Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

La force publique a-t-elle désormais consigne d'exécuter pour empécher l'indocilité paysanne ?

Publicité

"Il y a un an jour pour jour, Jérôme Laronze, agriculteur à Trivy, tué par un gendarme à Sailly. Ce dimanche, Sa famille, ses proches, mais aussi ceux qui soutiennent leur combat, se sont donnés rendez-vous à Trivy pour une journée d'hommage. Près de 200 personnes ont répondu à cet appel.

Menée par la famille de l'agriculteur une marche blanche silencieuse est partie de l'église pour rejoindre la ferme où vivait et travaillait Jérome Laronze.

Les murs étaient décorés d'extraits des " chroniques des états d'âme ruraux": le long texte retrouvé sur Jérome Laronze et à son domicile après sa mort. Un enregistrement de ce texte  poignant de 14 minutes lu par le comédien Jacques Gamblin a été diffusé.

Avant cela, Marie-Pierre Laronze, l'une des sœurs de Jérome, avocate de profession a pris la parole. Elle a fait le point sur la situation judiciaire. L'occasion de déplorer " une instruction à charge contre Jérôme alors qu'il est la victime". D'après elle tout est entrepris pour faire passer son frère pour quelqu'un de "violent" et " schizophrène ".

Elle demande que soit nommé un nouvel expert ( indépendant des gendarmes) pour faire toute la lumière sur les circonstances dans lesquelles a été tué Jérome. " Pour le moment, on à affaire à une inégalités des armes", indique Marie-Pierre Laronze qui assure " nous continuons à soutenir que le gendarme qui a tiré ne s'est jamais retrouvé en situation de danger"

Elle a également lancé : " le but de l'administration et des gendarmes c'était de faire taire Jérome et ils ne se sont rien interdits. Mais on ne fera pas taire Jérome !"

La journée se poursuit par un pique-nique

Vers 16 heures: Un arbre " résistant" à été planté en hommage de Jerome. Tous prennent maintenant la route de Sailly où à été abattu l'éleveur.

Sur le lieu du drame une minute de silence a été observée et de la ficelle rouge a été symboliquement accrochée à la végétation.

Vers 19 heures 30: Rafia rouge sur les grilles de la gendarmerie de Cluny, où le gendarme qui a tué l'agriculteur se trouvait en poste à l'époque. Une enquête est toujours en cours. Très vite des gendarmes ( en civil) sont venus à la rencontre des manifestants. Les échanges ont été tendus et le dialogue impossible, mais tout s'est déroulé sans débordement."

-La violence générale et généralisée avec " Là-bas si j'y suis"
 

La violence, c’était bien pire avant. C’est ce que nous croyons, c’est ce que nous disent les experts. Pour François Cusset, la violence n’a pas reculé, elle a changé de formes et de logiques, elle couve, elle fermente, elle désagrège en profondeur.

[VIDÉO : 1H01] La guerre des idées, "le déchaînement du monde", un entretien de Daniel Mermet avec François Cusset à voir en intégralité (ou par chapitre) ici : la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/francois-cusset-l-etat-brandit-la-violence-pour-cacher-celle-qu-il-pratique

 

Le déchaînement de la violence. Logique nouvelle de la violence

« Arracher le masque de la violence », écrit en préambule François Cusset, professeur à l’université Paris-Nanterre. Le ton, surtout le fond, est donné. Dans cet essai sous-titré «  logique nouvelle de la violence », il assure que celle-ci a changé de formes et de logique, elle est moins visible, plus constante. Plutôt qu’enrayée, elle a été prohibée. La pacification policière de nos sociétés cacherait non pas la diminution des violences mais leurs mutations. D’où l’idée de faire apparaitre son nouveau visage, certes transformé mais bien réel. C’est à partir de ce postulat que François Cusset analyse les transformations de notre monde et met en lumière ce que le système néolibéral voudrait laisser dans l’ombre : les violences nouvelles, infligées sans trace, sans marque, sans visibilité et à bas bruit.

François Cusset, Le déchaînement de la violence. Logique nouvelle de la violence, La Découverte, Paris, 2018.

