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L'air intérieur est un fléau mondial et l'air urbain est mauvais pour la santé des adolescents.

Air intérieur: l’OMS fixe de premiers seuils d’émission

Le 13 novembre 2014 par Romain Loury

http://www.journaldelenvironnement.net/article/air-interieur-l-oms-fixe-de-premiers-seuils-d-emission,52195

 

L'air intérieur, un fléau mondial

L'air intérieur, un fléau mondial
DR

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a édicté mercredi 12 novembre de premières cibles d’émission par les appareils de cuisson et de chauffage. De quoi mieux protéger les 3 milliards de personnes qui n’ont toujours pas accès à des moyens propres, s’exposant à une pollution meurtrière de l’air intérieur.

 

En 2012, 7 millions de personnes sont décédées de la pollution de l’air, dont 4,3 millions du fait de l’air intérieur (voir le JDLE). Près d’un tiers de ces décès sont dus à des accidents vasculaires cérébraux (AVC), 26% à des cardiopathies ischémiques, 22% à des bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), 12% à des pneumonies chez l’enfant et 6% à des cancers du poumon, rappelle l’organisme onusien.

Or l’immense majorité de ces décès survient dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, où les gens ne disposent que de charbon ou de kérosène pour se chauffer, cuire leurs aliments ou s’éclairer. «Dans les habitations ayant un foyer ouvert ou un poêle utilisant la biomasse ou le charbon sans évacuation, les émissions de particules fines et d’autres polluants peuvent être 100 fois supérieures aux niveaux recommandés par l’OMS», rappelle celle-ci.

Particules fines et monoxyde de carbone

Pour la première fois, l’OMS vient de fixer des seuils d’émission pour ces appareils. Ceux avec cheminées ou hottes ne doivent pas dépasser 0,80 milligramme/minute (mg/min) de particules fines, 0,59 gramme/minute (g/min) de monoxyde de carbone.

Quant aux poêles, appareils de chauffage sans évacuation et lampes à pétrole, les seuils sont fixés à 0,23 mg/min pour les particules fines, à 0,16 g/min pour le monoxyde de carbone. Selon l’OMS, 90% des foyers dans le monde se situeraient les normes de qualité de l’air de l’OMS si ces seuils étaient universellement respectés.

L’organisation appelle par ailleurs à cesser tout recours au charbon non transformé et au kérosène. Selon Carlos Dora, coordonnateur à l’OMS pour la santé publique, l’environnement et les déterminants sociaux de la santé, «nous devons développer à grande échelle l’utilisation de combustibles propres tels que le biogaz, l’éthanol, ou le gaz naturel ou le gaz de pétrole liquéfié, moyennant des systèmes de ventilation appropriés, ainsi que l’éclairage par l’électricité solaire (…) Les tarifs des technologies et des combustibles propres devraient être à la portée des foyers aux revenus les plus modestes».

Air

Obésité: tabagisme et pollution, cocktail détonnant

Le 13 novembre 2014 par Romain Loury

 

Pas qu'une question d'alimentation

Pas qu'une question d'alimentation

Chez les enfants et adolescents, vivre exposé au trafic routier ou au tabagisme passif accroît très fortement les risques de surpoids, révèle une étude américaine publiée dans la revue Environmental Health Perspectives. Et encore plus lorsque les deux facteurs sont combinés.

La liste des méfaits de la pollution atmosphérique n’en finit pas de s’allonger. Notamment chez l’enfant: après l’autisme et les troubles de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), l’obésité est à son tour impliquée. Et comme le montre l’étude menée par l’équipe de Kiros Berhane, de la Keck School of Medicine (University of South California, Los Angeles), le risque devient très élevé en cas d’expositions cumulées.

Conduite sur 3.318 enfants âgés en moyenne de 10 ans et suivis pendant 8 ans, leur étude est la première à évaluer l’association de deux facteurs, à savoir le tabagisme passif et la proximité d’un axe routier. Après avoir confirmé leur effet séparé sur l’obésité, déjà suggérée par d’autres travaux, les chercheurs montrent que les enfants victimes du tabagisme passif et très exposés à la pollution automobile sont bien plus souvent en surpoids.

Un effet synergique

Par rapport à ceux ne subissant pas ces risques, ces enfants présentent un indice de masse corporelle (IMC) accru de 2,15 kg/m2 [1] Les chercheurs soupçonnent ainsi un effet synergique entre la pollution routière et le tabagisme passif, la somme des deux étant bien en-deçà de leur association réelle: +0,80 kg/m2 pour la circulation, +0,85 kg/m2 pour le tabagisme.

Reste à savoir quel est le rôle de ces pollutions dans l’épidémie actuelle d’obésité. Selon eux, la pollution atmosphérique aurait eu des effets dévastateurs: «le nombre de kilomètres parcourus par les véhicules, l’exposition à certains polluants atmosphériques, et la construction d’habitations près des axes routiers ont fortement augmenté au cours des dernières décennies», constatent-ils.

