En France, le sous-sol regorgerait également de cette manne et les industriels du secteur, comme Total et GDF, réclament des autorisations de forage pour permettre de quantifier les réserves de gaz. Mais, après l’annonce par François Hollande, le 14 septembre 2012, du refus des demandes de permis, ils déclenchent l’offensive et affûtent leurs arguments. « Le fait de dire “Je refuse d’expérimenter”, s’indigne Jean-Louis Beffa, ancien PDG de Saint-Gobain, ça ressemble à l’attitude de l’Eglise catholique qui interdisait de penser à Galilée ! » Ils mettent en avant la création de milliers d’emplois, l’accès à l’indépendance énergétique et vont jusqu’à pratiquer le green washing. « Il y a eu toute une campagne sur cette idée qu’il y aurait une exploitation propre des gaz de schiste, se révolte Delphine Batho, l’ex-ministre de l’Ecologie, qui dit avoir fait les frais du lobbying pro-gaz de schiste. Un pipeau total ! » Ainsi, une société américaine, Ecorpstim, arrive à convaincre le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg de l’efficacité d’un nouveau procédé écologique, qui fracturerait la roche avec un propane non inflammable. Pour Jacques Thibieroz, « c’est une molécule qui a trois mille fois plus d’impact en équivalent CO2 sur l’effet de serre, qui coûte très cher et qui n’a pour l’instant jamais été utilisée ».
Mais les lobbyistes n’hésitent pas à noyauter les organes du pouvoir et s’appuient sur des hauts fonctionnaires pour faire passer leurs idées. A Paris, comme dans les plus hautes instances européennes, ils agissent en nombre, intensifient leur action et remportent des victoires. Ainsi, le commissaire européen à l’Environnement Janez Potocnik, qui soutenait la lutte contre l’exploitation, finit par échouer en 2012 face à la pression des pays pro-gaz de schiste soutenus par José Manuel Barroso, le président de la Commission lui-même : celle-ci n’adopte finalement que des recommandations et laisse le champ libre aux industriels, qui ne sont désormais plus obligés de faire des études d’impact avant forage. Lors de ce vote crucial, la France s’est abstenue… « Ça veut dire qu’elle a cédé aux lobbies de Gaz de France, de Total et des autres, résume la députée européenne Corinne Lepage. C’est une position schizophrénique et parfaitement hypocrite. »
Mais les lobbyistes n’hésitent pas à noyauter les organes du pouvoir et s’appuient sur des hauts fonctionnaires pour faire passer leurs idées. A Paris, comme dans les plus hautes instances européennes, ils agissent en nombre, intensifient leur action et remportent des victoires. Ainsi, le commissaire européen à l’Environnement Janez Potocnik, qui soutenait la lutte contre l’exploitation, finit par échouer en 2012 face à la pression des pays pro-gaz de schiste soutenus par José Manuel Barroso, le président de la Commission lui-même : celle-ci n’adopte finalement que des recommandations et laisse le champ libre aux industriels, qui ne sont désormais plus obligés de faire des études d’impact avant forage. Lors de ce vote crucial, la France s’est abstenue… « Ça veut dire qu’elle a cédé aux lobbies de Gaz de France, de Total et des autres, résume la députée européenne Corinne Lepage. C’est une position schizophrénique et parfaitement hypocrite. »
Anne-Laure Fournier
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