peut se faire indépendamment des nouveaux objectifs environnementaux, écrivent-ils. Au contraire, elle doit les intégrer comme des priorités."

Il s’agit de favoriser l’économie verte en investissant massivement dans les transports collectifs, les énergies renouvelables (EnR) et la rénovation des bâtiments et des zones urbaines. Mais également d’assurer une transition vers des modes de consommation et de production plus soutenables, en stoppant les aides aux industries du XXe siècle.

Et, plus largement, de "repenser l’entreprise". Cela suppose de redéfinir ses buts – "produire des biens et services utiles, développer des richesses, c’est-à-dire la valeur ajoutée et non le seul profit" – ; sa structure – avec notamment "un pouvoir de surveillance accru du comité d’entreprise sur les choix stratégiques des entreprises" – ; ses critères de gestion – "en intégrant des exigences sociales et environnementales " – ; ses moyens – favoriser les emplois non délocalisables, "promouvoir des salaires élevés tout en bordant la hiérarchie des salaires", etc.

Enfin, c’est toute la mesure des économies et de la croissance qui doit être repensée. A côté du PIB, qui est un indicateur extrêmement utile, doivent se développer d’autres indicateurs, sur l’écologie, les inégalités de revenus et le bien-être social notamment.

 

Une fiscalité écologique et sociale non punitive

 

La transition écologique exige des investissements massifs: le coût de démarrage est estimé à 3% des PIB des pays membres de l’UE, soit près de 350 milliards d’euros par an pendant 10 ans.

C’est un montant considérable, mais le coût de l’inaction serait encore plus élevé, rappelle le collectif. Comment le financer ? Les Economistes atterrés écartent d’emblée les nouveaux produits financiers "verts" tels que le marché carbone, qu’ils estiment incapables de répondre aux défis écologiques. Selon eux, il faut notamment se tourner vers la fiscalité écologique et sociale. Elle ne doit pas être "punitive", prévient Philippe Légé, maître de conférences en économie à l’Université de Picardie et membre du collectif.

Par exemple, une taxe écologique devrait être mise en place sur le diesel ou pour compenser la baisse actuelle du prix du pétrole. Mais le produit de cette taxe devrait être redistribué, aux salariés notamment. Ce n’est malheureusement pas la voie qui est prise actuellement par le gouvernement, déplore-t-il. "Le discours a beau être plus ouvert sur l’écologie, il est contrebalancé par la hausse de la TVA pesant sur les transports collectifs ou la libéralisation des transports en autocar avec la loi Macron", souligne l’économiste.

 

Un "super" pôle financier public

 

Autres pistes de financement: des plans d’investissement pour la rénovation des bâtiments, le développement des EnR et des transports collectifs ou encore la mise en place de circuits de financement privilégiés pour les projets s’inscrivant dans la transition écologique et sociale. Le collectif préconise aussi d’élargir et d’étendre les moyens de la Banque publique d’investissement (BPI) ainsi que la création d’un fonds souverain à partir des actifs de l’Agence des participations d’Etat et des ressources de la Caisse des Dépôts (dont Novethic est une filiale).

Ils "constitueraient le premier noyau d’un pôle financier public qui aurait vocation à faciliter l’accès au crédit des PME et ETI, mais aussi à fournir des fonds propres et du capital-risque pour des projets innovants s’inscrivant dans la transition écologique". Une Banque européenne d’investissement (BEI) refondue et aux ressources accrues pourrait "constituer un formidable levier pour le financement d’activités d’avenir".

Que deviendront les propositions de ce manifeste?  "Nous n’avons pas vocation à devenir les conseillers du Prince", précisent les Economistes atterrés dans un seul élan. "C’est un outil destiné à ouvrir le débat, d’abord chez les citoyens." En 2010, leur premier manifeste s’était écoulé à 100 00 exemplaires.

(1) Nouveau manifeste des Economistes atterrés, "Les liens qui libèrent", janvier 2015. 

Béatrice Héraud
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Petite revue de presse autour des questions de règles juridiquement contraignantes pour encadrer les  activités des multinationales et prévenir les violations des droits humains et des atteintes à l’environnement!

Climat : Davos fait partie du problème pas de la solution

Ce vendredi, François Hollande est à Davos, au Forum économique mondial, pour appeler à une réponse « globale » sur le climat. Comme si la lutte contre les dérèglements climatiques pouvait être menée efficacement par celles et ceux qui en portent la responsabilité.

