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L'Etat sodomise en profondeur Robert Ménard et son sécuritarisme

 

 

Le maire de Béziers a réagi sur France Bleu Hérault après avoir appris que l’État pense à ne plus financer l'important dispositif de sécurité pour la Féria de la ville.

 

Robert Ménard, le maire de Béziers, se dit "fou furieux" au micro de France Bleu Hérault, après avoir appris que l’État avait l’intention, à l’avenir, de lui facturer le dispositif de sécurité mis en place pour la Féria de Béziers (Hérault). Plus de 700 000 personnes sont attendues pour cette cinquantième édition qui débute vendredi 10 août et se poursuit jusqu’au mercredi 15 août.

"Il me semble normal que la gendarmerie, la police, et les CRS soient gratuitement dans la ville pour assurer la sécurité."-  Robert Ménard à France Bleu Hérault

Des Férias payantes ?

Et le maire de Béziers poursuit : "L’État, qui a besoin d’argent, envisage de faire payer [ce service]. Mais, on sera absolument incapable de faire face à des dépenses comme ça." C'est pour cette raison que l'élu regarde avec attention ce qui se passe à Bayonne. Cette année, au Pays Basque, les Fêtes étaient payantes, en raison d’un surcoût lié à la sécurité.

"Il faut m’expliquer comment on peut payer une note de sécurité de plus en plus importante. Je vous rappelle qu’il y a 20 ans, on ne payait pas les pompiers. Quand les pompiers sont passés sous la coupe du département, on a reçu la facture du département. Aujourd’hui, la facture des pompiers est de plus de 100 000 euros", affirme le maire de Béziers.

"Si tout le monde fait payer tout à la ville, la ville va devoir trouver de l’argent. Comment on fait ? Tout va devenir compliqué. On ne peut pas dépenser plus d’argent pour la sécurité. Financièrement, c’est un vrai problème", assène Robert Ménard.

500 agents mobilisés pendant cinq jours

La ville investit plus d’un million d’euros dans la Féria, dont la moitié est consacrée à la sécurité. Plus de 500 agents sont mobilisés tous les jours, pendant 5 jours.

Pourtant, "cela fait des années et des années que les prestations des forces de sécurité sur le Tour de France sont payantes et ça ne pose de problème à personne", rétorque le sous-préfet de Béziers, Christian Pouget.

"Le besoin de sécurité s’accroît et ça coûte de l’argent." - Christian Pouget, sous-préfet de Béziers

Depuis les attentats de Nice en juillet 2016, "le besoin de sécurité s’accroît et ça coûte de l’argent", ajoute t-il. Et le coût financier n'est pas négligeable. "On ne peut pas d’un côté avoir des collectivités locales qui organisent des festivités sans tenir compte du coût que cela représente en terme de sécurité" poursuit le sous-préfet. "Car la Féria, ce sont aussi des recettes pour les commerçants, pour les arènes. Et donc il y a un certain nombre de dépenses", poursuit le fonctionnaire, qui ne souhaite pas détailler le montant du dispositif de sécurité renforcé.

"Petit à petit, il faut s’habituer à ce qu’on intègre dans les budgets des festivités le coût de la sécurité." - Christian Pouget

En plus de l'exemple du Tour de France, le sous-préfet en cite un autre : celui du club de foot de Béziers, qui accède à la Ligue 2. "Nous avons conventionné avec le club de foot, pour que les soirs de matchs, la prestation des policiers soit payante, selon une grille définie nationalement", explique-t-il.

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Le point de vue presse de la Marseillaise :  La corrida et les ferias à l’épreuve des temps modernes
 
Alors que le Musée Fabre à Montpellier fait en ce moment un tabac avec l’exposition-événement Picasso, qui se souvient de la célèbre confidence faite par le maître à son ami le matador Luis Miguel Dominguín (1926-1996) ? A savoir que s’il n’avait pas été peintre, il aurait aimé être picador.

 

L’histoire de l’art et les visiteurs du Musée Fabre n’ont pas perdu au change ! Biberonné à la tauromachie par son père - qui repéra surtout le génie artistique de sa progéniture - Pablo Picasso a consacré tout au long de sa longue et prolixe activité d’artiste de nombreuses œuvres à cette tradition. Il s’attache en particulier à la figure du taureau et - rêve de picador oblige - à celle du cheval dont la représentation la plus poignante et inégalée se trouve dans l’un de ses plus célèbres tableaux, « Guernica », visible à Madrid qui abrite également les mythiques arènes de las Ventas. En fait, la tauromachie est plus qu’une tradition comme en témoignent les passions multiples et contradictoires qu’elle soulève. Passion des amateurs, en premier lieu, rompus aux règles, maîtrisant les codes de cet univers complexe et en définitive très petit. Comme le rapporte un article fort documenté du quotidien « Les Échos », une centaine de corridas sont organisées chaque année en France. Le sud en est le berceau. L’impact économique n’est pas anecdotique pour les villes qui abritent les arènes où se déroulent ces duels entre l’homme et l’animal. Cette économie a-t-elle su s’adapter à l’évolution de la société ? Cité sous la plume des journalistes Hubert Vialatte et Frank Niedercorn auteurs de l’enquête des « Échos », André Viard, ancien matador et président de l’Observatoire national des cultures taurines, constate que la corrida est « devenue un spectacle élitiste car, sans régulation du marché, les grands toreros font la loi ». La marchandisation atteint aussi du même coup les Ferias. Ces rendez-vous populaires pourraient l’être de moins en moins en devenant payants, comme à Bayonne. L’autre face de cet univers ce sont les « anti-corridas » qui s’invitent de plus en plus pour perturber ces événements au nom de la défense de la cause animale. Sous les habits de lumière, l’art taurin pourrait vivre des heures sombres.

 

Françoise Verna

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