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L’eugénisme scientifique est-il une violation ou la condition de l'homme moderne en Europe?

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droits humains
13.10.2017 …
Conseil de l'Europe : vers une régulation internationale de l'édition du génome? 

Ce jeudi 12 octobre, le Conseil de l’Europe doit examiner un rapport sur « le recours aux nouvelles technologies génétiques chez les êtres humains », présenté par la sénatrice écologiste belge Petra de Sutter.

 

Le rapport doit attirer l’attention sur « le risque d’utilisation inappropriée ou abusive de la technologie dans le but de produire un individu ou un groupe d’individus dotés de caractéristiques particulières ou de certaines qualités requises », « autrement dit, la mise en œuvre d’une forme d’eugénisme ».

 

En ligne de mire, Crispr-Cas9, ces « ciseaux génétiques » utilisés à l’origine « dans le cadre de recherches sur le cancer ». « La modification intentionnelle du génome humain franchirait (…) des limites jugées inviolables », alors même que « les implications potentielles de telles mutations génétiques, qui pourraient se révéler chez un individu plusieurs générations après la manipulation du gène de l’un de ses ancêtres », sont inconnues.

 

Le cadre législatif actuel « demeure flou » et la convention d’Oviedo de 1997, qui doit réguler les « applications de la biologie et de la médecine », est jugée « insuffisante ».

 

Au niveau international, « très peu de pays légifèrent sur des nouvelles technologies, essentiellement parce que la technologie progresse plus vite que les autorités de régulation », laissant ces technologies hors contrôle. Le rapport souligne « l’urgence d’une réglementation internationale » concernant la modification du génome humain, pour « éviter les dérives éthiques ».

 

 

Pour aller plus loin :

Le Conseil de l’Europe se penche sur l’édition génétique de l’embryon

[Infographie] Les enjeux de Crispr-Cas9

La « folie CRISPR »

 

 
Sources: 

La Croix, Loup Besmond de Senneville (12/10/2017)

-Revue de presse post- nazie :  la science voudrait obtenir des OGM humains  à partir de  la correction de gènes de bébés d'hommes soit ,mais il faut s' interroger sur l'histoire terrifiante  de la médecine expérimentale menée avant la liberation sur  la fertilité, la transplantation et l'eugénisme La science utilise-t-elle les recherches nazies?

 

 

-Revue de presse post-spéciste ?Que dit l'éthologie sur la prospective spéciste....

 

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Des chercheurs veulent étudier le développement embryonnaire sur des embryons viables et génétiquement modifiés

par Clémence Rivoire 10 octobre 2017

L’émergence des biotechnologies est aujourd’hui au cœur d’un débat éthique. Les découvertes croissantes sur le génome humain entraînent la création de nouvelles thérapies traitant directement l’origine de certaines maladies. Tout d’abord uniquement à visée thérapeutique, ces nouvelles technologies se retrouvent maintenant utilisées pour acquérir une meilleure connaissance du corps humain. Pour la première fois, des embryons viables ont été génétiquement modifiés afin d’identifier les gènes clés indispensables à leur développement. 

C’est dans la capitale londonienne qu’a été effectuée cette étude expérimentale sur le développement embryonnaire. En utilisant la technologie CRISPR-Cas9, Kathy Niakan et son équipe ont pu étudier l’influence du gène OCT4 sur le développement des embryons. Afin d’avoir lieu, cette recherche s’est vu attribuer près de 60 embryons congelés dont l’utilisation devait tout d’abord s’exercer dans le cadre d’une insémination artificielle. Condamnés à être détruits, ces embryons furent légués à la science par des parents dont la FIV s’était déroulée avec succès !

 

Directement congelés après la fécondation, les embryons ont pu être étudiés à partir de leur premier stade de développement cellulaire. L’utilisation de ciseaux nucléotidiques s’est révélée indispensable pour obtenir les résultats attendus.

La biotechnologie CRISPR-Cas9 permet de découper avec grande précision une partie spécifique d’ADN. Après que CRISPR a détecté la séquence à découper, l’endonucléase Cas9 s’attelle au clivage du brin concerné. Ainsi, les chercheurs ont pu facilement supprimer le gène OCT4 de certains embryons puis en observer le développement une semaine durant.