Il est aisé de brocarder le Forum économique mondial de Davos pour le décalage abyssal existant entre sa démesure anti-écologique et les engagements affichés. Ce sont plus de 1700 avions privés et des dizaines d'hélicoptères qui vont déplacer la majorité des 40 chefs d'Etat et des 2500 « décideurs politiques et économiques » attendus dans la station de ski suisse. Le faste des réceptions, dîners et soirées – cf cette soirée d'oligarques russes au caviar – organisées pour les riches et puissants de la planète, très majoritairement des hommes (83 %), sont peu en phase avec les exigences de sobriété, de mesure et de partage que suggère l'utilisation soutenable des ressources de la planète. Qu'importe, les « leaders » de la planète vont vivre quelques jours isolés du monde, dans un camp retranché que l'armée et la police suisses protègent du reste de la population, pour débattre de climat, d'inégalités, des risques planétaires etc.

 

Le storytelling, cet art de vous vendre une histoire sans fondements sérieux, fonctionne à plein tube. Les leaders de ce monde auraient enfin décidé de se préoccuper de climat et il faudrait les encourager dans la perspective de la conférence de l'ONU sur le climat qui se tiendra à Paris-Le Bourget en décembre 2015. C'est oublier qu'il en était déjà question lors des précédents Forums de =davos, notamment en 2013. C'est oublier qu'à l'occasion du G8 à Gleneagles en 2005, le gouvernement du Royaume-Uni avait demandé au Forum Economique mondial de formuler des propositions pour que le monde des affaires réduise les émissions de gaz à effet de serre (GES). Avec grand succès si l'on considère qu'un nouveau record d'émissions de GES à la hausse est battu chaque année.

On pourra rétorquer que le tonitruant discours d'Al Gore de ce mercredi 21 janvier et l'annonce d'un immense concert planétaire « Live Earth » décentralisé (en Chine, Australie, Brésil, Le Cap, New York, Paris...) touchant deux milliards de personnes (via les TV, radio et Internet) le 18 juin prochain, est bien la preuve que quelque chose est en train de changer. Il est bien-entendu utile de disposer d'initiatives ayant la capacité de sensibiliser l'opinion publique mondiale. Encore faudrait-il se rappeler que la dernière initiative analogue, le Live 8 regroupant huit concerts dans les huit pays du G8 en 2005 pour « faire de la pauvreté de l'histoire ancienne » (Make poverty history), n'a jamais eu les résultats escomptés. Dix ans plus tard, avec 2,2 milliards de personnes de pauvres ou susceptibles de le devenir, la pauvreté est loin d'avoir disparu. Saurons-nous en tirer les leçons ?

Plus important encore : Al Gore a annoncé que ce concert planétaire sera suivi d'une pétition en ligne avec l'objectif de récolter « un milliard de voix » pour demander « d'agir pour le climat maintenant ». Pharell Williams, qui sera le directeur musical de ce show, a rajouté que « l'humanité entière (sera) en harmonie » lors de ce 18 juin. Alors que les négociations climat se poursuivent depuis deux décennies sans résultats tangibles autres que l'augmentation continue des émissions de GES, il faudrait donc continuer à « appeler les décideurs à passer à l'action ». Il faudrait faire comme si il existait une communauté d’intérêt et de destin qui abolirait les catégories de responsables et de victimes. Mais de quelle « harmonie » s'agit-il lorsque 90 entreprises sont, à elles seules, responsables de 60 % des émissions de GES depuis qu'elles sont comptabilisées ? De quelle harmonie s'agit-il lorsque 20 % de la population mondiale consomme 80 % de l'énergie produite sur la planète ? De quelle harmonie s'agit-il lorsque les 3,5 milliards de personnes qui ne disposent pas plus que les 80 milliardaires les plus riches – dont nombre d'entre eux sont à Davos – seront les plus touchées par les conséquences des dérèglements climatiques ?

Dans une tribune sur Médiapart écrite avec Nicolas Haeringer et publiée en septembre dernier, nous expliquions pourquoi il fallait « accepter de sortir de l'idée que nous aurions besoin de « tout le monde » pour résoudre la crise climatique ». Diluer les responsabilités, décontextualiser et déshistoriciser la crise climatique, invoquer d'abstraits et confus passages « à l'action », laisser entendre que n'importe quelle action vaut mieux que l'inaction, n'est pas de nature à résoudre les défis climatiques, sociaux, politiques auxquels nous sommes confrontés. Ce n'est pas de nature à mobiliser les populations. Parce que tout le monde n'a pas intérêt à ce que tout change, « nous avons de fait autant besoin de l'implication de certains que d'empêcher d'autres acteurs de nuire ».

