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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 08:56

Enquête >

Sur le Larzac, l’autoroute pollue les eaux

15 février 2016 / Grégoire Souchay (Reporterre)

En Aveyron, sur le causse du Larzac, les habitants s’inquiètent des pollutions provoquées par l’autoroute A75. L’enjeu est majeur car le sous-sol du causse est directement relié aux sources qui alimentent les vallées environnantes.

Le Caylar (Hérault), correspondance

« Au début on n’a même pas fait le lien avec l’autoroute. » Mikael Picaud n’en revient toujours pas. En 2008, ce spéléologue professionnel visite un aven sur le plateau du Larzac à la limite entre Aveyron et Hérault. Surprise : des détritus dans et autour du trou.

Plus haut, une tranchée monte jusqu’à un bassin, le numéro 44, au bord de l’autoroute A75. « Il avait l’air abandonné », raconte le spéléologue : tissu protecteur déchiré, restes de déchets et une masse liquide peu ragoûtante. Les recherches se poursuivent et, bientôt, d’autres bassins dans le même état sont repérés le long de l’autoroute. C’est à l’exploitant qu’il faut s’adresser pour en savoir plus : la direction interdépartementale des routes du Massif central (DIR-MC). Hormis le viaduc de Millau, l’A75 est gérée publiquement et reste gratuite entre Clermont-Ferrand et Béziers. Selon Max Beaumevieille, responsable d’exploitation pour l’Aveyron et l’Hérault à la DIR-MC, « il s’agit de bassins de décantation – il en existe une soixantaine en Aveyron – qui doivent être capable de traiter à la fois les pollutions chroniques et accidentelles ». Problème : ces bassins sont aussi anciens que l’autoroute, construite au début des années 2000, et ils sont défaillants.

Bureau de doléances

Après avoir été interpellé par les spéléologues et d’autres voisins de la zone, en novembre 2014, le parc naturel régional des Grands Causses fait remonter l’information au préfet. En réponse, quatre mois plus tard, le représentant de l’État précise qu’un diagnostic exhaustif a été réalisé en 2011 et qu’un programme d’amélioration d’itinéraire (PAI) a été lancé par la direction interdépartementale des routes du Massif Central pour remettre en état près de soixante bassins, avec des travaux prioritaires sur quatre bassins, dont le 44, d’ici à la fin 2016.

La DIR Méditerranée, chargée des travaux, nous confirme que, dès l’origine, ces bassins ont été conçus pour n’absorber qu’une partie de la pollution, en laissant les masses lourdes se déposer au fond (métaux lourds, notamment), en retenant les dépôts de surface (huiles, hydrocarbures…). Le reste est rejeté dans son « exutoire naturel », c’est-à-dire l’aven le plus proche.

Pas de quoi rassurer les riverains, qui ne sont jusqu’ici pas tenus au courant de la conduite des travaux. Le 17 décembre 2015, ils décident de boucher symboliquement avec des pierres le caniveau qui relie le bassin 44 à l’aven des Résines.

L’action rencontre un fort écho au niveau local. Une réunion est organisée par la DIR-MC le 13 janvier dernier avec élus locaux et riverains engagés pour informer sur les travaux entrepris.

Sauf que cette réunion se transforme rapidement en bureau de doléances et permet aux riverains d’enfin exprimer directement leurs inquiétudes. En face, aucun des problèmes soulevés n’est nié, au contraire, mais on comprend rapidement que les travaux ne consistent qu’en la remise en état des bassins existants, pour un montant de 4,8 millions d’euros sur cinq ans. Mais aucun investissement supplémentaire n’est prévu. « Même si ce n’est pas une Ferrari, ce n’est pas non plus une 2CV », soutient, avec humour, Frédéric Autric, adjoint au service d’ingénierie routière à la DIR Méditerranée, chargée de la maîtrise d’œuvre, tout en laissant entrevoir l’état désastreux dans lequel se trouvait le bassin avant les travaux : vannes de fermeture inopérantes, aucune lame d’eau de fond, absence de grille bloquante pour les bouteilles en plastique, etc.

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Les réactions sont plus que mitigées. « C’est le minimum, ce serait bien d’aller au-delà », estime Maryse Roux, maire de la commune de La Couvertoirade. Robert Calazel, exploitant sur le terrain voisin, est plus radical : « J’en viens à me demander si ces bassins, qui concentrent la pollution, ne servent tout bonnement pas à rien. » « C’est pour cela que nous sommes là, reprend Mikael Picaud, et ce n’est pas contre la DIR, nous savons que tout cela est politique. » À l’exception de maires et des conseillers municipaux, ni élus ni la police de l’eau n’étaient présents à cette réunion du 13 janvier. Joint par la suite, Christophe Laborie, président de la communauté de communes Larzac Templiers et du syndicat des eaux potables du Larzac, nous relate : « Dès que le problème a été connu, nous avons alerté les services de l’État concernés. Nous restons vigilants », conclut-il, en soulignant bien : « On ne peut pas se permettre de risquer une pollution de l’eau potable. »

« Le milieu karstique est considéré comme extrêmement vulnérable aux pollutions »

La question de l’eau est particulièrement sensible sur le Larzac : karstique, ce causse calcaire s’érode facilement : l’eau qui tombe sur le plateau s’infiltre très rapidement en sous-sol et ressort dans les vallées, où elle est parfois captée pour l’eau potable. « Il y a une vraie difficulté entre la taille des bassins hydrologiques et la vitesse surprenante à laquelle l’eau circule, dans un milieu particulièrement vulnérable », convient Renaud Rêche, responsable du service eau et biodiversité à la préfecture de l’Aveyron. Ce « policier de l’eau » certifie que, pour la population, « le risque de pollution est très faible, il s’agit de quantités peu importantes. De plus, l’eau est régulièrement contrôlée et les résultats sont conformes aux normes ». Une affirmation confirmée par les relevés de l’Agence régionale de santé.

