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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 07:50

Nouveautés de GRAIN | 11 janvier 2016

Vient de paraître :

«Hold-up sur le climat. Comment le système alimentaire est responsable du changement climatique et ce que nous pouvons faire»

Co-edition CETIM et GRAIN • Janvier 2016 • 259 pages

En 2012, GRAIN sortait Hold-up sur l'alimentation. Nous avons pensé qu'il était temps de publier une suite.

Ces 25 dernières années, GRAIN a travaillé avec les mouvements sociaux et les organisations de par le monde pour défendre les cultures et systèmes locaux alimentaires devant l'avancée de l'agriculture industrielle. Une partie de notre travail est consacrée à la recherche de preuves des effets pervers induits par le système agro-industriel – aggravation des situations de famine, destruction des moyens de subsistance des personnes vivant dans les milieux ruraux, perte de la biodiversité et des cultures, exploitation du travail et tout un éventail de calamités sanitaires – et à l'analyse des façons par lesquelles ce système s'étend, des lois sur les semences aux accords de libre- échange en passant par des accords fonciers secrets.

Mais une autre partie importante de notre travail consiste à relier les analyses sur le système alimentaire aux enjeux plus grands qui affectent la planète et à connecter les luttes des peuples dans le cadre du système alimentaire à celles qui prennent place dans d'autres domaines. Le changement climatique en est un exemple important.

Ces cinq dernières années, nous avons rassemblé les données disponibles pour montrer comment le système agro-industriel doit être tenu pour un des responsables majeurs du changement climatique et pourquoi la souveraineté alimentaire est essentielle à prendre en compte dans toute solution pérenne et juste. Il est plus que jamais temps pour les peuples d'agir par eux-mêmes, alors que les gouvernements, particulièrement ceux qui sont à la tête des pays qui ont le plus pollué, refusent de prendre leur responsabilité pour gérer ce problème. Changer le système alimentaire est certainement le meilleur endroit par où commencer.

Nous espérons que ce livre aidera les lecteurs à mieux comprendre les façons par lesquelles les transnationales cherchent à accroître leur contrôle sur le système alimentaire, pour que ce contrôle puisse être efficacement remis en cause. Nous espérons qu'il poussera les gens à agir et qu'il fournira aux lecteurs des informations et des analyses qu'ils pourront utiliser directement dans leur propre travail.

Tous les chapitres de ce livre ont été publiés séparément, la plupart d'entre eux ces trois dernières années. Ils figurent tous sur le site : www.grain.org. Le but essentiel de ce livre est de les rassembler en une seule publication, qui peut être utilisée comme référence, être distribuée là où l'accès à internet est limité et être passée de mains en mains. Des copies sont disponibles en anglais, français et bientôt en espagnol.

Vous pouvez commander le livre (10 euros) sur le site du CETIM

Les mouvements qui militent contre le changement climatique, tout comme pour la souveraineté alimentaire et des semences, doivent absolument lire ce livre. Il montre que l’agro-industrie est une des responsables majeures du changement climatique, et que la petite paysannerie peut constituer une solution importante à cela. Il nous alerte également des fausses solutions proposées par ceux qui sont à l’origine du problème – les Exxon de l’agriculture.
– Dr Vandana Shiva, auteure de Soil, Not Oil et Who really feeds the world

L’alimentation, la terre et les semences sont aussi importants à protéger pour la justice climatique que les systèmes solaires, les coopératives d’éoliennes ou les systèmes de transports publics contrôlés démocratiquement. Ce livre fait remonter les voix des autochtones et des paysans de par le monde, en expliquant en détail pour quelles raisons le combat pour stopper l’alimentation industrielle est de la même essence que la lutte pour une planète habitable et juste.
– Naomi Klein, auteure de Tout peut changer et La stratégie du choc

Ce livre est le fruit de la longue expérience de GRAIN sur le terrain. Il se base sur des preuves solides et des excellentes analyses. Le lien entre le climat et les activités agricoles est essentiel pour contribuer à trouver une solution et GRAIN n’hésite pas à dénoncer les responsabilités et à indiquer les différentes pistes pour agir.
– Dr François Houtart, Professeur, National Institute of Higher Studies (IAEN), Équateur

SOMMAIRE

1. L'alimentation et le changement climatique : le lien oublié
1.1 Comment le système alimentaire industriel contribue à la crise climatique
1.2 La souveraineté alimentaire : cinq étapes pour refroidir la planète
1.3 Les Exxon de l'agriculture
1.4 Comment les projets REDD+ fragilisent l'agriculture paysanne et les solutions réelles au changement climatique
1.5 Les accords commerciaux, l'agrobusiness et la crise climatique

2. Les affamés de terres
2.1 La solution au changement climatique passe par nos terres
2.2 Les belles histoires de l’agriculture familiale
2.3 Affamés de terres : les petits producteurs nourrissent le monde avec moins d'un quart de l’ensemble des terres agricoles
2.4 Ruée vers l’or bleu en Afrique : derrière chaque accaparement de terres, un accaparement de l’eau
2.5 Quand les lois privent les paysans de leurs terres : la réforme agraire à rebours de l’Asie
2.6 Les accapareurs de terres du couloir de Nacala
2.7 Le piège de l’investissement agricole socialement responsabletiques

3. La lutte pour les semences
3.1 Les lois semencières qui criminalisent les paysannes et les paysans
3.2 Les accords commerciaux criminalisent les semences de ferme
3.3 Les transgéniques : 20 ans à alimenter ou à leurrer la planète ?
3.4 Déclaration de Yvapuruvu – lois sur les semences: refusons la dépossession

4. Contrôler le système alimentaire
4.1 Les grandes entreprises remplacent les paysans dans le nouveau programme de sécurité alimentaire chinois
4.2 Il faut défendre le lait populaire en Inde
4.3 La grande braderie de la souveraineté alimentaire : en Asie, les supermarchés affaiblissent le contrôle des populations sur leur nourriture et leur agriculture
4.4 Comment la Fondation Gates dépense-t-elle son argent pour nourrir le monde ?
4.5 Planète huile de palme
4.6 Le libre-échange et l’épidémie de malbouffe au Mexique

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 09:09
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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 11:19

PRESENTATION BIOLOCAL 34

Renaud SUQUET, agriculteur depuis 30 ans, en bio depuis 15 ans, monte le collectif en 2013 suite aux déclarations du Professeur Sultan et au refus de la part des directions des cantines de l’Hérault d’acheter ses denrées alimentaires bio produites sur son exploitation. Il livre déjà 7 lycées et collèges de la région en petit épeautre bio, à des chefs de cuisine qui partagent les idées de Biolocal 34.

