Ce 8 octobre, Roland FOURCARD est en grève de la faim depuis 43 jours, Gilles OLIVET et Christian CONRAD depuis 37 jours ! Ils étaient tous les 3 ce matin devant l'hôtel des impôts à l'invitation d'opposants au barrage de Sivens qui se sont enchaînés symboliquement aux grilles pour dénoncer le gaspillage d'argent public pour le projet de barrage de Sivens.
Gaillac, 8 octobre 2014
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Thierry Carcenac n’ose pas avouer que le barrage de Sivens
serait un gouffre pour les finances publiques !
Aujourd’hui, 8 octobre 2014, Roland FOURCARD est en grève de la faim depuis 43 jours, Gilles OLIVET et Christian CONRAD depuis 37 jours ! Avec le Collectif, ils réclament seulement au Conseil Général des réponses aux questions posées depuis un an et un débat public contradictoire pour que chacun expose ses arguments.
Parmi les questions qui font peur à Thierry Carcenac, le Collectif a rappelé les 6 et 7/10 celles concernant les besoins agricoles (70 % de l’eau retenue dans le barrage) et celles pour les besoins de salubrité (30 % restants). Mais, depuis de nombreux mois, il refuse de répondre également à celles-ci : Combien sera facturée l’eau au m3 ? Quel est le montant estimé de la participation des irrigants au coût de fonctionnement ? Suite aux nouveaux engagements du CG sur les mesures environnementales, à l’actualisation du prix d’achat des terres agricoles et du coût des travaux, quel est le montant actualisé du coût de l’investissement ? Quel est le montant actualisé du coût de fonctionnement sur 20 ans ?
Selon le vote du budget en avril 2014, le coût global de l’aménagement est aujourd’hui estimé à 8.4 M€ HT soit 0.8 M€ de plus que lors de l’enquête publique en 2012. L’achat des terres à 12 000€/ha (au lieu de 4000 € environ sur le marché) ainsi que l’achat, non prévu, de la maison au lieu-dit Le Testet, devrait probablement faire approcher l’investissement des 9 M€ soit 6€ le m3 stocké ce qui est 2 à 3 fois plus qu’ailleurs…
Le plan de financement repose uniquement sur des financeurs publics : 20 % par les CG 81 et CG 82, 50 % par l’Agence de l’eau et 30 % par l’UE (FEADER). Sur la base d’un investissement de 8,4 M€ dont 70 % seraient destinés à l’irrigation (soit 5,8 M€), cela ferait une moyenne de 235 200 € d’investissement public par irrigant dans une version optimiste de 25 irrigants.
Voir la note sur le coût de l'irrigation
Les experts du CGEDD et du CGGAAER estimaient, en 2011, des «frais de fonctionnement, maintenance comprise, à 140 000 €/an (dont 100 000 € pour la provision de maintenance) » et, sur cette base, « un taux de rentabilité interne bas par rapport à la plupart des autres projets examinés par la mission ». De son côté, le CG 81 annonçait, dans sa réponse au Collectif le 05/09/13, un coût de fonctionnement de 35 000 € (soit 4 X moins que les experts). Il précisait « En ce qui concerne le suivi des mesures d'insertion environnementales et compensatoires, celles-ci représentent aujourd'hui un volume de 200 000 €/an ». Soit un total, selon le CG 81, de 235 000 €/an. En 2011, les experts n’avaient pas été informés par le CG 81 des 200 000 €/an pour le suivi écologique. Avec une telle envolée des coûts de fonctionnement, quelle serait aujourd’hui le taux de rentabilité interne ? En ajoutant les intérêts à payer pour l’investissement, le Collectif estime que le coût de fonctionnement total serait de l’ordre de 600 000 €/an pendant 20 ans.
Qui va payer ? La vingtaine d’irrigants paierait pour la consommation d’eau, en cohérence avec la tarification du barrage de Thérondel dans le même bassin, au prix de 50 €/ha au maximum. Comme seulement 309 ha seraient irrigables (pour moins de 200 ha irrigués aujourd’hui) via le barrage de Sivens, c’est de l’ordre de 16 000 € qui seraient payés par les irrigants soit moins de 4 % du coût pour l’irrigation (70% soit 420 K€). Quels que soient les financeurs finaux pour les 96 % (CG 81 et CG 82 ? Agence l’eau ?), c’est bien le contribuable ou le consommateur d’eau qui réglerait la différence (584 000 €/an). Comme le Collectif l’a expliqué aux experts du MEDDE, tout cumulé sur 20 ans, le contribuable dépenserait environ 2250 € à l’hectare chaque année ! Soit plus que ce que la culture rapporterait à l’irrigant sur ce même hectare…
Alors que le Tarn a été classé en 2013 comme le département le plus mal géré de France (article du Tarn Libre du 28/06/2013), est-ce ce gaspillage de l’argent public que Thierry Carcenac veut cacher au public en refusant tout débat contradictoire avec le Collectif ?
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