Mais les bassins de décantation, aujourd’hui obsolètes, étaient une solution déjà inadaptée au moment même de leur création. « Ils ont peut-être été fait un peu hâtivement, du provisoire qui dure », selon M. Rêche. Sauf qu’au moment même de la construction de l’autoroute, dès 2004, dans le livre Autoroute et aménagements : interactions avec l’environnement (PPUR), des experts avaient déjà pointé le problème : « Le milieu karstique est considéré comme extrêmement vulnérable aux pollutions à cause des avens et des rivières souterraines. » Et de suggérer ou bien « un tracé alternatif », avec le coût et le temps que cela aurait représenté, ou bien le tracé prévu avec « des mesures de protection permanente » tout au long du tracé, dont les bassins de décantation qui sont mis en cause aujourd’hui. Mais les experts précisaient également que : « Ce dispositif ne semble pas adapté à la problématique des aquifères karstiques. » Et d’anticiper le problème des épisodes cévenols de pluies torrentielles trop importantes et trop fréquentes avec « l’injection dans l’aquifère de volumes d’eau polluée importants ». Déjà, en dehors du contrôle de la qualité de l’eau aux stations de captage, rien n’est envisagé pour traiter la pollution à la source.

« Le sol est creusé dans tous les sens en dessous »

Depuis, le parc naturel régional des Grands Causses a montré à quel point le sous-sol des causses était directement relié aux sources, y compris d’eau potable, des vallées voisines, comme l’explique Laurent Danneville, hydrogéologue : « On a découvert des circuits inconnus, des bassins beaucoup plus grands que la topographie des cours d’eau. »

Pour les habitants du Larzac, rendez-vous est donné « au cours du premier semestre 2016 » pour une grande réunion pour « mettre tous les problèmes sur la table », indique Max Beaumevieille. Quittant le bassin 44, Mikael Picaud nous conduit plus loin, au niveau d’un autre ouvrage. Et cette fois, au cœur même du bassin, déjà en piètre état, nous découvrons des trous, des avens, inexistants au moment de la construction.

En surface, on distingue la géomembrane, censée tapisser le fond du bassin, à l’air libre alors qu’elle est sensible aux ultraviolets. Sur les côtés, quelques déchets. « C’est un gruyère en dessous, me rappelle Mikael Picaud, ils auront beau reconstruire des dalles de béton, ça cassera toujours au bout du compte parce que le sol est creusé dans tous les sens. » À croire qu’en plus de celles et ceux qui y vivent, la terre du Larzac elle-même est devenue rebelle aux aménagements humains.

Source : Grégoire Souchay pour Reporterre

Photo : © Grégoire Souchay/Reporterre sauf la pollution de l’aven des Résines, © Mikael Picaud.

DOSSIER Transports

THEMATIQUE Pollutions

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 08:09

PAS DE JUSTICE ,pas de souveraineté alimentaire,PAS DE PAIX .

Avec un vote contre des députés au sujet de l'étiquetage obligatoire des animaux nourris aux OGM lors de l’examen à l’Assemblée nationale de la transposition de la directive OGM le mercredi 16 septembre, la lutte pour le savoir et le bien manger devient politiquement existentielle .

Et si l’alliance entre une existence prolongée ,la bonne santé,et une nourriture adaptée est cruciale elle est sur ce point admise par ceux qui se battent vraiment pour la vie,(la notre comme celle des parlementaires).Alors ceux de nos élus qui veulent de l'alimentation saine, se feront fort d'inscrire enfin dans la loi ,les amendements que les représentants des ONG leur proposeront dans les jours qui viennent:

Il s'agit de 8 propositions d'amendements et de 2 «exposés des motifs» (1) nécessaires à la protection de la biodiversité ,et donc indispensables à l'amélioration de la santé publique et bonnes pour l'environnement.

On est dans le même bateau, et les gens ont Droit à ne pas être trompé, maintenu dans (2)L'ignorance : des recettes pour la produire, l'entretenir, ,à ce point !

Et surtout,les gens n'ont pas à être rendu malade avec des poisons INDUSTRIELS introduits sans aucun avertissement dans la nourriture des bébés*et des enfants ,....!

*A savoir que des molécules toxiques se retrouvent aussi dans les cosmétiques pour bébé
http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/bebe-molecules-toxiques-cosmetiques-bebe-61645/#xtor=RSS-8

La contamination des aliments doit figurer à l’ordre de jour celle des huiles minérales qui sont potentiellement cancérogènes et menacent le bon fonctionnement du système hormonal (perturbateurs endocriniens,voir pétition ) .

Or voilà : nous étions en plein dans l'AGNOTOLOGIE (2)des firmes ,qui est "science" de l’ignorance dont voici la Définition

Désormais ,si après l'effet révélateur du documentaire de Lise Lucet sur les pesticides, la justice poursuivait cette fois une bonne fois pour toute pour dégradation ,les faucheurs volontaires Bretons qui ont apposé des slogans favorables au rejet des importations d'OGM?

Passons donc en jugement les lanceurs d'alerte favorables à de la nourriture sans aucun poisons,et à un étiquetage pour toute nourriture animale à base de soja OGM Brésilien et Argentin!

Si c'est le cas ,le public aura enfin droit un débat sur la salubrité publique ,car la lutte contre le cancer et l'amélioration de la santé passe par là :

(1)"Protéger la biodiversité menacée par le brevetage des traits natifs et les nouveaux OGM","La nécessité de protéger la biodiversité menacée par la généralisation des cultures tolérantes aux herbicides,et de protéger la biodiversité menacée par les néonicotinoïdes"....

(2)et contacter nos députés dans l'Hérault avec sous le bras ces amendements du Collectif Semons la Biodiversité , afin de contrer au nom des Droits de l'Homme , la fabrication de l'ignorance publique

Lobbying et régulations 3 : La fabrication de l'ignorance
Blues des experts : Lobbying et régulations 1 - France Culture
Lobbying et régulations 2 : Perturbateurs endocriniens ...

Note de l'administration du blog.

Lorient - Publié le 10/02/2016

Justice à Lorient : pique-nique pour soutenir des militants anti-OGM

Le reportage sur FR3 Bretagne : A partir de 9'30s,

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/emissions/jt-1920-bretagne

http://www.ouest-france.fr/bretagne/lorient-56100/justice-lorient-pique-nique-pour-soutenir-des-militants-anti-ogm-4028301

  • Le port de Lorient est régulièrement la cible des militants anti-OGM. En novembre, une vingtaine s'était rassemblé près des hangars de stockage, accueillis par des dockers et agents CGT de la CCI. | Ouest-France

Ils avaient marqué de peinture l'entrée du port pour s'opposer au stockage de soja transgénique. Ils sont convoqués au tribunal. Une mobilisation de soutien s'organise.

