Cent ans après sa naissance, le combat de Mandela n'est pas terminé ...
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The Soweto Memorial Choir : Nelson Mandela
Zao : Apartheid
Par cette lettre, nous joignant à de multiples organismes internationaux de lutte pour la justice sociale, nous dénonçons la prise pour cible systématique des organisations qui défendent les droits des Palestiniens et particulièrement le mouvement non violent de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Sous couvert d’accusations cyniques et erronées d’antisémitisme, ces attaques confondent dangereusement le racisme anti-Juif avec l’opposition aux politiques d’Israël et à son système d’occupation et d’apartheid.
Nous assistons à l’essor alarmant de régimes autoritaires et xénophobes, au premier rang desquels se trouve le gouvernement dirigé par Donald Trump. Ces régimes, tout en s’alliant avec le gouvernement d’extrême-droite d’Israël, font cause commune avec des mouvements racistes et suprémacistes blancs dans leurs propres pays.
Or notre histoire nous a trop bien enseigné les dangers que représente la montée de partis et de gouvernements fascistes et ouvertement racistes. L’essor des discours et des attaques antisémites est un élément de cette tendance générale.
Dans une telle période il est donc plus que jamais essentiel de distinguer clairement les agressions ou les préjugés à l’égard des Juifs des critiques légitimes de la politique d’Israël et de l’injustice de son système.
La définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocaust (International Holocaust Remembrance Alliance), et largement adoptée ou prise en compte par les gouvernements occidentaux, est formulée de telle façon qu’il est facile pour ces derniers d’assimiler intentionnellement les critiques légitimes à l’égard d’Israël à de l’antisémitisme, afin de pouvoir mieux les réprimer.
Cet amalgame affaiblit non seulement la lutte des Palestiniens pour la justice, la liberté et l’égalité, mais également la lutte contre l’antisémitisme même. Quant à Israël, cela lui offre une défense opportune, qui lui évite de se plier au droit ou aux normes internationales régissant les droits humains.
Nous exhortons instamment nos gouvernements, nos mairies, nos universités et autres institutions à rejeter la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste. En revanche, nous les appelons à prendre des mesures efficaces afin de combattre la haine et la violence des mouvements suprémacistes et nationalistes, et à mettre un terme à toute complicité avec les violations des droits humains perpétrées par Israël. Israël ne nous représente pas et n’est pas apte à parler en notre nom alors qu’il se rend coupable de crimes contre les Palestiniens et leur nie les droits décrétés par les Nations Unies.
Le mouvement BDS, porté par la société civile palestinienne pour la défense de ses droits, nominé pour le Prix Nobel de la Paix, a prouvé son engagement continu dans la lutte contre l’antisémitisme et contre toute forme de racisme et d’intolérance, en vertu de son attachement à la Déclaration Universelle des Droits Humains.
Parmi les organisations signataires suivantes, certaines soutiennent pleinement le mouvement BDS, d’autres en partie, d’autres enfin n’ont pas adopté de position officielle sur BDS. Mais nous affirmons tous que l’appel du mouvement BDS représente un ensemble d’outils et de stratégies, qui ne doit en aucun cas être considéré comme de l’antisémitisme.
