FÉDÉRATION DE L’HERAULT DE LA LIBRE PENSEE
Espace M-L. King – 27, bld Louis Blanc – 34000 Montpellier
Tél : 06 79 71 63 10 e-mail: jeanpaul.cros@wanadoo.fr
Le Président à
Madame, Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les adjoints,
Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux,
Montpellier, le 11 septembre 2014
Au nom de la Libre Pensé, je viens vous parler de la réparation d'une trop grande injustice.
Je me permets de vous adresser l'argumentaire ci-dessous, pour vous convaincre de porter à l'ordre du jour de votre prochain Conseil Municipal, un point sur la réhabilitation collective de tous les fusillés pour l'exemple de 14-18, et de débattre de l'adoption d'un voeu ou d'une motion en faveur de leur réhabilitation collective.
Durant la première guerre mondiale, ce massacre sans précédent qui avait aussi pour nom, comme un espoir, « la der des der », mais plus communément appelé «14-18 », des milliers de soldats français, accusés par l’Etat-major de désertion devant l’ennemi, sont passés par des Conseils de Guerre.
Après des jugements expéditifs menés par le commandement militaire, ce sont pas moins de 2.500 condamnations à mort qui ont été prononcées et plus de 650 réellement exécutées. Ces « fusillés pour l’exemple » ne sont pas morts pour la France mais morts par la France. Ils n’étaient pas des lâches comme les autorités militaires ont voulu le faire croire. Sous les bombardements incessants, dans une boue trempée de sang, plongés dans le désespoir, ils ont refusé d’être sacrifiés pour rien, de mourir lors d’attaques condamnées à l’avance, d’obéir à des ordres plus motivées par les ambitions personnelles de hauts gradés que des considérations militaires. Ou bien encore, en proie à une peur terrifiante, ils ont comme on dit aujourd'hui « pété les plombs » ! Ou bien encore, tel François LAURENT, citoyen d'une commune des Côtes du Nord, Mellionnec, réserviste de 34 ans, blessé au combat, envoyé à l'ambulance par son capitaine, puis à l'hôpital à l'arrière des lignes, suspecté par le médecin de s'être auto-mutilé, signant un formulaire d'aveu pré-rempli, signant ainsi son arrêt de mort sans rien comprendre... il ne connaissait que sa langue maternelle : le Breton ! François LAURENT, un des rares réhabilités de l'entre-deux guerres.
Tous ces hommes ont été dépossédés injustement de leur honneur. Il appartient à la République de le leur rendre et de réparer cette injustice comme le demandent leurs descendants. Jusqu'ici, cette réhabilitation collective s'est vu rejetée au regard des quelques « voyous » -mais enrôlés comme les autres, et qui, se retrouvant dans le « no man's land » entre les lignes de barbelés, de tirs à vu, de trous d'obus, ont « profité » de ces circonstances pour dépouiller des morts de leurs objets de valeurs. Et si quand bien même c'eût été cela – dans cette TERRE D'AUCUN HOMME VIVANT, le no man's land – qui les fît s'accrocher à la vie ?, qui sommes-nous, nous qui, aujourd'hui, majoritairement, n'avons même pas connu, sauf en image et heureusement pour la paix entre les hommes, un centième voire un dixième de ces quatre années de déchaînements apocalyptiques de carnages, pour savoir le comportement que nous aurions dans de telles extrémités inhumaines ?
Au nom de ces quelques individus perdus, faut-il que six cents cinquante d'entre eux restent dans le déshonneur ?
Par contre, le « cas par cas » continuellement mis en avant pour se substituer à la réhabilitation collective, ne s'applique qu'au compte-goutte – la recherche aux archives militaires s'avérant un véritable « parcours du combattant », et pour un dossier à l'étude, dure des décennies.
Ce fut le cas, en 2012, de la réhabilitation du lieutenant CHAPELANT, 23 ans, fait prisonnier au combat le 7 octobre 14, fusillé pour l'exemple pour avoir réussi à s'échapper, dont le comportement courageux était avéré depuis toujours et dont la réhabilitation à la simple qualité d'Homme aura attendu 98 ans pour être prononcée !
Mesdames et messieurs les conseillers municipaux, adjoints et maire, je vous cède la parole, en espérant que vous rejoindrez les communes, conseils généraux et conseils régionaux qui se sont déjà prononcés en ce sens.
