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Communiqué de presse de La Quadrature du Net et article "Cazeneuve censuré sur le site de l'Assemblée nationale"

La Quadrature du Net passe en version 2.1

Submitted on 21 avr. 2015 - 10:48

Paris, le 21 avril 2015 — Une bifurcation majeure s'ouvre devant nous : allons-nous laisser s'installer des sociétés de surveillance et de suspicion de masse ou construire des sociétés de liberté, de collaboration et de partage ? Pour faire face à ces enjeux historiques et grâce au soutien que lui ont apporté plus de 6000 donateurs fin 2014, La Quadrature du Net renouvelle son équipe et se consolide.

Comme il est naturel dans toute organisation, les parcours de chacun induisent des modifications dans la composition de notre équipe. La Quadrature du Net a toujours su faire face à ces défis et s'en servir pour créer de nouvelles possibilités. Ce fut le cas par exemple il y a un peu plus d'un an quand Jérémie Zimmermann quitta son rôle de coordinateur tout en continuant d'agir bénévolement au sein du Collège d'orientation stratégique. C'est à nouveau le cas alors que trois des animateurs de notre équipe opérationnelle l'ont quitté ou la quittent aujourd'hui, pour laisser place à de nouvelles arrivées.

Yoann Spicher, chargé de campagne durant des années aux côtés de Jérémie Zimmermann, a accompagné les changements de l'année 2014 avant d'entamer une thèse de doctorat à l'automne. Son travail immense continue de nous être précieux quotidiennement. Christopher Talib, qui a également une formation en sciences sociales et politiques doublée d'une appétence pour les outils de campagne et le travail avec les bénévoles, a rejoint La Quadrature du Net fin août et prend en charge au quotidien l'organisation des campagnes et du travail avec les bénévoles.

Miriam Artino, coordinatrice de l'analyse juridique et politique à La Quadrature du Net depuis avril 2013, a quitté l'équipe opérationnelle fin mars après avoir donné naissance à (nous l'espérons) une future activiste pour les libertés. Nous la remercions infiniment pour l'excellent travail qu'elle a effectué pendant presque deux ans au sein de l'association, et notamment son rôle essentiel dans l'adoption d'un texte historique pour la neutralité du Net en avril 2014 au Parlement européen (que les gouvernements s'emploient aujourd'hui à démanteler). Agnès de Cornulier est arrivée 7 avril pour reprendre le poste de Miriam et relancer l'activité européenne de La Quadrature du Net qui a un peu souffert des urgences nationales. Agnès a une formation d'historienne, d'études européennes ainsi que de droit spécialisé dans l'informatique. Après une dizaine d'années passées dans différents cabinets de conseil et avoir travaillé notamment dans l'aide publique au développement, y compris dans le domaine des TIC, elle rejoint La Quadrature du Net dont elle partage les valeurs depuis longtemps.

Marie Walrafen, coordinatrice logistique et administrative, a terminé son contrat à la fin du mois de février 2015. Après deux ans passés à soutenir au quotidien la vie de La Quadrature, elle se consacre désormais à des projets personnels. Elle a accompagné avec une chaleur reconnue par tous, du Conseil d'Orientation Stratégique aux bénévoles en passant par les permanents, la structuration de notre association. Nous avons entamé le recrutement d'une personne chargée de l'administration comptable et logistique, enjeu qui devient de plus en plus critique avec le développement de nos activités. Mais d'autres tâches de Marie devront être prises en charge collectivement pour que La Quadrature du Net reste capable d'être festive même lorsqu'elle s'oppose au pire.

Nous avons également le plaisir d'accueillir Arnaud Fabre qui a démarré un stage de 6 mois parmi nous. Élève ingénieur à Telecom Bretagne, il travaille essentiellement à l'amélioration de Memopol (outil de veille politique essentiel de La Quadrature du Net) mais aide également aux divers projet de l'association et à la tenue des campagnes par ses compétences techniques.

