, 16 février 2017
Au Pérou, les ressources végétales sont strictement interdites d’exportation si elles ne sont pas transformées. Pourtant, la quasi totalité des récoltes 2013 et 2014 de maca, un tubercule réputé pour certaines vertus thérapeutiques, a été illégalement achetée aux producteurs par des négociants chinois pour que la Chine produise elle-même cette plante sur laquelle elle a déposé une dizaine de brevets pour la modifier génétiquement. Et la Chine produit aujourd’hui trois fois plus de maca que le Pérou... sans aucune contrepartie pour le Pérou.
Par ailleurs, au début des années 2000, la compagnie américaine Pure World Botanicals a obtenu deux brevets pour s’assurer un monopole d’utilisation de cette plante aux États-Unis, fermant de fait le marché aux paysans péruviens.
Ce film illustre ces cas de biopiraterie [1]. Il documente le pillage du maca, mais aussi la réaction du Pérou qui a mis en place un Institut national de lutte contre la biopiraterie (Indecopi), doté de deux missions : surveiller les dépôts de brevets dans le monde et recenser les connaissances traditionnelles sur la biodiversité du territoire [2]. L’Indecopi a montré que les propriétés du maca étaient connues depuis des siècles et a fait annuler ces brevets.
Enfin, ce film détaille le partenariat d’une entreprise française avec les indiens Ashaninka, pour commercialiser des extraits issus de leurs ressources, après accord et négociation du partage des bénéfices [3].
Une intervention d’Inf’OGM après projection de ce film est visible sur notre site [4]
« Pérou : La nouvelle loi de la jungle », film de F. Reinhardt, R. Vargas, P. Simon et L. Fossart, ARTE GEIE et Découpages – 2015, 24’
[1] voir notre dossier Inf'OGM, « Biopiraterie : comment en sortir ? », , , 16 février 2017
[2] voir Inf'OGM, « Biopiraterie : une autre colonisation », , , 16 février 2017
[3] voir Inf'OGM, « Aïny, une entreprise qui lutte contre la biopiraterie », , 16 février 2017
[4] Inf'OGM, « Biopiraterie et savoirs des peuples (vidéo) », , 28 novembre 2016
-Sur le meme thème :
-Accès aux ressources génétiques : les procédures de partage des avantages sont dévoilés
-et La bible de la biopiraterie
En 1992, les ressources génétiques, dont la plupart se trouvent dans les pays en développement, quittent le patrimoine commun de l’humanité et entrent dans le giron des souverainetés nationales. Désormais, les entreprises ne peuvent plus y avoir libre accès sans avoir à redistribuer une partie des bénéfices qu’elles peuvent en tirer. Posés par la Convention sur la diversité biologique (CDB), ces principes constituent la base sur laquelle un partage équitable des avantages issus de la biodiversité et des connaissances devait s’organiser.
Presque dix ans après la signature de la CDB, P.W. Johnson revient sur le phénomène de la biopiraterie [1] en proposant un nouvel éclairage de cette notion et de celle de biocommerce éthique. Analysant les enjeux de la biopiraterie et les textes juridiques pertinents, P.W. Johnson montre comment la lenteur des États pour traduire les principes de la CDB dans leurs législations nationales a laissé aux entreprises une latitude pour les interpréter et mettre en place des partenariats avec les communautés autochtones. Mais il montre que les relations entre les entreprises et les producteurs et communautés locales sont plus ou moins étroites et horizontales selon leur taille. P.W. Johnson propose aussi une évaluation de la pertinence des labels et des systèmes de garantie pour garantir le respect de ces nouveaux principes et des pistes pour élaborer des modèles de préservation et de partage des savoirs liés au vivant.

-Note "Par contre ",par l'administration du blog,il y a ce texte adopté définitivement mercredi 15 février 2017 ,qui"fait suite aux rachats de crus prestigieux ou de terres céréalières par des investisseurs français ou étrangers, notamment chinois. "