Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

apologie de crime contre l’humanité:Le maire de Cholet Gilles Bourdouleix a été condamné en appel

Apologie de crime contre l’humanité: Bourdouleix condamné en appel

http://www.depechestsiganes.fr/apologie-de-crime-contre-lhumanite-bourdouleix-condamne-en-appel/

Le maire de Cholet Gilles Bourdouleix a été condamné en appel mardi 12 août à 3.000 euros d’amende pour apologie de crime contre l’humanité après des propos infamants tenus à l’encontre de voyageurs en juillet 2013.

.

0

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 eL’élu du Maine-et-Loire, coutumier de propos outranciers à l’égard des gens du  
 voyage, avait provoqué un tollé et avait été exclu de l’UDI après avoir déclaré 
  à un journaliste lors d’une altercation avec des voyageurs qu’ »Hitler n’en  
 a peut-être pas tué assez ». 
Pour cette allusion au génocide tsigane pendant la seconde guerre mondiale,
M. Bourdouleix avait été condamné en première instance à 3.000 euros d’amende
avec sursis par le tribunal correctionnel d’Angers, une peine très légère alors
qu’il encourait jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.
Le procureur avait d’ailleurs requis six mois de prison avec sursis et une amende
de 5.000 euros.
La faiblesse de la condamnation en première instance avait été utilisée par
l’avocat de M. Bourdouleix pour faire appel. « Le jugement (de première instance)
est extrêmement clément mais le juge n’est pas allé au cout de son raisonnement.
Nous voulons maintenant la relaxe car pour moi Gilles Bourdouleix est innocent »,
avait expliqué Me Pierre Brossard. De son côté, Michel Cartron, président de la
Ligue des droits de l’Homme du Maine-et-Loire avait exprimé « sa satisfaction que
les délits aient été reconnus » tout en soulignant « sa déception que la sanction
ne soit pas à la hauteur ». « On alimente les populismes par des décisions de
justice légères », avait-il estimé. « Que faut-il dire pour écoper des 45.000
euros d’amende prévus par la loi ? »
 
En appel l’élu âgé de 53 ans espérait obtenir la relaxe et les associations qui
s’étaient portées parties civiles, un alourdissement de la condamnation. C’est
donc finalement un jugement en demi teinte qui a été rendu en appel, car la
condamnation est confirmée et le sursis levé mais elle reste très faible au
regard des peines prévues par la loi. En appel, les réquisitions étaient passées
à une amende de 750 à 5.000 euros. L’avocat de M. Bourdouleix a déjà indiqué
qu’il comptait se pourvoir en cassation.
Gilles Bourdouleix avait dans un premier temps nié avoir tenu les propos
incriminés, rapportés dans Le Courrier de l’Ouest. Il avait accusé le journaliste
présent d’avoir « bidouillé » l’enregistrement et l’avait traité de « petit
merdeux ». Mais la rédaction avait tenu bon et publié sur son site l’enregistre-
ment, qui a été authentifié.
Dans le contexte d’une occupation sans autorisation d’un terrain agricole par un
groupe important de voyageurs, on y entend le député-maire lancer « la loi elle
s’applique ». Puis en baissant la voix, « comme quoi Hitler n’en a peut-être pas
tué assez ». Le Courrier de l’Ouest avait pris soin de préciser qu’à ce moment-là, M. Bourdouleix était excédé par des saluts nazis faits par certains voyageurs.
L’élu de Cholet a multiplié depuis des années les procédures et les déclarations
injurieuses à l’égard des gens du voyage.
En mai 2006, il avait menacé de démissionner pour faire évacuer une mission
évangélique installé sur un terrain de sports de la ville et avait lancé une
pétition à destination des maires de France, réclamant que ces élus aient autorité
pour obliger la police à intervenir en cas d’occupation illégale, une initiative
qui rejoint celle du député-maire de Nice Christian Estrosi.

