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l'Agence nationale de sécurité sanitaire s'intéresse de prés à l'exposition d'écoliers à proximité de vignobles

 

écoliers

 

L'Anses relaye deux études sur l'exposition des enfants aux pesticides

Deux études relayées par l'Anses reviennent sur l'exposition
environnementale et alimentaire de jeunes enfants aux résidus de
pesticides. Elles confirment la dérive des pesticides pulvérisés et
l'implication des aliments dans l'exposition.

Dans son dernier bulletin de veille scientifique , l'Agence nationale de
sécurité sanitaire (Anses) vient alimenter le débat à travers la
présentation de deux études en anglais ,citées par PubMed (qui est le principal moteur de recherche de données bibliographiques de l'ensemble des domaines de spécialisation de la biologie et de la médecine):

- l'une se penche sur l'exposition d'écoles
d'Afrique du Sud <http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23995259> situées à
proximité de  vignobles ,

-et la seconde tente d'évaluer la contribution de
certains aliments <http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23973405> à
l'exposition de jeunes enfants.

 

Environmental monitoring of pesticide residues from farms at a neighbouring primary and pre-school in the Western Cape in South Africa.
Abstract

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23995259

 

Concerns about pesticide drift from neighbouring vineyards affecting children attending school on a farm adjacent to an urban suburb of Cape Town, Western Cape in South Africa were investigated. The study involved a before-after design, measuring levels of environmental exposure before and during pesticide application activities on the neighbouring farms. Samples were collected in air, dust and grass cuttings at the preschool and primary school located on the farms during September-December in 2010 and tested for pesticides using multi-pesticide methods. Eleven different pesticides were detected in the various samples. Six of these chemicals (endosulfan, dimethomorph, penconazole, cyprodinil, boscalid and bromopropylate) were on the spraying schedules of the two farms neighbouring the schools and the timing and location of detection were generally consistent with farm application. Three pesticides detected (chlorpyrifos, cypermethrin, permethrin) are agents commonly used in household applications and one (pyriproxifen) is used in pet treatment agents. Kresoxim-methyl, the other pesticide detected, is likely to come from drift from other farms in the area. The concentration of pesticides was all lower than 0.1 μg/m(3) in air and 0.1 μg/kg in dust and grass apart from permethrin and cypermethrin. The findings confirm the presence of drift onto the school premises and concentrations found in this study were generally low in comparison to that detected in other studies. Regular monitoring to track the effectiveness of containment and mitigation measures that reduce drift is recommended.

© 2013.

 

Dietary predictors of young children's exposure to current-use pesticides using urinary biomonitoring.
Abstract

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23973405

 

Few data exist on the association between dietary habits and urinary biomarker concentrations of pesticides in children. The objective was to examined the association between the weekly intake frequency of 65 food items and urinary biomarkers of exposure to chlorpyrifos (3,5,6-trichloro-2-pyridinol [TCP]), permethrin (3-phenoxybenzoic acid [3-PBA]), and 2,4-dichlorophenoxyacetic acid [2,4-D] in 135 preschool-aged children. TCP and 3-PBA are nonspecific biomarkers as they are also urinary metabolites of other pesticides. TCP, 3-PBA, and 2,4-D were detected in 99%, 64%, and 92% of the urine samples, respectively. Mean urinary TCP concentrations were statistically significantly higher in children consuming fresh apples (9.40±15.5 ng/mL versus 5.76±3.57 ng/mL, p=0.040) and fruit juices (8.41±11.5 ng/mL versus 4.11±2.77 ng/mL, p=0.020) ≥3 times a week compared to <3 times a week. For 3-PBA, mean urinary metabolite concentrations were statistically significantly greater in children consuming chicken/turkey meats (0.79±0.81 versus 0.41±0.39, p=0.013) ≥3 times a week compared to <3 times a week. No association occurred between the consumption of any food item and children's mean urinary 2,4-D concentrations by intake group. In conclusion, frequent consumption of fresh apples and fruit juices or chicken/turkey meats were significant dietary predictors of urinary levels of TCP or 3-PBA, respectively.

Published by Elsevier Ltd.

L’Anses relaye deux études sur l’exposition des enfants aux pesticides

1 décembre 2014

http://infomedocpesticides.fr/2014/12/01/lanses-relaye-deux-etudes-sur-lexposition-des-enfants-aux-pesticides/

Actualité nationale

Deux études relayées par l’Anses reviennent sur l’exposition environnementale et alimentaire de jeunes enfants aux résidus de pesticides. Elles confirment la dérive des pesticides pulvérisés et l’implication des aliments dans l’exposition.