Le Professeur Sultan travaille au CHU de Montpellier, il est un spécialiste reconnu dans le domaine des perturbateurs endocriniens et neurotransmetteurs. Il déclare que la hausse constante des malformations à la naissance chez les garçons et les pubertés précoces chez les filles naissant dans l’Hérault est de 10 fois plus que la moyenne nationale. Selon ses conclusions, cette hausse de malformations post natales est due à des problèmes environnementaux.

En effet dans le plus grand vignoble au monde, les surfaces de la quasi-totalité du sud du département sont constituées de cultures largement traitées par des pesticides. L’eau des nappes n’est pas épargnée avec des quantités de résidus de désherbants notamment la simazine. Les résidus sont de plus en plus importants comme à Puisserguier et sur de nombreuses communes du département.
A ce jour aucune mesure n’est prise par les pouvoir publics pour enrayer ce grave de problème de santé dont le nombre de victimes ne cesse d’augmenter.

Nous avons décidé d’agir de manière professionnelle dans le domaine de l’alimentation pour les cantines afin de nourrir sans chimie les milliers d’enfants et adolescents, et de couvrir le département de surfaces agricoles cultivées en agriculture biologique.

Qui sommes nous :
Un collectif de citoyens apolitique qui œuvre pour une alimentation bio et locale dans les collectivités et plus particulièrement dans les cantines scolaires de l’Hérault.
Notre mission :
Faire accepter aux décideurs politique, Maires, Président du Conseiller Général de l’Hérault, Président du Conseil Régional, Direction du CHU de Montpellier, Direction du CROUS, une politique bio, locale, durable et pérenne a destination des institutions scolaires.
La loi appuie le biolocal dans les cantines !
En effet, selon la loi française, l’article 53 de 2011 approuve cette initiative. Nous sommes en droit de demander à nos élus d’instituer le bio local dans les cantines. Le simple bon sens comme l’expertise agro-écolo-économique et médicale nous y incitent.


PROJET BIOLOCAL 34 pour les cantines :

Objectif :
Augmentation planifiée des productions agricoles bio de l’Hérault et la Région (pour une sécurité de production face aux intempéries) afin de :

- Faire baisser la toxicité de l’air et de l’eau.
- Fournir des denrées sans produits chimiques à nos enfants.
- Favoriser l'économie locale et l'enrichissement de notre région (emploi)
- Optimiser notre bilan carbone.


Moyens :

Des « légumeries » : Préparation et conditionnement des denrées en amont des cantines
Ce projet comprend notamment la mise en place d'unités de préparation des produits frais que nous appelons « légumeries » qui conditionnent la production entre les champs et les cantines. En effet les cantines ne sont pas toujours structurées pour accueillir des produits frais.

La Recherche de terres en friche ou mise à disposition localement
Le Languedoc dispose de nombreuses terres inexploitées qui être mises en culture dans l’immédiat.
Le Contrôle et certification de la production en direct
Le contrôle et certification de la production locale livrée par BIOLOCAL 34
et contrôlée par :
-un représentant des agriculteurs,
-un représentant des parents d'élèves
-un représentant des autorités locales


Signez une pétition c’est la seule manière efficace d’interpeller nos élus et de faire bouger nos politiques locales.

Contact pour le collectif :
Renaud Suquet
renaud.bio@laposte.net

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 06:45

Huîtres normales diploïdes
Vous voulez manger des huîtres normales, diploïdes et éviter les huîtres triploïdes? Alors allez voir sur le site des ostréiculteurs traditionnels. Cliquez sur ce lien et vous aurez l'adresse des producteurs. Téléphonez-leur et vous saurez à qui ils [...]
Voir le message »

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 05:09

La génétique des moisissures, tout un fromage

Le Monde.fr | 24.09.2015

Chaque fromage est un monde en soi. Un écosystème, dans la transformation duquel intervient une cohorte de bactéries, de levures et de moisissures. Elles lui donneront sa texture, sa teinte, son odeur et son goût singuliers. Parmi ces transformateurs minuscules, domestiqués par l’homme, figurent les champignons filamenteux du genre Penicillium. Cousins de ceux dont on a tiré des antibiotiques de type pénicilline, ils confèrent par exemple au fromage son aspect blanc soyeux – c’est Penicillium camemberti qui effectue ce travail – ou sa couleur bleu-vert typique – c’est alors Penicillium roqueforti qui s’en charge.

Ces champignons sont au cœur d’une étude publiée jeudi 24 septembre dans la revue Current Biology. Elle met en lumière les fréquents transferts de gènes qui interviennent entre ces organismes et souligne les bénéfices qu’on pourrait en tirer, en même temps que les risques de contamination qui pourraient être liés à cette faculté inattendue.

« Nous étudions l’adaptation des organismes à leur milieu, indique Tatiana Giraud (unité écologie, systématique et évolution, CNRS université Paris-Sud-Orsay), qui a dirigé les travaux. Les champignons, avec leurs petits génomes, sont des organismes modèles très intéressants, et plus encore ceux qui ont été domestiqués pour faire du fromage, car ils ont subi une pression de sélection très forte. » L’idée était donc de comparer leur génome à celui de champignons proches, qui peuvent être des contaminants alimentaires « qu’on trouve régulièrement dans le réfrigérateur, comme ceux qui bleuissent les oranges par exemple », ou dans l’ensilage du fourrage destiné à l’alimentation animale, où ils peuvent produire des toxines.

