Entre 1960 et 1996, la France a réalisé 210 essais dans le Sahara et sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, en Polynésie française. Longtemps tabou, leur impact sanitaire a été officiellement reconnu par la loi Morin, adoptée le 5 janvier 2010. Un tournant après quarante années durant lesquelles l’Etat assurait de l’innocuité de ses expérimentations. Une demi-victoire pour Bruno Barrillot. A la lecture du texte, il ne pouvait cacher sa colère : « Comment l’Etat peut-il encore agir ainsi ? »
La loi introduit la notion de « risque négligeable » entre l’exposition à la radioactivité et la pathologie. Une manière de limiter la capacité des plaignants à obtenir gain de cause. En sept ans, sur un millier de requêtes, une vingtaine d’indemnisations seulement ont été octroyées. En février 2017, le verrou litigieux a été levé par des amendements. Mais, le militant gardera un goût amer d’une législation minimale. Celui de la persistance du déni et du mépris de la France envers les malades des essais.
« Il a donné sa vie pour dénoncer un mensonge d’Etat. » Michèle Rivasi, député européenne Europe Ecologie - Les VertsSa visite, en 1990, à Mangareva, dans l’archipel des Gambier, situé à 500 kilomètres de Mururoa, est un choc. Le mépris, déjà. La France affirmait aux Polynésiens.
Gatti est mort. A la Parole Errante ses mots résonnent encore !
Ce dimanche, le collectif Q2C a une pensé émue pour Dante Sauveur Gatti dit Armand, mort ce jeudi 6 avril. Nous tenons une table au Salon du Livre antifasciste qui a déposé ses tréteaux à la Parole Errante, le lieu qu’il a créé et animé depuis des décennies, dans les anciens ateliers de Georges Méliès à Montreuil.
Il ne s’agit pas seulement aujourd’hui de remercier de façon posthume Gatti pour sa (...)