Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

"Tout individu qui ne soutient pas l’injustice et la mort ... n’est pas un bon français."

mondafrique.com

Un bon français ne doit pas défendre la Palestine

editos - Par Jacques Marie Bourget - Publié le 11 Mai, 2015

Après avoir vécu 45 ans en France, Chérif Boudelal s'est vu refuser la nationalité française, pour avoir participé à des manifestations pro palestiniennes. Soit un crime de lèse intégration.

Avis à la population. Tout au moins à celle qui ne compte pas. Du genre pas « de souche », très immigrée avec des noms peu catholiques, de ceux qui font trembler Robert Ménard. Que ces hommes et ces femmes sachent, s’ils souhaitent obtenir la nationalité française, qu’il leur est désormais interdit de protester contre le misérable sort fait à la Palestine. Pour ceux-là, les : « Nous sommes tous des Palestiniens », « Halte aux bombes sur Gaza », « Stop au blocus » sont interdits… C’est non, non, non ! La loi est la loi, dure mais juste, et elle est nouvelle : on ne saurait être Français et manifester contre la mort, lente ou rapide, à Gaza. Protester contre les enfants que l’on tue, les femmes que l’on assassine, les vieux que l’on exécute et les missiles pulvérisent.

Terroriste présumé

Pour avoir manifesté sa solidarité à ce peuple nié, assassiné, le sieur Chérif Boudelal s’est fait renvoyer sa demande de nationalisation à la figure, tout cela dans une lettre bancale signée par un certain Jean-Michel Giraudet. Le courrier date de 2010, mais ce n’est qu’aujourd’hui que celui qui se voit recalé national l’a rendu public et l’affaire reste un cas d’école.

Un type formidable, ce Giraudet, n’est-il pas, alors, le « Chef du second bureau des nationalisations », un job qui n’est pas donné à tout le monde et l’on souhaite à ce monsieur d’accéder au plus vite à la tête du « Premier bureau ». En préambule, demandons à monsieur Giraudet, l’auteur de la missive, d’observer que -pour un Arabe- monsieur Boudelal est pourtant une perle : il n’a assassiné personne, volé personne et jamais dévoré de petits enfants. Mais ces états de service ne suffisent pas.

Notre homme de l’Intérieur (qui n’est pas sans qualité) et qui porte aussi le titre considérable de « Conseiller d’administration », observe que l’impétrant n’a pas de « revenus suffisants »… C’est vrai, il vit moins largement que la présidente de l’INA et roule moins en taxi. Il survit comme des millions de citoyens de chez nous. Survit pour partie avec un subterfuge peu recommandable, par exemple celui d’écrire des livres comme « l’Immigration de peuplement en France au XXIe siècle », bouquin qui ne dit pas que du bien du passé de notre pays chéri.

Non, ce qui grippe l’affaire, fige l’huile dans les rouages de « l’intégration », c’est le goût qu’a le camarade Chérif de lutter contre l’injustice. Là, je comprends le Conseiller-Chef. Imaginons que, devenu Français, Monsieur Boudelal se mette à protester contre le chômage, l’école à quatre vitesses, la TVA si injuste et autres contrôles au faciès ? Admettre ce type d’individu dans notre chaleureuse communauté c’est prendre un vrai risque terroriste. Et, par parenthèse, il est plus que vraisemblable que cet indigène venu d’ailleurs, soit assez peu Charlie et bien incapable de réciter une seule page des sublimes œuvres de Philippe Val, le nouveau catéchisme virtuel qui sert de sas pour passer sous les plis du drapeau tricolore.

