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eL’élu du Maine-et-Loire, coutumier de propos outranciers à l’égard des gens du voyage, avait provoqué un tollé et avait été exclu de l’UDI après avoir déclaré à un journaliste lors d’une altercation avec des voyageurs qu’ »Hitler n’en a peut-être pas tué assez ». Pour cette allusion au génocide tsigane pendant la seconde guerre mondiale,
M. Bourdouleix avait été condamné en première instance à 3.000 euros d’amende
avec sursis par le tribunal correctionnel d’Angers, une peine très légère alors
qu’il encourait jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.
Le procureur avait d’ailleurs requis six mois de prison avec sursis et une amende
de 5.000 euros.
La faiblesse de la condamnation en première instance avait été utilisée par
La faiblesse de la condamnation en première instance avait été utilisée par
l’avocat de M. Bourdouleix pour faire appel. « Le jugement (de première instance)
est extrêmement clément mais le juge n’est pas allé au cout de son raisonnement.
Nous voulons maintenant la relaxe car pour moi Gilles Bourdouleix est innocent »,
avait expliqué Me Pierre Brossard. De son côté, Michel Cartron, président de la
Ligue des droits de l’Homme du Maine-et-Loire avait exprimé « sa satisfaction que
les délits aient été reconnus » tout en soulignant « sa déception que la sanction
ne soit pas à la hauteur ». « On alimente les populismes par des décisions de
justice légères », avait-il estimé. « Que faut-il dire pour écoper des 45.000
euros d’amende prévus par la loi ? »
En appel l’élu âgé de 53 ans espérait obtenir la relaxe et les associations qui
s’étaient portées parties civiles, un alourdissement de la condamnation. C’est
donc finalement un jugement en demi teinte qui a été rendu en appel, car la
condamnation est confirmée et le sursis levé mais elle reste très faible au
regard des peines prévues par la loi. En appel, les réquisitions étaient passées
à une amende de 750 à 5.000 euros. L’avocat de M. Bourdouleix a déjà indiqué
qu’il comptait se pourvoir en cassation.
Gilles Bourdouleix avait dans un premier temps nié avoir tenu les propos
Gilles Bourdouleix avait dans un premier temps nié avoir tenu les propos
incriminés, rapportés dans Le Courrier de l’Ouest. Il avait accusé le journaliste
présent d’avoir « bidouillé » l’enregistrement et l’avait traité de « petit
merdeux ». Mais la rédaction avait tenu bon et publié sur son site l’enregistre-
ment, qui a été authentifié.
Dans le contexte d’une occupation sans autorisation d’un terrain agricole par un
Dans le contexte d’une occupation sans autorisation d’un terrain agricole par un
groupe important de voyageurs, on y entend le député-maire lancer « la loi elle
s’applique ». Puis en baissant la voix, « comme quoi Hitler n’en a peut-être pas
tué assez ». Le Courrier de l’Ouest avait pris soin de préciser qu’à ce moment-là, M. Bourdouleix était excédé par des saluts nazis faits par certains voyageurs.
L’élu de Cholet a multiplié depuis des années les procédures et les déclarations
L’élu de Cholet a multiplié depuis des années les procédures et les déclarations
injurieuses à l’égard des gens du voyage.
En mai 2006, il avait menacé de démissionner pour faire évacuer une mission
En mai 2006, il avait menacé de démissionner pour faire évacuer une mission
évangélique installé sur un terrain de sports de la ville et avait lancé une
pétition à destination des maires de France, réclamant que ces élus aient autorité
pour obliger la police à intervenir en cas d’occupation illégale, une initiative
qui rejoint celle du député-maire de Nice Christian Estrosi.
En novembre 2010, la procureure de la République d’Angers avait ouvert une enquête concernant Gilles Bourdouleix après une plainte de la LDH pour provocation à la haine raciale et à la violence. Les propos incriminés
En novembre 2010, la procureure de la République d’Angers avait ouvert une enquête concernant Gilles Bourdouleix après une plainte de la LDH pour provocation à la haine raciale et à la violence. Les propos incriminés
avaient été tenus lors d’une réunion de quartier à Cholet, le 9 septembre 2010:
« On a la trouille de ces gens-là, ils ont tous les droits ! Je suis prêt à
prendre un camion plein de m… pour le déverser au milieu de leurs caravanes ! »
, avait notamment déclaré Gilles Bourdouleix, selon les propos retranscrits deux
jours plus tard dans les colonnes du quotidien régional Ouest-France.
« Ces gens-là, c’est beaucoup d’emmerdes. S’ils choisissent de vivre comme ça,
en caravanes, et qu’on fait un effort pour les accueillir, au moins qu’ils aient
un peu de respect », avait-il poursuivi. « Les caravanes qu’ils ont, avec les
Mercedes et les camions pour les tracter, on ne pourrait pas se les payer.
Mais eux, ils en ont les moyens puisqu’ils n’ont pas de revenus et ne paient pas
d’impôts. Ces caravanes, elles sont équipées de toilettes, mais ils ne les
utilisent pas », avait encore déclaré l’élu, qui avait maintenu ses propos lors
du conseil municipal de Cholet le 11 octobre. « La Ligue des droits de l’Homme
s’est appuyée sur des propos retranscrits dans un journal, hors de leur contexte,
et qui ne correspondent pas à la réalité de ce que j’ai dit. Je dispose des
enregistrements et je suis parfaitement à l’aise sur le sujet », s’était déjà
défendu M. Bourdouleix à l’époque.
En octobre 2012, le député-maire de Cholet avait porté plainte contre X pour
En octobre 2012, le député-maire de Cholet avait porté plainte contre X pour
tentative de meurtre et contre le ministre de l’Intérieur Manuel Valls après
avoir été, selon lui, menacé et pris à partie par des gens du voyage qui avaient
« envahi » sa commune « de façon totalement illégale ». Des renforts de police
d’Angers avaient été envoyés mais ils ont finalement été rappelés à 19H00 « sur
ordre du préfet du Maine-et-Loire », selon lui. M. Bourdouleix avait affirmé
avoir ensuite été pris pour cible par des gens du voyage « hurlant qu’ils
allaient me massacrer, me tuer » et avoir pris « quelques coups de poing à
l’épaule ». »Je ne sais pas où on est, l’Etat n’a aucune fermeté », s’est indigné
l’élu, qui avait porté plainte « contre X pour tentative de meurtre avec les
photos des individus incriminés, contre monsieur Valls, ministre de l’Intérieur,
pour mise en danger de la vie d’autrui en raison du peu d’effectif de police,
contre monsieur Burdeyron, préfet de Maine-et-Loire, pour mise en danger de la
vie d’autrui pour avoir fait partir les renforts de police ».La LDH avait à
nouveau porté plainte contre le maire de Cholet pour « provocation à la haine ou
à la violence et à la discrimination raciale à l’encontre des gens du voyage d’une
part, et de diffamation raciale d’autre part » pour des propos qu’il aurait tenus
lors du différend et qui avaient été rapportés par Ouest-France: « Ils volent
l’électricité, ces gens-là sont des voyous, des assassins et des voleurs ».
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