Quatre militants anti-OGM sont convoqués au tribunal de Lorient, ce vendredi 12 février. En octobre, ils avaient marqué avec de la peinture les palissades de l’entrée du port de Kergroise.

Lorient, entrée des OGM en France

Ils entendaient rappeler et dénoncer que le port de commerce de Lorient est une des entrées en France du soja transgénique. Environ 550 000 tonnes, importées du Brésil et d’Argentine, y sont stockées, chaque année, dans de grands silos.

"Venez avec chaises, planches et tréteaux"

Pour les soutenir, des militants anti-OGM ont prévu un pique-nique devant le tribunal de Lorient, à partir de 11 h, vendredi. "Venez avec chaises, planches et tréteaux… Et pourquoi pas accordéon, bombarde et autres instruments de signalisation !", lancent-ils.

Ces militants s’indignent, au passage, de "l’incohérence" du Conseil régional de Bretagne, qui, s’il a adopté une délibération pour interdire la culture d’OGM sur son territoire en 2004, continue d’autoriser l’importation de soja transgénique.

"Ce sont des pacifistes"

À noter que les élus du groupe Lorient Écologie appellent eux aussi à soutenir les militants convoqués : "Ils luttent pour notre santé et notre environnement. Ils n’ont dégradé aucun bien public. Ce sont des pacifistes."

-Berlin devient la capitale de la révolution végétarienne

-12 février 2016 Lorient.
http://www.reporterre.net/Berlin-devient-la-capitale-de-la-revolution-vegetarienne

Lorient. 70 militants anti-OGM devant le tribunal

Ce vendredi matin, à 11 h, quatre faucheurs volontaires étaient convoqués au tribunal de grande instance de Lorient pour une procédure de composition pénale. Ils sont poursuivis pour avoir marqué, en octobre dernier, avec de la peinture les palissades de l'entrée du port de Kergroise, toujours pour dénoncer le stockage de soja transgénique à Lorient. Pour les soutenir, 70 militants et citoyens du collectif anti-OGM se sont rassemblés devant les grilles du tribunal avec banderoles, drapeaux et pique-nique.

Plaidant responsable mais pas coupable et refusant la proposition du délégué du procureur de les condamner chacun à 300 euros d'amende, les quatre faucheurs vont probablement être poursuivis pour dégradation suite à ces graffitis faits au port de commerce. Une bonne nouvelle pour les anti-OGM qui veulent un procès pour réclamer l'étiquetage des produits OGM et un moratoire sur l'usage et l'importation des OGM.

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/morbihan/lorient/lorient-70-faucheurs-volontaires-devant-le-tribunal-12-02-2016-10956293.php

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 03:30

Chez nous aussi ,en France(En particulier au ministère du taré*),il y a quelqu'un qu'il faut se fader comme un fardeau :

regardez cette rencontre d'un journaliste d'outre-manche avec Valls ,filmée sur la BBC visible suryetiblog.org

*https://www.mediapart.fr/journal/france/060216/notre-dame-des-landes-bienvenue-chez-les-dingues

*Manuel, souviens-t-en... | L'Humanité

1 oct. 2013 - Par Jean-Claude Lefort, Député honoraire, Fils de Manouche. ... Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en Espagne pour combattre ..

-Ensuite ,il apparaitrait que

LA GUERRE DES CIVILISATIONS N’AURA PAS LIEU

" C’est une guerre de civilisations, c’est une évidence. Pour nos brillantes élites, de Nicolas Sarkozy à Manuel Valls, aucun doute. Certains vont plus loin, c’est la guerre de la civilisation contre la barbarie. C’est une certitude répandue dans les médias, dans les têtes, partout, y compris chez le barbare pour qui le barbare, c’est l’autre."

Appel. Ni guerre ni état d’urgence

vendredi 5 février 2016

En Syrie, la faim comme arme de guerre

Mots-clés : Droits humains Faim Paix et conflit Syrie

©Mohammed Eyad / NurPhoto

En ce début d’année 2016, Madaya, bourgade syrienne de 42 000 habitants à la frontière du Liban, est devenue une ville martyre, affamée par les troupes du régime et les miliciens du Hezbollah libanais.
Plus au Nord, Foua et Kefraya, deux villes chiites du mohafazat d’Idlib, se trouvent, elles, encerclées par des rebelles.

Madaya, situé dans le massif montagneux de Qalamoun à 40 km de Damas se trouvait bloqué depuis six mois par les forces du régime. Selon Médecins sans frontières, 28 personnes y sont mortes depuis le 1er décembre. « Les gens ont peur de sortir car ils peuvent se faire abattre par les soldats, des francs-tireurs ou sauter sur des mines. Depuis octobre, date de la dernière livraison alimentaire, les habitants n’ont pas de pain, ils se nourrissent de soupe préparée avec des feuilles ou boivent de l’eau mélangée à des épices. Le prix du kilo de riz a atteint 25 000 LS (100 euros). Ceux qui meurent en premier sont les plus faibles, les nouveau-nés, les personnes âgées et les malades. », témoigne Mohammed al-Idlibi [1] membre d’un réseau d’aide à la Syrie, et partenaire du CCFD-Terre solidaire.
Il énumère les besoins des populations assiégées : des produits alimentaires énergétiques tels que des légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots blancs), du riz, de l’huile, du sucre…

Les images de ces populations en détresse ont propulsé la situation des villes assiégées sous les feux de l’actualité et fini par déclencher l’envoi d’un convoi humanitaire le 11 janvier.
Menée sous la houlette du Croissant rouge et de la Croix Rouge, cette opération a reçu le feu vert des autorités syriennes qui l’a toutefois conditionnée à une aide similaire pour les villages pro-Assad de Foua et Kefraya.
Alors que se profilent des discussions entre le pouvoir et l’opposition sous l’égide de l’Onu, le 25 janvier 2016 à Genève, chaque belligérant tente de prendre l’avantage dans le rapport de force sur le terrain ou dans les médias.

Une arme utilisée depuis 2012

Le siège de villes n’est pas un phénomène récent. Cette « arme de guerre » a été utilisée dès 2012.
« Lors du siège du camp palestinien de Yarmouk, dans la banlieue de Damas, par l’armée en 2013/2014, je me souviens d’une famille qui se contentait d’un cube de bouillon Maggi par jour ! », raconte Mohammed al-Idlibi. Mais la politique basée sur la famine a été systématiquement mise en place par le régime et le Hezbollah depuis deux ans ».
Au printemps 2014, le père Frans Van Der Lugt, un jésuite néerlandais ayant choisi de rester auprès de la population assiégée de Homs, avait envoyé un appel désespéré sur Internet : « Le plus grand problème est la faim car les gens ne trouvent pas à manger ». C’était quelques semaines avant qu’il ne soit assassiné d’une balle dans la tête.

