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Pour l’abrogation de la Loi Debré !

FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE

Membre de l’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP)

10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS – Tél. : 01 46 34 21 50 – Fax : 01 46 34 21 84

libre.pensee@wanadoo.fr http://www.fnlp.fr

?auth=co&id=322640&part=1.2 


Les Vœux de la Libre Pensée

2015 : Bonne Année laïque.

 

En 2015, 7 833 704 918  d’euros de fonds publics détournés

au profit de l’enseignement privé

La Loi Debré permettant ce financement doit être abrogée !

 

En 1959, la Loi Debré est votée. Depuis, des milliards de francs, puis d’euros, sont détournés pour financer l’enseignement privé. Ce sont autant de milliards qui ont dessaisi l’Ecole de la République dans son rôle de service public. Nous estimons qu’au bas mot, plus de 500 milliards d’euros ont été ainsi détournés durant ces  56 années. C’est sans compter les financements des diverses collectivités territoriales (conseils régionaux, conseils généraux, municipalités..).

 

En vous souhaitant une bonne année, nous vous engageons à rejoindre le combat de la Libre Pensée pour l’abrogation de la Loi Debré. Pas un parent, pas un enseignant, pas un syndicaliste, attaché à la Laïcité ne peut permettre que ce détournement se produise une année de plus. Nous vous livrons les chiffres.

 

 

 

Au budget 2015 du ministère de l’Education Nationale,    

 

   

7 176 057 475 euros détournés

pour le financement de l’enseignement privé (1er et 2nd degrés)

 

http://www.senat.fr/commission/fin/pjlf2015/np/np21/np21.html

 

Environ 16,4 % des élèves sont ainsi scolarisés dans l'enseignement privé sous contrat, soit un peu plus de 2 millions d'élèves répartis au sein de 7 868 établissements sous contrat (+ 43 établissements par rapport à 2013).

Pour 2015, le programme 139 est doté de près de 7,18 milliards d'euros en AE comme en CP (+ 1,05 % par rapport à la loi de finances pour 2014). 89,57 % de ces crédits correspondent à des dépenses de personnel.

L’enseignement privé sous contrat regroupe essentiellement des établissements gérés par des associations régies par la loi de 1901 ; environ 95 % de ces établissements sont catholiques. Les autres sont soit confessionnels (juifs, protestants ou musulmans), soit laïques, soit des établissements d’enseignement des langues régionales ou des établissements d’enseignement adapté.

L'Etat assure notamment les dépenses de formation initiale et continue des enseignants, les dépenses pédagogiques, le forfait d'externat (c'est-à-dire la subvention permettant de couvrir la dépense de rémunération de personnels non enseignants des classes du second degré sous contrat d'association), les emplois de vie scolaire pour l'accompagnement d'élèves handicapés ainsi que des aides directes aux élèves (bourses de collège et de lycée, fonds sociaux).

 

AE : Autorisations d’engagement       CP : Crédits de paiement

Toutes les dépenses de l’État font désormais l’objet d’une double autorisation parlementaire, qui plafonne les crédits et encadre la chaîne de la dépense :

• les autorisations d’engagement (AE) correspondent à l’engagement juridique de la dépense ;

• les crédits de paiement (CP) correspondent au paiement des dépenses engagées, une fois la prestation correspondante réalisée. La consommation des CP marque le dénouement de l’engagement juridique.

 

LE PROGRAMME 139 « ENSEIGNEMENT PRIVÉ

DU PREMIER ET DU SECOND DEGRÉS »

Présentation par action des crédits demandés en 2015
pour le programme 139
 (en euros)

 

 

 

