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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 07:42

http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/25669/ogm-mutagenese-nouvelle-strategie-des-firmes-de-biotechnologie

Les OGM par mutagénèse, nouvelle stratégie des firmes de biotechnologie

Par Dominique FIRBAL publié le 20/05/2015 -

Déjà présentes dans les cultures, les plantes « mutées » sont de vrais OGM. Elles échappent pourtant aux règlementations européennes et arrivent en force avec leur cortège de brevets et pesticides. De cette réalité émerge une vraie question : quel modèle agricole voulons-nous ?

Depuis 2008 et 2012 de nouvelles variétés de tournesol et de colza sont apparues en France. Leur particularité : elles ont été rendues tolérantes aux herbicides par la technique de mutation génétique ou mutagénèse. Lors de l’épandage, l’herbicide spécialement conçu pour la plante peut pénétrer dans ses cellules sans la détruire, alors qu’il tuera tous les végétaux alentour.

Des OGM direz-vous ? Oui ! Nous sommes effectivement dans le même scénario que pour les plantes transgéniques tels que le colza Round Up Ready de la firme Monsanto par exemple, ou le maïs TC1507 de Pioneer.

Une différence de taille : les semences des plantes mutées arrivent sur le marché sans aucune mention des manipulations génétiques qu’elles ont subies. Pas d’étiquetage : agriculteurs, consommateurs, personne n’a accès à l’information.
Interrogé par l’association Infogm, le ministère de l’agriculture a déclaré que 17000 ha de colza et 10000 ha de tournesol obtenus par mutagénèse ont été plantés en France en 2014.

Cela n’aurait pas été possible pour les plantes transgéniques qui sont soumises à la directive européenne 2001/18. Celle-ci prévoit que, avant de pouvoir être commercialisés, les OGM transgéniques doivent être évalués, autorisés et étiquetés. Chaque État peut prendre une restriction nationale. C’est le cas de la France, la Suisse et la Serbie qui ont interdit la culture de toutes les plantes transgéniques.

Vous avez dit mutagénèse ?

La différence entre la transgénèse et la mutagénèse est parfois mince. Dans les deux cas, il s’agit de modifier la plante pour lui donner de nouvelles propriétés.

Pour faire court, disons que dans le cas des OGM transgéniques, le génome est modifié par introduction du gène d’un autre organisme : plante, ou animal.

Dans le cas d’une plante mutée, la modification du génome est intrinsèque. Les techniques les plus anciennes ont une trentaine d’années. Elles opéraient par exposition à des agents chimiques ou des rayons. L’évolution actuelle de la technique (par oligonucléotide) prévoit d’introduire des séquences d’ADN synthétisées en laboratoire dans le génome de la plante.

Pour la transgénèse comme pour la mutagénèse, il s’agit bien de « modifier le matériel génétique de la plante d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». Ce sont les termes de la directive européenne 2001-18 qui classifie donc les deux techniques dans la catégorie OGM.

Mais, et c’est là que le bas blesse, les plantes mutées sont exclues du champ d’application de la directive ! Pas d’évaluation, pas de demande d’autorisation, pas d’étiquetage obligatoire. Un vide juridique total qui permet aux semenciers Pioneer et BASF notamment de s’imposer dans les cultures sans que quiconque ne soit informé.

L’appel de Poitiers

S’alarmant de cette réalité, un réseau d’associations soutenu par les signataires de l’appel de Poitiers est passé à l’action. Après plusieurs rendez-vous avec les ministères de l’agriculture et de l’écologie, les associations ont envoyé en décembre 2014 un courrier au premier ministre Manuel Valls. Sans réponse de ce dernier, en mars dernier neuf d’entre elles ont déposé un recours juridique en Conseil d'État. Leur demande à l’état français : installer un moratoire sur les variétés rendues tolérantes aux herbicides et interpeller l'Europe pour leur intégration dans la réglementation des OGM.

Sources :
• Christophe Noisette, Membre fondateur et rédacteur en chef d’Infogm.
• Christian Vélot, Chercheur en génétique moléculaire.
• Guy Kastler, agriculteur, chargé de mission de l’asso
ciation Nature et Progrès, coordinateur du réseau Semences paysannes.

-Lire aussi:Du conventionnel au bio, la transition d’un agriculteur (épisode 2) : une histoire de gros sous
http://www.terraeco.net/Du-conventionnel-au-bio-la,59696.html

- pour l'alternative en agriculture:suivez ce lien. Greenpeace

L’agriculture industrielle nous mène à la catastrophe, nos récentes actualités corroborent largement ce constat.

Mais des alternatives existent bel et bien !

L’ADEAR (Association pour le développement de l'emploi agricole et rural) et Greenpeace sont heureuses de vous proposer de soutenir ces paysans qui œuvrent pour une autre agriculture, respectueuse de la terre et de l’humain.

-Pour découvrir d'autres pistes...c'est sur http://www.reclaimthefields.org/fr/qui-sommes-nous

-enfin voilà la note de l'administration du blog sur les nouvelles stratégies"scientifiques " de État!

Elle est quand même monstrueuse cette autre ficelle développée par les ministères avec la collaboration entreprises privées et établissement public français à caractère "scientifique et technologique" !

D'abord ,cette association ne fonctionne que grâce à nos deniers ,et elle est contre-Nature,puisqu' elle contribue à nous faire avaler abondement à nous ,ce même public qui finance la recherche nationale,les OGM à pesticides des firmes dont nous ne voulons pas de la chimie!

Ainsi ,après que l'argent du public soit balancé dans "génius ",l'état continue donc son bénévolat en injectant de l'impôt pour financer " Price ".

Qui est doublement gagnant ,ce faisant ?

C'est le secteur privé car il est donc "primé" ,(ou favorisé et subventionné de façon déguisée), par le biais de l'INRA ;et de plus ,c'est l' agro-alimentaire qui bénéficiera des résultats et retombées des travaux effectues par un des établissements publics bénévoles.

Le prix de quoi?Au profit de qui ?Y a -t-il des rétro-commissions?De quoi nous gave-t-on?

Avec "Price "un projet au nom aussi cynique que tordu , il ne s'agit rien de moins que de faire payer aux gens ,à l'avance , le risque d'empoisonnement qu'il subit ensuite avec un développement TECHNOLOGIQUE dont l'application enrichira les firmes ,mais se soldera par une prochaine dette de santé publique .

Pour que la boucle soit bien bouclée,on va voir le tout se prodiguer benoitement dans les médias sous prétexte de nourrir le monde .

Coexistence OGM/non OGM : « C'est possible », selon l'Inra

Publié le jeudi 21 mai 2015 - 16h35

Photo : S. Champion

Les chercheurs de Price, un programme européen dont l'Inra est partenaire, ont confirmé que dans la pratique, les mesures actuelles mises en œuvre afin d'assurer la coexistence des cultures génétiquement modifiée (GM) et non GM dans l'UE sont faisables au niveau des exploitations agricoles et tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Cependant, ces mesures comportent des coûts supplémentaires, payés en partie par les consommateurs et par d'autres parties prenantes dans la chaîne d'approvisionnement.