D’après leurs résultats, le gène OCT4 interviendrait bien dans le développement embryonnaire, notamment lorsque l’embryon rentre dans le blastocyste, un des premiers stades embryonnaires s’établissant après les sept premiers jours de développement. Les embryons génétiquement modifiés, c’est-à-dire dépourvus du gène OCT4, n’ont pas pu atteindre cette phase de développement.

Cette étude a été lancée afin d’identifier les gènes clés du développement embryonnaire et ainsi justifier le non-aboutissement de certaines inséminations artificielles. Sur cent embryons, seulement douze arriveraient à terme. Les résultats de cette recherche permettraient donc d’améliorer le processus de fécondation.

En attendant, l’Autorité de la Fécondation et de l’Embryologie humaine a débloqué deux nouveaux budgets pour que le groupe de recherche de l’Institut Francis Crick puisse étudier le rôle d’autres gênes dans le développement embryonnaire.

Source

 -  casques de réalité augmentée HoloLens et main d’œuvre médicale:Bienvenue dans l’ère de la « chirurgie augmentée » !

 

-Pièces et main d’œuvre

Voici  "M. Picq fait de la prospective "la dernière livraison de PMO : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=967

Au cas, toujours possible, où vous auriez eu envie de lire le dernier livre de Pascal Picq (Qui va prendre le pouvoir ? Les grands singes, les hommes politiques ou les robots. Odile Jacob, 2017), laissez tomber, on l’a fait pour vous, et franchement, ce qu’on a fait là, aucune bête ne l’aurait fait. Mais bien sûr, vous n’êtes pas obligés de vous fier à notre recension et vous pouvez juger par vous-mêmes (330 p et 22€90, tout de même. On vous aura prévenus).

Ethologue et paléoanthropologue, maître de conférences au Collège de France, Pascal Picq fait partie de ces vieux mâles plastronnant dans leur territoire académique, tel Michel Serres, Axel Kahn & Jean-Didier Vincent, que leur expertise réelle ou postiche dans leur mince champ de recherche, autorise à pérorer avec plus d’aplomb que le commun des penseurs et des plombiers sur les affaires du monde.

Sa première phrase, « Les grands singes auront disparu d’ici 2050 », d’un détachement et d’une factualité glaçante donne le ton. Pascal Picq n’est pas de ces chercheurs suspects d’une empathie déplacée avec l’objet de leurs recherches. Ni passéisme fixiste, ni nostalgie réactionnaire. M. Picq, paléochnoque, a tellement peur de ne pas être un bon postmoderne.

330 pages de propos de table où les citations de son auteur favori (Pascal Picq) reviennent 42 fois et, tout de même, une leçon, une obsession, une injonction : il faut s’adapter. Aux robots, à l’intelligence artificielle, au-monde-qui-bouge, avec in fine des accents transhumanistes. Seuls les aptes survivent.
Loin d’être le rebelle et le tartarin prométhéen qu’il s’imagine, Pascal Picq est un propagandiste de la soumission. On connaît le proverbe américain, « If you can’t beat them, join them. » (« Si vous ne pouvez les battre, ralliez-vous à eux »). Version sarcastique, à propos du viol, « if you can’t prevent it, try to enjoy it. » (« Si vous ne pouvez l’empêcher, tâchez d’en jouir. ») C’est bien ce que nous enjoint de faire ce grand singe de Pascal Picq. Où Darwin et le darwinisme servent de caution scientifique à un discours de reddition.


Merci de faire circuler,
Pièces et main d’oeuvre

Lisez et faites lire le Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme
(Pièces et main d’œuvre, éditions Service Compris, 2017 - 348 p., 20 €)