Quelle est l’exposition environnementale et alimentaire des jeunes enfants aux résidus de pesticides ? Ce sujet a été à l’origine de crispations cet été lors de la préparation de la loi d’Avenir pour l’agriculture : Ségolène Royal avait alors annoncé « une interdiction des épandages de produits phytosanitaires « à moins de 200 mètres des écoles » ».

Au final, la loi n’a retenu que la mise en place de mesures de protection près des lieux sensibles (écoles, hôpitaux, etc.) : « des haies, des équipements pour le traitement ou des dates et horaires de traitement permettant d’éviter la présence de personnes vulnérables« .

Dans son dernier bulletin de veille scientifique, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) vient alimenter le débat à travers la présentation de deux études : l’une se penche sur l’exposition d’écoles d’Afrique du Sud situées à proximité de vignobles et la seconde tente d’évaluer la contribution de certains aliments à l’exposition de jeunes enfants.

Si l’Agence souligne dans son analyse « la difficulté de documenter les sources d’exposition aux pesticides » du fait de leur « présence ubiquiste (…) dans l’environnement et au nombre élevé de molécules mises sur le marché« , elle relève toutefois les apports documentaires de ces deux études.

Le suivi des concentrations résiduelles de pesticides dans l’air, les poussières et la pelouse d’écoles à proximité de vignobles (30 et 100 m) en Afrique du Sud (à l’ouest de la ville du Cap) montre en effet quesix des onze pesticides détectés dans les échantillons figurent dans le planning de pulvérisation des exploitations.

Mise en évidence de dérive de pesticides

Selon cette étude, les résultats « en lien avec les données météorologiques (direction du vent, données pluviométriques) ont confirmé la dérive des pesticides utilisés dans les vignobles vers les deux écoles« .

L’Anses regrette toutefois que tous les pesticides utilisés dans les fermes aux alentours ainsi que dans les écoles en question n’aient été étudiés. « Compte tenu du phénomène de dérive sur des distances pouvant atteindre 750 m, il aurait été pertinent de connaître l’environnement des écoles sur un rayon équivalent« , pointe-t-elle également.

La seconde étude a mesuré la concentration de résidus de pesticides dans les urines de 135 enfants, âgés de deux à cinq ans, après la consommation de jus de fruits frais, céréales, légumes et pain aux Etats-Unis (Caroline du Nord et Ohio).

Elle montre ainsi que 99% des enfants ont été exposés aux insecticides TCP, 64% à l’acide 3-phénoxybenzoïque (3-BPA) et 92% à l’herbicide, l’acide dichloro 2,4 phénoxyacétique.

Selon les auteurs, les enfants consommant des pommes et des jus de fruits à une fréquence d’au moins trois fois par semaine présentent une concentration moyenne de TCP plus élevée.

De la même manière, lorsque ces derniers mangent du poulet ou de la dinde à une fréquence supérieure ou égale à trois fois par semaine, leur niveau urinaire de 3-BPA s’avérait plus important.

« La documentation du poids ou du volume des aliments consommés aurait pu permettre une meilleure caractérisation des sources d’exposition« note l’Anses. Pour l’Agence, les auteurs auraient également pu prendre en compte des critères complémentaires comme les concentrations en pesticides dans les légumes, une analyse de l’eau du robinet, la consommation de produits bio, etc.

Selon l’Anses, une voie d’exposition qui pourrait ne pas être négligeable serait également l’ingestion de terre contenant des pesticides : les enfants absorberaient en effet en moyenne 31 mg/jour (et jusqu’à 137 mg/jour) de terre et de poussières.

En France, quelques études se sont intéressées à cette question : l’étude épidémiologique Timoun en Guadeloupe s’efforce de caractériser les éventuels impacts du chlordécone sur le développement de l’enfant et la grossesse. Des scientifiques ont ainsi montré que cette exposition peut conduire à un risque augmenté de prématurité.

Dans le cadre du volet alimentation du projet de recherche Popeye, l’exposition aux pesticides des couples mères-enfants de la cohorte nationale Elfe doit également être étudiée ainsi que les impacts possibles d’une exposition pendant la grossesse.

De manière plus large, l’Institut de veille sanitaire avait alerté en avril 2013 sur les niveaux d’exposition de la population française (adulte) aux organophosphorés et aux pyréthrinoïdes.

Lors de la table ronde santé-environnement de la Conférence environnementale, plusieurs associations ont appuyé sur la nécessité de réduire l’usage des pesticides, la feuille de route qui en découlera en janvier montrera si le Gouvernement a entendu leur appel.

Dorothée Laperche

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