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Préfets ,élus et gestion de la paix sociale dans le grand sud!

Sivens : la « gratitude » des élus pour le préfet

|  Par Jade Lindgaard

 

Les remerciements « très solennels et très chaleureux » d’élus du Tarn pour leur préfet, une semaine après la mort de Rémi Fraisse.

    

Lundi 3 novembre, alors que Rémi Fraisse est mort depuis plus d’une semaine, que les premiers résultats de son autopsie indiquent qu’il a vraisemblablement été tué par une grenade tirée par les gendarmes, et que le parquet de Toulouse a ouvert une information judiciaire pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », un courrier est envoyé à plusieurs dizaines d’élus du Tarn (maires, conseillers municipaux, présidents des communautés de communes, élus communautaires). Il émane du président de l’association des maires et des élus du département, Sylvain Fernandez. Il relaie un appel à une manifestation pro-barrage, le 15 novembre à Albi, lancé par Tarn ruralité.

Dans ce courrier, il est également proposé aux élus de signer une lettre de soutien au préfet du Tarn, Thierry Gentilhomme, et au président du conseil général, Thierry Carcenac, que nous publions ci-dessous. En plein drame, et alors qu’une vingtaine de plaintes ont été déposées contre les gendarmes par des opposants au barrage de Sivens, les élus du Tarn n’adressent aucun reproche à la préfecture, responsable du maintien de l’ordre. Au contraire, ils l’encouragent à continuer son action et la remercient : « Je tiens, en tant qu’élu local de la République française du Tarn, à vous remercier très solennellement et très chaleureusement pour votre action et celle de vos services », peut-on y lire.  « On ne peut passer sous silence (…) les menaces, les injures et les coups que les forces de police et les personnels du conseil général ont subi en silence et avec dignité. » Pas un mot des violences policières dénoncées par les opposants au barrage. Mais : « Je tiens à vous témoigner ma solidarité et vous exprimer ma gratitude, ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui ont contribué avec courage à faire avancer les choix des collectivités pour servir l’intérêt général. »

Commentaire de l’ancien élu qui nous a transmis le document : « Vous comprendrez pourquoi je ne suis plus adjoint au maire de ma commune... un seul mandat m'a suffi. »


http://www.ladepeche.fr/images/layout/logo.png

 

 

Anti-Sivens : le préfet interdit la manifestation de ce samedi à Toulouse

Publié le 08/11/2014 à 03:46, Mis à jour le 08/11/2014 à 06:49

http://www.ladepeche.fr/article/2014/11/08/1987062-le-prefet-j-interdis-la-manifestation.html

Barrage de Sivens - Le fait du jour

Pascal Mailhos : «Certains groupes viennent à ces manifestations avec des intentions violentes»./Photo DDM, Frédéric Charmeux
Pascal Mailhos : «Certains groupes viennent à ces manifestations avec des intentions violentes»./Photo DDM, Frédéric Charmeux

Face à un nouvel appel à la manifestation pour aujourd'hui 14 heures, le préfet de région Pascal Mailhos a décidé d'interdire la manifestation. Il explique pourquoi.

Après les incidents violents de la semaine dernière, un nouvel appel à manifester contre le projet de barrage de Sivens a été diffusé cette semaine. Une manifestation que le préfet de région a décidé d'interdire hier soir.

Pourquoi avez-vous interdit ce rassemblement ?

Pascal Mailhos : Samedi dernier, la manifestation qui n'était pas déclarée en préfecture a dégénéré en face-à-face violents malgré un important dispositif de sécurité. Ces incidents ont provoqué des affrontements avec les forces de l'ordre avec trois policiers blessés et des dégradations de biens privés et publics ce qui n'est pas acceptable.

Vos services ont-ils reçu des demandes d'autorisation ?

Oui ce matin (vendredi). Ces demandes étaient hors délai puisqu'il faut qu'elles soient déposées au minimum 72 heures avant l'événement. D'autre part cette demande portait deux signatures alors qu'il en faut trois minimum.

Pourquoi avoir décidé l'interdiction ?

Biens sûr au regard de ce qui s'est passé samedi dernier. Ensuite, quand sur certains tracts appelant à la manifestation on incite à, je cite, «Prendre la rue en se passant de la République et de la police», et de se munir de masques et de casque, nous ne pouvons le tolérer. Enfin lors de cette manifestation prévue un samedi après-midi au cœur de Toulouse, les organisateurs souhaitaient aller de Jean-Jaurés à la place du Salin en passant par l'hypercentre. Il était matériellement impossible d'assurer la sécurité de la population.

Ne craigniez-vous pas que cette interdiction durcisse l'opposition ?

Nous avons beaucoup réfléchi. Même si c'est un risque, je considère que l'interdiction est la meilleure solution. Pour prévenir les violences, inciter les gens à rester chez eux et clairement dire que cette manifestation est interdite.

Demandez-vous aux gens de rester chez eux ?

J'en appelle à la responsabilité de chacun. Et je demande aux personnes qui souhaitaient s'associer à cette manifestation de ne pas s'y rendre.


Une manifestation interdite ça change quoi ?

L'interdiction «officielle» de la manifestation prévue aujourd'hui à partir de 14 heures, avec un rassemblement qui était annoncé sur les allées Jean-Jaurès au centre de Toulouse, permet aux forces de l'ordre d'intervenir pour disperser tout regroupement.

L'article 431-3 et suivant du code pénal prévoit en effet que dans le cadre d'un rassemblement interdit, les forces de l'ordre peuvent être appelées à «dissiper» un attroupement après deux sommations restées sans effet.

Si l'ordre de dispersion n'est pas respecté, les forces de l'ordre peuvent alors interpeller les personnes qui s'opposent à la demande de dispersion. En cas d'arrestation, les peines encourues vont jusqu'à un an de prison et 15 000 € d'amende. Dans le cas où le manifestant est armé, ou si son visage est dissimulé «en tout ou partie afin de ne pas être identifié», les peines encourues montent à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende.

Hier soir, la préfecture et la direction de la sécurité publique de la Haute-Garonne sont restées silencieuses sur le dispositif de sécurité prévu pour «encadrer» la manifestation interdite. Il serait «important» et apte à répondre à toutes les provocations.


Appel «à la prudence»

Hier soir dans un communiqué, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc «appelle les Toulousains à la prudence s'ils doivent se rendre dans le centre-ville samedi 8 novembre, ainsi que les organisateurs d'événements prévus dans le périmètre des allées Jean-Jaurès et de la place du Capitole».

Malgré l'interdiction, le maire craint visiblement de nouvelles violences comme celles de samedi dernier.

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