"Retirez le #PJLRenseignement, le Big Brother français #StopLoiRenseignement"
L'Assemblée Nationale examine en ce moment en procédure accélérée un texte menaçant nos libertés individuelles : le projet de loi relatif au renseignement prévoit de légaliser le droit pour les services secrets d'accéder à toutes nos données personnelles.
Nous ne sommes ni des extrémistes libertariens ni des paranoïaques. Politologue-enseignant et directrice de cabinet de communication, nous avons décidé de lancer cette pétition en tant qu'habitants ordinaires de la France qui refusent simplement de vivre dans un "Etat policier numérique".
Nous demandons solennellement au Premier ministre Manuel Valls de retirer le projet de Loi Renseignement et aux parlementaires de rejeter ce texte, nous appelons la société civile française tout entière à se mobiliser dans ce but.
Nous refusons le chantage à la menace terroriste érigé en argument d’autorité anti-libertés. Sur un sujet aussi grave que la définition du point d’équilibre entre sécurité et liberté, nous refusons la procédure accélérée au Parlement. Nous refusons que la consultation des ONG et de la société civile en général soit bâclée, qui plus est en les convoquant à la toute dernière minute. Sur des questions aussi vitales pour un régime démocratique, nous exigeons un débat approfondi, ouvert, transparent, pluraliste et public.
Nous refusons de légaliser le droit pour les services secrets de lire tout courriel, d’écouter toute conversation téléphonique, de lire tout SMS, de mettre tout espace privé sur écoute. Nous refusons de leur donner la permission de traquer l’utilisation de toute carte bleue, de tout téléphone, de tout passe transport, ce qui revient à une « super-filature » de tout un peuple. A fortiori, nous refusons que cela soit légal sur toute la population de France, et nous refusons que des motifs aussi vagues que "sécurité nationale" suffisent pour le faire.
Nous refusons de légaliser une NSA française qui stockerait tout sur tout le monde pour ensuite seulement faire le tri. Nous refusons que, pour pouvoir aspirer dans leurs filets dérivants la vie privée de tout un peuple, les services secrets aient pour seul barrage la permission du Premier ministre. Par extension, nous refusons que les contrôles sur ces agissements se fassent systématiquement a posteriori : car dans ce cas, la commission de contrôle n’aura aucun moyen de savoir si les services cachent quelque chose à sa supervision.
Nous refusons que disparaisse ainsi la protection des sources des journalistes, essentielle à la liberté d’informer et d’être informé. Nous refusons que disparaisse ainsi le secret professionnel qui protège les liens entre un citoyen et son avocat. Nous refusons que disparaisse ainsi la difficulté pour les polices de faire intrusion dans notre vie privée : car sans cette difficulté, les libertés d’opinion et d’expression disparaissent, directement ou par autocensure. Bref, nous faisons nôtre cette vieille maxime latine, "Quis custodes custodiet ? » : « Qui nous protègera contre ceux qui nous protègent ?".
Adressée à
Premier Ministre Manuel Valls
Président du groupe "Union pour un Mouvement Populaire" M. Christian Jacob
Président du groupe "Union des démocrates et indépendants" M. Philippe Vigier
et 12 autres
Président du groupe "Radical, républicain, démocrate et progressiste" M. Roger-Gérard Schwartzenberg
Présidente du groupe "Écologiste" Mme Barbara Pompili
Président du groupe "Gauche démocrate et républicaine" M. André Chassaigne
Président de la commission des lois M. Jean-Jacques Urvoas
Président du groupe "Socialiste, républicain et citoyen" M. Bruno Le Roux
Président du groupe "Union pour un mouvement populaire" M. Bruno Retailleau
Président du groupe "Socialiste et apparentés" M. Didier Guillaume
Président du groupe "Union des Démocrates et Indépendants - UC" M. François Zocchetto
Présidente du groupe "Communiste Républicain et Citoyen" Mme Éliane Assassi
Président du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen M. Jacques Mézard
Président du groupe écologiste M. Jean-Vincent Placé
Délégué M. Philippe Adnot
Retirez le projet de Loi Renseignement : c'est un Big Brother français.
Un entretien avec Noam Chomsky proposé par Fabien Delmotte du site autrefutur.net.
Noam Chomsky analyse ici la situation sociale aux États-Unis ainsi que le rôle des mouvements sociaux. Il nous parle également du syndicalisme et du mouvement Occupy Wall Street.
Extrait :
Quels sont, de nos jours, les activités militantes ou les mouvements sociaux qui vous paraissent les plus intéressants aux États-Unis ?
NC : Et bien, il y en a de différentes sortes. Et si on compte les participants, cela fait relativement beaucoup. Mais ils sont assez dispersés, ils tendent à être orientés vers des questions spécifiques. Donc il y a un mouvement sur, disons, les droits homosexuels ou les questions d’environnement ou « Black lives matter » (« les vies noires comptent »), ces sortes de choses. Beaucoup de ces différents mouvements sont vaguement sympathisants les uns à l’égard des autres mais ils ne sont pas intégrés à quelque chose de plus global. Il y a des tentatives pour le faire. Une des plus intéressantes, à mon avis, est une organisation qui a été initiée par Gar Alperovotiz et James Speth, Next System Project (« Projet de Prochain Système »). C’est un effort intéressant pour essayer d’intégrer ces différentes tendances et les orienter vers des objectifs assez radicaux. Principalement changer la structure de la propriété. Donc, c’est un des quelques efforts qui vont vraiment au cœur du système économique et politique. Les idées vont de l’élimination totale de ce dernier en faveur de communautés basées sur les conseils ouvriers, etc. à des efforts plus limités pour développer des entreprises détenues par les travailleurs, des communautés démocratiques, déplaçant la responsabilité des entreprises vers celle de ceux qui la détiendraient ou de ses parties prenantes, en présentant ainsi une sorte d’aperçu du système projeté. Donc, ils essaient d’intégrer toute cette gamme d’efforts, tout l’éventail des mouvements sociaux existants : mouvements Lesbiens, Gays, Bisexuels et Transgenres(LGBT), écologistes, tout...
Mais ce n’est que le commencement. Je veux dire, c’est un pays très atomisé. Les gens ne se parlent pas. Prenons Boston, il y a des gens dans différentes parties de la ville qui travaillent sur les même sujets et qui ne se connaissent pas. En fait, je donne beaucoup de conférences dans le pays. Un des principaux objectifs, pour moi du moins, est d’amener les gens à se retrouver dans le même endroit. Les gens ne se connaissent pas mais ils font la même chose. Ils se rendent à la conférence, font connaissance, lisent leur littérature respective, etc... C’est un problème majeur, spécialement dans un grand pays dispersé comme celui-ci.
Il aborde la question scolaire et universitaire en fin d’entretien.
A lire ici : http://www.autrefutur.net/A-propos-des-Etats-Unis-et-des