http://chimpanzesdufutur.wordpress.com/

****
Prochaines conférences-débat avec Pièces et main d’oeuvre :

  • 26 septembre à 19h30 à Oullins (salle Collovray, 7 rue Parmentier) : “Linky et la vie connectée”
  • 27 septembre à 19h30 à Saint-Etienne : “Linky et la vie connectée”
  • 13 octobre à 19h30 à Paris (Librairie Tropiques, rue Raymond Losserand, 14e) : “Technologie, technocratie, transhumanisme”
  • 14 octobre à partir de 9h à Paris (AEPP, 4 rue Titon, 11e) : colloque “Au-delà du développement” organisé par la Ligne d’Horizon
  • 2 novembre à Sotteville-lès-Rouen : “Linky et la vie connectée”
  • 3 novembre à Rouen : “Linky et la vie connectée”
  • 4 novembre à 18h au Havre (chez Piednu, Fort de Tourneville) : “Linky et la vie connectée”
  • 7 novembre à 18h30 à Paris (Mairie du 2e, 8 rue de la Banque) : “Technologie, technocratie, transhumanisme”
  • 10 novembre à Lille : “Technologie, technocratie, transhumanisme”
  • 11 novembre à Liévin : “Technologie, technocratie, transhumanisme”
  • 13 novembre à Paris (université libre du DOC) : “Technologie, technocratie, transhumanisme”
  • 15 novembre à Saint-Macaire : “Technologie, technocratie, transhumanisme”
  • 16 novembre à Libourne : “Technologie, technocratie, transhumanisme”


(agenda sur https://chimpanzesdufutur.wordpress.com/category/conferences-debats/ )
 

 Corriger les gènes de vos futurs enfants sera bientôt possible

 

Par Ronald Bailey.
Un article de Reason

Cet été, des scientifiques américains ont déclaré qu’ils avaient réussi à éliminer un gène pathogène du génome d’embryons humains.

Sous la direction de Shoukhrat Mitalipov, spécialiste de la biologie de la reproduction à l’Université de la santé et des sciences de l’Oregon, des chercheurs ont utilisé CRISPR pour corriger le génome. Ce procédé permet aux biologistes de couper et de remplacer avec précision les fragments d’ADN qui composent les gènes des microbes, des plantes et des animaux. Dans le cas présent, les chercheurs ont réparé une mutation du gène à l’origine d’une hypertrophie du cœur et entraînant souvent une mort subite en début de vie.

Contrairement aux recherches antérieures en Chine, l’équipe de l’Oregon a indiqué qu’on retrouvait les gènes réparés dans toutes les cellules de 42 des 58 embryons. Dans la plupart des cas, le processus n’a pas créé de nouvelles mutations hors cible. Depuis que le Congrès a interdit aux National Institutes of Health de financer la recherche utilisant les technologies de correction des gènes d’embryons humains, cette étude de faisabilité a été soutenue par des fondations privées et des universités.

Les embryons se sont développés pendant trois jours et n’étaient pas destinés à être implantés pour une grossesse.

Un mois plus tard, d’autres chercheurs ont contesté les résultats, suggérant qu’ils devaient être encore confirmés. Mais pour l’instant, Mitalipov reste fidèle à ses conclusions.

Richard Hynes, chercheur au Massachusetts Institute of Technology, a déclaré au New York Times :

Nous avons toujours dit par le passé que la correction de gènes ne devrait pas être faite, en particulier parce qu’elle ne pouvait pas être effectuée en toute sécurité. Maintenant, on dirait bien que cela pourra être fait en toute sécurité très bientôt.

Si la technique se révélait sans danger, on pourrait permettre à des embryons génétiquement modifiés de se développer in utero sans que soient transmises des affections génétiques familiales aux générations suivantes.

Naturellement, cette avancée déplaît à la clique des bioéthiciens anti « bébé-modèle ».

Marcy Darnovsky, qui dirige le Center for Genetics and Society de Berkeley, à déclaré à la NPR (radio publique, NdT) :

Je trouve que c’est extraordinairement troublant. C’est un mépris flagrant des appels à un large consensus sociétal dans les décisions concernant une technologie vraiment capitale qui pourrait être utilisée pour le bien, mais dans ce cas est utilisée pour préparer une application extraordinairement risquée.

Dans le même reportage de la NPR, David King, qui dirige le groupe britannique Human Genetics Alert explique :

Si les scientifiques irresponsables ne sont pas arrêtés, le monde pourrait bientôt se trouver devant le fait accompli : le premier bébé génétiquement modifié.

Il souhaite que

les gouvernements et les organisations internationales se réveillent et adoptent une interdiction mondiale immédiate de créer des gènes clonés ou génétiquement modifiés avant qu’il ne soit trop tard.

