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Me Stéphane NESA parle du regard que porte la Macronie sur le droit à la défense

Ce jour, à l’occasion de la commémoration des 20 ans de l’assassinat du préfet Claude Erignac, M. Emmanuel Macron, Président de la République, en cette qualité garant des institutions et de la séparation des pouvoirs, a déclaré : 

« … car ce qui s’est passé ici le 6 février 1998, ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas… ». 
  
Malgré la douleur de la famille du Préfet qui impose le plus profond respect et la plus grande empathie, on ne peut que s’interroger sur cette formulation qui ne peut qu’apparaître comme une atteinte aussi violente qu’infondée aux droits de la défense. 
  
Le Président de la République affirme par ses propos, qui ne peuvent être le fruit d’une improvisation maladroite étant donné la solennité du moment, que certains justiciables ne sauraient bénéficier de l’assistance d’un avocat, au regard des actes qu’ils ont commis et surtout de la personnalité et des fonctions occupées par la victime. 
  
Il s’agit d’une atteinte sans précédent aux Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République, intégrés dans le bloc de constitutionnalité, et dont l’avocat est l’un des piliers essentiels. 
  
La parole présidentielle, en privant un justiciable du droit d’être assisté et défendu, contrevient à l’Etat de droit et fragilise le socle même des valeurs républicaines. 
  
Nous entendons solennellement rappeler, comme d’autres l’ont fait avant nous, que nous avons prêté serment d’exercer notre mission avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité, de sorte qu’il nous faut « les défendre tous », sous la seule réserve de notre conscience et du choix des moyens de défense. 
  
Telles sont les valeurs auxquelles nous n’entendons pas renoncer.

(Communiqué de Me Stéphane NESA Bâtonnier 

de l'Ordre des Avocats du Barreau d'Ajaccio)

 

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Lors de l'hommage au préfet Érignac, une formule du chef de l'État a déclenché les foudres du barreau insulaire, qui l'accuse d'atteinte aux droits de la défense.

Dans le contexte très tendu de son premier déplacement dans l'île face aux nationalistes, il n'en a pas fallu davantage pour enflammer les esprits. En visite en Corse ce mardi pour commémorer la mémoire du préfet Claude Érignac, assassiné de trois balles dans la tête le 6 février 1998 à Ajaccio, le chef de l'État savait qu'il marchait sur des œufs. Forcément, le moindre mot devait faire l'objet d'une étude circonstanciée au sein du camp nationaliste. La fronde est finalement venue d'ailleurs.

Dans son hommage appuyé au serviteur de la République, une phrase a suffi pour qu'Emmanuel Macron s'attire les foudres du barreau insulaire : « Ce qui s'est passé ici, le 6 février 1998 ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s'explique pas. Ce fut un assassinat, un attentat, rien de plus haut, ni de plus noble, appuie le chef de l'État. On a tué un homme parce qu'il était un serviteur de la République, on a arraché un époux et un père à une femme et à deux enfants, deux infamies qui à jamais déshonorent leurs auteurs. »

Au cœur de la discorde : ces actes qui ne se « plaident » pas, comme le martèle Emmanuel Macron dans son allocution. Si d'aucuns, dans le camp nationaliste, y ont vu tout d'abord une attaque en forme de message subliminal envers Gilles Simeoni, président nationaliste du conseil exécutif de Corse et jadis avocat d'Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat du préfet Érignac, le barreau insulaire, lui, torpille dru.

« Une atteinte aux droits de la défense »

« Malgré la douleur de la famille du préfet qui impose le plus profond respect et la plus grande empathie, on ne peut que s'interroger sur cette formulation qui ne peut qu'apparaître comme une atteinte aussi violente qu'infondée aux droits de la défense », peste Stéphane Nesa, bâtonnier de l'ordre du barreau d'Ajaccio. Par ses propos, le président de la République affirme que certains justiciables ne sauraient bénéficier de l'assistance d'un avocat, au regard des actes qu'ils ont commis et surtout de la personnalité et des fonctions occupées par la victime ». Dans la foulée, la section de Corse de la Ligue des droits de l'homme (LDH) n'a pas hésité à lui emboîter le pas.

« Alors qu'il affirme la nécessité de l'État de droit, le président de la République déclare dans le même temps "ce qui s'est passé ici ne se plaide pas", appuie la LDH corse. Il semble pour le moins contradictoire d'associer l'État de droit et dans le même propos la négation du droit à la défense constitutif du procès équitable et d'une justice démocratique. » Pire : dans un texte au vitriol, Gilles Antomarchi, bâtonnier de l'ordre du barreau de Bastia, n'y va pas de main morte pour dénoncer une « atteinte sans précédent aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, intégrés dans le bloc de constitutionnalité et dont l'avocat est l'un des piliers essentiels, plaide-t-il. La parole présidentielle, en privant un justiciable du droit d'être assisté et défendu, contrevient à l'État de droit et fragilise le socle même des valeurs républicaines ».

« Une polémique qui n'a pas lieu d'être »

Une polémique dont le chef de l'État se serait sans doute bien passé sur un dossier déjà alourdi par la question des « prisonniers politiques » insulaires, revendiquée à cor et à cri par le camp nationaliste. Pour autant, l'Élysée se borne à évoquer une « polémique qui n'a pas lieu d'être ». Auprès de Reuters, l'entourage d'Emmanuel Macron indique que « l'expression du président visait la notion d'une défense politique et ne visait absolument pas la défense judiciaire. Il considère qu'on ne peut pas plaider ni défendre un attentat contre un préfet ». Suffisant pour éteindre l'incendie ?

-Élu légalement  et démocratiquement ,le Président juridico-branleur Macron,se positionne en défenseur d'un droit à la carte dans un état de droit.Malheureusement on ne peut pas se lancer    dans  une procédure disciplinaire à l'encontre celui qui pourrait   bien être aussi un éco-branleur:

 
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