Avantage sélectif

L’équipe a d’abord eu la surprise de constater que de nombreux transferts de gènes horizontaux étaient intervenus entre ces espèces. Le terme horizontal désigne un mécanisme de passage de matériel génétique d’une espèce à une autre – voire d’un règne à un autre – contrairement au transfert vertical qui va d’une cellule mère à une cellule fille. Presque 5 % du génome étaient concernés par ces transferts. Comment ceux-ci interviennent-ils ? « Chez ces champignons filamenteux pluricellulaires, on a constaté que des fusions de cellules d’individus ou d’espèces différentes pouvaient intervenir », indique Antoine Branca, l’un des signataires de l’article. Cette fusion végétative pourrait expliquer ces transferts.

L’étape suivante a consisté à explorer le rôle joué par les gènes ainsi transférés. Pour cinq d’entre eux, une fonction potentielle a pu être identifiée : dans la transformation du « caillé », la part du lait qui sert de matière première au fromage, ou encore dans l’exploitation du lactose, un sucre présent dans le lait. « Des données recueillies par une équipe canadienne sur l’expression des gènes de Penicillium camemberti au fil de la maturation du fromage montrent que certains de ces gènes transférés horizontalement interviennent tout au début de la transformation », souligne Antoine Branca. Les champignons qui en sont porteurs auraient donc un avantage dans la compétition entre micro-organismes, au début de la course, et le conserveraient.

« Gènes de domestication »

Pour tester l’avantage sélectif associé à ces « gènes de domestication », l’équipe française a fait pousser, sur plusieurs milieux nutritifs, différentes souches de P. roqueforti, dotées ou non de l’ADN transféré, face à des souches rivales. Le champignon porteur de deux régions génétiques particulières, baptisées Wallaby et CheesyTer, montrait une meilleure faculté à transformer le substrat sur lequel il poussait et remportait la compétition face à ses concurrents.

L’équipe, qui a mis au point une technique de reproduction sexuée de ces champignons, imagine qu’il serait possible d’effectuer des croisements contrôlés, afin d’obtenir chez les descendants des combinaisons susceptibles d’intéresser l’industrie agroalimentaire. Mais cette propension à s’adapter par transfert horizontal pourrait constituer un inconvénient « en cas de contamination de souches qui pourraient être une nuisance dans le processus de production », souligne Antoine Branca.

Contacts avec des industriels

Des contacts sont en cours avec des industriels, spécialisés dans la production de souches utilisées pour ensemencer divers types de fromages. Attachés à une image de respect des traditions et des terroirs, se laisseront-ils séduire par une approche qui les tirerait vers la modernité tapageuse de la biotechnologie?

L’équipe de Tatiana Giraud va désormais se tourner vers l’étude de la diversité génétique au sein de l’espèce P. roqueforti. P. camemberti est de ce point de vue bien moins riche, puisqu’on ne le trouve que dans les fromages. On pense que ce clone est issu d’une lignée unique obtenue à la fin du XIXe par une sélection de moisissures gris-bleutées utilisées à l’époque, P. biforme et P. fuscoglaucum.

P. roqueforti, sous ses multiples avatars, pourrait aider à reconstruire l’histoire de la domestication de ces champignons, et à résoudre son plus grand mystère : comment des moisissures qui s’épanouissaient dans un milieu végétal ont-elles été poussées à changer de régime alimentaire pour devenir de précieuses auxiliaires des éleveurs ?

  • Pôle Science et Médecine
  • En direct des laboratoires 25 septembre 2015 - Alerte presse Les champignons des fromages s’échangent des gènes pour mieux s’y développer

    Roquefort et camembert.
    © Tatiana Giraud.

    En comparant les génomes de 10 espèces de champignons Penicillium,parmi lesquels les fameux P. roqueforti et P. camemberti, une équipe française1 dirigée par des chercheurs du CNRS et de l’Université Paris-Sud a montré que ces microorganismes se sont échangé des portions conséquentes de leur génome au cours des dernières dizaines d’années. Or – les chercheurs l’ont vérifié expérimentalement – certains de ces gènes rendent les champignons capables de mieux se développer dans le fromage, et d’évincer leurs concurrents (dont les champignons responsables des moisissures sur la nourriture). En domestiquant ces champignons pour la fabrication de fromage, l’homme a donc involontairement et indirectement provoqué de nombreux échanges de gènes entre espèces pourtant éloignées génétiquement.


    Ces travaux devraient intéresser l’industrie agroalimentaire à plus d’un titre. D’une part, l’identification des gènes impliqués permettra aux fromagers de mieux sélectionner les souches de champignons. D’autre part, ces résultats indiquent que, s’ils coexistent dans le fromage avec des champignons domestiqués, les champignons néfastes peuvent assez facilement acquérir les gènes leur permettant de mieux s’y développer.

    1 Elle rassemble des chercheurs des laboratoires suivants :

  • Ecologie, systématique et évolution (ESE, CNRS/Université Paris-Sud/AgroParisTech)
  • Institut de systématique, évolution, biodiversité (CNRS/MNHN/UPMC/EPHE)
  • Laboratoire des interactions plantes micro-organismes (CNRS/Inra)
  • Institut de biologie intégrative de la cellule (CNRS/Université Paris-Sud/CEA)
  • Référence
    Adaptive Horizontal Gene Transfers between Multiple Cheese-Associated Fungi, Jeanne Ropars, Ricardo C. Rodríguez de la Vega, Manuela López-Villavicencio, Jérôme Gouzy, Erika Sallet, Émilie Dumas, Sandrine Lacoste, Robert Debuchy, Joëlle Dupont, Antoine Branca et Tatiana Giraud. Current Biology, 24 septembre 2015.
    http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2015.08.025

