Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 06:21

Criminel, Greenpeace ?

LE MONDE | 04.07.2016 Par Stéphane Foucart

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2016/07/04/criminel-greenpeace_4962972_3244.html

Le Monde | 04.07.2016 à 06h42 • Mis à jour le 04.07.2016 à 10h41 | Par Stéphane Foucart

Ces jours-ci, la presse fait des gorges chaudes d’une lettre ouverte lestée d’une autorité écrasante : elle est signée par une centaine de Prix Nobel. Et si elle fait couler tant d’encre, c’est que l’outrance du message qu’elle véhicule est proportionnelle au prestige de ses signataires. Selon eux, l’organisation Greenpeace est, ni plus, ni moins, coupable de « crime contre l’humanité ».

L’histoire est simple comme un message publicitaire. Greenpeace s’oppose aux organismes génétiquement modifiés (OGM) et, incidemment, au « riz doré » — un riz transgénique présumé capable d’apporter un surcroît de vitamine A. Or, dans les pays du Sud, rappellent les signataires, les carences en vitamine A conduisent à ce que, chaque année, jusqu’à un demi-million de jeunes perdent la vue, voire meurent. Donc Greenpeace est responsable de la mort de ces enfants.

« Nous appelons les gouvernements du monde à rejeter la campagne de Greenpeace contre le riz doré, en particulier, et contre les cultures et aliments améliorés grâce aux biotechnologies en général, écrivent les Nobel. Et de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour s’opposer aux actions de Greenpeace et accélérer l’accès des agriculteurs à tous les outils de la biologie moderne, spécialement les semences améliorées par les biotechnologies. »

La conclusion tombe, terrible : « Combien de pauvres gens doivent mourir avant que nous considérions cela comme un crime contre l’humanité ? »


Amalgame

Ces quelques phrases mises bout à bout forment une sorte de bonneteau mental qu’il faut décortiquer. D’abord, elles suggèrent que Greenpeace est coupable d’avoir bloqué la commercialisation du riz doré, se rendant ainsi responsable de la mort de centaines de milliers de « pauvres gens » ; ensuite, elles construisent un amalgame entre biotechnologies et action humanitaire, forgeant l’idée que la fonction première des OGM est de sauver des vies. Or tout cela est faux.

Bien sûr, Greenpeace a, et de longue date, fortement critiqué les efforts de l’International Rice Research Institute (IRRI) — l’organisation à but non lucratif basée aux Philippines et chargée de travailler sur les variétés de riz — pour développer le riz doré. L’association écologiste estime que celui-ci détourne l’attention du vrai problème (la pauvreté et l’accès à une nourriture diversifiée), qu’il échouera, que son innocuité n’est pas prouvée, qu’il ouvrira la porte aux OGM commerciaux, etc.

Il est permis de penser que cette posture exhibe la face la plus dogmatique et la plus sombre de l’ONG : si la diffusion de cette technologie avait ne serait-ce qu’une chance d’améliorer l’état de santé de millions de gens, pourquoi ne pas essayer ?


Greenpeace nullement responsable

Mais, pour essayer, il faudrait que le riz doré soit disponible, et il ne l’est pas. « En dépit de ce que ces lauréats du prix Nobel ont été amenés à penser, le riz doré n’est pas, et n’a jamais été, bloqué par l’opposition publique ou par Greenpeace, explique l’anthropologue Glen Stone, professeur à l’université Washington de Saint-Louis (Etats-Unis), qui a conduit, quatre années durant, un programme de recherche sur la riziculture aux Philippines. Le riz doré n’est tout simplement pas encore au point. »

L’IRRI, en collaboration avec l’Institut de recherche philippin sur le riz, a ainsi mené un essai sur plusieurs parcelles en 2012 et 2013, mais le riz doré « a montré des rendements inférieurs à la même variété dépourvue du transgène », raconte M. Stone. Les deux instituts n’ont donc pas encore soumis le fameux « golden rice » aux autorités de régulation à des fins d’homologation.

Quant à la destruction d’une parcelle expérimentale, en 2013 (par des activistes locaux), précise M. Stone, elle « s’est produite après l’achèvement de l’essai et n’a concerné qu’une petite parcelle de test, parmi des dizaines ». Greenpeace formule donc des critiques contre les OGM, avec des arguments parfois en rupture avec le consensus scientifique, mais n’est nullement responsable du non-recours au riz doré.


« Manipulation »

« Cette histoire semble plutôt relever d’une manipulation de l’opinion publique par l’utilisation de scientifiques qui ne sont pas informés des faits sur le sujet », conclut le professeur américain à propos de la motion des Nobel. Le mathématicien Philip Stark (université de Californie, à Berkeley) a, de son côté, compté parmi eux « un Nobel de la paix, 8 économistes, 24 physiciens, 33 chimistes et 41 médecins ».

« La science repose sur des preuves, pas sur l’autorité, a-t-il ajouté sur Twitter. Que connaissent-ils de l’agriculture ? Ont-ils conduit des travaux pertinents sur le sujet ? »

L’organisation de la campagne soulève aussi quelques questions. Celui qui contrôlait l’entrée de la conférence de presse de lancement, le 29 juin, au National Press Club de Washington, n’était autre que Jay Byrne, ancien directeur de la communication de Monsanto et désormais PDG de v-Fluence, une firme de relations publiques… Interrogé, M. Byrne assure cependant qu’il s’est « porté volontaire bénévolement pour aider à la logistique » et qu’il n’a plus aucun lien d’aucune sorte avec Monsanto.

L’initiative arrive en tout cas au meilleur moment possible pour l’industrie. D’abord, le débat sur l’étiquetage des aliments transgéniques fait rage aux Etats-Unis. Ensuite, le glyphosate – l’herbicide compagnon de la grande majorité des OGM en culture – vient d’être classé « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer. Enfin, les discussions battent leur plein pour savoir si les prochaines générations d’OGM seront soumises à des contraintes réglementaires… Sur tous ces sujets, faites attention à ce que vous direz ou écrirez : selon de nouvelles normes en vigueur, vous pourriez vous rendre complice d’un « crime contre l’humanité ».

-Précision de l'administration du blog inspirée de la prise de position de scientifiques impliqués dans l'élaboration de ce produit ,lou débat doure toujours ! :

Dans une lettre datée de 2001 le professeur Ingo Potrykus, défendait "son" Riz doré, Le chef de l’équipe qui a développé le Riz doré à l’Ecole Polytechnique de Zurich (ETH) disait en substance :

-"Si vous avez l'intention de détruire des essais pour empêcher l'expérimentation et le développement responsable du Golden Rice à des fins humanitaires, vous serez accusés de participation à un crime contre l'humanité. Vos actions seront enregistrées avec soin et vous devrez, je l'espère, défendre vos actions illégales et immorales devant une court internationale. ».

(Dans un mail l'année précédente , il demandait même un…. Tribunal de Nuremberg contre les opposants aux OGM qui auraient des "millions de morts sur la conscience en refusant les OGM". Très clairement les anti-OGM étaient assimilés à des nazis, excusez du peu !)

En 2011 étaient dévoilés les plans d’Europabio pour trouver des « ambassadeurs » en faveur des OGM : http://www.amisdelaterre40.fr/spip/spip.php?article64

D'autre part, dès 2001, la biologiste suisse Floriane Koechlin faisait une des meilleures critiques de ce riz issu d’une pensée technico-scientiste et présentait des expériences de terrains menées avec des …paysannes pour lutter contre la déficience en pro-vitamine A dans les pays pauvres : http://www.amisdelaterre.org/Riz-dore-ou-Golden-rice-prouesse.html

Pour ne pas rester sur l'idée que les techno-sciences seraient à elles seules en mesure de résoudre les grands problèmes de l'humanité, l'auteur d' Intelligence Verte | Pour la sauvegarde de la biodiversité propose d'introduire dans ce débat sur la cécité nutritionnelle,une information connue depuis des décennies à propos du béta-carotène précurseur de la provitamine A.:

"Il existe un produit agricole, très facile à cultiver, qui pousse sous toutes les latitudes,

et se conserve naturellement... il s'agit d'une petite cucurbitacée de la famille des "Maxima"

qui est connue sous le nom de "POTIMARRON" ( Potiron doux de Chine ou encore Uchi Kuri au Japon).

Il se trouve que nous avons travaillé sur ce légume-fruit, sous contrat européen en 1992, et auparavant

dans les années 80 avec le Professeur André Rougereau de la Faculté de Pharmacie de Tours,

fondateur de l'Institut de Nutrition d'Amboise.

Nous y avons trouvé une "mine d'or" de nutriments, dont le fameux béta-carotène (2 fois plus que dans

les carottes) 17 m/gr au 100 gr, contre 8 m/gr dans les carottes...

La culture est d'une simplicité biblique, à la portée de tous, et les résultats en terme de nutriments, sont étonnants.

Il donne de bon résultats en Europe, en Afrique, en Asie et sur le continent américain d'où il est originaire (Amérique pré-Colombienne)

Il peut sauver des milliers d'enfants de la cécité nutritionnelle, et en plus il est délicieux (goût de purée de châtaigne).

Voila, c'est une bouteille à la mer pour stimuler la curiosité et la créativité "altruiste", car les semences sont encore libres de droit et facile

à reproduire... (Monsanto ne s'en est pas encore emparé...)"

-Un débat faussé par l'agro-industrie ,et qui dure encore quinze ans après avec des scientifiques à la ramasse de l'industrie des pesticides !

OGM : une centaine de Prix Nobel (quatre Français) déclarent la guerre médiatique à Greepeace

Bonjour

Un Nobel, combien de nouveaux militants ? L’annonce officielle sera faite aujourd’hui depuis le National Press Club de Washington, DC . L’information commence toutefois à circuler depuis quelques heures. En France elle est relayée par l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS). Plus de 100 lauréats du Prix Nobel (dont les Français Claude Cohen-Tannoudji, Roger Guillemin, Serge Haroche et Jean-Marie Lehn) viennent de publier une déclaration solennelle à l’adresse de l’association Greenpeace mais aussi de l’ONU et des « gouvernements du monde entier » 1.

Objectif : en finir avec les campagnes (souvent virulentes) des organisations qui s’opposent aux organismes végétaux génétiquement modifiés (OGM) ; laisser se développer et utiliser les applications des nouvelles techniques génétique de sélection végétale.

Fondements scientifiques et politique

Les Prix Nobel mettent tout particulièrement en avant le cas du « Riz Doré » - un riz génétiquement modifié qui permettrait selon eux de soigner des centaines de milliers de personnes (des enfants notamment) victimes de déficience en vitamine A responsable de cécité dans de nombreux pays du tiers monde.

En France cette action a aussitôt été soutenue par l’AFIS. Via sa revue Science & pseudo-sciences cette association dénonce régulièrement les actions d’opposition violente aux projets de recherche sur les plantes génétiquement modifiées ainsi que « l’absence de fondement scientifique aux diverses décisions politiques prises en la matière ». « Puisse cette lettre ouverte historique de 100 scientifiques lauréats du Prix Nobel aider des yeux et des esprits à s’ouvrir » écrit cette association.

Espace capitalistique

Au-delà du cas emblématique du « Riz Doré », cette action marque, plus généralement et de manière spectaculaire, une nouvelle étape dans l’affrontement entre deux conceptions de l’usage qui, dans l’espace capitaliste et du libre marché, peut être fait des nouvelles techniques de modification du vivant à des fins agricoles, médicales et de santé publique.