"Paix comme Palestine"

Ainsi donc le sieur inapte à la France, nous dit le Chef dans un style imitable, mais admirable puisqu’il fait une économie de mots donc d’imprimante. Notre ami serviteur de l’Etat écrit : « vous avez des liens un mouvement responsable d’actions violentes et prônant une pratique radicale de l’islam : le collectif « paix comme Palestine ». Observons qu’il manque le mot « avec » entre « liens » et « mouvement » ; et que « Paix » prend une majuscule. Mais fermons les yeux au nom de cette encre qui n’est pas jetée par les fenêtres. Quand même, cela dit en passant, on pourrait envisager de faire passer des tests d’écriture au « Deuxième bureau » afin de vérifier si son mauvais usage du français courant est compatible avec sa qualité de « Français »…

Or donc, le Chef du Second bureau des nationalisations n’est pas un ignorant, sans quoi il ne serait pas là. Il dit donc qu’il sait, lui Giraudet, que « paix comme Palestine » est : « le relais local du comité de bienfaisance et de secours aux palestiniens ». Observons, toujours le même symptôme que notre fils de Courteline est fâché avec les capitales (comme la peine). Si le sieur Giraudet écrivait au président de la République, il en mettrait dans grandes et grosses lettres à tous les mots pour terminer par « que Votre Grâce veuille bien accepter de mon infime personne l’expression…. de mon immense Considération ». Là, pas du tout, le Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens (CBSP) ne plait pas au citoyen Giraudet. Alors il le minuscule.

Enfin que découvrons-nous (mais, bon Dieu, que fait la DGSI ?), que Boudelal le 17 janvier 2009 à Avignon, alors qu’un doux Plomb durci réchauffait opportunément Gaza, que Boudelal a saisi un mégaphone pour donner des nouvelles, venues de la Bande. Des nouvelles (chaudes) communiquées par le Hamas. Ben dis donc. Ce type au lieu de demander la Nationalité ferait mieux de se réjouir de ne pas être au trou pour « liens avec une entreprise terroriste ». En plus, notre ennemi de l’Intérieur demande la libération de George Ibrahim Abdallah, un ami de la Palestine qui est otage en France depuis trente ans.

Moralité : tout individu qui ne soutient pas l’injustice et la mort -ce que propose gentiment Israël aux Palestiniens- n’est pas un bon français

-Autre information ,par Ali Abunimah, le mercredi 20 mai 2015 – Traduction R.M pour BDS France.

L'administration du président français François Hollande est déterminée à combattre les droits des Palestiniens en France et au delà.

Le gouvernement du président français François Hollande renouvelle ses efforts pour saper de façon irréparable les droits fondamentaux des Palestiniens, en particulier ceux des réfugiés.

Le journal 'Le Figaro' s'est procuré le texte d'un projet de résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU que l'administration Hollande a l'intention de présenter avant le mois de septembre.

Cette résolution peut être vue comme l'équivalent au niveau international des mesures énergiques prises en France à l'encontre du soutien à la Palestine sous couvert de lutte contre l'antisémitisme.

La résolution graverait dans le marbre le principe sioniste et ségrégationniste « deux états pour deux peuples »

Elle parle également de « compensation » pour les réfugiés palestiniens plutôt que de leur droit de retrouver les terres dont ils ont été expulsés et empêchés d'y revenir juste parce qu'ils n'étaient pas Juifs.

Selon 'Le Figaro', le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius a soumis le projet de texte à des gouvernements arabes.

La résolution définirait une durée limite de 18 mois aux négociations en vue d'atteindre « une paix juste, durable et globale » entre Israéliens et Palestiniens.

Si aucun accord n'était atteint à l'issue de cette période, la France reconnaîtrait officiellement un « Etat de Palestine » qui n'existe pas.

Défense du programme israélien

Le texte de la résolution reprend des formulations de feu le « processus de paix » qui avaient été soigneusement écrites pour autoriser Israël à maximiser son annexion des territoires occupés et à conserver les colonies qu'il y avait mises en place en violation du droit international.

Il appelle à la création d'un état palestinien « sur la base des frontières du 4 juin 1967, moyennant des échanges mutuellement agréés de territoires équivalents », tout en plaçant les soi-disant « préoccupations sécuritaires » d'Israël au « coeur des futures négociations ».