Le renforcement il y a un an du Collège d'orientation stratégique (Conseil d'administration dans nos statuts) a étendu considérablement notre capacité d'action. Mais cette évolution est incomplète, en partie parce que nous n'avons pas su utiliser suffisamment les capacités de tous ses membres, notamment celles de Laurence Vandewalle dont l'expérience des luttes européennes est infiniment précieuse. Nous sommes en train de remédier aux obstacles techniques qui l'empêchaient de participer autant qu'elle le souhaite à nos activités. Par ailleurs, Jean Cattan, qui avait rejoint le Conseil d'Orientation Stratégique en mars 2014 a dû, pour éviter des conflits d'intérêts avec sa vie professionnelle, quitter le Conseil à l'automne. Même si ses connaissances sur le droit des télécommunications et des données personnelles étaient précieuses et nous manqueront, nous ne pouvons que lui souhaiter réussite et bonheur ! Nous annoncerons prochainement l'arrivée de nouveaux membres.

Autre grand changement dans la vie quotidienne de l'association : nous avons déménagé à la fin du mois de février 2015. Le local (surnommé le « Garage » en hommage aux attaques de Christine Albanel) loué depuis 2012 arrivant en fin de bail, Laurent Chemla (membre du conseil d'orientation stratégique) nous a proposé de louer un appartement lui appartenant dans des conditions extrêmement intéressantes pour nos finances limitées. Ce geste généreux nous permet de bien meilleures conditions de travail et d'accueil. Nous sommes à présent installés au 60 rue des Orteaux dans le 20e arrondissement de Paris, où bénévoles, amies et amis seront tout aussi chaleureusement reçus que dans l'ancien local. La conférence de presse organisée avec de nombreuses organisations contre la Loi renseignement a montré à quel point ce lieu peut être un atout pour nos activités.

Les campagnes de soutien financier de La Quadrature en 2014 ont été difficiles à mener : décevante en juin, longue à démarrer en novembre, nous avons dû publiquement annoncer nos fortes inquiétudes sur la pérennité de l'association à la mi-décembre 2014. Le formidable élan de soutien qui a suivi nos appels au secours ont permis de sauver les finances de La Quadrature du Net pour 2015. Nous avons choisi d'encourager les dons réguliers afin de nous permettre de voir plus loin et d'anticiper les différentes actions à mener. Nous espérons que les soutiens resteront fidèles et nous permettront de continuer nos actions, et renouvelons nos immenses remerciements à tous les donateurs. Comme promis nous publions nos comptes pour l'année passée.

La Quadrature du Net est, par essence, une association citoyenne. L'aide ponctuelle ou régulière des bénévoles et sympathisants est indispensable et au cœur de nos actions. Nous remercions et encourageons l'ensemble des personnes qui se sont engagées, à quelque niveau que ce soit, autour de nos actions dans l'année qui vient de s'écouler. Qu'ils sachent que nous leur sommes infiniment reconnaissants de leur dynamisme et de leurs convictions. Nous encourageons toute personne souhaitant participer aux actions de La Quadrature du Net à nous rejoindre.


Le conseil d'administration et l'équipe opérationnelle de La Quadrature du Net

Quand la petite phrase de Bernard Cazeneuve contre la presse disparaît du compte-rendu officiel

"Moi, ce qu’il y a dans les articles de presse, par principe, je ne le crois pas." Cette phrase aux accents complotistes, tenue lors du débat sur le projet de loi Renseignement, n'apparaît plus sur le site de l'Assemblée nationale. Comment l'expliquer ?

Mis à jour le 17/04/2015 | 20:21 , publié le 17/04/2015 | 20:20

"Moi, ce qu’il y a dans les articles de presse, par principe, je ne le crois pas." Cette phrase de Bernard Cazeneuve a été tenue dans l'hémicycle, mercredi 15 avril, lors du débat sur le projet de loi Renseignement. Le ministre de l'Intérieur répondait à la députée Isabelle Attard, qui citait un article de L'Obs critique à l'égard du texte. Sur cette vidéo, les propos du ministre méfiants envers la presse débutent à 2'29.

A l'école, on m'a appris à ne pas croire ce qu'il y a dans les journaux ni dans les livres, et d'essayer de considérer que l'exercice de l'esprit critique et de la libre conscience est beaucoup plus puissant que de gober béatement et benoîtement ce qu'il y a dans les articles de presse. Moi, ce qu'il y a dans les articles de presse, par principe, je ne le crois pas. Parce que je suis un esprit libre et indépendant, et que j'entends le demeurer. C'est peut-être dans "L'Observateur", c'est peut-être dans "Le Bessin illustré", mais moi, je n'y crois pas, par nature et par essence.

