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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 09:13

cyber action N° 728 :Non aux mouches transgéniques !

En 2013 déjà avec Les Amis de la terre espagnols nous avions lancé une cyberaction contre les mouches transgéniques et nous avions gagné. Deux ans plus tard la même société revient à la charge : c'est dans un terrain de 1000 m2 et recouvert d'un filet que la société Oxitec prévoit de lâcher ses mouches génétiquement modifiées. L'essai doit durer un an.

http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/mouches-transgeniques-996.html

http://www.aboneobio.com/blog/post/2015/07/30/Menace-sur-lhuile-dolive-bio-%3A-des-mouches-OGM-liberees-en-Europe

Menace sur l’huile d’olive bio : des mouches OGM libérées en Europe?

Par Equipe aboneobio le jeudi 30 juillet 2015 - Planète

lors que la bactérie Xylella fastidiosa, qui tue à petit feu les oliveraies de la région des Pouilles, vient d’être retrouvée en Corse, une nouvelle méthode de lutte contre les ravageurs pourrait bien menacer la biodiversité de ces écosystèmes fragiles Depuis quelques années, la mouche de l’olive qui pond ses larves dans les olives, et ravage de ce fait les récoltes, est de plus en plus active : les techniques agricoles permettant - normalement - un meilleur rendement (comme les insecticides) ont également décimés les populations de prédateurs naturels de la mouche de l’olivier!

La société Oxitec,affiliée au leader phytosanitaire Syngenta, propose de libérer dans les oliveraies espagnoles des mouches de l’olive génétiquement modifiées, afin de rendre les femelles stériles et contrôler les populations. Oxitec prévoit de lâcher jusqu'à 5000 de ces mouches par semaine près de Tarragone. L'essai sur le terrain devrait durer un an, de juillet 2015 à 2016 et couvrira une zone sous filet de 1 000m². Toutefois, si les mouches s'échappent , elles pourront se propager sans aucun contrôle...

Une menace pour l’environnement?

Pour Juliette Leroux de la FNAB, si cela venait à arriver, “ce serait une première en Europe. La dissémination d’insectes génétiquement modifié a déjà été organisée à New York et au Brésil, mais les données de leur impact sont difficilement accessibles.

Le but précis de ces mouches “OGM” est de limiter les populations de mouche de l’olive : soit une action directe sur la biodiversité, avec toutes les différentes conséquences potentielles et les effets secondaires sur l'équilibre délicat des écosystèmes locaux, l'environnement et l'alimentation. Les mouches OGM d'Oxitec sont manipulées avec de l'ADN synthétique, un mélange d'organismes maritimes, de bactéries, de virus et d'autres insectes. Bien qu'Oxitec prétende que leurs souches étaient stables en laboratoire, personne ne peut prédire la stabilité génétique ou le comportement écologique de ces insectes une fois libérés.

"Libérer des insectes génétiquement modifiés dans l'environnement est une expérience dangereuse qui aura pour effet de transformer l'ensemble de l'Europe en un laboratoire en plein air. Les insectes ne respectent pas les frontières et aucune stérilité n'est efficace à 100%. Les mouches pourraient échapper à la zone de test et si, comme avec de nombreuses expériences, les choses ne se déroulent pas comme prévu, il sera impossible de l'arrêter. Tout contrôle ou retrait des insectes génétiquement modifiés serait impossible, encore plus que pour les cultures transgéniques", explique le Dr Janet Cotter de l'Unité internationale scientifique de Greenpeace.

Pénurie d’huile d’olive bio?

Actuellement, les mouches de l'olivier sont contrôlées avec des insecticides chimiques, qui perdent cependant en efficacité, ou en utilisant des moyens biologiques tels que des pièges à insectes, des techniques spécifique d'élagage et d'irrigation ou des insectes rendus stériles par irradiation. Pour la quinzaine d'organismes européens dénonçant la pratique proposée par Oxitec, dont la FNAB en France, les impacts socio-économiques négatifs des essais sur le terrain pourraient être immenses. Par exemple, les agriculteurs biologiques pourraient ne pas être en mesure d'éviter que leurs produits entrent en contact avec ces mouches,donc que leurs produits contiennent des larves modifiées et que les certifications “bio” leur soient retirées. Des marchés pourraient être perdus en conséquence - et dans un scénario extrême - l'ensemble de la récolte bio dans la région méditerranéenne pourraient être touchée si les consommateurs rejettent ces produits.

Juliette Leroux tempère “il existe des solutions écologiques pour lutter contre la mouche de l’olive. Les produits naturels sont certes plus lents et moins efficaces, mais d’autres techniques sont tout à fait adaptées comme l’élagage des arbres, la modification des dates de récoltes ou simplement de revoir à la baisse les rendements. Malheureusement, cela nécessite de produire différemment, en remettant en cause l’idéologie du rendement”. Des propos qui ne s’appliquent pas qu’aux oliveraies et qui résonnent singulièrement alors que la France est en pleine crise agricole.

La libération dissémination est prévue pour juillet 2015. La récente demande d'Oxitec a été déposée en mars 2015 mais n’est apparue dans le registre public de l'UE que la semaine dernière. Pour rappel, en 2013, une première tentative de mener des essais sur le terrain en Espagne a été interrompue après de vives protestations publiques.

Sur le même sujet, lire aussi : http://www.infogm.org/spip.php?article5833

Et:

Le lâcher de mouches OGM sur la Catalogne aura-t-il lieu ?

http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/20150728.OBS3308/les-mouches-ogm-seront-elles-lachees-sur-la-catalogne.html

Par Olivier Lascar

Voir tous ses articles

Publié le 28-07-2015 à 17h45Mis à jour le 29-07-2015 à 09h36

Ces insectes pourraient être "expérimentés" près de la ville de Tarragone. De nombreuses organisations environnementales demandent l'annulation de cet essai de la société britannique Oxitec.

Une mouche de l'olive en train de pondre dans une olive. © FNAB

AUTORISATION. Les mailles seront-elles suffisamment resserrées ? C'est dans un terrain de 1000 m2 et recouvert d'un filet que la société Oxitec prévoit de lâcher ses mouches génétiquement modifiées. L'essai doit durer un an. Le but de l'opération ? Que ces insectes OGM s'accouplent avec les mouches de l'olive "originales" (Bactrocera oleae). Les larves qui naîtront de ces accouplements seront alors condamnées à mourir prématurément. Bref, une façon de frapper dur ce parasite des oliveraies, lequel est généralement combattu par des agents chimiques, "une technique qui a conduit au développement d'une résistance aux insecticides" selon un communiqué d'Oxitec. L'argument ne convainc pas 18 organisations environnementales, qui sont vent debout contre le projet censé être mené près de la ville de Tarragone. Elles demandent l'interdiction de cette expérimentation qui est censée commencer mi-août 2015. "Le gouvernement régional de la Catalogne nous a confirmé avoir reçu la demande d'Oxitec", explique à Sciences et Avenir Juliette Leroux, de la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB), l'une des organisations sont réunies derrière la demande d'annulation du test. "Mais à ce jour (28 juillet 2015, ndlr) ils n'ont pas donné leur autorisation". Et sans elle, rien ne peut se faire - les Catalans ont d'ailleurs déjà dit "non" à Oxitec en 2013 pour la même demande.

Pourquoi pareille bronca ? Parce que, selon Greenpeace, libérer des insectes génétiquement modifiés dans l'environnement est une expérience "dangereuse", qui aura pour effet de transformer l'ensemble de l'Europe en un laboratoire en plein air (il n'y a pas de législation européenne pour la dissémination des insectes OGM). "Les insectes ne respectent pas les frontières et aucune stérilité n'est efficace à 100%. Les mouches pourraient échapper à la zone de test et si, comme avec de nombreuses expériences, les choses ne se déroulent pas comme prévu, il sera impossible de l'arrêter. Tout contrôle ou retrait des insectes génétiquement modifiés serait impossible, encore plus que pour les cultures transgéniques", explique le Dr Janet Cotter de l'Unité internationale scientifique de Greenpeace. Autre sujet d'inquiétude : les conséquences économiques d'une telle opération. "Les agriculteurs bio pourraient ne pas être en mesure d'éviter que leurs produits entrent en contact avec ces mouches, et donc que leurs produits contiennent des larves modifiées" écrivent les organisations environnementales dans un communiqué de presse commun. "Des marchés pourraient être perdus en conséquence - et dans un scénario extrême, l'ensemble de la récolte bio dans la région méditerranéenne pourrait être touché si les consommateurs rejettent ces produits". Le battement d'ailes de la mouche OGM provoquera-t-il une tempête méditerranéenne ?

sur le même sujet, lire aussi : http://www.infogm.org/spip.php?article5833

Mise en liberté de mouches génétiquement modifiées en Espagne

Par Sciences Citoyennes - Action collective
lundi 27 juillet 2015

Des essais à grande échelle mettent en risque la biodiversité et la production d’olives dans la région méditerranéenne.

La société britannique Oxitec prévoit la libération de mouches de l’olive génétiquement modifiés, en Catalogne (Espagne). Ces insectes sont modifiés de façon à ce que les descendantes femelles meurent (à l’état larvaire, dans les olives), tandis que les générations mâles survivent. L’objectif de la société Oxitex est de libérer jusqu’à 5000 mouches par semaine, dans une région proche de Tarragone, sur une zone expérimentale d’environ 1000m2. Face aux risques de modification de la biodiversité et de dissémination, y compris dans des productions d’agriculture biologique, des organisations, dont la Fondation Sciences Citoyennes, demandent l’interdiction de toute libération de ces espèces.

Une information plus complète est disponible en anglais ci-dessous :

UK company plans to release genetically engineered flies in Spain

Trial puts biodiversity and olive production in the Mediterranean region at risk

27 July 2015 / The UK company Oxitec is planning to release genetically engineered olive flies into the environment in Spain (Catalonia). The insects are genetically manipulated in such a way that female descendants will die as larvae feeding inside the olives, while the next generations of male flies will survive. Oxitec plans to release up to 5000 of these flies per week in Spain, near the town of Tarragona. The field trial expected to last for one year will cover a netted area of 1000m2. However, if the flies escape they can spread without any control. Olive flies are regarded as a species that spreads rapidly in a suitable habitat. Over time their offspring might be distributed throughout the Mediterranean region and all the locations where native populations occur. A broad coalition of mostly representative organisations from Mediterranean countries such France, Greece, Italy, Portugal and Spain are demanding that any release of these flies should be banned completely.

The intention of Oxitec is that the male transgenic flies will mate with the female native flies, and thereby introduce their artificial genes into the native population. As a result, it is thought that the population of native olive flies will decrease and eliminate economic damage to olive production. If the technology goes ahead as planned by Oxitec, it could, after a long period of time, lead to a reduction of the fly species population in the areas affected. Biodiversity could be severely disrupted, with all the various potential consequences and side-effects for the sensitive balance of the ecosystem, the environment and food production systems. Additionally, there is a high likelihood that the artificial genes will end up being permanently present in the native populations. The Oxitec flies are manipulated with synthetic DNA, which is a mix of maritime organisms, bacteria, viruses and other insects. While Oxitec claims their strains were genetically stable in the laboratory, nobody can predict genetic stability or the ecological behaviour of these insects once released.