AE/CP  2013

AE/CP 2014

AE/CP 2015

Évolution

1

Enseignement préélémentaire

392 947 245

444 551 721

446 097 372

0,35 %

2

Enseignement élémentaire

1 192 974 059

1 173 325 035

1 179 553 087

0,53 %

3

Enseignement en collège

1 894 629 158

1 875 059 545

1 888 806 270

0,73 %

4

Enseignement général et technologique en lycée

1 419 546 405

1 205 512 523

1 208 594 547

0,26 %

5

Enseignement professionnel sous statut scolaire

639 570 659

762 782 735

765 434 835

0,35 %

6

Enseignement post-baccalauréat en lycée

145 583 777

260 536 460

261 442 313

0,35 %

7

Dispositifs spécifiques de scolarisation

146 931 333

150 613 151

151 136 814

0,35 %

8

Actions sociales en faveur des élèves

64 305 306

63 664 651

65 112 276

2,27 %

9

Fonctionnement des établissements

642 509 220

635 424 285

644 451 786

1,42 %

10

Formation initiale et continue des enseignants

156 629 563

87 228 331

120 471 435

38,11 %

11

Remplacement

163 389 586

168 225 173

168 810 070

0,35 %

12

Soutien

225 558 173

274 858 100

276 146 670

0,47 %

Total

7 084 574 484

7 101 781 710

7 176 057 475

1,05 %

 

Création de postes pour le privé en 2015

 

Plafond autorisé 2014 (1)

Plafond demandé 2015 (2)*

Mesures de transfert 2015 (3)

Corrections techniques 2015 (4)

Schéma d'emplois (5)

Programme 139
Enseignement privé 1er et 2ème degrés

131 578

132 390

-37

0

 + 849

enseignants 1er degré

 

 

3

 

-55

enseignants 2nd degré

 

 

-40

 

-107

enseignants stagiaires

 

 

 

 

1011

 

* (2) = (1) + (3) + (4) + (5)

 

 

L'AUGMENTATION DES CRÉDITS CONSACRÉS AU FORFAIT D'EXTERNAT :

+ 8 millions d’euros

 

Régi par l'article L. 442-9 du code de l'éducation, le forfait d'externat est versé aux établissements d'enseignement privés pour chacun de leurs élèves inscrits dans une classe sous contrat d'association avec l'État. Le montant alloué pour chaque élève varie en fonction de la formation qu'il suit. Ces différents montants (taux) sont fixés par un arrêté ministériel annuel.

627,63 millions d'euros en AE et CP devraient être consacrés au forfait d'externat en 2015 (+ 8 millions d'euros par rapport à la loi de finances pour 2014), dont 627,59 millions d'euros seront consacrés à la prise en charge des dépenses de rémunérations des personnels non enseignants (personnels de direction, d'éducation, de surveillance, administratifs, sociaux, etc.).

L'augmentation des crédits destinés au financement du forfait d'externat est liée à la revalorisation des taux qui interviendra en 2015 (505 euros pour un collégien, 494 euros pour un lycéen dans l'enseignement général et technologique et 638 euros pour un lycée dans l'enseignement professionnel contre respectivement 502 euros, 497 euros et 637 euros en 2014) ainsi qu'à l'augmentation du nombre d'élèves.

 

http://www.senat.fr/rap/l14-108-314/l14-108-31410.html

_____________________________________________________________________________

 

 

Au budget 2015 du ministère de l’Agriculture 578 751 591 euros détournés

pour le financement de l’enseignement agricole privé

 

Action

AE consommées en 2013

CP consommés en 2013

AE/CP 2014

AE/CP 2015

Evolution

2

Mise en oeuvre des enseignements dans les établissements privés

556 823 953

569 081 440

565 934 155

578 751 591

 + 2,26 %

             

 

 

Le montant d’autres crédits au profit de la scolarisation dans l’enseignement agricole privé est difficile à déterminer car ils figurent dans des lignes budgétaires communes au public et au privé !

 

 

Au budget 2015 du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

78 895 852  euros détournés

pour le financement de l’enseignement supérieur privé dit associatif

 

 

L'enseignement supérieur privé associatif en bref      

 L'enseignement supérieur privé associatif comptait en 2013 77 000 étudiants dans 59 établissements, rassemblées principalement au sein de quatre associations :       

- la FESIC, réseau de 28 grandes écoles d'ingénieurs et de management.         

- l'UGEI (Union des grandes écoles indépendantes) composée de 17 écoles d'ingénieurs et 8 écoles de commerce et de management    

- l'UDESCA (Union des établissements d'enseignement supérieur catholique) qui regroupe les cinq universités catholiques de France (Angers, Lille, Lyon, Paris, Toulouse)        

- l'UNFL (Union des nouvelles facultés libres) qui réunit la FACO (Faculté libre de droit, d'économie et de gestion), l'Institut Saint-Jean Paris/CEPHI, l'Ircom, I2M Caraïbes (Institut de management et de marketing supérieur de commerce des Caraïbes), l'IPC (facultés libres de philosophie et de psychologie), l'Ices (Institut catholique d'études supérieures) et l'ICR (Institut catholique de Rennes).

