Lundi 27 Avril 2015
C’est le constat que fait le CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique). En effet, vendredi 24 mars la Commission européenne a autorisé l'importation et la commercialisation sur le territoire de l'UE de 19 nouveaux OGM. Cette décision est scientifiquement infondée et irresponsable car les OGM sont des plantes à pesticides qui tolèrent un ou plusieurs herbicides et/ou produisent leurs propres insecticides (seconde génération). Les tests toxicologiques sur lesquels se fonde cette décision de la Commission n’ont toujours pas été menés de façon scientifiquement satisfaisante : 1/ leur durée, trop courte, est de trois mois seulement alors que les rats vivent en moyenne deux ans - quand ils ont lieu, ce qui n'est généralement pas le cas pour la seconde génération ; 2/ les résultats des tests toxicologiques réalisés par les compagnies restent confidentiels et leur propriété; 3/ la toxicité des pesticides produits par OGM ou utilisés pour leur culture sont sous évalués : deux ans pour la molécule dite « active » et quelques jours sans bilan biologique pour les formulations, qui sont généralement beaucoup plus toxiques, et seules à être utilisées par les jardiniers ou les agriculteurs.
Dès lors, sur quelle base la Commission européenne fonde-t-elle une telle décision, pourtant susceptible d’avoir des effets importants sur la santé des humains et des animaux ? Aurait-elle cédé à des pressions exercées par les compagnies productrices des OGM ? Sur les 19 OGM, 11 ont été fabriqués par Monsanto, les autres étant produits par Dupont, Bayer et BASF.
En tout cas il est inadmissible que des objectifs économiques soutenus par les puissants lobbies de l’agrochimie conduisent à mettre en péril la santé des citoyens. Il est plus encore inacceptable que les instances européennes ne mettent pas tout en œuvre pour prévenir les risques sanitaires. C’est pourquoi le CRIIGEN exige au nom de l’intérêt général la publication de toutes les données afférentes aux tests toxicologiques ayant conduit à la mise sur le marché de ces 19 OGM ainsi que des pesticides avec lesquels ils sont cultivés ou qu’ils produisent. L’exigence de la transparence des données toxicologiques est la condition nécessaire à toute évaluation contradictoire, seule apte à permettre des autorisations de mise sur le marché pertinentes en termes de santé publique. Le CRIIGEN demande également qu’en attendant, un moratoire soit imposé sur toutes les autorisations portant sur les OGM agricoles.
Contact Dr Joël Spiroux de Vendômois,
Président du CRIIGEN
criigen@criigen.info
Tél 06 10 81 00 36
L'administration du blog invite :
-à signer la Pétition de soutien à Thibault Liger-Belair ,viticulteur
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/devant-justice-avoir-refuse-traiter-950.html
Après Emmanuel Giboulot, un nouveau vigneron bio de Bourgogne est convoqué devant la justice pour avoir refusé de traiter sa vigne avec des insecticides, comme l'impose un arrêté préfectoral pour lutter contre la flavescence dorée, une maladie mortelle pour la plante.
-et à jeter un œil sur celle d'Avaaz:
:Les scientifiques réputés viennent de nous avertir que le désherbant de Monsanto est probablement cancérigène. C’est une nouvelle fracassante et les organes de réglementation européens se démènent pour répondre à cette urgence. Mais Monsanto fait tout pour que le rapport soit enterré! Seule une campagne de mobilisation massive du public peut obtenir la suspension de ce poison. Rejoignez cet appel urgent:
Santé (Crédit photo : DR)
24-04-2015
La viticulture est-elle malade de ses traitements ? Au moment où la fille d'un vigneron dépose la première plainte pour homicide involontaire, Guillaume Bodin, ancien ouvrier agricole, propose un documentaire passionné et glaçant.
Le Baromètre de cet article
Les vignes sont un univers dangereux. A certaines périodes de l’année, en Saône-et-Loire, les vétérinaires dissuadent leurs clients de s’y balader s’ils tiennent à leurs chiens. Les familles qui vivent à proximité renoncent à ouvrir leurs fenêtres, à manger en terrasse ou à cultiver un potager. Quant aux hommes et aux femmes qui y travaillent, ils sont sujets aux nausées, aux maux de tête et aux saignements de nez. Ouvrier viticole jusqu’en 2013, Guillaume Bodin a connu ces symptômes. Dans Insecticide mon amour, un documentaire de 52 minutes, visionnable en ligne ici pour un euro, il dépeint et tente de comprendre cette situation.
Découvrez ici la bande-annonce :
Le déclic remonte à 2013, « année particulièrement difficile » pour le jeune homme. A l’époque, toutes les vignes de Bourgogne sont traitées, pendant près de trois semaines, contre la cicadelle de la flavescence dorée, un insecte vecteur d’une jaunisse de la vigne. Contraints par un arrêté préfectoral à une triple pulvérisation d’insecticides – chimiques ou naturels –, la grande majorité des viticulteurs, conventionnels ou bio, se plient à cette mesure drastique. « Que faire ? Quoi dire ? A qui s’en prendre ? », s’interrogeait alors le salarié de 26 ans, exposé quotidiennement à un cocktail qu’il soupçonnait d’être néfaste pour sa santé.