Regardons-y de plus près. François Hollande, comme il l'a fait en d'autres occasions, va évoquer les opportunités de croissance que le changement climatique représente pour les entreprises : de nouveaux produits et de nouvelles sources de revenus. Sans préciser qu'un point de croissance génère en moyenne 0,7 point de croissance d'émissions de GES. Sans énoncer clairement, comme vient de le faire magistralement une étude scientifique parue dans Nature, qu'il faudra laisser une grande majorité des énergies fossiles dans le sol pour conserver une chance raisonnable de rester en deçà des 2°C de réchauffement climatique global. Peut-être faudrait-il également noter que le rapport publié par le Forum économique mondial n'exclut pas fermement l'exploitation des sources de pétrole et de gaz non conventionnels comme les sables bitumineux et les hydrocarbures de schiste – tandis que que François Hollande en avait encouragé l'exploitation le 2 novembre dernier à l'occasion de la parution du rapport du GIEC. C'est le schisme de réalité dans lequel sont plongés les puissants de ce monde et que nous devons éviter.

Enfin, lorsqu'on regarde attentivement comment le Forum économique de Davos traite des défis climatiques, on se rend compte que c'est essentiellement sous le registre du « risque » que les dérèglements climatiques font courir aux entreprises mondiales, aux secteurs économiques et industriels. Du côté des solutions, le rapport Global Risks se limite à mettre en avant quelques « bonnes pratiques ». Il n'est pas question des transformations systémiques, des transformations extrêmement profondes des modes de production et des consommation que les défis climatiques posent clairement sur la table. Au contraire, il sera préconisé de développer de nouveaux dispositifs d'assurance et des mécanismes financiers innovants pour faire face aux risques climatiques auxquels l'économie mondiale fait face. Plus de finance donc. François Hollande lui-même, loin de son discours du Bourget de 2012, fait de la finance le secteur par lequel il faudrait abonder le Fonds Vert pour le climat, au détriment des fonds publics. Autant de propositions pour préserver le business as usual et autant d'impasses dans la lutte contre les dérèglements climatiques.

Attendre que les plus riches et les plus puissants de la planète, ces fameux 1% dont la majorité a combattu les propositions des Indignés, d'Occupy et du mouvement altermondialiste, soient ceux qui résolvent les défis climatiques est une impasse. Ne les appelons plus à passer à l'action, une action indéterminée qui leur permet d'imposer leurs fausses solutions. Les alternatives, les véritables solutions aux dérèglements climatiques, c'est à nous de les imposer. Ce sont celles que portent les processus Alternatiba et Blockadia. C'est moins glamour que les concerts d'Al Gore ou de Geldof, mais ce sera terriblement plus efficace.

Maxime Combes, membre d'Attac France et de l'Aitec, engagé dans le projet Echo des Alternatives (www.alter-echos.org)

@MaximCombes
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http://www.novethic.fr/gouvernance-dentreprise/entreprises-controversees/isr-rse/geraldine-viret-les-prix-de-la-honte-ont-contribue-a-renforcer-le-debat-sur-la-rse-143025.html

 

Publié le 23 janvier 2015  GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Géraldine Viret : les prix de la honte "ont contribué à renforcer le débat sur la RSE".

Chaque année depuis 10 ans, en marge du Forum de Davos, les ONG la Déclaration de Berne et Greenpeace remettaient des prix aux entreprises qu’elles jugeaient coupables de violation des droits humains, de l’environnement et/ou de pratiques fiscales douteuses. Cette année, les deux organisations non gouvernementales mettent fin à cette remise de prix en décernant le Public Lifetime Eye Award (l’"oscar de la honte"). Désormais, leurs efforts vont se porter sur la promotion d’une loi sur le devoir de vigilance au niveau suisse. Bilan et décryptage de cette campagne avec Géraldine Viret, porte-parole de la Déclaration de Berne.

Les Public eye awards
Fabrice Cofrini / AFP

Novethic : Depuis 2005, pendant le World Economic Forum de Davos (WEF), vous remettez les "prix de la honte" (Public Eye Awards) aux entreprises qui se rendent coupables de violations des droits humains. Quel bilan en tirez-vous?