« Releasing genetically engineered insects into the environment is a dangerous experiment that will effectively turn the whole of Europe into an open air laboratory. Insects do not respect boundaries and no sterility is 100% effective. They could escape the test area and if, as with many experiments, things do not go according to plan, it will be impossible to shut the experiment down. And any control or withdrawal of the genetically engineered insects would be impossible, even more so than GE crops. » says Dr Janet Cotter of the Greenpeace International Science Unit

Margarida Silva, from Portuguese GM-Free Coalition says: « We must not tolerate irresponsible experiments that will inevitably translate into accidental releases of genetically engineered animals into the environment. With the planetary support systems already under stress, any further irreversible damage is unacceptable. In addition, no consumer is interested in eating olives stuffed with dead GM larvae. It’s time we invested in holistic and sustainable crop protection that puts consumers and farmers on the same page. »

Victor Gonzálvez from, SEAE (Sociedad Española para la Agricultura Ecológica) says: « Spain is the first producer of organic olive oil worldwide with an extension of 170.000 hectares of arable land. If in any case, the olives are in contact with the new biotech fly larvae, organic producers could lose certification and consumer trust in organics would be undermined. Moreover, the impact on human health is not properly assessed. »

« This technology appears to have the potential to endanger biodiversity, organic farming and the future of olive production in the Mediterranean region. We assume this experiment is driven by the interests of Oxitec and its investors to gain maximum profit from its patented technology », says Christoph Then for Testbiotech, ”It is time to give a clear signal that these organisms should not be released. Nowhere. Never. »

It is not clear if the experiments have yet been authorised by the national authorities. If so, it would be the first release of genetically engineered animals in the EU. In 2013, the first application to conduct field trials in Spain was withdrawn after public protests. The recent Oxitec application was filed in March 2015. However, it did not appear in the EU public register before last week. The planned start of the release is July 2015.

Olive flies are known to cause substantial economic damage to olive producers. Currently, olive flies are controlled with insecticides, or by using biological means such as insect traps, sustainable pruning, irrigation practices or irradiated sterile insects. The negative socioeconomic impacts of the field trials might be immense. For example, organic farmers might not be able to avoid their products coming into contact with these flies, and therefore their food products might then contain the biotech-larvae. Markets could be lost as a consequence – and in an extreme scenario, the whole of the harvest in the Mediterranean area could be affected if consumers reject those products.

Organisations signing:
Agrobio (Portugal), Amigos de la Tierra (Spain), BiotechWatch (Greece), Criigen (France), Ecologistas en Acción (Spain), Fédération Nationale d’Agriculture Biologique – FNAB (France), Fondation Sciences Citoyennes (France), Générations Futures (France), Greenpeace (Spain), IFOAM (Brussels), OGM dangers (France), Plataforma Andalucía Libre de Transgénicos (Spain), Portuguese Plataforma Transgénicos Fora (Portugal), Red de Semillas (Spain), Rete Semi Rurali (Italy), SEAE (IFOAM EU member, Spain), Sociedad Española para la Agricultura Ecológica, Testbiotech (Germany
).

Contacts:

  • Spain: Luís Ferreirim Greenpeace España, Tel +34 91 444 14 00
    Víctor Gonzálvez – Director, Sociedad Española de Agricultura Ecológica. SEAE (IFOAM EU member) vgonzalvez[@]agroecologia.net, Tel: +34 627343399,
  • Portugal: Margarida Silva, Plataforma Transgénicos Fora, info@stopogm.net, Tel: +351-917301025 Jaime Manuel Carvalho Ferreira direccao[@]agrobio.pt, Presidente da Direcção, Associação Portuguesa de Agricultura Biológica, tel. 00351 213 641 354;
  • Germany: Christoph Then, Testbiotech, Tel +49 15154638040, info[@]testbiotech.org

Further Informations:
Oxitec application for trials: http://gmoinfo.jrc.ec.europa.eu/gmo_report.aspx?CurNot=B/ES/15/06 More information on Oxitec technology: www.genewatch.org/sub-566989
Previous media release: www.testbiotech.org/node
/875


Publié dans : Communiqués de presse, Déontologie de la recherche, Deontology of research |

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 05:57

Forte de son autonomie alimentaire, la Crète résiste à la Troïka

22 juillet 2015 / Emmanuel Daniel (Reporterre)

Toute la Grèce est en train de sombrer sous les coups de boutoir de la Troïka. Toute ? Non ! La Crète, la plus grande des îles, résiste aux puissances de la finance et a voté non à plus de 70 % lors du dernier référendum. Leur autonomie alimentaire permet aux Crétois de s’indigner sans en craindre les conséquences. Quoi qu’il arrive, ils auront toujours de quoi manger.

- Crète, Grèce, reportage

Dans l’avion qui m’amenait en Crète, la plus grande île grecque, je tentais d’imaginer ce que j’allais y trouver. Je m’attendais à tomber sur un pays à genoux, une population aux abois, des queues interminables devant les distributeurs, de la misère à chaque coin de rue. Mais les seules files d’attente que j’ai pu observer sur place étaient celles des touristes à l’aéroport, et aux stations de bus et dans les magasins.

C’est comme si la crise grecque qui fait les gros titres des médias français avait épargné les Crétois. « La Crète est l’île la plus riche de Grèce, ici, il y a beaucoup moins de chômage qu’en métropole. On n’a pas trop à se plaindre. On a le tourisme l’été et l’agriculture l’hiver. C’est dur c’est vrai mais ça l’est encore plus dans le reste du pays », m’explique un chauffeur de taxi.

La Crète tire une bonne partie de ses ressources du tourisme, pourtant, l’idée d’une nouvelle hausse de la TVA (qui est passée de 13 à 23 % ce lundi, notamment pour la restauration) ne semble pas inquiéter outre mesure Vassilis, restaurateur à Heraklion, plus grande ville de l’île. « Ça fera augmenter les prix de quelques centimes, ça ne me fait pas plaisir mais bon, ce n’est pas la fin du monde », m’explique le commerçant qui n’a accepté de me répondre qu’à condition que je lui commande une bière.

Un peu plus bas sur le port, un pêcheur au visage buriné tente de dissimuler son amertume derrière d’énormes lunettes de soleil. Près de son étal quasiment vide, il s’ennuie ferme et fume cigarette sur cigarette. Il accueille ma question sur la nouvelle vague d’austérité avec un haussement d’épaules. « Mon problème c’est le vent force 8 Beaufort, qui m’empêche de travailler », m’explique-t-il. Comme lui, depuis deux jours, les petits pêcheurs sont bloqués au port et privés de revenus.

Dans le centre-ville envahi par les touristes, le tenancier d’une épicerie aux rayons clairsemés m’accueille avec un sourire dénué de tout signe de préoccupation. Il admet néanmoins que la fermeture des banques n’est pas bonne pour le commerce et se réjouit de les voir rouvrir lundi. Lui n’a même pas de compte bancaire. « Je n’aime pas les banques, je ne leur fais pas confiance », explique-t-il. Comme un nombre conséquents de Grecs, il fait plus confiance à ses bas de laine qu’à son banquier pour veiller sur ses euros. Et la situation de ces derniers jours ne risque pas de le faire changer d’avis.

« Mon père a une retraite de 300 € pour lui et mon petit frère »

La plupart de mes interlocuteurs refusent d’évoquer la difficulté de la situation, comme si en parler revenait à la rendre réelle. Mais même si les Crétois s’en sortent mieux que le reste de leurs compatriotes, ils ne sont pas à envier pour autant. Un couple de restaurateurs de Rethymnos, cité balnéaire au nord de l’île, qui souhaite rester anonyme, me déclare non sans gêne qu’ils vont être obligés de frauder la TVA pour s’en sortir.

Yorgos, qui tient lui aussi un « restaurant familial » non loin de là, ne décolère pas depuis qu’il a appris cette nouvelle hausse. « On ne peut pas se permettre de répercuter les prix sur les clients sinon on les ferait fuir. Papandreou, Samaras, Tsipras, ça fait cinq ans que l’on nous impose des sacrifices pour que l’économie redémarre mais on voit bien que ça ne marche pas et ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Moi je m’en sors car je suis propriétaire mais beaucoup de mes confrères vont avoir du mal à payer le loyer cet hiver quand les touristes seront partis. »

Visiblement affecté par l’image véhiculée dans les médias sur le peuple grec, il se sent obligé de se justifier sans que je lui demande quoi que ce soit. « On nous dit que nous sommes des mauvais européens. Mais on n’est pas des fainéants, on travaille sept jours sur sept, enfin pour ceux qui ont la chance de trouver du travail. » Pour lui, c’est « une guerre économique où la dette a remplacé les canons. Ils veulent détruire notre pays et nous empêcher de nous relever. »

Pour illustrer les conséquences de l’austérité, il prend l’exemple de sa famille. « Mon père a une retraite de 300 € pour lui et mon petit frère qui n’a pas de travail. » Mais il se reprend vite et, comme s’il s’en voulait de s’être laissé aller, relativise sa situation en pensant aux habitants d’Athènes, où « il n’y a plus de liens familiaux aussi forts qu’ici qui permettent aux gens de survivre grâce à la solidarité ».

« Nous n’avons peur de rien »

Si les Crétois accueillent avec une passivité relative les mesures qui font hurler les Athéniens, c’est que leur économie ne repose pas que sur le tourisme. L’agriculture les aide à tenir le coup. Une femme aux grands yeux curieux me dresse une liste à la Prévert de ce que le pays produit : « Lait, miel, huile, céréales, citron, oranges, moutons, légumes en tous genres, chèvres, poissons, et bien sûr l’huile d’olive. Il y a même des bananes à l’Est de l’île. »

En effet, la Crète est l’une des rares îles grecques qui pourrait s’en sortir sans le tourisme. En plus de créer une manne d’emplois conséquente pendant l’hiver, ce secteur permet aux insulaires de se nourrir sans dépenser d’argent. Yorgos, le restaurateur mécontent, m’explique qu’il a quelques chèvres et un potager qui l’aident à tenir, notamment hors saison, quand les touristes et leurs euros ne sont plus là.

C’est donc là que réside le secret de la sérénité des Crétois. « Nous sommes autonomes. Tout le monde ici sait faire pousser des légumes. Nous n’avons peur de rien. Nous avons tout ce dont nous avons besoin ici pour vivre. C’est pour ça qu’on n’a pas peur de la Troika », m’assure une vendeuse de produits locaux située dans la vieille-ville d’Heraklion.