Le professeur Justus Wesseler, chef de projet de Price, a déclaré : « Pendant deux ans nous avons effectué des essais en plein champ avec du maïs GM en Espagne, en appliquant des zones tampons ou différentes dates de semis afin d'obtenir l'asynchronie de la floraison recommandée par l'Association espagnole des producteurs de semences. Les résultats ont montré que ces méthodes sont efficaces pour permettre aux cultivateurs de maïs en Espagne d'assurer la coexistence dans le cadre de la législation en vigueur et au niveau des parcelles agricoles. Par ailleurs, des essais en plein champ effectués avec du maïs partiellement stérile en Allemagne, en République tchèque et en Espagne ont montré qu'il s'agit d'une mesure biologique efficace. » Les résultats indiquent aussi que les distances uniformes d'isolation actuelles établies par la plupart des États membres sont en général disproportionnées par rapport au seuil officiel de 0,9 % et susceptibles d'entraîner des coûts et difficultés inutiles pour les exploitants agricoles.

« La coexistence est possible dans le cadre de la législation actuelle de l'UE »

Une autre équipe de chercheurs de Price a mis au point un prototype d'outil d'aide à la décision pour les exploitants agricoles, les conseillers, les coopératives et les décideurs politiques. Selon Wesseler : « Cet outil permet de prendre en compte les facteurs influant sur la propagation de présence fortuite d'OGM, dont le climat, la direction du vent prédominant, les types de paysages et les caractéristiques agronomiques (dates de floraison notamment). Pour le maïs, l'outil permet de prédire la présence fortuite de matériaux GM dans les champs de maïs non GM. Cet outil calcule la probabilité du niveau de pollinisation croisée entre les champs GM et non GM et prédit les effets d'une zone tampon précise ou d'une différence dans les dates de floraison. Il rend donc faisable la mise en œuvre de mesures de coexistence proportionnées. »

Pour résumer, Wesseler conclut : « Price a montré que la coexistence entre les produits GM et non GM est possible dans le cadre de la législation actuelle de l'UE. La disponibilité du soja non GM dans les pays tiers, la prime à payer pour l'achat de produits non GM, les coûts de ségrégation tout au long de la chaîne d'approvisionnement et la volonté des consommateurs de l'UE à payer pour l'attribut “non GM” sont des facteurs essentiels pour la durabilité économique à long terme des normes volontaires pour les produits non GM. Des seuils plus bas ou autres mesures plus strictes créeraient des difficultés en matière d'approvisionnement en alimentation non GM du bétail. »

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 08:20

Grosses ficelles

Un étiquetage nutritionnel sous forme d’un code couleur qui permet de repérer d’un seul coup d’œil les pires produits sur l’échelle de la malbouffe. C’est ce que préconise l’article 5 du projet de loi Santé de Marisol Touraine, adopté par les députés en première lecture. Un cauchemar de transparence pour les industriels de l’agroalimentaire. Heureusement, le Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids veille au grain.

Le Gros, de son petit nom, a aussitôt bombardé les rédactions d’un communiqué intitulé « Moraliser l’alimentation est contre-productif ». Le nouvel étiquetage y est haché menu : « Nous nous enfonçons encore un peu plus dans une vision purement diététisante et moralisante de notre alimentation ! » Promis : l’obésité n’est pas une maladie due à l’excès de malbouffe, mais un choix qui relève de la liberté individuelle. Le Gros en fait par contre des tonnes sur une nouvelle maladie, l’orthorexie, volonté obsessionnelle d’avaler des aliments peu caloriques… Au gramme près, le discours que nous sert depuis des années l’agroalimentaire, secteur que plusieurs membres de l’association connaissent bien.

En mettant son bec dans le conseil scientifique du Gros, Le Canard a ainsi retrouvé une vieille connaissance, le docteur Jean-Michel Lecerf. En plus des études nutritionnelles qu’il mène pour les industriels au sein de l’Institut Pasteur de Lille, le président du conseil scientifique s’était fendu d’une inoubliable tribune dans la presse expliquant que seul l’excès est dangereux : « Même les légumes peuvent être mauvais pour la santé. » À ses côtés, on trouve le sociologue de la consommation Jean-Pierre Corbeau, qui mouille régulièrement sa chemise pour Quick, Coca-Cola ou le lobby laitier. Également présent, un professeur de physiologie, Marc Fantino, très apprécié des fabricants d’aspartame, des marchands de sodas, de Danone, de Nestlé et du groupe Masterfoods, champion du snacking avec Bounty, Ballisto, M&M’s

Autre scientifique indépendant, le psychiatre Gérard Apfeldorfer. L’actuel président du Gros, auteur de Maigrir sans régime avec la méthode Apfeldorfer, prête volontiers sa plume à la revue "Cedus", le Centre d’Étude et de Documentation du Sucre, créé par les betteraviers. Quant au président d’honneur du Gros, le nutritionniste Jean-Philippe Zermati, il avait eu la bonne idée, comme Le Canard l’avait raconté, de faire sponsoriser le congrès annuel par la marque de barres chocolatées Mars !

Plus c’est Gros, mieux ça passe…

Le Canard Enchaîné N° 4932 du 6 mai 2015

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 09:43

Huître triploïde : si on continue on va droit « dans le mur » avertit Joël Labbé

Natacha Gorwitz

Le 12.05.2015 à 18:55

Depuis son introduction en 2008, l’huître triploïde a envahi le marché. Les conséquences ne sont pas simplement écologiques puisqu’aujourd’hui, c’est l’ensemble de la filière ostréicole qui est menacée.

En tant qu’élu du Morbihan où l’activité ostréicole est bien installée, Joël Labbé, est directement concerné et le bilan qu’il dresse est sévère. « On est allé trop loin » insiste le sénateur écologiste, alors que dans son département « 40 chantiers ostréicoles ont fermé en six ans ». A son initiative, un débat en séance publique aura lieu cet après-midi au Sénat. Y participera Alain Vidalies, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Écologie, chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche.

« Tout le monde a cru que c’était une aubaine » malgré des signes « préoccupants »

A l’origine, « beaucoup ont trouvé ça intéressant », commente Joël Labbé, et ce pour deux raisons principales. Non seulement, elles sont « consommables toutes l’année », mais sont commercialisables en seulement « deux ans », au lieu de trois pour les huîtres naturelles [Voir Encadré]. « Tout le monde a cru que c’était une aubaine » à quelques ostréiculteurs près qui sont restés fidèles aux modes de production traditionnels, raconte Joël Labbé. De son côté l’élu écologiste admet que dès l’origine, il avait « beaucoup de doutes ».

En fait, dès le départ, on a pu observer de façon « préoccupante » des taux de mortalité très élevés chez les ‘naissains’ – les larves des huîtres toutes confondues, triploïdes ou naturelles. En cause, la présence d’un herpèsvirus (appelé OsHV-1). Quatre ans plus tard, dès 2012, c’est au tour des huîtres ‘adultes’ d’être frappées par une forte mortalité, cette fois du fait de la présence d’une bactérie. Prétendues plus ‘résistantes’ –les huîtres triploïdes sont finalement les plus touchées. En fait, la bactérie existait déjà dans le milieu avant l’arrivée de la triploïde, explique Joël Labbé. Mais, l’arrivée en masse d’une huître plus fragile dans le milieu naturel a exacerbé la prolifération de cette bactérie.

Actuellement, le « paradoxe » signale l’élu écologiste, c’est qu’on est quasiment en situation de « surproduction ». En anticipant des taux de mortalité élevés sur leur production, les ostréiculteurs ont fortement augmenté leur nombre de naissains. Non seulement cela a entraîné « une plus grande pression sur le milieu », mais il s’en est suivi une chute importante des cours en cette fin de printemps. Sur les étales des marchés, les ostréiculteurs ont dû vendre leurs huîtres triploïdes à prix bradé pour écouler leurs stocks. Or, l’histoire ne s’arrête pas là car « il y a très peu de temps » on a découvert que « 13,5% des huîtres triploïdes sont laiteuses » informe le sénateur écologiste.