C’est aussi, une forme de révolte médiatique dont les enjeux matériels et éthiques apparaissent considérables. Un phénomène qui dépasse l’affrontement traditionnel entre les scientistes et les écologistes, entre le mal et le bien. C’est dire s’il mérite d’être rapporté, analysé, commenté. Ce pourrait être, qui sait, le feuilleton de l’été et des saisons qui suivront.

A demain

1 « Lettre de soutien de Prix Nobel à l’agriculture de précision (OGM) :

« A l’attention des dirigeants de Greenpeace, des Nations Unies et des Gouvernements à travers le monde L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture a noté que la production mondiale de denrées alimentaires, d’aliments pour animaux et de fibres aura quasiment besoin de doubler d'ici 2050 pour répondre aux besoins d'une population mondiale croissante. Les organisations opposées à la sélection végétale moderne, avec Greenpeace à leur tête, ont constamment nié ces faits et se sont opposées aux innovations biotechnologiques dans l'agriculture. Elles ont déformé leurs risques, leurs avantages et impacts, et ont soutenu la destruction criminelle des essais sur le terrain approuvés et des projets de recherche.

Nous exhortons Greenpeace et ses partisans à réexaminer l'expérience acquise par les agriculteurs et les consommateurs du monde entier avec des cultures et des aliments améliorés grâce aux biotechnologies, à reconnaître les résultats des organismes scientifiques compétents et des agences en charge de la réglementation, et d'abandonner leur campagne contre les «OGM» en général et contre le Riz Doré en particulier. Toutes les agences scientifiques et réglementaires à travers le monde ont établi de manière répétée et cohérente que les cultures et les aliments améliorés grâce aux biotechnologies sont aussi sûrs, sinon plus, que ceux provenant de toute autre méthode de production. Il n'y a jamais eu un seul cas confirmé d'un résultat négatif sur la santé pour les humains ou les animaux dû à leur consommation. Il a été montré à plusieurs reprises que leurs impacts environnementaux sont moins dommageables pour l'environnement et qu’ils représentaient une opportunité pour la biodiversité dans le monde.

Greenpeace a été le fer de lance de l’opposition contre le Riz Doré, qui a le potentiel de réduire ou d'éliminer la plupart des décès et maladies causées par une carence en vitamine A (CVA), dont l’impact est le plus fort sur les populations les plus pauvres en Afrique et en Asie du Sud-Est. L'Organisation mondiale de la Santé estime que 250 millions de personnes souffrent de cette carence en vitamine A, et 40% des enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement. Sur la base des statistiques de l'UNICEF, un total de un à deux millions de décès évitables surviennent ainsi chaque année parce que la carence en vitamine A compromet le système immunitaire en mettant les bébés et les enfants en grand danger. La carence en vitamine A elle-même est la principale cause de cécité infantile affectant globalement 250.000 à 500.000 enfants chaque année. La moitié d’entre eux meurent dans les 12 mois du fait de la perte de vision.

NOUS APPELONS GREENPEACE à cesser sa campagne contre le Riz Doré en particulier et contre les cultures et les aliments améliorés grâce aux biotechnologies en général.

NOUS APPELONS LES GOUVERNEMENTS DU MONDE ENTIER à rejeter la campagne de Greenpeace contre le Riz Doré en particulier et contre les cultures et les aliments améliorés grâce aux biotechnologies en général et de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour s’opposer aux actions de Greenpeace et accélérer l'accès des agriculteurs à tous les outils de la biologie moderne, en particulier des semences améliorées par les biotechnologies. L’opposition basée sur l'émotion et le dogme, et contredite par les faits, doit être stoppée. Combien de pauvres gens dans le monde doivent mourir avant que nous considérions cela comme un crime contre l'humanité ?

Cordialement»

Liste des 107 Prix Nobel signataires : http://supportprecisionagriculture.org/nobel-laureate-gmo-letter_rjr.html

Greenpeace répond à l'appel des prix Nobel pro-OGM - Libération

Plus d'une centaine de lauréats avait signé une lettre mercredi pour appeler l'ONG, les gouvernements et l'ONU à reconsidérer les organisme génétiquement modifié, et principalement le riz doré.

«Nous appelons Greenpeace à cesser sa campagne contre le riz doré en particulier, et contre les cultures et les aliments améliorés […] Combien de pauvres gens dans le monde doivent mourir avant que nous considérions cela comme un crime contre l’humanité ?»

Formule de politesse. Et, c’est ça le plus étonnant, au bas de la lettre, les signatures de plus de cent prix Nobel, principalement de chimie, physique et médecine. Quelques lauréats d’économie, de littérature et de la paix ont également émargé. On y recense d’ailleurs quatre Français.

La missive, publiée mercredi, soutient «l’agriculture de précision», en d’autres termes, les organismes génétiquement modifiés (OGM). «Nous sommes des scientifiques. Nous comprenons la logique de la science», assure Richard Roberts, chef du bureau scientifique du New England Biolabs, l’un des initiateurs de la lettre.

«Il n’y a jamais eu un seul cas confirmé d’un résultat négatif sur la santé pour les humains ou les animaux, dû à leur consommation», avance la lettre. Mais, rétorque Greenpeace, si rien de négatif n’est confirmé, rien de positif non plus n’a été prouvé. «Depuis vingt ans, des recherches sont réalisées mais rien n’a abouti. C’est l’Institut international de recherche sur le riz qui le dit», rappelle Suzanne Dalle, chargée de campagne Agriculture à Greenpeace France. Le plus déconcertant, pour elle, c’est le postulat de départ : «Les OGM ne permettent en rien de sauver des vies ! L’impact environnemental est énorme. Les conséquences, on les connaît.» Aux Etats-Unis, elles sont déjà visibles : les «superweeds», de grandes herbes résistantes au glyphosate, désherbant notamment commercialisé par Monsanto sous le nom commercial Roundup, inquiètent d’ailleurs l’ONG.

Le riz doré, encore en test

Pour appuyer leurs arguments, les signataires nobélisés s’appuient sur l’exemple du riz doré. Cet aliment est génétiquement modifié pour produire et accumuler du pro carotène. Une fois consommé, cela se transforme en vitamine A. En 2013, l’organisation mondiale de la santé estimait à 250 millions le nombre d’enfants de moins de 5 ans touchés par une carence en vitamine A. Une déficience qui provoque entre 250 000 et 500 000 cécités et une mortalité pour la moitié d’entre eux, dans l’année suivante.

En lisant la missive de soutien aux OGM, le riz doré s’imposerait alors comme une solution toute trouvée, «c’est comme s’il s’agissait d’un projet humanitaire», note la chargée de mission de Greenpeace. Sauf qu’en lisant les rapports de l’Institut international de recherches sur le riz, on se rend compte que rien n’est encore prouvé et que nous en sommes encore qu’aux étapes de recherches : «Il n’a pas été déterminé que la consommation quotidienne de riz doré augmentait le taux de vitamine A chez les personnes déficientes et qu’il pourrait réduire les éventuelles causes d’une cécité.» «Dans les premiers tests, il fallait consommer 6 kg de riz doré par jour pour assurer les besoins en vitamine A, ajoute Suzanne Dalle, de Greenpeace. C’est impossible !»

Cheval de Troie

Pour la représentante de l’ONG, l’argument est semblable à un cheval de Troie : «C’est un mirage complet pour faire croire que les OGM seraient la solution à la faim dans le monde, en le présentant comme quelque chose de miraculeux.» Or l’organisation de défense environnementale ne manque pas de rappeler que les OGM sont souvent destinés à l’alimentation animale, à la production d’agrocarburants ou utilisés pour le textile, «rien à voir avec la lutte contre la faim en Asie ou en Afrique». La solution prônée serait plutôt une meilleure répartition alimentaire, «le défi n’est pas une augmentation de la production partout mais seulement là où les rendements sont les plus bas».

En filigrane, l’autre sujet qui inquiète Greenpeace à travers la lettre semble être l’arrivée des «nouveaux OGM» : des produits qui sont issus de techniques in vitro et dont la réglementation n’a pas encore été fixée en France.

Riz doré : tout ce qui brille n'est pas or | Greenpeace France

Riz doré : promesses non tenues

Connu sous le nom de « riz doré », cet OGM est pourtant loin d’être une idée brillante. Après 20 ans de recherche, il n’a apporté aucune solution et n’est toujours pas disponible à la vente. De l’aveu même de son concepteur, l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI), il n’existe aucune preuve que le riz doré soit une solution à la carence en vitamine A (CVA), l’une des principales sources de malnutrition à travers le monde.

Certains scientifiques nous ont accusés jeudi dernier dans la presse de paralyser le développement du riz doré. Nous ne pouvons que nous en remettre aux faits : le riz doré n’existe pas. C’est une impasse, une expérimentation coûteuse et ratée. En revanche, des millions d’agriculteurs aux Philippines et de par le monde ont besoin d’un soutien approprié. Ce n’est pas seulement notre point de vue, c’est aussi celui de scientifiques spécialistes de la question dont les travaux ont été publiés dans plusieurs revues scientifiques.

Polémique à un moment opportun pour le lobby pro-OGM

Le cas du riz doré ne refait pas surface par hasard. En effet, dans l’État du Vermont, aux États-Unis, l’étiquetage des OGM devrait devenir obligatoire le 1er juillet 2016. Ce serait une grande première et un grand revers pour l’industrie des OGM. Cependant, le Sénat a proposé l’adoption d’une loi fédérale qui primerait sur la loi de l’État et donnerait bien plus d’amplitude aux industriels quant à l’étiquetage de leurs produits.
Autre hasard du calendrier : cette offensive précède des échéances dans les semaines et mois à venir sur la question des « nouveaux OGM », en Europe notamment.

Le riz doré, cheval de Troie des OGM

Le riz doré est un cheval de Troie du lobby pro-OGM qui espère, grâce à celui-ci, ouvrir la voie vers une autorisation globale des plantes génétiquement modifiées. L’argument de lutte contre la faim n’est qu’un argument marketing pour tenter de faire accepter les OGM.

Le développement, l’utilisation et l’efficacité de technologies telles que l’ingénierie génétique, ne devraient pas être évalués d’un point de vue unique – c’est-à-dire, dans le cas présent, le point de vue technocrate de scientifiques occidentaux. En 2008, l’Évaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles pour le développement (IAASTD), issue de la collaboration de 400 experts agricoles, a évalué la question de l’ingénierie génétique selon une approche multidisciplinaire. D’après cette évaluation, il est clair que les OGM ne sont pas la solution aux problèmes urgents de résilience climatique, d’impact écologique et d’insécurité alimentaire. Au contraire, ils sont sources de problèmes supplémentaires : utilisation de pesticides, domination du marché par quelques multinationales et incertitudes fondamentales quant à notre capacité à nourrir la planète si le paradigme de l’agriculture haute-technologie persiste.

Greenpeace a publié aussi depuis des années des dizaines de rapports scientifiques qui montrent que les OGM n’ont rien tenu des grandes promesses d’augmentation de rendements agricoles, et donc finalement n’ont en rien contribué à la baisse de l’insécurité alimentaire ou de la malnutrition dans le monde. Ils n’ont tout simplement pas été conçus pour ça.