Selon l’Onu, il y aurait aujourd’hui un peu plus de 400 000 Syriens assiégés, un chiffre que les associations locales jugent souvent très sous estimé.
Tous les sièges ne sont cependant pas aussi hermétiques que ceux de Yarmouk et Madaya.
Dans certains cas, comme à al-Tell (Qalamoun), les habitants obtiennent parfois l’autorisation de sortir ou d’entrer, seules les personnes étrangères à la ville sont interdites.

La faim profite économiquement aux belligérants

« Au début du blocus, la population assiégée utilise les stocks des commerçants locaux qui font flamber les prix. Une fois ces réserves épuisées, le régime peut laisser entrer des marchands ou des shabiha, (des miliciens) qui lui sont affiliés et fixent des prix encore plus exorbitants. », explique Iskandar*, un militant de la première heure.
Tout un système économique de prédation et de corruption s’est ainsi mis en place au profit de ceux qui contrôlent les points de passages.
« Dans la capitale tenue par le régime, on peut acheter des abricots provenant des jardins situés en zone rebelle, pourtant en principe totalement bloquée, poursuit l’activiste. Il y a donc des arrangements pour faire passer des fruits et légumes au prix de droits de passage prélevés aux barrages. À l’inverse, à l’intérieur des zones rebelles de la Ghouta, près de Damas, les fruits, légumes, laitages et viandes produits sur place sont meilleur marché alors que le riz, la farine restent pratiquement introuvables ».

Un « crime de guerre »

Le blocus des villes a été qualifié de « tactique barbare » par l’ONU et de « crime de guerre » par son Secrétaire général Ban Ki Moon, le 14 janvier. Pour Mohammed al-Idlibi, « il s’agit d’une stratégie globale menée par le régime de Bachar. Elle vise à mettre la main sur des territoires, expulser les populations, si possible à les anéantir pour qu’elles ne reviennent pas. L’objectif du pouvoir est de modifier la composition de ces zones frontalières avec le Liban pour y mettre des populations minoritaires, principalement chiites et alaouites ».

De fait, des recompositions démographiques sont déjà à l’œuvre à Homs dans les quartiers sunnites où des maisons ont été accaparées par des officiers alaouites.
En revanche, l’armée syrienne n’a assiégé ni Raqqa, ni les localités de l’Euphrate et s’est retirée quasiment sans combattre de Palmyre tombées sous la coupe de l’État islamique. « Laisser Daech s’implanter dans certains territoires est une stratégie qui conforte un régime se présentant comme la seule alternative aux djihadistes. Or il en est un des promoteurs et ne se sent pas concerné, de toute évidence, par la population de l’Est syrien », martèle Mohammed al-Idlibi.

Les « héros de l’ombre »

Dès le début de la guerre, des réseaux résilients de solidarité se sont constitués pour distribuer des vivres, médicaments ou du cash aux familles syriennes, notamment dans les localités assiégées.
Ces réseaux interviennent dans les zones contrôlées par le régime où des foyers n’ont pas accès à l’aide humanitaire officielle, mais aussi dans celles dominées par l’État islamique et dans les zones rebelles où les distributions sont facilitées par le fait que les activistes humanitaires n’y sont pas considérés comme des terroristes.
« Les membres de ces réseaux, je les appelle les héros de l’ombre. Un jour, ils sortiront en pleine lumière, relève Mohammed al-Idlibi. Capables de travailler 24 heures sur 24, ces gens-là connaissent les risques mais acceptent de les gérer ». Ces activistes font ce que les ONG classiques dépourvues des contacts indispensables et souvent trop bureaucratiques ne peuvent faire. D’où l’importance, pour ces réseaux clandestins, de disposer de fonds propres et du soutien de bailleurs à l’écoute de leur mode spécifique de fonctionnement.

Pour en savoir plus sur les acteurs soutenus par le CCFD-Terre Solidaire, cliquez ici

Une connaissance intime du terrain

Dans un pays hérissé de barrages, il faut bien connaître les voies de contournement. Des tunnels sont parfois creusés, sans cesse traqués par le régime ou les groupes armés. « Nous devions livrer des médicaments à un homme sorti des geôles de Bachar, se souvient Iskandar. Pour parcourir les 20 km séparant le village où il s’était réfugié en zone rebelle et la ville de Kuneitra en zone contrôlée par le régime, nous avons dû effectuer un détour de cinq heures ! Ce sont des femmes qui ont fait la route. Elles sont d’ailleurs très mobilisées dans les réseaux activistes depuis le tout début de la révolution ».

Dans les villes assiégées par l’État islamique - le Qalamoun oriental ou l’Est du pays - ceux qui tentent de distribuer des vivres risquent de "disparaître", parfois d’être décapités. D’où les consignes drastiques de sécurité dans ces zones comme dans les territoires sous contrôle du régime, le cloisonnement des groupes, la fermeture de réseaux victimes de dénonciation…

Ces précautions n’empêchent malheureusement ni les arrestations, ni la torture, ni la mort. « Assiégée, affamée, bombardée, la population se sent complètement abandonnée », confie Mohammed al-Idlibi. Et plus encore les activistes, ces « invisibles » d’un conflit interminable.

Camille Hautefeuille

Valls en fou de guerre fou furieux : une interview hallucinante sur la BBC

par Pierrick Tillet - Les mots des autres

Ce type est totalement dingue ! Regardez cette courte vidéo d’une interview de Manuel Valls sur la BBC et demandez-vous pourquoi aucun média français n’a osé la diffuser. On y entend des propos complètement déjantés sur la « guerre totale », la « guerre globale », « l’ennemi de l’intérieur » qu’il convient de traquer à mort, à grands coups d’état d’urgence, une génération durant s’il le faut !

(En passant, notez l’expression totalement éberluée de son interlocutrice britannique.)

