Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Le tribunal d’Urumqi au Xinjiang chinois a condamné mardi 23 septembre le professeur Tohti à la prison à vie

 

 

 
Prison à vie pour Ilham Tohti, le « Mandela ouïgour »

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Prison-a-vie-pour-Ilham-Tohti-le-Mandela-ouigour-2014-09-23-1210768

 

Le tribunal d’Urumqi au Xinjiang chinois a condamné mardi 23 septembre le professeur Tohti à la prison à vie pour « séparatisme ». Pour Sophie Richardson, directrice Chine de L’ONG Human Rights Watch, il s’agit d’une « catastrophe pour les droits de l’homme en Chine »

23/9/14 - 18 H 16
 La police chinoise patrouille près du site de l’explosion à Urumqi le 1er mai 2014.

Ng Han Guan/AP

 La police chinoise patrouille près du site de l’explosion à Urumqi le 1er mai 2014.

Avec cet article

Sophie Richardson a passé une « nuit horrible ». De passage à Paris, la directrice Chine de L’ONG Human Rights Watch ne se faisait guère d’illusions sur la condamnation de l’intellectuel ouïgour Ilham Tohti, jugé la semaine dernière à Urumqi, capitale de la province autonome du Xinjiang. Mais la condamnation de Tohti, 44 ans, à « la prison à vie », annoncée dans la nuit de lundi 22 à mardi 23 septembre, a été « dévastatrice », selon le terme de Sophie Richardson.

« Une condamnation dévastatrice »

« Même si ses avocats ont annoncé qu’ils allaient faire appel, explique cette militante des droits de l’Homme depuis des années, il ne fait aucun doute que la peine restera la même, la perpétuité ».

Dans les bureaux de L’ONG à Paris, elle réagit en soulignant que « cette condamnation est dévastatrice non seulement pour Tohti, sa femme et ses trois enfants, surveillés par la police à Pékin, mais pour la cause des Droits de l’Homme en Chine ».

Pour elle, l’idée même que ce professeur d’université à Pékin, modéré, défendant un dialogue entre les minorités qui cohabitent en Chine (Tibétains, Ouïgours, Mongols, Hui…), soit arrêté, violenté, privé de soins et condamné à la prison à vie pour « séparatisme », montre « que la notion de séparatisme dans l’esprit du gouvernement chinois est tellement large qu’il n’est plus possible de voir ce qui ne constitue pas une attitude séparatiste ».

Une période terrible pour les militants des droits de l’Homme

 Ce verdict radical augure mal d’un apaisement dans cette immense région musulmane rétive à la tutelle chinoise, « qui n’a cessé de se radicaliser depuis des années », ajoute Sophie Richardson. « Difficile d’imaginer les conséquences d’une telle peine et d’un tel procès politique qui ne respecte aucune règle judiciaire ».

Pour elle, cette « violation de la justice illustre très bien le régime du nouveau président chinois depuis son arrivée au pouvoir depuis deux ans, une terrible période pour les militants des Droits de l’Homme en Chine, et il n’est qu’à voir ce qui se passe au Tibet et même à Hong Kong pour réaliser qu’aucune réforme judiciaire ne sera lancée par Xi Jinping ».

Le verdict est le plus sévère infligé depuis des années à un critique du régime, relèvent les analystes. Économiste respecté, enseignant à l’Université des minorités de Pékin et auteur de plusieurs ouvrages, Ilham Tohti était un observateur indépendant et écouté dans les chancelleries de la capitale sur l’évolution du Xinjiang, en proie à un regain de violences depuis l’an dernier. Mais selon le verdict rapporté par l’agence officielle Chine Nouvelle, Ilham Tohti a « bâti un syndicat criminel », « incité à la haine », « encouragé les Ouïghours à la violence » et « ensorcelé » ses étudiants.

Violence permanente au Xinjiang

Adversaire déclaré de la politique d’assimilation forcée des Ouïgours et autres minorités, menée d’une main de fer par Pékin, ce musulman modéré, âgé de 44 ans et père de trois enfants, était aussi opposé à toute séparation d’avec la Chine du Xinjiang, aux confins de l’Asie centrale, ainsi qu’au radicalisme islamiste. Ce dernier courant est à l’origine d’une vague d’attentats meurtriers au Xinjiang et dans le reste de la Chine qui ont fait au moins 200 morts depuis plus d’un an, selon les autorités.

« Les autorités ont créé un Mandela ouïgour »

Une dizaine de diplomates étrangers s’étaient rendus à Urumqi pour son procès, fermé à tout observateur étranger. Dans un communiqué, l’Union européenne (UE) a condamné mardi 23 septembre à Pékin un verdict « totalement injustifié » et appelé à « la libération immédiate et sans condition » de tous les détenus dans cette affaire. Sept étudiants avaient été arrêtés avec le professeur et leurs témoignages utilisés contre lui au procès.