Signé par:
| Academia4equality (Israel) |
| Boycott from Within (Israeli citizens for BDS) |
| Coalition of Women for Peace (Israel) |
| Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (Strasbourg, France) |
| Dayenu: New Zealand Jews Against Occupation (New Zealand) |
| Een Ander Joods Geluid (A Different Jewish Voice) (The Netherlands) |
| Een Andere Joodse Stem – Another Jewish Voice (Flanders, Belgium) |
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-Autre apartheid,autres massacres :
Nelson Mandela aurait eu cent ans ce 18 juillet 2018. Son pays, ce fameux pays arc-en-ciel, s’apprête a commémoré dignement le héros national et à Londres et Amsterdam, pays où les mouvements anti apartheid étaient particulièrement forts, deux expositions vont retracer sa vie et la lutte de son peuple contre l’infamie. A Paris, rien. Un oubli sans doute…
Nelson Mandela a été accueilli comme chef d’état par son homologue français le Président Jacques Chirac, le 14 juillet 1996 ; une réception à la mairie de Paris, dont le maire était alors Jean Tiberi, avait ouvert son salon d’honneur pour rendre hommage au premier président noir d’Afrique du Sud. Mais ce que l’on sait moins, c’est que Nelson Mandela avait demandé de pouvoir rendre hommage à sa compatriote Dulcie September, assassinée à Paris le 29 mars 1988. A sa demande, il s’était rendu à Arcueil, petite ville de la banlieue parisienne qui avait accueilli à bras ouverts la responsable de l’ANC, de son arrivée à Paris à sa mort tragique.
Pour avoir été présente à cette cérémonie à Arcueil, avoir pu écouter son discours simple et émouvant pour évoquer la lutte de son peuple et ses femmes et hommes ayant sacrifié leur vie à une cause juste, je suis attristée de voir combien l’oubli a englouti les pages les plus glorieuses de l’histoire récente. Sans la victoire du peuple sud-africain pour mettre un terme au système de l’apartheid, le 20ème siècle serait une suite de guerres, de massacres, de génocides. Au moment où l’Afrique du Sud tournait définitivement la page de son passé d’ignominie, en avril 1994, au Rwanda des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants étaient massacrés.
La mémoire de Nelson Mandela est honorée par des festivités diverses dans son pays. Barack Obama fera un discours très attendu, une nouvelle statue sera dévoilée dans la ville du Cap, la ville d’où Mandela et ses compagnons ont embarqué pour le bagne de Robben Island et où il a prononcé son premier discours d’homme libre au balcon de l’hôtel de ville.
De multiples articles louent l’humanité du personnage, sans cacher ses défauts, car Nelson Mandela n’était, comme il l’a dit lui-même, ni un saint, ni un prophète. D’aucuns parlent de son entêtement, de ses emportements, de ses moments de tristesse, mais tous vantent son courage, sa gentillesse, son élan vers les autres quand il serrait une main ou embrassait un enfant comme pour rattraper les années de prison, loin de la vie et du monde, et par-dessus tout, sa capacité au pardon.
Il est aussi courant de lire que les erreurs commises pendant la période des négociations serait dues à un trop grand esprit ce conciliation de son équipe et de lui-même et que ces erreurs auraient sérieusement rogné les espoirs « d’une vie meilleure pour tous ». C’est oublier le contexte de la période 1990-1994 : une violence décuplée et attisée par le Parti National toujours au pouvoir ; l’ANC en position de faiblesse ; le contexte international défavorable ; les pressions des milieux d’affaires.
Si l’Afrique du Sud est aujourd’hui le pays le plus inégalitaire du monde, les hommes politiques qui ont succédé à Mandela n’y sont pas pour rien : enrichissement personnel éhonté (les chats gras !) ; népotisme et corruption à tous les étages du pouvoir pendant les années Zuma. La corruption pratiquée à grande échelle sous l’apartheid pour contourner les sanctions (voir mon blog sur le livre de Hennie van Vuuren : Apartheid, guns and money) est une pratique qui n’a pas disparue, et les corrupteurs sont toujours les mêmes : les multinationales, les grands groupes privés, les marchands d’armes. Thalès et sa filiale sud-africaine sont impliqués dans le scandale de la vente d’armes et matériel militaire à l’Afrique du Sud, scandale qui vaut à Jacob Zuma sa comparution devant les tribunaux. Est ce pour cela et parce que les assassins de Dulcie September courent toujours, que ce soir, la Tour Eiffel ne sera pas illuminée aux couleurs de l’Afrique du Sud ?
-Ajout d'articles par l'administration du blog sur /
le combat contre les théories des séparations "ethniques " en Afrique du sudla supposée Non-violence de Madiba (qui déclarait aussi : « nous savons que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens »)dans :
Cent ans après sa naissance, le combat de Mandela n'est pas terminé ...