La seule solution : l’agriculture durable

Pour Greenpeace, l’agriculture n’est pas qu’une activité technologique ou de production complètement désolidarisé de la biodiversité et de l’environnement. Nous soutenons un modèle d’agriculture sain, débarrassés des intrants issus de l’agrochimie ou des biotechnologies, plus harmonieux avec la nature, qui fonctionne avec elle et pas contre elle, qui rompt avec la tendance aux monocultures sur des étendues toujours plus vastes et qui s’adapte aux particularités de chaque population.

Plutôt que de soutenir des expérimentations coûteuses comme le riz « doré », qui n’a produit aucun résultat en 20 ans, les scientifiques du monde entier devraient se concentrer sur le développement de la résilience climatique du système agricole mondial. La réponse à la malnutrition se trouve dans un régime varié, dans un accès équitable à l’alimentation et dans un modèle agricole écologique résilient aux changements climatiques.

Des techniques modernes de sélection végétale, sans modifications génétiques, existent et font partie de la solution. La sélection assistée par marqueurs, par exemple, permet d’identifier les cultures aux caractéristiques avantageuses telles qu’une teneur plus élevée en vitamines et minéraux, une résilience aux changements climatiques ou encore une résistance à certaines maladies. Là où il est mis en œuvre, ce modèle, aux coûts économiques et environnementaux réduits, s’avère bien plus efficace pour répondre à la crise agricole et alimentaire que l’ingénierie génétique ne l’a été jusqu’alors.

Aux Philippines, pays où siège l’IRRI, en l’absence de solution promise par les défenseurs de l’ingénierie génétique, les agriculteurs travaillent chaque jour à la production d’une nourriture saine qui nourrira les familles philippines et leur permettra de résister aux impacts des changements climatiques. Dans ce pays, les périodes de sécheresse et les typhons n’attendent pas, et les agriculteurs philippins ne peuvent pas attendre la panacée. Il existe déjà des alternatives sûres et efficaces pour les aider à nourrir leurs communautés.

Le riz doré, la caution morale des OGM

Novethic‎

Greenpeace attaqué par des Nobel. Enquête sur un jeu de dupes

La ficelle est grosse mais l’immense majorité de la presse et des observateurs internationaux a fait mine de ne pas la voir. Il faut dire que les titres sont racoleurs : 108 éminents prix Nobel prennent la plume pour condamner les campagnes anti OGM de Greenpeace pour « crime contre l’humanité » ! Toute la presse internationale en fait ses gros titres. On peut en effet, impressionné par autant de sciences rassemblées sous le même texte, douter de la pertinence des actions de l’ONG contre les OGM en général et la modification génétique du riz doré en particulier. Les mots sont forts et percutants. Peut-être un peu trop pour être honnêtes. Alors, manipulation savamment orchestrée ou subtil jeu de dupes ? Enquête dans un monde d’intérêts intriqués.

Revenons sur les origines de cette histoire. Jeudi dernier, à Washington, une conférence est réunie dans le cadre du très prestigieux National Press Club. C’est le lieu choisi pour dévoiler une lettre ouverte signée par 108 prix Nobel. La lettre exige que Greenpeace cesse ses campagnes contre le riz doré, demande que les gouvernements interviennent pour convaincre l’ONG et dénonce l’inconscience de cette dernière qui met en danger la vie de millions d’êtres humains.

Les mots sont violents, fortement chargés émotionnellement, suffisamment percutants pour s’assurer des reprises de presse conséquentes et un buzz de taille dans les réseaux sociaux.

Le contenu de la lettre est un plaidoyer pour le recours à une agriculture ouverte aux biotechnologies. En exhortant Greenpeace à mettre fin à son opposition aux organismes génétiquement modifiés (OGM), la lettre exige notamment que l’ONG cesse ses efforts pour bloquer l’introduction d'une souche génétiquement modifiée de riz, le Golden Rice, dont les signataires affirment qu'elle pourrait réduire les carences en vitamine A et réduire ainsi la cécité et la mort chez les enfants dans les pays en développement, principalement en Afrique et en Asie du Sud-Ouest.

Les signataires appellent les gouvernements à rejeter les campagnes menées par Greenpeace contre l’utilisation des biotechnologies, et à permettre l’accès des agriculteurs à tous les outils de la biologie moderne, et plus particulièrement les semences améliorées par les biotechnologies.

La lettre se termine par une question enflammée : « Combien de pauvres gens dans le monde doivent mourir avant que nous considérions cela comme un crime contre l'humanité ?»

Rhétorique d’autorité

Le texte fait appel à une rhétorique inhabituelle chez les scientifiques. De plus, curieusement pour une lettre signée par des prix Nobel, la dimension scientifique est réduite à la portion congrue, singulièrement anecdotique. La missive n’entre pas dans le détail des bienfaits ou méfaits du riz doré génétiquement modifié. Celui-ci a fait l’objet depuis de nombreuses années de querelles d’experts passionnées. La lettre se positionne sur un autre registre que celui de l’expertise : elle affirme le registre de l’autorité.

Inutile donc de s’étonner de ne voir dans la liste des signataires qu’un nombre très restreint de personnalités spécialisées dans le domaine concerné. On dénombre un prix Nobel de la paix, 8 économistes, 24 physiciens, 33 chimistes, 41 médecins. Les spécialistes des questions agricoles se comptent à grand peine sur les doigts de la main. La caution du prix Nobel suffit pour impressionner et rendre crédible le contenu du texte.

Devon G. Peña est un anthropologue mondialement réputé de l'Université de Washington à Seattle. Cet expert en agriculture indigène affirme que cette lettre est « honteuse ». Il déclare, s’adressant aux signataires : « Vous devriez tous être dépouillés de vos Nobels ! »

Arnaud Apoteker, spécialiste français reconnu des OGM, qui fut il y a quelques années membre de Greenpeace, se demande comment ces personnalités ont pu « signer un texte qui n’a strictement rien de scientifique, qui joue sur l’émotionnel et n’apporte rien au débat ». Il nous demande : « ont-ils seulement lu le texte ? ». Des prix Nobel qui auraient apporté une signature de complaisance à une pétition, une parmi tant d’autres pour lesquels ils sont quotidiennement sollicités ?

Qui se cache derrière cette opération ?

Peut-être. Mais il faut aller plus loin et comprendre qui se cache derrière cette opération.

La première source est officielle. La campagne contre Greenpeace est menée par Sir Richard J. Roberts, prix Nobel de médecine 1993 avec Phillip Allen Sharp pour leurs travaux sur l'épissage alternatif et la découverte des introns.

Richard Roberts est actuellement le directeur scientifique de New England Biolabs. Cet organisme est un collectif de scientifiques engagés à développer des produits innovants pour l'industrie des sciences de la vie. C’est un chef de file mondialement reconnu dans la découverte, le développement et la commercialisation d'enzymes recombinantes et natives pour la recherche en génomique. Il n’en demeure pas moins que Richard Roberts affirme n’avoir « aucun intérêt financier dans la recherche sur les OGM ».

Phillip Sharp, son co-lauréat du Nobel , désigné lui aussi par le Washington Post comme un des organisateurs de cette opération, est aussi entrepreneur et a fondé et dirige plusieurs sociétés de biotechnologies dont Biogen et Alnylam Parmaceuticals.

Soupçon de conflit d’intérêt mis de côté, il est peu probable que ces scientifiques aient pu, seuls, convaincre la centaine de prix Nobel qui ont signé la lettre. Pour parvenir à mener une campagne médiatique d’une telle envergure, il faut une puissance de frappe supérieure.

Une expression attire l’attention dans le contenu de la lettre. C’est celle de « crime contre l’humanité ». Cette formule n’est pas nouvelle puisque déjà en 2014, elle apparaît dans les messages d’un pourfendeur des anti-OGM, le sulfureux Thomas Moore. Ce personnage est un des treize cofondateurs de Greenpeace qui, après avoir passé plusieurs années à combattre les OGM au sein de l’ONG, s’est finalement reconverti en professionnel de l’activisme pro-OGM. Une sorte de moine-soldat défroqué. Son obsession ? Attaquer les campagnes de Greenpeace contre le riz doré. Son support principal est un site de propagande « Allow Golden Rice Now » qui affiche sur sa page d’accueil le slogan : « Preventing is a crime against humanity ». La proximité de Thomas Moore avec Monsanto est notoire. Il est en effet l’un des ardents défenseurs de la firme allant jusqu’à affirmer que l’on peut boire un verre de Roundup tant ce produit est inoffensif pour la santé humaine. Seulement quand un journaliste de Spécial investigation de Canal + le prend au mot et lui offre de boire un godet de ce pesticide, la dérobade est un moment amusant de télévision : https://youtu.be/ovKw6YjqSfM

Monsanto ? Cette firme controversée serait donc derrière la lettre des Nobel ? Cela est difficile à prouver mais quelques faits sont troublants. Lors de la conférence de presse de lancement de cette lettre, le public a été soigneusement trié sur le volet. N’entrait pas n’importe qui dans le prestigieux PressClub de Washington. Des journalistes et des invités soigneusement accrédités ; les autres étant refoulés. Tim Schwab de l’ONG Food & Water Watch et membre représentatif de Greenpeace s’est vu ainsi interdire l’entrée. Il en fut de même pour Charlie Cray, chercheur chez Geenpeace.

Et qui faisait figure de « videur » ? Un certain Jay Byrne, qui fut longtemps l’un des responsables des relations publiques de… Monsanto. Il dirige aujourd’hui une agence de relations publiques qui conseille les sociétés de biotechnologie, les industriels des OGM et des semences, v-Fluence.

Stratégie de communication

L’opération serait donc menée par des communicants de l’industrie des OGM ? On s’en doutait un peu mais pourquoi maintenant ? Pourquoi le 30 juin ? Pourquoi jouer aussi habilement sur la corde émotionnelle en recrutant une armée de prix Nobel ?

Parce que la date est hautement stratégique.

Le 21 juin, le Président de la Commission du Sénat américain sur l’agriculture, Pat Roberts et Debbie Stabenow ont publié un projet de loi visant à exiger l’étiquetage obligatoire de la plupart des aliments contenant des ingrédients génétiquement modifiés. Ce projet de loi vient au vote du Sénat la première semaine de juillet.

Une campagne intense de lobbying est donc menée sous la bannière supportprecisionagriculture.org . Ce site est, il est utile de le préciser, le support de la pétition des prix Nobel. Le financement de ce site est inconnu mais son directeur exécutif Jon Entine s’en sert de plateforme pour attaquer régulièrement les journalistes et les scientifiques qui émettent des préoccupations au sujet des risques sanitaires et environnementaux des OGM. Un organisme qui serait ainsi l’arme de promotion de l’industrie des OGM et qui ne cache pas ses liens avec… Monsanto, encore.

