Le 02 juin 2015 par Romain Loury
Insecticides désormais les plus utilisés dans les foyers, les pyréthroïdes pourraient favoriser les troubles de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’enfant: après de premiers éléments de preuves chez l’animal, une étude publiée dans la revue Environmental Health suggère un effet chez l’homme.
Après l’abandon des organophosphorés, les pyréthroïdes, parmi lesquels la deltaméthrine et la perméthrine, sont devenus les insecticides dont l’usage domestique est le plus répandu. Si leur toxicité aigüe est moindre, ils pourraient avoir de lourdes conséquences à long terme, notamment chez les enfants.
Après des résultats chez la souris, une étude menée par l’équipe de Tanya Froehlich, du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center (Ohio), révèle que les plus exposés d’entre eux auraient un risque accru de TDAH. Parmi les 687 qu’ils ont étudiés, âgés de 8 à 15 ans, ceux dont le taux de 3-PBA, métabolite des pyréthroïdes, atteignait un niveau détectable avait 2,42 fois plus de risques d’avoir été diagnostiqué avec un TDAH.
Les garçons plus sensibles
Toute hausse d’un facteur 10 était liée à une hausse de 57% du risque. Bien plus marqué chez les garçons, le phénomène concerne avant tout les problèmes d’hyperactivité, pas tellement les troubles de l’attention -résultat également conforté par des travaux chez l’animal.
«Etant donné l’usage croissant des pyréthroïdes et la perception répandue selon laquelle ils sont moins nocifs, ces résultats pourraient avoir d’importantes conséquences en matière de santé publique», expliquent les chercheurs.
Selon eux, le phénomène doit être confirmé par d’autres études, chez des enfants suivis dans le temps: leur étude ne portait que sur un seul échantillon urinaire par participant, tandis que ces substances sont rapidement métabolisées.