Huître naturelle, huître triploïde, quelle différence ?

Mise au point en 2000 par l’Ifremer, l’huître triploïde a été produite et commercialisée massivement à partir de 2008. Les huîtres triploïdes sont des « organismes vivants modifiés ». Au lieu des 10 paires de chromosomes qui composent l’appareil génétique d’une huître naturelle, les huîtres triploïdes possèdent des triplets. Concrètement, cela signifie que les larves triploïdes ne peuvent être produites qu’en écloserie alors que traditionnellement, les naissains se récoltent en mer. Comme elles sont stériles, les huîtres triploïdes sont consommables toute l’année, y compris l’été, c’est pourquoi on les appelle aussi « huîtres des quatre saisons ». En fait, elles ne sont jamais laiteuses comme le deviennent les huîtres naturelles au moment de la reproduction. L’énergie qu’elles n’utilisent pas en période de reproduction, elles la mettent à profit pour grossir plus vite. Il suffit donc de deux ans au lieu de trois pour les commercialiser.

« Le minimum du minimum, c'est d'informer le consommateur »

Pour Joël Labbé, c’est clair. Si on continue, on va droit « dans le mur ». Le problème est connu depuis plusieurs années mais « on en parle sans prendre de vraies décision ». En fait, l’huître triploïde a été introduite sans qu’il y ait d’étude d’impact, pointe du doigt le sénateur écologiste. D’ailleurs, une procédure est actuellement en cours en cours dans laquelle l’association des ostréiculteurs traditionnels met en cause Ifremer qui possède le brevet pour défaut de prévention. Jusqu’ici, l’établissement qui dépend du ministère de l’Écologie dément tout lien entre l’introduction de la triploïde et les déséquilibres observés.

Pour le sénateur du Morbihan, « le minimum du minimum » serait d’informer le consommateur en rendant obligatoire « l’étiquetage des produits ». De plus, l’élu écologiste demande qu’on impose la sanctuarisation des bassins naissains afin de séparer les huîtres triploïdes de celles qui sont naturelles.

Ceci dit, Joël Labbé va plus loin. Il défend tout bonnement et simplement l’adoption d’un moratoire sur les huîtres triploïdes, au moins le temps qui soit nécessaire à l’étude de ses conséquences sur le milieu. L’élu écologiste en est conscient, « on s’attaque à une grosse machine » admet-il de ses vœux. Le 10 juin prochain, à son initiative « tous les éléments de la chaîne» se retrouveront autour de la table pour en débattre, à l’occasion d’un colloque au Sénat. L’enjeu c’est de « sauver la filière ostréicole » et « d’assurer l’équilibre du milieu naturel » souligne Joël Labbé.

S’il n’exclut pas la soumission d’une proposition de loi, de nouvelles dispositions pourraient être introduites par amendement au projet de loi biodiversité. Adopté en première lecture par les députés au mois de mars, le texte présenté par la ministre de l’Ecologie débutera au mois de juin au Sénat.

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 09:07

AFBV . OGM .

Lanceurs d'alertes et e-réputation : révélations sur la stratégie de diffamation du lobby OGM

18 mai 2015 | Par Benjamin Sourice

Le corbeau sous tous ses profils

Nous publions ici une enquête inédite sur le blog Imposteurs.org et ses auteurs anonymes, Anton Suwalki et Wackes Seppi, qui depuis 2007 dénigrent méthodiquement journalistes, lanceurs d'alertes, et autres « ayatollah de l'écologisme », au point de porter atteinte à l' e-réputation de ses cibles sur le web. [Cet article est une version éditée après mise à jour d'informations intervenues après la première publication, le 14 mai 2015]

En vitrine, le site Imposteurs.org et ses deux auteurs sous pseudo, Anton Suwalki et Wackes Seppi, aiment se voir comme les gardiens de la « Science, contre tous les charlatanismes et toutes les impostures ». Pourtant, sous la plume de ses rédacteurs anonymes, la page web est devenue une référence en matière de diatribe contre les « anti-OGM » et « le lobby bio », dont les porte-paroles sont systématiquement associés aux « pires des obscurantistes », tous ces « ayatollah de l'écologisme » et autres « fous du bio ». Des termes qui rappellent les attaques récentes de Xavier Beulin, patron du syndicat agricole FNSEA, contre les « djihadistes verts ».

Dès son lancement, la ligne éditoriale de nos blogueurs est claire et assumée : dénoncer le « génie de la com' » des « Anti-OGM » et s'en prendre à la crédibilité de « scientifiques de renom engagés contre les cultures d'OGM », tel Jacques Testart, Gilles-Eric Séralini, Vandana Shiva... Maître de conférence en génétique moléculaire, et grand pédagogue sur la vulgarisation des biotechnologies, Christian Vélot fait l'objet d'un acharnement tout particulier. Érigé en « porte-parole de l’obscurantisme », Anton Suwalki brocarde son « éthique de toc du lanceur d’alerte » et décerne régulièrement le prix du « Vélot d'or » à tous ceux dont les propos auraient tendance à critiquer la science sauce industrielle. En novembre 2010, un nouvel acolyte anonyme, Wackes Seppi, présenté comme « un ingénieur agronome à la retraite » et « contributeur de blogs » rejoint Imposteurs.org, inclinant un peu plus encore la ligne éditoriale dans un anti-écologisme outrancier.

Les deux portes flingues aiment aussi tirer sur tous ces « journalistes militants » qui « pérorent » et viennent « alimenter le fond de commerce des prêcheurs d'apocalypse », accusés de tartuferies « écolo bobo ». Leurs cibles préférées ? Marie-Monique Robin, qui est devenue leur bête noire depuis Le Monde selon Monsanto, prise à partie jusque sur ses pages personnelles par les blogueurs. Plus récemment, Paul Moreira a fait l'objet d'un article injurieux après la diffusion de son documentaire OGM, bientôt dans nos assiettes en septembre 2014. La traque se poursuit jusque dans les pages de Sciences & Avenir accusé de « propagande pour le bio » ou contre Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde qui servirait du « militantisme en guise d'information ».

De l'artisanat à l'opération de propagande

Si lors de son lancement en 2007, le site relevait d'une entreprise artisanale dont les saillies laissaient de marbre les personnes ciblées, au fil des années il a pris une tournure plus inquiétante. A force d'acharnement répété dans de nombreux articles, ce blog en arrive à porter préjudice à l'« e-réputation » de lanceurs d'alerte et de journalistes qui s'inquiètent désormais de cette nuisance.

En effet, une mauvaise réputation en ligne peut constituer une atteinte grave à la crédibilité d'une personne en déstabilisant son « image publique ». Plus prosaïquement, par divers stratagèmes informatiques (google bombing, site miroir, dissémination d'hyperliens...), les auteurs du blog parviennent à hisser les articles d'Imposteurs.org parmi les premiers du classement des moteurs de recherche sur des requêtes concernant des lanceurs d'alertes, orientant ainsi le lecteur vers des contenus dénigrants. Ces stratagèmes informatiques demandent une certaine connaissance des mécanismes de référencement et quelques notions d' « e-réputation », une discipline généralement associée aux cabinets de communication et de lobbying.