Entine est, par surcroît, le directeur executif du Genetic Literacy Project (GLP) qui promeut les OGM et les pesticides. Cet organisme affirme être « financé par des subventions de fondations non partisanes » sans jamais préciser desquelles il s’agit, ni si des associations ou des firmes ayant des intérêts dans l’agrochimie le soutiennent. Or cet organisme a monté une opération visant à former les scientifiques dans les « débats sur les OGM avec un public sceptique ». Opération de formation financée par… Monsanto. Encore. La main du marché

En publiant la lettre signée par 108 prix Nobel, la campagne de communication des défenseurs des OGM vise à faire passer l’idée d’une « exception humanitaire » : les OGM et les biotechnologies notamment agricoles sont peut-être porteurs de dangers, mais ils sauvent des vies humaines. S’y opposer est un crime contre l’humanité. Argument déjà maintes fois employé mais qui prend aujourd’hui une force médiatique inouïe. Le coup est fort et il vise plus loin que les simples OGM. En effet, les biotechnologies disposent d’armes comme le CRISPR permettant de modifier des organismes vivants sans traces, sans ajouts extérieurs. Simplement en éditant le patrimoine génétique. En ligne de mire de cette opération, ces « nouveaux OGM » représentent un marché considérable pour les industriels de l’agriculture, de l'agrochimie et des biotechnologies.

La lettre des Nobel est un coup d’éclat, mais elle est surtout extrêmement révélatrice du trouble qui agite les opinions quand il s’agit des biotechnologies en général et de celle qui concernent l’agriculture et notre alimentation en particulier. Il est étonnant en effet de constater que les progrès scientifiques sont acceptés sans grands heurts quand il s’agit de lutte contre le changement climatique ou de vaccination ou encore de progrès médicaux. Mais quand il s’agit de l’avenir agricole de la planète, d’agrostratégie ou de sécurité alimentaire, les débats prennent facilement un tour hystérique.

Le débat sur le Golden Rice est emblématique. Il dure depuis des années, et fait s’affronter les protagonistes du pour et du contre OGM dans des joutes extrêmes. Pourtant les deux camps présentent des arguments rationnels qui se tiennent. Greenpeace dénonce l’absence d’étude suffisantes sur l’innocuité de ce riz modifié sur la santé humaine. Pour l’organisation environnementale, ce riz n’est pas prêt à être commercialisé. Les partisans des OGM exhibent quant à eux les bienfaits de ce riz pour la lutte contre la faim, et la santé de millions d’individus sur cette planète. Ils considèrent que ce riz modifié est déjà parfaitement au point.

Le débat technique existe depuis longtemps et ne devrait pas donner lieu à une attaque aussi violente contre l’un des protagonistes, en l’occurrence Greenpeace. Est-il donc un prétexte ? Cette polémique ne serait-elle qu’une façade occultant d’autres craintes et d’autres desseins ?

Le monde de l’agriculture est en train de changer en profondeur. Des monopoles gigantesques sont en train de se former sous nos yeux : Bayer, allié à Monsanto, pèsera plus de 30 % du marché des semences et des traitements phytosanitaires. Syngenta allié à ChemChina en totalisera plus de 28 %. Dow et Dupont pèseront plus de 17 %. L’enjeu est un enjeu de marché. Et au cœur de ces marchés se situent les organismes génétiquement modifiés, classiquement ou avec les nouvelles technologies d’editing du genome.

L’ampleur des enjeux dépasse le simple débat technique sur les pour ou contre OGM. Bloquer les OGM c’est bloquer des pans entiers de la recherche scientifique avec des conséquences considérables sur l’économie du secteur. Permettre les OGM c’est ouvrir la voie à des manipulations dangereuses parce que de plus en plus aisées et difficilement contrôlables. Le hiatus concerne la nature même de la science. Aujourd’hui, plus que jamais, prise dans les contraintes des marchés, elle devient suspecte. Laisser perdurer cette suspicion, c’est compromettre les avancées de la recherche scientifique.

Ras-le-bol

On s’interroge sur ce qui a pu motiver les prix Nobel à signer, en si grand nombre, cette lettre. Ont-ils été hypnotisés par de géniaux communicateurs qui les ont embarqués dans leurs manipulations ? Sont-ils des « pions » comme le prétend Stacy Malkan, de l’ONG US Right to Know ? « Ces scientifiques de renommée mondiale ont été utilisés comme des pions politiques pour un jeu qui les dépasse ».

Sont-ils tous achetés par l’industrie ? C’est leur faire offense que de le dire et même le penser. 108 Prix Nobel, c’est près de 40 % des prix Nobel vivants !

Cette lettre des Nobel ne serait-elle, au fond, qu’un cri de désespoir ? Celui qui affirme haut et fort « ça suffit ! Laissez-nous faire. Nous sommes des hommes de science. Nous voulons le bien-être de l’humanité. Ne nous bloquez pas. Faites-nous confiance ».

Interrogé par L’Express, Jean-Marie Lehn, Prix Nobel français de chimie, l’un des cosignataires de la pétition, se désole de la teneur « anti-scientifique » de ces actions. Avec, en filigrane, derrière les mots et les actes, cette supplique : ne nous prenez pas en otage dans des stratégies de marchés.

Finalement, on peut se demander qui est l’instrument de l’autre ? Sont-ce ces communicants de l’industrie dont l’habileté est d’avoir compris ce sentiment diffus dans la communauté scientifique, de l’avoir canalisé et adroitement exploité ? Ou est-ce l’habileté de la communauté des prix Nobel qui ont profité de cette dispute entre pro et anti OGM pour affirmer leur message et leur volonté de ne pas subir les contraintes des guerres de marchés ? Et profiter de l’intensité fulgurante de la lumière médiatique que cette campagne a suscitée.

La deuxième hypothèse expliquerait l’étonnante modération des réactions des représentants de Greenpeace à cette opération, se contentant, dans un communiqué singulièrement laconique, émis depuis Manille, de contester quelques arguments scientifiques, s’étonnant de cette « farce médiatique » mais s’abstenant soigneusement d’entrer frontalement dans une bataille dans laquelle ils ne seraient qu’un prétexte.

mise à jour d'articles sur le riz doré par l'administration du blog :

Des Nobel contre Greenpeace : la dernière polémique OGM décryptée

The Conversation FR‎ -

22 juillet 2016,

François Allard-Huver
  1. ​Chercheur associé en communication, Celsa Paris-Sorbonne – Sorbonne Universités

Le riz doré, une céréale génétiquement modifiée qui vise à réduire les carences en vitamine A. IRRI/Flickr, CC BY-NC-SA

Quelle mouche a bien pu piquer une centaine de prix Nobel pour qu’ils s’en prennent si violemment à Greenpeace ?

Dans une lettre publiée début juillet sur le site « Support GMOs and Golden Rice », les prestigieux signataires accusent en effet l’ONG de contribuer à la mortalité indirecte de centaines de milliers d’individus dans le monde en s’opposant aux cultures OGM, et tout particulièrement au « riz doré », cette céréale OGM enrichi en vitamine A :

« Nous appelons Greenpeace à cesser sa campagne contre le riz doré […]. Combien de pauvres gens dans le monde doivent mourir avant que nous considérions cela comme un “crime contre l’humanité” ? »

Un engagement surprenant

Pour les signataires de la lettre, aucun élément scientifique ni aucune étude solide ne pourrait corroborer l’hypothèse de la dangerosité des OGM pour la santé humaine ou l’environnement.

Si certains acteurs médiatiques se sont contentés de reprendre sans nuance le communiqué, d’autres ont mené l’enquête pour essayer de comprendre les raisons de cette prise de position pour le moins surprenante des prix Nobel, mais également pour expliciter les tenants et les aboutissants de cette stratégie de dénonciation.

Il est vrai qu’on s’attendrait plutôt à voir la communauté des Nobel saluer l’action de Greenpeace en faveur de l’environnement, de la biodiversité, voire de la défense des lanceurs d’alertes issus, entre autres, de la communauté scientifique.

Quels sont les mécanismes déployés pour arriver à convaincre plus d’une centaine d’éminents spécialistes de s’engager dans cette campagne contre l’ONG ?

Derrière cette mobilisation, apparaît en outre une stratégie très nette de promotion des OGM et des nouvelles techniques de « biotechnologies végétales », notamment les fameux « ciseaux à ADN » CRISPR-Cas9.

Quels sont les acteurs à la manœuvre ? Quels objectifs poursuivent-ils dans cette promotion du « riz doré » ?

Argument d’autorité…

De prime abord, on peut être surpris par le nombre important de signataires de cette lettre, et tout autant par les disciplines de ces chercheurs.

Si l’on retrouve une grande majorité de récipiendaires en chimie ou en médecine, qui pourraient légitimement attester de l’innocuité des OGM, il est plus surprenant de voir des prix Nobel de physique, d’économie ou encore de paix et de littérature parmi les signataires.

Il s’agit là d’une stratégie bien classique d’argument d’autorité : peu importe que le signataire d’une pétition soit spécialiste de la discipline ou du sujet, seul compte son « aura ».

Ici, le nombre de prix Nobel signataires confère cette aura et joue comme argument d’autorité, quand bien même il est peu probable qu’un chercheur en physique soit spécialiste de questions de biodiversité ou de génétique des plantes.

…et argument moral

La subtilité de la lettre réside dans le fait qu’un certain nombre d’arguments présentés n’appuient pas les enjeux scientifiques sanitaires ou environnementaux, mais bien une question d’ordre moral.

Le point fort de la rhétorique déployée par les auteurs consiste à désigner positivement les OGM comme des techniques « d’agriculture de précision », à même de sauver des centaines de milliers de personnes souffrant de carences en vitamine A.

Ce faisant, Greenpeace passe pour une ONG à la fois rétrograde et néo-luddiste, opposée aux progrès techniques et scientifiques par dogmatisme ; l’ONG est présentée comme moralement irresponsable, voire indirectement responsable de la mort de ceux qui n’ont actuellement pas accès à une alimentation suffisamment riche en vitamine A.

Plus encore, la phrase-choc qui conclut la lettre : « Combien de pauvres dans le monde devront mourir avant que nous considérions cela comme un “crime contre l’humanité” ? » est une formule, un raccourci idéologique, qui circule activement sur les réseaux pro-OGM – comme le montre un récent article de Gérard Ayache dans Up Magazine – activement promue par l’ancien cofondateur de Greenpeace, Patrick Moore, désormais lobbyste pro-OGM et signataire de la pétition dans sa version « publique ».

Comme le souligne Gérard Ayache, c’est cette même formule qu’on lisait déjà dans la campagne organisée par le sulfureux lobbyiste en faveur du riz doré.

Un exercice de communication masquée

Si les mécanismes de cette lettre semblent clairement destinés à condamner l’action de l’ONG en jouant sur les arguments d’autorité et moraux, on peut tout autant analyser les différentes stratégies de communication et d’influence qui se déploient ici.

En faisant passer Greenpeace pour la méchante ONG qui cherche à affamer les pauvres en les privant de précieux OGM, les promoteurs de la lettre et de la pétition qui l’accompagnent semblent déployer des ressorts classiques de la communication d’influence, voire de communication « masquée », qui procède bien souvent par « la dissimulation des émetteurs ainsi que la transformation des messages ».

L’accusation directe et la dénomination positive des OGM comme « agriculture de précision » trahissent une volonté de renverser la perspective où Goliath se retrouve dans la position de la victime et David dans la posture de l’agresseur.

On peine cependant à croire que les différents acteurs intéressés à la production d’OGM et à leur mise sur le marché soient en position de victime face à l’ONG. D’autre part, si le site qui héberge la lettre cherche manifestement à susciter un soutien populaire en demandant aux internautes de signer à leur tour une pétition, l’engouement du public reste pour l’heure limité avec moins de 5 000 signatures.