Propagande pro-Oui

Comme elle, 70 % des Crétois ont dit non lors du référendum. Pour cette femme à la parole facile, l’autonomie de l’île n’est pas étrangère au refus net affiché lors du référendum. Beaucoup de mes interlocuteurs s’indignent quand je leur demande ce qu’ils ont voté : « OXI, évidemment ». Seule Aristea, conseillère municipale à Heraklion m’a avoué avoir voté Oui. « Je suis très heureuse que Tsipras ait réussi à trouvé un accord. Une sortie de l’euro aurait été catastrophique pour le pays. Je ne veux pas d’un retour à la drachme. Je crois qu’on peut changer l’Europe. Je crois en la collaboration entre les peuples. »

Un argument que l’on entend aussi chez certains partisans du Non. « Pour beaucoup de grecs, l’euro c’était l’entrée dans la modernité. On n’était enfin plus considérés comme un pays des Balkans. Sortir de l’euro, c’est revenir en arrière, c’est perçu comme une régression », m’explique Dimitri. Et pour cet ancien publicitaire devenu activiste, cette croyance ne vient pas de nulle part. « Donne moi le contrôle des médias et je te dirai quoi penser », glisse-il en dénonçant la propagande pro-euro dans les médias depuis des années et celle encore plus frappante en faveur du Oui qui a eu lieu la semaine qui a précédé le referendum.

Aglae, une jeune femme impliquée dans les mouvements alternatifs « refuse de céder au chantage. On nous a fait croire que sortir de l’euro c’était la mort assurée, moi je vois que c’est en restant dans l’euro que l’on meurt », argue-t-elle en citant les conséquences sanitaires effroyables de l’austérité.

Yannis, membre d’un restaurant coopératif lui aussi souhaiterait un retour à la drachme. « Le seul effet positif de cet accord c’est qu’il a fait réfléchir les gens. Maintenant, on ne nous prend plus pour des fous quand on dit qu’on veut sortir de l’euro. Pour moi, c’est la seule possibilité pour mettre en place une autre politique : nationalisation des banques, annulation de la dette, économie alternative basée sur la coopération... », développe ce militant anti-fasciste.

Avancer dans l’incertitude

Pour Christine, une trentenaire en perpétuelle recherche de petits boulots, le refus de l’accord n’a rien à voir avec une quelconque rationalité économique mais trouve sa source dans la culture, la géographie et l’histoire de l’île. Elle prend son petit déjeuner dans une cuisine dont une des fenêtres donne directement sur la mer agitée. C’est avec poésie qu’elle analyse le OXI crétois au référendum, un non à l’humiliation et colonialisme financier.

« La nature sauvage a forgé notre caractère. Les montagnes, la chaleur, le vent font qu’on ne se laisse pas faire, dit-elle en accueillant avec bienveillance les puissantes rafales qui s’engouffrent par la fenêtre. On a aussi une culture de la résistance. Nous avons subi de nombreuses attaques tout au long de notre histoire : les pirates, les Ottomans, les Byzantins, et même les nazis pendant la seconde guerre mondiale. Maintenant c’est la Troïka. Nous avons connu bien pire et on ne se laissera pas faire par quelques crapules en costume. »

Sans nier la propension à la résistance de ses compatriotes, Vassilis, jeune ingénieur au chômage, met en avant un paradoxe : « Nous sommes un peuple plutôt aisé mais je crois que nous aimons l’idée de révolution. » Et il précise que si les Crétois ont voté massivement pour le non, ils ont dans un passé proche fait des choix contraires : « Quand la mode était au Pasok, il ont voté Pasok [parti social démocrate], quand les conservateurs étaient au pouvoir, ils ont aussi voté pour eux. On suit le sens du vent ! »

Si la plupart des personnes rencontrées dénoncent unanimement les technocrates de la Troïka qui mènent « une guerre économique où la dette a remplacé les fusils », selon Yorgos, ils sont plus mesurés en ce qui concerne Tsipras et son gouvernement qui bénéficient d’une surprenante indulgence. « Il a été courageux, il n’aurait pas pu faire mieux », m’a-t-on souvent dit en expliquant qu’il devait résoudre une équation impossible : stopper l’austérité sans quitter la zone euro. Yannis au contraire est très remonté contre le premier ministre : « C’était le seul qui aurait pu faire passer ce nouveau plan d’austérité sans déclencher d’émeute grâce à sa côte de popularité. C’est un véritable traître. »

Avec une trentaine d’amis activistes, il se réunissait ce dimanche dans un café pour tenter de réfléchir à une « alternative à l’austérité, par en bas sans les partis politiques », mais qui s’appuierait sur les nombreuses initiatives de solidarité qui ont émergé avec la crise. Leur but, faire barrage à Aube Dorée qui va tenter d’emprunter l’autoroute de déception et de colère créée par Syriza.

Mais quelles que soient leurs opinions politiques, ils sont tous d’accord pour dire que le chemin vers des jours meilleurs sera long et semé d’embûches. Yorgos, attablé dans son restaurant à l’ombre d’un parasol, n’a lui aucune idée de la marche à suivre pour sortir de l’impasse actuelle, mais il ne désespère pas pour autant. « On survit. Pour l’instant la situation est confuse. Je pense qu’on va s’en sortir mais je ne sais pas trop comment. »

Source et photos : Emmanuel Daniel pour Reporterre

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 04:15

Alert’OGM - L’actualité des OGM dans le monde - Juillet 2015

UE - Interdictions des OGM : qui, de l’OMC ou de la Commission, aura le dernier mot ?

Pauline VERRIERE, juillet 2015

En mars 2015 [1], l’Union européenne (UE) se dotait d’une nouvelle possibilité (appelée opt-out) pour les États membres d’interdire la culture d’OGM sur leur territoire [2], aux côtés des clauses de sauvegarde et mesure d’urgence [3]. Petite nuance d’importance : selon cette nouvelle procédure, les risques sanitaires et environnementaux ne peuvent pas être utilisés pour justifier d’une interdiction [4]. L’enjeu est pourtant fondamental : l’OMC exige en principe de tels arguments sous peine de considérer les interdictions comme des entraves au commerce. Et, malgré ce que la Commission affirmait durant tout le processus d’adoption de l’opt-out, elle semble elle-même douter de la solidité juridique de ce nouveau texte, comme le révèle l’euro-député José Bové [5]. Alors, les États membres pourront-ils vraiment interdire les culture d’OGM sur leur territoire ?

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Chine : le développement du marché des semences

Frédéric PRAT, juillet 2015

La Chine aura bientôt une nouvelle loi sur les semences, favorisant davantage de recherches sur l’amélioration variétale tournées vers le marché, essentiellement intérieur, et une protection accrue des droits des semenciers. Le projet de loi sur les semences, dont la révision a débuté en janvier 2014, a été présenté le 20 avril 2015 au Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale chinoise (APN). La loi devrait être adoptée avant la fin de l’année 2015 [6]. Bonne occasion pour faire le point sur le développement du marché des semences dans l’Empire du Milieu.

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Des courriels publiés montrent que les biotechnologies et les semences sont au menu du TTIP

Nina Hollande, CEO, Eric MEUNIER, juillet 2015

Les discussions secrètes autour du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (Transatlantic Trade and Investment Partnership, TTIP, également connu sous le sigle TAFTA), un accord entre l’Union européenne et les États-Unis en cours de négociation depuis juillet 2013, posent de nombreuses questions quant aux dossiers de l’alimentation et des impacts environnementaux. L’une des plus importantes est de savoir si le TTIP va affaiblir les règles européennes en matière d’OGM, un vieil objectif des exportateurs étasuniens qui considèrent que ces règles grèvent leurs profits financiers. Dans le même temps, les entreprises de biotechnologie poussent pour obtenir que les produits issus de la prochaine génération de biotechnologies échappent à la législation sur les OGM et soient donc autorisés. Ces deux sujets sont-ils liés l’un à l’autre ? Des courriels obtenus par le biais du droit à l’information montrent que c’est bel et bien le cas.

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UE - Maïs MON810 : des pyrales résistantes peut-être déjà là

Eric MEUNIER, juillet 2015

Entre 2009 et 2013, les quelques cultures de maïs MON810 en Europe ont fait l’objet d’une surveillance environnementale post-commercialisation commanditée par Monsanto elle-même. Mais les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) et du comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) émettent des critiques tant sur le fond que sur la forme. Des critiques qui interrogent la capacité ou la volonté de l’entreprise à mener une surveillance correcte. Paradoxalement, les experts de l’AESA valident malgré tout la conclusion de Monsanto qu’aucun effet lié à la culture du maïs MON810 n’a été observé alors que ceux du HCB, malgré l’ambiguïté de leur conclusion, ne les valident pas ! Résultat des courses : on ignore s’il existe des pyrales résistantes au maïs MON810 censé les tuer mais Monsanto refuse de modifier sa méthodologie de surveillance...

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UE - Statut OGM des nouvelles techniques : la Commission décidera seule

Crispr/Cas9, mutagénèse dirigée par oligonucléotides, nucléases à doigt de zinc… voici quelques noms de nouvelles techniques de biotechnologie (NBT), issues d’une liste plus longue, pour lesquelles l’Union européenne cherche à déterminer depuis 2008 si les produits obtenus via ces techniques sont soumis ou non à la législation sur les OGM. Après consultation d’experts scientifiques, de services juridiques et d’États membres, la Commission européenne a promis de produire un document de position avant la fin de l’année 2015. Mais si d’aucuns pensaient que ce document était voué à être soumis au Parlement européen et aux États membres, ils se trompaient, car, contrairement à ce qui avait été annoncé, la Commission ne les sollicitera pas...

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Les nouvelles techniques de modification du vivant s’appliquent aussi aux animaux d’élevage

Des milliers d’animaux génétiquement modifiés par transgenèse (OGM transgéniques) sont utilisés depuis plusieurs dizaines d’années dans les laboratoires comme outil de connaissance scientifique. Commercialement, en revanche, les animaux transgéniques ont un succès tout à fait relatif, du fait notamment de dysfonctionnements techniques, mais aussi de non acceptation du consommateur. Mais les nouvelles techniques de transformation du vivant pourraient changer la donne, puisqu’elles créent des animaux génétiquement modifiés... sans transgènes. Non traçables, ces techniques intéressent les industriels.

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-Ce lien vous permet de télécharger cette circulaire d’ELIANT au format PDF |

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De nombreuses organisations de la société civile sont très préoccupées à l’idée que le TTIP pourrait enterrer les droits et lois démocratiques. L’exemple le plus connu à ce sujet est le projet de mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS). Les entreprises étrangères ont en effet ainsi la possibilité d’amener le pays hôte devant ce tribunal non officiel qui délibère à huit clos sans aucune transparence.

