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Limagrain,grand remplaceur des semences paysannes, visé aujourd'hui par les Faucheurs!

 

Le 14 décembre 2017, 70 Faucheurs Volontaires ont décidé de dénoncer l’opacité du quatrième semencier international, le groupe français Limagrain. Ils ont donc pénétré sur une plate-forme d’essais de variétés de blé située à Verneuil-l’Etang, près de Melun. Ils ont ensuite semé du blé issu de semences paysannes et fermières sur une quinzaine d’hectares.

« Cette action de semis volontaire, précisent les Faucheurs Volontaires, doit permettre de lever le voile sur la volonté de Limagrain et de l’industrie semencière de déréguler les variétés issues de nouvelles techniques OGM pour en faire des OGM cachés, et échapper à toute évaluation et étiquetage ».

Les Faucheurs volontaires considèrent que le groupe Limagrain, 4e semencier mondial, est « le grand promoteur des nouvelles biotechnologies OGM (faussement appelées NBT [1]) et exerce un puissant lobby sur les instances politiques et professionnelles françaises et européennes pour obtenir la déréglementation de ces nouveaux OGM (ils seront reconnus comme non OGM), afin qu’ils restent cachés dans nos champs et dans nos assiettes ».

Aucune évaluation pour les nouveaux OGM ?

Si ces nouveaux OGM venaient à être exclus de la réglementation OGM, alors ils ne seront plus soumis à aucune évaluation, ni traçabilité et étiquetage. Les Faucheurs soulignent que c’est pour les semenciers « le moyen de tirer le meilleur profit de ces variétés manipulées et des brevets qui vont avec ».

Les Faucheurs ont prévenu les responsables de la plateforme et sont prêts à remettre en main propre la liste des personnes ayant participé à l’action. À 15h, les Faucheurs n’avaient encore rencontré aucun responsable de Limagrain ni aucun gendarme. L’action se déroule donc dans le calme... et dans le vent.

-Note "voici le CP des FV et une déclaration de Jean-Luc dans le Parisien"  par l'administration du  blog:

Verneuil- l’Etang, le 14 décembre 2017
Communiqué de presse:
Limagrain cache t-il de nouveaux OGM dans ses plateformes d’essais de variétés de blé?
Les  Faucheurs Volontaires en action en Seine-et-Marne

70 Faucheuses et Faucheurs Volontaires ont pratiqué un semis volontaire de blé issu de semences paysannes et fermières sur une plate-forme d’essais mise en place par le groupe Limagrain-Europe dans son centre de recherche de Verneuil l’Etang (77). Le blé est la culture phare de Limagrain et la base de notre alimentation.
Le   groupe   Limagrain,   4ème   semencier   mondial,   est   le   grand   promoteur   des   nouvelles biotechnologies OGM (faussement appelées NBT(1).

Il exerce un puissant lobby sur les instances politiques et professionnelles françaises et européennes pour obtenir la déréglementation de ces nouveaux OGM (ils seront reconnus comme non OGM) , afin qu’ils restent cachés dans nos champs et dans nos assiettes.
Pas d’obligation d’évaluation, de traçabilité et d’étiquetage OGM, c’est pour le groupe Limagrain-Vilmorin et ses actionnaires le moyen de tirer le meilleur profit de ces variétés manipulées et des brevets qui vont avec.
L’industrie semencière refuse d’informer sur le mode d’obtention de ses nouvelles variétés.
  Les paysans et les consommateurs ont le droit de savoir.

La détermination des Faucheurs Volontaires et de la société civile a permis en 2008 d’obtenir un moratoire sur le maïs transgénique de Monsanto. Elle a permis aussi en 2017 de porter le débat juridique concernant les variétés mutées VrTH et les nouveaux OGM auprès de la Cour de Justice Européenne qui doit se prononcer dans les 6 mois qui viennent.
Notre détermination reste intacte pour s’opposer à ces nouveaux OGM et aux brevets qui vont avec,ainsi qu’à la colonisation de nos champs, nos jardins et nos assiettes
Non au passage en force des OGM cachés et de leurs brevets.
Oui à la préservation de nos systèmes de production agricole respectant notre santé et notre environnement. Oui à une alimentation choisie et de qualité.