Géraldine Viret : Nous sommes présents en marge du World Economic Forum (WEF) depuis l’an 2000. Au début, il s’agissait d’une conférence de plusieurs jours, avec des panels de discussions pour parler des conséquences négatives de la mondialisation et dénoncer le manque de légitimité et de transparence du WEF. Quand le WEF s’est ouvert à la société civile avec la création de l’open forum, nous avons changé de concept.

Depuis 2005, nous remettons des Public Eye Awards pour dénoncer des cas bien documentés de violations de droits humains, d’atteinte à l’environnement ou de pratiques fiscales illégitimes par des multinationales. Cette stratégie de "naming & shaming" ("montrer" & "dénoncer", NDLR) a été selon nous très positive. Le Public Eye est devenu une grande campagne sur Internet. En 10 ans, plus de 100 ONG originaires de 50 pays ont nominé plus de 300 entreprises: 27 "Public Eye Awards" ont été décernés à 23 entreprises (aucune d’entre elles n’a fait le déplacement pour le recevoir !). C’est aussi un succès public, puisque plus d’un demi-million de votes ont été enregistrés en ligne pour décerner les prix du public.

Ces prix ont permis d’influencer et de renforcer le débat autour de la responsabilité des entreprises. Dans certains cas, cela a même eu une influence directe sur les actions des entreprises nommées. La banque britannique Barclays avait gagné le prix du public en 2012 pour ses activités spéculatives sur les denrées alimentaires. Un an plus tard, elle renonçait à ses pratiques, notamment pour des questions de réputation ! Quand nous avons dénoncé Samsung pour l’utilisation de produits chimiques dans ses usines, cela a également permis d’amorcer un débat en Corée du Sud, où Samsung est une véritable vache sacrée de par son importance économique gigantesque pour le pays!

 

Novethic : Pourtant, vous mettez fin à ces prix cette année, avec la remise du Public Eye Lifetime Awards ("oscar de la honte"), qui va sacrer la pire entreprise sur ces 10 ans (1). Pourquoi et comment allez-vous continuer votre campagne pour une plus grande responsabilisation des multinationales?

Géraldine Viret : Pour nous, le Forum économique de Davos n’est plus le lieu adéquat pour nos revendications. Celles-ci n’ont pas changé: nous demandons des règles juridiquement contraignantes pour encadrer les  activités des multinationales et prévenir les violations des droits humains et des atteintes à l’environnement. Le contexte a  évolué: il est désormais possible d’adresser cette revendication dans l’arène politique suisse. C’est ce que nous allons faire avec le lancement d’une initiative populaire "Pour des multinationales responsables – protégeons les droits humains et l’environnement".  Celle-ci s’inspire des Principes directeurs des Nations unies pour les entreprises et les droits humains. Notre initiative vise à instaurer un devoir de diligence (ou de vigilance, NDLR) pour les multinationales, c’est-à-dire qu’elles doivent identifier les risques et prendre un certain nombre de mesures pour les prévenir. Et les rendre publics.

 

Novethic : Quelles réactions cette initiative provoque-t-elle en Suisse ?

Géraldine Viret : Nous l’avons dévoilée en début de semaine, il est donc un peu tôt pour faire un premier bilan. Ce qui est sûr, c’est qu’au niveau politique, le Conseil fédéral reconnaît le besoin de prendre des mesures. La responsabilité de la Suisse est énorme, notamment en raison d’une concentration extrêmement forte de multinationales. En particulier dans des secteurs sensibles comme le négoce de matières premières. Mais dans les faits, les autorités restent très réticentes à instaurer des mesures contraignantes. Ce sont encore les mesures volontaires qui ont leurs faveurs.

C’est pour cela que nous considérons que la voie de l’initiative populaire est certainement la meilleure pour changer les choses. Déjà en 2012, une pétition que nous avions lancée sur ce même thème avait réuni 135 000 signatures. Le Parlement suisse y avait répondu en demandant au Conseil fédéral un rapport sur le devoir de diligence en matière de droits humains pour les entreprises, un plan d’action pour la mise en place des Principes directeurs de l’ONU et un rapport, en préparation, sur l’accès des voies de recours pour les victimes. Là, nous devons récolter 100 000 signatures pour que notre initiative soit votée par la population et que nous ayons la possibilité de modifier la constitution en ce sens. Si le vote est positif, les autorités auront l’obligation de faire une loi d’application pour mettre en œuvre ce changement. Nous dévoilerons le texte de notre initiative en avril.

(1) C'est Chevron qui a été désigné par le public comme le Lauréat de ce Public Eye Lifetime Award

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