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la loi de santé publique est adoptée,les atteintes"environnementales " à la santé sont reconnues,mais l'empoisonnement public de masse continue(voir articles et spots)!

L’exposome entre dans la loi française

L’exposome entre dans la loi française

Par Loïc Chauveau

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L’introduction de ce mot nouveau dans la loi Touraine constitue une véritable révolution dans l’étude et la prise en charge de l’exposition environnementale des Français.

Les progrès de la toxicologie ont permis notamment de mettre en évidence l’effet des perturbateurs endocriniens, pesticides, plastifiants, utilisés à forte dose pendant des décennies et qui révèlent être de redoutables dérégulateurs physiologiques de l’organisme. © DENIS CHARLET / AFP

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VIE ENTIÈRE. C’est dans l’Article 1er de la loi de santé publique que vient d’adopter l’Assemblée nationale. Et c’est le premier des neuf sujets qui définissent la politique de santé publique du pays. Celle-ci s’appuie désormais sur "la surveillance et l’observation de l’état de santé de la population et l’identification de ses principaux déterminants, notamment ceux liés à l’éducation et aux conditions de travail. L’identification de ces risques s’appuient sur le concept d’exposome, entendu comme l’intégration des expositions pour la vie entière".

Exposome ? "Ce terme regroupe toutes les atteintes à la santé qui ne soient pas d’origine génétique et ce sur toute la durée de vie et en intégrant non seulement l’environnement mais aussi les causes psychologiques et socio-économiques", précise Gérard Bapt, député PS qui a bataillé pour introduire le terme dans la loi. Le concept a été proposé en 2005 par l’actuel directeur du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) Christopher Wild, au moment où il devient évident qu’aux côtés des maladies d’origine génétique s’étend un vaste champ de plus en plus étendus de pathologies d’origine environnementales et sociales, comme l’obésité par exemple. Il a depuis été enrichi et précisé jusqu’à définir, dix ans plus tard, la politique publique française.

PERTURBATEURS. Pour Robert Barouki, chercheur à l’Inserm, "ce concept donne une vision réellement multidimensionnelle des relations entre environnement et santé. L’introduction de ce concept unificateur constitue une vraie rupture qui trace une feuille de route tout en s’appuyant sur des avancées techniques". Ces avancées techniques, ce sont celles qui ont permis de préciser ces dernières années l’effet des polluants et leurs mécanismes d’action sur l’organisme.

L’épigénétique décrit ainsi de plus en plus précisément les effets des contaminants sur l’ADN. Les progrès de la toxicologie ont permis notamment de mettre en évidence l’effet des perturbateurs endocriniens, pesticides, plastifiants, polluants organiques persistants, médicaments utilisés à forte dose par les consommateurs pendant des décennies et qui révèlent être de redoutables dérégulateurs physiologiques de l’organisme. "Leur mode de toxicité est bien différent de toxiques plus directs comme les agents mutagènes et reprotoxique, détaille Robert Barouki. Ils agissent à des doses faibles et surtout, la découverte la plus radicale a été la mise en évidence de la vulnérabilité de certains stades de développements notamment le vie fœtale, la petite enfance ou l’adolescence".

DISTILBÈNE. L’exemple le plus fameux reste le distilbène où la prise du médicament par la mère au moment de la grossesse induit l’apparition de cancers et d’anomalies du système reproducteur chez les filles et les garçons de ces femmes. Pour le législateur, ces atteintes insidieuses à l’organisme d’une partie de plus en plus importante de la population se traduisent par de nouvelles demandes sociales induisant d’intenses débats de société : "il ne fait pas de doute que la baisse de fertilité constatée aussi bien chez les hommes que les femmes est à l’origine de l’explosion de demandes en procréation médicale assistée, note Gérard Bapt. L’exposition de chaque individu aux perturbateurs endocriniens se traduit ainsi par des débats de société". De même, le coût sanitaire de la pollution atmosphérique fait partie de ces questions de santé qui interrogent l'activité économique et occupent le champ politique.

L’exposome couvre donc un champ bien plus large que l’épigénétique. La recherche médicale fait face à de nombreux défis et la grande qualité du terme exposome est de définir de nouveaux enjeux. "Ainsi, l’essentiel des travaux en santé/environnement a consisté à associer un contaminant, souvent chimique, à un mécanisme toxique et une pathologie, avoue Robert Barouki. Or, la relation entre un seul contaminant et un seul effet associé est rarissime et ne reflète pas la réalité des expositions qui sont souvent multiples et complexes". Selon les déclarations des industriels dans le cadre de l’agence européenne des produits chimiques basée à Helsinki, plus de 100.000 molécules chimiques susceptibles de causer des effets sur la santé sont utilisées. Impossible donc d’évaluer les effets "cocktail" de ces produits sur l’organisme. Il faudra donc trouver de nouveaux moyens d’investigation scientifique dont les résultats permettront de donner chair à la notion d’exposome .

