mardi 9 juin 2015
09:31
Dans un nouvelle étude ,publiée dans la revue PLOS one, des chercheurs ont constaté que la contamination d'une colonie d'abeille à l'aluminium peut contribuer à la diminution de sa population
L'aluminium est l'un des produits toxiques les plus répandu dans le monde. il est connu pour être relié à de nombreuses hécatombes de poissons dans les lacs, le dépérissement des forêts dans les bassins pauvres en éléments nutritifs et à la faible productivité des cultures dans les sols sulfatés acides.
Les chercheurs pensent que la pollution généralisée de la nature par ce métal peut également jouer un rôle dans le déclin des abeilles.
Dans cette dernière étude, les chercheurs ont recueilli des larves dans des colonies de bourdons sauvages. Ces nymphes ont ensuite été examinés pour tenter de retrouver des traces d'aluminium. A leur grande surprise les scientifiques ont constaté que les nymphes étaient fortement contaminées, avec des niveaux individuels allant de 13 à près de 200 ppm. Pour information une valeur de 3 ppm serait considérée comme potentiellement pathologique dans un tissu cérébral humain.
Leur étude démontre que les bourdons étudiés et nourris exclusivement de leur cueillettes naturelles de pollens quotidiennes ont été très largement contaminé à l'aluminium et ont souffert de cette contamination.
"Il est largement admis qu'un certain nombre de facteurs en interaction sont susceptibles d'être impliqués dans le déclin des abeilles et autres pollinisateurs; l'absence de fleurs, les attaques de parasites, et l'exposition à des cocktails de pesticides, par exemple», a déclaré Chris Exley, une sommité sur l'exposition humaine à l'aluminium. Cette étude vient en ajouter un autre, l'intoxication à l'aluminium"
"Une intoxication à l'aluminium, qui est un neurotoxique connu, affecte gravement le comportement humain ou animal en déclenchant des maladies neurodégénératives, chez l'humain la maladie d'Alzheimer est l'une des plus connue d'entre elles."
"Avec cette nouvelle étude on peut imaginer que les Abeilles intoxiquées qui comptent beaucoup sur leurs fonctions cognitives dans leur comportement quotidien soient désormais atteintes de dysfonctionnements induits par la forte présence de l'aluminium dans leurs corps et que cela doit forcément jouer un rôle majeur dans le déclin de leurs populations à travers le monde."
L'étude est consultable ici ( en Anglais)
© Nature Alerte
Le 09 juin 2015 par Romain Loury
Risques & Santé, Air industriel, Sites & Sols, Faune et flore, Produits, Biodiversité
Nouvelle menace sur les abeilles?
DR
Au-delà des néonicotinoïdes, les insectes pollinisateurs seraient-ils aussi malades de l’aluminium? Selon une étude britannique publiée dans la revue PLoS ONE, ce métal lourd, aux effets neurotoxiques, serait présent en abondance dans leur organisme, et pourrait en partie expliquer leur surmortalité.
Entre autres sources anthropiques d’aluminium, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) évoque, dans une fiche consacrée à ce métal lourd, sa production industrielle, l’industrie minière, l’agriculture, la combustion du charbon, les fonderies et les échappements des automobiles.
Pourtant, difficile d’en savoir plus sur la contamination environnementale, ce métal lourd, que l’on retrouve dans les pluies acides, n’étant pas réglementé. Contactés par le JDLE, ni Airparif, ni Air Rhône-Alpes, ni l’Ineris n’ont pu fournir de données à ce sujet.
L’équipe de David Goulson, biologiste à l’université du Sussex à Brighton, s’est intéressée à sa présence chez les bourdons, qui comme d’autres pollinisateurs dont les abeilles, connaissent ces dernières années une forte surmortalité. A l’origine de leur curiosité, le fait que l’aluminium soit, comme les néonicotinoïdes, un neurotoxique, et qu’il a même été impliqué dans la maladie d’Alzheimer. Or des études ont montré sa présence dans le nectar et le pollen des fleurs.
Jusqu’à 20% du poids sec!
Les chercheurs ont dosé l’aluminium dans 72 pupes (stade intermédiaire entre la larve et l’adulte) issues de 20 colonies de bourdons implantées dans divers sites du Sussex de l’Est. Résultat: le métal y était présent à des teneurs allant de 13,4 à 193,4 microgrammes par gramme de poids sec, sans différence entre les sites urbains et ruraux.
Les chercheurs n’ont pas trouvé de lien entre la santé de la colonie et son imprégnation par l’aluminium, mais le poids de la pupe était lié à sa teneur en aluminium. S’ils reconnaissent qu’il est difficile de conclure en l’état, vu la faible taille de l’étude, les chercheurs s’étonnent d’une telle contamination, à «des niveaux d’un ordre de grandeur plus élevé que ceux nocifs pour l’homme».
«Les colonies d’abeilles sont très dépendantes de la capacité de leurs membres à apprendre, à s’orienter et à voler sur de longues distances au cours du butinage: on peut donc s’attendre à ce qu’elles soient particulièrement sensibles aux effets neurotoxiques», expliquent les chercheurs.