Les Faucheurs Volontaires à Verneuil l’Etang, le 14 décembre 2017
contact: faucheurs-volontaires@laposte.net
1)New Breeding Technique traduit par Nouvelles Techniques de sélection des plantes

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Pour les militants, «on ne sait pas ce qu’il y a dans ces nouvelles variétés» du semencier.

Ils protestent contre, d’après eux, le manque de transparence de Limagrain. Durant plus d’une heure, environ 70 Faucheurs volontaires venus de Bretagne et du sud de la France, ont semé, ce jeudi après-midi, du blé paysan sur deux parcelles de l’entreprise située dans le hameau de l’Etang, à Verneuil-l’Etang. L’une de ces parcelles se situe à l’Etang même, et l’autre sur la commune d’Andrezel.

« Limagrain est l’un des grands acteurs des nouvelles technologies OGM (NDLR : organismes génétiquement modifiés), justifie Jean-Luc Juthier, agriculteur retraité dans la Loire et membre des Faucheurs volontaires. Ils font en sorte que leurs nouvelles variétés ne soient pas considérées comme des OGM. Si on sait que ce sont des OGM, les consommateurs n’en voudront pas. Mais Limagrain refuse de communiquer sur les modes d’obtention de ses variétés. »

Et de poursuivre : « On ne sait pas ce qu’il y a dans ces nouvelles variétés. Limagrain doit le dire. Sinon, cela ira dans nos farines, dans nos biscuits. » A l’issue de leur opération réalisée sans être dérangés, les Faucheurs volontaires sont repartis comme ils sont venus. Limagrain n’a pas souhaité réagir.

-Voici en   l'état la réglementation européenne de ces nouvelles techniques:

Union européenne : UE : REPONSE Question E-006107-17 de Claude Rolin (PPE) - reconnaissance comme procédés OGM des nouvelles techniques de génie génétique

Texte de la question :

« Au lendemain de la conférence de haut niveau organisée par la Commission, intitulée «Les biotechnologies modernes dans le secteur de l’agriculture — ouvrir la voie à une innovation responsable», je suis très préoccupé par les risques potentiels des biotechnologies modernes (telles que les techniques d’oligonucléotides, les nucléases et les interventions directes dans la régulation des gènes) pour l’environnement, la santé et l’agriculture biologique. Il est nécessaire que les produits agricoles issus de ces nouvelles techniques soient bien considérés comme des OGM et tombent sous le coup de la directive 2001/18/CE qui impose l’évaluation de leurs risques et une procédure d’autorisation.

La Commission va-t-elle céder aux pressions pour ne pas réglementer ces nouvelles techniques? Peut-elle garantir qu’avant toute commercialisation, ces produits seront dûment évalués, étiquetés et soumis à des exigences de traçabilité comme doivent l’être les OGM? Va-t-elle évaluer les risques potentiels de ces technologies génétiques? Car, s’il n’y a pas de traçabilité et si les produits agricoles qui en sont issus ne sont pas reconnus comme OGM, il ne sera pas possible d’en interdire la culture. Il y a urgence. Les entreprises Monsanto et Bayer s’apprêtent à commercialiser leurs produits. »

Réponse :

Réponse donnée par M. Andriukaitis au nom de la Commission, 5.12.2017

« La Cour de justice de l’Union européenne rendra une décision sur la question de savoir si la législation sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) s’applique aux organismes obtenus par des techniques de mutagenèse ciblée et si les États membres peuvent réglementer les organismes relevant des dérogations prévues dans cette législation. Les conclusions de l’avocat général seront publiées le 20 décembre 2017 et la décision pourrait être rendue au cours du premier semestre 2018.

La Commission n’a pas le pouvoir de décider si une technique particulière devrait être exemptée de l’application de la législation sur les OGM. Le législateur de l’Union a décidé de ne pas appliquer la législation sur les OGM aux organismes obtenus par certaines techniques et, par conséquent, de ne pas les soumettre aux règles de traçabilité et d’étiquetage énoncées dans ladite législation. »

Lien vers la question ici

(Source : veille juridique semences du RSP, merci à Amélie)

  -Note " Des actions sans réaction ni policière ni judiciaire? ",  par l'administration du blog: Faut-il taper plus fort afin que ces  déplacements ne se résument pas qu' à du militantisme pour rien ou de confort?Car ce n'est pas nouveau,les flics,la justice   et Limagrain  ne "se  sortent pas pas les pousses du  terroir" pour publiciser l'affaire.