En 2011, une étape est franchie quand le site d'information en ligne Contrepoints.org, d'obédience néolibérale et libertarienne (façon Tea Party américain), invite nos deux blogueurs à s’épancher dans ses colonnes. Nouvelle maquette et audience élargie, mais dans la ligne rien ne change : on retrouve les mêmes attaques ad-hominem ! Par la suite, tous les articles d'Imposteurs.org seront publiés en double sur le site de Contrepoints. Là encore, l'utilisation d'un site miroir est en réalité une technique de référencement internet, permettant notamment de multiplier les sources et de contourner la censure.

Wikipédia, l'encyclopédie du greenwashing ?

Enfin, la dernière étape pour porter atteinte à l'e-réputation consiste à altérer les biographies de personnalités sur l’encyclopédie participative Wikipédia, en usant de ces blogs comme autant de « sources d'informations » reprise dans la fiche. Le procédé est redoutable car il transforme une simple note de blog, anecdotique et biaisée, en vérité encyclopédique à laquelle le grand public s'arrêtera s'il ne prend pas soin d'analyser la source indiquée.

Karg Sé, un autre « ingénieur agronome-halieutique » anonyme et habitué des blogs écolophobes comme alerte-environnement.fr, où il échange régulièrement avec Wackes Seppi et Anton Suwalki, s'est fait une spécialité des « guerres d'édition » sur les sujets touchant à l'écologie sur Wikipédia. Se vantant de « faire la chasse aux perturbateurs endocriniens », il encourage ses camarades à « être présent sur Wikipedia, très utilisé par les élèves et les étudiants, et très important pour contrer la propagande médiatique » - comprendre les alertes environnementales -, sourçant régulièrement ses propos à partir du blog Imposteurs.org.

Mais comment donc, une poignée d'auteurs, couverts par l'anonymat, ont-ils réussi à monter durant sept longues années une telle campagne de dénigrement utilisant des techniques modernes de lobbying viral ?

L'imposture d'Imposteurs.org

Notre enquête a permis de reconstituer une véritable cartographie du lobby OGM, allant d'acteurs associatifs à des professionnels du secteur agricole, soutenus par des lobbyistes professionnels et aguerris impliqués de longue date dans la « querelle des OGM ».

Intéressons nous d'abord à l'initiateur du blog, le ci-nommé Anton Suwalki qui a toujours fait preuve d'un certain enthousiasme pour les écrits de l'Association Française pour une Information Scientifique (AFIS). Or si l'AFIS a toujours gardé une distance sanitaire avec les propos outranciers d'Imposteurs.org, le site a bien été lancé par un administrateur de cette association. Notre investigation a permis de découvrir qu'Anton Suwalki se nomme en réalité Stéphane Adrover. Statisticien à l'INSEE, son Cv ne révèle aucune qualification particulière en matière de biologie, d'agriculture ou de journalisme malgré ce que l'anonymat lui permettait de sous-entendre sur ses compétences.

Loin de n'être qu'un sympathisant, Stéphane Adrover est adoubé par les membres de l'AFIS après le lancement du blog en rejoignant le Conseil d'administration de l'association en 2008, poste qu'il occupera jusqu'en 2012.

Selon lui, suite à la publication de notre enquête, il ne s'agissait là que d'un « nom de plume au même titre que des journalistes », il nie avoir « cherché une quelconque immunité derrière l’anonymat », mais nous noterons cependant que c'est la première fois que Stéphane Adrover adossait publiquement son costume d'Anton Suwalki sur son blog comme ailleurs sur la toile.

Wackes Seppi : « spécialiste des semences », héros « solitaire de l'écriture »

Poursuivons nos révélations avec le cas du second comparse, le sulfureux Wackes Seppi, dont nous avions pensé un temps qu'il s'agissait de M. Guy Waksman, ingénieur agronome retraité, mais de nouveaux éléments apparus suite à la publication de l'enquête nous ont contraint d'admettre que nous avions fait fausse route et d'éditer ce papier à la lumière de nouvelles recherches. C'est d'ailleurs, M. Waksman, en se défendant qui nous a mis sur la piste de l'identité réelle de Wackes Seppi dans la gazette de l'AFIA du 14 mai 2015. Il y écrit : « je n'ai absolument pas les qualités scientifiques de biologiste de Wackes Seppi, très bon spécialiste des semences, et je serais bien incapable d'écrire les articles de haut niveau qu'il écrit. »

Contacté par nos soins, celui-ci nie être l'auteur d'Imposteurs, mais dit « connaître Wackes Seppi ». Il précisera dans sa gazette du 18 mai 2015 : « je n'ai jamais écrit sous un pseudonyme, bien que dans certains cas, j'aurais mieux fait… Ceci dit, je comprends bien les personnes, tel Wackes Seppi, qui le font : besoin de préserver leur vie privée ou professionnelle, astreinte au devoir de réserve des fonctionnaires qu'ils soient nationaux ou internationaux notamment. » Notre fonctionnaire national, il s'appelle Stéphane Adrover aka Anton Suwalki, mais Wackes Seppi serait aussi lié à un « devoir de réserve » au niveau international ? Intéressant point commun entre ces auteurs si discrets sur leur identité…

Cessons là le suspense ! Wackes Seppi est effectivement un fonctionnaire onusien retraité du nom de André Heitz, comme nous le démontre cette fiche de l'Agence Science Presse (Canada) où les deux noms apparaissent associés. On le retrouve par ailleurs sur le même site dans un trilogue avec Anton Suwalki et Marcel Kuntz, ex-président de l'AFIS, échangeant sur « l'absence de problème sanitaire lié à la consommation à long terme de nourriture dérivée d’OGM. ».

M. Heitz a fait la plupart de sa carrière (1975-2000) au sein de l'Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV), une organisation intergouvernementale, sous contrôle de l'ONU, qui a été fondée en 1961 pour coordonner la mise en œuvre au niveau international des droits de propriétés intellectuels des obtenteurs végétaux et des grands semenciers. Après la révision de 1991 dont Heitz a été l'un des acteur comme directeur-conseil de l'agence, l'UPOV se donne notamment pour mission « d'examiner diverses possibilités de protection juridique des innovations dans les domaines du génie génétique et de la biotechnologie » au moment où les premières plantes génétiquement modifiées, et brevetés à ce titre, apparaissent sur le marché vers 1996. Notons cependant que l'UPOV est avant tout un organisme inter-étatique, et qu'à ce titre ses politiques sont le résultat de négociations et de consensus entre Etats.

L’UPOV œuvre en contact étroit avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) que M. Heitz rejoint en 2000. Il finit sa carrière au poste taillé sur mesure de directeur de coordination du nouveau bureau de l'OMPI ouvert à Bruxelles en 2004, avant d'être fermé en 2008, après « les résultats d'une évaluation et d'un processus de rationalisation des bureaux extérieurs ». Sa mission est détaillée dans une feuille de route de l'OMPI : « renforcer ses contacts et ses liens de réseau avec la communauté internationale de la propriété intellectuelle,[...], les grandes entreprises et les ONG. Ils contribuent à la réalisation des objectifs de programme, notamment en ciblant les principaux décideurs du secteur public et du secteur privé, les personnalités influentes et les commentateurs, ainsi que le grand public. » Bref, un travail de relations publiques à la hauteur des stratégies mises en place par les cabinets de lobbying qui pullulent à Bruxelles.