Mais en février, un groupe de 22 scientifiques et autres experts convoqués par l’Académie nationale des sciences a publié « Human Genome Editing : Science, Ethics, and Governance », dans lequel ils refusent de demander une interdiction de correction des gènes embryonnaires. Le comité a conclu :

Les essais de modification du génome germinal doivent être abordés avec prudence, mais la prudence ne signifie pas qu’ils doivent être interdits.

La lignée germinale fait référence au matériel génétique transmis de génération en génération par le sperme et l’ovule.

En août, l’American Society of Human Genetics et dix autres organisations médicales de reproduction et de génétique sont tombées d’accord sur une formulation selon laquelle il n’ y a aucune raison d’interdire la recherche sur la correction génomique embryonnaire entreprise par l’équipe de l’Oregon. Cela dit, compte tenu des questions de sécurité et d’éthique, l’énoncé soutient également qu’à l’heure actuelle, il est toujours « inapproprié d’effectuer une modification génétique germinale aboutissant à une grossesse humaine ».

Finalement, ce que les sceptiques de la correction du génome réclament, c’est quelque chose qui ressemble à l’eugénisme imposé par l’État. Les eugénistes du début du XXe siècle progressiste ont utilisé le pouvoir du gouvernement pour empêcher les parents, par des stérilisations non consensuelles, de transmettre des traits jugés délétères. Aujourd’hui, les eugénistes du XXIe siècle veulent que le gouvernement impose de transmettre des gènes que les parents jugent délétères. Dans les deux cas, l’État est habilité à décider quelle sorte de personnes peuvent naître.

Les gens qui veulent bénéficier d’une correction du génome à la pointe de la recherche cherchent à corriger les gènes qui augmentent le risque de maladie ; et peut-être voudraient-ils modifier des gènes pour augmenter les chances de leur enfant d’avoir un cerveau plus vif, un corps plus vigoureux et une plus grande résistance aux maladies. Les individus ne prennent pas toujours les bonnes décisions en matière de procréation ; mais les parents sont des gardiens du patrimoine génétique humain plus dignes de confiance que tout autre planificateur central.

—

Traduction par Contrepoints de It’s OK to Edit Your Kids’ Genes.

 

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Nos dossiers spéciaux: Génétique Humain génétiquement modifié Maladie génétique séquençage de l'ADN séquençage du génome

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-articles plus anciens: Débats autour de la modification génétique - Radins.com

Par jeanba.leroux le 3/8/17

Grâce à la modification génétique, une pratique controversée, des scientifiques ont réussi à corriger des gènes porteurs d'une pathologie, directement depuis l'embryon.

Des gènes corrigés depuis un embryon humain

Une pratique à cheval entre la médecin et la science-fiction. Pourtant, tout cela est bien réel. Des scientifiques américains ont réussi à corriger des gènes porteurs d'une maladie héréditaire. Des gènes corrigés directement depuis des embryons humains, c'est-à-dire de futurs bébés à naître. Une pratique exceptionnelle qui pourrait permettre de grandes avancées en matière médicale. Ainsi, une telle percée scientifique permettrait notamment de corriger des gènes déficients, directement sur un embryon humain, avant qu'il ne devienne un fœtus. Une fois ces gènes corrigés de toutes les pathologies possibles, l'enfant qui naîtra neuf mois plus tard sera ainsi plus fort, moins sensible à certaines maladies et donc en meilleur santé.

Une pratique controversée

Une pratique controversée, car outre la correction de certaines pathologies dans les gènes humains, elle permettrait notamment de corriger certains gènes bien portants, pour d'autres raisons. On pourrait ainsi choisir par exemple la couleur des cheveux du bébé, la couleur de ses yeux, ou bien carrément d'augmenter la force physique si l'on destine son futur enfant à une grande carrière de sportif. Les chercheurs responsables de ce travail affirment néanmoins en être qu'au stade initial de leur travail, et qu'il n'est pas question que ces embryons soient implantés dans l'utérus d'une femme. Ils sont d'ailleurs prévus pour avoir une durée de vie limitée. Cela dit, cette avancée pourrait être la porte d'entrée à un nouveau grand débat éthique sur la recherche sur l'embryon.