Rep
23 mai 2018 / Nicolas de La Casinière (Reporterre)

 

Un jeune homme a eu la main droite arrachée par l’explosion d’une grenade GLI-F4, mardi sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Les circonstances de cette blessure restent floues. Sur la Zad, l’émotion est intense.

  • Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage

Trois heures après le drame, la Zad est sous le choc, oscillant entre rage et abattement sans trop d’information précise sur les circonstances qui ont laissé ce zadiste mutilé sur le carreau. On l’a su très vite, il a eu une main arrachée par une grenade GLI-F4. Son nom ? Personne ne le sait encore. Depuis, des zadistes découvrent qu’il est originaire de Marseille, retrouvent un de ses amis proches, pour qui cette idée de ramasser une grenade pour la relancer ne cadre pas du tout avec le comportement de son pote. La famille est prévenue. En prenant soin de demander à la victime ce qu’elle veut faire savoir des circonstances et de ses intentions.

Sur l’affrontement qui a valu à ce zadiste de perdre la main droite, voici les premiers éléments d’information.

Quand la grenade a explosé, la victime était auprès d’un passage en creux entre deux champs, cernée de haies, face à la forêt de Rohanne, entre Bellevue et La Chateigne. Les gendarmes encerclaient la forêt pour permettre aux camions de déblaiement de retirer les matériaux des décombres. C’était dans un moment de relative accalmie, après un affrontement plus intense. Quelques cailloux, pas plus, vers les gendarmes mobiles qui décident de dégager le groupe d’une trentaine d’opposants. Le ministère de l’Intérieur en a vu cinquante, selon son communiqué : « Une cinquantaine d’opposants radicaux cagoulés se sont attaqués aux forces de l’ordre en leur jetant notamment des cocktails Molotov et des projectiles. »

 

Le lieutenant-colonel Philippe Marestin, officier presse de la gendarmerie nationale, a apporté quelques précisions par téléphone à Reporterre : « On avait ce matin des opérations de dégagement, de déconstruction à la fois sur les axes et sur les parcelles où les structures avaient été installées illégalement au cours des deux derniers jours. Depuis le matin, on avait un certain nombre de forces déployées pour procéder à ces opérations. On avait notamment des déblaiements sur le chemin de Suez où plusieurs barricades avaient été réalisées, qu’il fallait déblayer. Nous avions des gendarmes qui étaient entre le squat de Bellevue et l’ancien squat du Chateigne, on a eu une cinquantaine d’opposants particulièrement virulents qui harcelaient les forces de l’ordre qui étaient justement en bouclage pour protéger les opérations de déblaiement. À coups de cocktails Molotov et de divers projectiles, ils empêchaient ces opérations de se dérouler normalement. Donc, les gendarmes mobiles ont tiré du gaz lacrymogène — grenades lacrymogènes instantanées de classe F4 (GLI-F4), qui combinent à la fois un effet sonore, un effet de souffle et un effet lacrymogène — pour pouvoir dégager cette zone. L’un des opposants a ramassé une grenade au sol, et lorsqu’il a ramassé la grenade au sol, la grenade lui a explosé au niveau de la main. Donc, il a été secouru rapidement, médicalisé, puis évacué par voie routière sur le centre hospitalier de Nantes. Il était aux alentours de midi. Le parquet de Saint-Nazaire a saisi la section de recherche de Nantes pour faire la lumière sur les circonstances de ces blessures. »

Les habitants de la Zad font entendre un autre son de cloche. « Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y avait pas de cocktail Molotov, assure à Reporterre un membre de ce groupe. C’est une grenade, ou plusieurs, qui a mis le feu au taillis. Il faut même ajouter que, quand ce bord du bois a cramé, c’est nous qui avons été chercher deux extincteurs à Bellevue. Mais comme les flics tenaient le bout de forêt en feu, il était impossible de passer pour l’éteindre. » Après négociations, les extincteurs ont été fournis aux gendarmes vers 14 h, mais cela n’a pas suffi à éteindre les flammes.