Sur quel mode les filières communiquent-elles à l'occasion des États généraux de l'alimentation,dans le cadre desquels " l'interprofession des semenciers le GNISS a rédigé son « plan de filière »? Un  texte définit les objectifs et priorités pour la filière semence."(une filière très structurée qui est souvent citée comme un modèle d'organisation dans les autres pays producteurs "),mais ce que les faucheurs dénoncent ,c'est la volonté de Limagrain et de l’industrie semencière de déréguler les variétés issues de nouvelles techniques OGM pour en faire des OGM cachés, et échapper ainsi à toute évaluation et étiquetage .

-Extrait sorti de l'article:États généraux de l'alimentation : la filière semence définit ses objectifs

 "Le deuxième axe du plan concerne l’innovation pour accompagner les filières dans la transition agro-écologique. Parmi les actions retenues, l’interprofession souhaite diversifier les espèces, en relançant notamment l’amélioration variétale de certaines espèces pour lesquels il n’y a plus ou peu d’efforts de recherche, et qui présentent toutefois une intérêt. Les semenciers souhaitent donc bénéficier de l’ensemble des techniques d’amélioration des plantes, comme la mutagénèse dirigée. ".

 

En général ou en particulier ,le "mécontentement" à propos de ses Etats généraux de l'alimentation :( pas de cap clair sur l'environnement) , est manifeste au gouvernement ,compte tenu" l'absence remarquée du ministre d'Etat à la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot (qui)aura renforcé le trouble"

 

 

-Voir aussi l'inscription des  Modef et Confédération paysanne contre le plan de filière du Gnis

Le Haut Conseil des Biotechnologies a rendu le 2 novembre dernier son avis sur le sujet pourtant très polémique des nouvelles techniques d’amélioration des plantes, en toute discrétion. Rien de plus normal sans doute pour un document complexe et volumineux qui n’éclaire pas le débat. Et pire, ignore et masque les vrais enjeux. Explications.

Ces techniques, rapides et peu coûteuses, doivent-elles être assimilées à des améliorations végétales classiques, sélection et croisements ; ou à de la manipulation génétique ? La question est loin d’être anodine. C’est pourquoi le gouvernement a demandé en février 2016 au Haut Conseil de Biotechnologies (HCB)[1] d’y réfléchir, notamment sur les aspects risques et traçabilité.

Un avis nébuleux

Après 20 mois de « discussions » dans des conditions ayant conduit France Nature Environnement et 6 autres organisations de la société civile et paysanne à démissionner du HCB, l’instance produit un avis flou et non abouti. En substance, le Haut Conseil des Biotechnologies :

  • estime qu’il faut étudier au cas par cas les produits issus de ces nouvelles techniques plutôt que les techniques elles-mêmes ;
  • propose un système de triage qui permettra de traiter les plantes ainsi obtenues selon trois procédures : application de la réglementation OGM ou inscription au catalogue des semences comme une variété « classique » ou système intermédiaire de réglementation qui reste à définir.

Bref, un flou entretenu de nature à faciliter le recours aux nouvelles techniques, dont les enjeux économiques, éthiques, sociaux et sociétaux sont par ailleurs ignorés.

Ce faisant, le Haut Conseil des Biotechnologies apporte de l’eau au moulin de l’industrie semencière dont l’objectif est de ne pas nommer « nouveaux OGM » des modifications génétiques qui répondent pourtant aux définitions de la directive 2001-18 et du protocole de Carthagène... et en évitant cette définition, de permettre que ces nouveaux OGM échappent à la réglementation correspondante (étiquetage, traçabilité, etc).

Un voile sur les vraies solutions

L’enjeu réel est en fait voilé par ce non-avis du Haut Conseil des Biotechnologies. Car lesdites techniques, tout comme la transgénèse, ne font qu’enfermer l’agriculture dans une logique industrielle et technologique.

Elles minorent, voire rejettent, les innovations sociales et écologiques de l’agriculture paysanne et de l’agro-écologie, qui :

  • sont efficaces, rentables et équitables ;
  • rendent les agriculteurs moins dépendant des brevets et intrants ;
  • ne posent aucun problème de sécurité ;
  • permettent l’adaptation des systèmes agricoles aux enjeux climatiques.