 

En bleu, les associations comportant des établissements catholiques ou d’inspiration catholique.

 

Il convient de noter que le financement de l'État sera désormais réservé aux établissements ayant la qualité d'établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général (EESPIG), en vertu de l'article 70 de la loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche.

Les établissements d'enseignement supérieur privés d'intérêt général (EESPIG)

Des établissements d'enseignement supérieur privés à but non lucratif, concourant aux missions de service public de l'enseignement supérieur, peuvent demander à être reconnus par l'État en tant qu'établissements d'enseignement supérieur privés d'intérêt général, par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur et après avis du comité consultatif pour l'enseignement supérieur privé. Ils doivent également avoir été créés par des associations ou fondations, reconnues d'utilité publique, ou encore par des syndicats professionnels.

Un contrat pluriannuel doit être conclu avec l'État et définir les conditions dans lesquelles l'établissement exerce les missions de service public de l'enseignement supérieur, dans le cadre d'une « gestion désintéressée ». Ainsi, il détermine notamment, « sous réserve du respect des lois de finances », les modalités de soutien de l'État et, en contrepartie, les engagements pris par l'établissement.

Source : commission des finances du Sénat

 

 

A qui profitent les milliards d’Euros ?

 

98% de l’enseignement privé est catholique (source : Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique). Comment les institutions catholiques définissent la mission de cet enseignement ?

Selon Mgr Dagens, l'évêque d'Angoulême, président du groupe de travail de la Conférence des Évêques de France sur « l'indifférence religieuse et la visibilité de l'Église » : « Que cherche l'enseignement catholique présent dans nos sociétés européennes ? A être le concurrent de l'enseignement public, à s'orienter parfois  vers des processus de privatisation ou bien à être résolument le témoin de l'engagement du Christ qui vient inlassablement " chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19 , 10) ? » Il poursuit : « L'enseignement catholique participe à ce ministère de salut, par son travail d'éducation. Il doit le manifester davantage. Il en est capable. »

Il s’agit bien de répandre le message de l’Eglise catholique avec les fonds publics.

 

Tels sont les faits. Qui peut aujourd’hui les nier ? Quel défenseur de la Laïcité peut s’en détourner ? Ainsi, fidèles au serment de Vincennes, la Fédération nationale et ses Fédérations départementales mettent au centre de l’année 2015, année du 110ème anniversaire de la loi de 1905, la nécessaire abrogation de la Loi Debré.

 

La Libre Pensée prendra, au long de cette année, toutes les initiatives nécessaires pour

 

L’abrogation de la Loi Debré !

Fonds publics à l’Ecole publique !

Fonds privés à l’école privée !

 

Adhérez à la Libre Pensée !

 


 



Note de l'administration du blog voici le point de vue  de la gauche socialiste sur les lois anti-laiques:http://www.democratie-socialisme.org/squelettes/images/bandeau.png

1905-2004 :un siècle de contre-offensive cléricale après leote de la loi de 1905

Des lois anti-laïques détricotent l’édifice du 9 décembre 1905
samedi 22 janvier 2005
 
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Après l’adoption de la loi de 1905, la hiérarchie catholique, de l’évêque au pape en passant par ses représentants patentés au parlement n‚ont pas désarmé, loin de là. Les cléricaux ont réussi, peu à peu à détricoter la loi de séparation qui laissait passer d’ailleurs quelques mailles, et à consolider une école privée confessionnelle financée par l’Etat. Face à une situation plus que préoccupante, la mobilisation des laïques n’a pas faibli.

Seuls les renoncements des dirigeants politiques de gauche, lorsqu’ils étaient au pouvoir notamment entre 1981 et 1986 ont brisé l’élan de l’offensive laïque. Les nouvelles menaces qui se précisent méritent une riposte à la hauteur des enjeux. Les laïques de ce pays doivent se rassembler dans l’unité pour non seulement faire face mais obtenir que la séparation entre les églises et de l’Etat devienne effective.