« Ce 23 septembre 2014, les autorités ont créé un Mandela ouïgour », a réagi sur son microblog le romancier pékinois Wang Lixiong, critique de la politique chinoise au Tibet. Et Sophie Richardson, qui connaît parfaitement le système chinois depuis des années, de souligner le paradoxe chinois : « le gouvernement chinois à l’art de créer des situations dangereuses qu’il redoute et ne veut pas. Regardez le Tibet, le Xinjiang et Hong Kong où Pékin ne provoque que des tensions et de la violence ».

Dorian Malovic

 

 

Chine : «une année dévastatrice pour les Droits de l'homme»

http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/24/01003-20140924ARTFIG00424-chine-une-annee-devastatrice-pour-les-droits-de-l-homme.php

Ilham Tohti, intellectuel et musulman modéré, dénonçait la répression dont les Ouïgours sont victimes et défendait le particularisme de la région du Xinjiang.

 

Ilham Tohti, intellectuel ouïgour de 44 ans accusé de «séparatisme», vient d'être condamné à la prison à vie. Pour Sophie Richardson, spécialiste de la Chine pour Human Rights Watch, cette condamnation confirme la dégradation de la situation des Droits de l'homme en Chine.

 
 
   

L'enseignant ouïgour Ilham Tohti a été condamné mardi à la prison à vie pour «séparatisme» par le tribunal d'Urumqi, la capitale de la région du Xinjiang. Cette sentence est une «annonce dévastatrice pour les droits de l'Homme», déplore Sophie Richardson, directrice Chine de l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Ilham Tohti, intellectuel et musulman modéré qui a «consacré sa vie à défendre le dialogue pacifique entre les communautés ethniques en Chine», dénonçait la répression dont les Ouïgours sont victimes et défendait le particularisme de la région du Xinjiang. «Il travaillait de façon pacifique, dans les limites du système, non pour la chute du gouvernement mais pour le respect de droits supposés être déjà garantis» analyse Sophie Richardson.

Accusé d'avoir «ensorcelé puis contraint» ses étudiants à rédiger des articles pour défendre l'indépendance du Xinjiang, et d'avoir organisé un «réseau criminel», selon les mots de l'agence officielle Xinhua, Ilham Tohti a finalement été condamné pour «séparatisme». Pour Sophie Richardson, ce mot a dès lors perdu tout son sens. «On ne sait plus ce que le gouvernement chinois qualifie d'attitude séparatiste» déplore-t-elle.

L'enseignant ouïgour était défendu par «l'un des plus grands avocats des droits de l'Homme en Chine», Li Fangping. Pourtant, selon la spécialiste, on ne peut «prétendre au respect de la justice lorsqu'une personne est poursuivie pénalement et sans aucune preuve, aucun crime, et lorsqu'on condamne aussi sévèrement». Mardi 23 septembre, l'Union européenne a qualifié ce verdict de «totalement injustifié».

À présent, «il est difficile d'imaginer comment la population va réagir, et comment le gouvernement saura rester un tant soit peu crédible après un tel procès» analysait Sophie Richardson.

L'inquiétante attitude du gouvernement

Pour la spécialiste de la Chine, cet événement rend compte de la «dégradation et de la radicalisation de la situation au Xinjiang» - la région autonome du Nord-Ouest de la Chine -, où la répression et la violence ne cessent de croître.

Alors que le successeur du président Hu Jintao était porteur d'espoir pour la situation des droits de l'Homme en Chine, l'attitude du gouvernement de Xi Jinping inquiète. «Il y a cinq ou dix ans, ces critiques constructives et respectueuses de la justice étaient seulement découragées. Aujourd'hui, elles entraînent des poursuites pénales» déplore Sophie Richardson. Plutôt que de se démocratiser, la Chine se radicalise. La spécialiste regrette une année «extraordinairement mauvaise» pour le respect des droits de l'Homme.

Pour l'experte de Human Rights Watch, le gouvernement chinois a un «don pour créer des situations aux conséquences non voulues». Plutôt que de faire taire les critiques, la répression gouvernementale est à l'origine de protestations au fort retentissement médiatique.

Dans la région du Xinjiang, où une partie de la population est qualifiée de terroriste depuis des années, la violence finit par croître. Au Tibet, alors que le dalaï-lama est assimilé à un «terroriste» par le gouvernement, les immolations ont repris la semaine dernière. Les Hongkongais, eux, descendent dans les rues: cette semaine, près de 10 000 étudiants boycottent les universités pour réclamer une vraie démocratie, alors que le gouvernement menace de revenir sur sa promesse d'instauration du suffrage universel.

«Aujourd'hui, la Chine se permet d'agir d'une manière qui serait immédiatement sanctionnée dans toutes les autres parties du monde. Les gouvernements qui se prétendent profondément concernés par le respect de la démocratie se doivent d'élever la voix». La spécialiste des droits de l'Homme rappelait le long silence de la France sur ce sujet. Pourtant, «rien n'empêche le secrétaire d'État John Kerry ou le ministre Laurent Fabius de s'exprimer en public pour dénoncer la condamnation d'Ilham Tohti».

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article