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Zao : Apartheid
Gilles Devers, avocat au barreau de Lyon, s’occupe des dossiers déposés devant la Cour pénale internationale (CPI) par des centaines de victimes palestiniennes. Entretien.
Vous avez déposé une plainte devant la Cour pénale internationale. De quoi s’agit-il ?
gilles devers Précisons d’abord qu’il y a une dizaine de jours le ministre palestinien des Affaires étrangères a fait une déclaration de plainte auprès du procureur. On est dans une phase entièrement nouvelle parce que la procureure de la CPI est en mesure d’ouvrir une enquête sur l’ensemble des territoires occupés. Le déferrement de situation est très large. Il concerne la colonisation, le blocus, l’attaque militaire de l’été 2014 (la plainte déposée à l’époque est donc validée) et les situations actuelles. On a vu, par exemple, que les permis de construire délivrés par les autorités israéliennes en Cisjordanie, ne sont rien d’autre que des actes de colonisation qui relèvent de la CPI.
Pour ce qui concerne les scènes que tout le monde a vues à Gaza, nous travaillons avec une équipe très organisée des services de santé sur place. À ce jour, j’ai déposé une plainte au nom de 560 blessés ou victimes, c’est-à-dire leurs familles. Pour chacun, nous disposons du dossier médical, de toutes les pièces d’identité et, pour certains, nous avons fait des études très approfondies vu que l’on dispose de vidéos, de témoignages, des balles… Toute cette masse de documents est sur place à Gaza. Elle est au niveau des références internationales et est entièrement à disposition de la CPI. Quand on a les victimes, les balles, les images et le contexte, on peut avoir une idée de qui peut en être l’auteur. Le droit est en phase de progression.
Certains disent que la Palestine n’étant pas un État, la plainte n’est pas valable, ou qu’Israël n’ayant pas ratifié le traité, les plaintes ne seront pas traitées. Que répondez-vous ?
gilles devers La Palestine a été admise à la Cour pénale internationale après la ratification par le président Mahmoud Abbas, le 31 décembre 2014, en tant qu’État. Tout le monde peut le vérifier. Il y a 120 autres pays et personne n’a protesté. C’est un fait acquis. J’ajoute que la CPI n’est pas l’ONU. Le but de la CPI est la lutte contre l’immunité. Or, c’est justement la souveraineté qui est demandée en justice. Par ailleurs, concernant la non-ratification par Israël, je fais remarquer qu’il y a une référence très précise sur l’ouverture d’une enquête concernant l’Afghanistan, en décembre 2017, et qui explique en toutes lettres l’attitude de la Cour sur ce thème et quel est le principe du traité. Quand il y a ratification du traité, cela joue pour tous les ressortissants et l’ensemble du territoire est placé sous protection, quelle que soit la nationalité de l’auteur de l’agression. Les tirs des soldats israéliens sur les jeunes manifestants de Gaza ont lieu sur le territoire occupé qui relève de la déclaration de l’État palestinien d’adhésion à la CPI, donc celle-ci peut enquêter. Il y a sans doute une part d’enquête qu’elle ne pourra pas faire puisque Israël déclare que, pour l’instant, il ne coopérera pas. Ce qui n’empêchera pas de chercher les principaux responsables. Quand j’entends un premier ministre ou des ministres qui disent approuver ce que fait l’armée, il y a déjà un élément d’enquête pour poursuivre le dossier.
Peut-on d’ores et déjà parler de crimes de guerre ?
gilles devers Bien sûr. La Cour a la compétence pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. La liste des crimes de guerre est référencée dans les chapitres VII et VIII des statuts de la CPI. Il y en a une quarantaine. Dont le meurtre, qui est le fait de tuer volontairement, la colonisation, le fait de tirer sans distinction sur les civils et les combattants… Notre plainte est pour crime de guerre. Ce ne peut être que cela.
Gilles Devers
Avocat