Les laïques tiennent juqu’en 14

Dès le 10 décembre 1905, les différents gouvernements républicains résistent à l‚offensive cléricale qui ne faiblit pas ; De 1908 à 1904, les évêques mènent une campagne contre les instituteurs et les manuels officiels. De nouvelles lois sont votées afin de renforcer la fréquentation scolaire et pour sanctionner ceux qui détournent les parents de l’école publique ou des livres en usage dans telle ou telle école. La guerre mondiale met fin à cette politique et à cette phase de défense institutionnelle de l’école laïque. L’union sacrée réalisée pendant et après cette grande boucherie conduit à un renversement d’alliances : les républicains libéraux renouant des liens avec les ennemis d’hier, les monarchistes pour s’opposer au mouvement ouvrier et la révolution russe.

La revanche des cléricaux

Tout ce que les laïques ont pu installer a été peu à peu détricoté. C’est la politique de la main tendue qui est mise en place. Il faut bien donner des gages aux monarchistes et cléricaux ! Le premier texte d’abandon voté est la loi Astier du 25 juillet 1919 qui autorise l’Etat et les collectivités territoriales à subventionner les écoles privées de l’enseignement technique. Quelques soubresauts salutaires sont constatés : la suppression des devoirs " envers Dieu " des programmes de morale puis un essai de contre-offensive menée par le cartel des gauches en 1924 .. Mais Herriot qui annonce son intention d’introduire l’application de la loi de 1905 en Alsace Moselle le 17 juin 1924 doit faire face à de nombreux incidents et à une grève scolaire en Alsace. Les partisans du particularisme scolaire ne désarment pas et après la chute d‚Herriot, le nouveau gouvernement capitule en déclarant : " la législation laïque sera appliquée avec mesure " !

L’éclaircie, les ténèbres et les espoirs déçus

Le Front Populaire apporte une éclaircie, grâce notamment à l’énergie de Jean Zay ? Ministre de l’Education nationale et des beaux arts qui n’hésite pas à publier la circulaire du 15 mai 1937 : " L’enseignement est laïque. Aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise dans les établissements. Je vous demande d’y veiller avec fermeté, sans défaillance " L’embellie est de courte durée et le régime de Vichy mettra bas à tout l’édifice républicain. Après la libération, si l’article 1 du titre 1 de la constitution de la république précise : " la France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale ", il ne s’agit aucunement du triomphe des laïques. Le parti démocrate chrétien Mrp présent dans le cadre du tripartisme avec le Pcf et la Sfio puis dans une alliance avec le parti socialiste présent fortement dans les conseils municipaux qui bravent le Conseil d’Etat en votant des subventions aux établissements privés.

Il est minuit dans le siècle pour les laïques En 1951, les élections sont défavorables aux laïques et les lois Marie puis Barangé permettent l’octroi d’aides publiques aux écoles privées par l’intermédiaire de bourses accordées aux familles. La résistance républicaine, la création du Comité national d’action Laïque et les mobilisations de permettent pas de faire reculer le gouvernement.

Le Conseil National d’Action Laïque constitué en juin 1953 organise la résistance autour du principe : " à l’école publique, fonds publics, à l’école privée, fonds privés " Lorsqu’en 1959, la loi Debré institutionnalise le financement public des écoles privées dans le cadre de contrats simples ou d’associations, les laïques descendent dans la rue par centaines de milliers et se rassemblent sur la pelouse du bois de Vincennes le 19 juin 1960. 350 000 personnes représentant 10 813 697 citoyens pétitionnaires prononcent le serment de Vincennes : Nous " faisons le serment solennel
- De manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ;
- De lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ;
- Et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’Ecole de la Nation, espoir de notre jeunesse. "

D’autres lois comme la loi Guermeur du 25 novembre 1977 renforcent l’arsenal législatif anti laïque la " liberté de l’enseignement " devient un principe fondamental à valeur constitutionnelle !

La trahison de 1984

Quel est le laïque qui ne s’est pas senti déçu, désappointé en 1981 en constatant que le gouvernement Mitterrand-Mauroy n’abroge pas les lois anti-laïques, préférant tergiverser puis capituler devant l’opposition des cléricaux.

Ils sont nombreux pourtant à se mobiliser à l’appel du Comité national d’action laïque pour un grand service public et laïque d’enseignement. Le projet Savary qui est déjà pourtant un premier recul républicain est abandonné. Les cléricaux descendent dans la rue, les laïques aussi mais seuls les premiers sont écoutés et entendus !