« J’ai quitté mon travail, j’ai repris ma caméra et j’ai commencé à enquêter sur la question », raconte-t-il en introduction de son second documentaire – après, en 2011, La Clef des terroirs, sur la biodynamie – fruit de deux ans de travail. En interrogeant la réponse des autorités à l’épidémie de flavescence dorée, le réalisateur questionne en profondeur l’usage des pesticides dans la viticulture.
Des insecticides jusque sur le mont Blanc
Tandis que ses images soignées, presque poétiques, disent pour lui son amour de la vigne, Guillaume Bodin déroule le fil de son enquête. Il revient sur le combat d’Emmanuel Giboulot, ce viticulteur bio qui a refusé de traiter, s’exposant ainsi à une condamnation à six ans de prison et 30 000 euros d’amende (Condamné en avril 2014 à verser une amende de 1 000 euros dont 500 avec sursis, il a finalement été relaxé par la cour d’appel de Dijon le 4 décembre dernier). Puis, de pépiniéristes en cavistes, de microbiologistes en ingénieurs agronomes, le réalisateur expose, au fil des témoignages, l’ampleur du carnage. On apprend ainsi qu’une quantifié infime, un nanogramme d’insecticide, suffit à paralyser une abeille et que l’on trouve des traces de ces produits jusqu’au sommet du mont Blanc !
L’enquête est ponctuée de voyages dans le temps. Vidéos d’archives à l’appui, Guillaume Bodin rappelle qu’en 1945, en 1964 et en 1984 on soupçonnait déjà que « si les insecticides sont meurtriers pour les insectes, il sont dangereux pour l’homme ». Or, depuis le DTT, l’insecticide utilisé à l’époque, la toxicité des molécules a été multiplié par 5 000, voire par 10 000, selon Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), cité dans le documentaire.
Mais peut-on s’en passer ? L’épidémie qui touche la Saône-et-Loire et la Gironde bouscule les certitudes du réalisateur. La flavescence dorée est une maladie mortelle, capable de tuer un pied de vigne en moins d’un an. Et la cicadelle qui la transporte se déplace d’un vignoble à l’autre à vitesse grand V. « Moi qui croyais qu’on pouvait faire du vin en harmonie avec la nature, je devais être un peu naïf », confie dès le début du film ce passionné de nature. « Les insecticides sont mes amours, non pas par conviction, mais par obligation » explique-t-il sur le blog de Rue89 No wine is innocent. Sans dogmatisme, le documentariste relève néanmoins au fil des entretiens l’absurdité des pratiques : l’aspersion massive de pesticides sur des vignes qui n’ont jamais vu la moindre cicadelle. En clair, l’utilisation préventive de traitements curatifs prévus pour tuer des insectes… qui ne sont encore pas présents ! « On agit dans la peur, sans comprendre ce qu’il se passe », témoigne un vigneron de Côte-d’Or, qui voit dans les mesures de traitements une sorte de « lutte antiterroriste appliquée à la nature ». Faut-il traiter ou pas ? Guillaume Bodin n’apporte pas de réponse tranchée. Sur les réseaux sociaux et lors de projections publiques, il invite à poursuivre le débat.
Première plainte pour homicide involontaire
Depuis 1955, on sait que l’arsénite de sodium, utilisé pour traiter la vigne contre un champignon, est dangereux. Pourtant, son épandage n’a été interdit qu’en 2001. Viticulteur en Gironde à cette période, James-Bernard Murat y a eu recours pendant toute sa carrière. Le cancer qui l’a emporté en 2011 a été reconnu maladie professionnelle l’année suivante. Aujourd’hui, sa fille, Valérie Murat, veut aller plus loin. En déposant ce lundi 20 avril une plainte contre X pour homicide involontaire au Tribunal de grande instance de Paris, elle espère mettre à jour « la collusion d’intérêts » à l’origine de l’inaction de l’Etat français. Cette démarche au pénal, qui, pour la plaignante, « vise très clairement les firmes qui ont fabriqué le produit que mon père a acheté ainsi que les services de l’Etat », est une première. Les procédures judiciaires engagée par Paul François, l’agriculteur charentais qui avait obtenu gain de cause contre Monsanto, puis par une employée viticole, concernaient des expositions accidentelles. A travers ce combat judiciaire, Valérie Murat espère mettre au jour un système qui, un demi-siècle durant, a fait des agriculteurs « de bons petits soldats de la chimie ».
Lire l’interview de Valérie Murat sur Rue89 Bordeaux.
A lire aussi sur Terraeco.net :
« Viticulture bio : Pourquoi Emmanuel Giboulot a mobilisé les foules »
« Victoire d’une employée exposée aux pesticides : pourquoi c’est important »
« Le vin bio est-il vraiment dégueu ? »
Par
Amélie Mougey