À l’accueil de la ferme de Bellevue, à 400 mètres du lieu où est tombée la victime, un petit cahier avec des surlignages en jaune a enregistré les heures où l’information est arrivée : « 12 h 23 : Une personne blessée traînée hors de zone au nord. 12 h 34 : Une autre personne s’est fait embarquer. »

Radio Klaxon, la voix de la Zad sur les ondes, annonce à 11 h52 « un blessé grave, demande de soutien urgent Médics entre Bellevue et la Chateigne » ; puis à 15 h 10, « la personne qui a été blessée à la main selon nos sources a voulu ramasser la grenade pour la repousser et laisser passer ses camarades et elle a été plaquée au sol par la gendarmerie, c’est à ce moment exact que la grenade a explosé ».

Que s’est-il passé à l’orée de ce champ ? « Franchement, la version selon laquelle il aurait ramassé la grenade pour la relancer, je peux pas la croire. On le sait tous qu’il faut pas les ramasser, ces engins-là. C’est écrit partout, tout le monde est au courant. Ce qu’on peut relancer, c’est juste les palets lacrymogènes, mais les grenades au sol non éclatées, et qui viennent de tomber, personne ferait un truc pareil », soupire cette zadiste, consternée. Sur place, la procureure de Saint-Nazaire se refuse à toute déclaration. Dans un chemin plus loin, une femme officier de communication de la gendarmerie refuse tout aussi net de répondre aux journalistes.

Un petit groupe des protagonistes, qui étaient sur place, est encore là, sous le choc. Leurs témoignages sont assez flous : « Les gendarmes se sont remis à nous tirer dessus, tout le monde courait, on a reculé dans le champ.
— Quand la grenade a explosé, les gendarmes qui venaient de charger lui ont sauté dessus…
— Il a levé le bras, montrant son moignon aux copains, mais bon c’est un témoignage indirect, je ne fais que rapporter ce que m’a dit un gars qui y était.
— Il était à quelques mètres de moi, mais franchement, je n’ai rien vu. Ça se passe très vite.
— On a eu l’impression que les gendarmes fauchaient l’herbe à coups de pied pour cacher les traces. »

Une photo parvient vers 16 h sur un téléphone portable. Plutôt insoutenable. Les deux jeunes femmes qui l’ont reçue se méfient, vérifient leurs sources :
« Faut être sûr que c’est bien ça. D’abord, qui te l’a envoyée, cette photo ?
— Un gars avec qui j’ai déjà été en contact sur Facebook »
, répond cette femme, qui ne sait plus manipuler son téléphone, tellement l’image la choque.

On y voit un jeune homme à terre dans l’herbe, tête renversée, bouche ouverte par la douleur, T-shirt blanc déchiré, torse nu ensanglanté, le bras droit ballant. Un moignon rouge sang à la place de la main, des lambeaux de chair. Du sang sur le ventre, du sang dans l’herbe. Autour de lui, des pompiers portant des casques de gendarmes, les mêmes qui accompagnent les escadrons depuis la semaine passée. Ils portent des parkas sombres rayés de bandes fluo grises et jaunes et des baudriers orange siglés « infirmier ».

Une photo éprouvante que Reporterre a choisi de ne pas publier. Une photo de guerre. Elle contredit la communication du parquet de Saint-Nazaire, saisi de l’enquête, qui rapporte qu’après évacuation vers le centre hospitalier universitaire de Nantes, et « au regard des blessures occasionnées, il a été amputé de la main droite et demeure hospitalisé. Ses jours ne sont pas en danger ».

Qui a pris et transmis cette photo ? « D’après ce qu’on me dit, ce serait un gendarme…
— Non, c’est pas possible que la gendarmerie se vante de tels
“exploits”.
— Pas l’institution, mais peut-être un gendarme à titre individuel, soit pour faire le malin, soit parce que lui-même est écœuré. »

Alors que les pompiers au service des gendarmes ont pris en charge le blessé, la violence ne s’est pas arrêtée. À 14 h 20, le cahier de l’accueil de Bellevue enregistre trois nouveaux blessés : « Flashball dans le coude, un éclat de grenade dans le dos, un éclat de grenade de côté. » Un des trois a perdu connaissance.