Comme je l'ai noté auparavant, le terme « sur la base » devrait être considéré avec autant de sérieux que lorsqu'un téléfilm prétend être construit « sur la base » d'une histoire vraie.

Un autre aspect recyclé de la résolution est la demande que « l'état » de Palestine soit « démilitarisé » accompagné d'un retrait d'Israël de son territoire étalé sur une période non spécifiée qui peut même, selon les termes des accords d'Oslo en 1993, s'étendre à l'infini.

Alors que les Palestiniens seraient désarmés, aucune limitation n'est prévue concernant les forces militaires dont Israël a usé depuis des dizaines d'années pour le nettoyage ethnique et la conquête de territoires appartenant aux Palestiniens et aux états voisins.

Pas de droit au retour

En ce qui concerne les réfugiés, le texte de la France appelle à « une solution juste, équilibrée et réaliste au problème des réfugiés », en soulignant qu'elle devrait s'appuyer sur un « mécanisme de compensation ».

Il s'agît évidemment d'une autre concession manifeste au refus d'Israël d'autoriser les réfugiés palestiniens à revenir, afin qu'Israël puisse maintenir une majorité juive – une volonté raciste qui va à l'encontre du droit des réfugiés, inscrit dans la loi et mis en oeuvre en Bosnie, de revenir chez eux même si les autorités locales sont sectaires envers leur groupe ethnique ou religieux.

La ségrégation gravée dans le marbre

A propos de l'adoption dans le texte de la formulation « deux états pour deux peuples », Le Figaro commente : « Cette mention, en apparence anodine, constitue l'amorce d'une concession aux Israéliens qui, depuis de nombreuses années, demandent la reconnaissance du caractère juif de leur état. Une revendication que les Palestiniens jugent inacceptable, dès lors qu'un cinquième de la population israélienne est constituée d'Arabes musulmans ou chrétiens. ».

J'ai déjà noté auparavant que cette formulation, mise en avant par la femme politique israélienne Tzipi Livni lors des précédents cycles de négociation, a précisément pour fonction de légitimer la demande d'Israël qu'il lui soit garanti un droit de discrimination contre les Palestiniens, en particulier les citoyens palestiniens d'Israël et les réfugiés.

Le Figaro note encore que le projet de texte s'en tient à une « formule vague » pour dire que Jérusalem devrait être « la capitale des deux futurs états ».

Pire que la dernière résolution

En décembre dernier, une résolution similaire proposée par la Jordanie, au nom de l'Autorité Palestinienne, a échoué à obtenir une majorité au Conseil de Sécurité. Ce fut un grand soulagement.

Avant que le vote ait lieu, j'ai expliqué pourquoi je voulais que les Etats-Unis opposent leur veto,à la résolution, à cause des dégats qu'elle provoquerait sur les droits des Palestiniens. J'ai défendu l'idée que, si elle était adoptée, cette faible résolution aurait pour effet de nier des résolutions existantes beaucoup plus fortes.

Evidemment, je comprenais qu'aucun veto des Etats-Unis ne serait motivé par mes préoccupations, mais je pensais qu'un échec de la résolution du à un veto des Etats-Unis serait une meilleure chose que de la voir être acceptée.

Le nouveau projet de la France est apparemment même pire pour les Palestiniens.que celui qui a été rejeté en décembre.

Comme l'a écrit Joseph Massad, professeur à l'Université Columbia : les initiatives en vue de « reconnaître » « l'état de Palestine » sont en fait des tentatives des états européens de protéger Israël en tant qu'état raciste (voir l'article de Massad).

J'espère que les amis de la cause palestinienne en France ne seront pas séduits par les promesses de l'administration Hollande de « reconnaître » un état palestinien imaginaire et n'apporteront pas un soutien malencontreux à ce plan.

A la place, ils devraient insister dans tous les forums possibles qu'il ne peut pas y avoir quelque chose comme la paix sans récupération de tous leurs droits humains et politiques par tous les Palestiniens.

Traduction R.M pour BDS France.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article