Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

En plein Etats généraux de la bouffe,la FDSEA est à la ramasse avec ses OGM alimentaires

Dans la nuit du 16 au 17 août, cinq parcelles de tournesols ont été fauchées sur la ferme expérimentale de Syppre, à Montesquieu-Lauragais. Une action revendiquée par le collectif des Faucheurs volontaires. Les instituts techniques agricoles qui mènent l'étude ont porté plainte.

"Je ne pensais pas être une cible", se désole Yannick Jean, l'agriculteur propriétaire des parcelles de tournesols à Montesquieu-Lauragais, au sud . Dans la nuit du 16 au 17 août, 7500 mètres carrés ont été saccagés par le collectif des Faucheurs volontaires. Selon ces militants anti-OGM, plusieurs variétés rendues tolérantes aux herbicides (VTH) y étaient cultivées. Les trois instituts techniques agricoles du projet Syppre ont déposé plainte.

 

Des pertes difficilement chiffrables

Les tournesols étaient sur le point d'être récoltés à la mi-septembre. Une année de travail vient d'être détruite, dénonce Jean-Luc Verdier. "C'est un sentiment d'injustice et de colère", ajoute le responsable de la plateforme Syppre du Lauragais, car cette étude doit justement prermettre de trouver des techniques agricoles plus respectueuses de l'environnement : "Elle a pour objectif effectivement de faire évoluer les pratiques agricoles pour mieux répondre aux attentes de la société".

Nos recherches doivent permettre de trouver des solutions alternatives pour être moins dépendants des intrants.
– Jean-Luc Verdier, responsable de la plateforme Syppre du Lauragais

Or, il est maintenant impossible d'obtenir des résultats fiables sur cette année explique Anthony Cazaban, le technicien en charge de la plateforme. "Au-delà de la perte de la récolte, il y a la perte de toutes les données. C'est tout le système qui est remis en cause. Aujourd'hui, les dégâts sont difficilement chiffrables." D'autant que les tournesols en question ne sont pas d'une variété résistante aux herbicides, insiste-t-il.

Ce sont des OGM! Mais des OGM qui échappent à la loi!
– porte-parole des Faucheurs volontaires

Des arguments balayés par un porte-parole des Faucheurs volontaires. Il l'assure au contraire, l'état des sols montre bien que des variétés tolérantes aux herbicides (VTH) ont été plantées. "Ces boîtes-là produisent des plantes rendues tolérantes aux herbicides et elles prétendent que c'est pour utiliser moins d'herbicides, lâche le militant. Il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles! Ce sont des OGM! Mais des OGM qui échappent à la loi!"

OGM ou pas, la justice devra trancher puisque les instituts techniques agricoles de Syppre ont porté plainte. Ils tentent désormais de sauver ce qui peut encore l'être sur les parcelles du Lauragais, afin de minimiser l'impact sur les analyses de l'étude dans les années à venir

 
Publicité

revue de presse :

Dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 août 2017, une centaine de faucheurs volontaires ont ravagé cinq parcelles de tournesol situées dans la commune de Montesquieu-Lauragais. L’action a été revendiquée par le collectif des faucheurs volontaires, présents dans la région afin d’assister au procès à Foix, de 21 faucheurs mis en cause.

Les terrains appartiennent à la plateforme de recherches agricoles Syppre, mise en place par Arvalis, Terres Inovia et l‘Institut Technique de la Betterave, dont les parcelles ont été inaugurées le 30 mai dernier. Au lieu de fauchage, les contestataires ont, en fait, marché sur les plants de tournesol, soit près de 0,75 hectares

> LIRE AUSSI : Montesquieu-Lauragais : la plateforme de recherche agricole Syppre a été inaugurée

Les revendications des faucheurs

Les faucheurs reprochent à Syppre d’utiliser des plantes tolérantes aux herbicides, tel que l’explique l’un des faucheurs volontaires, mis en cause lors du procès de Foix :

Le sol de Syppre est vierge de toute végétation, il est évident qu’il existe des plantes tolérantes aux herbicides. Ces plantes se gavent d’herbicides et sont utilisées pour fabriquer les huiles de tournesol que nous consommons. Nous connaissons Arvalis, Terre Inovia et ITB, ce ne sont pas des gens qui travaillent en bio. Et donc, naturellement le fauchage en a découlé.

Les faucheurs déplorent également le manque de transparence de Syppre.

Nous n’arrivons pas avoir d’éléments précis sur les variétés de plantes qui ont été mises en place. Nous avons regardé sur le site, et n’avons pas trouvé d’informations. Nous avons la certitude que dans le lot, il y en a des tolérantes aux herbicides.

