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Hollande favorise les méthodes de la milice FNSEA à Sivens ,ce qui pourrait génèrer de nouveaux drames sur la zone du GPPI!

-Rendez-vous à Albi demain vendredi devant le conseil général du Tarn ,à 10h pour  le vote des élus .

 

-Voici la pétition  http://stopaubarragedesivens.agirpourlenvironnement.org/

 

- Il y  a le cp -LDH et un article sur l'impunité des milices du Président du groupe Avril.Voici en priorité le Texte de Yanis:

 


Une escalade violente, calculée et dangereuse :

 

HOLLANDE UTILISE LA MÉTHODE SAMARAS SUR LA ZAD DU TESTET!

 

De juin 2012 à janvier 2015, le premier ministre grec Antonis Samaras avait régulièrement utilisé une méthode déjà connue auparavant, mais devenue avec lui un principe de gouvernement durant 30 mois. Elle consistait essentiellement à se servir des milices d'extrême-droite comme de forces supplétives de police pour :
- fabriquer le chaos ;
- organiser des destructions illégales ;
- répandre la violence et la peur dans les zones alternatives ;
- couper ces zones de leurs soutiens et sympathisants ;
- distiller la confusion dans les mass-médias.
Puis, il ne lui restait plus qu'à se présenter, dans l'opinion publique, comme le seul rempart contre ce chaos et à justifier la destruction finale par étapes de tout ce qui pouvait le déranger.

Cette méthode était également utilisée durant des manifestations délicates, comme le prouvent de nombreuses vidéos montrant des militants d'Aube dorée invités à combattre les insurgés sous le regard bienveillant de la police grecque, et même, souvent, directement à ses côtés et en suivant ses conseils.
Durant les émeutes de décembre 2014, marquée par la grève de la faim de Nikos Romanos et de nombreuses occupations et manifestations sur tout le territoire, Antonis Samaras a cru une dernière fois pouvoir utiliser cette méthode pour échapper à la montée en puissance de la protestation et reprendre le contrôle de l'opinion publique. Sûr de lui, il a donc annoncé des élections anticipées et s'est présenté encore une fois en rempart de l'ordre soit-disant protecteur contre un chaos qu'il avait lui-même provoqué en interdisant au jeune prisonnier Nikos Romanos de poursuivre ses études au-delà du bac.
La suite de l'histoire, vous la connaissez, conclue par son départ le 26 janvier 2015.
Vu l'aggravation quotidienne de la situation sur la ZAD du Testet et aux alentours, notamment le risque imminent d'une seconde victime quatre mois après la mort de Rémi Fraisse, il est urgent de démasquer la stratégie de François Hollande et de ses collaborateurs, à commencer par Thierry Carcenac.
Il est de notre responsabilité à tous de montrer le vrai visage du pouvoir en France : un pouvoir machiavélique, qui se sert des milices pro-barrages particulièrement destructrices et violentes, sous le regard de forces de police pas ou peu actives sinon pour couper, encore aujourd'hui, l'accès à la ZAD à un convoi de victuailles.
Il est de notre responsabilité à tous de dénoncer cette escalade violente, calculée et dangereuse, qui a pour but de justifier l’évacuation d’une population paisible qui a fait de la ZAD une zone d’utopie écologique et sociale.
Sans quoi nous serons tous responsables d'avoir laissé tuer un autre défenseur de la vie.

 

Yannis Youlountas, 4 mars 2015

 


04.03.2015

Communiqué LDH

Les informations que nous parviennent aujourd’hui directement de la ZAD du Testet, concernant les événements autour de l’affaire du barrage de Sivens et qui sont d’ailleurs rendues en partie publiques dans les médias, confirment qu’une nouvelle étape dans l’escalade de la violence a été franchie. Un syndicat agricole s’arroge, en toute illégalité, le droit d’établir un blocus autour de la ZAD du Testet dont l’objectif est clairement affirmé : isoler et affamer les occupants de la ZAD.

Cette situation intolérable, qui engendre des gênes majeures pour tous les habitants, constitue une atteinte au droit fondamental de libre circulation des citoyens, et semble bénéficier d’une relative tolérance de la part des autorités et des forces de l’ordre présentes.

La Ligue des droits de l’Homme dénonce cette situation et alerte les pouvoirs publics qui, par leur silence et leur inaction, porteraient une lourde responsabilité en cas de nouveau drame.

A l’approche d’une décision qui doit intervenir vendredi 6 mars, la situation se dégrade de manière alarmante, sur le terrain : chasses à l’homme, agressions, contrôles illégaux…

Dans un tel contexte, la LDH considère que les conditions d’un débat démocratique portant sur la gestion et l’utilisation de l’eau en lien avec l’agriculture de demain, dans le cadre d’un projet territorial, ne sont pas réunies, et qu’il n’est pas souhaitable qu’une décision soit prise à cette date par le conseil général du Tarn.

La LDH demande au gouvernement de prendre ses responsabilités, en adoptant au plus vite les mesures d’apaisement nécessaires.