L’autre grande préoccupation vient des objectifs du TTIP au sujet des prescriptions et des normes. Personne n’a quoi que ce soit contre la reconnaissance et l’harmonisation mutuelles des normes dans l’industrie de l’automobile ou des machines car cela apporte des avantages aux fabricants comme aux utilisateurs, et cela aussi bien en Europe qu’aux USA. Si cela touche par contre aux denrées alimentaires, à l’alimentation ou secteur médical, l’harmonisation des normes de l’UE et des USA deviendra très problématique puisque les prescriptions européennes en vigueur dans le secteur alimentaire reposent sur le principe de précaution et que c’est tout le contraire aux USA. L’UE n’est actuellement pas encore prête à abandonner ce principe. Il y a dans le domaine des prestations et des règlements de nombreux autres exemples dont l’évaluation serait totalement insuffisante et même fatale si elle était faite uniquement du point de vue de la facilitation du commerce.

Les recommandations d’ELIANT
Le but de la Conférence était de rédiger une liste de recommandations concrètes adressées aux décideurs pour l’établissement de relations commerciales internationales meilleures et plus justes pour la société et l’environnement. Voici les points principaux de notre liste:

  • Dans une société démocratique, il n’y a pas de raison pour garder secrètes les négociations de ce genre d’accords commerciaux à long terme. Les citoyennes et les citoyens et les parlementaires élus par eux doivent être informés sur les étapes des négociations et sur leurs conséquences.
  • Au lieu d’abandonner la souveraineté sur nos normes pour les produits, nous devrions les améliorer et les protéger à l’aide de bons exemples et de conseils en matière de pratiques d'excellence à diposition des partenaires commerciaux. Un bon exemple de cette démarche est le concept «du producteur au consommateur» («farm-to-fork» ou «de la fourche à la fourchette»).
  • L’agriculture devrait être exclue du TTIP. Au lieu de cela, les accords commerciaux devraient donner aux partenaires commerciaux la possibilité de prendre des décisions souveraines sur les autorisations d’importations de certains produits en se basant sur le principe de précaution qui prévaut en Europe. Les risques et les chances doivent être évalués par des scientifiques indépendants. Les autres conséquences socioéconomiques et écologiques importantes pour la production agricole doivent faire partie du processus de prise de décision.
  • Les prestations des services sanitaires ne sont pas des prestations comme les autres: en Europe, le principe fondamental de la couverture maladie universelle n’est pas négociable. Voilà pourquoi il est nécessaire d’exclure du TTIP les systèmes publics et privés de prestations des services sanitaires.
  • L’ISDS enterre le développement des principes démocratiques et de leurs futurs aspects et donc la souveraineté de la société, et en plus il discrimine les entreprises locales. Voilà pourquoi il ne devrait pas faire partie du TTIP.
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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 09:06

Note "tout ce qui tombe du HBC.... ",de l'administration du blog :Le haut Conseil des biotechnologies émet là une opinion "technocratique "à prendre avec des pincettes .

Le propos vise les seuls OGM obtenus par transgenèse ,ce qui est restrictif ,il existe bien d'autres"pains bénis" pour breveter des plantes des coquillages et des animaux....

Des lors que les techniques de manipulation exercées sur le génome des plantes ET DU VIVANT,sont de plus en plus diversifiées (Mutagenèse ,cysgenèse etc....), et , qui plus est ,si ces données sont fournies au HBC de façon non indépendante,uniquement par les firmes ou leur partenaires institutionnels ,ces informations devraient être soumises à une épreuve plus fine des réalités de terrain en coopération avec les observations de chercheurs indépendants et celles des promoteurs de l'agro-écologie,par exemple

Le 9 juillet 2015

Le HCB répond aux questions de deux parlementaires concernant la loi visant à interdire la culture des variétés de maïs génétiquement modifié

Il rappelle à cette occasion que la question de la culture des plantes génétiquement modifiées se pose également en termes d'impacts sociétaux.

Les parlementaires Bernard Accoyer et Jean Bizet ont interrogé le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) sur certains des effets des cultures de maïs transgénique MON 810 en Europe. Les principales questions concernaient les impacts de ce maïs sur les insectes ciblés par la plante (la sélection de résistances chez les pyrales) et sur les insectes non cibles (certaines espèces de papillons). Dans son avis, le Comité scientifique (CS) du HCB indique que sur ces questions, en Europe, aucun impact négatif n’a été à ce jour identifié par les plans de surveillance du maïs MON 810. Le CS pointe cependant quelques limites à ces conclusions, pour l’essentiel d’ordre méthodologique. Sur la question de la génétique de la résistance à la toxine présente dans le MON810, le CS indique que les observations rapportées concernent une espèce unique, qui n’est actuellement présente qu’en Afrique du Sud.

Au-delà du prisme scientifique, le HCB veut également remettre cette réponse dans un contexte plus global. Le questionnement sur les enjeux économiques, sociaux et éthiques est en effet incontournable pour clarifier les débats relatifs aux plantes génétiquement modifiées. À titre d'exemple, pour certains membres du Comité économique, éthique et social du HCB, le fait que l'on n'ait documenté à ce jour aucun impact en Europe permet de rendre la culture du maïs acceptable dès lors que des agriculteurs voient par ailleurs des bénéfices à cultiver cette plante comme le font d'ores et déjà les agriculteurs de plusieurs pays. Pour d’autres, au contraire, l'absence d'évidence d'impacts à ce jour en Europe ne garantit pas que la culture du maïs MON 810 soit sûre pour l’environnement ; par ailleurs, elle ne suffit pas à répondre à d'autres interrogations : coexistence des productions, évolution des modèles agricoles, économie du secteur semencier, etc.

Ces aspects sont désormais mis en avant sur le plan européen. C’est tout le sens, par exemple, de la nouvelle directive 2015/412 du 11 mars 2015 qui donne aujourd’hui aux États de l'Union Européenne la possibilité de tenir compte de certains critères sociétaux pour prendre leurs décisions d’interdiction ou de restriction de mise en culture de Plantes Génétiquement Modifiées (PGM).

Pour Christine Noiville, présidente du HCB : « Cet avis du HBC est doublement instructif. D’abord, concernant les données de surveillance des cultures de maïs MON 810, qui n’établissent pas à ce jour d’impacts environnementaux sur les insectes en Europe, du moins en l’état des évaluations et des cultures existantes. Ensuite, car il rappelle qu’il est fondamental d’examiner les plantes génétiquement modifiées au-delà de la seule question de leurs impacts pour la santé et l'environnement. Les PGM posent des questions économiques, éthiques et sociales fortes que le HCB a déjà abordées, par exemple dans ses travaux sur les brevets ou sur la transparence de l’évaluation des biotechnologies. Nous continuerons de les traiter de manière plus approfondie dans nos prochaines recommandations ».

Le Haut Conseil des Biotechnologies

Créé le 5 décembre 2008, Le Haut Conseil des biotechnologies est une instance indépendante, chargée d’éclairer la décision publique. Placé auprès des ministères chargés de l’Environnement, de l’Agriculture, de la Recherche, de la Santé et de la Consommation, il rend des avis sur toutes questions intéressant les biotechnologies, notamment les organismes génétiquement modifiés (OGM).

Contrairement aux instances « classiques » d’expertise, composées exclusivement ou essentiellement d’experts scientifiques, le HCB est composé d’un Comité scientifique d’une part, d’un Comité économique, éthique et social d’autre part, comprenant des représentants de parties prenantes.

Depuis la création du HCB, plus de 6100 avis ont été rendus sur des sujets tels que l’autorisation de mise sur le marché de PGM, l’accès aux données d’expérimentation des industriels ou les droits de propriété industrielle, la mise en œuvre de la loi OGM, l’étiquetage des produits, la coexistence des productions d'organismes génétiquement modifiés et non modifiés.

Pour consulter l’ensemble des avis du HCB : http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/fr/avis

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 09:18

CONTAMINATION DANS LE MONDE ENTIER DES ALIMENTS DE RATS DE LABORATOIRE

L'article accepté par PLOS ONE est finalement paru le 2 juillet et non le 17 juin, sans changement de résultats, avec un résumé raccourci par l'éditeur (voir ci-dessous) sur les conséquences réglementaires, et en précisant le financement de nos autres travaux.

*********

Les rats de laboratoire sont fréquemment utilisés pour tester des quantités de produits chimiques ainsi que les OGM, dernière étape avant la commercialisation pour connaître leurs effets sur la santé des mammifères, et présager des risques chez les humains. Ces produits chimiques comprennent des pesticides, souvent perturbateurs endocriniens ou toxiques pour le système nerveux, plastifiants et additifs alimentaires. Certains sont soupçonnés d’être cancérogènes, d’autres sont progressivement interdits.

Or, une proportion élevée d’animaux de laboratoire sont prédisposés à développer de nombreuses pathologies, et ceci d’après les archives des industriels appelées « données historiques ». Celles-ci sont d'ailleurs utilisées dans les évaluations réglementaires comme témoins externes. Selon ces données, 13 à 71% des animaux eux présenteraient spontanément ou naturellement des tumeurs mammaires et 26 à 93% des tumeurs hypophysaires, et le fonctionnement des reins de ces animaux serait fréquemment déficient. Cela empêche l’attribution des effets toxiques observés aux produits testés, et oblige à sacrifier un nombre important d’animaux pour tenter d’observer des résultats statistiquement significatifs dans les tests de cancérogenèse, par exemple. L’origine de ces pathologies est-elle génétique ou bien relève-t-elle de l’influence de l’environnement ?

Travaillant sur cette question, l’équipe du Professeur Gilles-Éric Séralini de l’Université de Caen, soutenue par le CRIIGEN, a analysé avec des méthodes normalisées et avec l’aide de laboratoires accrédités la nourriture des animaux de laboratoire. Cette alimentation, provenant des cinq continents, est habituellement considérée comme équilibrée et hygiénique. L’étude menée est d’une ampleur exceptionnelle; elle s’est attachée à rechercher dans 13 échantillons communs de croquettes pour rats les traces de 262 pesticides, 4 métaux lourds, 17 dioxines et furanes, 18 PCB et 22 OGM.

Tous les lots de croquettes contiennent des concentrations non négligeables de plusieurs de ces produits, à des niveaux susceptibles de causer des pathologies graves et de perturber le système hormonal ou nerveux des animaux. Compte tenu de tous les contaminants mesurés, les régimes alimentaires consommés chroniquement atteignent un indice de risque très élevé (de 15,8 à 40,5; sachant que le risque est considéré au dessus de 1). Par exemple, les résidus du principal pesticide du monde, à base de glyphosate et d’adjuvants très toxiques, tel le Roundup et ses génériques, ont été détectés dans 9 des 13 régimes, et 11 d’entre eux contenaient des OGM avec lesquels ce Roundup est amplement utilisé.

Il apparaît par conséquent que l’origine des pathologies et des troubles des rats de laboratoire est trop rapidement imputée à des causes génétiques. Contrairement aux affirmations des agences sanitaires, ces pathologies ne peuvent pas être appelées "spontanées ou naturelles". Nous expliquons comment l'utilisation d'une nourriture plus saine permettrait une réduction du nombre d'animaux utilisé dans les tests de toxicité réglementaires. De plus, l'interprétation des tests toxicologiques réglementaires menés à ce jour pourrait être faussée en considérant les rats non sains comme des témoins fiables. Globalement, des efforts pour fabriquer une nourriture saine permettront d'améliorer la fiabilité des tests de toxicité dans la recherche biomédicale.