Appel. Ni guerre ni état d’urgence

vendredi 5 février 2016

http://www.humanite.fr/ni-guerre-ni-etat-durgence-598116

Appel collectif: Signataires : Christine Delphy, sociologue, Francis Feeley, américaniste, Sabina Issehnane, économiste, Rose-Marie Lagrave, sociologue, Daniel Mermet, journaliste, Marwan Mohammed, sociologue, ­Christian de Montlibert, sociologue, Ugo Palheta, ­sociologue, Willy Pelletier, sociologue, Sylvie Tissot, sociologue.

Après l’Europe centrale, l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient, c’est maintenant en Syrie et à nouveau en Irak que la France mène la guerre en attendant d’intervenir en Libye. Il est vrai qu’en cinq cents ans, la France a été engagée 110 fois dans un conflit armé. La France est perpétuellement en guerre. Même si les médias en parlent peu, la guerre continue. Elle tue des civils qui n’ont droit qu’au silence. Car aucune frappe n’est chirurgicale. Les civils tués sous nos bombes valent-ils moins que les civils tués sur notre sol ? La guerre s’annonce infinie, en Syrie, en Irak, en Libye, au Mali et ailleurs où la France continue sa politique postcoloniale et impose par les armes une morale des droits de l’homme dont elle juge, unilatéralement, qu’elle est la seule gardienne.

Certains s’indignent de l’état d’urgence sans condamner les interventions françaises. C’est là une bien courte vue limitée au confort des libertés publiques « chez nous ». Mais comment refuser l’état d’urgence et sa constitutionnalisation sans ­dénoncer la guerre qui les ­autorise ? Comment accepter cette guerre qui, de coalitions en connivences, de confrontations de forces en réactions en chaîne, étendra fatalement le périmètre des belligérants, en suscitant, ailleurs, d’autres conflits armés ? La guerre exige d’abonder toujours davantage les budgets militaires (soutien des opérations, solde des soldats et des policiers, etc.). Elle conduit conjointement chaque État à faire au moins autant, si ce n’est plus, que les concurrents. La guerre cause et appelle la guerre. Elle avive la surenchère des États qui soutiennent leurs multinationales de l’énergie et de l’armement pour maintenir, réaffirmer, élargir leur domination matérielle (sur les espaces et les ressources) ainsi qu’idéologique et même culturelle (sur des sociétés voulues ­vassales). La guerre, en France, ne peut se faire qu’au détriment des ­politiques sociales. La guerre, là-bas, assassine, détruit, ruine et engendre la misère et la haine. Peut-on croire que la détestation d’une France qui bombarde n’aura à terme aucune conséquence en France ? Les performances des Rafales dans les cieux syriens font figure de « Salon du Bourget » grandeur nature. Les ventes d’armes françaises en seront boostées. Et d’ailleurs, la guerre constitue toujours une magnifique ­opportunité pour vendre, via des circuits opaques, des armes à tous les belligérants. Mais elle facilite en même temps une dissémination des armes (pillages de dépôts, reventes…) qui, par la suite, servent encore, n’importe qui et n’importe quel motif : du terrorisme au grand banditisme…

La guerre provoque et provoquera davantage de migrations douloureuses. Lesquelles sont utilisées pour justifier aussi bien la généralisation des équipements de surveillance que toutes les formes de racisme qui, à leur tour, minent les relations ­sociales. Il faut donc être cohérent : dire non à l’état d’urgence, c’est dire non à la guerre. Car la guerre extérieure entraîne quasi automatiquement le renforcement des contrôles à l’intérieur du pays. Et presque toujours, la guerre produit un rassemblement nationaliste autour d’une supposée identité menacée, ce qui légitime toutes les restrictions de liberté. Elle engendre un état d’urgence permanent qui finit par servir de prétexte pour criminaliser toutes les résistances au néolibéralisme, qui, lui-même, se nourrit de la guerre.

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 02:55
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 07:31

Pourquoi nous devions faire plier la grande distribution sur le gaspillage alimentaire

Publication: 03/02/2016 LES BLOGS

Élu dans la ville de Courbevoie depuis mars 2014, je me suis investi, comme des milliers d'autres élus, au service de l'altérité.

Assumer une responsabilité politique, c'est être d'abord investi de droits et d'obligations.

Dans mon mandat d'élu, je ne tire aucun bénéfice ni avantage. J'ai toujours considéré que la politique n'était pas un métier mais un investissement. J'ai également pris la décision de ne pas me présenter aux élections départementales, régionales et internes du parti "Les Républicains". Parti dont je suis fier d'être membre.

Je me suis rapidement engagé de façon active, avec de nombreux amis, afin d'obtenir une loi interdisant aux supermarchés de jeter leurs invendus consommables et de les donner à l'association de leur choix.

Ça n'a pas été simple. Mais je n'ai pas à étaler mes états d'âme, ni à parler des pressions que j'ai reçu. La seule chose qui compte est que les démunis pourront bientôt manger plus facilement.

Ainsi, après de multiples péripéties, la loi sur le gaspillage alimentaire est enfin votée, et chose rare à l'unanimité. Le 9 décembre 2015 dernier à l'Assemblée Nationale. Et aujourd'hui au Sénat. Et un oui unanime au Parlement.

Je tiens à remercier tous les parlementaires de gauche, de droite et du centre comme Frédéric Lefebvre, Jean-Pierre Decool, Jean-Christophe Lagarde, Alexis Bachelay, Guillaume Garot, Alain Fouche, Nathalie Goulet, Xavier Bertrand, Angelique Delahaye, Joel Guerriau, Chantal Jouanno, Roger Karoutchi, Jacques Kossowski, Thierry Solere, Valerie Pecresse, David Lisnard, Bruno Retailleau,... La République s'honore d'avoir des élus qui travaillent main dans la main pour l'intérêt général.

L'histoire de cette loi a démarré au mois de décembre 2014 et janvier 2015 à Courbevoie.

Avec des amis et bénévoles de ma commune, nous avons récupéré trois soirs par semaine les invendus du supermarché "Carrefour Market Charras" de Courbevoie, pour les distribuer aux personnes nécessiteuses, notamment la classe moyenne et les SDF.
Fort de cette expérience et avec mon ami Mathieu Kassovitz, sensible à cet enjeu, nous avons décidé de lancer une pétition sur Change.org pour obtenir une loi imposant à tous les supermarchés de distribuer leurs invendus. Notre pétition française a été signée par plus de 211.000 personnes ! Il s'agit du texte à thématique "écologique / agriculture" ayant reçu le plus grand nombre de signatures sur un site de pétition en ligne en France.

Notre objectif est de décliner la loi en Europe et dans le monde.