« Evidemment, ces innovations n’intéressent pas l’agro-industrie » explique Michel Dubromel, président de France Nature Environnement qui ajoute : « Or, soyons clairs, pour réussir la transition vers l’agro-écologie qu’ambitionnent les Etats généraux de l’alimentation, les nouveaux OGM ne sont pas le bon choix ».

Lire aussi : Nouvelles techniques de modifications génétiques : le Haut Conseil des Biotechnologies passe sous silence les avis divergents (8 février 2016)

 
[1] Créé à la suite du Grenelle de l’Environnement, en 2007, le Haut Conseil des Biotechnologies est une instance indépendante chargée d’éclairer la décision publique. Placé auprès des ministères chargés de l’Environnement, de l’Agriculture, de la Recherche, de la Santé et de la Consommation, il rend des avis sur toutes questions intéressant les biotechnologies, notamment les organismes génétiquement modifiés (OGM).
 
 
Par FNE
Le lundi 20 novembre 2017
-S'ensuit cette question politique de M. Lionel Causse (La République en Marche - Landes) sur les nouveaux OGM:
 
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  • Nouvelle question parlementaire : Nouveaux OGM

 

Question n°3396 de de M. Lionel Causse (La République en Marche - Landes - publiée au JO le 05/12/2017) :

 

M. Lionel Causse appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur la question des « nouveaux OGM ». En effet, le 20 décembre 2017, la Cour de Justice de l'Union européenne, à la suite d'une demande du Conseil d'État, rendra une décision sur la place donnée aux « nouveaux OGM » dans la réglementation européenne. En effet, la directive européenne 2001/18 encadre les OGM « classiques » (obtenus par transgénèse) mais ne s'applique pas à ce qu'on appelle les « nouveaux OGM » et « OGM cachés » (comme ceux obtenus par mutagénèse). À ce jour, ces nouveaux OGM ne font donc l'objet ni d'évaluation obligatoire, ni d'étiquetage obligatoire mais présentent pourtant des risques similaires aux OGM classiques, ainsi que des risques nouveaux notamment sur la traçabilité la coexistence avec les autres cultures. Ainsi, il aimerait connaître les intentions du Gouvernement concernant la possibilité d'un moratoire ou d'une évolution de la réglementation au regard du principe de précaution et de l'information des consommateurs.

 

Lien :

http://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-3396QE.htm

(Extrait de la veille juridique Inf’OGM, merci à Charlotte)

-Note " pronostication sur la nullité d'une éventuelle judiciarisation".

L'événement "retour chez Limagrain" était annoncé par les FV  dès  leur visite à  Chappes :il fallait donc s'attendre à de nouvelles intervention .Mais comme à Verneuil l’Etang,  le ratio des profits sur la perte est probablement plus  important  que les deux années de "travail"soit disant perdues ;et comme par ailleurs , le Groupe dispose de filiales dans 56 pays,ce projet  de Seine-et-Marne qui a été" pollué" par du bio ,a peut être fait  l'objet d'un essai "doublon" .Si c'est le cas ,la firme mondiale fera entrer ce dommage  dans son budget de recherche de  brevets .Et elle continuera  sa stratégie  de publicité minimale(Voir mensongère ), et l'opacité restera le  lot du consommateur national sans qu'aucune action en justice ne soit intentée par le Céréalier à l'encontre des faucheurs.

D'ailleurs la commissaire Bruxelloise Margrethe Vestager, chargée de la politique de concurrence. ne déclare-t-elle pas que «Les semences et les pesticides sont essentiels pour les agriculteurs et, en définitive, pour les consommateurs »?( Bruxelles réclame de nouvelles concessions sur le rachat de Monsanto par Bayer 

Après on comprend comment se mithridate la fake-news et se distille l'empoisonnement réel  à travers l'alimentation  !

Il faut croire que non seulement Limagrain ,mais aussi  Triskalia,et monsanto usent des même tromperies méthodiques(absence de transparence,mensonges,double communication , caution scientifique ou économique douteuse ...)

