La page de l'émission : C'est notre Planète
par Virginie Garin , Loïc Farge publié le 07/09/2016 à 08:03
Partager
C'est une bonne nouvelle pour les apiculteurs qui sont au bord du gouffre. La récolte de miel est catastrophique. Les pesticides ne sont pas la seule cause de la mort des abeilles - cette année, c'est plutôt la météo -, mais ils y contribuent. L'entreprise Bayer voulait mettre sur le marché un nouveau produit, un cousin du Gaucho, de la famille des néonicotinoïdes. L'entreprise a fait une demande a l'autorité compétente en France,l'Anses, qui a donné un projet d'avis positif. La ministre a dit non. Trop d'abeilles disparaissent. En plus, ces fameux néonicotinoïdes ont été récemment interdits dans la loi sur la biodiversité. En principe pas avant 2018, mais tant pis.
En attendant, pas question d'autoriser de nouveaux produits. Ségolène Royal a aussi décidé d'interdire le désherbant Roundup, en vente libre dans les jardineries. Il faudra s'adresser désormais pour en acheter à un vendeur conseil, un peu comme dans les pharmacies. Ces décisions contrarient évidemment les agriculteurs, qui parfois ne peuvent pas faire sans les pesticides. Mais Ségolène Royal a un autre argument : celui de la santé.
Il est compliqué pour l'instant d'évaluer les impacts exacts des pesticides que nous mangeons tous les jours en petit quantité. Il y a des doutes, pas de certitudes. C'est pourquoi aussi le ministère de la Santé, de son côté, va lancer une étude nationale dans toutes les zones viticoles de France, où sont largement utilisés ces produits. Une étude de grande ampleur pour savoir peut-être enfin s'il y a ou non un lien entre certains cancers des enfants et les pesticides.
Au cœur du mois d'août, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation et de l'Environnement (ANSES) a lancé une consultation "publique" en vue d'autoriser deux insecticides. Cette consultation se termine ce lundi 5 septembre.
3745 participants
De nombreuses études démontrent l'effet toxique des insecticides néonicotinoïdes. Chaque année, 300000 colonies d'abeilles disparaissent en France. Tout dernièrement, l'INRA a mis en évidence l'impact fatal de l'imidaclopride sur les reines. Or, c'est justement l'imidaclopride qui est utilisé dans les insecticides néonicotinoïdes que l'ANSES veut autoriser.
Or, l'ANSES ne peut ignorer que la loi pour la reconquête de la Biodiversité a été publiée au Journal Officiel le 08 août 2016. Cette loi interdit dès 2018 l'utilisation des insecticides...
Pourtant et sans perdre de temps, l'ANSES a mis en ligne une consultation le vendredi 12 août (veille du pont du 15 août !) en vue d'autoriser l'utilisation de deux insecticides ! Cette consultation se termine le 05 septembre à minuit !!!
Une étude parue le 31 aout montre que la survie des abeilles reines, et donc la production de nouvelles ouvrières, était fortement affectée par une exposition conjointe à un insecticide et au champignon parasite Nosema cerana.
http://www.lafranceagricole.fr/actualites/abeilles-insecticide-parasite-un-cocktail-fatal-1,0,2483140017.html
Nous invitons tous ceux qui le peuvent à s'exprimer directement sur le site de la consultation avant ce soir
https://www.anses.fr/fr/content/consultation-publique-sur-les-projets-de-décisions-d’autorisations-de-mise-sur-le-marché-des