A la retraite après la fermeture de son bureau, à partir de 2010 M. André Joseph Léon Heitz peut désormais enfiler à loisir son costume de Wackes Seppi, ou « Joseph le garnement » en alsacien, sa région d'origine. Interrogé sur sa double identité et ses motivations personnelles, M. Heitz n'a pas donné suite à nos questions. Offusqué par notre enquête, mais gardant son masque, Wackes Seppi nous répond dans les colonnes de Guy Waksman, et se décrit comme « un solitaire de l'écriture […] propulsé par l'auteur du billet en discussion [NDLR moi même] dans un vaste complot ».Cependant,Wackes Seppi par la profusion de ses prises de paroles, ses échanges avec d'autres auteurs évoqués ici, est tout sauf isolé. Sa langue verte et son verbe fleuri d'OGM, ont propulsé la figure de Wackes Seppi au rang de personnage emblématique de cette galaxie d'amateurs de l' « écolo-bashing » et pourfendeurs des « obscurantistes anti-progrès ». Point n'est ici question d'un « grand complot », mais bien de l’œuvre d'une poignée de militants pro-biotechnologie, petites mains du lobby OGM, qui ont séquestré le rationalisme et la parole scientifique.

Ultra-libéraux et lobbyistes aux manettes ?

Enfin, c'est en cherchant à définir les liens qui unissent les deux principales vitrines de cette entreprises de dénigrement, Imposteurs et Contrepoints, qu’apparaît un nouveau personnage jusqu'alors discret sur la scène des promoteurs des biotechnologie en France, mais dont l'implication semble avoir été stratégique. Il s'agit de Jean Paul Oury : docteur en histoire des sciences, il est également l'auteur d'une publication au Presse Universitaire de France sur « La querelle des OGM » (PUF, 2006) et participe à de nombreuses reprises aux publications de l'AFIS, notamment en 2007 au moment du lancement du blog Imposteurs.org. Selon lui, l'opposition au OGM « dans sa forme la plus violente, est une action “terroriste” qui se manifeste par la destruction des expériences, aussi bien en laboratoire que dans les champs : c’est la stratégie [...]barbare” des fauchages. » Nous retrouvons donc à nouveau la rhétorique de l' « écoterrorisme », cet élément de langage à répéter à outrance par les communicants jusqu'à le banaliser dans l'opinion.

Non seulement, M. Oury est un fin connaisseur du débat sur les OGM, mais il est dès 2008 un lobbyiste chevronné, spécialiste en « stratégie digitale » et e-réputation au sein du cabinet Image et stratégie où il est employé jusqu'en 2013. L'agence se nommait précédemment Ligne 42 avant son rachat fin 2008, or à l'époque où le cabinet recrute Jean Paul Oury comme consultant, il a pour « directeur conseil » une certaine Armelle de Kerros, ancienne directrice de communication de Monsanto France, comme le confirme un ancien Cv que nous avons pu nous procurer. Ces deux là ont donc travaillé dans le même cabinet de lobbying, mais impossible de savoir s'ils ont monté des opérations contre les anti-OGM, ni le degré de leur collaboration.

Il semblerait que M. Oury ait également fait profiter les auteurs d'Imposteurs.org de son réseau personnel pour intégrer les pages de Contrepoints.org. En effet, il a été Vice-président du micro-parti politique « Alternative Libérale », un courant libertarien français dissout en 2011. Or, le site Contrepoints, vitrine des ultra-libéraux français, est aussi dirigé par un ancien de AL qui a fait liste commune avec M. Oury, Guillaume Kalfon, qui fut jusqu'en 2014 directeur de publication de Contrepoints.org et président de l'association Libéraux.org qui détient le journal libéral en ligne. C'est donc probablement par ces appuis que les deux comparses Anton Suwalki et Wackes Seppi sont devenus membres de la grande confrérie des pourfendeurs d'écologie dans les cercles ultra-libéraux français.

Riposte juridique

« Les chiens aboient, la caravane passe » dit un proverbe arabe. Longtemps ignorés par les personnes qu'ils ciblaient, ne souhaitant pas leur offrir le luxe d'une publicité à bon compte, Stéphane Adrover et André Heitz ont pu continuer sans entrave leur travail d'atteinte à la réputation de lanceurs d'alerte et de journalistes pendant toutes ces années.

La situation vient pourtant de changer avec le dépôt successif de deux plaintes en diffamation ces derniers mois. En septembre 2014, le généticien Christian Vélot déposait une plainte contre « Anton Suwalki » et le site Contrepoints.org pour un article intitulé « Faucheurs de porte-vigne transgéniques de Colmar : Christian Vélot, porte-parole de l’obscurantisme » depuis retiré du site libéral. Contacté par un « officier de police judiciaire », Stéphane Adrover n'a pu que confirmer être l'auteur de ce billet, ajoutant « assumer intégralement ses propos sur le plaignant [i.e C. Vélot] » et les maintenir en ligne sur son propre site Imposteurs.org.

Le journaliste et réalisateur de documentaire Paul Moreira (Canal Investigation et Cash Investigation) a lui aussi déposer une plainte contre X pour diffamation contre Imposteurs.org suite à un billet attaquant violemment son reportage OGM, bientôt dans vos assiettes (Canal +, sept 2014). Rédigé par Wackes Seppi, également visé par la plainte, le titre du post était « Patrick Moore dit de Paul Moreira : « un c... fini », démontrant s'il en était encore besoin la ligne éditoriale insultante de ce blog.

Maintenant que les véritables imposteurs ont été démasqués, c'est donc à la justice de s'emparer de l'affaire afin de juger des responsabilités de chacun .

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 07:13

Autorisation irresponsable de 19 OGM : la santé des consommateurs menacée par la décision de la Commission européenne

Autorisation irresponsable de 19 OGM : la santé des consommateurs menacée par la décision de la Commission européenne

Lundi 27 Avril 2015

C’est le constat que fait le CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique). En effet, vendredi 24 mars la Commission européenne a autorisé l'importation et la commercialisation sur le territoire de l'UE de 19 nouveaux OGM. Cette décision est scientifiquement infondée et irresponsable car les OGM sont des plantes à pesticides qui tolèrent un ou plusieurs herbicides et/ou produisent leurs propres insecticides (seconde génération). Les tests toxicologiques sur lesquels se fonde cette décision de la Commission n’ont toujours pas été menés de façon scientifiquement satisfaisante : 1/ leur durée, trop courte, est de trois mois seulement alors que les rats vivent en moyenne deux ans - quand ils ont lieu, ce qui n'est généralement pas le cas pour la seconde génération ; 2/ les résultats des tests toxicologiques réalisés par les compagnies restent confidentiels et leur propriété; 3/ la toxicité des pesticides produits par OGM ou utilisés pour leur culture sont sous évalués : deux ans pour la molécule dite « active » et quelques jours sans bilan biologique pour les formulations, qui sont généralement beaucoup plus toxiques, et seules à être utilisées par les jardiniers ou les agriculteurs.

Dès lors, sur quelle base la Commission européenne fonde-t-elle une telle décision, pourtant susceptible d’avoir des effets importants sur la santé des humains et des animaux ? Aurait-elle cédé à des pressions exercées par les compagnies productrices des OGM ? Sur les 19 OGM, 11 ont été fabriqués par Monsanto, les autres étant produits par Dupont, Bayer et BASF.