Récemment une coopérative   qui fait partie de ces empoisonneurs  et des manipulateurs agro-industriels en Côtes-d'Armor. Triskalia condamné pour le licenciement abusif de salariés intoxiqués

 Le jour même l'entreprise se verdit  en faisant publier un article dans le sens du vent sur   le  Non-OGM : Répondre aux attentes des consommateurs 

 C'est une tactique de com ,mais la tendance entrepreneuriale consiste aussi à prendre comme témoin de bonne conduite et de bonne foi la science :en la matière, "OGM, perturbateurs endocriniens, bien-être animal… le 14 novembre, les Rencontres de l’agriculture positive ont été l’occasion pour les intervenants de discuter du regard porté par la société sur le monde agricole à travers le traitement médiatique de controverses à caractère scientifique".(.Médias, scientifiques : quels rôles dans les controverses sur l'agriculture )

Et quand c'est  le gouvernement provincial  de Maharashtra qui est abusé par ses firmes agro-alimentaires ,son département de l’agriculture  écrit à la police, afin de déposer plainte contre Monsanto et cinq autres entreprises le 4 décembre« L’entreprise a trompé non seulement les agriculteurs, mais aussi le gouvernement », explique un haut fonctionnaire à CNN-News18.Monsanto, 5 Other Firms Booked After Pests Ruin 'Resistant' BT coton crops.

-Alors voyez-vous même s'il faut  croire que coté Semences : Limagrain certifie qu'il n'y a "pas d'OGM" dans ses parcelles

 

Le groupe coopératif agricole auvergnat Limagrain a garanti vendredi l'"absence de variétés issues des nouvelles technologies" dans ses champs au lendemain d'une action d'un collectif anti-OGM sur une parcelle de recherches qu'il qualifie de "vandalisme".

Soixante-dix membres du collectif des Faucheurs volontaires d'OGM ont indiqué jeudi avoir dispersé des semences sur une plateforme d'essais de variétés de blé du semencier français, située à Verneuil-l'Etang, près de Melun (50 km au sud de Paris). Dénonçant un "acte de vandalisme", le directeur des semences de grandes cultures du premier semencier européen de blé et orge, Bruno Carette, a garanti l'"absence de toute biotechnologie ancienne ou nouvelle dans la parcelle que les faucheurs ont détruite". "Il n'y a pas au champ de variété issue de ces nouvelles technologies" de manipulation génétique, a-t-il assuré dans une réaction téléphonique à l'AFP.  

Après l'action du collectif qui a consisté en un "sur-semis au milieu de deux essais", les "dégâts ne sont pas visibles dans l'immédiat" mais "entre 35 et 40 hectares d'essais de recherches (qui) seront vraisemblablement à détruire", a estimé le directeur. "On perd un à deux ans dans ces programmes de recherche" de sélection sur le blé conventionnel et le groupe n'"exclut pas à ce stade" d'intenter une action en justice, a-t-il dit. Le collectif accuse la coopérative céréalière connue pour ses pains Jacquet ou gâteaux Brossard, d'être "le grand promoteur des nouvelles biotechnologies OGM".  

Au lieu d'introduire un gène étranger dans le génome d'une espèce végétale pour obtenir un OGM classique, des nouvelles techniques de modification génétique consistent à modifier directement l'ADN de l'organisme. Les variétés issues de cette méthode sont perçues comme des "OGM cachés" par le collectif des Faucheurs volontaires tandis que Limagrain les qualifie d'"OGM fantasmés". "Le législateur européen n'a pas rendu sa copie sur ces technologies-là et en l'absence de statut réglementaire clair pour ces techniques récentes d'amélioration variétale, aucun semencier responsable ne se risquerait à mettre au champ des variétés issues de ces technologies", a souligné M. Carette.

Source AFP

-Note de l'admin du blog,"ou en est-on  chez concurrence industrielle "étrangère"?Réponse :Avec ses nouveaux OGM, Monsanto attise les craintes de monopole

 

 

Monsanto, en créant de nouvelles semences de soja et de coton génétiquement modifiées pour résister à un herbicide controversé, a ravivé les craintes d'une mainmise encore plus importante sur ces marchés au moment où le secteur ne cesse de se concentrer.

Le géant de l'agrochimie a développé ces graines pour permettre aux fermiers d'épandre abondamment sur leurs champs du dicamba, un produit chimique cousin du glyphosate et particulièrement efficace contre certaines mauvaises herbes, même quand le soja ou le coton est déjà sorti de terre.