Un des points les plus troubles de cette campagne réside cependant dans les enjeux flous défendus par la lettre. Sous prétexte de promouvoir le riz doré enrichi en vitamine A – dont l’efficacité est loin d’être prouvée, ce que rappelle par ailleurs Greenpeace dans sa réponse – le texte signé insiste à de nombreuses reprises sur la nécessité d’empêcher Greenpeace d’interdire l’accès aux « semences améliorées par les biotechnologies » et de permettre le développement de « l’alimentation améliorée par les biotechnologies en général ».

C’est bien là où le bât blesse : ce rappel incessant à permettre le développement des OGM en général semble réduire l’appel des Nobel à un cheval de Troie élaboré par des lobbyistes pour favoriser le marché des semences modifiés.

On distingue, en effet, quatre grande catégories de plantes OGM : les plantes résistantes à un herbicide dites « HT » (herbicide tolerant) ; les plantes produisant leur propre insecticide, dites « BT » – du nom de la bactérie Bacillus thuringiensis utilisée ; les plantes combinant des caractéristiques, par exemple « BT/HT » et, enfin, des plantes avec des caractéristiques leur permettant de mieux résister à la sécheresse ou d’être utilisées par l’industrie (biocarburant, amidon modifié, etc.).

Le riz doré appartient à cette dernière catégorie de semences modifiées, alors que l’écrasante majorité – près de 75 % si l’on compte les plantes BT/HT – des OGM commercialisés dans le monde sont des plantes HT, résistantes à un herbicide, et invitant les agriculteurs à utiliser des pesticides - souvent ceux commercialisés par le fabricant de semences… On est loin de la lutte contre les carences en vitamine A, mais bien dans la stratégie commerciale. Le riz doré peut ainsi être perçu comme la face positive et visible d’une stratégie de communication masquée qui vise à faire accepter globalement les OGM à travers le monde.

Cette lettre soulève ainsi de nombreuses interrogations sur les enjeux et l’intérêt de ce type de campagne de communication masquée qui fonctionne par l’invective et dont les arguments se limitent au soutien flou de prestigieux signataires .

Comment niquer <i>Greenpeace</i> grâce à des Prix Nobel ...

www.altermonde-sans-frontiere.com/

Par Fabrice Nicolino

Superbe coup monté. Grâce à sa belle influence, l’industrie des OGM vient d’entraîner 111 Prix Nobel dans une croisade contre Greenpeace, accusée gentiment de « crime contre l’humanité ». ëtre scientifique et être con.

Que claquent les dents, car Greenpeace est coupable de « crime contre l’humanité ». Comme Eichmann, comme Pol Pot, comme les génocidaires du Rwanda. Qui le dit ? La bagatelle de 111 Prix Nobel qui exhortent les gouvernements dans un appel [1] larmoyant, à cogner dur sur Greenpeace, accusée d’être « le fer de lance de l’opposition au riz doré », un riz OGM « enrichi » qui « a le potentiel de réduire ou d’éliminer la plupart des décès et maladies causées par une carence en vitamine A ». Or, toujours d’après nos grosses têtes, 250 millions de personnes souffrent de cette carence, qui provoquerait entre 1 et 2 millions de morts par an, surtout chez les gosses de moins de 5 ans. Les petits salauds de Greenpeace, qui se roulent dans la soie et mangent du caviar à la louche, se moquent évidemment des pauvres et des malheureux. Il est donc urgent que les pouvoirs du monde entier fassent « tout ce qui est en leur pouvoir pour s’opposer aux actions de Greenpeace » tout en accélérant « l’accès des agriculteurs » aux OGM. La morale donc, mais aussi et surtout le commerce. Comme c’est charmant, comme c’est frais. Bien entendu, des centaines de journaux de la planète, parfois bien intentionnés, parfois beaucoup moins, ont répercuté jusqu’au fond des pampas et des déserts la terrible nouvelle. Greenpeace, assassin de masse.

Mais venons-en aux faits. Ce n’est pas la première fois – ni la dernière - que de gentilles brêles de Prix Nobel se font grossièrement manipuler par l’industrie. On rappellera pour mémoire qu’en 1992, quelques jours avant le premier sommet de la Terre de Rio, paraît le retentissant appel d’Heidelberg, signé – déjà – par le quart des Nobel de l’époque. Dont un certain Jean-Marie Lehn, qui paraphe aussi celui de 2016... L’appel de 1992 conjurait de combattre « l’écologisme irrationnel », qui « s’oppose au développement scientifique et industriel ». Le gras dans ce dernier mot est de Charlie, car pourquoi ces Nobel se préoccupent-ils à ce point du sort de l’industrie ? Hein ? La réponse se trouve plus que peut-être dans l’appel contre Greenpeace, comme on va voir. Mais tout d’abord, le riz doré. C’est très con pour les Nobel, mais ce riz transgénique est pour l’heure une impasse. Au bout de vingt ans d’expérimentations en Asie, il n’est toujours pas vendu par ses concepteurs, pour la raison simple que ses rendements ne sont pas à la hauteur espérée. Et qu’il faudrait bouffer des tonnes de riz pour espérer produire un effet sur les carences. À ce stade, la fable de la vitamine A n’est que storytelling des transnationales du secteur, destiné à mieux fourguer les OGM.

Dans ces conditions, que penser de la présence de Jay Byrne dans le tableau ? Le 29 juin, l’appel contre Greenpeace est lancé en fanfare au National Press Club de Washington. Il y a un videur à la porte – des scientifiques liés à Greenpeace seront refoulés - et ce videur s’appelle Jay Byrne. Ancien directeur de la com’ chez Monsanto , Byrne dirige une agence de relations publiques, v-Fluence, qui conseille entre autres l’industrie des OGM. Hasard ? Hasard complet, pauvre parano, car Byrne, interrogé sur son rôle exact, lâche qu’il s’est « porté volontaire bénévolement pour aider à la logistique ». Amis de la science et des scientifiques incorruptibles, ce n’est pas fini. Parmi les deux Nobel les plus engagés dans la diffusion du pamphlet anti-Greenpeace, on trouve Richard Roberts, directeur scientifique d’un machin au service de l’innovation industrielle, et Phillip Sharp, qui dirige plusieurs boîtes de biotechnologie. Encore un petit mot sur Jean-Marie Lehn, et on se quitte.

Prix Nobel de chimie, Lehn est au premier rang le 5 mai 2009, d’un colloque organisé conjointement par le Collège de France et la transnationale de la chimie Solvay. Attention ! Il va parler. Ivre de son savoir et de la reconnaissance mondiale, il se lâche, concluant une envolée par ces mots : « L’homme créera des créatures non vivantes et, j’en suis convaincu, vivantes. » Derrière les OGM, amis du progrès, les dragons, griffons et harpies. Ce coup-ci, stop.

Fabrice Nicolino

Charlie Hebdo N° 1251 du 13 juillet 2016

Repost 0
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 12:28



Agriculture : pourquoi les Chinois achètent nos champs

Bérangère Lepetit

FAIT DU JOUR. L'achat par des investisseurs chinois, l'hiver dernier, de champs dans le Berry suscite l'émoi d'élus locaux et de la FNSEA, le principal syndicat de la profession.


Indre : ces terres agricoles rachetées par la... par leparisien

Et voilà que l'empire du Milieu s'accapare nos terres ! Après les acquisitions récentes du Club Med, la participation au sauvetage de PSA ou le rachat des pépites du prêt-à-porter parisien Maje, Sandro et Claudie Pierlot, un fonds d'investissement chinois vient — qui l'eût cru ? — de mettre la main sur 1 700 ha où ondulent blé, orge et colza en rase campagne. De vastes champs en pleine terre berrichonne connue pour son fromage de chèvre. D'autres projets de rachats seraient en cours dans la région.

« Après l'Allemagne, la Chine parie désormais sur la France avec un fort intérêt pour le boeuf, le porc, le poulet ou encore le lait, les céréales. L'alimentation française bénéficie d'une image d'excellence dans un pays où la classe moyenne ne veut plus des scandales alimentaires à répétition », décrypte Emmanuel Gros, vice-président de la chambre de commerce française en Chine et dirigeant chez B & A Investment Bankers, une banque d'affaires internationale.

La tendance risque de s'amplifier. D'après une étude récente du cabinet américain Baker & McKenzie, l'Europe est devenue en 2015, devant l'Amérique du Nord, l'une des principales cibles des investissements chinois dans tous les secteurs. L'an dernier, 20,7 Mds€ ont été investis sur le continent. Et la France ? Les Chinois y ont investi 7,2 Mds€ entre 2000 et 2014. Dont une (petite) partie dans l'agriculture. Dans l'Indre, le groupe industriel China Hongyang achète depuis janvier des surfaces importantes de terres céréalières et la pilule a parfois du mal à passer. D'autant plus qu'il paie l'hectare jusqu'à trois à quatre fois le prix du marché. Certains agriculteurs y voient une opportunité : dans l'Indre, les élus des communes concernées ont reçu des dizaines de coups de fil d'exploitants endettés, aux quatre coins de la France, désirant vendre leurs terres et leurs fermes à ces si généreux financiers chinois. La machine à fantasmes s'emballe.

Côté chinois, quel est l'intérêt ? C'est bien simple, avec plus de 20 % de la population mondiale sur un territoire qui ne compte que 8 % du total des terres cultivables du monde, le géant asiatique a besoin de s'approvisionner à l'étranger et, si possible, avec des produits de qualité. Or, en Chine, les aliments français ont la cote. Echange de bons procédés ? Pas si simple. L'arrivée des Chinois dans le Berry questionne et divise le monde rural qui s'inquiète qu'un jour l'ensemble des récoltes ne parte directement en Asie.

« Un Chinois s'intéresse à un lopin de terre et c'est le branle-bas de combat ! ironise Emmanuel Gros. La terre n'est pas délocalisable et vu sa situation économique, les chances sont infinitésimales que la France devienne comme l'Afrique le grenier de la Chine. Cela va dynamiser le territoire en développant le tourisme et créer des emplois », veut-il croire.

Certes, mais l'acquisition dans le Berry ne s'est pas faite totalement dans les règles de l'art. Le groupe China Hongyang n'a racheté que 98 % des parts des exploitations berrichonnes et ce par l'intermédiaire d'un homme d'affaires très discret, Marc Fressange fondateur de Wanadoo et de Ouhlàlà, une entreprise spécialisée dans la commercialisation de vin français en Chine (sollicité à plusieurs reprises, celui-ci n'a pas donné suite à nos demandes d'interviews). L'administration s'est d'ailleurs saisie de ce dossier. Entrée en vigueur le 1er avril — soit avant le rachat des terres du Berry — la loi d'avenir sur l'agriculture impose en effet (article 29) à tout nouveau propriétaire d'obtenir l'autorisation du préfet avant toute exploitation de terres. En se basant sur cette loi, l'Etat vient de déposer deux mises en demeure aux propriétaires chinois de l'Indre pour leur interdire de poursuivre leurs semis... N'est-ce pas là un exemple de patriotisme économique mal placé ? Pour la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, le problème est celui de l'installation de jeunes exploitants français, rendue forcément plus compliquée par l'arrivée de richissimes investisseurs et la spéculation qui peut en découler.