Glyphosate : l'empoisonnement public de masse continue

Auteur: Karin Heinze

Ces dernières années, toute une série d'études et d'analyses ont été publiées et démontré à quel point le glyphosate, l'herbicide le plus utilisé dans le monde, est dangereux. Partout dans le monde, des organisations de protection de l'environnement et de protection des consommateurs, ont lancé des campagnes d'information sur les dangers de l'herbicide et fait circuler des pétitions. La sécurité du glyphosate devait être réexaminée dans l'Union européenne en 2012, mais cet examen a été repoussé à 2015. Récemment, l'OMS a classé le poison comme «probablement cancérigène ». En Allemagne, le Bundesinstitut für Risikobewertung (BfR) (L'Institut fédéral pour l'évaluation des risques), a de son côté annoncé que ses investigations étaient terminées et qu'il laissait le soin à l'EFSA, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, de continuer à procéder à l'examen des risques potentiels de cancer. Un vrai scandale.

Photo : En Allemagne, le Bundesinstitut für Risikobewertung (BfR) (L'Institut fédéral pour l'évaluation des risques) reporte la responsabilité sur l'Union Européenne

On trouve du glyphosate partout. Depuis que Monsanto l'a fait breveté en 1974 et l'a vendu dans son Round Up, l'herbicide à large spectre, des centaines de millions de tonnes ont été répandues partout dans le monde – avec des conséquences d'une grande portée pour l'homme, les animaux et les sols. Le glyphosate est non seulement le composant le plus important présent dans le Round Up de Monsanto, l'herbicide le plus vendu dans le monde, mais aussi dans bien d'autres herbicides. Il a été prouvé qu'il s'accumulait entre autres dans les eaux souterraines, les rivières et les lacs et que du sang humain et du lait de vache en contenaient des traces. (cf. article précédent). En Mars, une étude réalisée par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), a été publiée dans la revue médicale « The Lancet » ; les conclusions ont été que le glyphosate était « probablement cancérigène ». Le Roundup pourrait être à l'origine du cancer des ganglions lymphatiques et du poumon chez l'homme. L'OMS a récemment considéré que le glyphosate présentait un risque potentiel de cancer ('probable or possible carcinogens').

L'Institut fédéral pour l'évaluation des risques (BfR) chargé de ré-évaluer la composition du glyphosate initialement prévue en 2012, puis repoussée en 2015, a arrêté ses conclusions début avril, sans tenir compte de la nouvelle position de l'OMS qui a classé la substance comme étant «probablement cancérigène ». Harald Ebner, du parti des Verts au Bundestag et expert en matière d'OGM et de glyphosate, considère que c'est scandaleux et irresponsable. Le BfR et le gouvernement fédéral avaient annoncé qu'ils examineraient avec soin le classement établi par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'OMS. Le fait est, que « l'on a voulu discrètement échapper à toute responsabilité », a-t-il déclaré. Et en ajoutant: « le glyphosate devrait être retiré de la circulation tant que toute suspicion de risque de cancer n'aura pas été écartée scientifiquement ». lI faudrait arrêter de toute urgence en particulier, la vente du produit dans les surfaces de bricolage et les jardineries. « En Allemagne, on trouve plus de 70 produits contenant du glyphosate dont plus de 40 sont vendus à des jardiniers amateurs ».
(Photo : L'affiche du BUND contre le Round Up contenant du glyphosate que beaucoup de jardiniers amateurs utilisent)

L'évaluation en incombe à L'EFSA qui a la réputation d'être aux mains des lobbies pro-OGM


L'Autorité allemande d'évaluation des risques (BfR), chargée de ré-examiner l'extension d'usage du glyphosate pour l'ensemble de l'UE, n'a pas respecté le principe de précaution, a vivement critiqué Harald Ebner. L'EFSA, l'Autorité européenne de sécurité des aliments à qui le BfR a remis son rapport, est considérée par de nombreux organismes de protection de l'environnement, comme noyautée par l'industrie biotechnologique. Expert en génie génétique, Christoph Then n'a pas manqué de lancer un avertissement à l'automne 2014: « L'évaluation des risques faite par l'EFSA ne voit que trop par les intérêts de l'industrie biotechnologique ; on peut affirmer qu'il y a sécurité alors même que les données vraiment fiables font défaut » (cf. article précédent). Dans ce contexte, il est particulièrement irresponsable de laisser à l'EFSA le soin d'examiner la question. C'est franchement inacceptable», a déclaré Harald Ebner.