    Contacts chercheurs

    Tatiana GIRAUD, directrice de recherche CNRS, directrice adjointe du laboratoire ESE :
    T 01 69 15 56 69 – tatiana.giraud@u-psud.fr


    Antoine BRANCA, enseignant-chercheur (Université Paris-Sud) au laboratoire ESE :
    T 01 69 15 56 62 / 06 27 19 76 14 – antoine.branca@u-psud.fr

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 07:09


Mutagénèse : comment des plantes mutantes finissent dans nos assiettes

GEO.fr

Et un site à l'adresse de tous ceux qui "veulent produire leurs propres semences et contribuer à la sauvegarde de la biodiversité cultivée": seedfilm.org

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 07:36

L’Ecosse veut interdire les OGM et s’oppose à Londres

Lien permanent | |

Le gouvernement régional écossais a annoncé, le 9 août 2015, son intention d’interdire la culture de plantes génétiquement modifiées (PGM) sur son territoire. L’Ecosse entend utiliser la nouvelle possibilité offerte aux États-Membres par la législation européenne [1] d’interdire la culture d’OGM sur leur territoire.

Selon le communiqué de presse, « le gouvernement écossais présentera prochainement une demande pour que l’Écosse soit exclue de toutes les autorisations européennes pour la culture de plantes génétiquement modifiées, y compris la variété de maïs génétiquement modifié déjà approuvée et les six autres cultures génétiquement modifiées en attente d’autorisation » [2]. Interrogée par Inf’OGM, la responsable « média » de ce gouvernement, Catherine Brown, nous précise : « La politique de longue date du gouvernement écossais est de maintenir une approche de précaution vis-à-vis des OGM et donc la notification à la Commission de cette décision n’est qu’une formalité technique ».

Raison évoquée par le gouvernement : « l’Écosse est connue mondialement pour son merveilleux environnement naturel et interdire la culture des PGM protégera et renforcera notre image propre et verte » [3]. De plus, les autorités écossaises soulignent qu’il n’y a « aucune preuve d’une demande pour des produits GM par les consommateurs écossais » et qu’elles souhaitent préserver le secteur « alimentation et boisson », évalué à 20 millions d’euros, et qui bénéfice d’une réputation internationale pour ses produits naturels et de qualité, lui assurant des prix élevés.

La demande concernera donc d’ores et déjà le maïs MON810 et les différents dossiers en attente. Catherine Brown nous explique que la nouvelle réglementation « s’applique aux nouveaux dossiers pour la culture et non aux OGM qui ont déjà été autorisés ou qui sont en attente. Cependant, des dispositions transitoires ont été mises en place pour permettre aux États-membres et aux administrations décentralisées de demander que leur territoire soit exclu des autorisations enregistrées avant le 2 avril 2015. Pour utiliser ces dispositions, la demande doit être faite à la Commission européenne avant le 3 octobre 2015 », ce que le gouvernement écossais entend faire.

Le gouvernement écossais n’évoque pas dans son communiqué de presse si ce moratoire s’appliquera aux essais en champs. Interrogé par Inf’OGM, le porte parole du gouvernement écossais nous précise que « cette interdiction ne concernera pas la recherche telle qu’elle est actuellement menée en Ecosse, où l’utilisation confinée de plantes génétiquement modifiées est autorisée à des fins scientifiques, par exemple dans des laboratoires ou sous serre confinées. ». D’ailleurs, plusieurs instituts de recherche écossais, comme le James Hutton Institute ou le Rowett Institute of Nutrition and Health, sont déjà impliqués dans de telles recherches [4].

Le ministre de l’Agriculture écossais, M. Lochhead, membre du Parti National Écossais, a déclaré avoir informé le gouvernement britannique de son intention. Les PGM sont un des points de discorde entre ces deux instances, le gouvernement conservateur britannique soutenant, au contraire, le développement des biotechnologies agricoles.

Si cette décision a été bien accueillie par l’ensemble des associations environnementalistes, à l’instar des Amis de la Terre Écosse, le syndicat agricole majoritaire, National Farmer Union, a au contraire déclaré que cette interdiction était « naïve et prise sans un débat adéquat ».

[1] Inf'OGM, « UE : chaque État pourra-t-il vraiment interdire les OGM ? », Pauline VERRIERE, 25 février 2015

[2] http://news.scotland.gov.uk/News/GM-crop-ban-1bd2.aspx

[3] « further enhance our clean, green status »

[4] [Soulignons aussi que l’ancienne conseillère scientifique en chef du gouvernement écossais, Anne Glover, devenue ensuite Conseillère scientifique pour la Commission européenne, est connue pour ses positions pro-OGM. Le poste de conseiller scientifique du gouvernement écossais est actuellement vacant. Le recrutement organisé en mars 2015 n’a pas permis, nous précise-t-on, de nommer quelqu’un à ce poste.

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 05:11

Par Fabrice Nicolino

Les éleveurs de bidoche refusent de nommer le vrai responsable de cette énième crise. Car il s’agit de leur système : l’industrialisation de l’élevage et la mondialisation ont conduit droit au chaos. Et les vraies grandes victimes sont les bêtes. Avant ceux qui les mènent à l’abattoir. On a déjà vu la scène, mais cette fois c’est la grande peignée. L’éleveur de Charolais étripe le vigile d’Auchan avant d’étrangler le vétérinaire de l’abattoir. Ce que voyant, le charmant porcher industriel attaque à la grenade la sous-préfecture et chourave 28 tonnes d’hormones de croissance pour doper sa production. Sûr qu’il faudrait faire quelque chose pour ces ploucs qui triment au cul de leurs bêtes robotisées.