En novembre 2010, la procureure de la République d’Angers avait ouvert une enquête concernant Gilles Bourdouleix après une plainte de la LDH pour provocation à la haine raciale et à la violence. Les propos incriminés
avaient été tenus lors d’une réunion de quartier à Cholet, le 9 septembre 2010:
« On a la trouille de ces gens-là, ils ont tous les droits ! Je suis prêt à
prendre un camion plein de m… pour le déverser au milieu de leurs caravanes ! »
, avait notamment déclaré Gilles Bourdouleix, selon les propos retranscrits deux
jours plus tard dans les colonnes du quotidien régional Ouest-France.
« Ces gens-là, c’est beaucoup d’emmerdes. S’ils choisissent de vivre comme ça,
en caravanes, et qu’on fait un effort pour les accueillir, au moins qu’ils aient
un peu de respect », avait-il poursuivi. « Les caravanes qu’ils ont, avec les
Mercedes et les camions pour les tracter, on ne pourrait pas se les payer.
Mais eux, ils en ont les moyens puisqu’ils n’ont pas de revenus et ne paient pas
d’impôts. Ces caravanes, elles sont équipées de toilettes, mais ils ne les
utilisent pas », avait encore déclaré l’élu, qui avait maintenu ses propos lors
du conseil municipal de Cholet le 11 octobre. « La Ligue des droits de l’Homme
s’est appuyée sur des propos retranscrits dans un journal, hors de leur contexte,
et qui ne correspondent pas à la réalité de ce que j’ai dit. Je dispose des
enregistrements et je suis parfaitement à l’aise sur le sujet », s’était déjà
défendu M. Bourdouleix à l’époque.

En octobre 2012, le député-maire de Cholet avait porté plainte contre X pour
tentative de meurtre et contre le ministre de l’Intérieur Manuel Valls après
 avoir été, selon lui, menacé et pris à partie par des gens du voyage qui avaient
« envahi » sa commune « de façon totalement illégale ». Des renforts de police
d’Angers avaient été envoyés mais ils ont finalement été rappelés à 19H00 « sur
ordre du préfet du Maine-et-Loire », selon lui. M. Bourdouleix avait affirmé
avoir ensuite été pris pour cible par des gens du voyage « hurlant qu’ils
allaient me massacrer, me tuer » et avoir pris « quelques coups de poing à
l’épaule ». »Je ne sais pas où on est, l’Etat n’a aucune fermeté », s’est indigné
l’élu, qui avait porté plainte « contre X pour tentative de meurtre avec les
photos des individus incriminés, contre monsieur Valls, ministre de l’Intérieur,
pour mise en danger de la vie d’autrui en raison du peu d’effectif de police,
contre monsieur Burdeyron, préfet de Maine-et-Loire, pour mise en danger de la
vie d’autrui pour avoir fait partir les renforts de police ».La LDH avait à
nouveau porté plainte contre le maire de Cholet pour « provocation à la haine ou
à la violence et à la discrimination raciale à l’encontre des gens du voyage d’une
part, et de diffamation raciale d’autre part » pour des propos qu’il aurait tenus
lors du différend et qui avaient été rapportés par Ouest-France: « Ils volent
l’électricité, ces gens-là sont des voyous, des assassins et des voleurs ».

En novembre 2012, il avait menacé de démissionner à la suite de l’installation
d’une vingtaine de caravanes sur une zone d’activités commerciales de sa commune,
parlant d’une « invasion ». Enfin, enmai 2013, il avait demandé officiellement que
le préfet soit relevé de ses fonctions, toujours en raison de son inaction
supposée face aux gens du voyage.

La condamnation de M. Bourdouleix pour apologie de crime contre l’humanité n’a en
tout cas pas empêché sa réélection aux municipales de mars 2014, avec 55% au
second tour. D’autant que les partis de droite UMP et UDI qui s’étaient beaucoup
indignés au moment des propos incriminés, lui avaient laissé le champ libre en
prenant soin de n’investir aucun autre candidat contre lui.

Isabelle Ligner
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article