 

Paris, le 4 mars 2015

Autre :

A Paris, une manifestation devant la FNSEA en soutien à la Zad du Testet
http://www.reporterre.net/A-Paris-une-manifestation-devant  

flash spécial alerte zad du testet
https://www.youtube.com/watch?v=9u45ONcOkso&feature=youtube_gdata_player  

Une nuit sur la Zad du Testet
http://www.reporterre.net/Une-nuit-sur-la-Zad-du-Testet  

ans (...)

Ecologie

A Sivens, les milices de la FDSEA multiplient les agressions dans l’impunité

Grégoire Souchay (Reporterre)

jeudi 5 mars 2015

 

Un nouveau cap a été franchi ce mercredi dans la stratégie de la tension imposée par la FDSEA du Tarn. Alors qu’un convoi alimentaire tentait d’être acheminé depuis Gaillac pour alimenter la zone du Testet en vivres, les attaques des pro-barrages se sont multipliées. Récit d’une journée folle, devenue le quotidien à Sivens.


- Gaillac (Tarn), reportage

Il est près de 14 heures mercredi 4 mars quand nous parvenons sur la place de la Libération à Gaillac. Environ deux-cents personnes sont là, rassemblées pour témoigner de leur soutien aux occupants de la zone du Testet et pour mettre en place un convoi alimentaire afin de ravitailler la cinquantaine d’occupants présents sur la Zad de Sivens. L’ambiance est bon enfant et calme. Le préfet du Tarn, Thierry Gentilhomme, est là et discute avec Jean-Claude, un militant anti barrage à qui il explique : « Je veux éviter la confrontation et ne faire prendre de risque à personne ». Une consigne qui n’a pas empêché de multiples agressions depuis plusieurs mois, avec une intensification depuis le début de la semaine et le blocage total de la zone par les agriculteurs pro barrage.

Le maire de Gaillac, Patrick Goisserand, regarde ce qui se passe. Il insiste sur la nécessité de « respecter la loi. Il faut qu’ils partent, agriculteurs comme zadistes, ensuite, je me ferai l’écho pour que tout le monde se mette autour de la table et qu’on reparte à zéro ». Intention louable mais à Sivens, rien n’est jamais si simple.

L’odyssée des poireaux de Gaillac

L’épisode du convoi de ravitaillement a été le fil conducteur de la journée. Ce qui devait être une simple transmission de légumes et de matériel de pharmacie aux zadistes a pris une tournure absurde jusqu’à devenir impossible.

Au départ, le préfet refuse l’entrée de tout véhicule sur la zone « pour éviter les contacts ». Les manifestants rassemblés sur la place centrale de Gaillac s’insurgent contre cette décision. Les voilà enfermés dehors, pendant une heure, entre divers cordons de policiers qui se déplacent dès que les manifestants bougent. Devant l’impuissance, une discussion s’improvise entre le préfet et Patrick, charpentier, repéré comme interlocuteur par un commandant de gendarmerie.


- Patrick -

Voilà donc Patrick parti pour « négocier », bien qu’il précise d’emblée qu’il n’a aucun mandat et qu’il se fait juste « la bouche et l’oreille » du collectif. Proposition du préfet : acheminer les vivres par un autre camion, neutre, de la municipalité ou par un camion de gendarmerie. Dehors, on discute, chante, crie des slogans, tente des percées, proteste contre les mouvements policiers.

Une information tombe : à Sivens, un « commando » d’agriculteurs a fait une incursion en traversant les bois et a créé du grabuge sur la ZAD : une camionnette retournée, la tente dédiée à l’espace radio ravagée, un chapiteau mis au sol, une ferme avec des animaux d’élevage dégradée et enfin, ultime provocation, l’arbre érigé au milieu de la zone déboisée le 24 octobre dernier a été coupé. Philippe Jougla, de la FDSEA du Tarn, confirme l’information auprès de l’AFP dans l’après midi.


- Agriculteur armé d’un bâton -

En réaction, à Gaillac, la majorité des personnes décide de partir en voiture vers les abords de la zone, en évitant les routes principales. J’entends plusieurs personnes sur la place indiquer discrètement au téléphone : « Ca y est, ils s’en vont vers la zone » sans savoir s’il s’agit de pro ou d’anti barrage.

Des milices organisées pour des agressions éclair

Arrivés à proximité de Barat, les manifestants sont bloqués par des CRS disposés pour maintenir à distance les opposants des agriculteurs bloqueurs. Ceux-ci sont une centaine à Barat, et une autre centaine à l’autre extrémité de la zone. Beaucoup sont armés de bâtons de bois, barres de fer, de manches de pioche ou de battes de base-ball. Je reste du côté zadiste, les agriculteurs s’en prenant souvent aux journalistes, comme cela m’est déjà arrivé.

Sodain, à cent mètres, au bout du cortège de voiture garées, trois 4x4 surviennent et leurs occupants commencent à s’en prendre à des véhicules et aux quelques manifestants venus de Gaillac et restés sur place. Zadistes et gendarmes accourent, les agresseurs sont déjà repartis, parfaitement organisés et rompu à ces exercice d’agression éclair. Puis, deux jeunes casqués traversent un champ sur une moto tout-terrain et s’approchent du groupe d’opposants en contournant le dispositif policier. D’un peu trop près, puisqu’un militant, fou de rage, saute littéralement sur la moto et frappe le conducteur qui est bien obligé de s’arrêter au milieu du champ. Alors seulement les gendarmes interviennent.