Aux Etats-Unis, la situation est encore plus catastrophique

La situation est encore pire aux Etats-Unis. On est sur le point d'y utiliser l'herbicide „Enlist Duo“ fabriqué par Dow Agrosciences (sans doute parce qu'entre temps Monsanto s'est taillé une mauvaise réputation à cause des nombreux rapports critiques et des campagnes d'information anti Round Up). Depuis l'automne dernier, le pesticide qui contient en plus du glyphosate aussi du 2,4 D (désherbant sélectif contre les mauvaises herbes), a été autorisé dans neuf autres Etats. « Ce désherbant est connu en tant que composant de l'agent orange, un défoliant très toxique utilisé pendant la guerre du Vietnam » est-il dit dans un rapport de Testbiotech, un service d'information en ligne dédié à la biotechnologie.
(Photo : La rançon d'une agriculture intensive aux Etats-Unis. Les super mauvaises herbes ont proliféré de par l'utilisation du Round Up)

L'Agence américaine de Protection de l'Environnement (Environmental Protection Agency (EPA), l'équivalent de l'EFSA, a donné l'autorisation d'utiliser l'herbicide. Au même titre que Monsanto, Dow vend le maïs et le soja OGM avec le poison. De cette façon, le grand groupe agro-alimentaire entend garder la main mise sur la situation à laquelle de nombreux agriculteurs américains se trouvent aujourd'hui confrontés: les mauvaises herbes deviennent résistantes aux graines transgéniques Monsanto combinées au Roundup, principalement utilisées jusque là; des « super mauvaises herbes » contre lesquelles ils ne peuvent pas faire grand chose, ont proliféré. Dow promet aux agriculteurs d'y remédier.

L'organisation de protection de l'environnement, Environmental Working Group (EWG), considère l'extension d'usage du Enlist Duo, comme catastrophique. Le glyphosate et le 2,4D pourraient être facteurs de risque et développer chez l'être humain des maladies du système lymphatique, comme le lymphome malin non hodgkinien. C'est la conclusion de recherches scientifiques. Les autorités font courir aux agriculteurs, à ceux qui travaillent avec eux et aux habitants des zones rurales, un risque accru de cancer, a déclaré Scott Faber de l'Organisation de protection de l'environnement EWG. L'empoisonnement global de notre planète continue – Incompréhensible, un vrai scandale!

(Photo : Champ de maïs dans l'Etat du Panama au Brésil)

Spots contre les risques toxiques au quotidien
Protégeons notre santé, bien commun
Un spot inédit est mis en ligne toutes les semaines sur notre site

www.lesperipheriques.org

À la fin de chaque spot, accédez à des informations sur les substances incriminées ; les produits et/ou les objets qui en contiennent ; les risques pour la santé ; des recommandations, précautions, restrictions d'usage ; des liens renvoyant à des initiatives collectives quand elles existent, ainsi qu'aux sites et études scientifiques, et aux rapports de synthèse documentant ces risques.

POURQUOI CES SPOTS ?

Nous avons vécu une révolution pasteurienne qui a instauré certaines pratiques de prévention contre les germes infectieux. Aujourd'hui, alors même que cette révolution sanitaire n'est pas terminée, nous sommes confrontés à une prolifération de risques d'une autre nature : les risques chimiques. Aussi, en complément des mobilisations citoyennes auprès du législateur pour nous en prémunir collectivement, la nécessité de mieux se protéger est devenue impérative, en observant des principes élémentaires permettant de réduire nos expositions aux produits délétères et celles de nos enfants, dont l'organisme en formation est plus sensible.

C'est pourquoi la campagne Protégeons notre santé, bien commun vise à sensibiliser le plus large public aux risques liés à l'usage de substances et de produits toxiques pour parer au déficit de prévention face aux nombreux produits dangereux qui peuplent aujourd'hui notre quotidien.

Partagez dans votre réseau, contribuez à la vigilance de chacun pour la santé publique !

Les spots sont produits et réalisés par Les périphériques vous parlent avec Roger Lenglet, philosophe et journaliste d'investigation, diffusés en partenariat avec Adéquations.

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