0 0 0

Source: Le Parisien

Repost 0
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 10:27

Carrefour lance l'étiquetage « nourri sans OGM »

agriculture.greenpeace.

Vous choisissez ce que vous mangez | Carrefour.fr

www.carrefour.fr/tout-carrefour/marques/sans-ogm

Dusseault veut un étiquetage obligatoire des OGM

Le projet de loi C-291 contient d'abord une disposition qui interdirait la vente d'aliments génétiquement modifiés (GM) à moins que ce ne soit clairement indiqué sur le produit.

Le deuxième article confère de nouveaux pouvoirs règlementaires, dont celui de décider le seuil minimum de présence d'éléments GM dans le produit et l'autre, de règlementer l'étiquetage lui-même (couleur, grosseur, etc.).

« C'est un enjeu discuté depuis plusieurs années et que je crois important pour tous les Canadiens. Selon les résultats de sondages, environ 90 % des Canadiens seraient en faveur du principe d'étiquetage obligatoire », avance le député.

Le 1er juillet prochain, une nouvelle loi entrera en vigueur dans l'État du Vermont, obligeant tous les fabricants et distributeurs d'indiquer sur leurs étiquettes si leur produit contient des OGM. Le projet de loi de M. Dusseault juge intéressant le seuil minimal pour rendre obligatoire l'étiquette soit de 0,9 %, tel qu'imposé au Vermont et dans l'Union européenne.

« Le Canada doit arriver au même point que les autres pays : les États-Unis s'en vont vers l'étiquetage obligatoire et l'Union européenne le pratique depuis déjà quelques années. Les entreprises américaines comme General Mills et Campbells auraient par ailleurs déjà accepté de se conformer à la nouvelle loi. Et tant qu'à le faire pour leurs produits vendus au Vermont, ce sera également le cas pour tous leurs produits vendus aux États-Unis », ajoute-t-il.

Actuellement, aucune province canadienne ne règlemente l'étiquetage des aliments génétiquement modifiés. Or, l'arrivée prochaine du saumon transgénique dans les supermarchés obligera le gouvernement fédéral à légiférer, estime Pierre-Luc Dusseault.

« Il n'y a pas eu de débat sur le sujet à la Chambre des communes. Cela dit, les discussions deviennent de plus en plus importantes dans certaines provinces, dont le Québec et l'Ontario. Je pense toutefois qu'un régime pancanadien serait préférable puisque cela éviterait les disparités entre les territoires et faciliterait le commerce. »

M. Dusseault affirme que son projet de loi n'en est pas un anti-OMG, mais bien un projet pro-transparence.

S'il est jugé pertinent et reçu par le gouvernement, C-291 cheminera jusqu'à une possible adoption au printemps 2018. Le député de Sherbrooke est confiant qu'il saura retenir l'attention de ses collègues députés.

Repost 0
24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 04:43

L'homme de la firme Avril joue sur deux tableaux agricoles pour le nourrissage de notre alimentation carnée (lire : http://reporterre.net/ENQUETE-5-Xavier-Beulin-l-homme)

http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/carrefour-et-avril-lancent-une-filiere-durable-de-soja-100-origine-france-202-119432.html

Sans OGM Carrefour et Avril lancent une filière durable de soja 100 % origine France

vendredi 20 mai 2016 à 16:01 • Amélie Bachelet • Terre-net Média

Lors du Salon de l’agriculture Aquitaine de Bordeaux, Avril et Carrefour ont annoncé la création d’une filière agricole durable de graines de soja 100 % origine France dans le sud-ouest.

Carrefour et le groupe Avril ont décidé de mettre en place un partenariat pour relocaliser une filière de soja origine France. 8.000 hectares de soja sont concernés dans le sud-ouest. Selon leur communiqué commun, « cet accord concernera dès 2017 les porcs issus de la Filière Qualité Carrefour, en collaboration avec la coopérative agricole Euralis et le groupe coopératif Fipso (Filière porcine du sud-ouest). »

Par cet accord, Carrefour et Avril s’engagent à :

  • Mettre en place une démarche agro-écologique ambitieuse alliant les dimensions environnementales, économiques et sociales en faveur des filières agricoles et agroalimentaires françaises.
  • Substituer le soja d’importation non OGM utilisé par les partenaires éleveurs par du soja français non OGM valorisé au sein de l’unité de trituration Sojalim.
  • Développer les Filières Qualités Carrefour consommatrices de soja d’origine France.
Repost 0
24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 04:24
Réunion technique sur l'impact du séquençage complet du génome ...

www.fao.org/about/meetings/wgs-on-food-safety-management/fr/

Grâce aux progrès récents, la technologie de séquençage complet du génome est en mesure de jouer un rôle important dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments. Elle permet d’identifier et de caractériser les microorganismes, y compris leur résistance aux antimicrobiens, avec une précision sans précédent. Dans un contexte de baisse rapide des coûts du séquençage, les applications de cette technologie à la gestion de la sécurité sanitaire des aliments – notamment les possibilités de renforcement de l'intégration des données issues d’autres secteurs tels que la santé humaine et animale – pourraient améliorer la protection des consommateurs, faciliter les échanges et renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Cependant, tous les pays n’ont pas la même connaissance des concepts et des applications potentielles du séquençage complet du génome dans le domaine de la gestion de la sécurité sanitaire des aliments.

Dans le cas des pays en développement, il convient en particulier de prendre en considération les aspects liés aux capacités, à la réglementation et aux ressources. Si plusieurs pays industrialisés ont adopté cette technologie, il faut néanmoins analyser ses avantages et inconvénients potentiels ainsi que les enjeux et autres questions qu’elle soulève, en étant vigilant en ce qui concerne les pays en développement et en transition dont les capacités et les ressources peuvent être limitées. La FAO se doit d’informer ses États Membres des avancées scientifiques les plus récentes dans les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture et d’apporter un soutien technique à ceux qui en ont besoin.

Programme

La réunion technique est organisée conjointement avec l’initiative Global Microbial Identifier (GMI). Après la réussite de la réunion GMl8, la neuvième réunion de GMI (GMI9) suivra le même modèle et sera en deux parties:

  • Pour commencer, un programme d’une journée sera destiné aux gestionnaires et aux évaluateurs des risques liés à la sécurité sanitaire des aliments. Ces experts du monde entier auront l’occasion d’échanger des informations sur l’impact du séquençage complet du génome et du séquençage de nouvelle génération sur la gestion de la sécurité sanitaire des aliments dans une optique de protection du consommateur, de facilitation des échanges et de sécurité alimentaire.
  • Puis, un programme de deux jours proposera quatre groupes de travail GMI, des présentations d’experts internationaux et des débats interactifs. Le programme de la réunion contient l’ordre du jour détaillé.
Objectifs et portée

La première partie de la réunion technique donnera aux participants, en particulier ceux venant de pays en développement ou en transition, une occasion unique de mieux appréhender les applications actuelles du séquençage complet du génome et son impact sur la gestion de la sécurité sanitaire des aliments. Les enseignements tirés des initiatives déjà en place dans les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture serviront de base aux débats sur les besoins, les possibilités et les défis qui caractérisent cette nouvelle technologie.

Pendant la deuxième partie de la réunion (GMI9), les participants profiteront de l’expérience de l’initiative GMI et prendront activement part au processus de mise en place d’un système mondial de bases de données sur les génomes d’ADN à des fins d’identification et de diagnostic des maladies microbiennes et infectieuses.

Cette réunion technique ne donnera pas lieu à la formulation de recommandations sur les politiques. Néanmoins, les représentants des pays en développement pourront tirer parti de la synthèse des connaissances et données actuelles pour participer de manière plus active aux dialogues à l’échelle internationale et prendre des décisions éclairées.

http://societal.genotoul.fr/index.php?id=28&tx_ttnews[tt_news]=298&tx_ttnews[backPid]=20&cHash=e9a65a543775782892c8cb1d810b2390


Atelier sur les "Modifications ciblées du génome animal", le jeudi 26 mai à Toulouse

La Plateforme Sociétale de Genotoul organise chaque année des ateliers thématiques de réflexion éthique, destinés en priorité à la communauté scientifique et ouverts à toute personne intéressée. Ils font une large place à la discussion et sont animés par un membre de la plateforme. Cette année 2016 l'atelier porte sur les "Modifications ciblées des génomes et enjeux éthiques", et se déroule en 4 volets de la manière suivante :

  • Volet 1 : "Modifications ciblées du génome humain et thérapies", le jeudi 14 avril
  • Volet 2 : "Modifications ciblées du génome animal", le jeudi 26 mai
  • Volet 3 : "Modifications ciblées du génome végétal", le jeudi 09 juin
  • Volet 4 : "Modifications ciblées du génome de micro-organismes", le jeudi 29 septembre

L'accent est aujourd'hui mis sur ce deuxième volet qui se tiendra le jeudi 26 mai, de 14h à 17h30 au Muséum d'Histoire Naturelle, 35 all. J. Guesde, Toulouse - Salle rongeurs et carnivores.

Nous vous encourageons donc à vous inscrire dès à présent auprès de Lucie Serres (serres.lucie@gmail.com) en envoyant la fiche d'inscription dûment complétée. Vous trouverez également un programme détaillé de cet atelier.

Date : 17/05/2016

Auteur : La Plateforme sociétale

Repost 0
26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 17:17

Nouveaux OGM, comment éviter de se les farcir ?

L'Humanité‎ -

On en parle !

daniel Roucous

Mardi, 26 Avril, 2016

rayon-poisson-sans-ogm-carrefour.jpg

Info Alimentation /Carrefour

Les nouveaux OGM vont-ils échapper à la réglementation relative à l’étiquetage des OGM déjà bien permissive ?

C’est à craindre si la Commission européenne ne reconnaît pas les nouveaux OGM comme des OGM (Organismes génétiquement modifiés). C’est quoi ces nouveaux OGM ? Il s’agit de variétés végétales obtenues grâce à de nouvelles techniques (mutagenèse, transgénèse, agro-infiltration etc.) … génétiquement modifiées !

Nous n’entrerons pas ici dans les détails, cette rubrique étant dédiée aux droits des citoyens en l’occurrence des consommateurs. Pour en savoir plus sur les nouveaux OGM et suivre l’actualité cliquez sur http://www.infogm.org

Or ce qui intéresse le consommateur est de savoir s’il y a des OGM ou pas (nouveaux ou pas) dans les aliments qu’il achète.

La règlementation actuelle (décret du 30 janvier 2012 relatif à l’étiquetage des denrées alimentaires issues de filières qualifiées « sans organismes génétiquement modifiés ») n’oblige pas la grande distribution et les commerçants à mentionner sur les étiquettes des produits alimentaires « sans OGM » ou « nourri sans OGM ». C’est simplement conseillé !

Ce qui est obligatoire est que soit mentionné sur les étiquettes toutes les denrées et tous les ingrédients contenant des OGM ou en étant issus seulement si leur taux est supérieur à :

- 0,9% s’il s’agit de lait, poisson, œuf, viande ;

- 0,1% s’il s’agit d’ingrédients issus de matières premières végétales contenant + de 0,1% d’OGM.

Pour les produits de l’apiculture, la mention « sans OGM dans un rayon de 3 km » signifie qu’ils proviennent de ruches situées à + de 3 km de PGM (plantes génétiquement modifiées).

