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Stop au" projet"nuisible pour l'agriculture traditionnelle Tanzaniene lancé par le groupe économique des huit puissances mondiales !

Appel Urgent Tanzanie : des milliers de paysan-ne-s chassé-e-s par un projet du G8


L’entreprise suédoise EcoEnergy projette d’accaparer 20 000 hectares de terres pour produire du sucre dans le district de Bagamoyo en Tanzanie provoquant le déplacement des populations vivant sur et de ces terres.

Pendant les premières phases du projet, près de 1 300 familles d’agriculteurs-rices perdront tout ou partie de leurs terres et de leurs habitations. Des centaines d’autres déplacements sont à prévoir. EcoEnergy et le gouvernement tanzanien prétendent que ce projet apportera de nombreux avantages aux communautés locales, mais sans l’obtention de leur consentement libre, préalable et éclairé, l’entreprise se rend coupable d’accaparement des terres.

Soutenons, les habitant-e-s de Bagamoyo en demandant au gouvernement tanzanien de stopper cet accaparement de terres et de s’assurer qu’EcoEnergy mène de véritables consultations auprès des populations locales avant de poursuivre son projet. Signez cet Appel Urgent ! 

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Un projet phare du G8 en Afrique 

Le projet d’EcoEnergy est un projet phare de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition. Initiative du G8 en matière d’investissement dans l’agriculture africaine de plus en plus controversée, la Nouvelle Alliance est un ensemble d’accords qui donne aux grandes entreprises un rôle clé dans le développement en Afrique. Elle demande aux Etats africains d’encourager le secteur agroindustriel en lui facilitant l’accès aux semences, à la terre, à l’eau, à la main d’œuvre et aux marchés, trop souvent au détriment des communautés locales[1].

Un manque de consultation

Nous n’avons jamais eu la moindre influence sur les décisions concernant nos terres et notre avenir. Il n’y a eu aucune forme de transparence. Nous ne savons pas si ni où nous serons réinstallés, ni le montant des compensations », témoigne Anza Ramadhani, agricultrice à Bagamoyo.

Bien qu’EcoEnergy ait mené un processus de consultation auprès des communautés locales, des informations cruciales liées aux effets du projet sur leur mode de subsistance et leur droit à l’alimentation et à la terre ne leur ont pas été données. La réinstallation n’a pas été présentée aux personnes affectées par le projet comme un choix possible et si l’entreprise a promis une compensation financière ou des terres de remplacement, celles-ci se révèlent être de très mauvaise qualité.

Sans l’obtention du consentement libre, préalable et éclairé des communautés locales, EcoEnergy se rend coupable de l’accaparement des terres de ces communautés, ou en prend le risque.

Un programme d’agriculture contractuelle risqué

EcoEnergy propose d’établir un programme d’agriculture contractuelle[2]

 dans lequel 1 500 petit-e-s exploitant-e-s créeraient leur propre entreprise de sous-traitance agricole en utilisant les terres de leur village pour fournir l’entreprise en sucre à un prix convenu.

Cependant, une grande partie des exploitant-e-s de la zone ignorent les modalités de ce programme qui présente des risques puisqu’il leur faudra souscrire des prêts colossaux qu’ils mettront plus de 7 ans à rembourser. Ils auront, dès lors ou pendant cette longue période, pour seuls revenus ce que généreront leurs travaux dans l’exploitation, c’est-à-dire un salaire probablement très faible puisque le salaire minimum agricole tanzanien est de 41 euros par mois.

Ce programme implique donc un changement radical des moyens de subsistance et des conditions de sécurité alimentaire dans la région.

 

Des bénéfices financiers peu évidents

EcoEnergy soutient que ce projet injectera 45 à 50 millions de dollars US par an dans l’économie locale. ActionAid estime que ce montant s’élève à seulement 8,55 à 11,5 millions de dollars US par an.

Les détails des impôts payés et des exemptions de taxes de l’entreprise ne sont pas accessibles au public. La documentation disponible au sujet du projet ne mentionne pas non plus de garanties contractuelles et légales, ni d’obligations de l’entreprise envers les communautés locales.

« […] Ils nous ont dit que le projet d’exploitation sucrière nous profiterait de multiples manières; en créant des emplois, et en améliorant les moyens de subsistance des communautés. Mais à part comptabiliser le nombre de personnes et de propriétés, nous photographier et nous faire des promesses orales sur des compensations et des relogements indéterminés, rien ne s’est passé », explique Vincent Nawahi.

Les communautés du district de Bagamoyo ont publiquement demandé au gouvernement tanzanien de suspendre le projet et de mener un nouveau processus de consultations qui respecte le principe de consentement libre, préalable et éclairé. Les gouvernements et les bailleurs publics doivent par ailleurs assurer la transparence, le dialogue et le suivi de ce processus. Enfin, les gouvernements, notamment la France, soutenant la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition du G8 doivent mettre fin à leur engagement dans cette initiative et la remplacer par des initiatives visant à soutenir véritablement les petit-e-s producteurs-rices et à faire progresser l’agriculture durable.

« Comment pourrais-je exprimer ce que signifie ma terre pour moi ? Elle est mon enfant, mon parent et mon moyen de subsistance ». Huba S. Uzageni agricultrice à Bagamoyo et secrétaire d’un Conseil local foncier.

 

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 Pour en savoir plus…

 

Lire notre rapport complet 

 


[1] La nouvelle Alliance : En Tanzanie, la Nouvelle Alliance est financée par l’Union européenne et les gouvernements britannique, français, allemand, japonais, russe et américain. Le projet d’EcoEnergy bénéficie aussi du soutien direct de la Banque africaine de développement, du Fonds international de développement agricole, et de l’Agence suédoise pour le développement international.

[2] Agriculture Contractuelle : « Depuis quelques années le développement de différentes formes de contractualisation entre paysans et entreprises agroalimentaires, est une des évolutions marquantes des systèmes agraires et alimentaires mondiaux. Aussi, des accords commerciaux se développent sur certains territoires, entre des paysans individuels ou organisés et des opérateurs économiques divers (grossistes, transformateurs, exportateurs,…). Ils concernent la production et la fourniture de produits agricoles selon des accords préétablis et à des prix fixés à l’avance ». Note de la C2A, L’agriculture sous contrat peut-elle contribuer au renforcement des agricultures paysannes et à la souveraineté alimentaire des populations du Sud ?, mars 2014.

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