Premier point : ce système délirant est le leur. Celui de Le Foll et Hollande, celui de la FNSEA, ce syndicat qui assassine ses membres depuis soixante-dix ans, celui des éleveurs eux-mêmes. Au jeu de piste appelé mondialisation, il y aura toujours plus de perdants que de gagnants. On sait ainsi les causes vraies de la crise perpétuelle du cochon : dès qu’un marché nouveau apparaît, les porchers s’empressent de produire à tout-va de la merde rose. Tel a été le cas avec la Russie, la Chine et même l’Union Européenne après le grand désastre de la peste porcine aux Pays-Bas, en 1997. Et puis tout se referme pour la raison que Chinois, Russes ou Bataves ne sont pas manchots. Au bout de quelques années, ils produisent sur place ou consomment moins de charcutaille française.

Deuxième point : Cette grandiose folie a une histoire, qui s’appelle industrialisation. Imaginée dès l’après-guerre dans les laboratoires de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) par des zootechniciens fous d’Amérique, elle est réellement lancée sous de Gaulle, après 1958. En février 1965, visitant le grand Ouest, le ministre de l’Agriculture Edgar Pisani lâche : « La Bretagne doit devenir un immense atelier de production de lait et de viande. » Le triomphe sera total. L’animal devient une chose, soumise à sélection génétique, insémination artificielle, alimentation industrielle, abattage quasi automatisé. Le maïs fourrage s’étend, des ports comme Lorient se spécialisent peu à peu dans l’importation massive de soja. Un soja destiné aux animaux, qui ne tardera pas à être transgénique.

Troisième point : Il était imparablement logique, dans ces conditions, d’en arriver à des « fermes » de 1 000 vaches, en attendant 10 000. Rappelons que dans la Somme, près d’Abbeville, un industriel du BTP – Michel Ramery - a décidé de construire une usine à lait où les vaches sont parquées en attendant la lame du coutelas. Le plaisant de l’affaire, c’est que les éleveurs locaux, frères jumeaux de ceux qui hurlent aujourd’hui, n’ont strictement rien branlé. Pendant que la Confédération Paysanne prenait tous les risques sur le terrain, démontant une partie des bâtiments, la FNSEA gardait le silence. On ne dira jamais assez de mal de ce « syndicat » qui cogère les dossiers agricoles depuis soixante-dix ans. S’il ne devait y avoir qu’un responsable du merdier en cours, ce serait elle. Mais Hollande, qui croit pouvoir s’en servir, adore le monstre.

Quatrième point : la consommation de bidoche baisse inexorablement. Entre 1960 et 1980, elle a nettement augmenté dans un pays qui découvrait les Trente Glorieuses et l’hyperconsommation. Et puis moins jusqu’en 1992. Depuis cette date, c’est la cata. On boulotte environ 89 kg de viande par an et par habitant, contre 100 kg il y a vingt-cinq ans. Bien que les explications soient complexes, il faudrait être niais pour oublier le veau aux hormones, la vache folle, le poulet à la dioxine ou la grippe porcine. Cela tombe bien car le modèle est condamné. D’abord, parce qu’il occupe des surfaces géantes au détriment des céréales, seules capables de nourrir 10 milliards d’humains. Ensuite, parce que l’élevage est responsable de près de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Lutter contre le dérèglement climatique, c’est lutter contre l’élevage industriel.

Cinquième point : où sont passés les animaux ? Dans cette histoire, nul ne pense aux millions de porcs, poulets, pintades, oies, canards, bovins encabanés et piquousés de partout. Resplendissants dans les panthéons de l’Antiquité, ils ne sont plus que des ombres dans cet immense pandémonium où grouillent les tueurs. En 2007, 1 046 562 000 animaux ont été butés dans des abattoirs français estampillés. Depuis, le chiffre ne bouge guère. Leur vie, c’est la mort.

Fabrice Nicolino

Charlie Hebdo N° 1201 du 29 juillet 2015

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 10:12


Périco Légasse : «La grande distribution est devenue un fléau national»

INTERVIEW - FIGAROVOX/ENTRETIEN - Alors que se poursuivent les manifestations d'éleveurs protestant contre les trop faibles prix de la viande qui ne leur permettent pas de couvrir leurs coûts de production, Périco Légasse analyse les raisons pour lesquelles le secteur agricole est en crise.

Périco Légasse est rédacteur en chef de la rubrique vin et gastronomie à l'hebdomadaire Marianne.

LE FIGARO. - Quelle est la responsabilité de la grande distribution dans la dégradation de la condition des éleveurs?

Périco LEGASSE. - Si ce n'était que ça. Autant demander à l'insecte quelle est la responsabilité de l'araignée sur la toile dans laquelle il vient de se prendre. Il suffit d'aller faire un tour au rayon boucherie des grandes surfaces et de pointer l'origine des étiquettes, la part des produits en provenance de l'étranger ne cesse de croître, payés à des tarifs avec lesquels l'élevage français ne peut entrer en compétition. Quant à la viande française, issue du plus bas de la gamme, elle est payée à des tarifs si bas que les éleveurs vendent à perte. Certes, les premiers interlocuteurs sont les abattoirs, mais, loin d'être des saints, ces derniers sont tenus par une course à la compétitivité par la grande distribution. Comment un éleveur peut-il accepter de vendre sa viande 3,98€ et de la retrouver à 14,50€ sur les étals des grandes surfaces? Qui se goinfre au passage? Quand on est au bord du gouffre, on a le droit de s'en exaspérer.

Comment expliquer le dysfonctionnement croissant du système agro-alimentaire?