En tout cas il est inadmissible que des objectifs économiques soutenus par les puissants lobbies de l’agrochimie conduisent à mettre en péril la santé des citoyens. Il est plus encore inacceptable que les instances européennes ne mettent pas tout en œuvre pour prévenir les risques sanitaires. C’est pourquoi le CRIIGEN exige au nom de l’intérêt général la publication de toutes les données afférentes aux tests toxicologiques ayant conduit à la mise sur le marché de ces 19 OGM ainsi que des pesticides avec lesquels ils sont cultivés ou qu’ils produisent. L’exigence de la transparence des données toxicologiques est la condition nécessaire à toute évaluation contradictoire, seule apte à permettre des autorisations de mise sur le marché pertinentes en termes de santé publique. Le CRIIGEN demande également qu’en attendant, un moratoire soit imposé sur toutes les autorisations portant sur les OGM agricoles.

Contact Dr Joël Spiroux de Vendômois,
Président du CRIIGEN
criigen@criigen.info
Tél 06 10 81 00 36

L'administration du blog invite :

-à signer la Pétition de soutien à Thibault Liger-Belair ,viticulteur


http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/devant-justice-avoir-refuse-traiter-950.html

Après Emmanuel Giboulot, un nouveau vigneron bio de Bourgogne est convoqué devant la justice pour avoir refusé de traiter sa vigne avec des insecticides, comme l'impose un arrêté préfectoral pour lutter contre la flavescence dorée, une maladie mortelle pour la plante.

-et à jeter un œil sur celle d'Avaaz:

:Les scientifiques réputés viennent de nous avertir que le désherbant de Monsanto est probablement cancérigène. C’est une nouvelle fracassante et les organes de réglementation européens se démènent pour répondre à cette urgence. Mais Monsanto fait tout pour que le rapport soit enterré! Seule une campagne de mobilisation massive du public peut obtenir la suspension de ce poison. Rejoignez cet appel urgent:

Les pesticides ont le vin mauvais

Santé (Crédit photo : DR)

24-04-2015

La viticulture est-elle malade de ses traitements ? Au moment où la fille d'un vigneron dépose la première plainte pour homicide involontaire, Guillaume Bodin, ancien ouvrier agricole, propose un documentaire passionné et glaçant.

Le Baromètre de cet article

Les vignes sont un univers dangereux. A certaines périodes de l’année, en Saône-et-Loire, les vétérinaires dissuadent leurs clients de s’y balader s’ils tiennent à leurs chiens. Les familles qui vivent à proximité renoncent à ouvrir leurs fenêtres, à manger en terrasse ou à cultiver un potager. Quant aux hommes et aux femmes qui y travaillent, ils sont sujets aux nausées, aux maux de tête et aux saignements de nez. Ouvrier viticole jusqu’en 2013, Guillaume Bodin a connu ces symptômes. Dans Insecticide mon amour, un documentaire de 52 minutes, visionnable en ligne ici pour un euro, il dépeint et tente de comprendre cette situation.

Découvrez ici la bande-annonce :



Le déclic remonte à 2013, « année particulièrement difficile » pour le jeune homme. A l’époque, toutes les vignes de Bourgogne sont traitées, pendant près de trois semaines, contre la cicadelle de la flavescence dorée, un insecte vecteur d’une jaunisse de la vigne. Contraints par un arrêté préfectoral à une triple pulvérisation d’insecticides – chimiques ou naturels –, la grande majorité des viticulteurs, conventionnels ou bio, se plient à cette mesure drastique. « Que faire ? Quoi dire ? A qui s’en prendre ? », s’interrogeait alors le salarié de 26 ans, exposé quotidiennement à un cocktail qu’il soupçonnait d’être néfaste pour sa santé.

« J’ai quitté mon travail, j’ai repris ma caméra et j’ai commencé à enquêter sur la question », raconte-t-il en introduction de son second documentaire – après, en 2011, La Clef des terroirs, sur la biodynamie – fruit de deux ans de travail. En interrogeant la réponse des autorités à l’épidémie de flavescence dorée, le réalisateur questionne en profondeur l’usage des pesticides dans la viticulture.

Des insecticides jusque sur le mont Blanc

Tandis que ses images soignées, presque poétiques, disent pour lui son amour de la vigne, Guillaume Bodin déroule le fil de son enquête. Il revient sur le combat d’Emmanuel Giboulot, ce viticulteur bio qui a refusé de traiter, s’exposant ainsi à une condamnation à six ans de prison et 30 000 euros d’amende (Condamné en avril 2014 à verser une amende de 1 000 euros dont 500 avec sursis, il a finalement été relaxé par la cour d’appel de Dijon le 4 décembre dernier). Puis, de pépiniéristes en cavistes, de microbiologistes en ingénieurs agronomes, le réalisateur expose, au fil des témoignages, l’ampleur du carnage. On apprend ainsi qu’une quantifié infime, un nanogramme d’insecticide, suffit à paralyser une abeille et que l’on trouve des traces de ces produits jusqu’au sommet du mont Blanc !

L’enquête est ponctuée de voyages dans le temps. Vidéos d’archives à l’appui, Guillaume Bodin rappelle qu’en 1945, en 1964 et en 1984 on soupçonnait déjà que « si les insecticides sont meurtriers pour les insectes, il sont dangereux pour l’homme ». Or, depuis le DTT, l’insecticide utilisé à l’époque, la toxicité des molécules a été multiplié par 5 000, voire par 10 000, selon Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), cité dans le documentaire.

Mais peut-on s’en passer ? L’épidémie qui touche la Saône-et-Loire et la Gironde bouscule les certitudes du réalisateur. La flavescence dorée est une maladie mortelle, capable de tuer un pied de vigne en moins d’un an. Et la cicadelle qui la transporte se déplace d’un vignoble à l’autre à vitesse grand V. « Moi qui croyais qu’on pouvait faire du vin en harmonie avec la nature, je devais être un peu naïf », confie dès le début du film ce passionné de nature. « Les insecticides sont mes amours, non pas par conviction, mais par obligation » explique-t-il sur le blog de Rue89 No wine is innocent. Sans dogmatisme, le documentariste relève néanmoins au fil des entretiens l’absurdité des pratiques : l’aspersion massive de pesticides sur des vignes qui n’ont jamais vu la moindre cicadelle. En clair, l’utilisation préventive de traitements curatifs prévus pour tuer des insectes… qui ne sont encore pas présents ! « On agit dans la peur, sans comprendre ce qu’il se passe », témoigne un vigneron de Côte-d’Or, qui voit dans les mesures de traitements une sorte de « lutte antiterroriste appliquée à la nature ». Faut-il traiter ou pas ? Guillaume Bodin n’apporte pas de réponse tranchée. Sur les réseaux sociaux et lors de projections publiques, il invite à poursuivre le débat.


Première plainte pour homicide involontaire

Depuis 1955, on sait que l’arsénite de sodium, utilisé pour traiter la vigne contre un champignon, est dangereux. Pourtant, son épandage n’a été interdit qu’en 2001. Viticulteur en Gironde à cette période, James-Bernard Murat y a eu recours pendant toute sa carrière. Le cancer qui l’a emporté en 2011 a été reconnu maladie professionnelle l’année suivante. Aujourd’hui, sa fille, Valérie Murat, veut aller plus loin. En déposant ce lundi 20 avril une plainte contre X pour homicide involontaire au Tribunal de grande instance de Paris, elle espère mettre à jour « la collusion d’intérêts » à l’origine de l’inaction de l’Etat français. Cette démarche au pénal, qui, pour la plaignante, « vise très clairement les firmes qui ont fabriqué le produit que mon père a acheté ainsi que les services de l’Etat », est une première. Les procédures judiciaires engagée par Paul François, l’agriculteur charentais qui avait obtenu gain de cause contre Monsanto, puis par une employée viticole, concernaient des expositions accidentelles. A travers ce combat judiciaire, Valérie Murat espère mettre au jour un système qui, un demi-siècle durant, a fait des agriculteurs « de bons petits soldats de la chimie ».