L’incompréhension du personnel de Syppre

Sur la plateforme de Syppre, les responsables se disent choqués. Selon Jean-Luc Verdier, responsable de la plateforme du Lauragais, tout est fait en toute transparence, et le type de variété des tournesols n’a jamais été caché :

Il s’agit de la variété LG87HO, une ancienne variété oléique simple, ce n’est pas une plante tolérante aux herbicides. Nous ne sommes pas en bio mais en conventionnel, il y a donc un désherbage chimique en post semis pré-levée (aussitôt après le semis) comme pour la plupart des cultures de tournesols dans le Lauragais. S’ils nous avaient posé la question, on y aurait répondu. 

Selon les faucheurs, cette variété est « inconnue au bataillon » :

Ce doit être un code interne car nous ne savons pas à quoi elle correspond. Ce qui est sûr, c’est qu’en visitant les parcelles, les faucheurs ont eu l’intime conviction que des traitements aux herbicides ont été utilisés.

Les résultats des recherches « biaisés »

Syppre est un site expérimental qui teste la mise en place d’un système de rotations plus diversifié, sur huit années, dont l’un des objectifs est de limiter la dépendance aux intrants. « C’est un désastre car cela va biaiser le résultat des études. Cela représente une année de travail », continue le responsable du site.

Ces parcelles sont prêtées par Yannick Jean, agriculteur à Montesquieu-Lauaragais, par le biais d’une convention. Celui-ci sera indemnisé pour les pertes par Syppre. « Tout a été gaspillé à quelques jours de la récolte », déplore l’agriculteur.

Les faucheurs volontaires de leur côté, reconnaissent l’utilité de telles recherches :

Le concept de faire des essais comme ils le font à Syppre est intéressant, mais il ne faut pas le faire avec n’importe quoi. Il est possible de le faire avec des plantes qui ne sont pas tolérantes aux herbicides et qui portent atteinte à la santé et détruisent la ruralité et la paysannerie.

Le procès des faucheurs à Foix

Cette action des faucheurs volontaires est intervenue alors que s’ouvrait dans la même journée le procès de 21 faucheurs volontaires, accusés d’avoir rendus impropre à la vente plusieurs barils d’herbicides dans des supermarchés de Foix, Pamiers et Saint-Jean-Falga, entre septembre 2016 et mars 2017. Le produit est considéré comme  « probablement cancérigène » selon le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé.

 Le procès a été suspendu jeudi 17 août dernier. Sur la demande de l’avocat de la défense, le tribunal de Foix examinera une question préjudicielle, pour savoir si « les méthodes européennes d’évaluation des produits sont conformes au principe de précaution ». 

La cour dira le 12 octobre si elle sursoit à statuer et renvoie la question devant la Cour Européenne de Justice. Il faudrait ensuite attendre la réponse de cette dernière pour reprendre la procédure.

Les responsables de la plate-forme de Syppre ont porté plainte à la suite des dégradations sur leurs parcelles.

Lola Monset

 
 

Publié le 26/08/2017
Suite au fauchage de près d'un hectare de tournesol, les producteurs tentent de faire dégonfler la polémique. Les Faucheurs restent persuadés qu'il s'agissait d'OGM.

Dans la nuit du 16 au 17 août, la plateforme Syppre, près de Montesquieu-Lauragais a été la cible d'une action commando de la part de Faucheurs volontaires venus de toute la France. Cinq parcelles expérimentales de tournesol, représentant 0,75 hectare, ont été détruites en quelques minutes. C'est la supposée présence de variétés tolérantes aux herbicides (VTH), qui a conduit les militants au fauchage. «Un acte incompréhensible», pour Jacques Mathieu, directeur général chez Arvalis. Avec les autres responsables de Syppre il a tenu à présenter de nouveau le projet. C'est donc sous la surveillance discrète de deux voitures de gendarmerie que les représentants des instituts et du projet ont mené une opération communication sur les parcelles fauchées.

«Pas des essais de variétés mais des essais de systèmes»

Syppre est un dispositif expérimental porté conjointement par trois instituts techniques spécialisés dans la recherche agricole : Arvalis, Terres Inovia et l'Institut technique de la Betterave.

«Ici, nous travaillons sur des systèmes de cultures en rotation longue qui permettent d'améliorer la rentabilité des agriculteurs et qui sont environnementalement responsables», a commencé par expliquer Jacques Mathieu, avant d'assurer l'indépendance du projet ; «financé majoritairement par les agriculteurs et les pouvoirs publics.»