Le 15 avril, à l'Assemblée nationale

Le journal a repéré, vendredi 17 avril, que les propos tenus par le ministre de l'Intérieur avaient été modifiés dans le compte-rendu officiel publié sur le site de l'Assemblée nationale. La phrase qui met en cause la presse n'y apparaît plus. Or, cette phrase est lourde de sens pour un ministre qui défendait, après les attentats de Paris, "la liberté de la presse". Et qui n'hésitait pas, lorsqu'il était député, à citer des articles de presse dans l'hémicycle pour appuyer ses arguments.

"Normalement, c’est un copier-coller de ce qui se dit en séance"

Comment expliquer cette disparition dans le compte-rendu officiel ? Interrogé par L'Obs, le ministère de l'Intérieur nie toute intervention sur les services de l'Assemblée, chargés de taper la retranscription. "Aucune correction n’a été transmise sur les débats renseignement, de manière générale, et surtout pas sur ce point." De son côté, le service de presse de l'Assemblée assure que ce compte-rendu devrait être en tout point fidèle aux propos du ministre : "Normalement, c’est un copier-coller de ce qui se dit en séance".

L'auteur de la retranscription précise au journal, dans un second temps, que "des modifications peuvent être apportées, tant que ces dernières n’altéraient pas l’esprit de l’intervention". Et se ravise finalement, par mail : "Au final, ce qui a été dit deux fois dans la même lancée (après plusieurs autres) a été ramassé en une fois, celle où il y a 'par nature et par essence', écrit cette personne. Mais je conçois très bien que l’effet en soit amoindri. Je vais remanier ça afin que ce soit la phrase d’entrée qui apparaisse." A l'heure où cet article est publié sur francetv info (20h20), la modification n'a toujours pas été apportée.

Quand la petite phrase de Bernard Cazeneuve contre la presse disparaît du compte-rendu officiel

"Moi, ce qu’il y a dans les articles de presse, par principe, je ne le crois pas." Cette phrase aux accents complotistes, tenue lors du débat sur le projet de loi Renseignement, n'apparaît plus sur le site de l'Assemblée nationale. Comment l'expliquer ?

Mis à jour le 17/04/2015 | 20:21 , publié le 17/04/2015 | 20:20

"Moi, ce qu’il y a dans les articles de presse, par principe, je ne le crois pas." Cette phrase de Bernard Cazeneuve a été tenue dans l'hémicycle, mercredi 15 avril, lors du débat sur le projet de loi Renseignement. Le ministre de l'Intérieur répondait à la députée Isabelle Attard, qui citait un article de L'Obs critique à l'égard du texte. Sur cette vidéo, les propos du ministre méfiants envers la presse débutent à 2'29.

A l'école, on m'a appris à ne pas croire ce qu'il y a dans les journaux ni dans les livres, et d'essayer de considérer que l'exercice de l'esprit critique et de la libre conscience est beaucoup plus puissant que de gober béatement et benoîtement ce qu'il y a dans les articles de presse. Moi, ce qu'il y a dans les articles de presse, par principe, je ne le crois pas. Parce que je suis un esprit libre et indépendant, et que j'entends le demeurer. C'est peut-être dans "L'Observateur", c'est peut-être dans "Le Bessin illustré", mais moi, je n'y crois pas, par nature et par essence.

Le 15 avril, à l'Assemblée nationale

Le journal a repéré, vendredi 17 avril, que les propos tenus par le ministre de l'Intérieur avaient été modifiés dans le compte-rendu officiel publié sur le site de l'Assemblée nationale. La phrase qui met en cause la presse n'y apparaît plus. Or, cette phrase est lourde de sens pour un ministre qui défendait, après les attentats de Paris, "la liberté de la presse". Et qui n'hésitait pas, lorsqu'il était député, à citer des articles de presse dans l'hémicycle pour appuyer ses arguments.