Ainsi, soutenu par "la Croix Rouge Française" et "Action contre la faim", notre deuxième pétition s'est tournée vers l'Europe. Celle-ci dépasse aujourd'hui les 754.000 signatures.
Vous pouvez d'ailleurs continuer à la signer pour atteindre le million de signatures.

Pourquoi une loi ?

En France, aujourd'hui, nous avons :

  • D'un côté, une classe moyenne qui a de plus en plus de problèmes économiques. En effet, dès le 10 de chaque mois, des millions de Français sont sous l'eau après avoir payé leur loyer et leurs charges. En outre, il y a de plus en plus de SDF dans nos rues.
  • De l'autre côté, chaque supermarché gâche chaque jour plus de 50 kg de nourriture. C'est impensable avec la crise économique actuelle !

Notre proposition a été simple et efficace : voter une loi imposant, ou incitant aux supermarchés de donner, soir après soir, tous leurs invendus consommables à l'association de leur choix.
Concrètement, il s'agit d'un droit opposable. Ainsi, avec un encadrement légal, il y aura trois conséquences :

  1. Chaque citoyen peut créer une association et déposer ses statuts à la préfecture afin d'y obtenir une habilitation. Celui-ci pourra ensuite s'adresser à l'enseigne de son choix dans sa commune, afin que celle-ci lui remette les invendus pour une distribution le soir même (à l'instar de notre initiative à Courbevoie). Il y aura donc deux sortes d'associations pour la distribution de nourriture : les associations agréées qui peuvent stocker (les Restos du cœur, Secours catholique, Secours populaire, Samu social, Croix rouge...) ; et les associations agréées qui ne peuvent pas stocker en raison d'absence de locaux permettant le respect à la chambre froide. Dans ce cas, ça serait une distribution immédiate le soir même (à l'instar de mon association "Courbevoie 3.0"). Si aucune association ne vient interpeller une enseigne, l'obligation ou la contrainte ne fonctionne donc pas. Ceci pour rassurer les enseignes et les commerçants. Et si un supermarché refuse, ça sera une peine d'amende de 3750 euros.
  2. Chaque commune pourra informer les citoyens qu'il y aura cette initiative. Cela permettra de mobiliser de nombreux bénévoles. Exactement comme nous avons fait à Courbevoie (tribune dans le "Courbevoie magazine", communication via Facebook, Twitter).
  3. Le surplus de nourriture sera cédé automatiquement aux associations agréés qui peuvent stocker la nourriture. Je rappelle, comme vous le savez, que les Restos du coeur (comme toutes les autres) font des collectes de nourriture systématiquement.

Cette loi, pour laquelle nous nous sommes battus depuis de longs mois, permettra à plus de 10 millions de personnes de manger.

En devenant le premier pays au monde à légiférer sur ce scandale de la javellisation, la France prouve que la Fraternité a encore du sens dans notre pays.

Nous en appelons dorénavant au président de la République française, Monsieur François Hollande, et au Président de la commission européenne, Monsieur Jean-Claude Juncker.

Aujourd'hui c'est aux plus de 80 millions de personnes qui souffrent en Europe que nous devons penser.
Il y a urgence à agir.

Arash Derambarsh est auteur aux éditions Fayard du "manifeste contre le gaspillage".
Il est élu "Les Républicains" au conseil municipal à Courb
evoie.

Lire aussi :

• Ensemble contre le gaspillage alimentaire en France et en Europe !

• Pourquoi les légumes moches n'arrivent pas à s'imposer en France

• Gaspillage alimentaire: Ségolène Royal et la société du spectacle

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 08:13

Le sénat à rejeté hie l'amendement qui aurait permis d'étiqueter les huîtres triploïdes,lire l'extrait du débat des sénateurs sur la loi biodiv de Vendredi 22janvier au matin) :

http://www.senat.fr/cra/s20160122/s20160122_1.html#par_11

M. le président. - Amendement n°472, présenté par M. Labbé et les membres du groupe écologiste.

Après l'article 46 ter

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

L'article L. 932-3 du code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié :

1° Après le mot : « définis », sont insérés les mots : « , en prenant en compte l'objectif de protection de la biodiversité, » ;

2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« Ce même décret précise les modalités selon lesquelles l'étiquetage des huîtres vendues au détail distingue les huîtres nées en mer de celles nées en écloserie, ainsi que les modalités selon lesquelles s'effectue la transmission de l'information d'un stade à l'autre de la production et de la commercialisation. Il définit également les sanctions encourues en cas de non-respect des règles relatives à l'étiquetage et à la traçabilité. »

M. Joël Labbé. - Le 11 septembre 2013, j'avais déposé un amendement pour ouvrir le débat ici sur les huîtres triploïdes, qui représentent 50 % du marché tout de même. Issues d'huîtres diploïdes et d'huîtres tétraploïdes, elles présentent des avantages évidents pour les éleveurs : stériles, ces huîtres poussent en deux ans au lieu de trois ; non gamétogènes, elles ne sont pas laiteuses en été et peuvent donc être produites et consommées toute l'année.

Compte tenu des effets possibles de leur dissémination sur la biodiversité, il me semble utile de prévoir leur traçabilité.

D'où cet amendement : nous proposons que les obligations incombant aux professionnels pour la commercialisation des produits de la mer soient définies en tenant compte de l'objectif de protection de la biodiversité. Il applique cette règle au cas spécifique des huîtres triploïdes en prévoyant un étiquetage destiné à préciser si les huîtres sont nées en écloserie ou en mer. Nous souhaitons également appliquer le règlement européen du 11 décembre 2013 sur la vente au détail de mollusques.

M. Jérôme Bignon, rapporteur. - C'est la troisième fois que nous débattons ici de ce sujet important, après le 27 janvier 2014 et le 12 mai 2015... La question mérite assurément d'être posée et elle est loin d'être anecdotique, mais la réponse est manifestement d'ordre réglementaire. Mieux vaut donc interroger le Gouvernement sur ses intentions. L'huître triploïde échappe à la réglementation des OGM, comme à celle des produits de la mer. Le problème ressortit davantage au droit de la consommation qu'à la biodiversité.