[1] Un poids normal se situe entre 20 et 25 kg/m2, un surpoids entre 25 et 30 kg/m2 et une obésité au-dessus de 30 kg/m2. L’IMC se calcule en divisant le poids (en kg) par la taille (en mètres) élevée au carré.

 

Parfois «irrespirable, notre air est cancérogène»


Publié le 25/11/2014 à 03:51, Mis à jour le 25/11/2014 à 08:36

http://www.ladepeche.fr/article/2014/11/25/1998275-parfois-irrespirable-notre-air-est-cancerogene.html

Environnement - Haute-Garonne - Santé

La marche et le vélo, comme le défend l'association 2 pieds 2 roues, pourrait être un remède contre la pollution/DDM, archives Nathalie Saint-Affre

La marche et le vélo, comme le défend l'association 2 pieds 2 roues, pourrait être un remède contre la pollution/DDM, archives Nathalie Saint-Affre

France nature environnement tire la sonnette d'alarme sur la pollution de l'air. Et propose des solutions qui doivent être adoptées par tous les acteurs économiques .

Si l'air que nous respirons semblait «bon», hier, selon le baromètre quotidien dressé par l'Observatoire régional de l'air en Midi-Pyrénées (Oramip), il peut aisément devenir «irrespirable». Si tous les acteurs économiques – transports (63 %), agriculture (14 %), secteurs résidentiel et tertiaire (14 %) et industriels (9 %) – ne font pas rapidement des efforts pour réduire leur taux de pollution, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) prédisent les pires scénarios. L'OMS a déjà tiré la sonnette d'alarme, le 17 octobre 2013, en classant «la pollution de l'air extérieur comme cancérogène certain pour l'homme». En Midi-Pyrénées, la fédération France nature environnement (FNE) se mobilise «pour que cette dégradation inquiétante de notre air soit connue de tous et que la reconquête de la qualité de l'air s'accélère».

Cette année, France nature environnement a placé deux capteurs sur le toit de la Maison de l'environnement à Toulouse et ainsi «montrer que, ici aussi et quelle que soit la zone urbaine, l'air est irrespirable». La fédération estime que la pollution de fond – qui se mesure dans les lieux éloignés de toute source directe de pollution, par exemple dans les parcs – a «plus d'impact sur la santé (des personnes considérées en bonne santé) que les pics ponctuels de pollution de l'air». En zone urbaine, «une évolution de notre modèle de mobilité serait le principal levier pour améliorer la qualité de notre air», explique-t-on à la FNE.

«Diminuer le transport»

«En matière de mobilité, ce qu'il faut c'est faire moins de transport mais aussi mieux et autrement. Et puis, il n'y a pas une seule et unique bonne solution, il faut tenir compte des réalités de chaque territoire pour améliorer les choses», estime José Cambou qui pilote le réseau santé environnement de la FNE. Si le vélo est loin d'avoir supplanté la voiture à Toulouse, une étude européenne, pilotée par l'Institut de veille sanitaire, montre notamment qu'une diminution des particules fines (inférieures à 2,5 microns) de 14,2 microgrammes par mètre cube à 10 microgrammes par mètre cube permettrait à chaque Toulousain de gagner 3,6 mois d'espérance de vie.

En ligne de mire, les moteurs diesel qui «favorisent la formation de particules diesel de l'ordre de 1 micromètre», assure la FNE. Chaque jour, un adulte inhale entre 10 et 20 m2 d'air et en dehors de l'oxygène, cet air contient aussi des polluants. Plusieurs arrêtés préfectoraux sont régulièrement pris dans la région pour informer et alerter la population.


Repères

Le chiffre : 63 %

transport >Premier pollueur de la région. Parmi les principales sources de pollution, les transports – voiture, diesel – arrivent loin devant l'industrie

«Nous devons faire face à un réel problème de santé publique.»

José Cambou, vice-présidente de la fédération France nature environnement Midi-Pyrénées


La pollution coûte de plus en plus cher en France

La facture est conséquente, de l'ordre de 20 à 30 milliards d'euros par an en France métropolitaine rien que pour les coûts sanitaires liés à l'air extérieur. Une mauvaise qualité de l'air a pour conséquences une augmentation des consultations médicales, des passages aux urgences, des prescriptions de médicaments, des journées d'absence au travail, mais aussi la dégradation des bâtiments publics et la baisse du rendement des cultures pour ne citer que quelques exemples. Selon José Cambou, vice-présidente de FNE Midi-Pyrénées, «nous devons faire face à un réel problème de santé publique».

Certaines populations sont plus vulnérables que d'autres en termes d'effets des polluants atmosphériques sur la santé : jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées, personnes souffrant de pathologies chroniques (asthmatiques). D'autres populations sont plus exposées : par exemple, les personnes pratiquant une activité sportive (en raison de l'augmentation de la ventilation lors de l'activité physique), les personnes vivant à proximité de grosses infrastructures de transport, etc.

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