 

À 17 h, une conférence de presse de l’équipe médicale de la Zad se tient à La Rolandière, à 50 mètres des fourgons de gendarmes, pare-choc contre pare-choc. Ambiance sous tension.

 

La représentante de l’équipe Médics explique qu’« il est assez peu probable et pas du tout crédible que la personne ait ramassé la grenade volontairement, étant donné qu’elle était en train de fuir. Quant à nos soignants, ils n’ont pas pu prendre en charge le blessé, qui n’était pas accessible. Nous n’avons pas de nouvelles de cette personne, évacuée par les forces de l’ordre. On ne sait pas si on va réussir à en avoir. Mais nous lui apportons tout notre soutien. On sait les conditions difficiles, d’être interrogé dans sa chambre d’hôpital, avec des pressions pour influer sur le témoignage. » Elle évoque les autres blessés du jour : une personne avec des éclats de grenade dans la fesse, avec des plaies de deux centimètres de large et autant de profondeur. Un autre avec des morceaux d’éclats dans le dos.

Devant les micros, le zadiste qui l’accompagne a la voix étranglée d’émotion : « Depuis le 9 avril [début des expulsions], de nombreuses personnes ont été atteintes à quelques millimètres d’organe vitaux, donc à quelques millimètres de la mort. On est à plus de 300 blessés. On craint vraiment un mort. Si l’on veut éviter le pire, il faut que l’État arrête d’utiliser des armes létales contre nous. »

La GLI-F4 est une « grenade lacrymogène instantanée » bien connue dans ce bocage qui en a vu exploser près de 4.000 depuis le début des opérations militaires à Notre-Dame-des-Landes. Cette grenade cumule puissance sonore, effet de souffle et diffusion lacrymogène. Ces grenades parfois dites « assourdissantes » sont réputées constituer l’arme la plus puissante de l’attirail du maintien de l’ordre avant l’usage des armes à feu, selon le code de sécurité intérieure qui régit la gradation des usages de la force. Sa charge de 25 grammes de TNT (à quoi s’ajoutent 10 grammes de gaz lacrymogène CS pur) rend cette grenade cousine de la grenade offensive F1 qui a tué Rémi Fraisse le 26 octobre 2014, grenade aujourd’hui interdite et qui contenait 60 grammes de TNT. La GLI-F4 est dotée de moitié moins de substance explosive, et pourtant elle a déjà fait des dégâts bien connus, arrachant un pied à un opposant au projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure, le 15 août dernier.

À Notre-Dame-des-Landes, le 10 avril, quatre gendarmes ont été blessés par une de leurs propres grenades, obligeant à une évacuation d’urgence d’un de ces militaires à l’hôpital de Nantes. Sur les circonstances, la gendarmerie et la préfecture sont restées très discrètes. Pour ne pas dire mutiques.

 
Puisque vous êtes ici...

... nous avons une faveur à vous demander. Il n’y jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés.

Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et laissons tous nos articles en libre accès, afin qu’ils restent consultables par tous. Reporterre dépend en grande majorité des dons de ses lecteurs. Le journal, indépendant et à but non lucratif, compte une équipe de journalistes professionnels rémunérés, nécessaire à la production quotidienne d’un contenu de qualité. Nous le faisons car nous croyons que notre point de vue, celui de l’environnement et de l’écologie, compte — car il est aussi peut-être le vôtre.

« Notre société a besoin d’un média qui traite des problématiques environnementales de façon objective, libre et indépendante, en restant accessible au plus grand nombre ; soutenir Reporterre est ma manière de contribuer à cette démarche. » Renan G.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1€, vous pouvez soutenir Reporterre - et cela ne prend qu’une minute. Merci.

-SUITE DE LA REVUE DE PRESSE

Publicité
F

 

Après la grave blessure d'un occupant de Notre-Dame-des-Landes qui a tenté de ramasser une grenade lacrymogène lancée par les forces de l'ordre, le porte-parole d'Europe Écologie Les Verts Julien Bayou a appelé à l'interdiction pure et simple des grenades dans l'équipement des gendarmes.