C'est un réel problème de civilisation et chaque jour qui passe nous fait toucher le fond de ce système satanique qui consiste à surproduire pour surconsommer en comprimant au maximum les prix de production pour augmenter la marge du distributeur. Ecraser le fournisseur, qu'il soit agriculteur ou industriel, pour conforter les bénéfices d'enseignes qui croulent sous les profits alors que certains producteurs sont en train de crever. Tout cela n'a rien de nouveau et les signaux d'alarme sont actionnés sans relâche depuis des années dans l'indifférence totale des pouvoirs publics. Mais la puissance financière de la grande distribution et sa collusion avec la classe politique conduisent au massacre économique et social que l'on constate quotidiennement. Nos gouvernants, de «droite» comme de «gauche» - tout cela ne veut plus rien dire - ont tellement peur d'aller dans le sens contraire de l'histoire, entendez celui des marchés financiers, en réglementant les pratiques commerciales abusives et déloyales, que la grande distribution dicte leur conduite aux pouvoirs publics. Des pratiques avec lesquelles ont leurre le peuple en lui faisant croire que Leclerc, Auchan, Carrefour ou Intermarché se battent pour qu'il puisse toujours payer moins cher, et qui aboutissent, en fait, à la ruine de nos agriculteurs et à la destruction d'emplois éradiqués par les importations concurrentes. Sans parler des méfaits sociologiques d'un consumérisme à outrance qui installe la malbouffe industrielle dans les mœurs alimentaires. Ni des conditions sociales dans lesquelles travaillent des caissières peu a peu remplacées par les caisses automatiques. Alors que ce fut au départ une idée formidable, la grande distribution est devenue un fléau national en pleine expansion. La vérité est que nos éleveurs gênent, car ce système économique est périmé aux yeux du pouvoir, mais ils ont mauvais caractère quand on les mène à l'abattoir, et surtout des gros tracteurs qui barrent les ponts, alors il faut bien leur donner un peu de foin pour qu'ils n'en fassent plus.

Que penser de l'appel solennel que François Hollande a lancé aux acteurs de la grande distribution?

Je pense que François Hollande a un sens de l'humour débordant. C'est lui qui a nommé à Bercy l'ancien rapporteur du projet Attali prescrivant l'installation des enseignes de la grande distribution dans les «cœurs de ville», cause de la disparition rapide de ce qui restait du petit commerce de proximité. Il est donc solidaire de ce système. Monsieur Macron est le génie du libéral-socialisme qui va transformer la France en supermarché. Et maintenant on leur dit: «Eh les mecs, faut pas trop écraser la gueule des paysans, sans ça ils font des barrages sur les routes». En fait, la grande distribution fascine M. Hollande, comme tous les phénomènes auxquels on peut ajouter le concept «pour tous». Là c'est la «malbouffe pour tous». Vraiment, nous avons un président de la République im-pay-able!

On parle peu des négociations autour du Traité de libre-échange transatlantique (TAFTA) entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Que pensez-vous de sa mise en place? Quel effet produira-t-il sur les agriculteurs français et la qualité de leur production?

Oh vous savez, on se couche bien devant les Allemands (dont nous avons adopté la monnaie déguisée en euro, celle qui nous a rendu si riches, si puissants, si compétitifs et si croissants) depuis le Traité de Maastricht, et nous les soutenons quant il s'agit de châtier le peuple grec d'avoir tenté de refuser le diktat germanique demandé par celui-là même qui avait certifié que les comptes de la Grèce autorisaient son entrée dans l'euro, l'ancien chargé d'affaires de Goldman Sachs en Europe… un certain Mario Draghi, aujourd'hui président de la BCE. Alors pourquoi ne pas se coucher aussi devant les injonctions américaines à renoncer à tout ce qui nous protège d'un libéralisme brutal et débridé? Le libéral-socialisme c'est aussi tendre la main au grand frère d'outre-Atlantique qui veut nous aider à résister aux méchants Asiatiques. Un conte de fées qui n'engage que ceux qui y croient. La preuve, quand ils espionnent nos dirigeants, on s'excuse presque de leur demander pardon. Si ce fameux TAFTA est signé tel que José Manuel Barroso et Jean-Claude Juncker l'ont conçu, ce sera tout simplement la fin des spécificités qui régissent la vie économique française depuis la Deuxième guerre mondiale et surtout la fin des normes qui permettent à l'agriculture française de se distinguer par la mise en valeur de son patrimoine qualitatif et par la préservation de ses origines. Mais tout ça, c'est ringard. La modernité c'est de supprimer une ligne SNCF électrifiée pour la remplacer par des autobus à mazout sur des routes saturées.

Quelle est l'influence de la convention européenne des travailleurs détachés sur le secteur agricole? [Pour mémoire, le nombre de travailleurs détachés dans l'agriculture a grimpé de plus de 1000%entre 2004 et 2011, atteignant environ 40 000 personnes.]

C'est très simple, elle a permis à la première puissance industrielle européenne, l'Allemagne, de devenir aussi la première puissance agricole. Ainsi les éleveurs de porcs bretons auxquels on a expliqué, avec la complicité de la FNSEA, ce grand syndicat qui cogère l'agriculture française avec le ministère depuis 1964, que le productivisme à outrance, dans la qualité de viande la plus infâme, leur garantirait la suprématie sur ce marché, se sont retrouvés au tapis, lessivés, ruinés. Pourquoi? Parce que l'Allemagne, pas à un scrupule près, embauche, à des salaires proches de l'esclavage, de la main d'œuvre des anciens pays de l'Est grâce à cette convention et qu'elle peut ainsi proposer du porc 15 à 20% moins cher que le moins cher des porcs armoricains. Ainsi les grandes surfaces de Quimper, Saint-Brieuc, Brest et Rennes peuvent-elles proposer du cochon allemand à un prix qui condamne à mort la filière bretonne. Les consommateurs des Côtes-d'Armor financent leur propre déclin en mangeant du cochon d'outre-Rhin. Tout cela sous le regard hébété de nos élites, de nos princes, de nos banquiers, qui se disent que, quand même, il y a quelque chose qui flanche dans leur montage européen mais qu'il faut continuer comme ça, car il est interdit de remettre en cause l'hégémonie de Berlin. En l'occurrence l'agression n'est ni mongole, ni moldave, ni bolivienne, mais signée par notre principal partenaire, notre rempart, notre gouvernante en matière de bonne éducation européenne: l'Allemagne.