 
Corriger une mutation génétique chez un embryon humain, c'est possible

Des chercheurs américains sont parvenus à débarrasser des embryons humains d’une mutation génétique à l’origine d’une maladie héréditaire du cœur. Crispr-Cas9, la technique dite de «chirurgie du gène» ici employée, démontre son efficacité. Et relance les débats éthiques

 

Ce n’est plus de la science-fiction. Un nouveau pas vient d’être franchi, outre-Atlantique, sur la voie d’un bébé débarrassé d’une maladie génétique grave. Une équipe américaine montre, chez l’embryon humain, l’efficacité et l’innocuité apparente d’une «chirurgie» ultra-précise du génome, un outil nommé Crispr-Cas9, pour corriger l’anomalie d’un gène responsable d’une affection cardiaque héréditaire.

Publiée le 2 août dans la revue Nature, cette avancée technique ne manquera pas de raviver un véhément débat éthique. Est-il justifié d’introduire artificiellement – fût-ce dans un but médical – une modification dans le génome d’un embryon humain? Une telle modification, transmise à la descendance, transformerait le patrimoine héréditaire de la lignée humaine.

Humains OGM

Transgression éthique inacceptable pour les uns, voie inexorablement ouverte pour d’autres: «Bien qu’aucun de ces embryons n’ait été autorisé à se développer plus de quelques jours – l’intention n’a jamais été, ici, de les réimplanter dans un utérus maternel –, cette étude marque une étape importante dans ce qui pourrait être une voie inéluctable vers la naissance des premiers êtres humains génétiquement modifiés», annonçait le journaliste Steve Connor, le 26 juillet, dans la revue MIT Technology Review. Prophétique, ou provocateur?

La mutation pathogène a été corrigée chez 72,4% des embryons humains traités

Paula Amato

Une telle manipulation génétique n’est pas inédite. Les premiers à franchir le Rubicon ont été des Chinois. Dès 2015, ils ont publié les résultats d’une expérience sur des embryons humains visant à modifier le gène responsable d’une maladie héréditaire, la bêta-thalassémie. Mais l’outil de modification du génome utilisé, le fameux Crispr-Cas9, montrait alors trois types de défaillances.

Lire aussi: Chirurgie de l’ADN pour bébé «sur mesure»

Seul un faible taux d’embryons traités portait les modifications recherchées. Des modifications «hors cibles» étaient retrouvées. Et cette méthode donnait souvent des embryons «mosaïques», formés de populations de cellules génétiquement différentes. Autrement dit, une partie de leurs cellules n’avaient pas intégré la modification. Autant de carences confirmées dans deux autres études chinoises, en 2016 et 2017.

Maladie dominante

Dans la présente étude, les chercheurs ont levé ces obstacles, chez 42 embryons humains, un nombre inégalé jusqu’ici. Ils ont pour cela recruté un volontaire souffrant de cardiomyopathie hypertrophique, maladie provoquée par une mutation d’un gène nommé MYBPC3. Pour en être atteint, il suffit d’être porteur d’une seule version mutée de ce gène, sur les deux copies présentes dans nos cellules: la maladie est dite dominante, par opposition aux maladies récessives nécessitant les deux versions mutées pour se développer.

Avec le sperme de cet homme, les chercheurs ont fécondé, in vitro, 58 ovules (ovocytes) issus de femmes en bonne santé. Dans le même temps, ils ont injecté, dans chaque ovocyte, un «kit de réparation» sur mesure de l’ADN, ciblant la mutation du gène MYBPC3. Résultat: «la mutation pathogène a été corrigée chez 72,4% des embryons humains traités», soit 42 des 58 embryons, résume Paula Amato, de l’Université de l’Oregon, qui fait partie des quatre coordinateurs de ces travaux. Les chercheurs ont laissé ces embryons se développer in vitro cinq à sept jours après la fécondation, jusqu’au stade de blastocyste, soit environ 70 à 100 cellules.

Ce kit de réparation du génome est le même outil que celui utilisé par les Chinois: Crispr-Cas9. Mais ici, «l’astuce a consisté à injecter au même moment les spermatozoïdes et ce kit de modification du génome. Et ce, à un stade précis de la division de l’ovocyte. Ce qui accroît le taux d’embryons réparés», explique Alain Fischer, de l’Hôpital Necker à Paris, professeur au Collège de France, un des pionniers de la thérapie génique chez l’homme.