Le texte accepté par l'éditeur dans un premier temps, puis censuré dans le résumé la veille de la première parution prévue est le suivant, il est important pour les auteurs : Ce travail invalide l'utilisation de témoins externes (les données historiques) dans les tests réglementaires. Ils consistaient à comparer les effets toxicologiques à des rats témoins d'autres expériences. Ces rats témoins en effet sont nourris de différents mélanges de polluants. Ceci remet aussi en question l'utilisation de 50 rats par groupe en cancérologie, ce qui permettait d'augmenter la puissance statistique perdue à cause du bruit de fond élevé des pathologies.

Publié dans PLOS ONE (2 juillet 2015)

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0128429

Laboratory rodent diets contain toxic levels of environmental contaminants: implications for regulatory tests. Robin Mesnage et Nicolas Defarge*, Louis-Marie Rocque, Joël Spiroux de Vendômois et Gilles-Eric Séralini.

*Ces auteurs ont contribué de manière égale à ce travail et doivent tous deux être considérés comme premiers auteurs

Contact : Pr. Gilles-Eric Séralini, Université de Caen, Institut de Biologie et Pôle Risques, Qualité et Environnement Durable. Tel. 06 70 80 20 87 / 02 31 56 56 84

Travail réalisé avec le soutien du CRIIGEN criigen@criigen.info /www.criigen.org

Lien avec les études précédentes de l'équipe :

Un des points de débats sur notre étude à long terme montrant la toxicité du Roundup et d'un OGM NK603 tolérant le Roundup (Séralini et al. 2014, ESE) était la sensibilité des rats utilisés, notamment pour les tumeurs mammaires, même si l'usage de cette souche était recommandé. Si ces rats développent "naturellement" ces tumeurs, et ce jusqu'à 71%, démontrer un quelconque effet à ce niveau nécessite des groupes d'animaux très grands et des statistiques très puissantes. Nous découvrons ici que la contamination alimentaire des rats des "données historiques" utilisées par l'industrie empêche toute conclusion d'un haut niveau de tumeurs développées "naturellement", et masque au contraire les effets délétères des produits testés par les industriels dans les dossiers acceptés par les agences sanitaires.




Pr Gilles-Eric Séralini
Université de Caen
Institut de Biologie
Esplanade de la Paix - 14032 Caen cedex 5
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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 06:36

Vous reprendrez bien du Clone ?

http://www.agoravox.tv/actualites/environnement/article/vous-reprendrez-bien-du-clone-50382

par News360x (son site)
mercredi 1er juillet 2015

Résumé : Le clonage a bouleversé l’agriculture moderne. Chaque année, plusieurs milliers de bovins et de cochons sont fabriqués dans des laboratoires ad hoc qui répondent à la demande de producteurs. Aux Etats-Unis, depuis 2008 la Food and Drug Administration (FDA) autorise en effet la consommation de viande ou de produits dérivés (lait, fromage, bacon…) issus d’animaux clonés. Plusieurs laboratoires se sont spécialisés dans le clonage sur commande et toute une industrie exporte ainsi son savoir-faire dans le monde entier. En Europe, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. Ils estiment que cette technologie pourrait engendrer des effets secondaires, méconnus aujourd’hui, et totalement imprévisibles.

La WEB TV : http://news360x.fr/web-tv/

Plus d’infos - http://news360x.fr/

Facebook - https://www.facebook.com/News360x

Twitter - https://twitter.com/Ne

-Questions subsidiaires A qui appartient le vivant ?Que mangeons-nous vraiment ?(Le doc est encore en ligne pour 4 jours :

«Que mangeons-nous vraiment ?» Comment l'agriculture industrielle dénature les aliments

http://pluzz.francetv.fr/videos/que_mangeons_nous_vraiment_,124554381.html

http://www.campagnesetenvironnement.fr/milan-2015-a-qui-appartient-le-vivant-7651.html

Milan 2015 : A qui appartient le vivant ?

Pour la onzième conférence des Mercredis du Pavillon France, Christian Huyghe soulève le débat de l'appropriation du vivant. Quelles différences entre brevet et certificat d'obtention végétale ? Quel outil est le mieux adapté pour protéger les ressources génétiques ? Quels enjeux au niveau international ? Telles sont les questions auxquelles le chercheur de l'Institut national de recherche agronomique tente de répondre.

Face aux tentatives d'appropriation des ressources, et alors que les consommateurs s'interrogent de plus en plus sur la provenance de leurs aliments, Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint à l'agriculture à l'Inra, met en lumière les différents enjeux concernant l'appropriation du vivant.

Depuis la conférence de Rio en 1992, les ressources génétiques sont à la fois la propriété des Etats et des populations qui ont contribué à les installer et les maintenir sur un territoire. Ces deux parties ont également pour responsabilité d'entretenir et de protéger ces ressources.

Brevet et certificat d'obtention végétale

En France, deux outils de protection du vivant cohabitent. Le brevet, et le certificat d'obtention végétal (COV), dont les philosophies sont bien différentes.

Le COV permet à une personne qui crée une nouvelle variété d'être rémunérée pour son travail tout en garantissant l'accès au fond génétique de la variété pour des progrès ultérieurs. Si un semencier ou un généticien souhaite apporter une innovation sur une variété protégée par un COV, il n'aura pas à payer d'indemnités au détenteur du certificat et un autre COV pourra protéger la variété nouvellement créée. Ce certificat considère que la diversité génétique est une forme de bien commun n'empêchant pas l'innovation et la rémunération du travail. Le COV protège une nouvelle variété pour 25 ans, après quoi cette dernière appartient au domaine public.

Historique du COV

Pour bien comprendre le COV et son évolution, il est nécessaire de se replacer dans une perspective historique. Le COV est créé en 1961 par le traité de Paris. Dans un contexte de sortie de guerre, il fallait réussir à augmenter la production agricole pour répondre à une demande croissante. Il est alors apparu nécessaire de pouvoir protéger la création, l'orienter, et surtout éviter que le matériel génétique ne soit capturé par quelqu'un sans possibilité de progrès.

La ratification du traité en 1991 va apporter deux éléments importants. Il va être impossible de créer des variétés très peu différentes de ce qui existe déjà. D'autre part, les agriculteurs n'ont plus qu'un droit limité de réensemencer des variétés protégées par un COV en payant en contrepartie l'obtenteur de la variété.

Une caractérisation à revoir

Toutefois, selon Christian Huyghe, l'ensemble de ce système va devoir changer. Aujourd'hui, la caractérisation des variétés faisant l'objet d'un COV se fait exclusivement sur le phénotype, c'est-à-dire sur les caractéristiques visuelles ou directement observables. Ces caractéristiques ne sont plus identifiables dans la récolte (sous forme de grains moissonnés), l'obtenteur de ne dispose donc pas d'outils efficaces pour prouver qu'un agriculteur a utilisé des semences de sa variété.

Alors que des séquençages de génome sur des variétés céréalières sont aujourd'hui possibles, des caractérisations plus fines pourraient être mises en place. « Il ne faut toutefois pas que les progrès technologiques prennent le pas sur les principes de la protection, qui sont la caractérisation du progrès et la possibilité de continuer l'innovation », souligne le chercheur.

#11. A qui appartient le vivant ? from Alimentation Générale on Vimeo.

Le brevet est un concept plus ancien et adapté au monde industriel. Il reconnaît un acte de création, qui doit être une invention et non une découverte. La déclaration de brevet doit décrire son effet et son périmètre d'application. Contrairement au COV, l'innovation à partir d'une entité brevetée n'est possible qu'à condition de rémunérer le détenteur du brevet.

Au niveau moléculaire, l'utilisation d'un COV ou d'un brevet fait débat. Si on considère l'ADN comme une entité intrinsèquement liée au vivant, elle n'est pas brevetable. En revanche, si on la considère comme une « simple » molécule chimique, on peut démontrer qu'elle génère un processus qui peut être transférable ailleurs (périmètre d'application) en permettant par exemple d'améliorer la vitesse de croissance d'une plante. A ce moment là, on bascule dans le domaine du brevetable avec toutes les dérives imaginables. Mais sur ces questions, la position de la France est claire : pour les variétés végétales, le COV est l'unique mode de protection.

A l'échelle globale : protéger les ressources

La conférence de Rio en 1992 a décrété que « la biodiversité dans son ensemble est en danger ». Pas uniquement parce qu'on se l'accapare, mais aussi car les milieux naturels sont détruits. Cette double prise de conscience a permis de voir apparaître un certain nombre d'actions pour la protection des ressources génétiques.

Les accords de Nagoya en 2010 visent un partage juste et équitable des avantages découlant de l'utilisation des ressources. « Si on accède à une ressource et qu'on en tire une valeur économique, il faut en partager les avantages, rétributions et contributions avec le pays d'origine détenteur de la ressource. » En 2001, le traité TIRPGAA de la FAO reconnaissait pour sa part le rôle des paysans dans la conservation de la biodiversité et définissait des objectifs de conservation et d'utilisation durable des ressources génétiques pour des usages agricoles et agroalimentaires.

Qui est responsable du vivant ?

Selon Christian Huyghe, en plus de savoir à qui appartient le vivant, il s'agit également de répondre à la question « qui est responsable du vivant ? » Selon lui, ces deux faces d'un même problème se jouent sur un pas de temps différent. L'appropriation, dont le but est souvent la rentabilité, est une vision à court terme. Sur un temps plus long, il s'agit plutôt de réfléchir à la responsabilité collective du vivant pour le maintien de la diversité génétique.

La question de la propriété du vivant est liée à notre relation à la nature. Dans les sociétés où, majoritairement, on mange à sa faim, beaucoup pensent que l'appropriation du vivant est acquise pour toujours. Or, la population mondiale ne fait qu'augmenter et l'impact des activités humaines sur le milieu naturel n'est plus négligeable. La question qui se pose aujourd'hui est plutôt : « comment les modes de protection du vivant et la façon dont on les utilise nous offrent une capacité de répondre et s'adapter aux défis de demain ? », conclut Christian Huyghe.

Générique réalisé par Alimentation Générale

L.W. - 30/06/2015

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 03:50

Note de l'administration du blog :pour aller au delà du silence assourdissant du monde scientifique voici une revue de presse et le Communiqué de presse du CRIIGEN annonçant cette nouvelle sur la fausseté généralisée des tests de laboratoire sur les rats .

En supplément voici un rapport que Green peace à publié qui s'intitule« Les pesticides sèment le trouble », faisant état des impacts sanitaires dus à l’utilisation de ces substances qui mettent l'équilibre de notre santé grandement en jeu !

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2015/06/18/nouvelle-etude-de-ge-seralini-les-tests-de-laboratoire-sont-fausses-750233.html

Nouvelle étude de G.E Séralini : "Les tests de laboratoire sont faussés"

Le professeur caennais - Gilles-Eric Séralini - révèle ce jeudi 18 juin une nouvelle étude selon laquelle les aliments, utilisés pour les rats de laboratoire sont contaminés. En l'analysant, lui et son équipe ont détecté des traces de pesticides, de métaux lourds et d'OGM. Son interview dans le JT.

