Notre-Dame-des-Landes, mardi 22 novembre 2016, alors que divers élus et pro-aéroports demandent de nouveau avec insistance l’évacuation de la zad, des parents d’enfants vivants sur la zad nous demandent de transmettre ce communiqué. Ils y expliquent leur décision de continuer à vivre dans ce bocage malgré la persistance des menaces.
Communiqué de presse :
Des menaces de destruction planent sur la zad depuis 1974, pourtant cela n’a pas empêché des génération d’enfants d’y naître et de la parcourir. On eût pu croire que vivre sous le régime permanent de l’intimidation au bulldozer ferait fuir les adultes emmarmaillés. Au contraire, ce territoire de résistance où vivre et lutter vont de paire à s’en confondre nous permet d’imaginer que la place des enfants est au plus près de nous.
La ZAD a même accouché cette année d’un nouvel espace qui fait place à l’enfance. Espace de jeu et d’organisation, d’accueil et de repos, cette « salle gosse » vient rappeler ce que nous défendons : la faune, la flore et la culture de solidarité. Mais nos enfants ont avant tout la zad pour eux. Un espace riche de savoirs-faire à leur portée, c’est l’endroit rêvé pour qu’ils s’éveillent. Les menaces répétées du gouvernement ne nous feront pas y renoncer. Tant que nos enfants ne seront pas en danger, ils vivront à nos côtés.
Les Blacks Pampers, parents d’enfants de la zad
Le texte intégral :
« Notre-Dame-des-Landes, c’est la terre de tes enfants. »
Depuis plusieurs années, à chaque intersaison, un vol de menaces et d’imprécations survole la zad, tel une flopée d’oiseaux de mauvaise augure.
Il pourrait nous interdire de voir plus loin que demain. Il pourrait nous déstabiliser, nous confiner dans la précarité d’un camping militant aux aguets. Nous pousser dans la posture d’une radicalité guerrière. Toutes ces caricatures que les porteurs de projet sont si prompt à agiter, dès qu’il s’agit de justifier la guerre qu’ils souhaitent nous mener.
Vivre sous le régime usant de la menace, c’est ce que subissent depuis les débuts du projet de transfert d’aéroport les habitants et paysans historiques, poussés au départ depuis 1974. Comme ceux parmi eux qui ont choisi de résister, nous continuerons à habiter la zad en nous tournant vers l’avenir.
Défendre la zad ne signifie pas seulement résister à la prédation destructrice de l’État et de l’économie, matérialisée par le projet d’aéroport. Nous avons mis ce projet en échec et le ferons encore, notamment parce que nous défendons la zad et construisons son autonomie politique d’un même geste, parce que, derrière chaque maison détruite en 2012 se dressent de nouveaux projets.
De confortables cabanes en jardins collectifs, une porte s’est ouverte, si largement que nous avons senti que nos enfants s’y trouveraient à l’aise. Nous les avons imaginé dans cette liberté. Certains sont nés ici, d’autres venus d’ailleurs y grandissent avec nous, quoi qu’il en soit ils fréquentent activement la zad, accrochés à nos basques.
Ils ont leur lieu pour se retrouver, « la Smala », espace de jeu et d’échanges autour des enfants, où sont organisées des moment de crèches. Mais avant tout, la zad leur appartient. Un espace où l’usage prime sur la loi, où nous nous efforçons que la solidarité prime sur la peur du voisin, c’est l’endroit rêvé pour que nos enfants s’éveillent. De chantiers collectifs ouverts en moments de transmission informels, ils trouvent ici, une diversité de savoirs-faire à faire pâlir n’importe quelle tablette tactile. A l’image des cabanes légendaires de leurs aînés, dans le travail de la terre ou du bois par exemple, ils peuvent expérimenter, créer, participer. Ces perspectives ne remplaceront pas l’école ; elles favorisent cependant les multiples échanges, que ce soit avec les enfants des alentours ou avec d’autres habitants territoires en lutte. Ces derniers seront d’excellent contrepoints aux cours d’histoire-géo, à l’heure du probable retour des gauloisetés dans les classes…
Nous avons cœur de transmettre à nos enfants, avec cette ouverture, notre détermination à résister. Les menaces répétées du gouvernement, aussi insouciant soit-il de ce qu’il entend léguer, ne nous feront pas y renoncer. Tant que nos enfants ne seront pas en danger, ils vivront à nos côtés.
Les Black Pampers, parents d’enfants de la zad
-Ailleurs dans le monde sont à l'oeuvre d'autres grands destructeurs des ressources aquatiques: BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et Natixis investissent ...
- pontons que Trump aura fort à faire avec certains nouveaux "Water protectors" ,car des fils de militaires disent aux indiens lors d 'une cérémonie de rédemption :
-De son coté ,la presse "franchouille" sur la course contre la montre du gouvernement (de tout les Français) ,avec Le Foll qui se fait fort faire aussi "place nette "en ZAD Nantaise :bon courage ...
L'ensemble du mouvement d'opposition au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes annonce que, depuis quelques semaines, des militants anti-NDDL sont visés par des "assignations à résidence, des interdictions de territoire et des interdictions de manifester" pour les empêcher de soutenir la Zad en cas d'expulsion.
D’une même voie, le mouvement d’opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (associations, partis politiques, syndicats, paysans, élus…) s’insurge contre « des mesures de répression préventive à propos d’une éventuelle participation aux manifestations de soutien à la Zad », qui seraient prises depuis quelques semaines à l’encontre de militants anti-aéroport. Mesures administratives et judiciaires, selon l'opposition à NDDL.
Il s’agirait, selon les opposants, d’« isoler des militants, de les couper de leur possibilité d’agir » par « des mesures portant atteinte aux droits de manifester ou de circuler ». Ils citent, en exemple, des assignations à résidence, des interdictions de territoire, des interdictions de manifester. À l’image de ce qui a pu se faire en 2015 après les attentats, avant la Cop 21, et au printemps dernier lors des manifs anti loi Travail.
Info ou intox ? Ouest-France n'a pas connaissance de l'existence de telles mesures ciblées et nominatives récentes liées à l'approche d'une évacuation éventuelle de la Zad. « Ce ne sont pas des fantasmes, on connaît au moins 4 ou 5 cas précis, des personnes ne vivant pas dans la Zad et visées par des interdictions de séjour à Notre-Dame-des-Landes prononcées lors de condamnations », précise un responsable anti-NDDL.