"Tous les jours on prend le risque d'un blessé grave ou d'un mort" , des deux côtés, à cause de l'utilisation des grenades "qui sont souvent renvoyées aux gendarmes", par les manifestants estime Julien Bayou. Le porte-parole d'Europe Écologie Les Verts a appelé mardi 22 mai sur franceinfo à l'interdiction pure et simple des grenades dans l'équipement des gendarmes.

franceinfo : Pourquoi voulez-vous l'interdiction des grenades ?

Julien Bayou : Il y a déjà eu un mort avec Rémi Fraisse [victime d'une grenade offensive qui s'était logée entre son dos et son sac en octobre 2014 à Sivens], et là on parle de plusieurs dizaines de milliers de grenades [lacrymogènes] qui ont été déversées depuis le mois d'avril à Notre-Dame-des-Landes. Cette opération est devenue un bourbier, il y a eu des centaines de blessés côté zadiste, et une bonne centaine côté gendarmes. C'est quoi l'objectif ? Tout ça pour quelques cabanes ? Est-ce qu'on mesure la débilité sans nom de la situation ?

L'évacuation de Notre-Dame-des-Landes est devenue impossible selon vous ?

Tous les jours, on court aussi le risque d'un blessé grave ou d'un mort. Et puisque ces grenades sont renvoyées aux gendarmes, on court le risque d'un mort chez les gendarmes. C'est idiot ! Je condamne les violences à l'égard des gendarmes et dans l'autre sens. On envoie les gendarmes au casse-pipe. Ils ne sont pas équipés pour patauger dans le bocage, ce sont des missions humiliantes. La sécurité de l'État n'est pas en jeu dans l'occupation de Notre-Dame-des-Landes : on parle de cabanes ! Qu'est-ce qu'on s'en moque, que des gens veulent élever des brebis, faire une bibliothèque, une forge, etc. Laissons-les faire ! Il faut maintenant en sortir par le haut, comme ça s'est fait au Larzac.

Comment justement s'en sortir ?

Publicité

Le fait que Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, et non son collègue de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, gère la situation, est un problème : parce qu'il y a ces évacuations, ça renforce les manifestants qui disent : 'il faut se battre'. On se retrouve avec des 'cow-boys' qui ne font qu'alimenter la violence. Apaiser la situation désarmera littéralement les plus violents qui laisseront les terres à ceux qui veulent les cultiver.

Communiqué du groupe presse de la zad   
Les mensonges de la gendarmerie sur les circonstances du tir de
grenade qui a mutilé Maxime. 
. 
Alors que l'opération de gendarmerie en cours sur la zad venait de
commettre une faute aussi dramatique que prévisible, le premier réflexe
du parquet comme du ministère de l'intérieur a été de dégainer au plus
vite dans les médias le récit adéquat dans le but de couvrir les faits,
se justifier de la mutilation de maxime et tenter de neutraliser les
réactions. M. Collomb ou le procureur général s'y sont employés
immédiatement de la manière la plus affirmative possible, sans la moidre
décence ni le moindre regret. C'est l'usage. Au-delà des considérations
générales sur la brutalité de l'opération policière en cours, de la
dangerosité avérée des grenades explosives et de leur usage immodéré sur
la zad ces dernières semaines, nous avons souhaité pour notre part
attendre d'avoir pu croiser différents témoignages avant d'être aussi
affirmatif sur les faits.