Quant aux produits « bios », il est interdit d’utiliser des OGM, des produits obtenus à partir d’OGM et des produits obtenus par des OGM (alimentation animale), dans le « Bio ». Certains adoptent un cahier de charge qui impose cette interdiction absolue.

Cependant, comme pour les produits conventionnels, il est toléré les seuils de contamination de 0,9% et 0,1% ci-dessus. C’est le cas des produits alimentaires « bio » sous logo européen vert à la feuille de chêne étoilée, avec le logo AB ou non.

Il est donc clair qu’être étiquetés « sans OGM » ou « nourri sans OGM » ne signifie pas absence totale d’OGM. Ce d’autant que de nombreux produits alimentaires sont :

- importés et donc échappent à la règlementation européenne,

- ou issus d’animaux locaux mais nourris avec des aliments importés pour l’essentiel des végétaux génétiquement modifiés (le soja surtout),

- ou encore contenant des ingrédients bourrés plus ou moins d’OGM.

Infos +

- le guide d’INF’OGM sur l’étiquetage des OGM http://www.infogm.org/IMG/pdf/infogm_brochure_etiquetage_ogm

- la liste Greenpeace des aliments avec ou sans OGM http://guide-ogm.greenpeace.fr/guideogm

Repost 0
22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 05:32

Une majorité écrasante de la population européenne rejette les OGM et de nombreux États membres ont interdit leur mise en culture. Cependant, les entreprises de l’agrochimie ont trouvé une nouvelle recette pour faire entrer les OGM dans nos champs et nos assiettes : contourner la réglementation européenne en affirmant que les OGM issus de nouvelles techniques ne sont en réalité pas des OGM.

Si les industriels parviennent à leurs fins, des plantes et des animaux génétiquement modifiés pourraient très vite arriver dans nos champs et nos assiettes. Ils ne seraient pas soumis aux obligations d’évaluation des risques ou d’étiquetage. En réalité, comme leur présence serait passée sous silence, nous ne pourrions rien faire pour nous en protéger !

Ne pas céder à la pression des industriels, ni des Etats-Unis

La réglementation européenne exige que les OGM fassent l’objet d’une évaluation des risques sanitaires et environnementaux et d’un étiquetage, pour que les consommateurs puissent faire leurs choix en toute connaissance de cause. Depuis 2015, les États membres peuvent également interdire les cultures d’OGM sur leur sol – ce que 19 d’entre eux ont fait, sur tout ou partie de leur territoire. Si les nouveaux OGM échappaient à la réglementation, cette possibilité serait exclue et il n’y aurait aucun moyen de les éviter.

La Commission européenne a annoncé qu’elle publierait une analyse juridique qui précisera si les nouveaux OGM seront couverts ou non par la réglementation. Les entreprises qui commercialisent des OGM, soutenues par le gouvernement américain, sont en train de faire pression sur la Commission pour qu’elle exclue de cette réglementation les OGM produits à partir des nouvelles techniques de manipulation génétique. Leur objectif : breveter et privatiser le vivant.

Nous devons veiller à ce que nos responsables politiques n’ouvrent pas les portes de l’Europe aux OGM. Signez cette pétition pour barrer la route aux nouveaux OGM. Ensemble, demandons à nos dirigeants politiques d’appliquer pleinement la réglementation destinée à protéger notre santé et notre environnement, et de faire en sorte qu’elle ne soit pas contournée au profit des seuls intérêts financiers industriels.

À l'attention des ministères français de l’Environnement et de l’Agriculture et de la Commission européenne

En tant que citoyens avertis, nous vous demandons d’appliquer rigoureusement la réglementation de l’Union européenne sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) à tous les OGM, sans exception, destinés à être commercialisés dans l’Union européenne, quelle que soit la méthode dont ils sont issus.

Il faut que les ministères français de l’Environnement et de l’Agriculture ainsi que la Commission européenne ne laissent planer aucun doute sur le fait que les nouveaux OGM issus de techniques d’édition de gènes ou d’autres techniques doivent être soumis à la réglementation européenne sur les OGM. Cette réglementation exige l’évaluation avant autorisation, la traçabilité et l’étiquetage des OGM.

Les dirigeants ne doivent pas céder à la pression des industriels, qui ferment les yeux sur l’opposition de la population aux OGM et tentent de contourner la réglementation. Il en va de notre santé et de notre environnement.

En savoir plus sur les nouveaux OGM

Ces nouveaux OGM sont obtenus en faisant pénétrer dans la cellule du matériel génétique étranger (des acides nucléïques) par l’utilisation de techniques in vitro, donc non naturelles. Celui-ci provoque des modifications génétiques en coupant l’ADN de la cellule. Dans certaines situations, le matériel génétique étranger introduit n’est pas intégré à l’ADN de la cellule. Ces techniques ne rendent pas ces nouveaux OGM plus naturels pour autant. De plus, ils présentent les mêmes problèmes que leurs aînés. La manipulation d’organismes vivants est encore mal comprise et peut entraîner des dommages irréversibles sur l’environnement, ainsi que sur la santé humaine et animale.

Les industriels veulent dérèglementer ces nouveaux OGM sur la seule base de l’intégration ou non du matériel génétique étranger introduit.

Affirmer, comme le font les industriels de l’agrochimie, que ces nouveaux OGM ne sont pas concernés par la réglementation européenne, c’est tout simplement mentir. La réglementation définit un OGM comme étant un organisme « dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne se produit pas naturellement », ce qui couvre toutes les méthodes de manipulation du code génétique , sauf celles dont « la sécurité est avérée depuis longtemps » – ce qui n’est pas le cas des nouvelles techniques.

-A faire circuler sans modération dans tous vos réseaux

www.nouveauxogmjenveuxpas.fr

Repost 0
25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 07:36

Étiquetage des OGM : de gros joueurs embarquent

23 mars 2016

http://www.laterre.ca/actualites/alimentation/etiquetage-des-ogm-de-gros-joueurs-embarquent.php

De gros joueurs américains de l’alimentation décident d’indiquer volontairement sur leurs produits que ceux-ci contiennent des organismes génétiquement modifiés (OGM). C’est un changement de philosophie important si l’on considère que plusieurs d’entre eux ont déjà investi des sommes considérables en lobbying pour contrer l’obligation de révéler la présence d’OGM sur leurs étiquettes.

Kellogg a publié ce matin sur son site Internet un mot de Paul Norman, son président pour l’Amérique du Nord, qui dit que la compagnie commencera dès la fin d’avril l’étiquetage d’OGM sur certains de ses produits. ConAgra Foods Canada, propriétaire de marques telles que Chef Boyardee, Hunt’s et Bertolli, fera de même dès juillet prochain. L’entreprise Mars, qui vend notamment les barres de chocolat du même nom et le riz Uncle Ben’s, indiquait le 18 mars dernier sur son site Internet qu’elle introduira un étiquetage clair concernant le contenu d’ingrédients génétiquement modifiés (GM).

Un autre géant, General Mills, va encore plus loin. Non seulement la présence d’OGM sera inscrite sur plusieurs produits, mais la compagnie rend déjà disponible le détail de cette information sur son site Internet.

Des OGM dans les produits Yoplait aux États-Unis

Le site Internet de Kellogg indique que les ingrédients GM sont utilisés depuis une vingtaine d’années et se retrouvent dans une vaste majorité de produits alimentaires vendus sur les tablettes américaines. Un coup d’œil sur le site www.generalmills.com/Ingredients confirme que les ingrédients GM sont très présents dans les aliments de l’entreprise. Celle-ci révèle que ses céréales Lucky Charms Chocolate et ses coquilles Taco Old El Paso sont produites avec une majorité d’ingrédients GM et que ses Honey Nut Cheerios et ses biscuits Pillsbury contiennent des ingrédients qui proviennent de plantes GM (généralement moins de 75 % du poids du produit).

Le site Internet indique cependant que les yogourts Liberté, dont la marque appartient à General Mills, ne contient pas d’ingrédients GM, mais, surprise, que des produits Yoplait, de la même entreprise, renferment des ingrédients provenant de plantes GM. Le site Internet de General Mills affiche la présence d’ingrédients GM uniquement pour les produits vendus aux États-Unis. Au moment de publier, il a été impossible de savoir si les produits Yoplait offerts au Québec contenaient des ingrédients GM.

Plus de détails dans la prochaine édition de La Terre de chez nous.

Martin Ménard

mmenard@laterre.ca

Repost 0
29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 05:23

TAFTA : bientôt 600 000 tonnes de bœufs étasunien bourrés d’OGM et d’antibiotiques, par an, en Europe

By Mickael - Fondateur de News360x -

Fév 24, 2016

De façon plus générale…

Les professionnels de la viande bovine française se sont réunis au Sénat mardi 16 février pour tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur le déferlement attendu de bœuf américain dans les assiettes européennes. Pourquoi une telle inquiétude ? Toujours et encore ce fameux Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP, ou Tafta) qui devrait notamment permettre aux États-Unis, au Canada et au Brésil d’exporter vers l’Europe (selon une estimation de l’association interprofessionnelle Interbev) entre 300.000 et 600.000 tonnes de bœuf par an ! Depuis 2013, les discussions sur ce traité – menées à huis clos – s’éternisent mais devraient déboucher avant la fin de l’année sur un accord.

Un nouveau round de négociations (le 12e cycle) a lieu à Bruxelles la semaine prochaine entre le 22 et le 26 février. Au programme donc, la possibilité de commercer plus librement entre les deux continents en éliminant les droits de douane et les obstacles au commerce, l’établissement de règles d’origine simples et claires qui permettront de limiter les fraudes, une étroite collaboration pour harmoniser les réglementations entre l’UE et le continent américain… Sur le papier, tout n’est qu’harmonie et respect des forces en présence. La partie agricole ne concerne qu’une infime partie du traité.

« La ferme France brûle dans tous les élevages »

Pourtant, en ouvrant les débats, Gérard Bailly, sénateur du Jura (Les Républicains) et président du groupe d’études de l’élevage, est loin d’être convaincu des vertus et du bien-fondé du traité à venir dans sa partie agricole : « La ferme France brûle dans tous les élevages », a-t-il commencé, solennel. Il faut dire que, traité ou pas, l’agriculture hexagonale se porte mal. Entre le cours du lait qui s’effondre, le marché du porc breton qui a explosé cet été et des négociations commerciales tendues avec la grande distribution, les signaux sont au rouge et les agriculteurs à bout de nerf. Mais ce n’est rien, prévient le sénateur, par rapport à ce qui les attend avec l’accord transatlantique :

« Cet accord mettrait les éleveurs dans une plus grande difficulté encore. »

Et de décrire un avenir agricole apocalyptique lorsque le bœuf américain, bourré d’OGM et d’antibiotiques, aura définitivement tué notre production locale, mis les éleveurs sur la paille, détruit des dizaines de milliers d’emploi, et à plus ou moins brève échéance chamboulé tout notre écosystème. Visiblement ému, il s’est alarmé :

« Que deviendront nos paysages ? Et particulièrement nos paysages de montagne si demain il n’y a plus ni ovin ni bovin pour brouter l’herbe ? »

Pour enfoncer le clou, Guy Hermouet, président de l’association interprofessionnelle Interbev bovin, a embrayé sur la crise actuelle :

« Je suis éleveur de Charolais en Vendée. J’ai 30 ans d’expérience dans le domaine et je n’ai jamais vu une crise pareille (…). Nous n’arrivons plus à vivre de notre métier. Le revenu moyen annuel d’un éleveur bovin de race est de 10.000 euros ! ».