La production agricole et les exportations agroalimentaires allemandes dépassent celles de la France depuis 2007. Plus compétitive, l'Allemagne domine dans le secteur du porc, du bœuf, de la volaille, des œufs, du lait et même des fraises. L'Espagne a pour ambition de devenir le leader dans la production de porcs en Europe. La concurrence se fait surtout sentir au sein même de l'UE… Les salaires des agriculteurs en France devront-il s'aligner à la baisse sur ceux de nos voisins?

Les salaires agricoles français sont déjà au plus bas, nous en savons quelque chose, et ne permettent plus aux exploitations de vivre de leur travail. Car en plus le paysan français, ce fainéant qui tire au flanc et passe sa journée à gémir, c'est bien connu, est assisté par les subsides versés par le contribuable allemand, via la PAC. Le paysan français, cela est dit et répété depuis des jours sur tous les médias audibles de ce pays, veut vivre de son travail. Il ne demande ni l'aumône, ni un poumon artificiel, mais que le lait et la viande qu'il produit en trimant et en respectant des règles drastiques de production lui donne de quoi vivre. Quel scandale! Et là, on lui explique que s'il ne s'aligne pas sur le néo-esclavagisme né des traités européens et appliqué par des institutions non élues, il n'a plus qu'à mourir. Produire de la saloperie ne suffit pas, il faut aussi vivre dans la misère. C'est ça la concurrence libre et non faussée du rêve européen?


Depuis dix ans, à l'exception des caprins, l'évolution des cheptels français est à la baisse. Comment l'expliquer?

Normal. Tout est fait pour éradiquer l'élevage français. La filiérisation de l'agriculture est une aberration. Races à viande, races à lait. C'est stupide. La solution est dans la mixité, comme cela a toujours été le cas du temps où l'agriculture française était la plus performante du monde. Une vache donne naturellement du lait pour nourrir son veau, un lait que l'on transforme en beurre, en yaourt, en fromages, etc. Quand la vache a fini sa «carrière» de laitière, qu'elle est «tarie», pour utiliser l'expression consacrée, il suffit de la mettre à l'herbe durant quelques mois pour obtenir une viande de très grande qualité. Pour cela il faut remettre des millions d'hectares de pâturages en valeur. Or aujourd'hui une viande bovine bouchère est obtenue en nourrissant la bête avec des céréales très coûteuses, du maïs qui nécessite un arrosage calamiteux pour nos réserves d'eau, ou au tourteau de soja OGM importé en masse d'Amérique du Sud. Tout ce qui va dans le sens contraire de la logique et du bon sens. Résultat: l'élevage français est dans l'impasse pendant que nos concurrents européens, Irlande, Grande-Bretagne, Allemagne et Espagne déversent sur le marché des millions de tonnes de viandes meilleures et moins chères car eux ont conservé la pratique du pâturage. Quant à l'élevage laitier, il est concurrencé par des laits industriels infâmes importés souvent de très loin et vendus en brique UHT. Allez chercher un litre de lait frais dans une supérette de village, en pleine région laitière, on vous regarde avec des yeux ronds comme si vous débarquiez d'Uranus. La publicité a lavé les cerveaux et la grande distribution finit le travail en gavant le consommateur de produits sans âme et sans saveur. Et le consommateur joue les moutons de Panurge, par paresse, facilité, ignorance et conformisme. Sublime paradoxe, la patron de la FNSEA, premier syndicat agricole, Xavier Beulin, qui discute avec le ministre, est président de la multinationale Sofiprotéol, propriétaire de plusieurs marques agro-alimentaires, dont l'une des filiales à 100%, la société Farmor (Glon-Sanders), à Guingamp, importe des centaines de milliers de tonnes de poulets industriels brésiliens produits dans des conditions ignobles. D'une main j'envoie mes éleveurs de volailles faire des actions commandos, d'une autre j'importe en masse ce qui les conduit à la ruine. Tout un symbole des aberrations de notre époque. Une question historique se pose alors, qu'est-ce que ce monsieur fait à la table des négociations? Stéphane Le Foll est un grand ministre de l'Agriculture, dommage qu'il n'ait pas le pouvoir de faire ce qu'il sait devoir faire.

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 04:21

Le «mirage agricole» allemand, ou la trajectoire d’une ivresse industrielle


La lutte contre l’agro-industrie passe par la préservation de l’art de vivre à la française, au moment de passer à table.
En
regardant l’assiette de nos voisins allemands à l’heure ou on nous
abreuve de «miracle économique», force est de constater que le contenu
laisse à désirer. Préserver un héritage culturel, un art culinaire,
c’est s’opposer à une nourriture standardisée, aseptisée et revendiquer
un droit à une alimentation de qualité. L’abondance des saucisses
industrielles au moment du déjeuner interpelle quant aux vertus du
«mirage agricole» d’Outre-Rhin. Le modèle économique allemand des
néo-libéraux est loin d'être aussi couronné de succès que ses
propagandistes veulent nous le faire croire.

La crise de l'élevage européen et la suroffre laitière allemande au sein du marché
international interroge le fameux «modèle» allemand qui, depuis la
révolution verte, s’est illustré par une «chimisation» massive et
l'industrialisation forcée de l’agriculture. La concentration des
exploitations a été plus importante dans l'élevage, qui est devenu de
plus en plus intensif notamment dans l'aviculture, l’élevage porcin et
laitier. L’excellente productivité de ses entreprises chimiques
accompagne l'agriculture chimique (Bayer, BASF et Hoechst),
aujourd'hui fabricants de médicaments et d’OGM, par recyclage de
production d’armes chimiques datant de la 1ère guerre mondiale.
L’Allemagne est aujourd’hui le 2ème plus gros exportateur mondial de
pesticides, les grands groupes de l'agroalimentaire Haribo, Herta,
Bahlsen sont flamboyants à l’exportation par pression sur les salaires,
souvent au mépris des conditions de travail (emplois détachés). Les
fermes industrielles devenues des références pour les investisseurs
français fleurissent sur tout le territoire avec des arguments
énergétiques fallacieux (méthaniseurs, installations photovoltaïques
très gourmands en aides PAC). Ces complexes économiques
concentrationnaires sont des usines à «minerai» au sein desquelles les
salariés sont des vulgaires outils de production, au mépris du bien être
animal.

