Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

A propos de la recommandation sur l'autisme de la Haute autorité de santé (HAS)de mars 2012

http://static.hospimedia.fr.s3-eu-west-1.amazonaws.com/assets/hmd_public/hospimedia-6a318ee2b83f32fc8023aa0712b067b5.png

 

Qualité- La recommandation de la HAS et de l'Anesm sur l'autisme est en partie censurée par le Conseil d'État


Publié
 le 24/12/14 - 15h58 – HOSPIMEDIA | Par  Jean-Bernard Gervais

Le Conseil d'État vient de censurer, en direction des établissements et services médico-sociaux, une recommandation de bonne pratique sur l'autisme. L'Anesm doit présenter de nouveau à ses instances dans les semaines qui viennent cette recommandation, "identique".

 

La recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) et de l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) de bonne pratique "Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l'enfant et l'adolescent", vient d'être en partie censurée par une décision du Conseil d'État, en date du 23 décembre. Cette recommandation, datée de mars 2012, avait été contestée tant sur le fond que sur la forme par l'Association lacanienne internationale (Ali) qui, dans un premier temps, avait introduit un recours gracieux auprès du président de la HAS pour faire retirer cette recommandation, avant de faire appel au Conseil d'État, face au refus de l'Agence d'accéder à sa demande. L'Ali demande au Conseil d'État l'annulation de cette recommandation pour "excès de pouvoir". Il est vrai que, depuis son officialisation, elle avait suscité une vaste polémique, et divisé le microcosme de l'autisme en deux camps : ceux qui la défendaient et ceux qui demandaient son retrait (lire ci-contre). Parmi ses détracteurs, on comptait nombre d'associations psychanalytiques. La raison de leur courroux ? La recommandation de la HAS ne recommande pas les approches psychanalytiques du traitement de l'autisme :"L’absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur : les approches psychanalytiques ; la psychothérapie institutionnelle", peut-on lire dans la recommandation. 

Pas de consultation du conseil scientifique de l'Anesm


Aussi, pour fonder son recours, l'Ali tente de mettre en exergue dans le mémoire qu'elle a fait parvenir au Conseil d'État, une discrimination de la HAS vis-à-vis de la psychanalyse. Ce dont ne convient pas le Conseil d'État : "il ne ressort pas des pièces du dossier que la composition des groupes de travail constitués en vue de l'élaboration de la recommandation attaquée, qui comprenaient des partisans des diverses approches existant dans le traitement de l'autisme, y compris psychanalytique, aurait été manifestement déséquilibrée." D'ailleurs, selon le Conseil d'État, pas plus qu'elle ne discrimine les méthodes psychanalytiques, elle n'avantage d'autres méthodes : "Elle ne valorise pas exclusivement ces méthodes [éducatives, comportementales et développementales, NDLR] mais cite notamment la psychothérapie parmi les interventions thérapeutiques à associer selon les besoins." Cette recommandation, sur cet aspect-là, à savoir l'absence de discrimination vis-à-vis de telle ou telle méthode, ne serait pas "entachée d'erreur manifeste d'appréciation".

En revanche, le Conseil d'État est plus critique sur la démarche adoptée par l'Anesm. En effet, l'Agence n'a pas soumis à son conseil scientifique, pour avis, cette recommandation de bonne pratique. Si le conseil scientifique n'a pas été saisi, fait valoir l'Anesm, c'est tout simplement parce que ses nouveaux membres n'avaient pas été nommés. Mais, pour le Conseil d'État, cette raison n'est pas recevable : à charge pour l'État, de "procéder en temps utile à la nomination des membres du Conseil". Conséquence, l'Anesm a validé ladite recommandation au terme "d'une procédure irrégulière". Du fait de cette procédure illégale de l'Anesm, le Conseil d'État a donc décidé d'annuler cette recommandation en direction des établissements et services sociaux et médico-sociaux mais il la maintient pour les professionnels de santé. 

Malgré cette annulation partielle, le ministère de la Santé s'est félicité de cette décision qui "valide l'application aux professionnels de santé et aux établissements de santé de la recommandation", tout en demandant à l'Anesm de"présenter d'ici fin janvier 2015 à ses instances une recommandation identique qui respecte la procédure pour une nouvelle adoption avant la fin du premier trimestre 2015".

Tous droits réservés 2001/2014 — HOSPIMEDIA

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article