Mme Ségolène Royal, ministre. - Je connais bien le sujet, grâce aux huîtres de Marennes d'Oléron, les meilleures du monde. (Sourires, marques d'appréciation sur plusieurs bancs ; protestations sur d'autres bancs, où l'on propose d'autres origines)

Cet amendement me semble inapplicable. Les huîtres élevées en écloserie ne sont pas toutes triploïdes ; les professionnels élèvent souvent conjointement des huîtres en écloserie et en mer. Avis défavorable à tout régime obligatoire et rigide d'étiquetage, privilégions les solutions souples et concertées.

M. Joël Labbé. - Les huîtres triploïdes sont de plus victimes d'une bactérie très virulente, vibrio aesturianus. Elles peuvent contaminer les autres, et, bien qu'elles soient censément stériles, 13 % pourraient malgré tout se reproduire.

D'un strict point de vue sanitaire, il importe de ne pas mélanger les lots. Il faudrait au moins une traçabilité de ces huîtres ; elle est obligatoire pour les canards, les poulets, pour d'autres aliments : pourquoi pas pour les huîtres, où le consommateur doit être informé et où un étiquetage lot par lot doit être rendu possible ?

M. Gérard Cornu. - Je reconnais à M. Labbé une certaine persévérance... Cette proposition avait sans doute sa place dans la loi Consommation, c'est moins certain ici... Pourquoi pas, en effet, un étiquetage, pour les huîtres, semblable à celui des crevettes ou des poissons proposés aux consommateurs ? Il indiquerait, plutôt qu'« huîtres triploïdes », qui ne paraît guère vendeur, « élevées en écloserie » ou « sauvages ». Mais ce n'est pas du ressort de la loi. Soyez donc persévérant auprès du ministère, monsieur Labbé, vous auriez certainement plus de chance d'obtenir gain de cause sur le plan réglementaire.

M. André Trillard. - Je suis vétérinaire. Je rappelle que les huîtres étant des aliments, non des espèces sauvages à protéger, elles ont plus à voir avec la consommation qu'avec la biodiversité. Quant aux questions ayant trait à la Marine nationale, qui doit conduire l'action de l'État en mer, elles relèvent davantage du budget de la défense. Attention à ne pas parler de tout, n'importe comment ! (Protestations à gauche)

Mme Marie-Christine Blandin. - Élevons le débat, si vous voulez bien ! Que nous révèle, entre autres, l'usage grandissant des huîtres triploïdes ? Il faut le relier à l'appauvrissement du spectre de la diversité animale et végétale élevée ou cultivée dans nos sociétés. La perte accélérée de plus en plus de variétés locales de plantes ou de bovins, ovins ou caprins en atteste : subrepticement, l'humanité se prive du choix de la biodiversité consommée et les gens qui défendent la nature sont marginalisés face à ceux qui fabriquent de la para-nature...

M. André Trillard. - Il s'agit d'alimentation !

L'amendement n°472 n'est pas adopté.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 08:59

Prenez connaissance du fondement de la plainte pour non respect de la Convention d'Aarhus et pour l'obtention de l'étiquetage obligatoire « nourri aux OGM » qui sera déposée le 9 février 2016 à PARIS à l'occasion d'une conférence de presse

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 08:15

UNION EUROPÉENNE - OGM : Monsanto fait retirer le MON863 du marché européen

Eric MEUNIER , 14 janvier 2016

L’information n’a pas fait grand bruit, et pourtant… L’évènement de transformation MON863 de Monsanto, que l’on retrouve dans plusieurs plantes transgéniques, n’est plus autorisé commercialement dans l’Union européenne. Toutes les variétés contenant cet évènement, seul ou en combinaison avec d’autres, ne pourront donc plus être commercialisées, de même que les produits issus de ces plantes.

Lire l'article

Vous avez signé... les députés ont voté à l'unanimité !

Cher-es ami-es,

Merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci ... pour cette incroyable mobilisation !

/ UNE VICTOIRE INCROYABLE !

Les députés viennent d'adopter la proposition de loi en première lecture pour l'introduction d'aliments bio et locaux dans les cantines !

Cette victoire est d'autant plus incroyable :

  • qu'elle a été votée sans avoir été dénaturée : le caractère contraignant et les objectifs chiffrés ont été maintenus.
  • qu'elle a été votée à l'UNANIMITÉ !
/ SIGNER DES PÉTITIONS, ÇA MARCHE !

Cette victoire, c'est aussi grâce à vous ;

  • Plus de 110 000 signatures en 5 jours sur la pétition que vous avez signée "Manger bio et local dans les cantines, c'est possible" ;
  • Des centaines de milliers d'emails envoyés directement aux député-es ;
  • Des dizaines de milliers de partages sur les réseaux sociaux ;
  • La pétition, notre sondage et votre mobilisation mentionnés plusieurs fois pendant le débat à l'Assemblée nationale !
/ NOUS ALLONS ENCORE AVOIR BESOIN DE VOUS !

Ce vote était une première étape, nous vous donnons rendez-vous dans le courant de l'année :

  • lors du passage au Sénat ;
  • pour l'adoption définitive à l'Assemblée nationale.

Nous sommes 110 000 à avoir signé cette pétition, nous avons besoin de pouvoir compter sur vous jusqu'à l'adoption définitive de la loi d'ici quelques mois.

Soyez prêt :

  • à participer à de nouvelles actions ;
  • à partager nos contenus pour être encore plus nombreux.
  • avoir plus d'impact : nous sommes 5 000 adhérents aujourd'hui environ, imaginez si demain nous étions 110 000 ;
  • multiplier nos actions auprès des parlementaires et des élus locaux pour une bio locale et de saison ;
  • être plus efficace en nous permettant de plannifier nos actions sur le long terme.
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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 08:13

Il y a urgence : objectif 100 000 signataires jeudi !

Cher-e ami-e,

Samedi matin, nous avons envoyé l'email ci-dessous.

Il ne vous reste plus que quelques heures pour signer et partager la pétition "Manger bio et local dans les cantines, c'est possible !"

Cette pétition envoie directement un courriel aux députés de votre département avant qu'ils soutiennent la loi favorisant l'introduction d'aliments bio et locaux dans la restauration collective publique. Cette loi sera débattue à l'Assemblée nationale jeudi à partir de 15h00.

Sans mobilisation massive, il est à craindre que les groupes de pression dénaturent le texte.

  • En 3 jours seulement, une mobilisation exceptionnelle nous a permis de rassembler 60 000 signataires !
  • 76 % de français sont favorables à l'introduction d'aliments bios, locaux et de saison en restauration collective publique, selon un sondage IFOP commandé par Agir pour l'environnement.