Lire l’interview de Valérie Murat sur Rue89 Bordeaux.

A lire aussi sur Terraeco.net :
« Viticulture bio : Pourquoi Emmanuel Giboulot a mobilisé les foules »
« Victoire d’une employée exposée aux pesticides : pourquoi c’est important »
« Le vin bio est-il vraiment dégueu ? »

Par
Amélie Mougey

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 08:48

De la stévia transgénique dans nos sodas ?

Publié le 22 avril 2015

Vous avez certainement dû remarquer la noria de nouveaux sodas à base de stévia dans vos supermarchés. Après les lights et autres zéros, les produits allégés seraient donc devenus naturels. Alors que les bouteilles des boissons gazeuses se mettent au vert et donnent un côté « forêt » à nos rayons de supermarchés, la stévia présente dans ces produits est-elle vraiment naturelle ? Pourrons-nous un jour avoir de la stévia transgénique dans nos sodas ?

Mais avant tout, la stevia, qu’est-ce que c’est ?

Sur les sites des fabricants de soda, on apprend que la stévia serait une plante originaire du Paraguay, et serait consommée depuis des siècles par les indiens Guarani. Ses feuilles ont un pouvoir sucrant plus élevé que celui du saccharose. Réduites en poudre, elles constituent un édulcorant naturel. Son plus ? La stévia ne vous apportera aucune calorie. Et de petites quantités suffisent à donner une saveur sucrée aux aliments. Si la stévia est consommée depuis des siècles en Amérique du Sud, elle n’est autorisée en France que depuis septembre 2009. Elle apporte ainsi une solution alternative aux édulcorants chimiques tels que l’aspartame, contenu dans certaines boissons… Une alternative qui tombe à pique pour les industriels du soda qui ont vu rouge après le scandale lié à cet édulcorant et ses effets néfastes sur la santé…

Naturellement chimique

A ce jour, la stévia a donc conquis un tiers du marché des édulcorants. Mais une chose ne plaît pas au fabricants. A l’état naturel, concassée, cette plante verte laisse un arrière goût de réglisse… Voilà pourquoi ce n’est pas cette poudre verte qui est utilisée dans nos sodas, mais une version « raffinée ». Nous consommons en réalité une molécule sucrante de la plante originale, une isolation de substance, faite en laboratoire. La stévia des sodas n’est donc pas issue de la terre.

Ajoutons à cela qu’aujourd’hui la Chine fournit 85% de la production mondiale de cet édulcorant. Les paraguayens qui ont découvert cette plante possèdent désormais moins de 10% du marché. Un secteur attirant pour les cultivateurs chinois qui peuvent multiplier leur revenu par 8 en préférant la stévia au blé ou au maïs. Après la culture sous serre en Chine, la plante reste dans le pays pour subir un lourd processus industriel dont le but est d’extraire une infime partie de la feuille. A la fin du processus la poudre verte est devenue blanche… Il ne reste plus que la molécule qui donne à la stévia son goût sucré, tout le reste a été éliminé, et par conséquent ses autres vertus aussi. On est bien loin du produit traditionnel consommé par les Indiens. Cela ne suffit cependant pas à retirer son arrière goût. (sources : ici, ici et aussi)

Ainsi, en Suisse, une stévia transgénique est cultivée en laboratoire. Notre « édulcorant du Paraguay » y est mélangé à de la levure génétiquement modifiée afin de la ferme « germer » comme un bouillon de culture. Cette « stévia » arrivera sur le marché en 2016 et sera vendue aux industriels. Ils semblerait que, comme avec leurs précédents produit, les industriels du sodas jouent sur notre désir de nous donner « bonne conscience » en consommant ces boissons. A chacun de prendre ses responsabilités sur ce qu’il met dans son gobelet. (sources : par ) Une petite soif ?

Paul Brinio

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 06:38

http://www.thau-info.fr/index.php/bons-plans/bonnes-adresses/epicerie/86-publicites/11805-biocoop

Dans la zone commerciale de Balaruc-le-vieux, est un des 350 magasins bio du réseau Biocoop rassemblés autour d’un objectif commun : le développement de l’agriculture biologique dans un esprit d’équité et de coopération. Leader de la distribution alimentaire biologique, Biocoop s’illustre aussi par ses produits du commerce équitable et par un choix très étendu d’éco-produits et de cosmétiques. Plus qu’un simple réseau de commerçants, Biocoop souhaite aussi peser sur les choix de société et partage son projet avec d’autres acteurs : salariés, consommateurs, producteurs et partenaires.Biocoop créée ainsi des flières équitables fondées sur le respect de critères sociaux et écologiques exigeants.
La sélection des produits chez Biocoop est différente de ce qui se fait ailleurs, plus sévère que les cahiers des charges de l’agriculture biologique ou des cosmétiques écologiques et bio. Impossible par exemple d’accepter de la lécithine de soja non bio (à risque OGM) dans une tablette de chocolat, même si le règlement bio l’autorise !
Biocoop refuse ou limite les agents de texture et les stabilisants, les colorants, les vitamines de synthèse, l’acide citrique, la gélatine non bio et limite les teneurs en sel et en sucre. Biocoop refuse la présence d'OGM.
Biocoop est attentif au transport des produits référencés : à produit équivalent, nous privilégions l’origine la plus proche. Aucun produit n'arrive par avion.
Consommer local pour biocoop c'est aider les producteurs bio de la région, leur assurer une rémunération directe et ainsi favoriser une démarche de commerce solidaire.


Fruits et légumes - Vrac - Epicerie salée - Epicerie sucrée - Rayon frais - Surgelés -Compléments alimentaires - Cosmétiques - Produits bébé - Produits d'entretien - Vins biologiques

LE PRIX CHEZ BIOCOOP

Chez Biocoop, oui à une bio accessible et exigeante !
Accessible : Consommer bio, ça coûte trop cher ? Une idée reçue qui reste tenace ! Biocoop vous démontre que manger bio et consommer des produits écolo, c’est possible et accessible à tous. Testez vous-même grâce à nos trucs et astuces…
Exigeante : Pour Biocoop, pas question de faire de la bio à n’importe quel prix. Parce que la course effrénée au prix le plus bas a toujours un coût collectif : environnemental, social… Biocoop préfère travailler de façon respectueuse et durable avec les producteurs, avec ses fournisseurs, et ne pas rogner sur ses exigences de qualité.

BIOCOOP DE L'ETANG DE THAU
Avenue de la Barrière
Centre Commercial Balaruc Loisirs
34540 Balaruc-le-vieux

Tél. : 04 67 53 92 06
courriel : ducrot@orange.fr
page Facebook: Biocoop Etang de Thau
site web : www.biocoop-balaruc.fr

HORAIRES

Lundi : 15H00 - 19H00
Mardi : 09H00 - 12H30 / 15H00 - 19H30
Mercredi : 09H00 - 12H30 / 15H00 - 19H30
Jeudi : 09H00 - 12H30 / 15H00 - 19H30
Vendredi : 09H00 - 12H30 / 15H00 - 19H30
Samedi : 09H00 - 19H00
Dimanche : fermé

publi-rédactionnel Biocoop / Thau-info

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 07:36

Boyardville (île d'Oléron) : les Zadistes contre le projet de super parc à huitres en eau profonde

Boyardville, nouvelle Zone Aquatique à Défendre ? Des zadistes sont arrivés en début d'après-midi sur l'ile d'Oléron. Ils entendent marquer leur opposition au projet de création d'un immense parc à huitres sur filières dans la baie de la Maleconche.