  • Par Pauline Latrouitte
  • Publié le 18/06/2015

© JOHN THYS / AFP Professeur Gilles-Eric Seralini, en 2013 à Bruxelles.

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Contexte de l'étude : La réponse du berger à la bergère

Lorsqu'il a publié son étude tonitruante en 2012 sur la toxicité des OGM sur les rats, ses détracteurs lui avaient rétorqué que les rats présentaient naturellement des tumeurs mammaires et que son étude ne prouvait rien du tout. Alors, le professeur caennais a voulu comprendre pourquoi ces animaux de laboratoire sont prédisposés à développer de nombreuses pathologies :

  • 13 à 71% des animaux eux présenteraient spontanément ou naturellement des tumeurs mammaires
  • 26 à 93% des tumeurs hypophysaires
  • Le fonctionnement des reins de ces animaux serait fréquemment déficient.

L’origine de ces pathologies est-elle génétique ou bien relève-t-elle de l’influence de l’environnement ?

  • L'étude sur l'alimentation des rats de laboratoire

Le Professeur Gilles-Éric Séralini et son équipe, soutenu par le CRIIGEN, ont donc analysé, avec l’aide de laboratoires accrédités, la nourriture des animaux de laboratoire. Cette alimentation, provenant des cinq continents, est habituellement considérée comme équilibrée et hygiénique. Or, sur 13 échantillons communs de croquettes pour rats, provenant de 9 pays, l'équipe a trouvé des traces de :
- 262 pesticides
- 4 métaux lourds
- 17 dioxines et furanes,
- 18 PCB et 22 OGM.

Les résidus du Roundup et ses génériques, ont été détectés dans 9 des 13 régimes, et 11 d’entre eux contenaient des OGM avec lesquels ce Roundup est amplement utilisé.

"On se rend compte que la nourriture donnée aux rats est extrêmement contaminées." Gilles-Eric Seralini

ITV G.E seralini

  • Quelles conclusions en tirer ?

​"La composition de cette nourriture augmente le bruit de fond et cache les effets secondaires des produits testés."


-Retard de la publication

Pressions sur une nouvelle étude du professeur Séralini

http://blogs.mediapart.fr/edition/la-mort-est-dans-le-pre/article/180615/pressions-sur-une-nouvelle-etude-du-professeur-seralini

18 juin 2015 | Par Philips Michel

Une nouvelle étude du professeur Séralini (Université de Caen) a fait l'objet de pressions de la part du lobby des pesticides : alors qu'une revue (PLoS One) s'était engagée à publier cette étude dès aujourd'hui, la revue en question, sous des prétextes douteux, a reporté cette publication...

L'étude en question est qualifiée de remarquable par les scientifiques qui en ont pris connaissance. Son résultat est facile à comprendre : les animaux (dont les rats) utilisés dans les laboratoires reçoivent une alimentation dite standard-normale-hygiénique qui est en fait imprégnée de multiples toxiques (dont le Roundup, métaux lourds et OGM). Il est donc impossible, dans ces conditions, de valider les études portant sur les effets de ces agents.

Lire ici.

Au travers de cet "incident" est confirmée la volonté du lobby des pesticides de "tout faire" pour s'opposer à la remise en question de l’innocuité de leurs produits (pesticides et semences-OGM).

Ce jour, le professeur Séralini était interviewé par France 3 : Voir ici.

Ce jour également, sur France Inter, dans l'émission "La Tête au Carré", un journaliste (le Docteur Dominique Dupagne) d'habitude assez critique vis à vis du professeur Séralini, a dit : "C'est une étude remarquable. (..) Là il ( Prof Séralini) démontre que les études des industriels sont faites avec une rigueur absolument nulle. Et moi honnêtement, je trouve qu'on devrait rétracter toutes les études de Monsanto". Pour écouter la totalité de l'émission (12 min), cliquer ici. Edifiant !

De quoi susciter de nouveaux débats passionnés sur Médiapart !

18 juin 2015 | Par Philips Michel

Une nouvelle étude du professeur Séralini (Université de Caen) a fait l'objet de pressions de la part du lobby des pesticides : alors qu'une revue (PLoS One) s'était engagée à publier cette étude dès aujourd'hui, la revue en question, sous des prétextes douteux, a reporté cette publication...

L'étude en question est qualifiée de remarquable par les scientifiques qui en ont pris connaissance. Son résultat est facile à comprendre : les animaux (dont les rats) utilisés dans les laboratoires reçoivent une alimentation dite standard-normale-hygiénique qui est en fait imprégnée de multiples toxiques (dont le Roundup, métaux lourds et OGM). Il est donc impossible, dans ces conditions, de valider les études portant sur les effets de ces agents.

Lire ici.

Au travers de cet "incident" est confirmée la volonté du lobby des pesticides de "tout faire" pour s'opposer à la remise en question de l’innocuité de leurs produits (pesticides et semences-OGM).

Ce jour, le professeur Séralini était interviewé par France 3 : Voir ici.

Ce jour également, sur France Inter, dans l'émission "La Tête au Carré", un journaliste (le Docteur Dominique Dupagne) d'habitude assez critique vis à vis du professeur Séralini, a dit : "C'est une étude remarquable. (..) Là il ( Prof Séralini) démontre que les études des industriels sont faites avec une rigueur absolument nulle. Et moi honnêtement, je trouve qu'on devrait rétracter toutes les études de Monsanto". Pour écouter la totalité de l'émission (12 min), cliquer ici. Edifiant !

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La nourriture des rats de laboratoire fausse les études de santé publique, affirme Gilles-Eric Séralini

http://reporterre.net/La-nourriture-des-rats-de-laboratoire-fausse-les-etudes-de-sante-publique

Selon une étude réalisée par l’équipe du chercheur Gilles-Eric Séralini, la nourriture des rats de laboratoire serait contaminée aux OGM, pesticides et autres substances toxiques. Ce résultat pourrait remettre en cause 70 ans d’autorisations de commercialisation.

La nourriture des rats de laboratoires serait hautement contaminée aux OGM, aux pesticides et à d’autres substances toxiques. C’est ce que révèle une étude réalisée par Robin Mesnage et Nicolas Defarge, membres de l’équipe du chercheur Gilles-Eric Séralini, de l’université de Caen, avec le soutien du Criigen(http://www.criigen.org/). Cette étude remet en cause tous les tests réalisés au cours des 70 dernières années pour déterminer l’autorisation de commercialiser de nombreux produits chimiques. Mais la revue scientifique Plos One a retardé la publication de l’article qu’elle devait publier mercredi 17 juin. Gilles-Eric Séralini dénonce un possible “conflit d’intérêt”.

“C’est la première fois qu’on réalise une étude aussi vaste visant à évaluer autant de polluants à la fois”, explique le chercheur. L’équipe de scientifiques a analysé treize échantillons de croquettes utilisées pour nourrir les rats de laboratoire servant à tester l’innocuité des produits alimentaires. Les croquettes de l’étude provenaient des cinq continents afin de prendre en compte les disparités possibles dans les méthodes d’agricultures et leur composition. A partir de ces lots de nourriture, l’équipe a recherché les résidus de 262 pesticides, 22 OGM (organismes génétiquement modifiés), quatre métaux lourds, 17 dioxines et furanes, et 18 PCB (polychlorobiphényls).

Finalement, chaque lot de croquettes présente des quantités importantes de ces produits, pouvant provoquer des pathologies chez les rats de laboratoires. Le pesticide le plus présent dans l’alimentation, le Roundup, a été détecté dans 9 des 13 échantillons analysés. 11 d’entre-eux présentaient également des traces d’OGM. “Le lien entre les OGM et les pesticides est grand, rappelle Gilles-Eric Séralini. Dans 80 % des plantes transgéniques, elles sont modifiées pour être des éponges à Roundup. Les 20 % restant ont été modifiés pour produire leur propre pesticide”.

Les régimes alimentaires français des rats de laboratoires étaient ceux présentant le plus fort taux de métaux lourds, contenant du mercure et de l’arsenic.

Avec les PCB et les dioxines présents également dans les régimes, “les rats ont 40 % de risque supplémentaire de développer des maladies chroniques avec ces nourritures qu’avec des nourritures saines”, commente M. Séralini.

Soixante-dix ans d’étude remises en cause ?

Or, ces mêmes rats sont ceux qui ont permis de déterminer la toxicité des pesticides ou des OGM au moment de leur commercialisation. Pour tester les effets d’un produit sur un rat, on injecte ce produit au rat et on compare sa réaction à un rat témoin, qui n’a eu normalement aucun contact avec le produit testé. Jusqu’à présent, la souche de rat utilisée était, selon les agences sanitaires, prédisposée à développer certaines pathologies, naturellement ou spontanément, telles que des tumeurs mammaires, des tumeurs hypophysaires, ou des déficiences aux reins. Avec ces “données historiques”, trouvées à partir des archives des industriels, on éliminait donc de la responsabilité des produits testés un certain nombre de pathologies développées par les rats.

Depuis 70 ans, 250 000 produits chimiques ont été autorisés à la suite de ces tests, qui pourraient pourtant bien être faussés. “Dans les études courantes avec les rats ainsi nourris, ils voient la même chose pour les rats témoins que pour les autres parce qu’ils nourrissent les rats avec de la nourriture contaminée”, explicite Gilles-Eric Séralini.

Si cette analyse était confirmée, cela signifierait que tous les tests ayant permis la commercialisation des pesticides et des OGM seraient biaisés, donc invalides. “Les rats devraient être nourris à l’alimentation bio, et issu d’une lignée saine”, commente Joël Spiroux de Vendômois, président du Criigen, « afin d’éviter à ceux-ci d’hériter des pathologies de leur lignée ».

Au-delà de ces questions, l’alimentation des rats de laboratoire pourrait avoir des conséquences plus larges. Ce sont les mêmes croquettes qui nourrissent les rats utilisés pour les tests pour les médicaments. Certaines pathologies chroniques pourraient ainsi être ignorées à cause de cette contamination. Quant aux croquettes utilisées pour nourrir les animaux de compagnie et les animaux d’élevage, leur composition serait “très proche de celle des rats de laboratoires”, comme l’a dit Nicolas Defarge. Des conséquences qui placent cette étude au centre des “problématiques de santé publique”, selon Joël Spiroux de Vendômois.

La publication retardée

Des résultats que l’équipe scientifique a présenté à la presse jeudi 18 juin, mais qu’elle n’a pas encore pu publier dans une revue scientifique reconnue. L’article devait, à l’origine, être publié mercredi 17 juin au soir. Mais la revue Plos One a averti l’équipe de Gilles-Eric Séralini de la prolongation de l’embargo sur l’étude, jusqu’à ce que ses auteurs y apportent quelques modifications. En cause : les remerciements et une phrase dans le résumé.

