Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Protéger la population des nouvelles techniques de modification génétique .

Communiqué de presse
Neuchâtel, le 18 août 2016

L’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) simplifie de manière inadéquate

Les risques liés aux nouvelles techniques de modification génétique sont à évaluer correctement pour protéger la population

Les plantes, mais aussi les animaux ou tout autre organisme dont le génome a été modifié par une des nouvelles techniques de modification génétique (NTMG) ne doivent pas être disséminés dans l’environnement sans avoir subi une évaluation du risque indépendante. Nous recommandons une régulation de ces techniques selon le droit sur le génie génétique. Sinon, les organismes produits ne seraient ni évalués, ni étiquetés ce qui serait en contradiction avec la volonté populaire qui ne souhaite voir des OGM ni dans les champs ni dans les assiettes. Le principe de précaution et de causalité doit aussi s’appliquer.

L’Académie suisse des sciences naturelles, au travers de son forum génie génétique, recommande que les NTMG ne soient pas régulées selon le droit sur le génie génétique (Loi sur le génie génétique). En faisant cela, elle ignore l’état actuel des connaissances scientifiques, contourne le dialogue sociale nécessaire pour valider l’utilisation de ces technologies et se fait le lobbyiste et le porte-parole des revendications de l’industrie.

Le fonctionnement de l’objet à modifier (l’ADN, le génome) et des outils utilisés pour modifier l'ADN (ces nouvelles techniques) ne sont pas encore bien compris ; dès lors, même une plus grande exactitude au niveau du découpage sur la séquence génétique ne signifie pas plus de précision dans son ensemble et surtout pas plus de contrôle. Il est impossible d'être précis lorsque le fonctionnement de l’objet à modifier et de l'outil qui modifie ne sont pas bien compris.

Le concept de « correction précise » d’un génome qui mène à un résultat biologique précis dépend fortement du concept simpliste et réductionniste qui dit que les gènes sont des entités bien définies qui produisent des éléments bien définis (une protéine, un composé cellulaire, etc.). C’est en fait ce paradigme génétique qui est enseigné dans les écoles secondaire et qui est présenté au public. Il est malheureusement désuet. En présentant le travail de sélection végétale comme simple et précis, SCNAT contourne 20 ans de connaissances scientifiques. Nous vivons une situation paradoxale où les généticiens, qui devraient être les plus à même de juger l’étendue du « non savoir », sont ceux qui actent de la manière la moins responsable.

L'argumentation utilisée pour justifier l’utilisation de ces technologies et valider les applications est toujours la même : guérir les maladies, anéantir les pathogènes, nourrir un monde affamé. Ce n’est qu’un mythe. Il y a 20 ans, avec la transgénèse, on nous promettait déjà une diminution de la consommation des pesticides, la disparition des ravageurs et la fin de la faim dans le monde.

Pour y arriver, pas besoin de génie génétique, mais de plus d’agroécologie et d’agriculture biologique. Elles délivrent les résultats attendus partout dans le monde où elles sont mises en place.

La politique agricole suisse, la stratégie nationale de sélection végétale et la stratégie qualité ont besoin d’une Suisse sans OGM pour prospérer. La Suisse ne peut pas jouer sur tous les tableaux à la fois. La production sans OGM a un grand potentiel de valeur ajoutée dans les années à venir et jouira d’une demande accrue par le consommateur. StopOGM défend un travail de sélection qui correspond aux besoins de l’agriculture biologique et de l’agroécologie. Ce travail se fait avec les agriculteurs et avec l’environnement, pas dans un labo par des généticiens éloignés des besoins réels de l’agriculture.

Pour plus d’inlIREformations :

Dr Luigi D’Andrea, secrétaire exécutif de StopOGM
077 400 70 43

et un autre article de fond de stopogm.:

Réflexions éthiques sur les nouvelles techniques de modification génétique

www.stopogm.ch

Ces dernières années ont vu la mise au point de plusieurs techniques de sélection végétale permettant d’intervenir sur le génome de la plante pour le modifier. On peut ainsi induire des résistances contre des maladies, des insectes ravageurs ou des herbicides. Si beaucoup de ces procédés en sont encore au stade de la recherche fondamentale, plusieurs d’entre eux servent déjà au développement de plantes qui seront bientôt commercialisées. Certaines technologies combinent des procédés de génie génétique avec des méthodes conventionnelles, d’autres déclenchent des mécanismes de réparation propres à la plante pour induire un changement dans son génome. La question qui fait actuellement débat est de savoir si ces nouvelles techniques doivent ou non entrer dans le champ du génie génétique.

La Commission fédérale d’éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain CENH conseille les autorités fédérales en matière d’élaboration de la législation relative à la biotechnologie et au génie génétique dans le domaine non humain. Elle soumet des propositions de réglementation des applications biotechnologiques portant sur des animaux, des plantes et d'autres organismes, informe le public sur les questions et les sujets qu’elle traite et encourage le dialogue sur l'utilité et les risques des biotechnologies. Dans sa prise de position, la CENH explique que les réflexions qui ont été menées sur le génie génétique « traditionnel » doivent l’être aussi sur les nouvelles techniques, en particulier sous l’angle de l’éthique du risque et de la liberté de choix. A son avis, les procédés de sélection végétale peuvent être classés selon des points de vue très différents : on peut se baser sur les objectifs de recherche, sur les domaines d’application, sur les risques inhérents aux techniques ou sur les propriétés de leurs produits. Cela étant, une classification n’est jamais purement descriptive ; elle est toujours liée à des jugements de valeur, que ce soit implicitement ou explicitement.

Le choix des critères utilisés pour délimiter les nouveaux procédés par rapport aux méthodes conventionnelles du génie génétique a également des effets sur la réglementation juridique, écrit la CENH. Le recours aux plantes issues de techniques de modification génétique est soumis à des procédures d’autorisation spéciales destinées à évaluer leurs risques. Pour évaluer les nouveaux procédés, il importe de déterminer avec soin dans quelle mesure on peut, d’une part, se baser sur les enseignements tirés des méthodes de sélection traditionnelles et dans quelle mesure il faut, d’autre part, faire intervenir les standards appliqués aux plantes génétiquement modifiées. Cette démarche est d’autant plus importante qu’il n’existe à ce jour pratiquement aucune donnée scientifique concernant l’impact des nouvelles méthodes sur l’environnement. C’est pourquoi la CENH a confié à l’office fédéral de l’environnement autrichien (UBA) la réalisation d’une expertise sur l’évaluation des risques liés aux nouvelles techniques de sélection végétale.

Compte tenu des faits, la CENH préconise que pour évaluer les nouvelles techniques, l’on se base aussi bien sur le procédé utilisé que sur le produit généré. Réduire l’évaluation à l’examen du seul produit, comme d’aucuns l’exigent aujourd’hui, n’est pas suffisant à son avis.

-Lire aussi l'opinion contradictoire

La loi est dépassée, estime le Forum Recherche génétique de l'ASSN ...

de www.swissinfo.ch/..,

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article