  • EG
  • Publié le 11/04/2015 |

© FTV Les Zadistes occupent les anciens locaux du lycée Cepmo à Boyardville.

637

Difficile d'évaluer leur nombre exact, mais, selon notre équipe présente sur place ce matin, ils étaient une vingtaine.
Une vingtaine de zadistes venus principalement de Toulouse et d'Agen qui se sont installés dans les anciens locaux du lycée Cepmo à Boyardville sur l'île d'Oléron.

C'est là qu'ils entendent créer leur nouvelle ZAD, baptisée Zone Aquatique à Défendre. L'objet de leur opposition c'est le projet de création d'un parc de 252 hectares dédié à la production industrielle d'huîtres et de moules en eau profonde, au cœur de l'anse de la Malconche(lire notre article). Un projet qui le 4 mars dernier a reçu l'aval de la préfète de Charente-Maritime qui en a signé l'arrêté d'autorisation

© Valérie Pretot, FTV Des banderoles installées en fin de matinée sur le port de Boyardville.

Des zadistes s'installent à Boyardville

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 07:53

« La Commission renie ses engagements » (José Bové)

Publié le mardi 31 mars 2015 - 

 

L'eurodéputé José Bové considère que « la Commission européenne persiste dans ses erreurs en abandonnant le niveau européen de décision de la réglementation sur les OGM par une renationalisation des décisions. En conséquence, elle abandonne également l'application du principe de précaution au niveau européen », écrit l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne dans un communiqué du 31 mars.

 

Selon l'eurodéputé, le cabinet de Vytenis Andriukaitis, commissaire européen en charge de la santé et de la sécurité alimentaire (Sanco), a confirmé, au cours d'une rencontre le 25 mars, que le droit donné aux États membres de l'UE de demander l'interdiction d'une culture sur leur territoire par la modification de la directive 2001/18 était le premier stade de la révision des autorisations d'OGM. « La Commission européenne a indiqué qu'elle poursuivrait avec les décisions concernant les autorisations d'importations de produits OGM pour l'alimentation humaine ou animale. »


José Bové regrette « qu'en fait, rien n'est réglé, car, entre autres, c'est la procédure de comitologie (décision des États en commission de représentants des États) qui devait être révisée pour que les décisions des États prises à la majorité s'imposent à la Commission européenne. »

 

Interdire les OGM résistant au glyphosate

 

Il déplore que « la révision de l'évaluation environnementale et socio-économique des OGM, demandée à l'unanimité par les États membres en décembre 2008, est toujours en panne ».

 

Le député européen appelle « la société civile et les associations à se mobiliser pour que le président de la Commission européenne fasse respecter l'application annoncée de la révision démocratique de toutes les procédures concernant le dossier des OGM. Il est d'autant plus urgent, au moment où l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) classe le glyphosate comme potentiellement cancérigène, d'interdire les OGM en attente d'autorisation résistant à ces types d'herbicides. »

 


En savoir plus sur http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/ogm-ue-la-commission-renie-ses-engagements-jose-bove-102558.html#uPjmgImaXbxcivxQ.99
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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 08:59

La privatisation de l’eau déclarée inconstitutionnelle en Indonésie, Suez menacerait de saisir l’arbitrage commercial international

C’est une victoire éclatante pour les citoyens de Jakarta. Un tribunal vient de déclarer la privatisation de l’eau contraire à la constitution indonésienne, et d’annuler en conséquence le contrat de concession passé avec Suez en 1997, purement et simplement et sans compensation pour l’entreprise française. C’était l’un des plus anciens et des plus controversés des contrats de Suez. Selon des sources internes à l’administration de Jakarta, le groupe français a menacé de saisir un tribunal arbitral privé, utilisant ces fameux mécanismes ISDS qui défraient la chronique dans le cadre du débat sur le projet d’accord commercial transatlantique.

L’Observatoire des multinationales avait consacré une longue enquête à l’histoire de la privatisation de l’eau à Jakarta. Conclu dans les dernières années de la dictature dans des conditions particulièrement opaques, c’était l’un des derniers survivants des grands contrats de privatisation de l’eau passés dans les années 1990 par les géants français de l’eau.

Après seize ans de gestion privée par Suez (sur une moitié de la capitale indonésienne, la plus importante en population), le taux de connexion au réseau d’eau n’avait pas augmenté significativement, l’eau distribuée était de mauvaise qualité, le prix de l’eau était le plus élevé d’Indonésie et de toutes les grandes villes d’Asie, et les autorités publiques de Jakarta accumulaient les dettes vis-à-vis de Suez, lequel continuait à engranger des bénéfices assurés, sans rapport avec la piètre qualité du service rendu.

En 2013, une coalition citoyenne a décidé de porter l’affaire devant la justice, en demandant l’annulation pure et simple du contrat de privatisation, au motif qu’il était contraire aux dispositions de la constitution indonésienne, qui garantit la nature publique des services essentiels. Les juges du tribunal central du district de Jakarta viennent aujourd’hui de leur donner raison et exigent qu’il soit immédiatement mis fin à la gestion privée. Le tribunal ordonne aussi que le service soit désormais géré en vue de concrétiser le droit humain à l’eau, tel que reconnu par les Nations Unies.

Sortie de Suez sans compensation ?

Les conséquences de ces poursuites juridiques avaient été suffisamment prises au sérieux pour que les autorités de Jakarta (à l’époque Joko Widodo, élu depuis président de l’Indonésie) engagent des négociations avec Suez pour obtenir leur départ à l’amiable. Ces négociations étaient en cours, et il était envisagé que l’opérateur public PAM Jaya rachète à Suez ses parts dans le service de l’eau de Jakarta, pour un coût estimé à 80 millions de dollars.

La décision du tribunal vient couper court à ces tractations. Théoriquement, Suez devrait maintenant quitter la capitale indonésienne sans aucune forme de compensation – ce que beaucoup de citoyens jakartais considèrent comme la solution la plus juste au vu des bénéfices accumulés par Suez au fil des années.

Selon l’entourage du gouverneur de Jakarta, l’entreprise française a néanmoins brandi la menace d’un recours à l’arbitrage international, en utilisant ces fameux « mécanismes de résolution des litiges entre États et investisseurs » (ISDS) qui font aujourd’hui polémique dans le cadre du débat sur le projet d’accord de commerce et d’investissement entre Europe et États-Unis. Ces tribunaux arbitraux privés sont accusés d’être biaisés en faveur des entreprises et de faire primer la logique de profit des multinationales sur l’intérêt public défendu par les gouvernements.

Suez est d’ailleurs déjà coutumière du recours à ces tribunaux commerciaux privés, puisque l’entreprise a engagé, notamment, plusieurs recours en arbitrage international contre l’Argentine suite à son départ forcé de Buenos Aires et de la province de Santa Fe.

Olivier Petitjean

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Petit mémo : L’AGCS, Accord Général sur le Commerce des Services est un accord signé lors de la création de  l’OMC (organisation mondiale du commerce) en 1994. Il vise à libéraliser progressivement tous les services des états membres : éducation, santé, culture, recherche…ainsi que l’énergie et l’environnement. Tous les aspects de nos vies sont mis à la vente. Les besoins de l’être humain et toutes formes d’activité humaines sont redéfinis comme des services commercialisables.

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