Ce n’est pas la première fois qu’une étude réalisée par Gilles-Eric Séralini et son équipe suscite une polémique. En 2012, la revue Food and chemical toxicology avait fini par retirer de sa publication des recherches portant sur les OGM et le Roundup. Cette nouvelle difficulté les amène à nouveau à douter de l’impartialité des revues scientifiques dans le choix de leur publication. “On est dans un système plus compromis que la FIFA [fédération internationale de football], avec des intérêts financiers en jeu”, indique Gilles-Eric Séralini.

Pour l’instant, l’étude est donc en attente de publication. Plos One pourrait la publier d’ici quelques jours si les modifications apportées lui conviennent, mais pourrait tout aussi bien ne pas y donner suite.

Source : Natacha Delmotte pour Reporterre

Image :
. dessin de rat : Pixabay
. Gilles-Eric Séralini : ©Natacha Delmotte/Reporterre

voici le Communiqué de presse du mercredi 17 juin 2015 du CRIIGEN annonçant cette nouvelle sur la fausseté généralisée des tests sur les rats en lab

Communiqué de presse CRIIGEN - Les tests pour la commercialisation de produits chimiques et d'OGM sont faussés par l'alimentation des rats de laboratoire -

Les résultats de l'étude scientifique seront expliqués demain matin à la conférence de presse à Paris !


Les tests pour la commercialisation de produits chimiques et d'OGM sont faussés par l'alimentation des rats de laboratoire

Caen, le 17 juin 2015

Les rats de laboratoire sont fréquemment utilisés pour tester des quantités de produits chimiques ainsi que les OGM, dernière étape avant la commercialisation pour connaître leurs effets sur la santé des mammifères, et présager des risques chez les humains. Pesticides, perturbateurs endocriniens ou du système nerveux, plastifiants et additifs alimentaires sont notamment concernés. Certains sont soupçonnés d’être cancérogènes, d’autres sont progressivement interdits après avoir empoisonné la population et l’écosystème.

Or, les agences sanitaires considèrent qu’une proportion élevée d’animaux de laboratoire sont prédisposés à développer de nombreuses pathologies, et ceci d’après les archives des industriels appelées « données historiques » : 13 à 71% d’entre eux présenteraient spontanément ou naturellement des tumeurs mammaires, 26 à 93% des tumeurs hypophysaires, et le fonctionnement des reins de ces animaux serait fréquemment déficient. Cela empêche l’attribution des effets toxiques observés aux produits testés, et oblige à sacrifier un nombre important d’animaux pour tenter d’observer des résultats statistiquement significatifs dans les tests de cancérogenèse, par exemple. Mais un doute persiste souvent et le produit demeure commercialisé. L’origine de ces pathologies est-elle génétique ou bien relève-t-elle de l’influence de l’environnement ?

Travaillant sur cette question, l’équipe du Professeur Gilles-Éric Séralini de l’Université de Caen, soutenue par le CRIIGEN, a analysé avec des méthodes normalisées et avec l’aide de laboratoires accrédités la nourriture des animaux de laboratoire. Cette alimentation provenant des cinq continents est habituellement considérée comme équilibrée et hygiénique. L’étude menée est d’une ampleur exceptionnelle; elle s’est attachée à rechercher dans 13 échantillons communs de croquettes pour rats les traces de 262 pesticides, 4 métaux lourds, 17 dioxines et furanes, 18 PCB et 22 OGM.

Les résultats sont accablants : tous les lots de croquettes contiennent des concentrations non négligeables de plusieurs de ces produits, à des niveaux susceptibles de causer des pathologies graves et de perturber le système hormonal ou nerveux des animaux. Cela masque les effets secondaires des produits testés. Par exemple, les résidus du principal pesticide du monde, à base de glyphosate et d’adjuvants très toxiques, tel le Roundup et ses génériques, ont été détectés dans 9 des 13 régimes, et 11 d’entre eux contenaient des OGM avec lesquels ce Roundup est amplement utilisé.

Il est à noter que l’un de ces lots a servi de nourriture dans une étude réglementaire du Laboratoire DuPont sur un colza transgénique tolérant au Roundup ; les croquettes des animaux témoins contenaient de manière importante des résidus de Roundup, qui provoquent des effets toxiques. L'étude a conclu à l'innocuité du colza en question alors qu’elle est bien évidemment faussée. Procéder ainsi revient tout simplement à vouloir montrer le caractère non dopant d'une substance en réalisant une étude avec Lance Armstrong comme témoin.

Il apparaît par conséquent que la consommation chronique de ces aliments pollués perturbe le bon déroulement des expériences, que l’origine des pathologies et des troubles des rats est trop rapidement imputée à des causes génétiques liées à l’espèce, « spontanées ou naturelles » comme l’affirment des agences sanitaires, et que les résultats de nombre de tests toxicologiques réglementaires conduits jusqu’à présent sont lourdement sujets à caution. Un pas de plus dans la compréhension des méthodes de compromissions et de laxisme de certains experts ?

Ainsi est favorisé l’accès sur le marché d’innombrables produits industriels potentiellement dangereux pour la santé publique.

Publié dans PLOS ONE : DOI 10.1371/journal.pone.0128429 (17 Juin 2015)

Laboratory rodent diets contain toxic levels of environmental contaminants: implications for regulatory tests

par Robin Mesnage et Nicolas Defarge*, Louis-Marie Rocque, Joël Spiroux de Vendômois et Gilles-Eric Séralini

*Ces auteurs ont contribué de manière égale à ce travail et doivent tous deux être considérés comme premiers auteurs

Contact : Pr. Gilles-Eric Séralini, Université de Caen, Institut de Biologie et Pôle Risques, Qualité et Environnement Durable. Tel. /

Travail réalisé avec le soutien du CRIIGEN

-Note de l'administration du blogue :Green peace à publié un rapport intitulé « Les pesticides sèment le trouble »,

« Les pesticides sèment le trouble »,

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 06:29

Huile de palme : «Il faut arrêter de manger du Nutella»

Chers ami(e)s de la forêt tropicale,

Invitée sur le plateau de l’émission Le Petit Journal sur la chaine de télévision française Canal Plus, la ministre de l’écologie Ségolène Royal a conseillé aux téléspectateurs de ne plus consommer de Nutella car celui-ci contient de l’huile de palme.

Nous saluons cette déclaration allant dans le sens de notre lutte contre la déforestation tropicale. Mais nous demandons des actes à la ministre, notamment en ce qui concerne l’huile de palme utilisée dans les agrocarburants.

Le groupe Total veut convertir sa raffinerie de La Mède en bioraffinerie. Une partie des carburants doivent être produits à partir d’huile de palme. Écrivons à la ministre Royal pour qu’elle fasse stopper le projet de Total :

:

En vous remerciant pour votre attention,

Sylvain Harmat
Sauvons la forêt

Note de l'administration du blogue sur la modification des recettes par les firmes alimentaires pour s'adapter aux exigences des américains .Il a même quelqu'un qui nous donne à lire les siennes d’exigences /c'est le pape,dont on pourrait s'attendre pourquoi pas sous peu ,à une pétition-encyclique "pour ou contre les OGM",ce dernier ayant pris position !

http://www.challenges.fr/economie/20150618.CHA7075/le-pape-francois-ne-condamne-pas-les-ogm-mais-leurs-applications.html sur les OGM,

Enfin pour en revenir à Ségo ,cette ministre préfère certainement le nucléaire à tout autre crème!

Politique

Vendredi 19 Juin 2015 à 08:10 (mis à jour le 19/06/2015 à 10:15)

La colère de Royal contre Lepage

Par

valeursactuelles.com

Pour l'instant veuillez signez la cyber action N° 717 : Pas de nutella dans nos moteurs

http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/actes-pas-nutella-moteurs-973.html

Après les herbicides contenant du glyphosate, dont le fameux Roundup de Monsanto, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, s’en prend au Nutella. « Il faut replanter massivement des arbres, parce qu’il y a eu une déforestation massive qui entraîne aussi du réchauffement climatique. Il faut arrêter de manger du Nutella par exemple parce que c’est de l’huile de palme », a dit la ministre, invitée lundi soir du « Petit Journal » de Canal+.


La culture d’huile de palme est aussi utilisée pour fabriquer des agrocarburants, censés être une alternative écologique à l’essence et aux carburants fossiles mais qui accélérerait en réalité le changement climatique.
http://www.actualites-news-environnement.com/29981-biocarburants-huile-palme.html

Une Grève à la raffinerie Total de La Mède attire l'attention sur le projet de Total de convertir la raffinerie dans la production de biocarburants.

Le 16 avril, lors d'un comité central d'entreprise (CCE), Total a présenté aux syndicats un plan de restructuration de l'activité du raffinage en France et son intention de convertir la raffinerie dans la production d'agrocarburants.

Nous vous proposons d'
inviter Ségolène Royal à refuser ce projet d'agrocarburants à l'huile de palme.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/021141397880-un-consommateur-americain-en-quete-de-naturel-1128840.php

Un consommateur américain en quête de « naturel »

Marie-Josée Cougard / Journaliste | Le 16/06 à 17:25, mis à jour à 20:25

Les majors américaines de l’alimentation modifient profondément leurs recettes pour répondre aux nouvelles aspirations.

Les exigences alimentaires aux Etats-Unis sont en plein chambardement. « Les consommateurs veulent désormais savoir exactement ce qu’ils mettent dans leurs corps», explique Jeannette Cornell, directrice marketing de Materne Amérique, après quelques années chez Kraft. « Les Américains sont de plus en plus nombreux à vouloir des produits sains, simples et naturels et des étiquettes, dont ils comprennent les ingrédients ». Cette nouvelle attitude assez largement encouragée par Michele Obama, la femme du président des Etats-Unis, dans la lutte qu’elle a engagée contre l’obésité , a amené les majors de l’industrie à profondément revoir leurs recettes. Kraft limite ainsi les colorants et les conservateurs tandis que Tyson a annoncé qu’il allait arrêter les antibiotiques dans la volaille. General Mills a renoncé aux OGM dans les céréales « Cheerios » et a réduit de 25 % le sucre dans les yaourts de Yoplait. Hershey veut arrêter les OGM et le lait issu de vaches piquées aux hormones de croissance... D’autres font la chasse arômes artificiels et aux pesticides dans leurs produits.

Le snacking reste une habitude, mais lui aussi fait son aggiornamento. « La tendance est aux produits transportables, sains, naturels, aux fruits », précise-t-on chez Materne, où l’on réfléchit aux alternatives aux chips dans les « lunch box », que les mères de famille préparent pour les enfants. Les gourdes de compote de fruit « donnent bonne conscience aux mamans ». Les gourdes qui mélangent fruits patates douces, citrouilles « habituent les enfants à manger des légumes », ajoute Jeannette Cornell.

