Par Ensemble! (MAGes) membre du Front De Gauche, 34. mercredi, septembre
http://www.resistons.net/index.php?post/2014/09/17/Gare-Montpellier-Sud-de-France-%3A-Encore-un-projet-inutile-et-impos%C3%A9-!
Le doublement de la capacité ferroviaire, de la bonne nouvelle au gâchis ?
La ville de Montpellier est aujourd’hui à la charnière de deux projets de l’entreprise publique Réseau Ferré de France (RFF). Le contournement Nîmes-Montpellier (CNM) sera achevé fin 2017 : il prolonge l’actuelle ligne à grande vitesse depuis l’est de Nîmes jusqu’à l’ouest de Montpellier, où il rejoint la ligne historique. Par la suite la ligne nouvelle Montpellier Perpignan (LNMP) devra poursuivre ce doublement sur 150 km. Mais sa réalisation a été reportée au-delà de 2030.
Il peut paraitre curieux de critiquer la construction d’une gare alors que l’amélioration du réseau ferroviaire est particulièrement nécessaire dans une région comme le Languedoc, accablée par le transport routier de transit (plus de 12 000 camions par jour au droit de Montpellier). Depuis plus de 10 ans, renforcer la capacité et la régularité de tous les trafics sur rail (voyageurs grandes lignes, régionaux et fret) a été déclaré d’intérêt général. Or dans les faits le trafic TGV reste privilégié au détriment des autres besoins.
Pour réaliser le CNM, l’Etat et RFF ont choisi un partenariat public-privé (PPP) avec un groupe de sociétés. Ce dernier construit l’équipement puis l’exploite pendant au moins 25 ans contre un loyer garanti payé par RFF. Très complexe à négocier, les PPP « cachent » la dette publique dans des contrats qui engagent l’Etat ou une entreprise publique. Comme par hasard, les responsables du projet refusent de communiquer les conditions de ces loyers. On peut être sur que si le trafic ferroviaire n’est pas au rendez-vous les contribuables compenseront les pertes du groupe privé. Tranquille.
Dans ces conditions RFF veut tout faire pour contraindre le trafic TGV à passer le CNM en y construisant des gares dédiées. Et tant pis pour le confort des usagers, la cohérence du système de transport et l’objectif de renforcement du fret. Alors même que la SNCF reconnait que son modèle « tout TGV » est à bout de souffle, ce choix caché compromet également le futur tronçon LNMP, dont le coût et la viabilité dépendront eux aussi d’une réelle mixité du trafic.
Le cas de Montpellier : mépris des usagers et enjeux immobiliers
Le détournement des objectifs initiaux du CNM de renforcement et de sécurisation de tous les types de trafic a des conséquences absurdes à Montpellier. D’un côté, l’entreprise SNCF vient d’agrandir et de rénover pour plus de 50 M d’euros la gare Saint-Roch en centre ville, qui accueille les TER et bien sur les mobilités douces (vélo, piétons, etc.). De l’autre RFF, entreprise « sœur » de la SNCF veut en construire une autre à côté du château de la Mogère, sans liaison existante avec la précédente et qui mobilisera au bas mot 200 millions d’euros, dont une bonne part en argent public d’aménagements divers. Usagers et contribuables n’ont pas à faire les frais de ces histoires de famille !
Le résultat est clair: les recettes de l’exploitation pour l’opérateur privé mais pour le public des dizaines de millions d’euros d’aménagement redondants à financer. Transport en commun, accès routier, prévention des inondations : tout est à faire pour connecter le site. Le pire étant que même avec ces coûteux raccordements, les transferts entre gares rajouteront allègrement une demi-heure à une heure de délai !
Pour justifier cette gare RFF insiste lourdement sur feu le projet Oz, « l’écoquartier » qui devait sortir de terre tout autour. La gare Montpellier Sud de France n’était au fond que cela, le prétexte à un vaste bétonnage supplémentaire des espaces naturels au sud de Montpellier, déjà gravement atteints par le doublement de l’A9. La nouvelle majorité d’agglomération indique ne plus vouloir réaliser ce projet Oz : RFF et Icade veulent-ils aussi l’y contraindre ?