"Normalement, c’est un copier-coller de ce qui se dit en séance"

Comment expliquer cette disparition dans le compte-rendu officiel ? Interrogé par L'Obs, le ministère de l'Intérieur nie toute intervention sur les services de l'Assemblée, chargés de taper la retranscription. "Aucune correction n’a été transmise sur les débats renseignement, de manière générale, et surtout pas sur ce point." De son côté, le service de presse de l'Assemblée assure que ce compte-rendu devrait être en tout point fidèle aux propos du ministre : "Normalement, c’est un copier-coller de ce qui se dit en séance".

L'auteur de la retranscription précise au journal, dans un second temps, que "des modifications peuvent être apportées, tant que ces dernières n’altéraient pas l’esprit de l’intervention". Et se ravise finalement, par mail : "Au final, ce qui a été dit deux fois dans la même lancée (après plusieurs autres) a été ramassé en une fois, celle où il y a 'par nature et par essence', écrit cette personne. Mais je conçois très bien que l’effet en soit amoindri. Je vais remanier ça afin que ce soit la phrase d’entrée qui apparaisse." A l'heure où cet article est publié sur francetv info (20h20), la modification n'a toujours pas été apportée.

Quand la petite phrase de Bernard Cazeneuve contre la presse disparaît du compte-rendu officiel

"Moi, ce qu’il y a dans les articles de presse, par principe, je ne le crois pas." Cette phrase aux accents complotistes, tenue lors du débat sur le projet de loi Renseignement, n'apparaît plus sur le site de l'Assemblée nationale. Comment l'expliquer ?

Mis à jour le 17/04/2015 | 20:21 , publié le 17/04/2015 | 20:20

"Moi, ce qu’il y a dans les articles de presse, par principe, je ne le crois pas." Cette phrase de Bernard Cazeneuve a été tenue dans l'hémicycle, mercredi 15 avril, lors du débat sur le projet de loi Renseignement. Le ministre de l'Intérieur répondait à la députée Isabelle Attard, qui citait un article de L'Obs critique à l'égard du texte. Sur cette vidéo, les propos du ministre méfiants envers la presse débutent à 2'29.

A l'école, on m'a appris à ne pas croire ce qu'il y a dans les journaux ni dans les livres, et d'essayer de considérer que l'exercice de l'esprit critique et de la libre conscience est beaucoup plus puissant que de gober béatement et benoîtement ce qu'il y a dans les articles de presse. Moi, ce qu'il y a dans les articles de presse, par principe, je ne le crois pas. Parce que je suis un esprit libre et indépendant, et que j'entends le demeurer. C'est peut-être dans "L'Observateur", c'est peut-être dans "Le Bessin illustré", mais moi, je n'y crois pas, par nature et par essence.

Le 15 avril, à l'Assemblée nationale

Le journal a repéré, vendredi 17 avril, que les propos tenus par le ministre de l'Intérieur avaient été modifiés dans le compte-rendu officiel publié sur le site de l'Assemblée nationale. La phrase qui met en cause la presse n'y apparaît plus. Or, cette phrase est lourde de sens pour un ministre qui défendait, après les attentats de Paris, "la liberté de la presse". Et qui n'hésitait pas, lorsqu'il était député, à citer des articles de presse dans l'hémicycle pour appuyer ses arguments.

"Normalement, c’est un copier-coller de ce qui se dit en séance"

Comment expliquer cette disparition dans le compte-rendu officiel ? Interrogé par L'Obs, le ministère de l'Intérieur nie toute intervention sur les services de l'Assemblée, chargés de taper la retranscription. "Aucune correction n’a été transmise sur les débats renseignement, de manière générale, et surtout pas sur ce point." De son côté, le service de presse de l'Assemblée assure que ce compte-rendu devrait être en tout point fidèle aux propos du ministre : "Normalement, c’est un copier-coller de ce qui se dit en séance".

L'auteur de la retranscription précise au journal, dans un second temps, que "des modifications peuvent être apportées, tant que ces dernières n’altéraient pas l’esprit de l’intervention". Et se ravise finalement, par mail : "Au final, ce qui a été dit deux fois dans la même lancée (après plusieurs autres) a été ramassé en une fois, celle où il y a 'par nature et par essence', écrit cette personne. Mais je conçois très bien que l’effet en soit amoindri. Je vais remanier ça afin que ce soit la phrase d’entrée qui apparaisse." A l'heure où cet article est publié sur francetv info (20h20), la modification n'a toujours pas été apportée.

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