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La faute inexcusable de Nutréa-Triskalia pour l'utilisation de pesticides ultra-nocifs et interdits!

Interception par  Pascal Dervieux ,  Lionel Thompson le dimanche de 9h10 à 10h



Dangers Alimentaires

Gravement intoxiqués par les pesticides, ils portent plainte
grains-de-ble1

Laurent Guillou et Stéphane Rouxel, deux anciens salariés dans l’agroalimentaire, ont été intoxiqués par des pesticides qui servaient à conserver des céréales destinés à l’alimentation du bétail.

Les deux employés, ont annoncé aujourd’hui avoir engagé une triple procédure aux Prud’hommes contre leur ancien employeur, la société Nutréa, filiale de Triskalia, le plus important groupe d’agro-alimentaire de Bretagne (4 500 salariés et 20 000 agriculteurs adhérents). Ils veulent faire condamner leur entreprise pour atteinte à leur intégrité physique et pour avoir traité des céréales avec un produit antiparasitaire, le Nuvan Total (contenant du dichlorvos), interdit depuis juin 2007.

  • Nutréa a reconnu que le Nuvan Total avait été utilisé « par erreur » en mars 2009. Elle affirme que 180 litres de ce produit avait été utilisé alors que les employés en ont compté 575 litres.
  • En 2010, lorsque le Nuvagrain fût utilisé (un produit cette fois-ci autorisé), des prélèvement sur les céréales ont révélé que la teneur en pesticides était sept fois supérieure à la dose maximale autorisée. De plus, les protections ne s’avéraient pas suffisantes, les employés ne disposaient que de masques en papier.

Pourquoi utiliser des insecticides pour conserver les céréales ?

Photo de Claude Stéfan

Laurent explique la situation : « On réceptionnait et transportait des céréales venant de hangars où elles étaient stockées. Mais, pour des raisons d’économies, la direction a décidé de ne plus faire fonctionner la ventilation dans ces hangars. Du coup, les céréales entreposées ont commencé à s’échauffer et ont été infestées de vermines, des milliards de charançons, de moucherons… C’était l’horreur. Pour pouvoir s’en débarrasser, l’entreprise a traité avec de fortes doses de pesticides. C’est comme ça que l’on a été intoxiqué ». [1]

Des conséquences à tous les niveaux
  • Les deux salariés ne sont pas les seuls intoxiqués, sur 70 employés 18 sont suivis médicalement car présentent des problèmes de santé.
  • Selon l’Office National des Forêts, il y avait une mortalité anormale d’oiseaux autour de l’entreprise, qui se seraient sûrement nourris de ces grains contaminés.
  • Des éleveurs de porcs et de volailles ont également déploré une surmortalité de leurs bêtes. Plus d’animaux sont tombés malades et des truies ont avorté, rapportent les éleveurs.
  • Nous sommes également en mesure de nous demander les conséquences sanitaires pour les consommateurs qui ont à leur tour mangé ces animaux nourris au blé de Nutréa.
Les symptômes de l’intoxication…

L’intoxication c’est manifesté par des vomissements, démangeaisons, diarrhées, saignements de nez, raideurs dans les doigts, maux de tête, douleurs au ventre, aphtes dans la bouche, problèmes respiratoires, picotements de la langue… Les deux Bretons souffrent à présent d’un syndrome d’intolérance aux solvants et aux odeurs chimiques. Stéphane Rouxel déclare ainsi ne plus pouvoir s’approcher de produits chimiques sans souffrir de brûlures.

… avec à la clé le licenciement

Après de nombreux arrêts de travail, Laurent et Stéphane se font finalement licencier pour inaptitude en juin et juillet 2011. Leur avocat, maitre François Lafforgue, déclare « on intoxique des salariés, ils tombent malades et on s’en débarrasse, c’est trop facile. Nous allons contester le licenciement pour inaptitude au conseil des prud’hommes ». Désormais chômeurs, ils sont soutenus dans leur action par l’association Générations Futures, l’union syndicale Solidaires, l’association Phyto-victimes et Attac.

Le problème des pesticides nous concerne tous

François Veillerette, porte-parole de Générations Futures explique que « toutes les populations professionnelles exposées aux produits phytosanitaires sont potentiellement victimes ». Sont ainsi non seulement exposés, les agriculteurs, mais également les dockers, douaniers, magasiniers, chauffeurs routiers, logisticiens, les ouvriers des usines de traitement du bois, les jardiniers, etc. Sans parler des fruits et des légumes que nous mangeons, l’extrait du reportage suivant montre comment les insecticides arrivent dans nos assiettes chaque jour.

Voici un extrait du reportage « Manger peut-il nuire à la santé ? » :

Faire des économies sur le stockage de céréales par des insecticides n’est pas nouveau et ne concerne pas que l’alimentation destinée aux animaux.

Vous pouvez placer le curseur sur 8:55 minutes pour voir directement la séquence sur le stockage du blé.

 

« Conséquence, on retrouve dans la farine jusqu’à 1000 fois plus de résidus d’insecticides de stockage que d’insecticides utilisés lors de la culture du blé ».

Vous pouvez voir la suite du reportage ici : Manger peut-il nuire à la santé ? – Part 3

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Sources Principales :

Pesticides: "faute inexcusable" de Nutrea

Le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Saint-Brieuc a reconnu ce jeudi "la faute inexcusable" de l'entreprise Nutréa, poursuivie par deux anciens salariés victimes d'une grave intoxication par des pesticides utilisés pour traiter des céréales. Pour le tribunal, l'accident du travail dont ont été victimes Laurent Guillou, 42 ans, et Stéphane Rouxel, 48 ans, le 15 mai 2010, après l'utilisation d'un pesticide en trop grande quantité sur le site de Plouisy (Côtes-d'Armor), "est dû à la faute inexcusable de la société NNA".

Il ordonne également une expertise médicale pour évaluer le préjudice et fixer le montant de l'indemnisation des victimes. En revanche, le tribunal a jugé prescrite la demande de reconnaissance en "faute inexcusable" de l'entreprise concernant l'intoxication de ces salariés en avril 2009 par un pesticide, le Nuvan total, qui avait été interdit en juin 2006.

"Aujourd'hui, c'est la satisfaction", a déclaré à la presse Laurent Guillou. "Ils se sont comportés comme des vrais voyous" mais "les conditions de travail n'ont pas changé", a-t-il poursuivi, en notant qu'"il n'y a pas besoin de tous ces produits chimiques pour conserver les céréales". Souffrant de maux de tête, de douleurs au ventre, de saignements, de brûlures au visage et au cuir chevelu récurrents, Laurent Guillou et Stéphane Rouxel ont subi de nombreux arrêts de travail dans le cadre d'un accident du travail reconnu par la sécurité sociale.

Ils souffrent toujours, depuis cet accident, d'un syndrome d'intolérance aux solvants et aux odeurs chimiques et ont été déclarés inaptes au travail avant d'être licenciés en juin et juillet 2011 par Nutréa, filiale de la coopérative bretonne Triskalia

 

 

 

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