Plus nous serons nombreux, plus nous aurons d'impact : objectif 100 000 signataires jeudi !

SIGNEZ LA PETITION

ou
http://cantinebio.agirpourlenvironnement.org

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 07:50

Nouveautés de GRAIN | 11 janvier 2016

Vient de paraître :

«Hold-up sur le climat. Comment le système alimentaire est responsable du changement climatique et ce que nous pouvons faire»

Co-edition CETIM et GRAIN • Janvier 2016 • 259 pages

En 2012, GRAIN sortait Hold-up sur l'alimentation. Nous avons pensé qu'il était temps de publier une suite.

Ces 25 dernières années, GRAIN a travaillé avec les mouvements sociaux et les organisations de par le monde pour défendre les cultures et systèmes locaux alimentaires devant l'avancée de l'agriculture industrielle. Une partie de notre travail est consacrée à la recherche de preuves des effets pervers induits par le système agro-industriel – aggravation des situations de famine, destruction des moyens de subsistance des personnes vivant dans les milieux ruraux, perte de la biodiversité et des cultures, exploitation du travail et tout un éventail de calamités sanitaires – et à l'analyse des façons par lesquelles ce système s'étend, des lois sur les semences aux accords de libre- échange en passant par des accords fonciers secrets.

Mais une autre partie importante de notre travail consiste à relier les analyses sur le système alimentaire aux enjeux plus grands qui affectent la planète et à connecter les luttes des peuples dans le cadre du système alimentaire à celles qui prennent place dans d'autres domaines. Le changement climatique en est un exemple important.

Ces cinq dernières années, nous avons rassemblé les données disponibles pour montrer comment le système agro-industriel doit être tenu pour un des responsables majeurs du changement climatique et pourquoi la souveraineté alimentaire est essentielle à prendre en compte dans toute solution pérenne et juste. Il est plus que jamais temps pour les peuples d'agir par eux-mêmes, alors que les gouvernements, particulièrement ceux qui sont à la tête des pays qui ont le plus pollué, refusent de prendre leur responsabilité pour gérer ce problème. Changer le système alimentaire est certainement le meilleur endroit par où commencer.

Nous espérons que ce livre aidera les lecteurs à mieux comprendre les façons par lesquelles les transnationales cherchent à accroître leur contrôle sur le système alimentaire, pour que ce contrôle puisse être efficacement remis en cause. Nous espérons qu'il poussera les gens à agir et qu'il fournira aux lecteurs des informations et des analyses qu'ils pourront utiliser directement dans leur propre travail.

Tous les chapitres de ce livre ont été publiés séparément, la plupart d'entre eux ces trois dernières années. Ils figurent tous sur le site : www.grain.org. Le but essentiel de ce livre est de les rassembler en une seule publication, qui peut être utilisée comme référence, être distribuée là où l'accès à internet est limité et être passée de mains en mains. Des copies sont disponibles en anglais, français et bientôt en espagnol.

Vous pouvez commander le livre (10 euros) sur le site du CETIM

Les mouvements qui militent contre le changement climatique, tout comme pour la souveraineté alimentaire et des semences, doivent absolument lire ce livre. Il montre que l’agro-industrie est une des responsables majeures du changement climatique, et que la petite paysannerie peut constituer une solution importante à cela. Il nous alerte également des fausses solutions proposées par ceux qui sont à l’origine du problème – les Exxon de l’agriculture.
– Dr Vandana Shiva, auteure de Soil, Not Oil et Who really feeds the world

L’alimentation, la terre et les semences sont aussi importants à protéger pour la justice climatique que les systèmes solaires, les coopératives d’éoliennes ou les systèmes de transports publics contrôlés démocratiquement. Ce livre fait remonter les voix des autochtones et des paysans de par le monde, en expliquant en détail pour quelles raisons le combat pour stopper l’alimentation industrielle est de la même essence que la lutte pour une planète habitable et juste.
– Naomi Klein, auteure de Tout peut changer et La stratégie du choc

Ce livre est le fruit de la longue expérience de GRAIN sur le terrain. Il se base sur des preuves solides et des excellentes analyses. Le lien entre le climat et les activités agricoles est essentiel pour contribuer à trouver une solution et GRAIN n’hésite pas à dénoncer les responsabilités et à indiquer les différentes pistes pour agir.
– Dr François Houtart, Professeur, National Institute of Higher Studies (IAEN), Équateur

SOMMAIRE

1. L'alimentation et le changement climatique : le lien oublié
1.1 Comment le système alimentaire industriel contribue à la crise climatique
1.2 La souveraineté alimentaire : cinq étapes pour refroidir la planète
1.3 Les Exxon de l'agriculture
1.4 Comment les projets REDD+ fragilisent l'agriculture paysanne et les solutions réelles au changement climatique
1.5 Les accords commerciaux, l'agrobusiness et la crise climatique

2. Les affamés de terres
2.1 La solution au changement climatique passe par nos terres
2.2 Les belles histoires de l’agriculture familiale
2.3 Affamés de terres : les petits producteurs nourrissent le monde avec moins d'un quart de l’ensemble des terres agricoles
2.4 Ruée vers l’or bleu en Afrique : derrière chaque accaparement de terres, un accaparement de l’eau
2.5 Quand les lois privent les paysans de leurs terres : la réforme agraire à rebours de l’Asie
2.6 Les accapareurs de terres du couloir de Nacala
2.7 Le piège de l’investissement agricole socialement responsabletiques

3. La lutte pour les semences
3.1 Les lois semencières qui criminalisent les paysannes et les paysans
3.2 Les accords commerciaux criminalisent les semences de ferme
3.3 Les transgéniques : 20 ans à alimenter ou à leurrer la planète ?
3.4 Déclaration de Yvapuruvu – lois sur les semences: refusons la dépossession

4. Contrôler le système alimentaire
4.1 Les grandes entreprises remplacent les paysans dans le nouveau programme de sécurité alimentaire chinois
4.2 Il faut défendre le lait populaire en Inde
4.3 La grande braderie de la souveraineté alimentaire : en Asie, les supermarchés affaiblissent le contrôle des populations sur leur nourriture et leur agriculture
4.4 Comment la Fondation Gates dépense-t-elle son argent pour nourrir le monde ?
4.5 Planète huile de palme
4.6 Le libre-échange et l’épidémie de malbouffe au Mexique

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