« Nous ne souhaitons pas le protectionnisme »

Demain, si l’accord se fait, prévient-il, ce sera pire : les Américains importeront en Europe à bas prix des pièces d’aloyau et non des carcasses entières. Des morceaux que ces amateurs de hamburgers commercialiseraient moins bien, explique t-il, sur leur marché intérieur mais qui sont la valeur ajoutée du marché français de la viande de race : « Nous ne souhaitons pas le protectionnisme, nous voulons juste nous battre avec les mêmes armes », a-t-il martelé. Car la viande issue des cheptels américains dont ces professionnels craignent l’invasion n’a rien à voir avec celle produite en France.

Côté français, les élevages considérés comme intensifs (pour l’engraissement des jeunes bovins) comptent entre 60 et 200 têtes, 90% des aliments du troupeau sont produits sur l’exploitation et 80% de leur ration de base est composée d’herbe. Les farines animales, les hormones et les antibiotiques pour la croissance, sont prohibés.

Côté américain, dans les fermes usines où sont produits 95% de la viande bovine, rien de tel ! Jusqu’à 100.000 bêtes peuvent s’entasser dans des « feed lots » qui n’ont pas beaucoup d’espace pour regarder passer les trains – le petit film diffusé par Interbev pour enfoncer le clou lors de cette conférence de presse est édifiant.

Pire, rien n’empêche les éleveurs de recourir aux antibiotiques et aux hormones pour doper la croissance, la nourriture des animaux est une alimentation sans herbe à base de maïs OGM et d’additifs alimentaires et les carcasses sont systématiquement douchés à l’acide lactique. Pas de doute, les uns et les autres ne jouent pas dans la même cour. La rentabilité a un prix.

« Tout n’est pas perdu ! »

Mais le pire est-il si sûr ? Jean-Paul Denanot, député européen (groupe de l’alliance progressiste des socialistes), ancien président de la région du Limousin, met en garde contre le manque de transparence des négociations menées à la Commission européenne mais reconnaît un léger mieux depuis que la commissaire désignée au commerce international, Cecilia Malmström a été nommée en octobre 2014.

« Tout n’est pas perdu ! » lance t’il pour remotiver des troupes que le petit film sur les feed lots venait d’achever. « On peut demander à ce que la viande bovine soit exclue de la négociation car il y a trop d’écarts entre nos pratiques et les leurs. L’homme se veut rassurant : « Le Parlement européen peut encore voter contre. Et tous les parlements nationaux devront aussi se prononcer. Du chemin reste à faire avant que ce traité ne passe. C’est pourquoi il faut rester vigilants si nous voulons maintenir sur nos territoires une agriculture extensive de qualité. »

Avant de conclure dans un bel élan lyrique et patriotique :

« Il n’y a pas grand-chose à voir entre une vache du Limousin élevée dans un pré et une vache du Texas. Il faut que nous imposions nos normes aux Américains et non l’inverse. »

Un discours chaleureusement applaudi, auquel adhère sans hésiter Brigitte Allain, députée de la Dordogne (EELV). A une petite nuance près… L’élue, après s’être naturellement émue de la baisse attendue de 50% du revenu des éleveurs, pointe du doigt les problèmes propres à la France et invite chacun à regarder ses propres incohérences. Plus d’une vingtaine de fermes usines ont déjà fleuri sur le territoire national et d’autres projets de ce type sont en train d’aboutir : 100 vaches ici, 3.000 porcs là. Elle dénonce :

Il faut que nous ayons en tête que ces fermes concurrencent directement les modèles de viande bovine de race. Il faut faire attention et protéger les modes de production qui refusent les similitudes. Il ne faut pas jouer dans la même cour que les États-Unis.

Jean-Claude Bévillard, vice-président de France Nature environnement, poursuit sur sa lancée : « Pour être forts dans ce combat contre le traité il faut être clairs sur ce que nous faisons. Si nous sommes capables de dire quelle est la qualité de la viande française, nous pourrons améliorer nos débouchés. Il faut reconnaître que l’état de la production de la viande française est très diverse. Sur la vache allaitante on est bon mais ce n’est pas vrai sur tout. »

Il avertit :

Notre pays a choisi de ne pas cultiver d’OGM. Il faut aller au bout de la logique et ne pas alimenter nos bêtes avec des OGM ! Il faut être capable de dire ce qu’est notre élevage lié au sol. Il faut être capable de définir un contrat entre nos agriculteurs et les exigences de la société. Ce qui se passe aux États-Unis, on est dedans. On est en marche vers l’industrialisation.

6 pays sur 28 sont derrière la France

Une industrialisation que l’ouverture du marché américain pourrait bien accélérer. Si toutefois l’élevage français parvient à survivre à cette ultime crise. Sur ce dernier point, tous les intervenants sont d’accord. Il y a bien péril en la demeure. Jean-Pierre Fleury, infatigable président de la Fédération nationale bovine, ne peut s’empêcher de s’emparer du micro pour alerter une assemblée que la perspective du buffet à venir commençait à assoupir :

La négociation est bien en cours ! Seuls 6 pays sur 28 sont derrière la France (dont l’Italie, la Belgique, l’Irlande avec réserve, l’Italie, l’ Espagne et la Pologne). Les Américains ont déjà posé leurs conditions pour ouvrir les négociations, comme le fait de laisser passer la désinfection des carcasses. C’est comme ça qu’ils fonctionnent ! Il faut savoir qu’à Bruxelles on parle de négociations entre JBS (le leader brésilien mondial de la viande ndlr) et l’Europe. Ce sont eux qui pilotent les négociations.

Pour rabattre les cartes, la filière compte sur l’opinion publique. Une pétition en ligne pour lutter « contre l’arrivée de plusieurs centaines milliers de tonnes de viandes bovines américaines en Europe issues de feed lots (site change.org) circule et un manifeste « pour un élevage bovin européen durable » a recueilli plus de 600 signatures d’élus. Le sénateur Jérôme Bignon (Les Républicains) clôt le débat en rappelant l’ancien combat de la France pour défendre son exception culturelle. Demain, l’exception agricole ?

-Autres infos sur la crise de l'élevage et rappel sur le non-étiquetage de la viande en France:

-90% du bétail français serait élevé aux OGM, sans information du consommateur | France info

Repost 0
27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 10:11

LETTRE-INFO N° 8 « OGM TRANSPARENCE » :
ÇA Y EST ! LA PLAINTE A ÉTÉ DÉPOSÉE !
SOUTENEZ-LA DÈS MAIN
TENANT !

LA « PLAINTE-RECOURS » RÉCLAMANT L’ÉTIQUETAGE OBLIGATOIRE DE TOUS LES PRODUITS ALIMENTAIRES ISSUS D'ANIMAUX NOURRIS AUX OGM A ÉTÉ DÉPOSÉE PAR CONSOMMATEURS PAS COBAYES! LE 16 FÉVRIER 2016

  • AUPRÈS DE L'UNION EUROPÉENNE
  • AUPRÈS DE L’ÉTAT FRANÇAIS (DGCCRF). CAR CETTE TRANSPARENCE EST DUE AU CONSOMMATEUR. LIRE LE COMMUNIQUÉ DÉTAILLÉ EN 9 POINTS DU 22/02/2016 ICI

SI...

SI, COMME 95% DES FRANÇAISES ET DES FRANÇAIS, VOUS ÊTES POUR
UNE TOTALE TRAÇABILITÉ DES OGM
(OBTENUS PAR TRANSGENÈSE COMME PAR MUTAGENÈSE OU TOUTE AUTRE TECHNIQUE DU GÉNIE GÉNÉTIQUE)
ET
UN ÉTIQUETAGE OBLIGATOIRE
DE TOUS LES PRODUITS ALIMENTAIRES ISSUS D'ANIMAUX NOURRIS AVEC DES OGM

SOUTENEZ

SOUTENEZ LA « PLAINTE-RECOURS » POUR L'« OGM TRANSPARENCE »

  • EN SIGNANT (SI CE N'EST PAS DÉJÀ FAIT ...)
  • EN FAISANT SIGNER VOTRE ENTOURAGE AMICAL COMME PROFESSIONNEL, SANS OUBLIER VOTRE FAMILLE !!! CONJOINT.E.S, COMPAGNES ET COMPAGNONS, PARENTS, ENFANTS, GRANDS-PARENTS, ONCLES, TANTES, COUSINS, COUSINES, ETC. sur www.consommateurspascobayes.com/2
  • EN VISITANT RÉGULIÈREMENT www.facebook.com/moratoireOGMpesticides et www.twitter.com/PasDesCobayes
  • EN CONTRIBUANT AU FINANCEMENT PARTICIPATIF DE LA CAMPAGNE
    (à partir de 5€) SUR HELLOA
    SSO
  • EN DEVENANT RELAIS LOCAL DANS VOTRE SECTEUR
    (1H DE BÉNÉVOLAT PAR MO
    IS)
  • EN PARTAGEANT SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
  • EN FAISANT SUIVRE CETTE LETTRE-INFO AUSSITÔT !

IMPORTANT

TOUT REPOSE SUR CHACUN D'ENTRE NOUS. CHAQUE VOIX COMPTE !
NOUS DEVONS OBTENIR 1 MILLION DE SIGNAT
URES

UN DESSIN VAUT MIEUX...

MERCI AU DESSINATEUR BICKEL QUI NOUS ACCOMPAGNE

C'EST LE MONDE À L'ENVERS !!!

MERCI AUX INTERVENANTS


en cliquant sur l'image vous accédez au document pdf :
cliquez alors sur les noms des personnalités présentes à la conférence de presse du 09/02/2016
pour avoir accès à leurs textes de soutien à « OGM TRANSPARENCE »

CONTACT

ENSEMBLE NOUS ALLONS RÉUSSIR ET OBTENIR L’ÉTIQUETAGE OBLIGATOIRE
« NOURRIS AUX OGM ».
MERCI À TOUTE
S ET TOUS !

Bernard Astruc,
pour l'Équipe de coordination nationale du Rassemblement cito
yen « Consommateurs pas cobayes! »
et de la campagne « OGM TRANSPAREN
CE » - Tel. 06 70 51 06 48 / 04 94 73
70 65

contact@consommateurspascobayes.fr

www.consommateurspascobayes.com/2

www.facebook.com/moratoireOGMpesticides

www.helloasso.com/associations/consommateurs-pas-cobayes/collectes/ogm-transparence

www.twitter.com/PasDesCobayes

S'IL-VOUS-PLAIT


consommateurspascobayes.com | Contact

Repost 0

  • : Le blog des empêcheurs de tourner en rond
  • Contact

                                                           
Vous êtes ici dans une 
ZONE HORS AGCS et SANS OGM


Petit mémo : L’AGCS, Accord Général sur le Commerce des Services est un accord signé lors de la création de  l’OMC (organisation mondiale du commerce) en 1994. Il vise à libéraliser progressivement tous les services des états membres : éducation, santé, culture, recherche…ainsi que l’énergie et l’environnement. Tous les aspects de nos vies sont mis à la vente. Les besoins de l’être humain et toutes formes d’activité humaines sont redéfinis comme des services commercialisables.

Rechercher

contact