Les dégâts irréversibles de l’agriculture chimique

L'agriculture conventionnelle provoque d'énormes dégâts environnementaux en
Allemagne. L'agriculture est le second secteur qui émet le plus de gaz à
effet de serre juste après l'industrie. La baisse de qualité de l'eau
dans les années 1980 a été principalement causée par l'élevage de
cochons et de volaille dans des zones déjà saturées dans l'agriculture
intensive. Celle-ci nécessite une utilisation croissante d'engrais
chimiques et un nombre toujours plus grand de têtes de bétails présents
dans des zones plus petites. Divers scandales sanitaires Outre-Rhin ont
émaillé l’actualité dont en 2010, avec des œufs contaminés découverts
dans 4 500 fermes d'Allemagne (les poules ont été nourries avec des
graisses frelatées destinées à l'industrie), et au printemps 2011,
l’épidémie mortelle provoquée par la bactérie Escherichia Coli (une
trentaine de morts). L’Allemagne est en tête en Europe pour la pollution
de l'air et la production de déchets ; elle empêche, sur ordre de
l'industrie automobile, des niveaux d'émission de gaz d'échappement plus
bas et, sur ordre de l'industrie chimique, des directives écologiques
au niveau européen avec des conséquences tragiques sur la biodiversité,
la qualité des sols et en particulier la microfaune. La fièvre des
exportations et de transport de marchandises réactive la consommation de
charbon et production de « grosses cylindrées ».

Pionnier en matière de "hard-discount" (dans les années 40), l'Allemagne est un gros
consommateur d'alimentaire à bas prix et détient des records d’obésité.
Ce segment de distribution représente plus de 40% du marché de
l'alimentaire Outre-Rhin (Lidl, Aldi, Netto) contre 14 % en France. Dans
ces conditions, conquérir les marchés grecs pour éponger la dette est
devenu un jeu dangereux et cynique qui discrédite l’Eurogroupe marqué
par son arrogance à l’égard de la souveraineté des peuples.

La face cachée de l’art de vivre à l’allemande nous donne des gages pour
refuser culturellement les dérives productivistes et revendiquer un
«droit à une alimentation saine de qualité».
La réforme de nos modes de développement et nos pratiques de consommation est en jeu, appelée
par l’urgence climatique avec en perspective en décembre à Paris, la
conférence mondiale sur le climat (COP 21) qui laisse espérer de faibles
mesures. Lier transformation sociale et réponse au basculement
climatique est au cœur des enjeux syndicaux et sociétaux.
La nouvelle loi sur la transition énergétique prévoit de relever la taxe carbone
française, elle doit intégrer les coûts sociaux et environnementaux de
l’agro-alimentaire. Elle doit choisir une autre orientation à la
politique agricole par la restauration de la souveraineté alimentaire,
la valorisation des systèmes alimentaires relocalisés et la production
artisanale et labellisée. La compétition, facteur de dumping social et
environnemental pourrait s’accélérer avec les accords de libre-échange
transatlantiques (TAFTA) qui signeraient le coup de grâce pour de
nombreux éleveurs.

-William Élie-

CP Journées d'été des AmiEs de la Confédération paysanne

Communiqué de presse du 19 juillet 2015 ( à faire circuler )
http://lesamisdelaconf.org/

Les Ami(e)s de la Confédération paysanne cultivent la résistance et sèment des alternatives à l’agro-industrie


Réunis à Peyrelevade sur le plateau de Millevaches (16-19 juillet) une
centaine d’Ami-E-s de la Conf’ se sont retrouvés pour leurs Journées
d’été. Face à la standardisation de l’alimentation, à
l’industrialisation de l’agriculture et à la disparition accélérée des
paysans par l’ouverture des marchés (dérégulés), les Ami-E-s de la
Confédération paysanne ont réaffirmé leur volonté d’avoir des éleveurs
nombreux pour faire vivre les territoires et valoriser la production
locale. Dans le contexte particulièrement sensible de la crise de
l’élevage, ils ont débattu de la construction d’alternatives à la
financiarisation d’un monde niant les travailleurs et la démocratie. Il
s’agit de protéger la production de qualité (paysanne/fermière) du
laminage de la grande distribution par des prix rémunérateurs pour
celles et ceux qui nous nourrissent et privilégier une agriculture
nourricière à taille humaine qui dessine un avenir pour nos campagnes et
notre société dans des territoires vivants.

Les territoires ne peuvent être vivants et dynamiques que s’il existe tous les services
publics de proximité nécessaires et une politique pour l’égalité des
territoires. C’est dans ce cadre de préservation du Bien Commun que
pourront se développer des solidarités à multiples visages :
paysans-ouvriers-« consomm’acteurs »-citoyens de tous horizons.
Cet objectif sera conduit en cohérence avec les actions de convergence et
les luttes à mener dont la protection des terres agricoles et l’accès au
foncier qui n’ont de cesse d’être toujours plus criminalisées par les
pouvoirs en place. Les Ami-E-s de la Confédération paysanne jugent
indispensable de s’opposer aux lois liberticides présentes et à venir
sur le renseignement au niveau français, sur le secret des affaires au
niveau européen, ainsi qu’aux accords de libre-échange qui auraient
comme conséquence l’acceptation d’un modèle économique énergivore et
destructeur d’emploi, des ressources et de la biodiversité.

Ces journées ont permis de constater que partout, en France et dans le
monde, de plus en plus de citoyens et d’organisations prennent des
initiatives et créent des alternatives concrètes face à la
financiarisation de l’économie, à la peur et au fatalisme entretenus par
les dirigeants de cette mondialisation néo-libérale.

Communiqué à Peyrelevade (Corrèze), le 19 juillet 2015

<contact@lesamisdelaconf.org>

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