Il nous apparaît aujourd'hui que la version gouvernementale selon
laquelle les gendarmes auraient lancé des grenades pour se dégager en
urgence d'un groupe d'une cinquantaine de manifestant.e.s les attaquants
avec des cocktails molotovs est une fiction. Les communiquant.e.s de la
gendarmerie pouvaient aisément le vérifier : chacune des interventions
des gendarmes sur la zone a été filmée par leurs services. D'après les
témoignages que nous avons recueilli, le drame est au contraire
intervenu dans un moment décrit comme calme ou quelques dizaines de
personnes faisaient face de manière statique depuis environs 45 minutes
aux gendarmes mobiles. Ceci alors que le déblaiement d'habitat de la
chateigne était en cours derrière la ligne policière. Les gendarmes
étaient alors très nombreux face à un groupe réduit de manifestant.e.s.
Un
effectif de gendarmes mobiles, en embuscade est alors sorti à
l'improviste de la forêt. Ils ont chargé les manifestant.e.s pour les
dégager du champs et susciter un mouvement de panique. Cette charge
subite a effectivement causé une fuite immédiate des personnes
présentes, en direction de l’unique et étroit passage de sortie au bout
du champs. C'est à ce moment là qu'une série de grenades a été lancée
sur quelques personnes à la queue du groupe tentant d'échapper à la
charge. Après l'explosion, plusieurs personnes se sont retournées et ont
vu la victime, debout, dos aux gendarme, se tenant le poignet droit avec
la main gauche. Celle-ci a ensuite été plaquée au sol et tirée plusieurs
mètres plus loin. Les témoins disent avoir vu les gendarmes "nettoyer"
autour de la victime, enlever les morceaux de chair et mettre de la
terre sur les traces de sang.

Ce qui ressort de l'ensemble des témoignages est clair : contrairement à
ce qu'ils affirment, les gendarmes ne sont pas intervenus avec des
grenades explosives pour se dégager d'un groupe d'assaillant.e.s et se
sortir d'une situation de danger grave, mais bien pour disperser des
manifestant.e.s alors statiques et en sous-nombre d'un champs. Ceci n'a
d'ailleurs malheureusement rien d'inhabituel dans cette opération
policière. Au cours des dernières semaines, chacun peut témoigner que
les grenades explosives GLI-F4, entre autres armes mutilantes, ont été
utilisées à de multiples reprises comme simple outil de dispersion et de
terreur et non pour faire face à des attaques réelles d'opposants.
Soulignons en passant que du côté même des gendarmes, les seules
blessures  graves dans leur rangs - à l'automne 2012 comme lors de cette
nouvelle vague d'expulsion -  ont été causées par un mauvais usage et
l'explosion de leurs propres grenades. 

--- Nous appelons à réagir partout pour dénoncer les mutilations causées
par les armes de la police et la brutalité de l'opération toujours en
cours sur la zad.





-- 
Liste de communication de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes.
06.95.06.81.49 
zadcontactpresse@riseup.net

Zone A defendre - http://zad.nadir.org/

-Appel:

 

Un appel initié par des personnes blessées et des collectifs contre les violences policières est lancé pour organiser partout des rassemblements le mercredi 30 mai 2018 à 18 heures, en soutien à Maxime, qui a eu la main arrachée par une grenade à la ZAD le 22 mai dernier, mais aussi pour exiger l'interdiction de toutes les grenades et lanceurs de balles.

Un rassemblement aura notamment lieu le 30 mai à 18 heures sur le parvis de l'hôtel de ville de Paris.

A télécharger, l'affiche conçue par une personne blessée pour appeler à ces rassemblements. Il suffit d'y ajouter le lieu de rassemblement (police "impact" taille 90), ainsi que le fichier PDF de l'appel mis en forme : https://wetransfer.com/downloads/f5c9d8f352f397a208a17b92ff37c25120180527144908/a59597

Un événement Facebook (et oui, on n'y coupe plus) a été créé : https://www.facebook.com/events/1791346417619747/?active_tab=about

Une vidéo réalisée au cours d'un rassemblement pour Maxime et servant d'appel est également visible ici : https://www.youtube.com/watch?v=DtB2hAEKt_s&feature=youtu.be

Certain-es blessé-es ont émis le souhait que soient présent-es et se mobilisent également les avocat-es et journalistes consciencieux-ses et sympathisant-es de nos combats, afin de participer à construire un rapport de force pour la suppression de toutes les grenades et lanceurs de balles de type Flashball.

Ne sont indiqué-es que les signataires qui se sont manifesté-es avant dimanche. Il est tout à fait possible d'ajouter d'autres signataire d'ici à mercredi, donc merci à celleux-ci de se manifester au plus vite auprès du collectif Désarmons-les! (desarmons-les@riseup.net)

POUR MAXIME ET CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES,

TOU-TES DANS LA RUE MERCREDI A 18 HEURES !

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article