Le mouvement de l’alimentation saine a démarré dans les milieux urbains et sur la côte ouest, mais la tendance se propage ailleurs, obligeant les industriels à revoir un modèle qui suscite de plus en plus de questions. La lutte contre l’obésité vise à rendre chacun plus responsable grâce à l’éducation dans les écoles et à des émissions télévisées destinées à éveiller l’intérêt pour la provenance, la qualité des produits et les méthodes de culture.

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 06:54

Provins : le généticien Axel Kahn «très favorable» aux OGM

L’assemblée générale de la FDSEA 77 a notamment pour but de permettre aux agriculteurs du département d’envisager l’avenir. Ce jeudi, à Provins, ils ont pu se projeter très loin grâce à l’intervention du célèbre généticien Axel Kahn. Amoureux du monde rural et de ses paysages, le scientifique s’est dit «très favorable» à l’utilisation des OGM dans les années futures.

«Un hectare de terre agricole devra nourrir entre six et sept personnes en 2050 contre 4,66 aujourd’hui, a rappelé Axel Kahn. Le défi est tel que refuser d’utiliser l’outil du transfert de gènes me semble injustifié et déraisonnable.» Un discours accompagné des applaudissements d’une bonne partie de la salle.

OGM La FNSEA prône un débat « plus ouvert » en France

31/05/2015 | Afp

Paris, 29 mai 2015 (AFP) - Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé vendredi que le sujet des OGM devait être débattu de façon plus ouverte en France, prônant l'innovation et la technologie dans l'agriculture.

Le sujet des OGM « doit être aussi débattu de manière peut-être plus ouverte qu'il ne l'a été jusqu'à maintenant », a dit M. Beulin au micro de la radio BFM Business, reconnaissant craindre un retard de la France sur ce dossier. « Je le crains, parce que autant sur la première génération des OGM, nous étions opposés nous-mêmes agriculteurs, (...) c'était plutôt une espèce de rente pour les grandes firmes agrochimiques », a-t-il déclaré. « Aujourd'hui, ce qui sort en matière de biotechnologies, c'est autre chose. Ce sont des qualités fonctionnelles des plantes », par exemple des réponses qui ne soient pas chimiques aux maladies des plantes, a expliqué le président du syndicat agricole majoritaire en France.

> M. Beulin a également vanté les mérites des drones en faveur d'une agriculture «plus raisonnée» qu'il utilise lui-même « de plus en plus » dans son exploitation de 500 hectares qu'il gère avec trois associés. « Nous allons pouvoir avec ces drones mesurer en temps réel la végétation de nos plantes, adapter les fertilisations qui sont nécessaires ou la quantité d'eau à apporter », a-t-il dit. La technologie « va nous aider » à développer « une agriculture beaucoup plus efficace, beaucoup plus économe », a-t-il ajouté. L'Union européenne a autorisé le mois dernier l'importation et la commercialisation de 19 OGM, sans attendre l'accord des Etats membres sur sa proposition de réforme leur permettant de les interdire sur leur territoire, au grand dam de la France et des écologistes. L'autorisation concerne 17 organismes génétiquement modifiés (OGM) destinés à l'alimentation animale et humaine, et deux fleurs

-L'administration du blogue vous invite aussi à lire reporterre qui en dit plus sur les arcanes gouvernementales et économiques d'un système d'empoisonnement généralisé que cette organisation tentaculaire et quasi-maffieuse ne le voudrait :

Accueil

ENQUÊTE - 5 - Xavier Beulin, l’homme aux mille bras

2 mars 2015 / Barnabé Binctin et Laure Chanon (Reporterre)

Note de l'administration du blogue :

Le nouveau système "à la carte " d'autorisation des OGM variables,bientôt(?)valable dans chaque état membre de l'UE , pourrait notamment compliquer le JUTEUX business du syndicat national de l'industrie de la nutrition ,(avec du soja modifié) ,des animaux d'élevage !
http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/alimentation-animale-pas-d-ogm-a-la-carte-pour-les-europeens-ag-snia-104797.html

Publié le jeudi 28 mai 2015 - 17h21

Les fabricants d'aliments pour animaux, réunis jeudi à Bruxelles à l'occasion de l'assemblée générale du Snia (Syndicat national de l'industrie de la nutrition animale) ne veulent pas d'autorisations des OGM variables dans chaque État membre.

« Nous avons été atterrés de découvrir, il y a peu, une proposition législative sur la possibilité pour un Etat membre de refuser ou limiter la commercialisation d'OGM sur son territoire. Nous demandons l'abandon d'un tel projet qui viderait de sens le marché unique pour nos métiers avec de très graves conséquences pour l'élevage français et européen », a estimé Alain Guillaume, président du Snia.

Le risque est grand de voir alors apparaître des distorsions de concurrence alors que le marché des productions animales est européen. « Nous ne sommes pas aujourd'hui à Bruxelles par hasard, pointe le président. Nous ne sommes pas assez présents physiquement ici. Le Parlement européen c'est 751 députés dont seulement 70 Français. Pourtant son importance est fondamentale avec la codécision », a rappelé le président.

Le dossier du médicament vétérinaire

« L'agriculture, l'agroalimentaire et l'élevage sont les premiers bénéficiaires d'un marché unique de 500 millions d'habitants et nous tenons plus que tout à sa consolidation », a-t-il poursuivi. Une position en phase avec celle de la députée européenne Françoise Grossetête, vice-présidente de la commission de l'environnement et de la santé du Parlement de Strasbourg, qui s'énerve contre la position dogmatique de certains de ses collègues dans cette commission.

« Cette position sur les OGM est un vrai recul mais je ne vois pas comment cela peut repartir en arrière. L'hétérogénéité entre pays c'est effectivement moins d'Europe », at-t-elle expliqué.

Par ailleurs rapporteur pour le dossier du médicament vétérinaire, la députée n'impose pas dans son texte un découplage pour les vétérinaires entre prescription et vente de médicaments alors que les pays du nord de l'Europe le voudraient. Les négociations seront encore serrées.

En attendant, les fabricants d'aliments rappellent qu'ils ont obtenu « des résultats significatifs en faisant reculer le recours à la médicalisation aussi bien par le conseil de conduite d'élevage de nos techniciens et ingénieurs que par des solutions nutritionnelles ».

Y.B.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:24

A cette occasion une pétition a été mise en ligne pour "un étiquetage obligatoire des produits alimentaires issus d'animaux nourris aux OGM "

OBJET de la pétition :

« Les citoyens consommateurs, les organisations de la société civile et membres notoirement connus du comité de soutien, soussignés,

Compte tenu :

- de l'interdiction de cultiver des OGM en France [6]

- des très nombreuses contestations, dans le monde entier, de l'innocuité des OGM et des pesticides [7]

- de la déclaration du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer dépendant de l'OMS Organisation Mondiale de la Santé) classant le glyphosate (molécule active du Roundup le pesticide le plus présent dans les OGM) comme « cancérogène probable » [8]

EXIGENT - en vertu du droit légitime à une information transparente du gouvernement français via ses ministres concernés :

- Stéphane Le Foll : Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt; porte-parole du Gouvernement

- Carole Delga : Secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire auprès du ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique

- Ségolène Royal : Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie [9]

QUE soit rendu OBLIGATOIRE dans un délai de 6 MOIS [10] l'ÉTIQUETAGE de tous les produits alimentaires issus d'animaux nourris aux OGM (plus des 3/4 [11] du cheptel français)

Pour en savoir plus :une pétition a été mise en ligne pour

[1] - [2] - [3] - [4] - [5] - [6] - [7] - [8] - [9] - [10] - [11]

-Article de Nice matin

http://www.nicematin.com/cannes/video-canular-anti-monsanto-a-cannes-pour-sauver-les-palmiers-de-la-cote-dazur.2224757.html

VIDEO. Canular "anti-Monsanto" à Cannes pour sauver les palmiers de la Côte d'Azur

Le Groupe d’action neo green a organisé, vendredi à Cannes, une conférence de presse en se faisant passer pour le géant américain des OGM. Sauf qu’un huissier mandaté par la firme a débarqué...

Pour présenter le produit miracle qui viendrait à bout du tueur de palmiers - l'horrible charançon rouge - quoi de mieux que le Festival de Cannes et sa légendaire palme pour tenir une conférence de presse. Signée "Monsanto", le leader mondial des biotechnologies agricoles.

Vendredi, à l'Hôtel 3.14, tout avait été minutieusement préparé pour tenir en haleine médias, spécialistes et farouches opposants à l'entreprise américaine.

Deux soi-disants représentants de la firme, deux palmiers en acier, un dossier de presse détaillé et des explications scientifiques que n'importe quel néophyte goberait.

Sauf que.

Sauf que derrière tout ça se cachait le Gang, Groupe d'action neo green et sa bande de Gang'sTerre. Une association qui vient de voir le jour et qui a décidé de dénoncer les pratiques de l'industrie agro-alimentaire, de l'agriculture industrielle et des géants de la chimie à travers des canulars. Bref, de l'humour et de l'ironie pour sauver la planète.

Pendant plus d'une demi-heure, les Gang'sTerre ont donc dévoilé le produit miracle. Poussant même la parodie jusqu'à révéler que les dernières recherches scientifiques permettraient de donner aux palmiers de la Croisette des reflets d'or !

Canular anti-Monsanto à Cannes par nice-matin

T.shirt "anti-Monsanto" sur le dos, quelques opposants du géant américain sont tombés dans le panneau.

Critiquant - très sérieusement - sa politique et ledit produit miracle. Sans pour autant déstabiliser les deux Gang'sTerre.

Plainte déposée

Jusqu'à l'arrivée d'un huissier. Un vrai.

Me Nicolas, envoyé par Monsanto, mis au fait de cette factice conférence de presse et qui avait tenté de l'interdire.

Celui-ci a accusé les intervenants d'usurpation d'identité et les a menacés de poursuites judiciaires. Une plainte a d'ailleurs été déposée.

De son côté, Gang assure que diverses personnalités ont posé avec le GMO Golden Palm Tree, "un Trophée or en forme de palmier attribué à Monsanto pour son excellence technologique" (Sienna Miller et Megan Ellison, Rossy de Palma, Mélanie Thierry, Cécile Cassel, Aymeline Valade, Aure Atika, Audrey Marney…).

Marche samedi à Nice

Samedi, une marche contre Monsanto est organisée à travers le monde.

En France, une trentaine de villes y participent, dont Nice où le rendez-vous était fixé à 14 heures, place Garibaldi.

"Cette opération est un moyen de révéler une récente autorisation en Europe de commercialiser dix-neuf OGM jusqu'alors interdits dont onze de la marque Monsanto, explique Gang. Négociée dans la plus grande opacité au sein de l'Union européenne, cette autorisation concerne des OGM destinés pour la plupart à la consommation animale."

Quant aux Gang'sTerre, ils promettent de réitérer "ncognito des actions anonymes, espiègles et surtout imprévisibles."

Mais pendant ce temps, le charançon rouge se délecte…

MonGoldPalm® un procédé révolutionnaire à destination de la sauvegarde des palmiers de la Côte d'Azur.

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