Ce projet Savary maintenant le dualisme scolaire et demandant l’abandon du caractère propre des établissements privés, ce n’est pas une concession suffisante pour les cléricaux. Ils veulent tout, ils auront tout !

Eux seront déterminés, ils mettront 1 million de personnes dans les rues, à Versailles (quel symbole), avec d’énormes moyens, et donneront à la droite, longtemps groggy après le 10 mai 1981, l’occasion de relever la tête. Ils sauront, avec le mot " école libre " dévoyer le mot liberté, comme plus tard les libéraux le feront avec le mot " libéralisme ".

Toutes les lois anti laïques sont maintenues par un gouvernement qui détient tous les leviers institutionnels, le sénat ne pouvant que freiner un processus qui aurait pu être irréversible. Pour les laïques, dont les directions multiplieront les tergiversations, c’est une trahison et une violation du serment de Vincennes !

Après le recul de 1984, la capitulation de 1992

Le recul de 1984 ne suffit pas, la droite cléricale en demande plus et la " gauche " a montré qu’elle était prête aux concessions, voire à capituler. Les accords Lang-Cloupet signés entre avril 1992 et mars 1993 entre le ministre " laïque et républicain " Jack Lang (qui se distinguera par la suite en autorisant les adventistes du septième jour à ne pas aller en cours le samedi matin, sans oublier sa volonté d’intégrer les écoles Diwan dans le service public) et le " père " Max Cloupet, secrétaire général de l’enseignement catholique prétendent régler le contentieux financier entre l’école catholique et l’Etat et instaurent la parité public-privé pour les personnels. Il s’agit ni plus ni moins que " du droit et de la reconnaissance de la contribution de l’enseignement privé au système éducatif " !?

Le " père " Cloupet annonce qu’" il n’y a plus de problème entre l’enseignement catholique et le gouvernement " Peut être, mais là le contentieux est énorme entre la gauche institutionnelle et les militants laïques.

1994, un dernier sursaut, mais une occasion gâchée

Le dernier sursaut laïque a lieu ce 16 janvier 1994 quand un million de personnes, à la grande surprise des organisateurs, défile dans Paris pour le retrait du projet gouvernemental visant à libéraliser totalement le taux de financement à l’investissement pouvant être attribué par les collectivités territoriales aux établissements privés (loi Falloux).

300.000 Bretons ouvriront le cortège de longues heures, et des manifestants, présents depuis le matin, ne commenceront à marcher qu’à 18 heures !

Le projet gouvernemental est retiré. Alors que les militants et les militantes laïques sont prêts à poursuivre le combat pour remettre en cause l’arsenal réactionnaire mis en place par les gouvernements successifs et que le rapport de force commence à leur être favorable, les grandes organisations comme la Fsu, l’Unsa ou la Fcpe restent l’arme au pied et même remisé dans un placard !

Un million de personnes dans la rue, et on se contente de faire retirer un projet réactionnaires, sans contre-attaquer !

Une gauche profondément divisée sur le voile

L’année 2003-2004 verra, à travers le débat pour une loi contre les signes religieux à l’école (essentiellement autour du voile) le camp laïque, mais aussi toute la gauche et ses organisations, se déchirer en deux, de manière parfois fort passionnée.

Pendant ce temps là, le Vatican essaiera vainement de faire intégrer Dieu dans la constitution européenne. Mais il obtiendra d’autres compensations qui sont porteuses, si elles étaient appliquées, de la fin de la laïcité française, sauf si les masses, qui font l’histoire, en décident autrement, et qu’au contraire se dessine un combat pour la laïcité en Europe.

L’Europe des régions d’autre part pourrait permettre, pour le Vatican, la multiplication de concordats de type Alsace-Moselle, pour financer les religions dans des régions sympathisantes.

Nicolas Sarkozy, en annonçant sa volonté de réformer la loi de 1905, et de financer toutes les religions, dont l’islam, a été le premier homme politique à oser dire sa volonté d’en finir avec la loi de 1905.

Raison de plus pour les laïques pour mener une autre bataille, celle du renforcement de la loi de 1905, de l’abrogation de toutes les lois anti-laïques, et de montrer, dans toute l’Europe, que la laïcité est une valeur en devenir.

Jean-François Chalot et Pierre Cassen


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