Lire aussi: La «chirurgie du gène», entre promesses et démesure

La réparation s’opère en trois étapes. D’abord, Crispr-Cas9 reconnaît sa cible, le gène muté. Ensuite, un «ciseau à ADN» (Cas9) coupe l’ADN autour de cette cible. Encore faut-il, troisième étape, que les cellules de l’embryon reconstruisent ensuite un gène normal. Pour cela, les chercheurs ont ajouté, dans leur cocktail, une matrice mimant la séquence d’ADN non mutée de ce gène: elle allait servir de modèle, espéraient-ils.

Eh bien non! A la surprise générale, les cellules ont dédaigné cette matrice extérieure. Pour reconstruire ce gène, elles lui ont «préféré» un modèle interne: la copie normale du gène, issue de l’ovocyte. Un mécanisme singulier, propre aux cellules embryonnaires humaines. «Si ce mécanisme est confirmé, cette technique sera moins efficace pour corriger des gènes responsables de maladies récessives, dans lesquelles les deux copies du gène sont mutées, anticipe Alain Fischer. Elles pourront alors plus difficilement servir de modèle.»

Cette étude ouvre la voie à des travaux qui pourraient conduire à une future utilisation clinique de Crispr-Cas9

Nerges Winblad, généticien

Fait remarquable, l’équipe américaine n’a pas retrouvé les effets indésirables montrés par les Chinois. «Après avoir séquencé tout le génome des embryons, nous n’avons trouvé aucune mutation hors cible», se réjouit Paula Amato. De plus, le taux d’embryons «mosaïques» est resté très faible (1 sur 42).

Bénéfice modeste

Selon elle, «cette technique pourrait être utilisée pour prévenir la transmission de maladies génétiques aux générations suivantes, quand le diagnostic préimplantatoire n’est pas possible». Ce diagnostic est mis en œuvre quand un des deux parents ou les deux parents sont porteurs d’une mutation responsable d’une maladie grave, susceptible de se transmettre à la descendance. Une fécondation in vitro (FIV) est alors réalisée avec les cellules sexuelles du père et de la mère, suivie d’un diagnostic génétique des embryons. Seuls ceux qui apparaissent indemnes de la mutation sont ensuite réimplantés dans l’utérus. «Cette méthode pourrait aussi permettre d’augmenter le taux d’embryons indemnes, quand le diagnostic préimplantatoire est possible.»

Lire aussi: Nouria Hernandez: «De nouvelles méthodes rendent les modifications du génome beaucoup plus accessibles»

Mais pour Alain Fischer, «cette approche ne me semble pas justifiée dans ce cas. Avec la FIV, on obtient déjà 50% d’embryons sains, réimplantables. Ici, le taux passe à 72%. C’est un bénéfice très modeste.»

Dans aucun pays du monde, la modification du patrimoine génétique humain n’est autorisée, rappelle-t-il. Sous l’assaut répété des progrès techniques, cette digue finira-t-elle par céder? «Il faut tenir bon sur ce principe éthique», assure Alain Fischer. Mais un glissement s’opère. En témoigne ce troublant rapport de l’Académie américaine des sciences, publié en février 2017. Qualifié de «politiquement explosif» par la revue MIT Technology Review, il recommande d’autoriser, à l’avenir, des modifications génétiques dans des cellules sexuelles humaines, dans certaines circonstances, «pour prévenir la naissance d’enfants atteints de maladies graves».

De fait, «cette étude ouvre la voie à des travaux qui pourraient conduire à une future utilisation clinique de Crispr-Cas9», estiment aussi, de leur côté, Nerges Winblad et Fredrik Lanner, de l’Institut Karolinska à Stockholm, dans un éditorial de Nature. Ils précisent cependant: «Avant d’utiliser cette approche pour traiter des maladies héritées, il faudra confirmer son innocuité […]. Le diagnostic préimplantatoire des embryons après FIV reste la méthode standard pour prévenir la transmission de maladies héréditaires chez des embryons humains.»

Cette étude, n’en doutons pas, sera pour les chercheurs une incitation à aller de l’avant. Au risque de diviser toujours plus la communauté des scientifiques et des spécialistes en éthique médicale. Et, au-delà, la société tout entière.

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 La priorité à la fluidification des capitaux  se fait-elle au détriment des rameurs et autres galèriens?
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 Vrai concert laudateur pour le « forçage génétique » et fausses concertations dans le débat "public".
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