Une fois encore la prise en compte des déplacements dans leur ensemble passe à la trappe. Une fois sorti de la gare, peu importe qu’on soit en rase campagne, avec pour seule et unique perspective de prendre sa voiture. La boucle est bouclée, voilà comment cette nouvelle ligne est donc sensée lutter contre la croissance du trafic routier…
Une solution simple : faire ce qui avait été décidé !
Cerise sur le gâteau, non contents de vouloir imposer cette seconde gare, RFF s’est acharné à empêcher tout retour à la raison. La déclaration d’utilité publique prévoit un raccordement entre ancienne et nouvelle ligne, entre Lunel et Montpellier, qui permettra aux trains passant par le CNM de desservir Montpellier Saint-Roch. Or, en 2011 RFF a secrètement modifié les plans de ce raccordement. Résultat, ce sont les trains circulant sur la ligne historique, tels que les TER, qui devraient désormais desservir la nouvelle gare. Et tant pis pour le temps de transit supplémentaire…
Il est essentiel de revenir aux objectifs initiaux du CNM. Rejeter l’option d’une deuxième gare à Montpellier et réaliser la jonction des lignes, c’est choisir un développement équilibré de tous les types de trafic ferroviaire. L’enquête publique en cours du 22 septembre au 24 octobre 2014 est l’occasion pour chacun, en région comme ailleurs, de demander que soit en priorité mis en œuvre un raccordement moins couteux qu’une seconde gare inutile et néfaste aux usagers du train.
[Texte carte au commissaire enquêteur]
Monsieur le Commissaire,
Nous vous demandons par la présente d’enregistrer notre opposition personnelle au projet de seconde gare à Montpellier. Celle du centre ville, récemment rénovée, est et demeurera suffisante pour plusieurs dizaines d’années au moins. Elle est bien mieux desservie par les transports en commun et plus simple d’accès pour les usagers, à qui une seconde gare imposerait un éloignement et des temps de correspondance irréalistes. Le site retenu interdit à jamais les correspondances avec la ligne actuelle, et laisse entrevoir un fiasco comparable à d’autres gares TGV construites à l’écart des points de croisement avec les voies ferrées classiques.
Ce projet de gare constitue de fait un dévoiement des finalités déclarées d’intérêt public du contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier. Il amènera à privilégier le trafic à grande vitesse sur la nouvelle ligne, avec des gains de temps illusoires en pratique, un recours accru aux véhicules automobiles particuliers pour accéder à la gare, le tout au détriment des autres trafics, voyageurs et fret.
En conséquence, nous vous demandons de constater l’absence de caractère d’intérêt général de ce projet, et de rappeler au contraire la pertinence de construire en priorité l’échangeur ferroviaire initialement prévu au nord de Saint-Brès, qui seul permettra un usage équilibré de la nouvelle ligne.
[Adresse d’expédition]
Monsieur Pierre Balandraud
Commissaire enquêteur
Enquête publique relative au projet de Gare Nouvelle de Montpellier
1, place Georges Frêche 34000 Montpellier
OUVERTURE DE L’ENQUETE PUBLIQUE DE LA GARE SUD DE FRANCE A MONTPELLIER
Du 22 septembre au 24 octobre 2014, une enquête publique est organisée pour le projet de la garenouvelle Montpellier Sud de France.
L’enquête publique est conduite par Monsieur Pierre Balandraud, commissaire enquêteur.
Le dossier d’enquête, comprenant notamment les études techniques, environnementales, socioéconomiques et la présentation du projet du titulaire pressenti du partenariat public privé pour laréalisation de la gare, sera disponible en Mairie de Montpellier et en Mairie de Mauguio.
Le public peut émettre son avis ou toute expression :
• en s’exprimant sur les registres mis à sa disposition en mairies de Montpellier et Mauguio,
• en rencontrant le commissaire enquêteur lors de ses permanences.
A Montpellier : le mercredi 24 septembre de 9h00 à 12h00
le mardi 7 octobre de 14h00 à 17h00
le vendredi 24 octobre de 14h30 à 17h30
A Mauguio : le vendredi 17 octobre de 9h00 à 12h00
• ou en écrivant à Monsieur Balandraud, enquête publique Gare Sud de France - Mairie de Montpellier - 1 place Georges Frêche - 34000 Montpellier
Montpellier - 1 place Georges Frêche - 34000 Montpellier