COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le 23 décembre dernier, la Cour d’appel de Gand a exprimé son verdict dans le procès contre les 11 militants qui, en 2011, avaient participé au « grand échange de pommes de terre » de Wetteren. Les militants ont été acquittés quant à l’accusation d’association de malfaiteurs. Selon la cour, ils devaient verser une indemnité à l’ILVO et la Hogeschool Gent, ce qui est désormais chose faite. Bien que l’Institut Flamand de Biotechnologie (VIB) et l’Université de Gand avaient également espéré une indemnisation, il n’en fut rien, ce qu’approuve le FLM. Un agriculteur de leur réseau l’explique ainsi: « Le VIB ne voue pas sa recherche au bénéfice des agriculteurs, des consommateurs, de l’économie locale ou de l’environnement. L’ILVO est généralement plus à même de mener ce type de recherche ».
Forts du constat que le développement des OGM durant ces 15 dernières années n’a profité ni aux paysans ni à l’environnement, le FLM appelle l’ILVO à soutenir, avec l’indemnisation perçue, un projet agricole durable, agroécologique et solidaire, qui pourrait par exemple profiter à des jeunes paysans en voie d’installation. Le projet pourrait se concentrer sur la fertilité des sols, la biodiversité agricole fonctionnelle ou l’amélioration des plantes biologiques au niveau des exploitations.
Quant à l’acquittement d’association de malfaiteurs, c’est une victoire retentissante pour les organisations, avocats et militants qui s’étaient opposés à la condamnation initiale. La Cour de Gand a ainsi confirmé que les actions de désobéissance civile, même si elles impliquent des dommages matériels, ne peuvent être criminalisées. C’est un précédent juridique de haute importance pour tous les mouvements sociaux, les organisations et les syndicats.
« Y a-t-il encore des malfaiteurs dans la salle ? », ont demandé les ami-e-s du FLM au lendemain de l’acquittement dans une lettre ouverte à Kris Peeters, Premier ministre de la Région flamande et ministre de l’Agriculture au moment de l’action, qui avait appelé à leur condamnation pour bande de malfaiteurs. « Saurez-vous le comprendre: votre démocratie représentative est périmée. La participation citoyenne n’est pas réelle. La bataille des patates est un avertissement! Car avec ou sans vous, Mr Peeters, les temps sont à l’innovation politique », avaient-ils conclu.
Le gouvernement flamand autorise toujours de façon non-démocratique des champs expérimentaux d’OGM. Ainsi, ce printemps, un nouveau champ expérimental sera initié, peuplé cette fois de maïs génétiquement modifié. De tels essais en plein champ seront également un jour mis à l’épreuve: l’enthousiasme des 400 participants à l’action, des 100 comparant-e-s volontaires, des nombreux participants aux jours de procès et des personnes qui ont soutenu le mouvement de multiples façons au cours de ces trois dernières années est trop grand pour qu’il en soit autrement.
Le FLM continuera à soutenir les initiatives de société qui sont en faveur de l’agriculture durable. Que cela se fasse au moyen d’actions directes de désobéissance civile ou d’exemples pratiques, si les projets promeuvent le débat public et l’accroissement de connaissances, ils pourront compter sur notre actif soutien. Vous entendrez encore parler de nous à l'avenir.
field.liberation@gmail.com
#patatistas
#GGO, #GMO
Lien vers la lettre ouverte: http://www.fieldliberation.org/fr/2014/12/29/zitten-er-nog-bendeleden-in-de-zaal/
« Non au biopiratage, non aux brevets sur le vivant ! » Ce lundi, la Confédération paysanne a manifesté dans les travées du salon de l'agriculture.
Ce lundi, la Confédération paysanne a manifesté sur les stands du Centre international de la recherche agronomique pour le développement (Cirad), de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et du ministère de l’Agriculture.
Le syndicat paysan demande que la loi sur la biodiversié, discutée à l’Assemblée nationale le 17 mars, interdise les brevets sur les gènes ou séquences de gènes naturellement présents dans les graines sélectionnées depuis des générations par les agriculteurs. Les militants de la Conf’ se sont déguisés en bagnards enchaînés pour dénoncer le risque d’asservissement des paysans aux firmes multinationales, via le paiement de royalties.
Guy Kaestler, délégué du Réseau semences paysannes explique l’enjeu : « Les centres de recherche viennent dans nos fermes prélever des semences. Ces échantillons alimentent des banques de gènes. Les multinationales puisent dedans, s’approprient cette ressource génétique en déposant des brevets sur des gènes natifs de résistance aux maladies ou à la sécheresse. »
Selon la Confédération paysanne, les micro-organismes (levures, bactéries…), indispensables à la fabrication du pain, des fromages et du vin, pourraient aussi faire l’objet de brevets. « Toute notre alimentation risque de tomber entre les mains de quelques géants de la malbouffe », dénonce le syndicat.
En tenue de bagnards, les militants de la Confédération paysanne ont manifesté, hier, contre la menace d’un asservissement des agriculteurs aux firmes multinationales. | Marc Ollivier