Le succès a été immédiat: dès leur deuxième année de commercialisation, en 2017, les semences étaient utilisées sur plus de 20% des champs de soja aux Etats-Unis et environ la moitié des champs de coton.

Dans sa volonté d'inonder le marché, le géant de l'agrochimie a gagné mardi une bataille dans l'Arkansas: les législateurs de l'Etat ont décidé de ne pas suivre les recommandations d'une agence qui préconisait de limiter drastiquement l'utilisation de ce produit.

Les nouvelles versions du dicamba commercialisées par Monsanto, BASF et DowDupont, auraient en effet tendance à s'éparpiller involontairement dans le champ des voisins.

Certains agriculteurs ont du coup acheté les nouvelles semences de Monsanto juste pour se protéger de l'herbicide.

D'autres n'avaient pas l'intention d'utiliser le dicamba sur leurs plantes mais se sont laissés convaincre par les promesses de meilleurs rendements apportées par les diverses modifications génétiques incorporées dans les nouvelles graines.

Nathan Reed, agriculteur dans l'Arkansas (sud des Etats-Unis) s'inquiète lui de voir les productions organiques ou non génétiquement modifiées être mises en péril.

Sur son exploitation, "on utilise majoritairement des semences non-OGM, non parce que nous sommes anti-OGM mais parce qu'on a trouvé un marché de niche", expliquait-il récemment lors d'une réunion publique sur le dicamba. Une autorisation sans restriction du dicamba "menacerait notre capacité à le faire".

Le Missouri, le Minnesota ou le Dakota du Nord ont bien pris des mesures de restriction mais les agriculteurs peuvent encore épandre du dicamba au moins une ou deux fois en début de saison.

- Nouveau Roundup -

Le géant de l'agrochimie "mène depuis déjà un certain temps une stratégie visant à contrôler le marché des semences biotech", estime Kyle Stiegert, économiste spécialisé en agriculture à l'université du Wisconsin. "Avec le dicamba, c'est une nouvelle étape dans cette direction."

L'entreprise, explique-t-il, a comme ses principaux concurrents multiplié au cours des vingt dernières années les acquisitions de plus petits fabricants de semences. Monsanto est lui-même en train de fusionner avec son concurrent allemand Bayer et les deux groupes contrôlent notamment environ 60% du marché des semences de coton aux Etats-Unis.

"Ils peuvent maintenant décider dans quelles variétés ils incluent telle ou telle technologie, et les agriculteurs n'ont pas vraiment le choix", remarque l'économiste.

"On laisse de grosses entreprises dicter ce qui sera in fine disponible dans la chaîne alimentaire, c'est un vrai problème", estime-t-il.

Les agriculteurs ne sont forcés à rien, "il existe d'autres fabricants de semence", rétorque Scott Partridge, responsable de la stratégie mondiale chez Monsanto.

Leur nouvelle technologie est simplement meilleure et les éventuels problèmes d'éparpillement du dicamba dans les champs voisins vont se régler au fur et à mesure que les agriculteurs maîtriseront mieux les produits, assure-t-il.

Monsanto a de grandes ambitions pour ses nouvelles semences: en 2019, anticipe le groupe, elles seront utilisées sur plus de la moitié des champs de soja aux Etats-Unis. Pour inciter à leur adoption, d'importants rabais sont offerts.

Pour Marcia Ishii-Eiteman, du Réseau d'action contre les pesticides, Monsanto tente surtout de sauver les meubles après les problèmes rencontrés par son produit-phare, le Roundup, dont l'ingrédient actif est le fameux glyphosate.

Son usage a explosé dans le monde dans les années 90 quand la firme américaine s'est mise à vendre des semences génétiquement modifiées pour résister à son action.

Mais les mauvaises herbes y deviennent de plus en plus résistantes et le glyphosate a été qualifié de "cancérogène probable" par un organe de l'Organisation mondiale de la santé. L'Union européenne envisage de l'interdire dans quelques années.

"Plutôt que de faire amende honorable, Monsanto répète les mêmes erreurs, se lançant dans une course contre la montre avec des concurrents comme Dow AgroScience pour introduire de nouvelles lignes de semences transgéniques résistantes à encore plus d'herbicides", déplore-t-elle.