- Négociation avec un représentant du ministère -

Mais la question du convoi alimentaire n’est pas réglée. La discussion reprend avec un représentant du ministère de l’Intérieur. Patrick est de nouveau reparti pour entendre les propositions. Deux heures d’aller retour lui seront nécessaires pour aboutir à une proposition qui en surprend plus d’un : « Ce qui a été dit c’est que la FNSEA et les agriculteurs s’en vont si nous aussi on s’en va. Et le responsable de la gendarmerie s’engage à acheminer les vivres sur la zone, mais il faut que nous les amenions à Gaillac dans un camion prêté par la municipalité ». Patrick n’est pas décideur, beaucoup font la moue, et exigent que les agriculteurs partent les premiers, que des garanties soient prises. Quasiment personne ne fait confiance à la gendarmerie : « Ils nous ont déjà tellement trompés, ils sont complices des milices » soupire Camille (pseudonyme). Finalement, de mauvaise grâce et sous l’avancée des cordons policiers, le convoi des automobiles repart dans l’autre sens, signe de bonne volonté. En face, les agriculteurs, eux, ne bougent pas.


- Des pommes de terre pour les zadistes -

Quant aux vivres, au lieu de traverser le kilomètre restant vers les campements du Testet, ils font marche arrière eux aussi pour être transbordés dans une autre camionnette. Mais celle-ci reste ensuite clouée sur le parking de la gare de Gaillac. La raison ? Il semblerait que, craignant pour sa sécurité, le maire ait appel au Préfet qui a lui-même appelé le ministère. Les zadistes décident de récupérer la moitié de la marchandise et de « l’acheminer avec leurs propres moyens ».

La nuit tombée, la violence des pro barrage redouble d’intensité

Rien n’est encore fini. Revenant de l’intérieur de la zone, après avoir été menacée de mort par des pro-barrage, une confrère raconte l’incapacité totale des occupants à faire face à la situation.

- Ecoutez Oze, 20 ans, occupante de Sivens :

00:00
  
03:34

A l’extérieur de la Zad, on peine aussi à faire face. En deux heures, après la tombée de la nuit, plusieurs agressions se produisent. Une jeune fille est interpellée par une patrouille d’agriculteurs en voiture et découvre en fuyant que ses agresseurs discutent paisiblement avec les gendarmes. Plus loin, un autre zadiste, tentant de venir voir le cortège depuis l’intérieur de la zone, est pris a partie et cogné par plus d’une vingtaine d’agriculteurs. Les gendarmes le sauvent d’agressions plus graves et l’évacuent de la zone. On apprend qu’à Saint-Jérome, hameau où le cortège avait fait une halte en quittant la zone, certains se font fait attaquer, deux voitures étant prises d’assaut. Un des occupants témoigne avoir reçu un coup de barre à mine dans le bras. Et la liste semble encore longue des faits et gestes incontrôlables des milices pro-barrage.
Au soir, beaucoup de militants ont le sentiment que les autorités pratiquent deux poids, deux mesures, entre un convoi alimentaire bloqué toute la journée et l’impunité pour les multiples agressions commises par les pro-barrages.

Une cinquantaine d ’agriculteurs avait également mis en place un barrage à l’entrée de Saint Sulpice La Pointe, première étape pour les marcheurs partis de Toulouse à une vingtaine hier matin. « On a appris la menace, on a décidé de continuer quand même », raconte l’une des cinq marcheurs restants hier soir. Les marcheurs repartent ce jeudi matin dès 8 heures de la mairie de Rabastens en espérant arriver sur la zone dans la journée et à Albi vendredi.

- Vidéo : des hommes armés de bâtons s’attaquent à une voiture. Un gendarme observe la scène sans intervenir


LES JOURNALISTES MENACES

La parole des agriculteurs est absente de cet article. « Ils connaissent ton nom », « fais gaffe », « ils parlent de toi derrière, attention à toi ». Les conseils ont été nombreux et salutaires pour révéler le danger qu’il pouvait y avoir pour Reporterre à se rendre à proximité des zones contrôlées par les pro barrage pour les interroger. Un confrère journaliste s’est par ailleurs vu menacer de mort un peu plus tôt juste pour avoir voulu se rendre à l’intérieur de la ZAD.

Reporterre, qui donne la parole à tous les agriculteurs quelle que soit leur carte syndicale et mène un travail continu sur les questions agricoles et écologiques, proteste contre cette atteinte à la liberté d’expression et à notre travail de journaliste.


Lire aussi : Autour de Sivens, la solidarité s’organise face au blocage des pro-barrages


Source : Grégoire Souchay pour Reporterre

Photos : Grégoire Souchay sauf photos agriculteurs armés de bâton et de batte de base-ball : Frédéric Marie

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