Si, à la suite du débat, votre conseil avait l'honneur de délibérer en faveur de cette réhabilitation collective, le texte ci-dessous (voeu du Conseil Régional du Limousin) pourrait éventuellement servir de support :
« Le Conseil municipal de ..., réuni en séance ce … 2014, considère juste et légitime le combat en faveur de la réhabilitation collective de tous les soldats fusillés pour l'exemple de 1914 à 1918. Il apporte son soutien à cette réhabilitation pleine, publique et collective et demande au Président de la République de prendre une décision en ce sens.
Votes pour :
Votes contre :
Abstentions :
Le voeu (la motion) est adopté et (soit) adressé à la présidence de la République avec copie à la Fédération de l’Hérault de la Libre Pensée … (soit) et copie à la Fédération de l’Hérault de la Libre Pensée pour adressage à la Présidence de la République. »
Vous remerciant pour l'attention que vous aurez apportée à ce long combat et à l'issue humaine que nous vous proposons de soutenir, je vous prie d'agréer, Mesdames et messieurs, le salut républicain de la Fédération de l’Hérault de la Libre Pensée,
Jean-Paul CROS
Président
Appel:
FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE
Membre de l’Association Internationale de la Libre Pensée
10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS
Tel : 01 46 34 21 50 – Fax : 01 46 34 21 84 – Courriel : »Libre.Pensee@wanadoo.fr »
Fédération de l’Hérault de la Libre Pensée
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27 Boulevard Louis Blanc – 34000 Montpellier
Courriel : jeanpaul.cros@wanadoo.fr
Appel pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple de la Guerre de 1914-1918
Voilà près de dix ans maintenant que des organisations comme la Libre Pensée, l’Association Républicaine des Anciens Combattants, l’Union pacifiste, le Mouvement de la Paix, et de nombreuses sections départementales de la Ligue des droits de l’homme, se prononcent ensemble pour une réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple.
Reprenant la suite d’un combat qui a marqué l’entre-deux-guerres et qui a abouti à la réhabilitation judiciaire d’une cinquantaine de fusillés, ces organisations ont donné à leur action un contenu qui ne pouvait plus être celui du passé. Il ne s’agissait plus pour elles de « rejuger » ce qui l’a été dans les conditions inqualifiables que l’on sait et qui ne sont désormais plus depuis longtemps « reproductibles », même en pensée.
En effet, le bon sensconduit à conclure qu’il faut réhabiliter la totalité des Fusillés pour l’exemple, sans prise en compte de cas particuliers, inaccessibles à une investigation scientifique digne de ce nom.
Nombre d’historiens ont une parfaite conscience de ces difficultés insurmontables qui rendent l’étude au cas par cas impossible, définitivement hors de portée. Beaucoup de ces historiens ont accompli un travail remarquable, qui a enrichi de façon décisive notre connaissance de la Grande Guerre, loin des clichés hérités du passé qui perduraient dans une certaine opinion soucieuse d’un patriotisme de circonstance, comme elles perduraient dans beaucoup de travaux universitaires, et du même coup dans les manuels scolaires.
« Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. » C’est ce principe généreux – grâce auquel l’humanité pourra peut-être s’élever un jour au niveau d’un devenir pacifique – qui guide les signataires de cet appel pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple de 1914-1918.
Cet appel émane des historiens, des cinéastes, des réalisateurs, des comédiens, des artistes, des écrivains, des libres penseurs, des pacifistes et des internationalistes soussignés qui, par delà leurs engagements respectifs, par delà les investissements personnels, culturels, philosophiques, politiques, qui leur sont propres, se retrouvent ensemble sur cette exigence, dont la satisfaction ressortit à l’honneur de la République.
Premiers signataires :
Blondel Marc, Président national de la FNLP, Boisset Yves, Cinéaste, Bruneel Jean-Marc, Président du Groupe Non-Violent Louis Lecoin, Candelier Jean-Jacques, Député PCF du Nord, Chambefort Guy, Maire d’Yzeure, député PS de l’Allier, Fraix Philippe, petit-fils d’un résistant fusillé de 1939-1945, Frère Michel, général de brigade en retraite, Gaudy Gabriel, syndicaliste et Maire Adjoint dans l’Aisne, Guerry Philippe, Peintre, Lebel Jean-Jacques, peintre et poète, Le Mignot Renée, co-présidente du MRAP, Le Naour Jean-Yves, historien, Markidès Paul, Vice-président de l’ARAC, Montet Maurice, UPF, Moreau Alain, écrivain et scénariste, Roy Pierre, Président de la Fédération nationale laïque des Associations des Amis des Monuments pacifistes, Viot Eric, écrivain.
Je signe et je renvoie ma signature àjeanpaul.cros@wanadoo.fr : Jean-Paul Cros - 8, rue de la Forêt Noire – 34080 Montpellier.