 

 

(RV) Entretien - Le 27 novembre 2017, le glyphosate était autorisé pour cinq ans de plus par la Commission européenne. Cet herbicide, commercialisé entre autres par la firme américaine Monsanto, est l’un des plus controversé. Ses molécules chimiques sont accusées d’avoir un impact sur la santé publique, dans des pays où le modèle agricole est encore intensif et industriel, comme dans de nombreux états européens.

C’est grâce au vote de 18 pays, dont l’Allemagne, qui jusqu’ici s’était abstenue, que la licence du glyphosate a pu être renouvelée. Cette volte-face allemande a provoqué des critiques, de la France en particulier. Paris a demandé que l’utilisation du glyphosate soit toujours interdite au plus tard dans trois ans et que des alternatives soient développées.

Comment expliquer le revirement de l’Allemagne? Pourquoi l’Europe a-t-elle tant de mal à interdire des substances toxiques? L’éclairage de Christophe Noisette, il est le rédacteur en chef d’Inf’OGM, un magazine en ligne consacré à la veille citoyenne sur les OGM et les semences.

(Interview sur le site de Radio Vatican  )
Lundi 12 décembre, la Commission européenne a répondu à l'initiative européenne qui avait recueilli plus d’un million de signatures pour demander l’interdiction du glyphosate. Elle a promis plus de transparence dans les évaluations scientifiques, mais quand à une interdiction pure et simple de l’herbicide, elle renvoie aux états-membres «responsables de l'autorisation, de l'utilisation et/ou de l'interdiction des produits à base de glyphosate sur leur territoire» . 

(SBL-OB)

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Guingamp. Les faucheurs d'OGM renvoyés devant la cour européenne

 

Le 20 octobre, sept faucheurs anti-OGM comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Guingamp (Côtes-d’Armor). Ce vendredi 15 décembre, le jugement a été rendu. Le dossier a été renvoyé devant la cour de justice de l’Union Européenne.

Les sept faucheurs anti-OGM ont échappé à toute condamnation au tribunal de Guingamp, ce matin. Mais le dossier de l’affaire sera adressé à la cour de justice de l’Union Européenne a indiqué la présidente. « Il y a un sursis à statuer quand la cour de justice européenne aura statué », a-t-elle conclu.

Les faits reprochés remontent au 19 mars 2016. Plusieurs militants anti-pesticides se rendent dans trois enseignes du pays de Guingamp. Ils ciblent des magasins où des produits contenant du glyphosate sont mis en rayons. Le but est de rendre les produits impropres à la vente. Ainsi, au niveau des caisses, les récipients sont dégradés. Il y en a pour plus de 13 000 € de préjudice.

Le 20 octobre dernier, ces sept faucheurs anti-OGM - cinq hommes et deux femmes, âgés de 31 à 60 ans - ont comparu devant le tribunal correctionnel, à Guingamp. Le procureur avait requis une peine amende de 300 € avec sursis contre chaque prévenu.

L’avocat de la défense, Me Jérôme Bouquet-Elkaïm, avait plaidé la relaxe tout en interpellant sur la dangerosité du glyphosate. « Cela fait longtemps que le principe de précaution n’est pas respecté. » Avec ce renvoi devant la cour de justice de l’Union Européenne, il a été en partie entendu.

-Et ce n'était pas mieux sous Staline,d’où un hommage à rendre  à un pionnier de la   conservation entre autre des  graines de blé , Nicolaï Vavilov : vie et destin d'un précurseur de la biodiversité alimentaire 

Botaniste soviétique de génie, Nicolaï Vavilov a été condamné par Staline à mourir de faim en prison. Un beau livre de photographies lui rend un hommage mérité.

LE MONDE | | Par

 

Le livre du photographe vaudois Mario Del Curto décrit la vie incroyable et la fin tragique de Nicolaï Vavilov (1887-1943), un génial botaniste soviétique, qui a eu le tort de faire de l’ombre, à la fin des années 1930, à Trofim Lyssenko, un protégé de Staline… incompétent. Mais l’ouvrage montre surtout, par les images, comment, malgré une absence criante de moyens, une poignée de chercheurs a réussi à maintenir à bout de bras son héritage scientifique et à entretenir ainsi sa mémoire, bien après sa réhabilitation posthume.