Le tournesol visé, ne semblait pourtant pas rentrer dans la liste noire des Faucheurs. «La variété semée sur notre essai, provient du semencier français Limagrain et est un hybride simple : le LG 56.87 HO, explique Franck Wiaiceck le directeur des actions régionales chez Arvalis. Ce n'est pas une VRH.»

«Des OGM déguisés»

Pourtant, du côté des faucheurs, on a la certitude que des VRH étaient présentes sur les parcelles.

«Ce n'est pas une action menée sur un coup de tête, on a conscience des répercussions que cela peut avoir», affirme un porte-parole des Faucheurs volontaires du sud-ouest.

Un repérage préalable a constaté que la parcelle était totalement désherbée, ce qui a laissé croire aux Faucheurs que des produits chimiques avaient été utilisés. «Un désherbage technique par binage», affirme les équipes de Syppre. «Fumisterie», répondent les Faucheurs qui ne croient pas que le paysan soit venu désherbé tout seul à la main. «Il suffit de regarder le catalogue du semencier Limagrain qui est composé à plus d'1/3 de VTH, soit des OGM déguisés.»

Avec cette action de fauchage, les Faucheurs veulent créer une caisse de résonance pour leur principale lutte : faire reconnaître les VTH comme des OGM qui, eux, sont interdits en France.

«Une directive européenne détermine ce qu'est un OGM mais nous souhaitons que l'Article 3 de cette directive soit retiré car il permet certaines exemptions, sur lesquelles jouent les semenciers.»

Pour l'instant aucune analyse n'a été rendue publique sur le tournesol fauché. Mais une source proche du dossier assure qu'il n'existe aucune variété de tournesol qui soit génétiquement modifiée, «ce qui peut arriver sur du colza par exemple», ajoute-t-il. «Si je veux bien croire à l'opacité de certains instituts impliqués, je crois que sur ce coup les faucheurs sont tombés à côté.»

Affaire à suivre donc.


Que sont devenus les faucheurs?

Au début des années 2000, en partie grâce à la personnalité de José Bové, les Faucheurs volontaires faisaient beaucoup parler d'eux. Ils s'étaient engagés à détruire les parcelles d'essais transgéniques et d'OGM Aujourd'hui, leur action semble perdre du souffle. Seulement une impression, selon eux. «Nous avons une moindre couverture médiatique mais nous sommes toujours actifs» assure un porte-parole des Faucheurs volontaires du sud-ouest. «Quasiment toutes les actions sont nationales : nous avons occupé le site de Monsanto à Trèbes, bloqué le port de Sète, fauché dans le Lauragais, en Bourgogne...» ajoute-t-il. L'action semble donc encore loin de s'éteindre.


Repères

Le chiffre : 5

Parcelles> détruites. C'est 5 parcelles de tournesol qui ont été visées par les Faucheurs volontaires.

Le

Premier ministre Edouard Philippe a lancé, le 20 juillet, les Etats généraux de l'alimentation. Promesse d'Emmanuel Macron, ils visent à assurer une meilleure répartition de la valeur créée, accompagner la transformation des modèles de production et tendre vers une alimentation saine et durable. Les travaux, qui réunissent l'ensemble des parties prenantes, dureront cinq mois et seront organisés en deux temps. De fin août à fin septembre, le premier chantier sera consacré à la création de valeur et à sa répartition. L'un des ateliers portera notamment sur le développement de la bio-économie et de l'économie circulaire. De début octobre à fin novembre, les participants s'attèleront aux problématiques sanitaires et environnementales, dont la transition écologique et solidaire de l'agriculture et la lutte contre le gaspillage alimentaire. Un atelier transversal, organisé de fin août à fin novembre, abordera la question des investissements, accompagnements techniques et recherches nécessaires pour parvenir à une "performance environnementale, sanitaire, sociale et économique".

En parallèle, une consultation publique a été ouverte pour associer les citoyens au débat.

Un rôle limité pour l'Etat et un Agenda des solutions en décembre

Les Etats généraux ont "vocation à être un temps de réflexion partagée et de construction de solutions nouvelles", précise le gouvernement. "L'Etat ne sera qu'une partie prenante parmi d'autres, a insisté le Premier ministre, l'Etat ne doit pas tout faire". A mi-parcours, début octobre, le Président de la République devrait dresser les premières conclusions des travaux. Et d'ici la fin de l'année, les conclusions finales. "L'ensemble des parties prenantes sera invitée à s'engager dans la mise en œuvre de l'agenda des solutions qui s'en dégagera", indique le gouvernement. Des pistes pourront être déclinées dans le programme national de l'alimentation ou celui de la prévention santé.

 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article