Brillant généticien, Vavilov avait pris, après la révolution, la tête du Département de botanique appliquée, jouissant de la protection de Lénine lui-même. Son intuition concernant l’importance de la biodiversité le conduira à mener une centaine de missions de collecte dans plus de soixante pays, alimentant la première banque de semences de l’Histoire. Plus de 250 000 variétés ont ainsi été récoltées sous forme de graines ou de plantes. Avant d’être étudiées scientifiquement, ainsi que leur adaptabilité, dans plus d’une centaine de stations de recherche réparties sur l’ensemble du gigantesque territoire de l’Union soviétique.

Dans ce livre conçu comme un hommage à Vavilov et à ceux qui font encore vivre l’institut qui porte son nom, la chronologie et les photographies d’archives en noir et blanc ou le poignant document anthropométrique du prisonnier (non légendés) sont placés en fin de volume. D’entrée, de saisissantes doubles pages en couleur font pénétrer le lecteur au cœur des paysages en apparence arides du Pamir afghan et du Tadjikistan anciennement soviétique, où une récente mission a dénombré… 193 nouvelles variétés de blé.

50 000 variétés conservées

Quelques pages plus loin, les commentaires de Mario Del Curto de ses photographies de pommiers sauvages du Kazakhstan évoquent la centaine de variétés de fruits que ces arbres produisent en abondance, sans taille. L’auteur nous rappelle avec pertinence que « ces fruitiers ont un potentiel inestimable puisqu’ils pourraient permettre le développement de variétés résistantes aux maladies sans intervention chimique ».

Mais l’essentiel de l’ouvrage révèle les pauvres conditions matérielles des scientifiques qui entretiennent les conservatoires botaniques, et stockent et régénèrent, en les plantant régulièrement, les semences conservées. Leur dévouement semble inversement proportionnel au peu de cas que les autorités de leur pays semblent faire de leur travail.

La photographie sûrement la plus fascinante montre les rayonnages de la banque de graines de blé de l’institut, à Saint-Pétersbourg, avec ses… 50 000 variétés conservées dans des milliers de boîtes métalliques qui évoquent les installations de Christian Boltanski. Mais, en dépit du sort de Vavilov, condamné par ses bourreaux à mourir de faim dans sa cellule de Saratov, et dont le corps ne fut jamais retrouvé, ces simples boîtes abritent une part essentielle de la biodiversité alimentaire de la planète.

Les Graines du monde. L’Institut Vavilov, par Mario Del Curto,Till Schaap Edition/Actes Sud, 320 p., 45 €.


 

-Revue de presse sur l'action de re-semage chez Limagrain

 

Soixante-dix membres du collectif des Faucheurs volontaires ont affirmé avoir pénétré jeudi sur un site du géant céréalier Limagrain en Seine-et-Marne, où ils ont semé une vingtaine d'hectares de blé afin de dénoncer la culture d'"OGM cachés".

 

En début d'après-midi, "nous sommes rentrés sur une plate-forme d'essais de variétés de blé située à Verneuil-l'Etang, près de Melun, où nous avons dispersé des semences paysannes afin de rappeler qu'il y a assez de richesses pour ne pas avoir besoin de trouver sur le marché des variétés manipulées", a expliqué Jean-Luc Juthier à l'AFP.

Par cette action, les "Faucheurs volontaires" "entendent lever le voile sur la volonté du quatrième semencier mondial et de l'industrie semencière de déréguler les variétés issues de nouvelles techniques OGM pour en faire des OGM cachés, et échapper à toute évaluation et étiquetage".

Contactée, la direction de la coopérative céréalière française, propriétaire des semences Vilmorin, des pains Jacquet ou des gâteaux Brossard, n'a pas souhaité s'exprimer dans l'immédiat.

Le collectif accuse Limagrain d'être "le grand promoteur des nouvelles biotechnologies OGM", qui, selon eux, n'en ont pas le nom, et d'exercer "un puissant lobby (...) pour obtenir la dérèglementation de ces nouveaux OGM afin qu'ils restent cachés dans nos champs et dans nos assiettes".

Les militants ont précisé "n'avoir rencontré aucun responsable de Limagrain ni aucun gendarme" au cours de leur action.

Avec AFP.

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